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28/11/14 No man’s land

Home sweet home

Combien la peau peut-elle contenir de vies ? Combien le même corps peut-il contenir d’identités ?

Je ne grandis pas je marche. Je ne vieillis pas je fuis. Sans un regard en arrière, continuer ma route. A chaque pas, j’ajoute une pierre au mur, à chaque rencontre j’ajoute une marque. Et bientôt je ne sais plus. Le petit Poucet n’a pas partagé ces cailloux avec Cassandre, la marche arrière est donc impossible. L’itinéraire a été perdu voilà bien longtemps.

Je ne sais plus à quel nom répondre. Je ne sais plus d’où je viens. Je remodèle mon histoire selon les besoins. Je cloisonne existence après existence, invoquant un apartheid absolu. Pourtant il est des retours à la case départ non sollicités qui forcent à l’arrêt. Je sens les fissures parcourir l’épiderme et mes yeux regardent ébahis le spectacle pourtant si prévisible. Cassandre l’avait promis et pourtant n’avait rien vu venir.

Un jour je me tromperai de nom comme certains se trompent de chemin. Je choisirai la mauvaise veine et la divine comédie s’écroulera. De ma peau les fissures ont gagné l’oreiller. Un grand cri dans un grand rire. Je ne savais pas quelle réaction choisir. Laquelle de toutes ces entités avaient la bonne réponse ? Dans quel miroir puis-je me regarder qui ne soit pas déformé ? L’oreille m’a appelée Cassandre l’autre nuit mais il s’est trompé, Cassandre est une autre. Encore une autre. Une autre parmi les autres.

Après tant d’années englouties, tant de chemins écumés, tant de noms épuisés, j’ai enfin trouvé une maison. Les murs n’ont de hauteur que ce qu’il faut pour échapper à l’Enfer. Mais si Pandore s’est endormie, Cassandre tremble encore. J’hésite. Pas de gommage pour les identités mortes. Un chemin ou un autre, un nom ou un autre. Et si aujourd’hui je sais où j’habite, je ne sais plus quel patronyme proposer. Ne reste que l’éternelle question : combien de temps encore avant que la peau n’éclate sous toutes les identités accumulées, mortes avant même d’être arrivées à maturité ?

Offrez (vous) un texte – cerise !

Bonjour à vous chers Termites !

Je me suis jetée à l’eau avec cette idée un peu folle il y a maintenant deux mois, et vous savez quoi ? Comme certains d’entre vous m’ont suivi dans cette grande baignade, je relance et pérennise ! Me suivrez-vous toujours ?

Quand j’hésite pendant trois mois à tenter l’aventure…

Je vous propose de vous offrir, ou d’offrir à un de vos proches, un texte qui aura été écrit tout spécialement pour vous. Mieux que ça, un texte écrit juste pour vous, selon vos envies, vos consignes. Vous avez envie qu’on vous raconte une histoire fabuleuse avec dragons et princesses ? Ou vous préférez une chanson rock traitant d’une invasion de zombis ? A moins que vous ne jugiez qu’on n’utilise pas assez les mots arabesques – caribou – décalcomanie en français et que vous ne me chargiez de les réunir dans une épopée digne des grandes lignées grecques ? Ou bien, ces derniers temps ont été difficile et vous souhaitez un texte pour vous redonner du courage ? Peut-être souhaitez-vous faire cadeau d’un texte à quelqu’un, mais que vous écrivez aussi bien que je danse le flamenco ?

Demandez. Les possibilités sont multiples.
On écrit ce qu’on aimerait lire. Parfois, écrire est difficile et on ne trouve quand même pas le livre qu’il nous faut. Voici l’occasion rêvée de le demander ! Mieux qu’un écrivain public, je vous propose ici mes services en tant qu’auteure publique.
Vous pouvez aussi bien me faire part de vos envies, ou bien parcourir les quelques 290 articles de ce site et trouver une idée, un genre de texte que vous ne voudriez que pour vous. Quelques idées et exemples de commandes qui m’ont déjà été passées :

  • un inconnu pourrait vous écrire une lettre
  • vous êtes tombés tomber éperdument amoureux d’une photo, d’une chanson, et voudriez un texte, une histoire pour aller avec
  • vous avez un souvenir en tête, une image, vous voudriez en faire une chanson, un instant de théâtre
  • un ami déprime et vous souhaitez lui offrir une histoire drôle / touchante
  • une lettre d’anniversaire écrite de la main de Baudelaire
  • un conte, racontant quelque chose d’ordinaire de façon extraordinaire

Etc, etc.
Demandez ! C’est le moment.

Maintenant, vous vous demandez sans doute « mais, concrètement ? Comment ça se passe ? ». Bonne question !
Vous envoyez votre demande / envie à poivronatoi at gmail.com et nous en discuterons ensemble afin que je sois sûre d’avoir bien compris votre envie. Un peu comme avec un tatoueur. Je vais vous demandez toutes les précisions nécessaires pour que ce texte soit vraiment sur mesure. Ensuite, je me mets au travail… En fonction de votre demande, je vous ferai une première proposition que vous pourrez me demander de modifier si vous le souhaitez. Puis, je vous l’envoie à votre adresse + mail, avec éventuellement une petite bêtise que j’aurais envie de partager avec vous.

Quant au prix, si pendant un temps j’avais mis la barre à 5€ et plus si affinité, je vous propose aujourd’hui un système qui me tient à cœur qui est celui du pay what you want. C’est à vous de décider de ce que vaut le texte que vous recevez. A vous de voir et de proposer votre prix !

Si vous avez d’ores et déjà envie de me passer commande : poivronatoi at gmail.com (assurez vous que je fasse un accusé de réception ! pour des raisons qui m’échappent, mes mails ont tendance à se perdre dans l’espace intersidéral). Et si cette idée folle vous charme, n’hésitez pas à en parler autour de vous, c’est déjà beaucoup !
En attendant, un Wall of Death à vous tous chers Termites !

Et je file me mettre au travail de suite…

 

En passant

Accessoirement, je pensais qu’après un mois sans même me connecter j’aurais une bonne centaine de spam à virer de mes commentaires mais même pas ! Seulement huit ! Petite forme les spams, petite forme… Ah et quelqu’un a réussi à tomber sur ce site en tapant Selena Gomez string. Là j’avoue que… ça me laisse sans voix. Je me demande vraiment comment l’algorithme google a pu me repêcher avec ça… Vas-y oh Toi Grand Google, explique nous cet incroyable phénomène étrange !

La philosophie de la bière

Bonjour aimable populace !

Me revoilà après plus d’un mois d’absence… Mais qu’ai-je donc bien pu faire pendant tout ce temps ? Ce n’est point possible. Et bien si. Qu’ai-je fait alors durant ce laps de temps… Et bien… Dormir. En bonne et grande partie. Ce qui était quand même incroyablement bien. Genre le paradis quoi. Des nuits de 10 heures, vous imaginez même pas (ou alors si vous imaginez et si c’est le cas sachez que je vous hais. Oui comme ça, par principe)(Il faut des principes dans la vie et ceci me semble être un putain de bon principe). Entre ces nuits aussi incroyables qu’improbables, il m’est arrivé une foule de choses. Histoire d’égayer votre jeudi pluvieux, je m’en vais donc vous conter mes péripéties de ce dernier mois…

Les photos de cet article n’auront aucun rapport. Mais bon.

Et bien pour commencer… je suis allée voir l’ophtalmo ! Parce que que seraient des vacances où je n’irais pas me faire triturer la rétine pour m’entendre dire que mon œil droit est aveugle ? Je vous le demande. Le soucis c’est que mon ophtalmo vachement bien vachement compétent était parti faire du ski (mes consultes doivent au moins payer un des bâtons voire même un verre de lunettes de soleil), du coup j’ai eu le droit à une remplaçante… Mais genre la remplaçante… Droit échappée du Flower Power. Je sais pas ce qu’elle prend mais tu dois pouvoir tuer une polémique foireuse avec ça tellement ça met à l’ouest. Il m’a donc fallu un bon quart d’heure pour faire comprendre à la brave dame que non mon oeil droit ne voyait rien… avant qu’elle ne commence à me bousiller l’autre. (Aujourd’hui promotion ! Pour un oeil aveugle le deuxième est offert !) Il m’a fallu beaucoup de patience (et besoin qu’on renouvelle mon ordonnance) pour ne pas lui expliquer que là elle se foutrait son stylo dans le cul que je n’y verrai pas la différence. Bref, de fil en aiguille, de deux consultations en trou de la sécu, j’obtins le Saint Graal à savoir mon ordonnance pour les gouttes magiques chargées d’empêcher mon oeil droit d’exploser (ce qui est cool parce que de la purée de globe oculaire ça doit tâcher quand même).

Ce qui nous amène tranquillement à la péripétie n°2… Outre le désamorçage de la bombe à tension qu’est mon oeil, ces petites gouttes ont d’autres effets magiques. Du genre fertilisant à cils. Mais genre je me retrouve avec des putain de cils OGM. Ces machins font trois mètres de long (minimum). Passé le « oh mais c’est cool les longs cils, c’est classe ! », tu te rappelles que « oh mais fichtre ! je ne mets pas de goutte dans mon oeil gauche » (oui je dis souvent oh mais fichtre. C’est ça ou putain de bordel de fuck de chié de merde. Au choix.). Résultat ? Et bien dissymétrie oculaire level up ! Tatatin ! Mais que faire ? Après avoir envisagé de découper les malotrus aux sécateurs avant d’arroser le tout de javel (faut ce qu’il faut), je dus rendre les armes… Je suis donc retournée voir la madame conseillère de chez kiko pour lui coller une nouvelle dépression en lui soumettant un Problème A La Con. Ensuite vint le moment terrible où je dus m’essayer à… mettre du mascara. Pour la première fois en 24ans. Et je vous annonce que ce truc coûte un oeil. J’espère que ceci ne restera qu’une expression. Mais bon, sachez qu’au bout de trois jours, à part une migraine ophtalmique causée par le fait que ces crétins d’yeux n’ont toujours pas compris qu’ils ne pouvaient pas loucher, je ne me suis toujours pas crevé l’oeil. Croisons les doigts.

Je continue mon hors-sujet photographique

 Tiens d’ailleurs en parlant de mon anniversaire… Sachez que non seulement ma grand-mère s’en est souvenu, mais qu’en plus elle me l’a souhaité sans rien me foutre dans la gueule. Ouai rien que ça c’est juste incroyable du genre what the fuckesque. Même dans mes rêves j’en demandais pas tant (mais bon à ce moment-là dans mes rêves je me faisais disséquer sur une table d’amphi ou écarteler, alors je sais pas si cette argument est vraiment valide…).

Accessoirement mon père n’a pu que désespérer en constatant que décidément, on avait grandi : sous le sapin, une paire de ranjos dégueulasse et une paire de doc marten pas tellement plus propres. Bref…

Puis vint le temps du nouvel an… et alors là… alors là… Ca a encore été un foutoir sans nom. Au final je me suis retrouvée à faire 300 bornes en voiture pour aller le fêter avec Dark M et ses amis à Redon. Soit Babalouebe mais en zone inondable. Comme on était très bien organisée, il a fallu que je fasse la route jusqu’à Rennes pour que je la suive jusqu’à Redon (…. ouai je sais c’est désespérant mais attendez la suite !) de nuit (et ouaaaaaaaaai) ! Suivre quelqu’un en voiture c’est déjà une gageure (je sais pas vous mais moi j’ai du mal à avoir un oeil sur la route et un oeil sur la voiture que je suis), mais alors de nuit… C’est au moment où elle s’est engagée sur le périph que mon cerveau a tilté que je ne voyais que ses phrases arrières et que bon, y a rien qui ressemblent plus à des phares arrière de voiture que des phares arrières de voiture. Fun. Très fun. D’ailleurs quelqu’un peut-il m’expliquer c’est quoi cette route entre Rennes et Redon ? Non mais sérieux… t’as des bouts de quatre voies comme ça, au milieu de nul part. Pire ! Des bouts de quatre voies limitées à 70km/h avec des feux rouges en plein milieu sans doute pour laisser traverser les vaches quand on les ramènes au bercail. Je vois pas d’autres explications. Donc tu passes ton temps à changer de vitesse jusqu’à ne même plus savoir à combien tu dois rouler parce que rien ne correspond à rien le tout en essayant de ne pas perdre les phares arrières de la voiture de ta pote et leur éternel « Boris vaincra » (faut qu’on rajoute Sarah’s not dead, je maintiens). Tout ça pour au final passer la nuit dans un hangar non chauffé, la bière ne pouvant pas compter éternellement comme moyen de se réchauffer. Tiens parlant de bière… Un conseil, la prochaine fois que vous allez fêter un truc dans un lieu inconnu, commencez par vous renseigner sur la localisation des toilettes. Parce que si vous attendez la quatrième bière (plus exactement si vous attendez le moment où les quatre bières demandent à sortir parce que bon comme la bière c’est connu c’est le côté maléfique de cet alcool….) vous pourriez avoir la surprise de vous voir annoncer qu’il n’y en a pas et que tu vas donc commencer 2014 en essayant de ne pas pisser sur tes chaussures. C’est déjà pas évident à jeun alors avec 4 bières dans le sang ça peut devenir un brin folklorique. Je vous ai mentionné le fait que t’étais absolument dans le noir d’ailleurs ? Ouai parce qu’en plus il faisait noir comme pas possible vu que le dit hangar était planqué au fin fond de la cambrousse (si tant est qu’il puisse y avoir une fin à la cambrousse, mon adolescence et le sens de l’orientation de certains amis m’ont plutôt prouvé le contraire). Vu la texture de la terre à un moment sous mes pieds il est d’ailleurs possible que j’ai piétiné un potager… ou du vomis… ou les deux. Pas sure. Mais on s’en fout mes chaussures ont survécu, je suis trop forte. Fière de mon réussissement j’ai voulu entamé une autre bière mais c’est le moment que ma hernie iatale a choisi pour se réveiller. Du coup j’ai piqué la brique de lait aux gens qu’avaient vaguement envisagé de faire des russes blancs (avant de se rendre compte qu’ils avaient la flemme et que toute façon leur vodka était dégueulasse) avant de retourner convulser en rythme avec Dark M sur Stupeflip (foutue bière).

Cette image n’est pas hors sujet t’as vu !

Evidemment vers 5h du mat, gros bad plus ou moins collectif. Je me retrouve coincée sur un canapé avec une demoiselle très sympathique avec qui on parle manga et une espèce de larve merdique torché comme un môme venant de naître roulé en boule dans son duvet (j’ai appris plus tard qu’il avait fait chier mon amie, j’aurais su j’y aurais éclaté mon coude dans les côtes). La nuit passe, les gens s’en vont. J’ai plus sommeil, je bade. Comme il reste quasi plus que nous on parle musique et écriture, avant de finalement décider de rentrer vers 9h du mat. Je réussis à dormir 4 heures ce qui est plutôt cool vu la route qui m’attend (surtout que je sais pas comment faire pour rentrer chez moi et que ça s’annonce galère mais j’y viens j’y viens !). Nous nous réveillons donc vers 13h, dessoûlées et donc en toute logique, complètement affamées (oui mon estomac est gentil, entre deux remontées d’acide il accepte de manger ! trop aimable n’est-il point ?)(non il n’est point, c’était une question piège ! mouhahaha). Nous découvrons alors avec horreur que sa mère a oublié qu’on était là, et ai donc parti en fermant diverses portes à clé, ce qui nous empêche d’avoir accès à la cuisine et donc à une quelconque forme de nourriture. Fichtre ! Je dirais même plus, purée de fichtre ! Optimiste, on prend la voiture et tentons une embarquée vers le centre-Babeloueb dans l’espoir de trouver un proprio de kebab qui aurait pris comme bonne résolution de travailler plus pour gagner plus. Et bah figurez vous que personne n’a pris cette décision… Nous avons donc erré comme des fantômes dans des rues désertes couvertes de pavés mouillés. On rentre donc désespérées avec rien d’autre à manger que notre propre amertume (et de la bile dans mon cas, avec sans doute des morceaux d’estomac parce que la viande c’est bon pour la santé). On se met donc à fouiller tous les placards frénétiquement. Nous exhumons alors une boîte de pâté henaff oubliée là. 2014 commence donc par un grand moment de solitude qui fleure bon le pitoyable et le pathétique. Là dessus je me rends compte que je n’ai plus de batterie sur mon portable, que ça souffle et pleut drôlement dehors et qu’il faudrait peut-être que je prévienne mes parents que je serais pas là pour goutter (cette pensée me déchire le coeur et l’estomac). A force de recherche on trouve des nouilles chinoises et de la bolognaise… On réussit tant bien que mal à faire cuire les nouilles avec la bouilloire à dispo… Le tout a un goût étrange mais est quand même mangeable voire pas mauvais. C’est là que tu te rends compte que bon voilà, ça sent le lendemain de chouille quand même.

Finalement ma logique photographique pour cet article étant le hors-sujet, correspondre au sujet c’est comme se retrouver hors-sujet au final non ? (mise en abîme dans ta face)

Vient donc le moment où je dois reprendre mon fidèle destrier pour rentrer dans le fin fond de ma campagne à moi aka Petaouchnok les bains (ce qui est bien avec les bleds pourris c’est qu’ils ont des noms qui vendent du rêve au kilo. Si un jour tu te perds en vendée tu auras peut-être la chance de tomber sur Ste-Radégonde-des-Noyers ce qui te permettra de faire des concours de jeu de mots d’un niveau inégalable, surtout si vos adversaires se refusent à abandonner leur sens du bon goût). Première arrêt, une pompe à essence. Ce qui est une aventure en soi. Sisi. Parce que quand t’es borgne c’est drôle. Faut bien viser pour câler ta voiture à bonne distance, se rappeler de quel côté est la jauge d’essence parce qu’à force de pas avoir ta voiture à toi et d’emprunter celle de tout le monde tu sais plus trop, et surtout te rappeler du carburant nécessaire. Et une fois que tu as réussi tout ça… tu peux constater que cette motherfucking borne en libre service est hors service. Fichtre fichtre fichtre. Nul panonceau ne l’indiquait ! L’écran de la fichtreuse machine ne se donnait même pas la peine de te faire défiler un message d’excuse sur fond de Vivaldi éculé et mal enregistré. Non. Que neni. Du coup je me retrouve à faire une fichtreuse fichtreuse marche à rien avec ma caisse alors que je n’ai absolument aucune visibilité. Je me câle à une autre pompe, fais mon bordel, vois une voiture s’installer à la pompe défectueuse et me ris d’avance de voir quelqu’un d’autre se retrouver face à l’affreuse vérité : point de fonctionnement gazolier à cette pompe. Sauf que pour lui ça marche. J’aurais dû y voir un signe de mes galères à venir. J’aurais dû.

Le cintre, pire ennemi de l’homme, maintenant, c’est aussi celui du chat.

Mais aventurons nous maintenant sur la route pour Nantes ! Enfin, essayons de nous y aventurer. Car les Bretons ont, semble-t-il, trouvé la solution pour que Nantes soit en Bretagne… Ils ne l’indiquent pas. Voilà. Ils ont caché Nantes. C’est fourbe. Et très malin. Le génie du mal en moi ne peut s’empêcher de constater le génie d’une telle manigance. Mais putain de fichtre ! quelle fichtreuse chienlit ! (je suis fichtrement inspirée côté juron ce soir) J’ai passé plus d’une heure sur des routes de campagne avec des rafales de vent alerte orange selon météo France et quatre heures de sommeil dans les yeux. Sérieusement, tu fais des kilomètres au milieu de nul part sans croiser âme qui vive à part des chèvres angoras sur le bas côté (ceci n’est pas une exagération ou une invention de ma part. Il y avait vraiment des putain de chèvres angoras sur le bord de la route à un moment. Et un mouton aussi.)(et beaucoup de boue aussi mais bon là rien de bien surprenant). Et est-ce qu’il faut vraiment que je vous parle du patelin que j’ai traversé limité à 45km/h en centre ville ? Sérieusement. 45….km…. heure… C’est quoi ton putain de problème ? Bordel mais ça existe même pas sur mon cadran de vitesse quoi… Tu veux pas qu’on roule à 37km/h non plus ? Pourquoi pas 88 miles à l’heure aussi tant que t’y es… Non mais c’est vrai quoi… Sinon je pourrais aussi vous parler de mon prodigieux dérapage contrôlé sans aquaplaning dans ma face (ou presque). Non parce que vraiment cette foutue route est hyper mal indiquée alors en plus avec la pluie… On t’annonce que tu vas arriver à un croisement et on te donne les directions. Normal. Nantes n’est pas indiqué. Normal, peut-être. Dans ma pauvre tête d’écureuil cocaïné je me dis que bon, ça doit vouloir dire qu’il faut continuer tout droit. C’est d’ailleurs la logique que j’applique depuis déjà une demi-heure, vu que c’est pas la première fois qu’ils me font le coup, et jusque là ça a marché. Naïve. J’arrive donc au niveau du carrefour. MOUHAHHAHAHA et bah non fallait tourner à droite ! La fatigue me rend complètement débile et au lieu de soit A) prendre note et continuer pour trouver un endroit ou faire demi-tour (même si en campagne l’endroit en question peut se présenter 15km plus loin)(enfin après tout tous les chemins mènent à Rome, avec un peu de chance, pour un Breton Nantes et Rome c’est pareil) ou B) m’arrêter tranquillement et profiter qu’il n’y ait pas un rat dans ce trou pour reculer tout aussi tranquillement et ainsi prendre le bon chemin, je choisis la réponse C) braquer mon volant comme une taré tout en rétrogradant trois vitesses d’un coup le tout sur route détrempée. Voilà voilà. Il doit y avoir un dieu des borgnes quelque part qui veille sur moi car, à part une violente remontée d’acide causée par la partie de mon cerveau qui se rendait bien compte de la connerie d’un tel geste, je m’en suis sortie absolument sans dommage et ai pu reprendre ma route comme de si de rien n’était.

On passera les moments où les flaques d’eau sont tellement grosses que tu ne vois même plus les « attention dénivellation en bord de route », ce qui surprend un peu quand ta roue arrière se prend dedans… (je devrais avoir un forfait spécial « roue arrière droite »… je l’use genre 10 fois plus vite que les trois autres… borgne powa) Bref, au bout d’une heure et demi dans cette galère, j’atteins ENFIN Nantes, et voici donc venu le moment de l’autoroute. Ahahah. La bonne nouvelle c’est que maintenant c’est bon, j’arrive à viser le péage correctement et n’ai donc plus à me ridiculiser en me retrouvant obligée de sortir la moitié du corps par la fenêtre tandis que mon copilote essaie d’éviter de se manger un coup de pied dans la gueule. (c’est bien au bout de trois ans et demi de permis j’ai fait des progrès considérable : je sais pas faire un créneau toute seule mais je me positionne correctement au péage. Incroyable) L’autoroute sous la pluie et le vent, c’est fun. Surtout quand tu essaie de doublier un poids-lourd. Ouai. Vraiment. Genre « aaaaaaaaaaah putain mais je vois plus rien de rien de rien je sais même pas où elles sont les lignes je les vois je vois pas le camion ça se trouve je vais me le manger en plus il est dans l’angle mort je le vois pas putain je vais me prendre la barrière putain je vais me prendre le camion putain pourquoi j’ai commencé à le doubler je suis trop con je vais mourir ici aaaaaaaaaaaaah monte le sooooooooon » (à peu de choses près)(je n’avais pas suffisamment de neurones connectés pour pouvoir placer des fichtre)(je sais vous êtes déçus)(moi aussi)(cet article manquait de parenthèses en série)(c’est fait) Quand soudain je fus sauvée par un pont qui me permit de ne plus avoir trop d’eau dans la tronche. Du coup ai pu repéré les lignes et filé un grand coup d’accélérateur. Sauvée. T’es pas mouru l’âne, t’es pas mouru. Fierté immense. Et putain de soulagement quand au bout de presque trois heures de route (au lieu des deux annoncées optimistiquement avancées par mon père) j’arrive ENFIN chez moi et que je constate que mes parents sont déjà partis pour chez mes grands-parents ce qui signifie que je n’aurais pas y aller (ouai j’ai déjà eu le droit à mon anniversaire sans propos insultant / rabaissant / irrespectueux faut quand même pas tenter le diable…). Je fus alors accueillie affectueusement par mes chats qui vinrent me souhaiter la bonne année à leur façon…

Courage on arrive au bout

Vous l’aurez compris, ils ont bien sûr tout fait pour m’empêcher d’accéder au frigo remplir le vide intersidéral qui me servait d’estomac à ce moment-là (acide non compris, suivez un peu).

C’est donc ainsi que j’ai commencé 2014…
Je ne peux que conclure cet article en vous souhaitant d’avoir toujours plus de bière que de mousse dans votre verre (et de ne pas renverser le dit verre sur vous, sérieusement vous aurez l’air ridicule. Surtout si vous réussissez cet exploit alors qu’aucune goutte de la dite bière n’a encore atteint votre organisme)

En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien, tout ira bien.

Je devrais sans doute pas passer des journées entières comme ça à écouter du Saez… C’est décidément pas très bon pour mon moral qui n’est déjà pas très bon ces derniers temps (malgré des efforts incessants pour sortir la tête du trou !). Mais en même temps vu que je suis infoutue de mettre des mots sur cette merde dans ma tête (et le reste) au moins…. (mon dieu cette phrase ne veut rien dire !)

Mais en même temps, « tout ira bien », une fois passé la mélancolie, les néons, la douleur (et les fêtes).

Toutes directions

C’était l’heure des choix. Le pépin se retrouvait à un embranchement. C’est pas qu’il y ait tant de routes possibles, quoique. C’est surtout qu’elles étaient annoncées n’importe comment. Des panneaux indicateurs dans tous les sens. Partout. Ca montait très haut tellement il y avait de panneaux. Tellement qu’on ne pouvait voir les derniers, ils étaient cachés par les nuages. Le pépin était bien embêté parce que lui il voulait savoir.

Il voulait savoir où elles menaient ces routes. Avant de s’engager il voulait tout savoir : le temps qu’il fera, le nombre de nids de poules, la hauteur des dos d’ânes et les éventuels voyageurs qu’il pourrait croiser. Il voulait savoir combien de temps il lui faudrait pour arriver à destination et combien de kilomètres faisait la route. C’était important avant de choisir son chemin. Mais le pépin ne pouvait pas lire tous les panneaux.

Ce n’était pas juste. Lui il était tout petit, juste un pépin de raisins secs. Bien sûr qu’il ne pouvait pas lire tous les panneaux ! Il était obligé de demander conseil à des plus grands que lui. Mais les plus grands sont chiants. Sous prétexte qu’ils pouvaient lire plus de panneaux que le petit pépin, ils voulaient tout expliquer au pépin. Comment s’habiller, quoi mettre dans sa valise, quelle chaussure et même ils lui disaient qu’il serait tellement plus heureux s’il faisait comme les grands lui disaient.

Le pépin commença à détester les grands. Il n’avait pas demandé à ce qu’on choisisse pour lui. Il voulait juste que ceux qui pouvaient voir plus loin lui lisent les panneaux hors de portée. De colère le pépin criait que même les grands ne pouvaient pas lire tous les panneaux, personne n’a les yeux qui voient derrière les nuages. Mais il avait bien du mal à se faire entendre de tous ces grands qui maintenant voulaient lui tenir la main pour traverser.

La nuit venue, le pépin se sentit drôlement seul au milieu du brouhaha résidu des grands et de leurs conseils. Tout seul au milieu de la foule. Toutes les voix se cognaient entre elles et ça lui faisait mal à la tête. Il lisait les panneaux qu’il pouvait à s’en faire pleurer les yeux. Il voulait imprimer les messages de danger jusqu’à avoir mal au ventre. Il pensait qu’il allait falloir apprendre la carte par coeur pour trouver son chemin. Et elle était bien trop grande la carte.

Un matin, le pépin comprendra que des panneaux, il faut s’en fabriquer soi-même, parce qu’on ne peut pas lire derrière les nuages. Même pas les grands. Ce n’est pas la route qu’il faut choisir, ce sont les panneaux. Mais le pépin a encore le temps de voir ça.

Indochine : Popstitute