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#9 Désexistons… The Princess Bride

Chers Termites,

Je suis sûre qu’au retour de l’automne, vous n’attendez rien de moins que pouvoir vous rouler dans votre couverture, une tasse de chocolat chaud dans une main, un chat dans l’autre et une bonne histoire à entendre… Votre souhait a été entendu. Car ce mois-ci, nous allons regarder ensemble The Princess Bride ! Et je suis tellement joie que je fais du riz au lait en même temps que j’écris cet article. Ce qui signifie que oui, le lait a déjà débordé de la casserole. Mais qu’à cela ne tienne ! Désexistons voulez-vous…

Des nuages, des épées, des airs terrifiés, des bijoux…

J’hésitais à faire un résumé parce que bon, c’est quand même un classique… mais sait-on jamais, peut-être que vous vivez dans une grotte, que votre enfance était nulle ou encore que vous n’avez même pas 20 ans. Comme tout ceci peut arriver à des gens très bien, je vais quand même prendre quelques minutes pour vous raconter.. (mais d’abord je dois retrouver la fiche imdb car comme à mon habitude, je ne me rappelle quasiment d’aucun des noms des protagonistes)

Résumé : un jour, un gamin est cloué au lit par la grippe la mieux simulé de tout l’univers, quand son papy, Colombo déguisé en grand-père lambda, vient pour lui raconter une histoire… Le gamin, plutôt amateur de base-ball et de jeux vidéos n’est guère enthousiasmé par la chose, mais son grand-père lui promet des bagarres, des course-poursuites, de l’action, des cascades et un grand amour, alors finalement, il accepte. Dans le royaume imaginaire de Florin, la belle Bouton d’Or réalise qu’elle est amoureuse du garçon de ferme, Weasley, lui même amoureux d’elle. Il part alors pour la mer dans l’espoir de ramener suffisamment d’argent pour mériter sa belle, mais disparaît sans laisser de trace… Obligeant Bouton d’Or, cinq ans plus tard, à accepter d’épouser le prince Humperdinck. Malheureusement, quelques jours avant le mariage, voilà que des bandits l’enlève et qu’un mystérieux homme en noir se met à les suivre…

(mouhahaha riz au lait ! pas cette fois !)
Princess Bride, on pourrait dire que c’est un peu un genre de Shrek avant l’heure : on reprend l’univers des contes de fée et on essaie de voir si on peut en faire autre chose qu’un truc tellement cloisonné que c’est à se demander pourquoi on prend encore la peine d’en faire (si tu as répondu « pour le fric » lève la main, HIGH FIVE). Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant que dans la série des formes joyeusement sexistes, le conte se pose là, et ce qu’il s’agisse de misandrie ou de misogynie. Les rôles sont clairement répartis et pas la peine d’espérer sortir des cases. Shrek et Princess Bride, qui nous intéresse aujourd’hui,  tente de voir si on peut décaler ça, et dans ce cas-là, que se passe-t-il ? Allons voir ça de plus près…

La situation de départ est assez intéressante car sous couvert d’un classicisme à toute épreuve niveau rôle de genre, on voit quand même apparaître de subtiles nuances qui font plaisir à voir et prouvent que franchement, faut quand même pas grand chose. En effet, le gamin qui est malade est un petit garçon qu’on nous pose comme tout ce qu’il y a de plus petit garçon : affiches de base ball, jeux vidéos (de base ball)(le petit garçon a des tendances monomaniaques très ouvertes sur le monde qui l’entoure) et s’en fiche franchement de tout ça. Les histoires c’est pour les filles. Papy Colombo quant à lui explique que c’est son propre père qui lui lisait quand lui-même était malade, et qu’il adorait cette histoire. D’ailleurs, son grand-père l’avait lui-même raconté à son père. Et je trouve ça fascinant. Ça fait rarement partie du rôle des hommes de raconter l’histoire quand Pauvre Petit Bout de Chou est malade (même si ce gamin joue la grippe aussi bien que je mime l’intérêt pour le foot à la télé)(ou le foot en général d’ailleurs)(ou le sport en encore plus général). Pourtant là, c’est le rôle qui échoue à Papy Colombo. Alors certes, le grand-père fait un peu paratonnerre parce que c’est quand même pas papa, ceci dit, il explique tout de même que c’est son père qui lui avait raconté en premier lieu. Si vous considérez que le film date de 1988, je vous laisse imaginer à quelle époque dans cette narration le père de Papy Colombo a pu lui raconter cette histoire :c ‘était encore moins imaginable. Et de la même façon, il est super intéressant de voir d’abord un gamin qui accepte qu’on lui raconte une histoire uniquement parce qu’on lui promet de la bagarre, et qui refuse d’ailleurs les passages de romance, avant de finalement voir celui-ci réclamer qu’on lui raconte parce que quand même, c’est chouette. Finalement, sortir des cases, c’est pas si compliqué…

Mais rentrons dans l’histoire dans l’histoire…

Tout le monde il est beau tout le monde il est blond aux yeux bleus ! Niveau casting on explose carrément les quotas de diversité !

Vous connaissez tous cette histoire : la femme de ménage qui tombe amoureuse du riche propriétaire et puis il s’aime, ou le patron et sa secrétaire (ou l’infirmière avec le chirurgien ?)(OUAAAAI !)(Rambo veut s’assurer que vous suivez bien de chronique en chronique, auquel cas elle sera obligée d’aller vous faire un cours de rattrapage personnel, et je serais vous, je me méfierais. J’ai retrouvé des cheveux à moi dans ces branches, je crois qu’elle essaie de me tuer dans mon sommeil). En bref, l’histoire de Cendrillon : la petite employée de rien du tout qui finit par vivre une histoire d’amour incroyable avec l’homme de pouvoir. Et biiiiiiiien… là c’est l’inverse. Weasley est le valet de ferme tandis qu’on suppose que Bouton d’Or est… euh… bah en fait on ne sait pas. On ne voit jamais âme qui vive autre que ces deux-là. Et il ne sera jamais fait mention de ses parents. Peut-on en conclure que Bouton d’Or est donc l’heureuse propriétaire de sa ferme ? Et bah oui, on va le faire parce qu’on est comme ça nous, on fait ce qu’on veut, on est des fifous. Et puis il faut bien en faire quelque chose de ce trou de scénario. Car si Weasley est bien introduit par son rôle social, qui consiste à servir Bouton d’Or et s’occuper de la ferme, Bouton d’Or est introduite comme… euh… comme… aimant donner des ordres à Weasley ? Ça fait un peu juste. Au départ, c’est assez fun parce que tu te dis que ça inverse le scénario habituel, et ça fait du bien. Le truc, c’est qu’on revient assez vite au scénario en question : une fois qu’ils se sont déclarés leur amour, Weasley part chercher fortune en mer, parce que c’est l’homme de la maison qui doit pourvoir aux besoins de sa femme, alors même que jusque là elle semblait très bien y arriver toute seule, voire même extrêmement bien puisqu’elle devait aussi faire en sorte que son valet de ferme puisse vivre. Du coup, on est en droit de se demander pourquoi. Selon Rambo, c’est pour permettre d’avoir une raison de faire mystérieusement disparaître Wesley et ainsi faire avancer le scénario. Selon Chouquette (ma basse), c’est parce que c’est le rôle de l’homme au cinéma un point c’est tout. Ça me rappelle un peu ce qu’on avait vu pour La reine des neiges, même si pour le coup c’était un peu tiré par les cheveux peut-être… (cette auto-promo de malade en attendant) D’autant qu’après que Weasley disparaisse mystérieusement en mer et soit considéré comme mort, Bouton d’Or renonce à l’amour et devient de ce fait une coquille vide qui ne fait rien du tout pendant cinq ans à part accepter la demande en mariage du prince Humperdinck, avant d’être kidnappée et d’attendre d’être sauvée. Niveau potiche, on revient sur du bien lourd quand même.

Dream Team mes bons !

Alors parlons en donc de cet enlèvement… pas qu’il y ait grand chose à dire notez bien, en vrai, on a quasiment dit tout ce qu’il y avait de plus intéressant à dire sur notre sujet dans ce film… Mais bon, continuons tout de même un peu pour le plaisir. Notre chère Bouton d’Or est enlevé par trois dangereux brigands que voici : le géant Fezzik, l’Espagnol Inigo Montoya (qui après avoir enfin pris sa revanche a décidé d’être un meme sur un internet pour assurer ses vieux jours) et le chef Vizzini.

Commençons par Vizzini… sorte de petit chef autoritaire, à peu près bon à rien, mais qui se prend pour un génie parce qu’il a lu Platon et en a retenu à peu près autant que Kévin, votre camarade de terminal occupé à voir combien de chewing-gums un dessous de table peut contenir. Le classique du méchant qui se croit génial alors qu’en fait il tient à peine la route. Il passe donc son temps à philosopher sur à peu tout et rien avec autant de talent que l’ivrogne du coin, l’haleine d’alcool rance en moins. On ne sait pas trop comment, il réussit néanmoins à faire croire à tout le monde qu’il est essentiel alors qu’il est un boulet que les autres doivent se traîner. Il a rassemblé les membres du groupe, raison pour laquelle il n’en est jamais exclu, quand bien même il insulte tout le monde copieusement. Si ça vous rappelle quelqu’un, fictif ou réel, levez la main. Plus basique comme archétype masculin, c’est le Prince Charmant.

Fezzik. Ai-je vraiment besoin d’épiloguer sur son compte ? Et bien oui. Le mec est un géant. Il a clairement été engagé pour être la brute de service. Quand on lui demande d’affronter l’homme en noir, après que celui-ci ait réussi à vaincre Inigo dans une duel à l’épée, son arme se révèle être… des pierres. Voilà voilà. Pourtant, il se trouve que Fezzik, tout géant qu’il est, aime la poésie et s’amuse régulièrement à trouver la rime pour répondre à ses partenaires (c’est amusant d’ailleurs cette propension des géants à aimer la poésie, dans le Donjon de Naheulbeuk, paye ta référence, la magicienne explique aussi que « ogres sont parfois poètes »)(et ils peuvent changer les papiers peints accessoirement, mais ce n’est pas le sujet). Fezzik est aussi la parfaite maman poule : il prend soin d’Inigo lorsque celui-ci sombre dans l’alcool, prend soin de Weasley quand celui-ci manque mourir, il va chercher des chevaux pour que la princesse puisse s’en aller confortablement… Bref, on dirait l’un des brigands de Rayponce qui aime collectionner les petites licornes en verre. Un détournement du géant brutal assez classique, mais qui personnellement me plaît toujours autant… C’est quand même agréable de voir qu’on peut être tout autre chose que ce que notre corps dit qu’on est, et être heureux et accepté tel quel. (j’ai le droit à mon quota niais, c’est un conte de fée avec un happy end, alors j’ai le droit de ranger mon cynisme dans sa boîte quelques instants)

Il nous reste donc Inigo. Inigo est un maître de l’épée, quand il était gamin, il a vu son père, forgeron, fabricant d’épées, se faire tuer par un homme ayant six doigts à la main droite avec l’épée qu’il avait mis des mois à concevoir (je ne suis pas payée par l’inventeur du mot épée pour cette phrase, mais je vais y penser). Du coup, il a passé sa vie à s’entraîner avec la dite épée pour pouvoir un jour se venger de l’homme à six doigts qu’il cherche désespérément (mais que le scénario aura la politesse de mettre sur sa route par le plus grand des hasards, trop gentil le scénario). Inigo est donc un homme extrêmement talentueux dans sa partie, avide de vengeance, parce que quand même c’était papa d’amour. Il est droit, honnête et rechigne à revenir sur ses principes. Là aussi, niveau archétype, on est plutôt pas mal…

J’en ai pas trop parlé, mais comme vous pouvez le voir, les méchants ont des têtes de méchant.

Alors finalement, Princess Bride, quel est le bilan ?
Pour un film de 1988, je trouve qu’on s’en tire honorablement. Certes, la princesse est clairement une potiche qui ne vient pour rien d’autre que l’amour de son bon et doux Weasley. Mais on voit quand même poindre nombre de légers petits décalages : les héros ne sont pas toujours si héroïques, ils s’en tirent en trichant, les méchants ne sont pas si durs à cuire que ça, tout le monde a envie de voir le grand amour triompher, y compris les vieux magiciens, les adeptes de la torture, le gamin presque pas malade. Le réel avantage de ce film, plutôt que de changer radicalement les rôles de chacun, c’est plutôt de les aménager, de les agrandir. On peut être un géant et aimer la poésie et prendre soin de son prochain. On peut être un maître de l’épée avide de vengeance et quand même être sensible à la quête d’amour de l’autre. On peut être un pirate assoiffé de sang prêt à combattre pour l’amour de sa vie. On peut être une potiche et quand même être la plus têtue de l’univers (toute façon elle a fini par jouer dans House of Cards alors respecte l’autorité quoi). On peut être un petit garçon fan de bagarre et quand même vouloir que l’histoire se finisse bien avec un bisou et tout ce qui va avec. Et là dessus, je trouve que c’est une belle réussite qui fait du bien, surtout quand on voit comment nos perspectives se rétrécissent…

Un Wall of Death à vous !
Comme toujours, n’hésitez pas à partager si cet article vous a plu, et n’oubliez pas de proposer vos films pour le mois prochain ! (non je n’exploite pas votre culture cinématographique pour trouver de quoi remplir mes dimanches, c’est faux)

#8 Désexistons… Papa ou maman

Un jour, j’ai respecté un délai. C’était en 1989 et ça ne s’est plus jamais reproduit depuis. Ce jour-là, j’étais même en avance. Une histoire de cordon autour du cou obligea le monde à réagir et ainsi ma venue fut précipitée. La légende raconte même que je serai venue tellement tôt, qu’on aurait ainsi trouvé le temps de m’échanger à la maternelle, ma mère ayant en effet donné naissance à une charmante petite fille blonde, et non pas à une saleté de metalleuse envoyée par le démon. Pourtant, les signes étaient déjà présents : 666ème enfant à naître dans cette maternité, headbang prénatal et hurlement une journée durant. Le monde ne pourra pas dire qu’il n’a pas été prévenu. On suppose par contre que c’est d’avoir failli mourir étranglé dans le ventre de ma mère qui me donna cette incroyable capacité à faire du hors sujet comme on respire ou bien encore à remplir un article de parenthèses (mais bon, vous savez les légendes… on est en plein anachronisme, en 1989 les articles de blog n’était pas encore plus courants que les slogans publicitaires qui allaient bientôt les remplir).

Mais passons. Car le film d’aujourd’hui va ravir nos petits coeurs.

La metteure en scène en moi râle « ça fait vachement naturel votre affaire ». Mais bon si je râle dès l’affiche on n’est pas rendu.

Synopsis : Florence et Vincent sont en couple depuis quinze ans. Et ils ont tout réussi. Il est obstétricien, elle est chef de chantier. Ensemble ils ont trois enfants. Jusqu’au jour où ils se rendent compte qu’ils ne savent plus pourquoi ils sont ensemble et décident donc de divorcer. Tout se passe pour le mieux, ils sont d’accord sur tout. Jusqu’au moment où chacun reçoit l’offre de ses rêves… à l’étranger. La guerre est donc déclarée : qui va devoir garder les mômes ?

Que vous dire et comment commencer ?
Ça faisait un moment que je voulais le voir, je l’avais raté quand il était sorti au cinéma (une histoire de mémoire à rédiger et de compte en banque pas loin du rouge)(entre le cinéma et la bière, j’ai choisi le chocolat) et j’ai enfin pris le temps d’y jeter mon oeil. J’étais vraiment curieuse de voir le divorce abordé AUTREMENT. D’autant qu’en toute logique, si le divorce est abordé autrement, le couple aussi, la parentalité aussi. Un film en crash test donc. Et une belle réussite de mon point de vue. Mes deux parents travaillent dans le milieu du social : toxicomanie et thérapie familiale pour l’un, divorce, placement et droit de visite pour l’autre. Alors les histoires de séparations, de familles, et de relations avec les gosses, ça me tient lieu de fromage avant le dessert depuis mon plus jeune âge. Et j’ai toujours été surprise de la platitude des représentations offertes par le cinéma : au final, on voyait toujours la même histoire. Alors je veux bien que la réalité a cette capacité incroyable de rattraper la fiction pour mieux la dépasser, mais quand même. Je veux bien aussi que « tout a déjà été raconté » mais… c’est pas vrai. Les scénaris se répètent et se ressemblent plus que le pan gauche de ma tapisserie avec le pan droit de cette même tapisserie. Alors qu’il faut franchement pas grand chose pour bouger un scénario de place, c’est quand même un peu beaucoup souvent la même histoire, raconté avec les mêmes personnages. Finalement, la seule véritable différence repose peut-être dans les techniques (mais là je passe mon tour, je suis loin d’avoir les compétences) et les codes sociétaux de chaque époque. Bref, j’étais plus qu’heureuse de voir quelqu’un tenter de voir le divorce autrement. D’autant que c’est plutôt bien fait, ce qui prouve que c’est possible. Et en plus, c’est un film français, donc toc. (loin de moi l’idée d’être franchouillarde, je vais parti des gens qui réalisent une fois avoir fini un livre que l’auteur est français ou javanais… C’est juste qu’il y a un mode consistant à baver sur le cinéma français. Et comme je me méfie toujours des rejets en bloc, voir que ce sont des Français qui arrivent à proposer autre chose, ça m’amuse diablement)(et puis ça nous donne l’occasion de voir Marina Foïs, ce qui est toujours cool)(et puis c’était pas en 3D alors joie bonheur et perspective aplatie)(Non mais ne vous inquiétez pas hein, y a quand même pas mal de fail de scénarios, de deus ex machina et de caricature, on va pas faire que jeter des confettis non plus !)(en grande partie parce qu’il faut nettoyer après)(si vous trouvez qu’il y a trop de parenthèses, plaigniez vous à ma connexion, j’attends que la photo suivante charge, je m’ennuie en attendant, faut bien que je m’occupe)

Ça y est la photo est chargée. Vous êtes contents hein ? Non ? Bande d’ingrats.

Florence est donc chef de chantier. Métier reconnu comme hautement féminin comme chacun sait (un sarcasme s’est glissé dans cette phrase, sauras-tu le retrouver ?). Et ce qui est chouette, c’est que c’est normal. On nous épargne le cliché de la camionneuse avec des bras comme ta tête et une pilosité à faire passer Chewbaca (sérieux pourquoi est-ce que je me retrouve toujours avec des noms impossibles à écrire ?) pour un ado de 12 ans priant chaque soir pour que la puberté remplisse son slip. On nous épargne aussi la « femme d’affaire qui s’est vendu corps et à âme à son boulot délaissant mari, enfants et tout plaisir de la vie qui ne se résumerait pas avec des graphiques ». Et puis tant qu’on y est, on nous épargne la chienne de garde constamment en train d’hurler pour qu’on lui obéisse ou pour défendre Dieu seul sait quoi. Non. Florence se fait joli à l’occasion, va au boulot en talon qu’elle échange pour des chaussures de sécu tranquillement assise sur le coffre de sa voiture. Elle fait sa vie quoi. Et tout va bien. Jusqu’au moment où le film essaie un peu trop fort en nous balançant un personnage d’inspecteur misogyne que les scénaristes semblent avoir construit à l’aide d’une checklist : petits surnoms infantilisants check, commentaires paternalistes check, ne pas la prendre au sérieux check, la considérer comme une subalterne check. S’en est presque trop beau. On se demande d’ailleurs comment il n’en vient pas à lui passer la main aux fesses. Tout bien pesé, je ne suis pas sûre que caricatural soit le bon mot. Parce que des comme ça, j’en ai croisés, il m’est même arrivé de devoir bosser avec certains (mais pas longtemps, heureusement pour leur espérance de vie)(j’ai une tolérance à la connerie qui va en diminuant avec les années)(quand je serai vielle, je serai comme les petits vieux dans les Muppets, mon père m’y voit déjà). Mais là un truc cloche….

BIENVENUE DANS LE PREMIER TROU DE SCÉNARIO !
Prenez un cookie, servez-vous à boire. Vous pouvez enlever votre manteau et laisser vos chaussures dans l’entrée. Surtout mettez vous à l’aise. Je m’en vais râler de ce pas. Préparez vos pop-corns, tout va bien se passer.
Je l’ai dit et je l’ai redit, notamment au cours du visionnage de Breaking Bad, un personnage, c’est mieux quand c’est cohérent. Ça a tendance à mieux marcher. Alors bien sûr, l’humain étant ce qu’il est, il peut changer, bouger, parfois de façon aussi impressionnante qu’improbable. On voit des revirements à 180°, des passages à l’acte après des années de sommeil, etc. Mais plus un changement est imprévisible et illogique, plus la cause de ce changement est forte. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes face à un psychopathe. C’est tout. (bon d’accord, un politicien à la limite, mais bon là on tombe dans la catégorie des sociopathes alors on n’est pas non plus très loin de la première hypothèse) Alors chers scénaristes, quand vous construisez vos personnages, cette règle s’applique aussi du moment que vous ne mettez pas en scène exclusivement des psychopathes. Je dirai même plus, elle s’applique encore PLUS, puisque nous sommes dans le cadre d’une fiction et que pour ça marche, il faut un minimum d’identification, pas dans le sens où on doit se reconnaître dans tous les personnages, mais dans le sens où le spectateur doit pouvoir comprendre les actions des personnages, tôt ou tard (tout dépend de la structure de votre narration, je n’ai rien contre les films qui me font poireauter 90 minutes avant de m’expliquer)(enfin tout dépend de l’explication)(Je te vois Dreamcatcher !)(pendant l’été j’ai proposé une séance pizza – film à mon frère qui a décrété qu’il fallait choisir le film dans la vidéo des nanars by le Fossoyeur. Et le pire, c’est que c’est moi qui l’ai téléchargé, qu’il est dans mon ordi. Et que même mon frère, amateur de nanar, a trouvé ça naze)(FML). Alors chers scénaristes d’amour, quand vous dépeignez un putain d’affreux connard misogyne (avec un long nez qui plus est), vous ne pouvez pas lui coller un big smile sur la face « je vous offre le job de vos rêves au Danemark car nul autre que vous n’a les compétences pour réussir cet exploit, je crois tellement en vos capacité et votre talent ». Ça. N’est pas. Logique. Et ça n’a aucune putain d’explication raisonnable ! Non mais bordel ! Et non non, le fait que tous les chiffres montrent qu’elle est excellente ne sont pas une raison pour pareil revirement : quand ce genre de mec décide qu’il a raison, il a raison. Regardez nos politiques (décidément ils ont la part belle dans cet article, l’actualité m’hérisserait-elle le poil au papier ponce ?).

TROU DE SCÉNARIO N°2
Non j’en ai pas fini avec monsieur l’inspecteur. Parce qu’après le personnage pas cohérent, c’est un pur trou de scénario qui s’offre à nous. Une fois la guerre déclenchée avec son futur ex-mari, Florence décide de l’inviter à dîner et de lui faire du rentre-dedans pour qu’il se comporte comme le plus parfait des enfoirés avec les gosses. Et éventuellement rentre son ex jaloux. Une tactique vieille comme l’univers. (sisi, je suis persuadée que les petites molécules elles jouaient déjà à ça, vous croyez que c’est quoi le big bang ?) Bref, d’un coup l’inspecteur se retrouve à table chez Florence pour la première fois, première fois où il rencontre déjà les gosses, et se considère déjà comme le nouveau père. Bon aller, passe encore. Connard fini pour connard fini, on peut suppose que son envie de paternaliser peut justifier ça, et puis ça s’entend toute façon c’est ce qu’elle cherchait. Ce que je ne m’explique pas, c’est : il devient quoi une fois qu’elle le jette comme une merde après lui avoir roulé une putain de galoche sous le porche devant l’ex qui passe ? Il est passé où l’inspecteur misogyno-envahissant-mâle Alpha ? Il a pas vu le panneau « attention trou de scénario » et il a glissé dans les abysses des scènes coupées ? WO ! Inspecteur ? Que t’est-il arrivé ? Si tu nous entends fais nous siiiiiiiiigne ! (ou pas, j’avoue que j’ai passé une partie du film à espérer qu’il se prenne une poutrelle sur le coin de la gueule, mais on est dans une comédie bon enfant donc pas de mort en vue)(attendez ça charge)

Ich bin ein Badass.

Aller, parlons de Vincent. En fait, ce film est drôle parce qu’il fait l’inverse de la majorité de ses contemporains… D’habitude, ce sont les personnages féminins qui sont ultra-limités et caricaturaux, sauf que là, les hommes vendent pas non plus du rêve niveau chemins de vie envisageables. Vincent est donc obstétricien, en gros, pour caricaturer (mais pourquoi nous on s’en priverait ? ça serait pas juste), c’est un super médecin de l’accouchement. Et comme on n’est pas à un cliché près, il se tape l’infirmière. Tchekov a dit « S’il y a un revolver au début du livre, le coup partira avant la fin » (citation tronquée, je suis jamais tombée sur l’originale). Et j’ajouterai « S’il y a un grand médecin au début du film, le coup partira avant la fin » (citation très propre sur elle). Sérieux, je veux bien que « planning de malade => passer ta vie à l’hôpital => tu rencontres des gens qu’à l’hôpital => tu baises avec eux parce que c’est quand même plus pratique » soit un tracé des plus probables, mais enfin merde… Est-ce que les médecins ne baisent QUE des infirmières ? Est-ce que c’est un truc comme un stage obligatoire ? Qu’on m’explique, il doit bien y avoir quelque chose pour que ça soit aussi systématique au cinéma. Enfin autre chose que le manque d’inspiration / de motivation pour chercher autre chose. C’est plus une ficelle, c’est une tresse de cordes.

Mais Vincent, c’est quand même un mec avec un coeur gros comme ça, il va partir avec Médecin sans Frontières. Mon héro. J’adore quand on me joue la carte « non mais il est devenu médecin pour faire de l’humanitaire », le tout dans une baraque en région parisienne avec plus de fenêtres que de vernis à ongles chez kiko. Enfin là c’est juste moi qui suis cynique, on s’en fout. (muppets show here I come !). (j’ai dû m’arrêter pendant 45 minutes pour diverses raisons, comme apprendre à se servir d’un lave-vaisselle, du coup je ne suis plus trop sûr de ce sur quoi j’avais prévu d’enchaîner, ça m’apprendra à écrire en free-style)

Tiens j’avais pas fait gaffe qu’on avait mis les hommes d’un côté du plan et les femmes de l’autre. Les équipes sont faites semble-t-il.

Le but du jeu va donc consister à faire en sorte que les enfants choisissent avec lequel de leur parent ils vont vivre. Pour cela, deux tactiques : mettre l’autre en valeur et les dégoûter d’eux mêmes. Et c’est assez drôle de voir ce que chacun met en place. Entre papa qui fait du chantage au suicide en expliquant à son fils que quand même, l’instinct maternelle c’est tellement fort que s’il choisit pas d’aller habiter avec maman elle va se laisser mourir, et de dire à sa fille qu’une fois maman partie, ça sera elle la maîtresse de maison et qu’en tant que telle, il faudra qu’elle se tape les corvées. Tandis que maman explique à son aîné qu’elle avait peur parce qu’elle voyait bien que son père allait pas le forcer à passer le bac, voire même qu’ils allaient passer son temps à fumer des joints ensemble. Quelle décadence. Maman empoisonne les gosses au produit vaisselle, papa les défonce au paint-ball (insérez ici blague salace de votre choix)(j’ai dit ici bande de gros dégoûtants), maman leur fout la honte de leur vie devant leurs amis, papa se montre incapable de les loger décemment. Ce que je trouve drôle, c’est que la séquence d’empoisonnement au produit vaisselle dure beaucoup plus longtemps que celle sur le paint-ball. Plus exactement : on voit beaucoup plus les conséquences sur le couple de maman qui maltraite les enfants que les effets de papa qui maltraite les enfants. Tiens, comme c’est amusant ça… maman qui maltraite les enfants, ça passerait moins bien en société que papa qui maltraite les enfants ? Mon dieu, mais quelle surprise ! J’en apprends des choses décidément ! Truc de fou quoi. De la même façon, le fait que papa voit une autre femme passe beaucoup mieux que le fait que maman voit un autre homme (bon d’accord, je suis de mauvaise foi, c’était monsieur l’inspecteur, mais quand même). Même si le film n’y arrive pas complètement, on saluera toutefois la volonté de mettre les deux parents à égalité dans la connerie. J’ai beaucoup aimé aussi cette volonté de ne pas défendre ou juger les personnages, c’était assez appréciable. Car même si on s’arrête un peu plus sur Florence et ses pâtes au PAIC citron, il n’en demeure pas moins que Vincent ne passe pas pour le père idéal pour autant.

Bon alors par contre les gosses… Un jour, le cinéma arrivera à produire des personnages d’ado non caricaturaux. Et ce jour-là, nous sortirons des salles de cinéma en riant et en nous tenant par la main, les yeux dans les yeux dans l’horizon et oups attention la marche, et nous serons tous tellement heureux. En attendant, il faudra supporter ces putains de foutues têtes à baignes que le cinéma continue de nous imposer. Et franchement, dans ce film, ils sont bien bien ratés. Ce qui est dommage pour un film qui les met au centre de l’intrigue. Mais putain, qu’est-ce qu’ils sont chiants et sans consistance, plus creux tu meurs. Du coup bah j’ai rien à désexister puisque pour ça faut commencer par exister. Mauvais équilibrage du film entre les parents et les enfants. On leur reconnaîtra que faire des ados non caricaturaux c’est dur, puisque tout ado est caricatural déjà de nature. C’est un peu comme quand on demande à un psychanalyste de parler de psychanalyse, très vite, on atteint des sommets d’absurdité et de non sens impossibles à atteindre sans jet-pack en temps normal.

Ceci dit, la palme du personnage raté revient à….. la BABY SITTER ! Et oui… C’est même pas qu’il est raté c’est juste que… que… mais que putain elle sert à rien ! Mais vraiment, à rien du tout du tout. Elle est présente une scène qui consiste en « désolé pour le retard, merci d’être restée si tard _[grommelle en ramassant la vaisselle] _non laissez merci _je serai pas là demain _d’accord et pour vendredi.. _non mais ni vendredi, ni samedi, ni aucun autre jour, je démissionne _mais pourquoi ?? _je crois que je déteste vos enfants [claque la porte en sortant] ». VOILAAAA ! Ha. C’était bien. Cette scène ne sert ni à introduire les gosses (possiblement haïssables on suppose), ni une possible relation baby sitter / parent ou baby sitter / enfant. Tout au plus, elle permet de souligner que les parents sont trèèèèès occupés, ce qui justifie l’emploi d’une baby sitter alors que les mômes ont 9,12 et 15 ans. Sauf que la démission de la baby sitter ne semble avoir aucun impact sur leur vie. MON DIEU ! Je crois que la baby sitter est elle aussi tombée dans un trou du scénario ? Mais qu’attendez-vous ? Faîtes quelque chose voyons ! Vous voyez bien que ce personnage souffre ! De là à penser qu’il fallait caser la fille d’un producteur, il n’y a qu’un pas. Que je ne ferai pas. En majeure partie parce que les petits vieux des Muppets sont deux et que je suis atrocement seule pour dire des horreurs à l’heure actuelle (Rambo est occupée à bronzer, c’est l’heure où le soleil lui tombe en plein sur la gueule, ça photosynthèse à mort).

Devant le cadavre de leur baby sitter au fond du trou de scénario.

Au final, Papa ou maman reste un bon film à voir malgré ses soucis de cohérence et d’équilibre. L’ambiance est bonne enfant. Les situations restent crédibles. Encore une fois, c’est vraiment cet effort de montrer autre chose qui est plaisant. D’autant que, si j’en crois les histoires de mes parents, des situations comme ça ne sont pas si rares, c’est juste qu’il n’y a pas de réalisateur pour décider que tout ça doit rester une chouette comédie et offrir les Deus ex machina et autre happy end au moment opportun. Ça reste donc une belle expérience. À voir si maintenant que le divorce est entré dans les moeurs, on va se décider à nous montrer autre chose pour le bien de tout le monde, ou si ça restera un cas à part…

PS : j’ai pas aimé la fin. Vous me direz quand vous le verrez !


Voilà pour ce 8ème désexistons ! Comme toujours n’hésitez pas à partager si ça vous a plu, à commenter si vous n’êtes pas d’accord et surtout à proposer vos films pour le prochain qui, avec un peu de chance, sortira en octobre (ou en 2075, va savoir).

Un Wall of Death à vous !

Message in a bottle

Le pépin avait pris une grande décision. Le genre de décision qui change une vie. Enfin il espérait que ça serait le cas. Il était là, debout sur le rebord de la fenêtre et il avait décidé. Le vent lui soufflait dans les cheveux, le vide en dessous chantait ses douces berceuses, mais la nuit enveloppait le tout. Impossible de voir où la chute le mènerait. Impossible de savoir si le saut valait la peine. Le pépin pouvait aussi bien éclater en morceaux que bien tomber. Peut-être même que le pépin se trouverait des allures félines, alors il retomberait sur ses pattes, enfin. Depuis tout ce temps… ça fait tellement longtemps que ses pattes de pépin ne le portent plus vraiment.

Alors, s’il ne savait plus marcher ?

Il pouvait toujours rester dans la chambre. Se cacher encore et encore sous les couvertures. Bien sûr il y avait les cauchemars, il y avait les mains, il y avait les souvenirs, les doutes. Les et si. Les comment, les pourquoi, et surtout pas de réponse. Le pépin voyait bien : plus il restait là, plus il voyait ses jambes se dissoudre dans l’air. Peut-être qu’il avait tout inventé, peut-être qu’il en rajoutait, peut-être que tout ça n’était jamais arrivé. Ici, dans la chambre, il y avait tous les mensonges que le pépin se racontait pour que le monde tienne debout. Toutes les histoires qu’il avait inventé pour cacher la vraie. Il y avait les pièces d’un puzzle explosé qui venait lui rappeler…

Alors il fallait sauter.
Là bas, en bas, il retrouverait ses jambes. Il pourrait marcher pour de vrai, et non plus se contenter de flotter au hasard d’un coin à l’autre. La chute lui ranimerait les jambes. La chute le sortirait de là.

Là sur le rebord de la fenêtre, le pépin avait pris sa décision. Il était temps. Il avait rassemblé toutes les pièces de puzzle. Rien que cette tâche avait été épuisante. Il avait dû s’arrêter, faire des pauses, pleurer, avant de pouvoir terminer. Il était revenu sur le bord de la fenêtre. Là, il a pu mettre les pièces du puzzle dans des bouteilles.

Maintenant, il fallait sauter et trouver la mer. S’il ne pouvait plus marcher, quelqu’un pourrait bien l’aider à nager, non ?

Mais qu’est-ce qu’une urgence ??

C’est mal barré.

A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes lundi. Une partie d’entre vous est en train de pleurer cette heure fatidique où une nouvelle semaine commence et qu’il faut retourner au boulot. Une autre partie d’entre vous me signalera que la semaine précédente n’est toujours pas finie (ô joie des horaires décalées). Enfin une dernière partie d’entre vous me rira au nez en me disant qu’elle est en vacances et que du coup lundi, elle s’en fout. Déjà cette partie-là devrait fermer sa gueule parce que les vacances ne sont pas éternelles, que le lundi reviendra et qu’à ce moment-là nous serrons là pour vous le faire payer. Na. Toutefois, il est des fins de semaine qui font passer le lundi pour un carnaval sous morphine observé par un daltonien… c’est d’une de ces fins de semaine-là que nous allons parler.

Deux jours seulement… deux jours peuvent être suffisant pour te pourrir la vie. Alors accroche toi à ton slip ami termite parce que voici le récit terrifiant de mes aventures !

Vendredi :

Je commençais à 9h15. J’arrivai donc pour 9h10. Sur la route, la pluie avait commencé à tomber. Bon, jusque là, je me disais juste « cool, il pleut, faut que je change de disque, celui-ci va pas assez bien avec la pluie ». Un début de journée normal quoi. Jusqu’au moment où j’ai garé ma voiture sur le parking… L’architecte qui a conçu le lidl où je travaille a dû aller dans une école lidl où il a eu des profs lidl pour finalement obtenir un diplôme lidl : c’est bien, mais à la moindre merde ça te lâche. Car voyez-vous, notre génial architecte, qui a mis ni plus ni moins que huit ans d’étude pour obtenir ce prestigieux titre, n’a pas trouvé dérangeant de faire un parking en cuvette, avec le magasin en bas et de toutes petites petites bouches d’évacuation. Lui, il n’a pas vu où était le problème. Effectivement, si ce magasin était situé en plein Sahel il n’y aurait eu aucun ennui, mis à part le fait qu’il n’y aurait eu aucun client non plus, mais ça c’est l’affaire de l’expert en marketing, pas de l’architecte. Sauf que par chez moi, quand il pleut, il pleut, mais grande vraiment. Et quand je suis arrivée à 9h10, je savais déjà qu’il ne servait à rien que je prenne une caisse. Et en effet, j’ai à peine eu le temps de me changer, mettre mes chaussures en hauteur, dire bonjour et pointer que S. rentrait en courant dans la salle de repos pour nous annoncer que l’eau rentrait à une vitesse folle. Branle bas de combat. Première mission de la journée, évacuer tout le monde vers les caisses… Contrairement à d’autres années, les clients se montrent plutôt conciliants et n’essaient pas trop de négocier. Il faut dire que les deux premières allées sont déjà complètement inondées et que les autres ne tarderont pas, de plus, personne n’a prévu les chaussures fermées. (enfin en même temps, on peut se demander pourquoi les gens achètent des chaussures de plage pour pouvoir mettre les orteils dans l’eau sans marcher sur une méduse ou des algues mais ne supportent pas de toucher un milimètre d’eau dans ces mêmes chaussures une fois à l’intérieur d’un magasin. C’est à méditer.)(On me répondra que de l’eau qui a fait tout un parking et fait ressortir toute la crasse du magasin ne donne pas envie. Certes, mais de l’eau dans laquelle des gens ont pissé, vomi, forniqué, dans laquelle on a déversé du pétrole et des ordures de diverses sortes ne fait pas des masses envie non plus…)

Quand on essaie de faire comprendre que certaines choses ne fonctionnent pas dans ce magasin…

Une fois qu’on a évacué les clients, commencent alors le plus délicat, évacuer l’eau… Et là… Comment vous-dire.. Êtes-vous familier de la légende d’Ulysse ? Je fais un rapide résumé pour ceux qui ignoreraient tout du bonhomme : Ulysse est un guerrier grec réputé pour sa ruse et son intelligence. Il est embarqué dans la guerre de Troie qui dura quinze ans et prit fin grâce à lui et sa célèbre ruse du cheval de Troie. Ulysse prend alors le large pour rentrer chez lui, mais il se fâche avec Poséïdon qui décide donc de lui mettre des bâtons dans les rames et son voyage de retour prendra à nouveau quinze ans. Sauf qu’Ulysse a une femme, Pénélope, qui l’attend. Trente ans forcément ça fait long, alors on commence à lui dire qu’elle devrait prendre un nouvel époux. Mais Pénélope est persuadée qu’Ulysse est toujours en vie. Alors pour gagner du temps, elle déclare qu’elle choisira un prétendant lorsqu’elle aura fini sa tapisserie. Et toutes les nuits, quand tout le monde dort, elle défait la tapisserie pour que celle-ci ne soit jamais finie.
Et bien, quand j’essayais d’évacuer l’eau, j’avais cette impression. Sauf que c’était quelqu’un d’autre qui s’amusait à défaire ma tapisserie et que ça me faisait rire moyen. A un moment, on nous demande d’ouvrir les portes d’issue de secours pour évacuer plus vite… sauf que du coup l’eau rentrait aussi plus vite ! Plus inutile tu meurs. C’est comme essayer de faire peur aux vagues : tu peux courir mais y a un moment elles reviennent forcément dans ta direction. Obligés d’attendre que la pluie se calme pour pouvoir ouvrir. A partir de là, chacun prend sa raclette et on écope. Au début c’est chiant, mais d’une certaine façon plutôt cool. Les clients ne sont pas là, on peut faire les cons et quitte à en chier, autant essayer de se marrer un peu. Dans une veine tentative pour épargner nos chaussettes, nous décidons donc d’enlever chaussures et chaussettes et de les mettre au sec. Sauf que… c’était quand même vachement glissant. Genre… vraiment. Je me suis ainsi pris deux gamelles mémorables. Une absolument ridicule où je me suis viandée de tout mon long sur une palette mais que personne n’a vue (heureusement !), et une où j’ai réussi à sauver l’honneur en tombant à genoux la main en l’air et me relevant aussitôt (oui quand tu es maladroit, ton corps développe une espèce de faculté parallèle qui te permet de te réceptionner sans trop de bobos ou de ne pas te prendre les divers trucs que tu fais tomber).

Quand ça commence à franchement m’énerver et que je propose des solutions quelques peu extrêmes…

Les pompiers ont fini par arriver pour nous aider. « Comme d’habitude ? _oui oui… » Oui on en est là. Et là le mec te sort un aspirateur à eau qui déchire sa race et des raclettes ultra larges toutes belles. Toi t’as juste envie de répondre « oui forcément avec des moyens… » mais bon tu as peur de rester coincé dans la scène de Mission Cléopâtre…

Mais les clients ne seraient pas des vrais clients s’ils arrêtaient de faire chier une fois le magasin fermé ! oh non… Il a fallu qu’on laisse une personne près des sas d’entrée et sortie (laissés ouvert pour évacuer l’eau) parce que visiblement des volets fermés, un parking vide à l’exception des pompiers, des employés avec de l’eau jusqu’aux chevilles en train de racler en râlant ne sont pas des indices suffisants pour déduire qu’un magasin est fermé. A tour de rôle, nous nous sommes retrouvés à expliquer que le magasin était fermé pour inondation, que non nous ne savions pas quand nous allions pouvoir rouvrir et que oui on en chie (et que si tu continue à m’emmerder je t’envoie une gerbe d’eau en pleine gueule). Si la plupart se montre compréhensif et que certains arrivent même à faire preuve de compassion (incroyable mais vrai), d’autres prouvent encore une fois que l’humanité est un nid à enfoirés notoires. Ainsi nous nous sommes faits engueulés parce que « j’ai pas fait tout ce chemin pour rien quand même ! et puis il me faut juste du pain vous faîtes chier ». Bref, le genre de mecs où tu commences à te demander sérieusement si tu peux le passer dans l’auto-laveuse. Mention spéciale pour le petit monsieur anglais qui m’ demandé ce qu’il se passait et à j’ai expliqué que « We got tsunamied » parce que sur le moment je ne savais plus comment on disait inonder (to flood, fled, fled, pour ceux qui se demandent…).

Tant bien que mal nous réussissons à vider le magasin et nous rouvrons après trois heures de fermeture. Trois heures durant lesquelles les clients ont dû trouvé le temps de s’organiser, car à peine 10 minutes après le parking était pleine à craquer. L’un d’entre eux avait dû rester faire le guet, il aura prévenu les autres de la réouverture ! Je ne vois pas d’autre explication possible.

Nous en sommes à 1442 mots et je viens tout juste de vous raconter mon vendredi…

Ceci est un article inextricable… Dîtes vous que je saute des bouts sinon on en sortirait jamais !

Samedi :

La journée avait pourtant bien commencé. Si on excepte le fait que la peau de mes pieds étaient brûlées à cause de l’humidité de la veille et que mes chaussures de sécu ont été mise sur la plage arrière dans l’espoir de les faire sécher bien sûr. Tout le monde avait l’air de plutôt bonne humeur, tout le monde est content de la soirée faite ensemble la veille. Et moi je suis contente parce qu’on me propose de travailler en réserve pour une bonne partie de l’après-midi ce qui va m’épargner les clients du samedi. Joie et bonheur dans mon âme. Sauf que… je suis là depuis trois quarts d’heure quand… quand pour une fois mon corps a réussi à se synchroniser avec lui-même. Sauf que niveau sens du timing, c’est pas trop ça. Alors que j’ouvrais un carton à l’aide d’un cutter, quelqu’un m’a parlé, j’ai tourné la tête, ma main a suivi le mouvement, et là c’est le drame. Il m’a fallu quelques secondes pour comprendre vu que j’ai à peine eu le temps d’avoir mal. C’est quand j’ai vu qu’une bonne partie de ma main était couverte de sang que j’ai compris. Premier réflexe : j’ai porté le tout à ma bouche pour aspirer le sang en trop, je me suis assez vite rendu compte que la coupure était trop grosse pour que j’en vienne à bout de cette façon-là… J’ai prévenu ma collègue qu’il fallait que j’aille me passer la main sous l’eau et ai filé en courant. Alors que je rinçai le tout, j’ai demandé à M. qui était occupé à décuver manger, si on avait du désinfectant. « Bah l’alcool que t’as bu hier soir ça peut pas suffire ? Genre nettoyage de l’intérieur ? ». Hum, nope. S. qui m’a suivie arrive avec la trousse de secours dont nous constatons presqu’aussitôt l’inutilité totale : les produits qu’elle contient ne sont pas étiquetés en français, sans formation de secourisme, impossible de savoir qui est quoi, et on ne trouve aucune trace de désinfectant. Une partie de mon cerveau s’est alors mise à hurler « NON MAIS MOURIR D’UNE HEMORRAGIE D’ACCORD MAIS PUTAIN D’UNE INFECTION CA FAIT CON ! ». C’était le début d’une série d’échos aussi étranges que douloureux qui allaient se poursuivre tout l’aprem mais qui n’est pas le sujet de cet article (non mais). S. a trouvé une compresse, seul élément clairement identifiable de la trousse de secours, et l’a appliqué sur la plaie pour éviter que des merdes s’y déposent. Ont alors débarqué dans la salle de repos le reste de mes collègues, soit parce qu’en coupure (haha) soit pour évaluer la situation et aviser de la suite. S. a alors passé un appel… au SAMU. Et bah faut pas être en train de mourir ! Nous avons dû parler et expliquer la situation à au moins quatre personnes. Résultat ? Au bout d’un moment, la situation est résumée plutôt sommairement, et comme tout raccourci langagier, cela donne des choses étranges « elle a coupé son doigt ». Il n’en a pas fallu plus à M. pour imaginer mon doigt pendouillant au bout d’un fil de chair. Alors que je m’apprêtais à écrire « lidl m’a tuer » sur les murs avec mon sang, le monsieur du SAMU déclara que je n’étais pas une urgence et que je devais me démerder pour aller aux urgences. C’est à ce moment-là que j’ai appelé mon frère…

Quand j’explique pour la cinquième fois…

Mon frère a donc débarqué au magasin pour me récupérer et m’accompagner aux urgences alors qu’il espérait pouvoir décuver tranquillement. Je vous laisse imaginer la scène : Chewbacca, en jean trouvé, chemise débraillée, chaussures destroy avec les lacets qui traînent sur 3mètres derrière lui et un teint farineux au possible déambulant nonchalamment dans les allées du lidl « jviens chercher ma soeur ». La classe. Nous sommes donc partis dans la twingo fraternelle tandis que mon visage tentait de reprendre des couleurs. Je me suis extasiée parce que du coup, on allait pouvoir étrenner les routes toutes neuves qu’ils ont fait à travers champs pour aller, entre autres, à l’hôpital. (oui, on s’amuse comme on peut) Mais notre périple ne faisait que commencer… L’hôpital où je suis allée est tout nouveau (….), il doit même pas avoir 5ans. Je n’y suis allée qu’une ou deux fois pour aller voir mon père hospitalisé, idem pour mon frère. L’hôpital renferme aussi en son sein la clinique (parce que comme ça quand on leur prête le matériel ça coûte moins cher à transporter…), du coup, ça en fait un truc énorme absolument mal indiqué. Mon frère s’est garé sur l’un des premiers parkings et à partir de là nous avons commencé à errer, ma main contre mon torse pour maintenir la charlotte improvisée sur mon pouce (une partie de mon cerveau était toujours effrayé à l’idée que la plaie ne soit pas désinfectée et en open bar à toutes les saloperies possibles). Nous marchions… Nous avons essayé de suivre les flèches marquées urgences mais à un moment nous nous sommes trompés. Nous sommes arrivés à un accueil et en avons profité pour leur demander où étaient ces pgozngozn d’urgences. Elles nous ont très aimablement indiqué le chemin « y a un grand parking devant ». Nous nous sommes retenus de leur signaler qu’il y avait un grand parking sur toute la longueur de ce putain d’hôpital et que donc ça n’éliminait pas beaucoup de portes comme indication… Nous avons fait le tour de l’hôpital « Chambres mortuaires… hum non t’en es pas encore là je crois ». (mon frère a toujours su faire preuve de soutien) De dépit, nous avons fini par rentrer par la première porte venue « hey t’imagines là on retombe sur les deux nanas de tout à l’heure ! », on prend un ou deux couloirs au hasard et là… les deux nanas de tout à l’heure. Fuck. Demi-tour. Deux infirmiers nous ont salués, l’air intrigués de nous voir là, et nous en avons profité pour à nouveau demandé où était ces ozeggeozig,oeg, de pieg,zroi,gpz,hzpih, d’urgences. Et grâce à leurs indications, nous avons fini par trouver !

Là dessus, il a fallu que je m’enregistre… deux fois. Une fois administrativement et une autre fois pour « mais que vous arrive-t-il donc ? ». Lors de l’inscription administrative, j’ai demandé comment les choses se passent vu qu’il s’agit d’un accident du travail. La madame très gentille m’a demandé où je travaille… dans la mesure où je portais encore mon polo j’ai trouvé ça un peu bête, mais bon… la fatigue, beaucoup de gens, tout ça tout ça, et c’est vrai que ce truc me va tellement bien qu’on pourrait croire que je le mets pour le plaisir. A la fin des deux inscriptions, on m’a fait un joli bracelet avec mon nom et toutes les infos pour qu’il n’y ait pas d’erreur médicale et qu’on ne se retrouve pas à m’opérer des reins par erreur. Mais genre un bracelet comme en festival ! Trop bien, genre je suis VIP ! Moi qui n’ais encore jamais pu faire de festivals de ma vie, j’étais plus que ravie de pouvoir au moins toucher du doigt un semblant de vie festivalière…

Passé 25°…

Ce n’était d’ailleurs pas le seul point commun avec un festival. En effet, la madame m’ayant annoncé quelque chose entre deux et trois heures d’attente, nous avons décidé de sortir prendre l’air sur la pelouse de l’hôpital. Parce que bon, à trente dans la micro salle d’attente avec les gamins qui chialent et les gens qui râlent merci quoi…Mon frère, qui était parti récupérer une fiche d’accident du travail dans le lidl d’à côté vu qu’il n’y en avait plus dans celui où je travaille, m’a rejoint à ce moment-là avec bouteilles de jus de fruits et sandwich. Si au début l’initiative m’a paru futile, je me suis vite rendue compte qu’elle était plus que bienvenue : mon bras, voire mon corps, s’était engourdi à cause du choc, manger a permis de ramener de la vie là dedans… Et moi je dis… sandwichs au thon devant un épisode de south park sur une pelouse en plein soleil devant l’hosto, ça a un côté sacrément punk ! D’autant que le mec qui devait passer avant moi est venu dormir au soleil tandis que sa mère et sa copine lui garde sa place dans la file, je n’avais donc pas à m’inquiéter de rater mon tour. D’ailleurs… ce mec-là… comment dire.. DARWIN AWARDS ! Un coude cassé, plaie à la tête suite à un accident de scooter. Monsieur roulait sans casque, quand l’infirmière lui a signalé que c’était pas hyper malin quand même il a expliqué qu’il « roulait sur le trottoir donc c’est pas vraiment rouler donc pas besoin de casque ». Inutile de vous dire que l’infirmière n’était pas franchement du même avis… Il est venu pour des maux de tête et des nausées qui ne se sont pas dissipés depuis l’accident. C’est donc en toute logique que lui, ses nausées, ses maux de tête sont allés faire la sieste en plein soleil. Je… euh… voilà quoi.

Quelques trois heures plus tard, le jeune homme est appelé. Nous sommes donc rentrés mon frère et moi pour attendre qu’on m’appelle, ce qui est arrivé quelques 20 minutes après. 20 minutes pendant lesquelles mon frère a décortiqué un magasine de voitures que « les gens qui lisent n’auront jamais les moyens de se payer » et s’est engueulé avec son horoscope « comment ça Vénus elle s’invite chez moi ? non mais ça se fait pas ce genre de choses ! tu téléphones avant ! ». Ensuite j’ai eu le droit… d’attendre. Encore. Mais cette fois, de l’autre côté. Du côté où y a des gens qui sont vraiment là pour des urgences urgentes. Du côté où une femme pleure et où tu entends les infirmières parler d’échographie… Ce genre là. Et pendant ce temps, moi j’attendais dans un box grand ouvert me demandant quoi faire. En désespoir de cause, car n’ayant rien prévu de tout cela je n’avais même pas de livre avec moi, j’ai fini par sortir le paquet de cartes que mon frère m’avait filé et par faire des solitaires sur le brancard où on m’avait demandé de m’allonger. Et croyez moi, mélanger des cartes avec un pouce en moins, c’est dur. Quand enfin, l’internet a fini par pointer le bout de son nez…

Au cas où vous vous demanderiez : non je n’ai pas l’air aussi mignonne, même avec une charlotte bien faite.

Avant toute chose, je tiens à dire que j’ai eu de la chance… Parce qu’à mon avis, ils doivent tous en chier dans ce service, j’ai eu du pot de tomber sur un interne qui a fait l’effort de me parler et d’être sympa (même si certaines de ces blagues m’ont plus donné envie de lui faire bouffer ses lunettes, mais bon, passées quatre heures d’attente… bref, c’est quand même franchement appréciable). Je suis tombée sur un interne qui aimait s’annoncer à coup de fanfares de la Twenties Century Fox, de thèmes d’Indiana Jones ou de Titanic. Je n’ose même pas imaginé la gueule de déterrée que je devais avoir vu que l’une des premières questions a été « un trouble oculo-musculaire peut-être ? », j’en ai déduit que mon oeil droit avait décrété que tout ça le faisait fortement chier et qu’il avait donc décidé de demander refuge à mon oreille droite qui comme à son habitude a dû faire la sourde oreille, laissant mes yeux bloqués dans un étrange manège. Un classique. Et puis y a eu les questions qui fâchent « vous avez désinfecté ? » NOOOOOOOOOOOOON alors tu te tais tu vas chercher du désinfectant et on reprend les questions à la con après ! Mais à la place je me suis dit que comme il faisait l’effort de me traiter en humaine, je me devais de ne pas lui jeter une faute dont il n’était pas responsable… « non mais c’set bien les coupures au cutter, c’est beau c’est propre c’est net » ….. non mais ta gueule en fait, je t’en conjure ferme là ! Vilain l’interne vilain, laisse cette boîte de Pandore tranquille ! « Vous savez que y a des gens qui le font exprès pour qu’on s’occupe d’eux ? » Non mais pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que je t’ai fait ? T’as pas eu ta pause café du coup t’es ronchon ? Non parce que si c’est que ça tu peux y aller hein, j’en suis plus à une heure d’attente près… Bref, une fois digérée cette pomme de discorde, laissant le pauvre interne discuter tout seul sur ce terrain-là, nous avons pu revenir à mon pouce…

« Des douleurs ?
_Une douleur dans le poignet, mais possible que ça soit une courbature d’hier.
_Vous avez fait du sport ?
_J’ai dormi dans ma voiture.
_Vous commenciez si tôt que ça ?
_J’attendais de pouvoir à nouveau conduire surtout.
_Ah, c’est bien ! Je suis pas d’ici, les vendéens conduisent tous bourrés ça les gène pas…
_Je suis déjà borgne alors si je en plus je conduis bourrée on est pas arrivé ! »

Du level en puissance… Une fois les présentations faites entre mes antécédents médicaux et l’interne, on a enfin attaqué le vif du sujet et ENFIN la plaie est correctement désinfectée. Prions pour qu’il vaille mieux tard que jamais ! Je me suis allongée comme on me l’avait dit une heure plus tôt et mon pouce s’est vu habillé d’une mini robe bleue. C’est alors que Monsieur l’interne fut bipé et dut aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Et là franchement… j’ai bien cru que j’allais m’énerver… Parce que bon, attendre longtemps c’est chiant, mais voilà, il était clair que mon pronostic vital n’était pas engagé, donc autant prendre son mal en patience. Mais me retrouver coincée le bras en l’air dans une position franchement pas confortable ça m’a un peu gonflée… Forte de l’idée que gueuler n’arrangerait rien, j’ai continué d’attendre en essayant de compter les carreaux du plafond… jusqu’à ce que je me rende compte avec horreur que je ne pouvait pas tous les compter vu que certains étaient derrière moi et que je ne pouvais pas bouger ! Enfer et damnation ! C’est à ce moment-là que l’interne est revenu et que mon pouce a enfin été recousu… et que l’interne m’a collé un arrêt de minimum 5 jours. Fichtre !

Je veux une tortue.

En bonus : le pouce, cet appendice hypra utile

Depuis, je me rends compte de l’importance du pouce, et même, de l’importance d’en avoir deux.. Alors en bonus, une petite liste des choses chiantes à faire avec un pouce en moins :

  • Mettre un soutien-gorge
  • Enlever un soutien -gorge (encore pire !)
  • Ouvrir et fermer la braguette de ton pantalon
  • Lire un livre
  • Taper à l’ordinateur
  • Couper de la viande
  • Porter les courses
  • Porter des choses larges
  • Mettre des boucles d’oreille
  • Mettre du gel dans ses cheveux (au moins maintenant j’ai une excuse pour être mal coiffée)
  • Décapsuler une bière (dramatique !)
  • Ouvrir une boîte de pâté pour chat
  • Faire une caresse au chat en question
  • Frapper le chat en question parce qu’il t’a mordu sur les points pour jouer
  • Prendre une douche
  • Se laver les cheveux
  • Mettre des gouttes dans mon oeil (c’est vrai que c’était pas suffisamment compliqué comme ça)
  • Tenir la brosse à dents pour mettre le dentifrice dessus
  • Ouvrir une bouteille d’eau
  • Jouer à tetris (ô rage ô désespoir)
  • Faire une bataille de pouce (déjà que je suis nulle en temps normal…)
  • Ne pas plier son pouce par inadvertance…

C’est sur cette petite liste que je vous quitte ! Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le faire partager, et je vous rappelle que le concours pour gagner Nouvel arrivage le lundi est toujours ouvert ici !

 

JTBH 2ème édition

Bonjour à tous et bienvenue dans cette deuxième édition du JT de la Bonne Humeur.

Nous nous excusons par avance de l’attente. Aucune nouvelle ne nous paraissais suffisamment valable pour être diffusée en ces lieux. Aussi, la rédaction a-t-elle préféré gardé le silence plutôt que de vous inonder inutilement d’information de seconde main. Nous espérons toutefois que l’information d’aujourd’hui rattrapera ce désagrément.

Voici donc le principal titre de cette édition : il neige au Mali.
Un évènement aussi incroyable qu’improbable et pourtant vrai. Les dérèglements climatiques dont la planète est victime depuis plusieurs années a permis pour la première fois cette année qu’il neige dans ces contrées.

Cet évènement imprévu a fait, permettez nous l’expression, boule de neige. En effet les hostilités que connaît ce pays depuis maintenant plusieurs mois ont cessé presque immédiatement. Les enfants maliens n’ayant jamais vu ce manteau blanc se sont jetés à coeur perdu dans une exploration minutieuse des terres avoisinantes. Ils sont de ce fait arrivés sur terrains armés. Les adultes inquiets de blesser plus d’innocents qu’il n’en faudrait ont immédiatement cessé le feu et sont venus s’occuper des jeunes enfants.
Une nouvelle bataille eut alors lieu. Une fois que chacun eut découvert les propriétés de cette neige nouvellement venue, à savoir le froid et sa maniabilité, des équipes furent constituées afin de mener la première bataille de boules de neige de tout le Mali.

Ainsi, du fait de cet hiver imprévu, aucun mort n’est à déplorer. Nous ne pouvons toutefois espérer une fin des hostilités de manières aussi aisée. Cependant, une accalmie ne peut qu’être vue d’un bon oeil.

Nous vous souhaitons de ce fait un bon hiver à vous aussi, et profitez bien du froid environnant !

JTBH 1ère édition.

Bonjour et bienvenue pour ce JT de la bonne humeur diffusé pour la première fois en prime time. Et oui, enfin le JTBH accède aux heures de grandes écoutes. Je suis donc fière de vous présenter cette édition de 2h13 !

Pour commencer : une exclusivité mondiale ! En effet cette nuit-même, à 1hO7 très précisément, une bande de jeunes amis participaient à une course dite du dernier signal. Ce type de course appartient à la catégorie dite des sports urbains à caractères dangereux puisqu’elle consiste à ne respecter aucune signalisation.
Or, cette nuit-même, Antoine Henry, caniche de Mme Ernestine henry, ne se sentait pas bien et s’agitait fortement. C’est pourquoi, à 1h07 toujours aussi précisément, cette charmante vieille femme et son adorable compagnon canin se promenaient dans les rues.
En conséquence de quoi, à 1h07 on ne peut plus précisément, les chemins des participants de la course et des promeneurs nocturnes se sont croisés.

S’il est essentiel que nous vous transmettions cette information à 2h16 sonnante c’est parce qu’à  1h08 un drame… ne s’est pas produit.
A la vue du caniche et de sa maîtresse, les voitures ont soudainement pilé, évitant ainsi une collision qui aurait pu s’avérer tragique.
Toutefois, l’une des voitures a fini sa course dans un lampadaire. La vieille femme s’est immédiatement avancée pour voir si personne n’était blessé. Aidée des autres participants, Mme Ernestine Henry a pu sortir le jeune homme de sa voiture et le ramener chez ses parents.

Il est actuellement 2h25 et je suis heureuse de vous annoncer qu’aucun dégât humain n’est à déplorer. 0 blessé, 0 mort.  C’est sûr cette note d’espoir que j’ai le bonheur de vous laisser.

C’était la première édition du JTBH, bonne nuit à vous.