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We Are Not Dying – Le futur est un présent continu

Wardruna – NaudiR

Les mots en tesson de verre
bien calés dans le fond de la gorge
j’ai mal à la parole.

La première personne du singulier
crisse sous les dents
la deuxième hurle
quand la troisième s’embrouille
Alors au pluriel la première abandonne
devant la deuxième absentéiste
et une troisième fracturée.

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
quand tu rampes dans les silences
quand tu dissous inutiles
virgule après virgule
Quand ils parlent les langues de feu
tu recules toujours un peu plus.

J’ai mal à la parole
aux mots fracassés
aux tessons qui s’accumulent
et éventrent toujours un peu plus
le continuum dialectal

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
que tu peux crever en silence.
Ta bouche aura fondu bien avant le premier complément.

Première personne du singulier
aux abonnés absents
Deuxième
pour les hurlements du miroir
Troisième
pour les cauchemars et la solitude

Do you know die Feuersprachen ?

Et toi seul dans ta langue de goudron
au palais pétrifié
aux oreilles mortifiées
immobile.
Toi dans ta langue de goudron
seul
silence et salissure
Dans ta langue de goudron
profondément englué
quand ils parlent des langues de feu.

Ich werde jede Nacht sterben.
Again and again
Over and over
Let me out
Mach mich aus

Première personne du pluriel
embrouillée jusqu’à la racine
Deuxième
en approche de définition
Troisième
en description fracturée

Et toujours dans ma bouche le verre découpe
tranche
cisaille
incise
toujours plus fissurés
des morceaux entiers de réel.

Tu sais les langues de feu
quand tu ne parles que langue de goudron
et ta bouche qui fond
et tes dents qui craquent
et ta tête qui roule
et ta langue qui enfle
quand ils parlent les langues de feu

Du wirst jede Nacht sterben,
wenn sie die Feuersprachen sprechen.
Kannst du nicht verstehen ?
And there is no way out.
Die Feuersprachen have already digged a hole in your head.

Putain pourquoi
seul dans ta langue de goudron
la bouche fondu
et la face calcinée
pourquoi
seul dans ta langue de goudron
quand ils parlent les langues de feu

Première personne du singulier
déracinée
Deuxième
intouchable
Troisième
inappropriate
Première personne du pluriel
inconciliable
Deuxième
effrayante
Troisième
indénombrable

Ich sterbe jede Nacht
J’ai mal à la parole
Dying again at dawn is no life

Putain tu les connais les langues de feu
quand dans ta langue de goudron
seul résonne le silence
alors en entier le silence à avaler

Dans ta langue de goudron
les bris de vers les uns après les autres
Dans ta langue de goudron
le silence à chaque voyelle
Dans ta langue de goudron
les non-dits dans chaque virgule
dans chaque mot
dans chaque lettre
dans chaque dits
dans chaque silence
Ta langue de goudron
comme un non-dit perpétuel
un silence avorté

Quand ils parlent des langues de feu…


Quand tu donnes 9h de cours (2h analyse de spectacle – 7h anglais en cours particulier dont 3 de conversation) entre 8h30 et 20h30 sans avoir mangé, ça donne de drôles de courts-circuits dans le cerveau. J’ai passé l’après-midi à rêver d’une énorme glace, mais sous-prétexte qu’on est (était ?) au mois de février, y avait personne pour en vendre. Le monde va mal messieurs dames. Étrangement, dans les bribes de mots ramassés dans le brouillard de mon cerveau au fil de la journée, il n’est fait nulle mention de cette brûlante envie de crème glacée. Les mots ont de drôle de priorités parfois.On se retrouve sur Facebook et twitter pour ceux que ça amuse. Je retourne bosser… (ou pas.)

What the hell am I doing here ?

Je sais plus quoi lui dire tu sais.

C’était ma mission. Ça a toujours été ma mission. De nous toutes, je devais nous ramener à la maison. Toujours. Et j’ai toujours réussi tu sais. Même bourrée à gerber, même avec des chevilles ayant triplé de volume, même perdue au milieu de ville hostile sans GPS, même en panne d’essence ou avec un pneu crevé et qu’il fallait traîner la mobylette sur deux kilomètres. Je nous ai toujours ramené à la maison. Même quand elle s’écroulait sur un coin de trottoir parce qu’il y avait trop de larmes pour marcher droit. Même quand le monde s’écroulait sur nous, que le sol se dévidait, que nos os se brisaient jusque dans nos tympans, que les murs toujours avaient plus d’yeux pour nous surveiller, que les monstres ne prenaient plus la peine de cacher leur sourire carnassier. Je nous ai toujours ramené à la maison. Même quand il fallait ramener des potes encore plus bourrés, ou qu’il fallait se battre pour eux parce qu’ils s’étaient foutu dans la merde. Même quand on n’avait plus envie de rentrer.

Envers et contre tout
je nous ai toujours ramené à la maison
Envers et contre tous
je l’ai toujours ramenée à la maison

Mais maintenant je ne sais plus quoi lui dire. Il n’y a plus d’endroits où la ramener. Il n’y a que des abris trop temporaires pour vraiment stopper l’angoisse. Comment savoir où les monstres se cachent quand d’une nuit à l’autre il faut tout recommencer ? Tu sais elle a les larmes au bord des cils tout le temps maintenant. Elle sourit, vieille habitude. En vrai, je ne sais plus où la ramener. Quand elle choisit de descendre trois stations plus tôt pour « prendre l’air », je sais qu’elle cherche où rentrer dans la marche. Je guide ses pas, je l’oblige à rentrer à l’abris, même si c’est juste une nuit ou deux. Je la force à ne pas regarder les monstres trop longtemps dans les yeux. Plus de maison, plus d’endroit où les confiner. Elle doit vivre avec continuellement maintenant. C’est lourd à porter un monstre. C’est lourd à vivre. Les frontières s’amenuisent et disparaissent quand on a rien à quoi les accrocher.

Je lui répète à longueur de journée que ça va aller. Que c’est bientôt fini. Je tiens les comptes pour elle. Je fais des listes. J’essaie de prévoir. Mais le temps se délite sous nos doigts. Pas de point fixe pour accrocher une horloge. Je lui que ça va aller, encore. Qu’elle peut le faire. Qu’on va finir par rentrer, c’est juste que cette fois, la route est un peu longue. Un peu trop longue. Mais il faut bien qu’elle aille quelque part.

Forcément, elle doit le sentir que j’y crois de moins en moins. Que je m’essouffle et fatigue.Et bientôt, je n’aurai plus la force de nous protéger des monstres qui voyagent sur nos épaules. J’accélère, je ramasse les porte-bonheurs, les éclats colorés. Il faudrait tenir, encore un peu. Le temps d’arriver au bout de la route. Le temps de la ramener à la maison qui doit bien exister quelque part. Je ne sais pas combien de temps encore j’ai devant moi avant l’extinction du compte à rebours. Il faut espérer que je tienne jusqu’à la maison, car déjà les monstres ont les dents enfoncées dans ses épaules.

Je ne sais plus quoi lui dire tu sais.
Et elle le sait.

I’m a fake with blood on my hands…

The year of wandering [English translation]

Zywiolak – Psychoteka

More light, less tunnel
And how many tears in you coffe ?

To me, the future is nothing but steam on my glasses. A blurry stuff hiding my sight. If I take off my glasses to clean them, my sight gets terrible in a second. I can’t see well anymore, can’t see far, can’t see in details. My eyes get tired quicker, they blow up and my blood pressure climbs up to the migraine. If I keep my glasses cloudy, the world totally disappears. My face gets twisted in a grimace to find the right angle, the single little space where my sight can go through. The world is grey, I can only imagine things.
The future is nothing but steam on my glasses, it makes the world blurry. I can’t do as if it didn’t exist, deny its existence, block it out of my life. The operation is too hazardous. I can’t try to break the blurry. I’m stuck with glasses with no horizon. Like when you open the hoven without thinking of the heat getting out, the future hit me right in the face and here I am, blind in the middle of the kitchen, making crappy metaphor just so I can root out the evil.

More light, less tunnel
And how many tears in your coke ?

So here I am, in the kitchen, I’m making crappy metaphors and plan to go to the moon. Once again. Once more, once again holding on to dreams. The skin is burnt, everything is painful. The eyes are too blown, too swollen and I keep teling myself it’s gonna be ok. Because there is no other choice, it will have to be ok soon. The tunnels get longer and the claustrophobia is crawling on every walls. Anyway. Still. So, stille here, in the kitchen, my glasses full of future, or steam, or both, making lists. Vainly trying to prioritize. I make Freudian slip that can’t even work in English, and I’m crying again  because fucking translation is fucking impossible. I’m lost in translation. The body never forgets, the blood vibrates and the going back to the worst starts looking ok. The future is nothing but steam on my glasses, a blinker hiding the best when all my plans are collapsing.
So here in the kitchen, foggy glasses, my hands full of crappy metaphors and Freudian slip, I try to forget the worse. I pray for those hands, so full of bloody mess, keep finding the strength to hold on. To the slightest branch next to the precipice, the singlest hand that shows up, the slippery edge of the pool. Now, when I write a letter, the sender lives in the « Sadness Swamp » et the recipient is only a hypothesis. The converstion can go on for years…

More light less tunnel
And how many tears in your chocolate ?

In the Sadness Swamp, the time gets stuck and the future smells like rot. Like a dead end at the end of the tunnel. Or maybe it’s just my eyes that are not used to it anymore, they can’t tell the difference. They’re getting armed until the end of the eyelids. I twist my hands, looking for a way out. The hands get mixed up, tearing each other apart. Go, leave me here, but where do you go ? I’m still in the kitchen with my glasses full of a future which does not make sense. I hope that one day will come when my tears will get tired. Easy, if I stop drinking, my body will flirt with deshydration if it keeps crying with no warming. It’s not dumb enough to commit suicide isn’t it ? Just to be sure, I fill the bottle of water one more time. Still blind, I miss the tap. In the Sadness Swamp the dampness is mistress.
Still blind and bail out the kitchen. So now, the future is not only blurry, but also wet, and there is no way to find better metaphor in it. As if the words lost their color and shape in so much water. There is nothing about that in the dictionnary. Some word can’t handle more than 30° anxiety, others can’t go in the dryer without getting out of it covered in anger. A washing machine for love and a bleach for feelings… In the Sadness Swamp we recycle every word until it dies. You know, it’s all we have.

More light, less tunnel
And how many tears on your floor ?

In the Sadness Swamp, the future is nothing but steam on my glasses. I don’t know what to tell my mother anymore when she calls. Through the steam, I’m doing my best to stop the kitchen flooding. It’s going to be ok, sooner or later, it’s going to be ok. You just need to keep fighting. Just a litte bit. Just an effort. And it’s going to work. Soon the water will evaporate. Through my glasses the horizon will be seen again. Just have to wait a little bit more. Feet in the water, keep telling it’s going to be ok. Sooner or later, there will be light at the end of the tunnel. Hoping I will find out before the flooding…

L’année de l’errance.

Zywiolak – Psychoteka

Plus de lumière, moins de tunnel.
Et combien de larmes dans ton café ?

Pour moi, l’avenir c’est rien d’autre que de la buée sur mes lunettes. Un truc flou qui bouche la vue. Si j’enlève mes lunettes pour essuyer mes verres, ma vue se trouble aussitôt. Je vois moins bien, moins loin, moins précisément. Mes yeux se fatiguent plus vite, ils gonflent et sous l’effort ma tension monte jusqu’à la migraine ophtalmique. Si je garde mes verres embués, le monde disparaît totalement. Mon visage se tord en grimace pour trouver l’angle parfait, le tout petit espace où mon regard pourra percer. La vue est grise, je devine les choses.
L’avenir c’est de la buée sur mes lunettes. Il rend le monde flou. Je ne peux pas faire comme s’il n’existait, refuser son existence, la rayer complètement de ma vue. La manœuvre est trop risquée. Je ne peux pas essayer de percer le flou. Je suis bloquée, coincée avec des lunettes qui n’ont plus d’horizon. Un peu comme quand j’ouvre le four sans avoir fait attention à la buée qui s’échappe, j’ai pris l’avenir en pleine gueule et me voilà aveugle en plein milieu de la cuisine de la vie à faire des métaphores médiocres dans le seul but de crever l’abcès.

Plus de lumière, moins de tunnel
Et combien de larmes dans ton coca ?

Donc je suis là, dans la cuisine, je fais des métaphores foireuses et des plans sur la comète. Un énième. Encore un, encore un peu s’accrocher à des fumerolles. La peau est vif, tout est douloureux. Les yeux trop gonflés, trop bouffis, à se répéter que ça va aller. Parce qu’il va bien falloir que ça aille à un moment. Les tunnels s’allongent et la claustrophobie se fait rampante. Mais quand même. Mais encore. Donc, toujours là, dans la cuisine, les lunettes pleines d’avenir, ou de buée, ou les deux, à faire des listes. Tenter vainement de prioriser. Je fais des lapsus affreusement révélateur. Deux lignes après, constater avoir écrit « veinement », passer deux minutes à chercher l’erreur. Le corps n’oublie pas, le sang vibre, le retour au pire redevient envisageable. L’avenir c’est de la buée sur mes lunettes, des œillères au meilleur quand tous les plans s’écroulent les uns après les autres.
Donc là dans la cuisine, lunettes embuées, métaphores foireuses et lapsus révélateurs plein les mains, j’essaie de mettre de côté le pire. Je prie pour que ces mains, tellement pleines de bordel, continuent de trouver la force de s’agripper. La moindre branche au bord sur précipice, la moindre main qui se tend, le rebord de la piscine. Maintenant quand j’écris une lettre, l’expéditeur habite « Marais de la Tristesse » et le destinataire n’est plus qu’une hypothèse. La conversation s’éternise…

Plus de lumière, moins de tunnel
Et combien de larmes dans ton chocolat ?

Au Marais de la Tristesse, le temps s’enlise et l’avenir a une odeur de moisi. Comme une impasse à la fin du tunnel. Ou alors c’est juste mes yeux qui n’ont plus l’habitude, ils ne font plus la différence. Ça se blinde jusqu’au bout des paupières, ça se tord les mains ça cherche son chemin. Les mains s’embrouillent, s’arrachent se déchirent. Allez y sans moi, mais aller où ? Je suis toujours dans la cuisine avec les lunettes pleines d’un avenir qui ne claircit pas. Je me dis qu’à un moment les larmes vont fatiguer. Facile, si j’arrête de boire, mon corps va frôler la déshydratation à pleurer comme ça sans préavis. Et il va quand même pas tenter de se suicider sans moi ce con ? Dans le doute, quand même, je remplis la bouteille d’eau encore un coup. En aveugle, je rate le robinet et inonde la cuisine. Au Marais de la Tristesse, l’humidité est maîtresse.
Alors toujours en aveugle écoper la cuisine. Donc maintenant, en plus d’être flou, l’avenir est humide, et pas moyen d’y trouver une métaphore de meilleure qualité. Comme si les mots s’étaient délavés gondolés à force d’autant d’eau. Ils te le disent pas ça, dans les dictionnaires, si le mot il peut résister à l’eau ou pas. Il y a des mots qui ne supportent pas l’angoisse à plus de 30°, d’autre qui ne peuvent pas passer au sèche-linge sous peine d’en ressortir couvert de rancoeur. L’amour à la machine et autre javel des sentiments. Au Marais de la Tristesse on recycle le moindre mot jusqu’à plus soif. Tu sais c’est tout ce qu’on a.

Plus de lumières, moins de tunnel
Et combien de larmes sur ton carrelage ?

Au Marais de la Tristesse, l’avenir c’est de la buée sur mes lunettes. Je sais plus quoi dire à ma mère quand elle appelle. Au travers de la buée, je jugule tant bien que mal l’inondation de la cuisine. Ça va aller, ça va finir par aller. Faut juste continuer de se battre. Encore un peu. Encore un effort. Et ça va marcher. À un moment l’eau va s’évaporer. À travers mes lunettes l’horizon sera à nouveau accessible. Faut juste attendre encore un peu. Les pieds dans l’eau, se répéter que ça va aller. À un moment, il y aura forcément de la lumière au bout du tunnel. En espérant la trouver avant l’inondation…

Home sweet home… [English version]

Epica – Sancta Terra

I want to go home…

In the middle of the noise, someone wanted to go home. In the middle of what was once his village, the man wish he could go home, but only ashes remain. The screaming, the tears… The man was tired. How many times will he have to rebuild everything again ? How many times will he have to start from scratch again ? His house is in ashes in the middle of the white noise, this nagging background noise which remains days and days after the fear, this nagging background nose which becomes the fear itself. The man watches the ruins, he doesn’t try to think. His mechanical arms are already working on the emergencies. The habit is merciless, after the bombs, after the shot, after the fear to die, pick up what can be picked up, rebuild one more time, hope it’s for the last time. The man is sad, but he doens’t know how to do otherwise. His house is in the middle of the ashes, his house is nothing more than ashes now, but it’s still his home. He knows that under the ashes, under the nagging noise et beyond the deadly habit, his home is still here. He hopes that time will bring it back to him. He hopes the day where he will not have the strength or the will to hope will never come. He hangs on to this simple idea : maybe one day, the madness will stop, the ashes will scatter, the noise will become music et his home will appear from the ruins of his house.

I want to go home…

In the middle of the crowd that squeezes together to get some warmth, in the middle of the camps which never ends being built and rebuilt again, the woman wish she could go home. The time to pray for the end of the madness is gone and forgotten. Its last day was when surviving worths more than a home.  She has insisted. Her family under one arm, a compass in her hand, she followed the hordes to a safer future, if a better one was impossible. They left everything behind. During the travel, they left little by little the few things they brought. During the travel, she sowed her home to the winds, hoping a breeze would bring her back some pieces of it. She doesn’t know the name of the country where they stopped. She forces herself to be happy to be alive. Some didn’t even survived the travel. Some should have never left their house. Sometimes, in the middle of the gates and the improvised houses, she regrets to have left. What does she think she will find over there ? She doesn’t really know anymore. She wish she could go home, but she already can’t remember very well where it was. Between there where she should have died, and here where she wants to die, her hearts can’t decide. She must still hope that somewhere there is still a home for her.

I want to go home…

In the middle of the disenchantments and the pieces of dreams, in the middle of the futures that are closing one after another, he wants to go home. He doesn’t know anymore. The man can’t recognise his country anymore. The man doesn’t recognise the world where he grew up. He keeps telling himself he’s lucky. His house still stands. His house is not threatened. He doesn’t risk to die anytime he goes out. He eats when he’s hungry. He sleeps under a roof. He has an address where he can come back, the same address that figures on his ID. Even though, the man doesn’t feel home. The emptiness is huge. He can feel it in his belly, he can feel it in his lungs. Useless. It’s the first word that comes to his mind when he sees himself in the mirror. His life is easy, meaningless, he has no point. His absence would not change a thing to the world. The man wants to go home but he doesn’t know where it is… He tried, but everytime, he went back to the landing point and it burnt his wings. The man is useless, he’s an item that can be changed with any other item among a lot more items. The man can’t do it anymore. The man doesn’t know how to move on. The man wish he could go home when everything shows him he owns a house. So why can he never go home ?

I want to go home…

In the middle of the news that always tell the same, in the middle of shooting broadcasted live and in several languages, she wants to go home. She’s looking for a reason to get up. Once again the shots. It could have been her. The feeling is tough, so tough it cuts her breath. It could have been her in this gay club, not so long ago, she was hanging up in places like that. It could have been her on this square, she loves fireworks so much. It could have been her daughter, after all she’s been through to become a mother. She can’t move of her sofa anymore. Her house doesn’t comfort her anymore. The walls are too thin, the world is too heavy. It could have been her. The thought is getting so strong that she doesn’t feel home anymore. The thought kicked her out of her home. The thought broke her completely. It could have been her. It still can be her. She doesn’t know anymore if she must be happy to be here, alive, on the sofa, watching the corpses falling et the shot running everywhere, or if she must cry for being obliged to watch the deadly show. It could have been her. And now, she will never really feel home anymore.

I want to go home….

In the middle of the world that’s freaking out, in the middle of the question with no answer, he wants to go home, but for the moment, he just tries to find his way. The man is still trying. One thing after another. He cut himwelf from the rest of the world. He has no idea of what’s going on in the world. He just has a blurry picture. This is how he protects himself. He can be seen as selfish, but the man follows his way. He listens to the stories he meets, he smiles to the people he discovers. During his travel, the draws all the pieces of happiness he can find. He immortalised those moments doomed to pass away if we don’t care enough. He wish we remembered nature. The man wish we seeked for the light. The man draws again and again to hide the darkness that are slowly eating his brain. The man can’t forget what he saw. He will always wonder if it’s fault. The man can’t really fix himself. The man wants to go home, but he knows he probably will never be allowed to do so. He rather not hope anymore. But sometimes, despair is too strong : the man wish he could go home. He comes to think the world is unfair : he gave so much, but he’s still not allowed to come back home.

I want to go home…

In this world where everyone is looking for his cat, the grass always seen greener everywhere else. Stories get mixed, lines get blurry, and the hierarchy of the worst softly break every souls in its spirals.

And while we’re killing each other, while we seek for a way to pay the bills, while we fight to give smiles, while we fight our own inner demons, while we run from the dead bodies, while we mourn them, while we fear them, or just while we look for a place in the world, I try to explain to twelve years old kid…

« You see, in English, you can’t say « I buy a home », because in English, there is two words to say « maison » : « house » and « home ». A house is building, it’s the walls and the roof. But a home, it’s where you belong, where you feel safe and you wanna come back. So, you can buy a house, but you can’t buy a home, it’s not possible in English. »

In the middle of nowhere, on my way back, I think the tears will come faster than the bus 52, terminus Villejean-Université on Sunday and hollidays.

Home sweet home…

Epica – Sancta Terra

Je voudrais rentrer chez moi…

Au milieu du bruit, quelqu’un voulait rentrer chez lui. Au milieu des ruines de ce qui fut un jour son village, l’homme voudrait rentrer, mais il ne restait que des cendres. Les hurlements, les larmes… L’homme est fatigué. Combien de fois encore reconstruire ? Combien de fois encore recommencer à zéro ? Sa maison en cendres au milieu du bruit blanc, ce bruit de fond lancinant qui reste longtemps après la peur, ce bruit de fond incessant qui devient la peur elle-même. Il regarde les débris, il ne cherche pas à réfléchir. Ses bras mécaniques opèrent déjà les opérations d’urgence. L’habitue est sans pitié, après les bombes, après les coups, après la peur de mourir, ramasser ce qui peut l’être, reconstruire encore une fois, espérer pour la dernière fois. L’homme est triste, mais il ne voit pas comment faire autrement. Sa maison est au milieu des cendres, sa maison n’est plus que cendres, mais ça reste chez lui ici. Il sait que sous les cendres, sous le bruit lancinant et derrière l’habitude mortelle, son chez lui est encore. Il espère que le temps lui ramènera. Il espère que n’arrivera jamais le jour où il n’aura plus ni la force ni l’énergie d’espérer. Il s’accroche à cette simple idée : un jour peut-être, la folie va s’arrêter, les cendres s’éparpilleront, le bruit laissera place à la musique, et son chez lui alors apparaîtra au grand jour des décombres de sa maison.

Je voudrais rentrer chez moi…

Au milieu de la foule qui se serre pour se tenir chaud, au milieu des camps qui n’en finissent pas de se construire pour mieux se déconstruire, la femme voudrait rentrer. Il est passé oublié le temps d’espérer que la folie s’arrête. Il a fini par le jour où il valait mieux survivre que rester chez soi. Elle a insisté. La famille sous le bras, la boussole à la main, elle a suivi les cohortes vers un avenir plus sûr, à défaut d’être meilleur. Ils ont tous laissé en arrière. En route, ils ont abandonné petit à petit le peu qu’ils avaient emmené. Sur la route, elle a semé sa maison aux quatre vents, espérant qu’une brise un jour lui en ramène un morceau. Elle ne connaît pas le nom du pays où ils se sont arrêtés. Elle se force à sourire d’être en vie. Certains n’ont survécu à la traversée. Certains n’auraient jamais dû quitter leur maison. Parfois, au milieu des grilles et des logements de fortune, elle regrette d’être partie. Qu’espère-t-elle trouver là-bas ? Elle ne sait plus très bien. Elle voudrait rentrer chez elle, mais déjà elle ne sait plus très bien où c’est. Entre là-bas où elle aurait dû mourir, et ici où elle voudrait mourir, son coeur balance. Il faut pourtant continuer d’espérer que quelque part encore il lui reste un chez elle.

Je voudrais rentrer chez moi…

Au milieu des désillusions et des bris de rêves, au milieu des avenirs qui se ferment les uns après les autres, il voudrait rentrer chez lui. Il ne sait plus. L’homme ne reconnaît plus son pays. L’homme ne reconnaît plus le monde dans lequel il a grandi. Il se répète qu’il a de la chance. Sa maison a lui, elle tient encore debout. Sa maison à lui n’est pas menacée. Il ne risque pas la mort à chaque fois qu’il sort. Il mange à sa faim. Il dort au chaud. Il y a une adresse où il peut rentrer, la même que sur sa carte d’identité. Pourtant l’homme n’est pas chez lui. Le vide est immense. Il le sent dans son ventre, il le sent dans ses poumons. Inutile. C’est le premier mot auquel pense l’homme quand il se voit dans le miroir. Sa vie est facile, dépourvue de sens, il ne sert à rien. Son absence ne changerait rien à l’état du monde. L’homme voudrait rentrer chez lui mais n’a pas la moindre idée d’où le trouver… Il a essayé, mais à chaque fois le retour à la case départ lui a brûlé les ailes. L’homme ne sert à rien, il est une pièce, un élément interchangeable parmi tant d’autres. L’homme n’y arrive plus. L’homme ne sait plus comment avancer. L’homme voudrait rentrer chez lui alors même que tout lui prouve qu’il est bien détenteur d’une maison. Alors pourquoi l’homme jamais n’arrive à rentrer chez lui ?

Je voudrais rentrer chez moi…

Au milieu des JTs qui se répètent, au milieu des tueries retransmises en direct et en multilingue à la télé, elle voudrait rentrer chez elle et cherche une raison de se lever. Encore une fois les coups de feu. Ça aurait pu être elle. Le sentiment est implacable, tellement qu’il lui coupe la respiration. Ça aurait pu être elle au milieu de la boîte gay, il n’y a pas si longtemps, elle traînait encore tous les week-ends dans ce genre d’endroits. Ça aurait pu être elle au milieu de la place, elle qui aime tellement les feux d’artifice. Ça aurait pu être sa fille, après toutes les luttes pour enfin de venir mère. Elle ne peut plus bouger de son canapé. Sa maison pourtant jamais ne la rassure. Les murs sont trop fins, le monde trop lourd. Ça aurait pu être elle. La pensée devient tellement forte qu’elle n’est plus chez elle. La pensée l’a chassée de son foyer. La pensée l’a broyée toute entière. Ça aurait pu être elle. Ça peut encore être elle. Elle ne sait plus s’il faut se réjouir d’être là sur le canapé à contempler les corps qui tombent et les coups qui partent, ou s’il faut pleurer de devoir assister au spectacle. Ça aurait pu être elle. Et maintenant, elle ne sera plus jamais vraiment chez elle.

Je voudrais rentrer chez moi….

Au milieu du monde qui s’affole et panique, au milieu des questions sans réponse, il cherche à rentrer chez lui, mais en attendant, il veut simplement à mener sa barque. L’homme tente encore. Une chose et puis une autre. Il s’est coupé du monde extérieur. L’homme n’a aucune idée de ce qui se passe dans le monde dans le détail. Il n’en a qu’une image très vague. C’est sa façon de se protéger. On aurait pu le dire égoïste, pourtant l’homme suit son chemin. Il écoute les histoires qu’il croise, il sourit aux gens qu’il découvre. Sur la route de son voyage il dessine tous les fragments de bonheur qu’il peut trouver. Il éternise ces moments condamnés à passer si on ne fait pas attention. Il voudrait qu’on se souvienne de la nature. L’homme voudrait qu’on cherche la lumière. L’homme la dessine encore et toujours pour cacher les ténèbres qui lui grignotent la tête. L’homme n’arrive pas à oublier ce qu’il a pu voir. L’homme se demandera toujours si c’était sa faute. L’homme ne peut pas vraiment se réparer. L’homme voudrait rentrer chez lui, mais il sait qu’il n’y aura sans doute jamais vraiment droit. Il se dit qu’il préfère ne plus espérer. Mais il arrive que le désespoir soit trop fort : l’homme voudrait rentrer chez lui. L’homme trouve alors le monde injuste : lui qui a tant donné, il ne comprend pas pourquoi il n’arrive jamais à rentrer…

Je voudrais rentrer chez moi…

Au pays où chacun cherche son chat, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Les histoires se croisent, les lignes se brouillent, et la hiérarchie du pire brisent tendrement les consciences dans ses méandres.

Et pendant ce temps-là, pendant qu’on s’entretue, pendant qu’on cherche à payer les factures, pendant qu’on lutte pour offrir des sourires, pendant qu’on combat ses démons intérieurs, pendant qu’on fuit les morts, pendant qu’on les pleure, pendant qu’on les craint, ou simplement quand on cherche sa place dans le monde, j’explique à un gamin de douze ans…

« Tu vois, en anglais on ne peut pas dire « I buy a home », parce qu’en anglais il y a deux mots pour dire maison : « house » et « home ». House, c’est le bâtiment, les murs et le toit si tu veux. Home par contre, c’est plutôt l’idée de se sentir chez soi, d’avoir un endroit où rentrer. Du coup, on peut acheter « a house » mais on ne peut pas acheter « a home », ça ne marche pas. »

Sur la route du retour au milieu de nulle part, je me dis que les larmes viendront plus vite que le bus 52, terminus Villejean-Université les dimanches et jours féries.

4h16 Alarme

Rotting Christ – Ze Nigmar

Quelque chose comme une conscience fracassée colle au mur. On peut entendre les morceaux sécher, s’incruster à la tapisserie. Le temps va passer et bientôt ça sera comme si c’était normal. Comme s’ils avaient toujours été là. On sent déjà le goût du sang se fondre au fond de la gorge. Une habitude. Vieille habitude. Et les habitudes ont la dent dure.

Parce que l’alarme a à peine commencé à retentir que le monstre aux dents d’acier sourit déjà de toute salive au dessus des consciences encore en vie.
On a retrouvé son nom dans la poubelle mais impossible de savoir laquelle c’était. Peut-être que c’était elle la vraie, la seule l’unique. Sauf qu’il n’y a pas d’unique. Photocopie falsifiée, traçabilité incertaine. Que quelqu’un mette le feu aux ordures maintenant.
Le sourire s’agrandit. Son haleine envahit déjà toute la pièce étouffant ceux qui avaient pris possession des réserves d’air restantes. La bestiole en tremble déjà : quelqu’un devra bien mourir ce soir, les monstres ne sortent pas repartir les mains vides. La conscience fracassée au mur comme autant de rappels de ce qui aurait dû être.

Seulement voilà, comment faire quand les dents sont déjà plantées bien au fond de la gorge ? D’un côté l’immobilité, et dans ce cas lentement mais sûrement sentir les dents broyer les os, écraser les muscles, désosser la pensée, jusqu’à enfin s’éteindre. De l’autre la fuite, et alors sentir la peau se déchirer céder sous la pression, voir le sang se répandre au plafond et la conscience se fracasser au mur. Choisir vite et bien. Entre la peste et le choléras retrouver la mémoire des échappatoires oubliées.
Sauf que tu peux pas crever connasse. 

Au fond de la poubelle le nom a déjà perdu sa couleur et ses accents. Il ne reste déjà plus rien. Laquelle est la bonne ? Le sourire toujours plus grand découvre des dents démesurées de jour en jour. Alors maintenant quoi ? L’alarme retentit, les monstres sont sortis et de ce fait quelqu’un devra bien mourir ce soir. La nuit s’épaissit encore. La bestiole se déforme à chercher de l’air qui n’a jamais existé ailleurs que dans sa tête. La conscience fracassée sur le mur refuse cette nuit encore de divulguer ses secrets. Alors cette nuit encore, chercher la sortie à l’aveugle, la tête la première au fond de la bassine d’eau…
Elle a dit j’ai mal j’ai mal j’ai mal j’ai mal, on voit bien que les mots lui arrachent la gorge, mais il faut bien que quelqu’un le s crache. Il faudra bien que quelqu’un se décide à mourir une bonne fois pour toute.