Posts Tagged: nearly tea time

00h55 Alcoolémie

La solitude se creuse
s’encrasse
L’incohérence se love au creux du coude
À la fois exubérante
et dissimulé
L’illogisme à même
les veines
Vous savez…
moi pas
La voix admet enfin
les sons sortent
s’avouent
se dénoncent
L’insidieuse sensation se propage
Il faudra bien briser
quelque chose
La bête a du sang sur les mains
depuis longtemps déjà
mais pas assez
Il faudra bien briser quelque chose
Mais ça ne suffit pas
La main se défile
refuse la netteté du trait
se proclame innocente

Au matin le visage
sous les ongles
Menteuse
clament les lambeaux.
Et toujours le monde se dissipe
C’est facile vous savez

Do I make it look easy….

Il suffit simplement
de laisser parler le sang sur les murs
Les murs savent mieux
Les murs savent toujours
Ils prononcent les mots
que la voix refuse
Les murs savent

Le problème, ce n’est pas de parler aux murs.
C’est quand ils répondent.

Les incendiaires

Il fut un temps où

Mais le monstre s’est réveillé. À la seconde précise où l’épuisement m’a prise. J’ai reconnu la sensation. Le tremblement d’excitation au bout des doigts. La brûlure au creux des dents. Le déchirement des commissures. Le monstre était bien réveillé. Les attaques fusaient. Porc-épic sous amphétamine. Le hurlement bien au chaud dans l’estomac n’attendait qu’une seconde d’inattention. Le monstre savait, ça viendrait plus vite que ça n’en avait l’air. Il suffirait d’un prétexte. Il suffirait d’un contact de trop. Petite, toute petite. La fissure au creux de mes doigts paraissaient si minuscule hier encore. Hier encore tout était sous contrôle.

Je sais qui tu es
Tu sais qui tu es
Tu sais qui tuer
Tératologie
Morphologie
Monstruosité fixée

C’était simple pourtant. Il suffirait que j’accepte de fermer les yeux. Rien qu’un instant, je pourrais lâcher la bride. Admettre enfin le monstre comme part entière. Lui donner le droit de vivre ma vie puisque je ne sais plus comment coller les morceaux. Quelle différence cela ferait-il ? Quelle différence cela a-t-il fait jusque là ? Parce qu’aussi loin que je fuis, ça ne change rien. Le miroir raconte toujours la même vérité. Je ne me reconnais pas sous les traits du monstre, pourtant c’est bien lui dans le reflet. Alors quelle différence ? Il suffirait… Que faire de ces cordes vocales qui de toute évidence m’encombrent ?

Are you looking happiness ?
Or are you looking for something better ?
Do you ever feel emptiness ?
Are you scared it’s gonna last forever ?

Et maintenant ? La rage au bout des ongles me déforme le visage. Après tout, ce n’est pas comme si nous avions quoi que ce soit à faire d’autre avec. Déjà je constate que je s’est fait avalé par le nous. Il n’aura finalement pas duré. Espace futile d’identité fragile, je est déjà mort. Quelques jours à peine. Allez-y, renvoyez le prototype aux ordures. Lancez le recyclage. En attendant, le monstre remplit. Encore. Et encore. Il faut bien garder la place chaude. Le monstre prend ses aises. Et déjà mes mains ne m’appartiennent plus. Je fait un bref retour, tentative désespérée pour clamer un territoire qui n’est déjà plus rien qu’un souvenir. Le monstre remplit la nuit, le monstre remplit mes jambes, le monstre vide mon ventre, mon sexe. Il ne restera plus rien de moi. Le monstre a pris le miroir. Le monstre prendra les mots.

Maladie chronique
Miroir hystérique
Maladie hystérique

Le feu. Le feu au bout des doigts putain. Enfin le feu putain. L’incendie se décharge. Le monstre rit le monstre crie, le monstre jouit. Et quelle putain de différence à la fin ? Pourquoi tant d’effort ? Je est mort. Et si ce n’est pas déjà fait, je mourra toujours au bout du compte. La fin de l’histoire est toujours la même. Systématique. Trajectoire pré-déterminée. Le monstre plus fiable que la plus fine des boussoles. Ça valait bien la peine de sonner toutes les alarmes. Les avertissements, les bouteilles à la mer. Le monde entier dans le mur. Mes tympans déchirés et le monstre au commande. Vous l’avez bien cherché finalement, si on y réfléchit un peu…

We don’t need your cheap salvation
We don’t want your sympathy

I don’t want your happiness
I don’t need your happiness
So never show me happiness
I don’t want your happiness

Alors sous les traits du monstre que je a toujours été, nous irons par devant vos nuits, vos pleurs, vos horreurs, et nous brûlerons tout. Nous ravagerons jusqu’à ce qu’il ne reste rien. Nous vous réduirons à néant. Il n’y a plus rien que du vide dans nos crânes abrutis. Plus de larme. Plus de fatigue. Juste la colère qui ronge encore et toujours. Et personne ne pleure pour nous. Et personne n’allume les dernières bougies. Les monstres se sont arrêtées à l’heure de nos derniers meurtres. C’est un secret que nous n’osons nous avouer.

Je te hais
Je te hais

Je te hais
Puisqu’on se connaît
Puisqu’on se connaît

Au réveil, n’auront brûlé que mes paupières sous la pression de mes doigts paniqués, incapables de trouver une autre issue. L’histoire se finit toujours pareil. Le monstre est toujours là, bien installé dans le fond de ma gorge, prêt à cracher feu et cendres aussitôt ma garde baissée. Prions que la vôtre soit solide. La course contre la monstre est lancée. Les pronostics sont illisibles et personne ne sait qui de lui ou de moins franchira la ligne en premier. Dans le miroir ce matin, j’essaie encore de le traquer. Bien réfugié à l’abris des paupières tombantes, il me rend mon regard. Il cherche l’humaine dans son reflet. À la dernière traque, elle s’était réfugiée sous ses ongles et depuis, il n’arrive pas à l’en déloger.

I hope you’ll fin happiness.


Citations dans l’ordre :
Eths : Tératologie
Hurts : Happiness
Eths : Atavhystérie

3h24 – 5h12

Dir en Grey : Audience Killer Loop

Je suis où ? La question s’accroche dans l’air. Ma dissolution coule le long des murs. Impossible de l’arrêter. La bulle aura bientôt tout déchiré. Dans ma tête le bateau coule et chaque vague m’écarte un peu plus loin Je suis pièces détachées. J’essaie balises de détresses après bouteilles à la mort, mais ça ne suffit pas. Inlassablement je perds des morceaux de moi. Partout sur les murs je sens les lambeaux de mon corps. Je suis prise au piège, à compter encore et encore le reste des membres fantômes. Les calculs sont à refaire, les chiffres faussés. Impossible de se mettre d’accord sur le taux de perte autorisée. Il va bien falloir bouger, bien falloir prendre une décision. Abdiquer ? Abdiquer quoi ? La douleur est à peine présente. La douleur c’est pour les êtres vivants. Je suis déjà outre espèce. Je suis profanation, le moindre geste, la moindre impulsion vient déchirer la mélodie du silence. Quoi que je fasse, je suis déjà coupable. Je ne sais pas comment finir. Il faudrait pouvoir me ramasser le corps, faire l’inventaire putrescent des morceaux restants. Je pourrais repartir en connaissance de cause, consciente des forces à disposition. Mais le navire se refuse aux statistiques et toujours je navigue à l’aveugle en eaux troubles. Les sirènes poursuivent leur cantique final tandis que ma dissolution se poursuit. Les murs en observateurs attentifs prennent note de chacun de mes mouvements. Chaque tressaillement, chaque micro-battement est fidèlement enregistré, comptabilisé, étiqueté. Plus le silence grossit plus je me laisse patiemment dispersée. Il n’y a pas d’endroit où virer. Je vais devoir attendre. Attendre que le silence ait fini de me dévorer. Attendre que les murs aient fini de broyer. Après peut-être… Après peut-être qu’enfin j’aurai pied.

Saturation – alitération

Insomnium : While we sleep

La fissure grandit grossit se répand fracasse conscience et dérobe rhétorique parfaite. Le corps écroulé regarde sans trouver le moindre repos la propagation gangrénique, tandis que l’esprit écroué prend note…Du silence sortirent les mots. Nul ne savait à quand remontait leur présence. Aucune trace, aucun enregistrement. C’était comme s’ils avaient toujours été là. Pourtant, il y avait eu un temps sans eux, et l’instant d’après ils étaient sortis. Les sons s’étaient alignés, en ordre approximatif mais avec force. Malgré une vision périphérique limitée, ils s’étaient placés à la perfection. Du silence sortirent les mots, il fallut alors s’interroger de la pérennité du silence et la capacité de survie des mots.

Conciliabule fut tenu.

Je croyais que nous étions d’accord.
Il n’y a jamais eu qu’un accord tacite. Les éléments de l’expérience ont évolué, il paraît logique d’adapter les protocoles.
Pas celui-ci. Il n’y a pas d’exception.
Nous n’avons aucune preuve.
Vous non plus.
Et maintenant ?
Il n’y a pas de maintenant. Juste une série de secondes tellement volages que les épingler paraît impossible.
Quelle réalité dans pareil propos ?
Je n’ai pas donné mon aval.
Ni moi mais la question ne se pose plus.
Erreur, les cimetières sont profanés et nous n’avons pas de coupable à juger. Pourtant il faudra bien que quelqu’un paye. Il faut toujours un coupable.

La nuit alors s’étira. Les mots furent noyés sous la pluie et les larmes sans qu’on ne juge opportun de procéder aux analyse permettant de les différencier. Le corps écroulé chercha encore. La fissure progressa encore. L’air se fit lourd et rare. Les os ont commencé à montrer les signes de faiblesse habituels, mais il n’était pas possible de rester ici. Le danger était bien trop grand. La respiration déchirée, il fallait que le corps continue d’avancer. La fissure n’arrêtait plus. Elle criait hurlait grattait brûlait tout ce qui pouvait lui résister. Bientôt, sans même un effort de concentration, on pourrait la toucher des tympans.

Faut-il déclarer l’état d’urgence ?
État de siège état d’âme état d’urgence, quelle est la différence ?
Je ne sais pas, ce n’est pas mon travail… 
Et maintenant ?
Maintenant n’existe plus. Suis un peu. 
Parce qu’il faut bien que quelqu’un paie. On ne peut pas prendre le blâme à chaque fois. 
Les monstres sont nés pour ça. 
Alors il faudra encore fabriquer un je de plus. À moins que celui-ci ne puisse accepter une greffe supplémentaire. 
Il a été conçu pour. Les expériences précédentes ont montré l’inanité d’un je limité. 
Les limites frontières sont la seule sécurité entendable.
Mais nous n’entendons plus rien alors à quoi bon ?

La fissure grossit grandit déchire ce qui reste. Il n’y a plus de place dans le monde pour aucun autre son. La fissure se répand artère après artère. Le corps écroulé ne souris plus. On lui avait dit pourtant. Souris putain souris. Le contrat avait été passé, il fallait sourire. Sourire une autre fois, sourire contre tout, sourire en toute circonstance. La fissure traçait sa route et bientôt il ne resterait rien du corps écrasé. La pluie n’y suffirait pas. L’air absent commençait à se faire attendre. Le monde se dissout dilue déteint. Il n’y avait rien à y faire. La fissure frappait désossait craquait. Les yeux ne pouvait plus suivre et le sang toujours opérationnel drainait les messages nerveux de centre d’urgence en urgence de taille.

Comment avions-nous procéder jusque là ?
Il n’y a aucune trace dans les registres.
Vous mentez. Forcément quelque part il y a.
Mais la peau ne peut plus rien se rappeler. Il n’y a plus de place. Le sang a séché, il est devenu impossible de le dévider. 
Coagule coagule et maintenant ne sera plus. 
Alors il n’y a aucune trace. Et de toute façon celui-ci est prototype. Il n’y a pas d’avant.
Et s’il n’y avait pas d’après ?
Alors nous en ferons un autre. Un autre je plus solide, plus fiable. 
Nous n’avons aucune idée de la capacité de résistance de celui-ci en pareilles circonstances. 

Entre la fissure, le sourire s’agrandit. Il n’y avait pas de réponse. La question était impensable. L’impasse inévitable. Le corps se heurterait inévitablement à un mur. Les mots de son errance était déjà perdus, avalés à nouveau par le silence, comme s’ils n’avaient jamais été prononcés. Le sourire s’agrandit encore, découvrant les dents émiettées. Le rire a rebondi sur les murs. Je n’allait pas mourir ce soir. La pluie et les larmes se sont dissociées, chacune reprenant son chemin. Le bruit enfin reprenait forme humaine. Il faudrait encore s’accrocher aux rares bouffées d’air. Le chemin était long. Il n’y aurait plus de certitudes. Si je mourrait, un autre prendrait sa place. Jusqu’à ce qu’enfin, le corps écroué puisse tenir la route.

La seule certitude à avoir, c’est que la nuit finirait par évider les possibilités, jusqu’à ce que la seule solution viable apparaisse. Les lampadaires colorèrent délicatement la pluie des nuances les plus subtils. Au matin, ne resterait dans les flaques que les mots amenés à survivre sur la durée. Le silence alors pouvait se refermer. Enfin, les tremblements s’arrêtèrent.

23h05 Indivisible

Indivisible
Elle a dit indivisible
Qui a dit indivisible ?
Pas moi ! C’est promis craché juré
Cracher l’acide une fois cracher l’acide deux fois cracher l’acide trois fois Qui dit mieux ?
Pas moi ! Jle jure
L’innocence est un plat qui se mange froid.

Voyez-vous ?
Voyez-vous le corps qui se tord ? Il danse pour vous, sourit pour vous. Il réussira toutes les pirouettes que vous pourrez demander. Il se dandinera. Il relèvera la pente. Il trouvera les solutions. Il fera même le café si vous lui montrez où sont les tasses !

Indivisible indivisible
Mais c’était pas moi j’étais pas là. Pas à ce moment-là j’étais pas là pas encore arrivé innocent par défaut. Réinitialisation, retour aux réglages d’usine. Elle était déjà morte quand je suis arrivée ! Déjà morte ! Alors innocent je suis j’étais pas là.
Elle était déjà morte. Combien de fois sommes-nous morte depuis ? Tellement de sang sur les mains que les mains sont devenus du sang.

Lapsus.
Tu triches. C’est de la triche. Pas juste. Lapsus. Menteuse. Mentueuse. Même pas en face.

Voyez-vous ?
Voyez-vous le monstre qui s’agite ? Essayer c’est l’adopter. Mieux qu’un singe savant, plus décoratif qu’un cacatoès. Apprenez lui la partition il jouera et dansera pour vous. Du solo à la symphonie, le monstre connaît toutes les tonalités. Pour un monstre acheté, ramenez en 189 à la maison. Offre exceptionnelle !

Indivisible indivisible indivisible
Plus on le dit moins ça a de sens. Comme quand on est môme et qu’on répète encore et encore et que le mot fond dans la bouche pour couler dans la gorge.
Scrabble géant. Mot compte triple néant. Pour 1 000 points l’épeler à l’envers.
Vous savez, on peut vous reconnaître à votre calligraphie. Parce qu’elle est unique au monde.

INDIVISIBLE

Est-ce qu’elle pleure ?
Je crois pas…
Arracher les yeux les paupières cautériser désinfecter cautériser encore désinfecter plus fort arracher plus loin récurer décrasser désinfecter désinfecter désinfecter.

Les monstres sont vendus en lot indivisible. Nous vous demanderons de ne pas les séparer. Toute extraction non approuvée à l’avance risque de sérieusement endommager votre monstre. Les réglages d’usine ont été perdus. Merci de votre compréhension.

Chasse à l’homme

Traquer la folie. La chercher partout, les moindres recoins, les moindres virgules, la moindre typo. Quelque part. Nous le savons bien, elle s’est cachée quelque part. Il en reste toujours un peu. La grande purge n’a pas pu tout chassé. Preuve en est, les flammes continuent de nous lécher les veines. Quand la douleur se répand d’un coup, insidieuse et acide, comment prétendre avoir pris le pas sur la folie ?

Nous démontons rouage après rouage. Nous savons qu’elle est là. Nous sentons son odeur qui vient nous brûler l’estomac quand on n’y fait plus attention. Retourner l’épiderme, fouiller les 188. Ne rien trouver. Déchirer l’épiderme de rage, arracher les 189. Pourquoi ? Pourquoi alors que nous la sentons grouiller en périphérie du champ de vision ne pouvons-nous jamais la piéger à son propre jeu ?

La peur de l’enfer peut-elle devenir pire que l’enfer lui-même ?
C’est faux. Ce n’est pas. Ca ne peut pas être. Nous savons ce qui pourrait arriver. Nous avons tracé les routes, pavé les limites. Nous nous sommes battus corps et âme. Aujourd’hui pourtant, nous ne parvenons pas à savoir qui du corps ou de l’âme nous avons perdu. Lequel des deux la folie a-t-elle pris ? Les études sont incapables d’arriver à une conclusion et nous tournons en rond. Nous parviennent seulement les échos. Les « et si » nous frappent le crâne à chaque respiration. Il faudrait trouver la folie avant qu’elle soit trop tard. Une fois repérée, amputer la partie incriminée nous offrirait enfin un peu de répit. Jusqu’à la prochaine invasion au moins…

Même si les historiens sont incapables de dater les invasions, incapable d’établir la chronologie, incapable de comprendre les liens de cause à effet. Même si les mathématiciens n’arrivent plus à compter les morts ni à tracer les lignes derrière lesquelles nous pourrions nous abriter. Même si les médecins légistes n’arrivent plus à identifier les cadavres. Même si les auteurs ne peuvent plus nommer les choses, les gens, la folie, nous.
Nous devons trouver la folie. Nous devons la trouver et l’anéantir. C’est là notre unique chance de salut et nous en sommes convaincues. Les fusées de détresse ne semblent plus fonctionner. Au 32ème top, cela fera exactement 5ans.

23h10 Nouvelle ère

Alors ?
Maintenant ?
Le 189ème chapitre est officiellement ouvert.
Officiellement ?
Ca a été médicalement attesté. Rapport à l’appui.
Rapport avec tampon officiel, s’il vous plaît ! Excusez-moi du peu !
Voilà qui est rassurant.
On sait où on met les pieds maintenant.
Cassandre l’avait dit. Comme d’habitude elle n’a pas écouté.
C’est drôle de la voir se convulser comme ça. Comme si ça allait changer quelque chose.
Comme si en se pétant les os elle allait y trouver une solution.
C’est écrit. Et si ça ne l’est pas ça le sera.
Le goût du revenez-y. La mémoire fait son travail.
Elle a l’air bête maintenant avec le contenu de la boîte de Pandore renversé sur la tête
ça lui dégouline sur les cuise
lui brûle les cheveux
lui défonce les dents.
Peut-être que maintenant elle va écouter.
Il faut obéir à la loi du sang.
Nul n’est sensé ignorer la loi.
Cicatrisation mon cul. Cautérisation !
La case départ. La 189ème case départ.
Souvenir ou cauchemar ? En avant le tirage au sort.
Volontaire pas volontaire ?
Pareil pas pareil ?
Les arbitres sont en grève, il faudra repasser la vidéo. On demande le ralentis.
Dites lui de se foutre la tête dans le mur. Elle y verra peut-être plus clair.
Elle n’est jamais contente. Au moins maintenant elle sait pourquoi elle pleure.
Il fallait profiter. Les prochaines larmes à la nouvelle année maintenant. La saison des pluies en plein désert, brûlée avant le sol.
Evaporée.
Le sang a toujours plus de valeur.
Plus de texture. La chaleur, la couleur.
189 pages pour le comprendre.

Les monstres vivent sous les lits.
Les monstres ne dorment pas.
Les monstres ne se plaignent pas.
Parce que les monstres sont monstres.