Tsunami et autres vaguelettes

Comme le cri en périphérie
le hurlement qui guette et se prolonge
mais on n’écoute pas.
Garder la tête droite
fixée sur l’avant
la ligne d’arrivée en horizon.
Mais l’eau jamais ne dort vraiment.
Le grouillement ne s’arrête pas pour autant.
Les yeux fermés, ce n’est pas suffisant.

Vos débordements
vos éclaboussures
jusqu’à quand j’éponge ?

L’air vient à manquer,
les lignes se brouillent.
Les tambours derrière les tympans ne s’arrêtent plus.
Comment faites-vous
pour ne pas entendre l’entêtante mélodie ?
L’eau ne dort jamais vraiment,
elle attend simplement.

Vos débordements
vos éclaboussures
et une voix toujours qui répète
« j’ai mal »

Alors le fracas
alors le tonnerre
alors les hurlements
et les sirènes.
Comment faîtes-vous pour ne pas entendre ?
Quelle énergie mettez-vous à ne pas écouter ?
L’eau ne dort jamais vraiment
et son tour finit toujours par venir.

« j’ai mal »
La voix ne s’arrête plus,
la mélodie devient vérité incontournable.
Et la solitude m’explose en plein visage,
se répand, tombe à grosses gouttes dans mes yeux toujours trop sec.
La douleur en ultime recours.
Il ne reste que ça.
Le bus pue le désinfectant au citron à en gerbe
et il ne me reste que la douleur qui me déchire les poumons
et le hurlement qui me fracasse le crâne.

Et vous n’êtes pas là.
Vous avez débordé
vous avez éclaboussé
et vous n’êtes pas là.
Quand ma tête tombe en miette
quand mes mains convulsent
quand les larmes me défoncent les yeux
quand je pourrais tuer l’abruti et son « madmoizelle » nocturne
quand je ne suis plus qu’une douleur qui tente de rentrer chez elle
vous n’êtes pas là.

And it’s still beating, LOOK it’s still beating, GOD I DON’T WANT TO KNOW
Killing things is not so hard, it’s hurting that’s the hardest part
And when the wizard gets to me I’m asking for a smaller heart

Et je prie
que le torrent finisse par s’arrêter
je prie
que le tsunami me laisse en vie
Demain, il sera encore temps de compter les morceaux.
Si demain se lève alors peut-être…
Mes dents vibrent à force de retenir le monstre
le hurlement ne tient plus sur son fil.
Si demain arrive,
alors peut-être la douleur et la solitude seront repartis
peut-être que la voix en aura fini de son refrain.

« J’ai mal. »
Et je ne sais pas comment arrêter la douleur.
Ma tête à 360 à l’heure
l’enchaînement de scénario,
les impasses toutes les unes après les autres.
C’est une question de temps
une question de minute.

Quand enfin j’aurai réussi à rentrer
quand enfin j’aurai atteint un lieu protégé
quand enfin je serai à l’abris du bruit dehors
je pourrai m’allonger
cacher mon visage dans mes genoux
compter jusqu’à 1024
l’alphabet à l’envers une lettre sur deux
de quoi endormir suffisamment la douleur
de quoi distraire le torrent
pour qu’enfin Morphée m’arrache à la conscience.

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