Posts Tagged: Murphy ne m’aime pas mais c’est réciproque

La vie est un Tetris lessivé.

Grands Dieux ! Il y a tellement longtemps que je n’ai pas écrit ici. Shame one me. Heureusement, j’ai emménagé dans mon nouvel appart il y a un peu plus d’un mois, et voilà que j’ai déjà de merveilleuses aventures à vous raconter !

Parce que, je n’avais pas emménagé depuis deux semaines que m’arriva cet événement extraordinaire. Il est 20h45, et je me cuisine une petite soupe avec tellement de vermicelle dedans que la cuillère tient toute seule (brave cuillère), quand soudain, on frappe à ma porte. Qu’ouïs-je qu’entends-je ? m’exclamai-je aussitôt (mais dans mon for intérieur, parce que c’est bizarre de se parler tout seul à haute voix)(en langage soutenu, parce que si tu jures comme un charretier c’est normal). À cette heure, je ne voyais pas trois cent raisons pour laquelle on pouvait venir ainsi importuner la préparation du souper (pun intended) : soit la musique était trop forte, soit un voisin était en panne de beurre, ce qui est dramatique. Il était fort peu probable que ce soit la musique, puisque bon, j’avais déjà baissé, et puis c’était jamais que Powerwolf, alors ça devrait le faire. L’hypothèse du beurre semblant la plus probable, j’ouvris la porte pour trouver un groupe de jeunes gens de fort bonne humeur :

« Bonjour, est-ce que par hasard vous vendriez de la drogue ?
_…. euh, non.
_D’accord, merci bonne soirée ! »

Des fois, même les probabilités sont improbables. Du coup, j’envisage de remplacer l’expression « what the fuck » par « ‘est-ce que vous vendriez de la drogue par hasard ». (le « par hasard » est essentiel ! Si vous comptez appliquer vous aussi cette révolution lexicale, ne l’omettez point, vous perdriez tout l’effet escompté)

Quand ma meilleure topine vient m’aider à monter mon clic-clac et qu’elle m’annonce qu’on y arrivera jamais car nous ne portons pas de salopette comme sur le mode d’emploi, mais qu’on y arrive quand même après avoir nous-même percé les trous manquants (« Bon, j’ai dû faire quelques « modifications »… mais ton bureau ikea est fini ! »)

Alors bien sûr, je pourrais vous raconter tous les petits trucs improbables qui me sont arrivés depuis… Et c’est vrai qu’au moment de défaire les cartons, les potes se sont bien marrés d’entendre la liste des trucs bizarres que je trouvais, puisque, rappelons-le, ayant fui mon précédent appartement dans un état de confusion et d’épuisement psychologique assez effarant, les cartons ont été faits… comment dire… et bien ils ont été faits, ce qui était déjà pas mal. Mais mon déménagement n’aurait jamais passé le niveau 3 à Tetris (ce qui est moult nul, mais genre, nul à la puissance beaucoup). En effet, après avoir réparti les livres en une jolie couche fine dans le fond des cartons, puis des sacs, j’ai recouvert le tout du reste de mes possessions. Et passés les trois premiers cartons, accompagnées des trois premières crises d’angoisse, j’ai opté pour la tactique du « fourre tout là dedans et barre toi bordel ». Une technique très efficace niveau rapidité mais niveau stockage… J’ai perdu plusieurs trucs, retrouvé une culotte dans un carton de livres (ce qui est logique puisqu’il y avait tellement des livres partout chez moi qu’il y en avait jusque dans le tiroir à sous-vêtements, l’inverse est donc hautement justifiable), la cuillère à nutella dans le carton contenant mon corpus de thèse (makes total sense pour le coup), des morceaux de Rambo la plante verte dans les fringues (je mets une parenthèse par pur équilibre avec les deux items précédents, je n’ai aucune explication), une balle de tennis dans le sac avec les câbles USB et autres technologies (les règles du tennis étant aussi claire que le fonctionnement d’un ordinateur, it makes total sense once again), etc etc ETC. Bref, on a bien rigolé. Et désespéré. La prochaine fois, je demande à mes amis devenir m’aider dès la phase d’encartonage…

Je pourrais raconter tout ça. Mais en vrai, ce qui vous intéresse vous, c’est une aventure dantesque, pas vrai ? Un moment d’epicness quotidien comme seules peuvent en produire la maladresse et la bêtise combinées n’est-ce pas ? Je commence à vous connaître. Et vous allez être servis. Vous connaissez tous le dicton qui dit « un papillon bat des ailes à New-York et ça déclenche un tremblement de terre en Chine » ? Et bien, si on omet que dire un « tremblement de terre en Chine » ne nous avance guère vue la taille de la Chine, cette histoire est de cet ordre-là. À ceci près que le papillon a déclenché un tremblement de terre, un tsunami, une fuite dans une centrale nucléaire, et un incendie criminel en Amazonie. (conclusion : sauvez des centrales nucléaires, tuez un papillon)

Ça faisait un moment que je ne vous en avais pas parlé, mais j’ai retrouvé mon endroit préféré sur Terre : la laverie. Après avoir connu le luxe de vivre dans un appartement doté d’une machine à laver pendant un an et demi, je me retrouve à nouveau condamnée à bloquer une heure et demi de ma vie toutes les deux semaines tout ça pour laver mon linge. La bonne nouvelle, c’est que je retrouve mon créneau préféré pour lire des mangas sans culpabiliser de lire des mangas. Ça, c’est plutôt chouette. De leur côté, mes sous-vêtements peuvent à nouveau se livrer à leur exhibitionnisme traditionnel en se jetant systématiquement sur la vitre, quelle que soit la stratégie de répartition du linge choisie. (chose your battle : j’ai arrêté de lutter, je me contente de faire semblant de ne pas connaître ce soutien-gorge)(le pire c’est pas tant quand ta lingerie s’expose que quand c’est la semaine où tu as eu tes règles)(POÉSIE BONJOUR) Qui plus est, aller à la laverie est une véritable expédition… Ma proprio semble avoir un gros problème avec les distances (et c’est une borgne qui le dit, c’est vous dire !). Quand elle nous avait filé le plan de l’appart pour que je puisse le meubler, ses mesures étaient presque le double de la réalité. De même, quand j’ai visité, elle m’avait dit qu’il y avait une laverie « juste derrière », ce à quoi je m’étais dit « cool » (des fois je sais être synthétique)(but not today). Il s’est avéré que le « juste derrière » nécessite de prendre le bus et descendre 7 arrêts plus loin. Ce qui implique de rajouter le temps de transport au temps de laverie. Ce qui implique de rajouter le temps de rater le bus à 30 secondes près et attendre le suivant au minimum dix minutes au temps de transport (oui parce que maintenant que je me déplace quasi uniquement en bus, j’ai développé ce super pouvoir consistant à le rater à une ou deux minutes près, quand je ne le vois pas purement et simplement me passer devant)(le sens du timing je vous dis !). UN BONHEUR

Mais ce bonheur n’était encore pas suffisamment grand… alors j’en ai rajouté une couche !

Quand je commence à m’interroger sur la vraie nature de ma nouvelle proprio. (« Sérieusement Souris, faut payer ton loyer ! »)

Comme je vis dans un luxueux 18m² et que je suis une grosse bordélique désorganisée, le rangement est une lutte de tous les instants.La question du stockage de mon linge sale s’est très vite posée. Depuis des années et des années (comprendre : mon arrivée à Rennes…), le linge sale avait pour tradition de se ranger bien gentiment dans mon sac de voyage qui allait lui même bien gentiment se ranger sous mon lit. Ce qui était absolument parfait parce qu’alors le moment venu, il n’y avait plus qu’à fermer le sac et partir à la laverie (parce que c’est beaucoup plus facile de partir avec ton sac qui roule que de traîner tes fringues dans un sac de courses)(et ça t’évite de perdre tes chaussettes le long de la route façon petit Poucet)(car il ne restera plus aucune chaussette pour les lutins de la laverie). SAUF QUE cette brillante tradition a dû prendre fin devant l’absence de lit. Drame. Après un intense brainstorming (comprendre une semaine à laisser traîner le linge sale dans tous les coins possibles pour voir où c’était le mieux), j’ai finalement réalisé que le sac de voyage logeait parfaitement sous le meuble de la salle de bain, ce qui me permettait de conserver l’ingénieuse tradition. Que n’étais-je diablement fière de moi ! Jusqu’à ce dramatique samedi, deuxième Samedi de Laverie depuis mon emménagement.

Hier donc, je sors le sac de sous le meuble, pour trouver sous le dit meuble… une espèce de flaque bleu noir dégueulasse. VENDRIEZ-VOUS DE LA DROGUE PAR HASARD ! m’écriai-je alors. J’ai d’abord à la mini fuite du lavabo. Sauf que c’était complètement con puisque mon tas de fringues aurait dû absorbé la fuite si tel était le cas. Hypothèse repoussée. Finalement, je comprends assez vite que c’est de la lessive… Ma lessive, liquide, a fui. Le bouchon n’était pas hermétique et n’a donc pas très bien vécu d’être stocké allongé, pendant deux semaines. Le fond de mon sac est donc littéralement imbibé de lessive liquide. Le sol de la salle de bain est gluant de lessive dégueulassé par les huit années de crasse accumulées par mon sac. BON. Comment juguler le drame ?

J’attrape donc un rouleau de papier toilette et commence à éponger le fond du sac comme je peux. Ce qui prend une plombe cinq. L’intérieur étant couvert d’une matière façon kwai, ça se fait relativement bien, mais l’extérieur est, comme tous les sacs de voyage, fait dans un tissu hyper épais… Je m’en vais me saisir de l’éponge et essaie de retirer le reste. Sur le moment, j’ai l’impression que ça marche pas trop mal… D’autant que je n’ai pas le choix : le sac DOIT être un minimum utilisable puisque je DOIS aller à la laverie ce week-end. Comme je pars sur Paris la semaine prochaine, j’ai condensé ma douzaine d’heures de cours sur trois jours. Je n’aurai pas le temps d’y aller la semaine prochaine. Et la semaine suivante j’épongerai sans doute le retard pris en m’offrant un week-end de trois jours (et une énorme tartine de culpabilité avec)(en fait prendre un gros week-end en thèse c’est un peu comme boire cette cinquième pinte de bière : tu sais que c’est vraiment pas raisonnable, que tu vas être raide déchiré et que tu passeras ton lendemain dans le noir, mais bon sur le moment c’est tellement cool une cinquième pinte de bière !), donc je n’aurai pas le temps avant le week-end, ce qui voudra dire un mois de linge à laver. Je ne préfère pas imaginer le bordel. Bien sûr, j’aurais pu me contenter de passer le contenu du sac dans des sacs de course, mais encore une fois, je me connais : j’aurais semé toutes mes chaussettes tout le long de la route, et bien entendu, ça aurait été la route du retour, ce qui veut dire que j’aurais les dites chaussettes pour rien. Et ça, je ne pourrai pas le tolérer ! Je prie donc pour avoir effectivement épongé le plus gros et choisis d’embarquer mon drap à laver : comme ça je le foutrai dans le fond du sac pour le retour, s’il en restait à éponger, y aura que le drap à relaver. (c’est le moment où j’espère intérieurement passer pour quelqu’un de pragmatique et sensée. Quelque chose me dit que ça ne va pas suffire à vous convaincre, et je ne comprends pas pourquoi)(et non je n’ai pas l’intention de me relire pour comprendre).

Quand je me retrouve rayon « produits d’entretien » (« Quand je vois des pubs à la télé avec des femmes au foyer souriante et heureuse d’utiliser un nouveau produit ménager, la seule chose que je veux acheter c’est la drogue dont ils se gavent… »

Mais je suis encore loin de mes peines puisqu’il faut maintenant nettoyer le sol. Or, je n’ai pas encore acheté de serpillière (je ne sais jamais écrire ce mot, ça me désespère, un peu comme ascenseur…). Spoiler alert : si vous êtes à cours de produit pour serpiller, sachez que la lessive liquide n’est pas un bon remplacement. De rien. Je me réempare donc de mon éponge et commence donc à éponger (vous ne l’aviez pas vu venir pas vrai). C’est hyper galère… Non seulement parce que j’ai mes règles, ce qui implique de fortes douleurs aux reins et au ventre, entraînant donc que me retrouver à quatre pattes sous un meuble n’est pas vraiment synonyme de funitude, mais parce qu’en plus, la lessive ça s’éponge super mal ! Le tout forme un truc de plus en plus visqueux et gluant et collant… qui vient agglomérer poussière et cheveux en plus. Après avoir officiellement accordé le titre de Éponge Spécial Ménage à mon éponge, je constate, désemparée, que je ne vais pas pouvoir laisser les choses en l’état parce que j’ai peur que laisser sécher le tout ne forme un monstre de crasse et de lessive gélifiée. Notez que ça aurait pu être cool, je l’aurais appelé Ironie et je vous aurais raconté ses aventures, mais bon je vous rappelle que je n’ai que 18m² et que je ne suis pas prête à les partager avec un monstre mi-crasse mi-lessive au nom de la littérature (oui, cette phrase n’est pas crédible, je sais). Je décide donc de récupérer un vieux torchon et d’en improviser une serpillière pour au moins virer le plus con, le temps d’acquérir une vraie serpillière. Et pour le coup… et bah ça marche. Et je tiens à vous le dire parce qu’il faut bien compenser tout le reste. J’arrive à virer le plus gros et à faire que le sol ne colle plus. Ma salle de bain pue la lessive, mes mains aussi, mes fringues aussi. Je décide de mettre à sécher le torchon sur la tringle de douche, et quand je me retourne, je tilte que ça veut dire enjamber la petite zone que je viens de serpiller. Ce que je fais… mal. Je pose donc le pied dans la zone humide, et bien entendu, je glisse et m’explose la tronche dans la porte. (c’est convenu mais on ne résiste jamais à une bonne histoire de « tarte à la crème » n’est-ce pas ?)

J’embarque donc mon sac plein de lessive (dans la bouteille ET dans le sac) et file pour la lessive. Je constate en attendant le bus (après avoir raté le précédant de 3 minutes) que mon sac a viré au violet. Ce qui est aussi original qu’illogique. Vendriez-vous de la drogue par hasard?! me direz-vous, et sachez que je comprends votre désappointement. Mais à ce stade-là, j’aurais presque trouvé ça joli si le fond de mon sac ne suintait pas de lessive.  Bref, j’arrive tant bien que mal à la laverie, je charge ma lessive et pendant que mes soutien-gorges se la jouent danseuses du Moulin Rouge, je file au Super U d’à côté en quête de serpillière…et d’un goûter. J’ai bien trouvé un goûter, mais pas de serpillière. Encore une fois : vendriez-vous de la drogue par hasard ???!!!! m’écriais-je en plein milieu du rayon devant le regard mi-contrit mi-appelez les flics des autres clients. En tout et pour tout, ils ne vendaient que des serpillières à franges. Et si Lidl m’a bien appris une chose c’est que les gens sont méchants c’est toujours ta faute le client est roi ta vie vaut moins qu’une auto-laveuse il ne faut pas compter sur les mecs juste parce qu’ils ont été engagés parce qu’ils ont des gros bras démerde toi tout seul et vite où sont les oeufs les serpillière à frange, c’est le mal et ça n’éponge absolument rien. Ce qui est juste l’enfer sur Terre quand tu dois éponger ce qui a été renversé. Ce qui arrive relativement régulièrement quand tu es maladroit. Du coup c’était un peu le désespoir dans mon coeur à ce moment-là. J’ai dû me rabattre sur des lingettes imbibées, parce que je n’allais pas avoir le temps, ni le courage, d’aller au gros intermarché, et que j’ai pour principe de ne pas faire mes courses le dimanche, donc qu’il allait falloir trouver une solution pour tenir jusque là (oui, après plusieurs saisons, mon principe de ne pas faire de course le dimanche vaut mieux que mon appart puant et collant la lessive liquide. J’ai mes priorités !).

Une fois la machine, le sèche-linge et mon manga terminé, je rate le bus, j’attends le suivant, et rentre. Je vide le contenu du sac sur le lit, parce que c’est parti pour le nettoyage à grandes eaux… Je fous donc le sac dans la douche et commence à éclabousser joyeusement tout l’univers, parce que je ne suis pas douée. Le bac de la douche vire donc au bain moussant… bon d’accord, au pédiluve moussant. L’eau hésite entre le bleu de la lessive et le noir de sept ans de crasse… Magique je vous dis. J’essaie tant bien que mal de rincer le tout, mais c’est un peu compliqué de se rendre de si oui ou non c’est rincé. Mes fringues se retrouvent trempés, ce qui m’oblige à me dire que ça aurait été bien de pouvoir les emmener à la laverie dans la foulée LOLILOL. D’autant qu’une fois que je pense avoir fini, je prends conscience d’une chose : comment je vais faire pour faire sécher le tout ?? Je n’ai plus de balcon, il y a bien une grille entre l’extérieur et ma porte fenêtre, mais elle est placé tout proche pour que je puisse coincer le sac entre les deux. J’ai bien pensé au sèche-cheveux, mais un de mes anciens colocs a fait cramer le mien il y a trois ans (il a aussi fait sauter les plombs avec, ce qui lui a valu de manquer de se faire électrocuter. Il a donc unilatéralement pris la décision de le jeter. Ce garçon était quelque peu rancunier je pense), et puis bon, j’avais autre chose à faire que faire sécher un sac avec un sèche-cheveux (genre écrire un article dans lequel je raconte comment je n’ai pas fait sécher mon sac avec un sèche-cheveux). Je décide donc de laisser sécher la bête dans la douche pour la nuit…

Quand je constate l’étendue des dégâts (« Je peux avoir un pinceau »)

Et là vous êtes en train de vous dire « mais bordel, cette histoire de lessive n’a-t-elle donc pas de fin ? » (parce que vous aussi vous vous parlez à vous même dans un langage soutenu, ou presque, je n’en doute point), ce à quoi je répondrais « I KNOW RIGHT ?! », car nous sommes maintenant dimanche et cette histoire n’est toujours pas finie ! (et maintenant vous comprenez pourquoi vous n’avez eu le droit qu’à une autre anecdote en dehors de celle-ci)(pour cette raison et aussi parce que je voulais pouvoir m’écrier « vendriez-vous de la drogue par hasard » tout du long)

En effet, ce matin, j’ai voulu, comme toutes les semaines, laver mes cheveux. Un truc de fifou je vous jure. Il a donc fallu virer le sac humide de ma douche et trouver où le stocker. J’ai finalement décidé de sacrifier un tapis de bain et de laisser le sac sécher dessus (heureusement pour moi, ma mère m’en a refilé plein dont elle ne voulait plus), ce qui m’a permis de constater qu’il était encore imprégné de lessive… Mais il faudra que ça attende… parce que je m’apprête à découvrir qu’avec tout ça, j’ai bouché ma douche. Je rince un peu le bac qui est plein de saloperie, et qui met une plombe dix à se vider. Bien sûr, j’aurais pu décider d’être plus maligne et d’aller laver mes cheveux dans l’évier de la cuisine (parce que tu peux déjà à peine te laver les mains dans le lavabo de la salle de bain alors tes cheveux… à moins qu’ils soient sur tes mains je ne vois pas comment tu peux t’en sortir). Sauf que je n’avais pas encore fait la vaisselle. Depuis trois jours. Alors vous allez me dire « bah suffisait de la faire avant non ? », ce qui implique que clairement vous n’avez jamais vécu avec un bordélique. Parce que pourquoi faire la vaisselle à 12h15, alors que j’allais manger après, et donc que j’allais devoir ENCORE faire la vaisselle ? Autant attendre après manger et tout faire d’un coup. C’est logique. Donc j’ai éliminé cette option. Ce qui n’était pas raisonnable, mais tel un film d’horreur mal écrit, nous conduit au rebondissement suivant, et croyez moi, l’image vaut le détour.

Je tente quand même de prendre ma douche et de laver mes cheveux. Mais après le premier rinçage, j’ai de l’eau jusqu’aux chevilles et elle ne semble pas vraiment décidée à se vider. Comme je commence à me peler le jonc et que j’ai encore un deuxième lavage à faire, je décide de me draper dans une serviette, laissant ma dignité aux vestiaires vu ce que je m’apprêtais à faire. Et je file récupérer une bouteille de lait vide pour écoper le contenu du bac dans les toilettes. VOILÀ. Je vous laisse imaginer : me voilà assise à côté de la douche à vider l’eau du bac qui continue de faire remonter et de la lessive et la crasse de mon sac dans les toilettes en étant drapée dans une serviette et en maugréant parce que j’ai froid et que j’arrête pas de me cogner dans tous les murs à disposition (pourquoi est-ce qu’il faut toujours qu’ils mettent autant de murs partout ?). Et c’est à ce moment-là que je me dis « bordel, il va encore falloir rerincer le sac en plus… »

Quand je fais le bilan du week-end. (« On dit qu’on apprend de ses erreurs. C’est pour ça que je fais autant d’erreurs que possible, comme ça je serai bientôt un génie ! »

Du coup, demain il va falloir que je trouve le temps d’aller à acheter du produit pour déboucher la douche.
Et une (vraie) serpillière.
Et du lait.

Un Wall of Death à vous !
On se retrouve bientôt pour de la fiction (j’espère !), et en attendant sur les habituels  Facebook et twitter

Le client est roi ou la tragique histoire de Bouton d’Or…

Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ? Cet article aurait déjà plus d’une semaine de retard ? Diantre, mais c’est terrible Sans doute qu’il était caché derrière les oeufs. Ou bien que j’avais des dossiers administratifs multicolores nécessitant donc la prise simultanée de cocaïne et de LSD. Ou encore que j’étais d’ores et déjà en train de chercher à nouveau du travail à peine rentrée dans mon fief rennais. Ou alors peut-être que je buvais des bières en terrasse. Ou que je rempotais Rambo qui a profité de ses vacances pour pousser, ainsi qu’une forêt de patates sauvages qui squattait mon placard de cuisine. Ou bien finalement un peu tout ça à la fois… Mais toujours est-il que je ne pouvais pas vous laisser sans faire un bilan de cette saison ! Le genre de bilan qui redonne foi en l’humanité et qui fait du bien et qui donne le sourire et qui donne envie de croire que nous ne sommes pas le cancer de cette planète ! Et bien Lecteur, je suis désolée, mais il y avait rupture de stock de ce type de bilan. Du coup, bah j’ai fait comme j’ai pu, j’ai pris la marque en dessous, tu sais, celle tout en bas du rayon, ou en tout en haut…Selon les usines, ça a exactement le même goût. Alors lecteur, es-tu prêt pour un bilan de l’humanité à la qualité lidl ? Non ? C’est balo.

Quand la fin de saison a été tellement intense que je mets un moment à récupérer un rythme de vie...

Quand la fin de saison a été tellement intense que je mets un moment à récupérer un rythme de vie… « Je suis allé jusqu’au boulot et puis je me suis souvenu… qu’on était samedi. »

Et je me rends compte que je n’ai pas dit un mot de ces clients qui en sont pas nécessairement méchants, juste maladroits… Ces clients qui savent que tu es en train de bosser à autre chose et qui aimerait te poser une question, tout en te faisant savoir qu’ils savent qu’ils te dérangent mais qu’ils veulent juste une info vite fait et puis après ils s’en retournent vers d’autres aventures… Ces clients ils sont rigolos parce que du coup, ils ont des façons originales d’entrer en contact avec toi. Des gens à peu près aussi doués socialement que je le suis.

« Bonjour, vous travaillez là ? »
Non non. J’ai un polo bleu avec écrit en gros lidl et je passe la serpillière, mais non, je ne travaille pas là. C’est juste mon kiff de passer la serpillière chez lidl dans un polo bleu moche qui gratte et qui pue. Y a des gens ils font du macramé, ou du coloriage pour se détendre, moi je passe la serpillière dans une grande surface. Ça me détend.

« Je vous dérange là ? »
Non non. Je suis en équilibre sur des pots de nutella avec des cartons de pots de confiture à bout de bras au-dessus de la tête. Moi je dis que c’est le moment parfait pour qu’on tape la causette. Dîtes moi tout. Quels sont vos rêves ? Vos peurs ? Plutôt slip ou caleçon ? Ça vous dérange si je me vautre comme une merde ?

« Je vois bien que vous êtes occupée, mais vous pouvez m’attraper ça ? »
Euh oui
« et ça ? »
oui…
« et ça »
dis donc tu veux pas que je fasse tes courses non plus !

Il y a aussi ce paradoxe incroyable qui entoure la personne mystérieuse qu’est la caissière… Parce que la caissière, tout le monde le sait, c’est un être un peu con, un être qui a raté sa vie et a donc a atterri dans le rebut de l’humanité, à peine humaine, la caissière a besoin qu’on lui explique tout lentement, qu’on lui répète et qu’on lui explique étape par étape. C’est important. La caissière, c’est l’autre. Il est donc essentiel de bien maintenir cette différence. Un peu comme on continue à dire « migrant » plutôt que « réfugié d’une guerre qu’on a nous même armé » ou bien « gens qui n’ont rien demandé à personne mais ont vu leur vie réduite en cendres en 30 secondes ». Ne surtout pas se rappeler que la caissière est une vraie personne. MAIS des fois, parce que c’est arrangeant, on prête à la caissière des pouvoirs quasi-surnaturels, une intelligence de prix nobel, et une connaissance du monde à faire pâlir les plus grandes bibliothèques du monde. On peut aller demander à la caissière mille et une choses… et être surpris qu’elle ne sache pas répondre.

« Dîtes le [insérez nom de vin de votre choix] c’est un vin plutôt amer non ?
_Aucune idée madame..
_Ha, parce que j’aime plutôt les vins doux, alors qu’est-ce que vous pouvez me conseiller ?
_Aucune idée madame…
_Comment ça ? Vous travaillez pourtant bien ici !
_Certes, mais je ne suis pas oenologue. D’ailleurs, je déteste le vin. Je les trouve tous dégueulasse pareil. À part qu’il y a des dégueulasses rouges et des dégueulasses blancs. Mais au goût c’est pareil. Je crois qu’il y a une très bonne cave à [nom de ville pas loin], ils sauront parfaitement vous conseiller par contre »

Car bien entendu, mes compétences en oenologies avaient été au centre de mon  entretient de recrutement…

« Vous connaissez une boîte de nuit dans le coin ?
_Non.
_Bah quand même ! Vous êtes jeunes pourtant.
_Oui, mais j’aime pas les boîtes de nuit. Y en a. Mais je sais pas où.
_Faut sortir voyons ! Regardez, nous on est jeune, on sort ! Jolie comme vous êtes !
_Je sors. J’aime pas les boîtes de nuit. J’aime pas danser. J’aime pas que vous me parliez comme ça. Au revoir bonne journée. »

Des fois, la caissière aussi est une marchandise.

Quand avec les collègues on fatigue et qu'on se dit qu'il va être urgent d'aller boire un verre

Quand avec les collègues on fatigue et qu’on se dit qu’il va être urgent d’aller boire un verre « Monte ! Je te conduis à ton verre »

Mais je suis mauvaise. Car grâce aux clients, j’ai aussi appris plein de choses. Par exemple, j’ai appris à quoi ressemblait l’alcoolisme !

« Excusez-moi, vous n’avez plus que ça en rosé ?
_Ha non, regardez j’ai tout ça encore. Vous avez largement le choix.
_Non mais en cubis.
_Ha ! [vérifie sa palette] Non en effet désolée… C’est ma dernière palette et je n »ai pas d’autres cubis de rosé dessus.
_Parce que du coup, j’ai été obligé de prendre un cubis de rosé pamplemousse et j’aime pas ça !
_Euh… mais en bouteille on a plein d’autres choses vous savez…
_Non je veux en cubis !
_Et bien en cubis je n’ai rien d’autre…
_Tant pis, j’aime pas le rosé pamplemousse mais bon »

Donc que je récapitule… l’élément essentiel, c’était que le vin soit en cubis ? Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ? Un truc du genre ? Donc, tu préfères boire un truc que t’aimes pas, mais le boire en quantité ? Je ne suis pas spécialiste en addictologie, mais je me dis que quand on en arrive à prendre en quantité un vin qu’on sait dégueulasse alors que d’autres options étaient largement ouvertes (ne rien prendre, plusieurs bouteilles d’un autre, prendre une bouteille d’un autre pour patienter et revenir plus tard, prendre un cubis de rouge ou de blanc), je ne sais pas, mais pour moi ça commencer sérieusement à ressembler à de l’addiction…

Et j’ai appris plein d’autres choses ! Par exemple, que certains mots avaient changé de sens. Ainsi, saviez-vous (bordel, j’ai failli écrire « sachiez-vous »…) que le mot « amabilité » avait changé de sens de telle sorte qu’il était devenu un synonyme de « serviabilité », voire même de « servitude ».
Alors que j’étais seule en caisse parce qu’il n’était que 8h40 (soit dix minutes après l’ouverture, pour rappel), le client qui faisait suite à celle que j’étais en train d’encaisser m’apostrophe, alors même que je n’ai même pas fini d’enregistrer les articles de la dame.

« Je voudrais un autre sac.
_Ils sont sous la caisse monsieur.
_Y en a plus à votre caisse.
_[contorsion façon tour d’horizon] Vous en avez aux autres caisses monsieur. Je ferai en sorte d’en remettre à la mienne dès que possible… »

Et je retourne à ma cliente pour finir de m’occuper d’elle. Le vieux ne bouge pas, puis finit par grommeler et s’en va chercher un sac à la caisse juste derrière moi. J’en termine avec la dame et commence à l’enregistrer. Quand d’un coup :

« Vous pourriez être aimable quand même ! Vous auriez pu aller le chercher le sac ! »

Et ça tombe bien, parce que toi aussi tu pouvais aller le chercher. Même que techniquement, tu avais beaucoup plus les moyens de le faire que moi, puisque tu n’avais rien de mieux à faire qu’attendre et tes courses, alors que je travaille et que ce n’est même pas ton tour… Qui plus est, si t’as vraiment la flemme, y a lecler et super U qui proposent des services drive, t’auras même pas à t’emmerder à le remplir le sac. D’un côté je n’ai pas le droit de dire tout ça, de l’autre, j’en ai marre de me faire agresser pour un oui pour un non, et je ne pense pas être en tort, et moi aussi j’aimerais un peu de respect. Alors finalement…

« De la même façon, vous auriez pu me dire bonjour. Comme ça on est quitte.
_Je vous ai dit bonjour !
_Non mais c’est pas grave monsieur, je vous souhaite quand même une bonne journée. »

PARCE QUE C’EST ÇA L’AMABILITÉ MA GUEULE !

Quand la défense des clients pour être des connards c'est que d'autres font pire...

Quand la défense des clients pour être des connards c’est que d’autres font pire… « Oh calme toi, t’en fais trop. T’as fait bien pire ! »

D’ailleurs, certains clients sont teeeeeeellement aimables qu’ils viennent nous apprendre notre boulot ! Rappelez vous, la caissière est un peu conne, alors des fois, il est de bon ton de lui réexpliquer comment elle doit faire pour encaisser des articles.

« Faut que vous retiriez votre carte.
_Mais j’ai pas fait mon code !
_Vous avez mis votre carte trop tôt. Si vous ne me dîtes pas que vous payez par carte, je ne peux pas dire à la machine que vous payez par carte
_Et alors ? On est à une caisse carte bleue uniquement !
_…. Non. C’est une caisse normale… et même si c’était carte bleue uniquement, faudrait quand même lui dire que vous allez payer.
_Mais j’ai vu le signe carte bleue !
_…. c’est le signe « handicapé » pour indiquer que c’est une caisse prioritaire… »

Sur ma dernière semaine, selon monsieur Lidl, on n’était plus en saison. Sauf qu’encore une fois, monsieur Lidl a oublié d’en avertir les clients, qui se sont du coup pointés en masse sous prétexte qu’on était lundi, alors que nous avions déjà trois collègues de moins… On a du monde au point d’avoir des files jusqu’à la moitié des rayons. Résultat, vers midi trente, ma responsable vient nous remplacer chacun notre tour pour qu’on ne pisse pas sur les clients prenne une pause. Lorsque je reviens, je la remercie d’avoir pris sur son temps pour qu’on puisse souffler. Elle termine avec son client et me rend ma place. Alors qu’elle s’en allait remplacer quelqu’un d’autre, celui-ci l’apostrophe :

« Il faudrait au moins une ou deux caisses de plus !
_Je sais monsieur, mais nous manquons de personnel, nous faisons de notre mieux. [s’en va un peu plus loin]
_[en la suivant] Non mais laissez moi vous expliquer pourquoi il vous manque une caisse ! »

Je n’ai pas entendu la suite mais… laisse moi deviner… parce que c’est la merde ? Parce que y a vraiment beaucoup de clients ? Parce que ça serait plus confortables pour tout le monde, clients comme caissiers ? Parce que les gens sur le terrain ne peuvent pas faire leur boulot correctement à cause du monde dans les rayons ? Parce que même aux urgences un 15 août t’attends pas aussi longtemps ? Parce que certains clients qui en ont marre d’attendre balancent leurs trucs partout et qu’il faudra ramasser derrière eux et qu’en attendant ça rajoute encore plus au bordel ambiant ? Parce que du coup le magasin devient de plus en plus dégueulasse de minutes en minutes mais personne n’est dispo pour s’en occuper ? parce que les clients nous crachent leur mauvaise humeur à la gueule en arrivant en caisse comme si c’était notre faute et qu’on n’en était pas victime au même titre qu’eux ? raaaaaah putain, c’est beaucoup trop difficile comme question ! Je n’arrive clairement pas à trouver la solution du problème… Heureusement que ce client était là ! Rien de tel qu’un peu de condescendance mêlée à une bonne dose de mansplaining sexiste pour améliorer ton quotidien ! Car grâce à l’explication courageuse de cet homme, ma responsable a pu résoudre le problème et pondre deux nouveaux caissiers qui sont venus renforcer nos rangs, nous permettant ainsi de libérer du monde du magasin ! Hein ? Ha non… non non… my bad… en fait ma responsable était juste un peu plus irritée et on a continué à galérer parce que sous-effectif tout ça tout ça. Hum. Je me demande ce qui n’a pas fonctionné… sûrement que ma responsable, en bonne caissière qu’elle est, n’a pas compris toute l’explication du monsieur… beaucoup trop de subtilités je pense… diantre, qu’est-ce qu’on va faire d’elle ?

J’ai aussi appris que le secret médical on s’en battait les couilles avec la porte-fenêtre du voisin (parce que ça ferait des tâches sur la nôtre). Un jour que j’avais la chance et la joie d’être à la caisse prioritaire, j’ai donc fait passer des gens… en priorité. Oui je sais, un tel niveau de suspens et de surprise dans ce métier, je vous jure, c’est éprouvant… Et personnellement, pourquoi ils ont une priorité, je m’en fous. Ce n’est pas mon job. Ils me disent bonjour, me montrent leur carte et ça me va, je me débrouille. Mais bien souvent, ces gens oublient tout simplement de signaler aux gens qu’ils doublent, bah qu’ils les doublent. Alors bien entendu, ils y ont le droit et les gens n’ont pas le droit de s’y opposer. Mais toujours dans notre envie de vivre dans un monde plus civilisé, ça ne coûterait rien de regarder son voisin « bonjour, je vous informe que je peux passer en priorité. Désolé du dérangement, passez une bonne journée » Serait-ce compliqué ? Non. Alors si tu en as pas mal qui s’en foutent royalement et prennent leur mal en patience, certains sont un peu exaspérés du manque e politesse minimum, me balançant que « nous aussi on pourrait avoir un handicap et une carte de priorité, juste ça ne se verrait pas », un argument très juste. Après en général quand ça arrive, les gens se signalent. Mais argument très juste quand même. La remarque ne me paraît pas démesurée. Certains à l’inverse, vont embarquer leur poussette avec moults grognements et soupirs pour bien faire entendre leur exaspération et attendre plus loin. « Non mais moi je trouve ça intolérable ! Ça me gonfle des trucs pareils sérieux quoi ! J’avais pas vu putain que c’était une caisse priorité ! » Encore une fois… mais pourquoi tu en fais toute une scène ? N’as-tu rien de mieux à faire de ton énergie ? Une autre fois, encore mieux :

« Pourquoi vous l’avez fait passé ? Vous avez pas l’impression qu’on se fout de votre gueule ? Ça se voit qu’elle a rien !
_Je n’en sais rien, elle avait la carte, ce n’est pas à moi de juger le besoin qu’elle a ou non de cette priorité
_Moi je vous dis qu’elle n’a rien !
_Vous avez un diplôme de médecine ? Parce que j’avais une grand-mère qui avait les reins pourris, voire qui n’avait plus de rein, en dyalise un jour sur deux, et une carte de priorité. Mais ça se voyait pas. Pourtant il suffisait d’un coup de vent pour qu’elle s’écroule. Alors vous pouvez râler, mais je n’ai pas à demander pourquoi un client possède une carte de priorité. Ce n’est pas mon travail. Moi, j’applique la consigne. Demandez à votre médecin si vraiment vous estimez être lésés. »

Merde. Des fois, faut juste arrêter de me faire chier.

Quand les clients font vraiment trop chier, qu'il y a beaucoup trop de pression et qu'on commence à tous se parler mal entre collègues...

Quand les clients font vraiment trop chier, qu’il y a beaucoup trop de pression et qu’on commence à tous se parler mal entre collègues… « Stop ! au nom de l’amour ! »

D’ailleurs, une autre cliente m’a aussi appris que je me faisais exploitée (nooooon sans déconner ? bordel ! je ne l’aurais jamais cru !). Un autre jour du mois d’août où nous avions du monde (ce qui élimine peu de jours… dîtes vous bien que de début à trois jours avant ma fin de contrat le 28, je n’ai pas fini une seule fois à l’heure), je me galère joyeusement en caisse parce que devinez quoi ? Il y a vraiment trop de monde. Arrive alors une cliente…

« Franchement vous pourriez ouvrir une autre caisse.
_J’aimerais bien, mais je n’ai pas de collègues disponibles pour cela.
_Et en rayon j’en ai vus !
_Oui, ils ont déjà d’autres tâches à finir, ils ne sont pas disponibles. Nous faisons au mieux madame pour limiter la gêne occasionnée…
_Quand même, c’est toujours pareil chez vous !
_[tiens c’est le moment où faut arrêter de faire chier] Mais madame, vous savez bien comment on fait pour garder des prix bas non ? La direction a deux possibilités : soit couper la qualité, soit couper les salaires. Et comme ils veulent que vous reveniez, devinez qui on a coupé dans l’affaire ? Le but du jeu est donc qu’on soit systématiquement en sous-effectif. À un moment, forcément, ça ne marche plus.
_[m’attrape la main pour me consoler] C’est vrai que vous êtes exploitée quand même ! C’est pas possible des choses pareilles… »

Réaction 1. J’avais tellement envie de lui rire jaune au nez… Mais comme je n’ai très bien trouvé comment faire, je me suis abstenue. Donc, non seulement tu sais que je bosse dans des conditions de merde qui sont pensées pour que je ne puisse même pas penser à respirer dans ma journée, mais en plus, tu trouves quand même le moyen de me reprocher les failles du système dont je suis la première victime puisque c’est ma santé qui y passe, quand c’est juste ton temps ? Vraiment… TU FOUS MA GUEULE ??? Ce qui nous mène à la réaction 2…. ha la politesse de l’enculé… Quand les clients te voient être l’heureux gagnant du jeu « qui va aller ramasser la merde sur le parking » et en profitent pour te coller dans ton sac les restes de leur pic-nic « merci hein » tout en te disant que les gens abusent quand même, avant de mieux laisser tomber leur ticket de caisse par terre en montant dans la voiture. Et des comme ça t’en as tellement tout le temps… la politesse de l’enculé… je vois pas mieux pour expliquer ce moment où un client compatis à ta situation après t’en avoir blâmé et foutu plein la gueule. Trop aimable. C’est le genre de situation qui fait qu’au bout d’un moment, tu ne crois purement et simplement plus qu’un client puisse avoir un mot gentil de façon totalement gratuite et désintéressée pour toi. Et pourtant, ça arrive.

Alors avant de passer à la partie finale où on tapera encore un coup sur monsieur Lidl histoire de finir en beauté, une petite mention spéciale aux quelques uns qui ont vraiment été gentils pour être gentils. Ceux qui disent bonjour juste parce qu’ils te croisent, ceux qui t’aident à ramasser le carton qu’un client vient de faire tomber de ta palette, ceux qui t’aident à nettoyer quand ils ont cassé une bouteille à ta caisse parce que « c’est normal, c’est pas votre travail de réparer mes conneries quand même, je suis désolé… », ceux qui te défendent parce que tu viens de te faire traiter de connasse, ceux qui chantent Eyes of the tiger pour le fun avec toi, ceux qui ont un mot gentil parce que ça se voit que tu es à quatre endroits à la fois, ceux qui te disent gentiment que tu t’es trompé, ils ont pas 45 baguettes mais 4, mais c’est pas grave ça arrive, merci de nous rembourser, ceux qui te demandent s’ils peuvent t’emprunter ta poubelle, ceux qui insistent auprès de leurs gamins pour qu’ils te disent bonjour et au revoir parce que c’est important, ceux qui disent haut et fort que c’est pas grave que tu ais mis du temps à venir en caisse, après tout tu fais ton travail, t’allais pas venir les mains pleines de jus de poubelle, désamorçant par là même les clients qui eux allaient te reprocher le temps d’attente, ceux qui te laissent le temps de boire parce qu’il fait 40 à l’ombre et que tu dégoulines jusque sur la caisse, ceux qui placent un petit compliment comme ça, ceux qui te sourient, ceux qui ont « tout bien rangé le tapis et les boissons dans le cadis pour que ça soit plus facile », ceux qui font l’effort de penser une blague juste pour toi, ceux qui se rappellent que si eux ils sont en vacances, ce n’est pas ton cas, ceux qui te filent leur recette pour aller avec tel produit, ceux qui s’inquiètent pour ton épaule, etc… Heureusement qu’il y en a des comme ça…

Quand les clients ne se donnent même plus la peine de faire des phrases complètes.

Quand les clients ne se donnent même plus la peine de faire des phrases complètes. « Toi ! Nourriture ! Maintenant ! »

Mais heureusement, pour compenser tout ça, nous avons la chance d’avoir une direction compréhensive, humaine et d’un soutien sans commun égal ! Enfin c’est ce qui est écrit sur les papiers qui sont suspendus partout dans les espaces des employés (contrairement aux papiers des syndicats qui eux sont cachés dans le couloir par où passent les convoyeurs pour accéder au coffre)(mais non voyons, je ne dis pas qu’on rend volontaire l’accès à l’information syndicale compliquée ! Je dis juste que dans les espaces informatifs disponibles, on fait des choix.)(Après comme disait mon prof d’éco au lycée « c’est un choix de société »). Mais tiens puisqu’on parle d’affiches suspendus… Y en a plein de types, outre celles qui te rappellent qu’il faut sourire, celles qui te rappellent des procédures que tu dois suivre dans le monde parfait et idéal de Monsieur Lidl, celles qui servent de mode d’emploi, tu as aussi l’affiche de l’auto-laveuse qui personnellement est une de mes préférées tant elle me fait sentir toute la considération que la société a pour ses employés. Au dessus de l’auto-laveuse, il y a donc un panonceau qui stipule qu’il faut bien entretenir l’auto-laveuse (et pas à coup de pieds) et qui te rappelle que la plupart des problèmes viennent du non-entretien de la dite machine. Si les choses s’étaient arrêtées là, pourquoi pas. Sauf qu’on te précise aussi que « votre auto-laveuse coûte 19 857€ » (non jle connais pas par coeur, c’est un ordre d’idée). Comme ça, tous les jours, quand tu remplis l’auto-laveuse (ce qui prend un temps fou) ou que tu la nettoie (ce qui éclabousse copieusement tes lunettes), tu peux tranquillement te rappeler que l’auto-laveuse vaut plus cher qu’un an de ton salaire, donc que tu vaux moins que l’auto-laveuse. Car si on se soucie de l’entretien de l’auto-laveuse, on se soucie beaucoup moins de ta santé, puisqu’après tout tu es remplaçable.

Petit détour… vous vous rappelez ces foutues alarmes aux issues de secours ? On a passé tout l’été à s’en plaindre, tout l’été à dire que ça te niquait très sérieusement les oreilles, tout l’été à dire que c’était insupportable. On a mis en place des solutions que la direction a rejetées parce que « pas concept ». À force, à la mi-août, ils ont fini par nous dire qu’ils allaient mettre en place des bandes adhésives sur les portes pour que ça soit plus visible. À la fin août, toujours rien n’avait été fait, et personne n’en a reparlé. Après tout, c’est pas comme si à force de m’en bouffé toute une matinée juste avant la visite médicale professionnelle, la nana m’avait dit qu’il y avait un problème dans mon audition, par ailleurs excellente, qu’à part les sons aigus je ne percevais plus ceux que je devais percevoir. Quand j’ai expliqué le bordel sonore, l’infirmière m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’avec du repos ça reviendrait normalement. Parce que moi, je bossais là-bas deux mois et demi. Comment ça se passe pour mes collègues qui y bossent à l’année ? À quel moment ils vont se reposer ? À quel moment les dégâts de ces alarmes deviennent irréversibles ? De la même façon qu’ils ont attendu qu’un collègue se fasse cogner pour nous envoyer un vigile trois jours (sans doute pour qu’on l’ouvre pas trop), ils attendent quoi ? Que trois caissiers perdent l’usage d’une oreille ? Tout ça parce que c’était pas concept de mettre un panneau « sens interdit » comme dans environ toutes les autres enseignes ? Et quel recours pour ces gens-là que le système finit par persuader que c’est « normal » que ça fait partie du taf, tout en continuant de leur en demander plus sans augmenter ni les salaires ni les effectifs ? Et puisqu’on en est à lever le point, que dire de ce genre d’enquêtes qui font purement et simplement froid dans le dos et font que tu te réjouirais presque de ta situation ? Désolée pour cette minute pseudo-révolutionnaire, mais ça m’a tellement débecté de voir quelle peu d’estime finalement on accorde aux humains dans ce genre de boîte, de voir à quel point le système est pensé pour que tu trouves normal de ne pas avoir de pause, pour que tu en arrives même à en vouloir au collègue qui ne veut / peut pas terminer trente minutes plus tard. Ça m’a énervée de voir comment finalement, on finit tous par perdre ce qu’on a de meilleur pour ne finalement qu’être des espèces de machines, un bon élément du système, sur lequel on crache, mais qu’on continue quand même d’entretenir, persuadé de ne pas avoir d’autres choix… et j’avoue qu’aujourd’hui, je me pose justement beaucoup de questions sur la possibilité d’autres choix justement… J’ai pas de réponse. Tout ce que je sais c’est que y a plein de gens qui sont coincés dans ces systèmes et qui n’ont pas la possibilité de penser à d’autres issues, parce que quand t’es dedans, tu n’as absolument pas le temps d’y penser. Si tu arrives déjà à continuer d’en rire, à continuer d’être respectueux envers tes collègues et les clients, et bien c’est déjà énorme.

Désolée pour ce petit encart de sériosité, je ne m’y attendais pas moi-même, fallait que ça sorte. Alors histoire de détendre l’atmosphère, parlons de compacteuse maudite voulez-vous ! Parce que pour en revenir à notre auto-laveuse : bien sûr si c’est mal entretenu, ça entraîne des pannes qui auraient pu être évitées. D’un autre côté… si vous veniez réparer quand on vous dit qu’il y a un problème, peut-être que le problème n’empirerait pas jusqu’à ce qu’il faille purement et simplement changer la putain d’auto-laveuse ! Et j’ai pas fait de grandes études de chef, mais je sais que la banque est toujours gagnante : si vous préférez laisser l’auto-laveuse se détériorer, alors même que nous avons signalé un problème que nous ne pouvons régler, jusqu’à devoir la changer, c’est que vous estimez que vous perdez moins d’argent à remplacer la dite auto-laveuse plutôt que de la réparer. Alors venez pas me péter les burnes comme quoi l’auto-laveuse elle coûte tant et que j’ai intérêt à la laver correctement avec les larmes de mes yeux parce que y a un moment c’est quand même un peu facile de tout jeter sur la gueule du salarié tout en bas de l’échelle ! Parce que c’est ce qui s’est passé cet été. Dès la mi-juillet, on a commencé à signaler des défaillances de l’auto-laveuse (pourtant neuve). Comme souvent cet été, on a pris un putain de vent. Nous avons donc doublé les mesures à faire pour l’entretenir, histoire d’être sûr. Mais ce qui devait arriver finit par arriver, et à la mi-août, on aurait aussi vite fait d’organiser un combat de catch dans la boue entre le rayon poisson surgelé et pastis que de passer l’auto-laveuse. Il a donc fallu la changer. Et ce même si nous avons bien suivi tous les petits protocoles d’entretien.

Quand j'attends que l'auto-laveuse se remplisse...

Quand j’attends que l’auto-laveuse se remplisse… « Une bonne sieste te fait sentir mieux, mais pas seulement. Elle permet aussi de réduire le temps de travail »

Et quand on en a eu fini avec l’auto-laveuse, c’est la compacteuse qui s’est mise à faire des siennes… Pour ceux qui ne savent pas (ou qui n’ont pas lu The Punkedelike Circus, dans lequel un compacteur fait disparaître des artistes de cirque incapable…)(c’est mon site, jme fais de la pub si je veux), un compacteur, ou une compacteuse (le genre de la chose n’est pas vraiment arrêté… j’ai entendu l’un comme l’autre…), c’est une grosse machine qui écrase. En fonction des lieux, elle va écraser les ordures courantes, ou dans notre cas, les cartons. En gros ça te fait des cubes d’ordures, ça prend moins de place. Un jour, une flaque d’huile fut découverte sous la dite machine. Ce qui est quand même rarement bon signe. Et puis, la machine a commencé à faire du bruit;.. beaucoup de bruit… C’était vraiment impressionnant. Au choix, tu avais l’impression d’une chose à l’intérieur qui hurlait, ou d’un être vivant qui se faisait écrasé. En plus d’être un bruit extrêmement désagréable à l’oreille (parce que jusque là comme vous l’avez bien compris, on manquait de bruits extrêmement désagréable à l’oreille)(les parenthèses ne suffiront jamais à porter toute l’ampleur de mon cynisme sarcastique)(et pourtant j’en mets beaucoup…). Bien évidemment, nous avons cherché la cause du problème sans la trouver. Nous l’avons signalé. Et histoire de changer les bonnes habitudes, nul n’est venu. Bordel, on aurait eu plus de chance de recevoir de l’aide si on était une sonde spatiale perdue dans une putain de couronne d’astéroïdes ! En rentrant, alors que j’en parle à ma famille, mon frère suggère alors la chose suivante « elle est possédée ! C’est le démon qui cherche à se frayer un chemin jusqu’à nous ! Fuyez pauvres fous ! » À partir de ce moment, il était évident qu’il s’agissait là de la seule explication pertinente et qu’aucune autre suggestion n’était valide. J’en ai fait part à mes collègues, tout en suggérant un sacrifice, qu’il aurait suffi de jeter dans la compacteuse, afin d’apaiser la bête. Pour une bête raison de droit du travail (son décès n’était pas encore officiel à ce moment-là), on ne m’a pas autorisé à jeter un collègue ou un client. Je fus moulte déçue. On a donc continué à ne pas comprendre ce qui se passait. Le matin elle était à nouveau silencieuse, et au fur et à mesure de la journée, le bruit revenait et s’intensifiait, jusqu’au moment où on commençait à purement et simplement s’inquiéter de la voir nous exploser à la gueule. Puis elle n’a plus fait de bruit. Puis elle n’a plus marché du tout. Voilà, à force de ne nous envoyer personne, on avait gagné le jackpot. Plus rien ne marchait. Aucune commande ne réagissait. Même arrêter / redémarrer ça ne marchait pas. C’est te dire… On a appelé. Et alors là, accroche toi bien à ton slip, tu sais ce qu’on nous a répondu ? « Ça ne fait pas 48 heures, on ne vous enverra personne avant ce délai. » DONC, que je récapitule : nous sommes un magasin côtier qui bats des records de CA, pourtant tout le monde s’en bat de ce qui nous arrive, et en plus il est évident que cette augmentation violente du CA va de paire avec une augmentation non négligeable du nombre de cartons à compacter ALORS COMMENT ON FAIT QUAND LA COMPACTEUSE EST MORT À 10H DU MAT ?? Et on ne nous a jamais envoyé personne. On en a chié pendant deux jours. À force d’appuyer sur tous les boutons dans tous les sens possibles, les collègues ont réussi à la relance. Sans qu’on sache ce qui merdait. Sans que personne ne bouge son cul pour régler le problème. Alors, vraiment, avant de faire porter la responsabilité du non entretien du matériel au petit personnel, va peut-être falloir se remettre en cause deux secondes et demi sur la gestion générale du putain de bordel ! Et peut-être aussi arrêter de nous prendre pour des cons. ÇA ça serait top.

Parce qu’on va taper une dernière fois sur les chefs (mais c’est leur boulot, c’est ce qui justifie leur salaire). Une fois n’est pas coutume, on nous a rabaché les oreilles je sais pas combien de fois d’une « visite » (si tu as lu « inspection », non tu n’es pas pris d’une subite et violente dyslexie, tu as juste toi aussi appris que plein de mots avaient des synonymes inattendus et non validés par l’Académie Française)(qui de toute façon ne valide pas grand chose, mais c’est un autre sujet…). Parce que nouveau magasin, ils ont fait venir les chefs mag de toute la côte ouest pour faire de la pub sur comment ça allait partout maintenant. Et des responsables de ci ou ça en cravates qui ne se présentent jamais et pensent que tu vas tout lâcher pour leur serrer la main (non je n’ai pas pris un malin plaisir à mettre deux fois plus de temps à mettre mon vin en rayon, c’est pas mon genre. Je voulais impressionner le grand chef, parce comme il se présentait pas bah moi je pouvais que supposer que c’était le Super Méga Patron et alors il fallait bien que mes bouteilles soient parfaitement parallèles les unes aux autres, pour le « facing »)(je pourrais faire un article entier sur l’anglicisation des termes de travail… tu veux ?). Et un jour on nous annonce donc la visite du Grand Chef d’Allemagne (ces Allemands ils ont des noms bizarres quand même…). Branle bas de combat et tout le monde sur le pont. Pendant une semaine on récure tout de fond en comble, limite si on nous fait pas faire les joints du carrelage à la brosse à dent (mais pourquoi on se ferait chier à ce point sur ce foutu carrelage alors qu’ils l’ont même pas fini et que c’est pour ça qu’on peut pas le nettoyer correctement ?), on niquel tout. Le tout avec blinde de pression et de stress qu’on se balance à la gueule les uns les autres parce que tout le monde commence à être plus qu’épuisé et à ne plus pouvoir tenir ses nerfs. On se répartit en binôme, et on attaque la mise en rayon. Au bout de dix minutes, appel de ma responsable au micro pour nous demander de virer nos bouteilles d’eau du PC. Pour info, quand tu es en caisse, tu peux avoir ta bouteille d’eau à porter de main, c’est facile. Quand tu es sur le terrain, c’est un peu plus compliqué. Du coup, la plupart d’entre nous laissait sa bouteille  côté du PC, une espèce de bureau avec plein de trucs utiles, dans la réserve. Ce qui nous permettait de l’attraper assez vite en passant. Et bien figurez-vous que pour le grand chef d’Allemagne, ceci est du bordel non désiré. Et franchement, ça m’a putain de gonfler. Il a fait super chaud tout l’été, ces putain de polos de merde sont hyper chauds… Je trouvais à la limite de l’irrespect que d’un coup on nous demande de virer notre eau pour la mettre dans un endroit difficile d’accès (soit la laisser à un collègue en caisse où on ne va jamais du coup, soit en salle de repos un étage et un coup de badge au dessus de tout ça). Ma responsable était elle-même bien emmerdée « Moi tant que c’est pas le bordel et qu’on peut travailler, ça me dérange pas ». Bah non… tant qu’on en a pas 400 000 et qu’on en fout pas partout, c’est de l’évidence. Mais non. Pas de bouteille d’eau en vue pour le Grand Chef d’Allemagne. Et respirer ? On peut aussi dans le magasin ? Ou l’oxygène est réservé aux clients et nous faut qu’on sorte ? Oui bien sûr, uniquement par derrière, en passant par le local poubelle pas de problème… La santé du salarié, c’est définitivement pas concept. Bref, ce jour-là j’ai pas pu boire assez, je suis rentrée avec des chevilles qui avaient doublé de volume. Autant vous dire que ça ma mise de bonne humeur.

Quand j'en ai marre et que j'envisage de refaire le lidl à ma façon.

Quand j’en ai marre et que j’envisage de refaire le lidl à ma façon. « Bon, j’ai dû faire quelques petites « modifications »…. mais ton bureau ikea est fini maintenant ! »

Mais on ne va pas s’arrêter là ! Non non non. Comme les grands chefs allaient venir, il fallait éviter de dépoter. Alors dépoter, c’est quand tu bourrines un peu au moment de la mise en rayon, histoire de ne pas mettre un carton en reliquat alors que tu sais que l’article se vend très bien et que d’ici ce soir le carton en trop sera déjà quasi écoulé… Et bah là non. Et ça n’a l’air de rien… mais en plein été, on dépote beaucoup, mais genre BEAUCOUP. Résultat ? Avec ma binôme d’amour, on s’est donc retrouvé à faire de la triple manut car la boîte de notre palette de gâteaux ne passait pas sans dépoter… et pareil pour le vin… Au moment où on fait le vin, on nous demande de vraiment nous faire chier à tout refaire les facings tout bien (les bouteilles le plus avancées possible vers le client et les étiquettes vers lui aussi)(ce qui ne l’empêchera de toute façon pas de ne pas lire le bon prix alors que tout est bien écrit mais bon faut avouer que c’est plus joli)(t’as vu j’ai progressé pendant l’été sur l’appréciation de l’esthétique du magasin !)(la cote de parenthèse est un bon indicateur de la cote de sarcasme). Et puis d’un coup on nous dit de ranger la palette parce qu’ils arrivent alors faut faire de la finition. et c’est la panique et on a blinde de reliquat et je me retrouve toute seule pour ramener du reliquat de bouteilles qui cassent sur une palette non filmée en réserve alors que tout le monde me dit d’aller plus vite. BONHEUR. Et puis on attaque la mise à plat… encore… Et finalement, on nous fait lâcher la mise à plat pour retourner sur la mise en rayon parce que finalement… ils viendront pas. Non, je ne me suis pas énervé. Je suis restée très calme. Et j’ai explosé de rire. Parce que y a un moment je vois pas ce que tu es sensée faire d’autre. Des moments comme ça, on t’a tellement mis la pression, tellement tiré sur les nerfs, tellement rogné sur ce que tu pouvais être… que vraiment, à part rire, il reste rien à faire.

Et c’est sans doute la raison de ces chroniques. Même si pas toujours de qualité, et souvent plus sarcastique que vraiment drôle.

Donc bon, si vous avez suivi mes aventures tout l’été, vous l’aurez compris : soyez gentils avec votre caissier ou caissière. On vous demande pas de lui raconter votre vie ou de lui faire des cadeaux. Un bonjour un merci quand vous demandez un renseignement. Ne soyez pas Bouton d’Or, toujours à trouver que c’est trop ou pas assez. Vous ferez du bien à un être humain et au final vous y gagnez aussi… Et puis sinon bah… vous prenez le risque que le caissier ou la caissière écrive un blog et ainsi de vous retrouver affiché devant tout l’internet. TU RENDS COMPTE ! Alors dis bonjour. Namé. En plus, c’est contagieux des fois, ça désamorce certains clients comme ça ! Je compte sur vous pour être des héros du quotidien, ça demande beaucoup moins d’effort que d’être un héro de film d’action, et ça coûte vachement moins cher (surtout si tu profites des promos correctement tu vois).

Cet article est encore une fois dédié, et encore plus que les autres, à mes collègues avec qui j’ai quand même pu faire quelques beaux souvenirs, bien rigolé, et sans qui j’aurais sans doute fini par envoyer de la cervelle de fada sur les murs… Une grosse pensée et plein d’admiration pour vous. Du courage à ceux qui retournent à la case recherche de taf. Une bière à mon prochain retour par là-bas !

Je vous fais un gros Wall of Death à tous
Et on se retrouve bientôt pour d’autres aventures (parce qu’il m’est déjà arrivé plein de choses en deux semaines) quelque part sur  Facebook et twitter.

 

La théorie du chorizo et ses mignardises…

Aujourd’hui, un énooooorme pot pourris de phrases de clients, de saloperies diverses et variées, sans oublier les blagues pourries et les questions connes bien sûr !

Quand j’arrive sur le parking du boulot, et qu’il est blindé, alors qu’il devrait pas l’être… « Arrivé jusqu’au boulot, mais tenté d’appeler pour dire que je suis malade alors que je suis sur le parking »

Remontons un peu en arrière, car j’avais oublié de vous parler de ça… (ou plus exactement, j’étais prise dans le tourbillon de ma vie avant de tomber dans un grand trou noir baptise « déprime devant l’inutilité fulgurante de ma vie »)(une destination que je ne vous recommande guère pour vos vacances !) Pour la réouverture du magasin, Monsieur Lidl, qui ne manque décidément jamais d’idées pour nous pourrir la vie, avait mis en place des bons de réductions.Le genre de trucs qui ne cause absolument aucun problème et qui fait que tout se passe bien. Nan j’déconne ! C’était la grosse merde. Un genre de samedi du mois d’août mais qui aurait duré les deux premières semaines de juillet. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’utiliser le moindre bon de réduction, voici comment ces petites choses fonctionnent : sur le bon, est indiqué le montant (en général ça se compte en centimes), sa date de validité, les conditions d’obtention (certains produits ou marques uniquement, ou bien telle quantité du même produit, produits complètement exclus du bon). Les bons lidl obéissaient donc aux conditions suivantes : 5€ pour 30€ d’achat, 7€ pour 50€ d’achat, deux premières semaines de juillet, hors alcool, uniquement dans le lidl où je travaille. Des conditions plutôt simples, tout est indiqué sur le bon. Sauf que, comme toujours, je suis une grande naïve (et toi aussi lecteur) : bien entendu personne ne l’a lu. Donc une semaine avant la date indiquée, qui était pourtant indiquée en gros dessus, les gens ont commencé à nous présenter leurs bons, que nous avons refusés. Certains ont ri de leur inattention, nous disant qu’ils reviendraient à ce moment-là (noooooooooon). D’autres ont râlé « putain vous faîtes chier franchement, comme si ça changeait quelque chose ! » Bah oui, ça change quelque chose. Il y a une règle, qui est clairement indiquée qui plus est, elle est faite pour être respectée. Comme toutes les règles. Qui plus est, comme Monsieur Lidl n’est pas trop là pour faire des cadeaux à la plèbe, il nous faut justifier toute réduction offerte, donc, tous les bons de réduction doivent être conservés. Et si on se trompe, on se fait taper sur les doigts. Parce que comme d’hab, si la règle est enfreinte, ce n’est pas le client qui se fera engueulé, ça sera le caissier. Alors forcément, oui, les règles, on les respecte. Mais tout ça n’est qu’un modeste échauffement !

Bien entendu, il y a eu tout ceux qui m’ont présenté le bon de 7€ de réduction alors qu’ils étaient loin des 50, là aussi ça a râlé. Mais passe encore. Parce que le hors alcool par contre, il était écrit un peu plus petit. Du coup ça demandait un effort (nous sommes des monstres placés là pour pourrir la vie du client, rappelez vous !). Alors forcément, personne, absolument personne n’a fait attention. La première fois que j’ai dû refuser un bon pour cette raison « mais en quel honneur ! vous faîtes chier franchement, c’est bon pour 5€ ! ». Putain, quand je pense que je me faisais chier à repérer si oui ou non on atteignait les 30 ou 50€ minimum d’achat hors alcool pour faire au plus simple, et que je me faisais insulter quand c’était pas le cas… Mais on en a eu des encore mieux ! Une cliente revient me voir après avoir été rangé ses courses dans sa voiture, elle me tend son bon « J’ai oublié de vous le donner, vous pouvez me faire la réduction ? ». Tu veux pas 100 balles et un mars tant que tu y es ? Je réponds donc poliment que non, ce n’est pas possible, ça ne marche pas comme ça. « C’est votre faute toute façon vous allez trop vite alors vous devez prendre mon bon ! » De deux choses l’une… Certes, je fais en sorte de respecter les cadences imposées par Monsieur Lidl, sauf que si je vois que la personne en face ne peut pas suivre le rythme, je ralentis car ça ne sert à rien : je serai obligée de l’attendre pour le règlement, les produits s’entassent, augmentant le risque de casse ou de les abîmer, et ça peut mettre certains clients de (très) mauvaise humeur. Je nique donc un peu ma prod pour m’adapter au client en face et compenser en « satisfaction » du client, et accessoirement, limiter mes chances de me faire insulter, ou de devoir perdre du temps, et donc encore plus de prod, à nettoyer pour eux. Donc venir me dire que je vais trop vite n’est pas un argument valable avec moi. Qui plus est, comme j’ai de toute façon dû l’attendre pour qu’elle paye, elle avait tout le temps de sortir son bon. Ce qu’elle n’a pas fait. Si elle avait effectivement sorti son bon mais que pour une raison X ou Y je suis allée beaucoup trop vite et que je ne l’ai as enregistré, là oui, c’est ma faute, je trouve une solution pour réparer. Mais là… bah t’as oublié t’as oublié, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?? En plus, je veux dire, la nana a pris le temps d’aller ranger ses courses dans sa caisse, pour revenir me foutre son bon sous le nez et me dire que j’avais oublié. J’ai horreur de ça. J’ai horreur qu’on m’accuse ou qu’on m’engueule pour des choses dont je ne suis absolument pas responsable. Si bien que comme je devais justement sortir de caisse à ce moment-là, je l’ai plantée là avec son bon et je suis partie passer mon balais. Non mais.

Mais encore mieux ! Parce que certains n’ont vraiment peur de rien… Au tout début, genre le premier jour, toute l’équipe n’avait pas encore repérée que c’était hors alcool, et c’est justement suite à ce connard cette mésaventure que tout le monde a bien enregistré l’info. L’homme en question passe à la caisse d’une collègue, il en a pour presque 70€, uniquement de vin. Ma collègue l’encaisse et puis d’un coup, alors qu’il allait partir, le mec sort son bon et lui colle sur la gueule en exigeant qu’elle l’enregistre et donc lui rembourse les 7€ de réduction. Elle essaie d’expliquer que ça ne marche pas comme ça, mais le mec lui balance tellement qu’il est dans le commerce et que si, il sait que c’est possible qu’elle finit par douter et appelle une responsable (parce que toute façon elle aurait eu besoin pour faire la manip). La responsable vient et lui dit la même chose. Le mec continue d’insister et refuse de bouger. La chef mag finit par s’en mêler. Au final, il a fallu rembourser tout le caddie pour réencaisser tout le caddie et enregistrer le bon de réduction. Une heure après, une autre responsable signale que l’alcool est hors conditions. Voilà comment à force de gueuler, de faire chier, d’insister, tu fais buguer toute une équipe. Conclusion : arrêtez d’être gentil, soyez un connard.

Quand à 8h10 les clients sont déjà tous collés aux portes alors qu’on ouvre à 8h30. « Servante ! Pourquoi mon petit déjeuner au lit n’est pas encore prêt ? »

Et justement, vous vouliez devenir un Parfait Connard mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre ? Ne vous inquiétez plus lecteurs ! Le client lidl est là pour vous ! C’est parti pour le pot pourris… (cette expression n’a jamais aussi bien exprimer ma pensée…)
Comme le système ne nous met pas assez la pression niveau productivité, certains clients se disent qu’ils en rajouteraient bien une couche. Ainsi, un jour la chef mag m’appelle pour me demander de commencer un peu plus tôt le lendemain. Ainsi, au lieu de commencer à 8h15, je commence à 6h. Joie. Je mets le frais en rayon (rejoie). J’ai fini un quart d’heure avant l’ouverture tandis que ma collègue chargée de mettre en rayon le non-food (le rayon « bazar » où les articles ne sont là qu’occasionnellement, on reçoit des nouveaux produits tous les lundis et jeudis) galère un peu. Je viens donc l’aider à terminer. Sauf que nous n’avons pas réussi à finir avant l’ouverture du magasin alors même qu’il nous restait une palette et demi. Sauf que, pour le non-food, certains se pointent au magasin dès 8h10, histoire d’être sûr qu’à 8h30 ils puissent se jeter sur une des 50 paires de cisailles qu’on a reçues. J’imagine qu’à 8h40 ils sont déjà en train de tailler leurs haies… ha bah non, en fait ils ont pas de haie. En fait la cisaille va dormir dans un cabanon à jardin au toit qui fuit pendant des mois, même que presque un an après, ils se pointeront au même lidl avec leur cisaille non entretenue et rouillée en exigeant un remboursement parce que la qualité lidl c’est vraiment de la merde. Mais je dérive (pour changer…). Donc nous galérons légèrement. Heureusement, c’est une collègue avec qui je fonctionne assez bien en binôme, donc on arrive quand même à s’organiser pour aller au plus vite. Mais enough is never enough et nous sommes harcelées par les clients « vous avez pas reçus ça ? y a rien dans la case… ». Si un jour en jeu de rôle vous vous retrouvez avec un perso catégorie « client lidl » sachez que vous avez des stats de merde niveau perception de votre environnement. Au bout de la quatrième fois qu’ils te font le coup, t’as juste envie de dire « mec, y a des box vides avec l’affiche du produit que tu veux, des cartons partout, dont plein non ouverts, et deux filles qui courent dans tous les sens, soit pour disposer les dits cartons, soit pour les ouvrir… que peux-tu déduire de ces informations subtiles ?? » Je ne sais pas mais moi quand je fais mes courses, que je suis dans un rayon ou des gens sont en train justement de mettre en rayon, si mon produit n’est pas là, j’en déduis que soit c’est en rupture totale, soit juste pas encore là… Et si seulement ça s’arrêtait à cette question con ! « Bah vous pouvez pas me le sortir maintenant ? jsuis pressé ! » Mais bien sûr ! Je vais me niquer le dos à dégager les cartons tout au-dessus de celui où il y a le produit que tu veux pour tes beaux yeux… Aller, passons que tu demandes par curiosité parce qu’on sait jamais (et c’est vrai que quand on peut, on fait, ne serait-ce que parce que ça les fait décoller de notre palette), mais t’en as qu’insistent ! « non mais vraiment, j’ai pas que ça à foutre moi ! » Parce que moi je suis en train de me toucher la nouille là… et on continue, parce que c’était vraiment une matinée merveilleuse. Ce jour-là, on avait aussi reçu… genouillères, coudières, poignetières (si si), pansements anti-ampoule, sparadraps, compresses… et fallait que je m’amuse à foutre tout ça dans le même bac alors même que c’était pour certains des tout petits cartons pas de la même taille les uns que les autres… bonheur (non, je n’ai pas fini par tout jeter comme une grosse bourrine argant que les clients mettraient tout en bordel en même pas une heure)(bon d’accord si jlai fait, mais j’ai d’abord bien mis les cinq premiers, mais le sixième était de trop…). Les espèces d’atèles de genou et compagnie étaient déjà en rayon, je mettais le reste (les trucs bien chiants). Un couple de petits vieux vient pour une atèle de genou. Elle me demande à quoi équivalent L XL et compagnie en taille… truc que je ne sais jamais déjà quand moi je me choisis des fringues. Je ne peux donc guère l’aider à part en lui indiquant ce qui est plus petit que l’autre. Elle relève un peu sa jupe et me montre son genou « à votre avis il me faut quelle taille ? ». …. Aller, encore une fois on va dire pourquoi pas… elle aurait pu tomber sur quelqu’un avec « l’oeil » qu’il faut pour les tailles et qui aurait pu la conseiller. Pas de chance, c’était moi, la borgne de service sans vision D ni perspective et absolument aucun intérêt pour la cause vestimentaire. Je réponds gentiment que je ne peux malheureusement pas l’aider, qu’à la limite, j’allais pour proposer une solution bis quand monsieur a balancé avec un sourire goguenard « non mais laisse elle sait pas, elle a commencé hier, ou alors c’est pas son rayon 😀 ». Mais oui, vas-y, déshumanise moi je vais mieux pouvoir t’aider oui ! C’est bien connu, quand on manque de respect aux gens soudainement ils ont des idées qui fusent. J’ai balancé un « non ELLE sait pas et ELLE a encore du boulot » avant de planter les gens et mon sixième carton pour aller mettre les fameuses cisailles en rayon.

Si vous voulez être un connard, la déshumanisation ça marche super bien comme vous pouvez le voir ! Parler à l’autre à la troisième personne marche bien. Une variante c’est de vous foutre ostensiblement de la gueule de cette personne quand elle ne peut clairement rien faire, ou qu’elle n’a pas le droit de répondre. Ça marche bien aussi. Un jour comme ça, alors que j’étais sur le frais (décidément), je galérais foutrement avec mes cartons (paye ta narration redondante…). Étagère du bas, j’ai le corps à moitié dans le frigo, j’essaie de trouver une façon de positionner ma tête et mes épaules pour que mes bras puissent dégager les cartons du fond. L’opération est un peu délicate, et chiante, et prend un peu de temps. Environ deux-trois minutes. Certains clients voulaient des produits sur les étagères du haut. Un client respectueux de ma personne aurait gentiment attendu deux minutes que je finisse de galérer pour accéder à son produit. C’est d’ailleurs ce que voulait faire madame quand elle a vu monsieur s’engager « mais attends qu’elle ait fini ! _Barf ! Elle a l’habitude qu’on l’emmerde c’est bon » … Dis moi connard de merde, tu veux pas t’essuyer les pieds sur mon dos non plus tant que tu y es ? Parce que le temps qu’il se décide (parce qu’en plus il hésitait entre le sandwich de gauche et le sandwich de droite bien sûr), moi j’étais coincée dans l’étagère du bas, le dos tordu, les bras en train de forcer pour maintenir mon équilibre et la prise sur le carton que j’allais pour remettre en place mais que je ne peux plus remettre en place parce que je ne peux tout simplement plus bouger. Mais c’est normal parce que « j’ai l’habitude » ??? Connard, va bien te faire éviscérer en enfer, mais t’inquiète ça sera pas grave, ils ont l’habitude d’éviscérer les gens en enfer. Putain, si les quinze personnes avant toi elles grillent le feu rouge, tu le grilles aussi parce que tout le monde en a rien à battre de mettre les autres en danger ? Les gens sont cons putain les gens sont cons…

Quand tu te rappelles qu’on t’a fait signer un avenant à ton contrat attestant que tu respecteras le SBAM, et que d’ailleurs les portes menant au magasin sont ornées de miroirs indiquant « souriez vous entrez en scène »…. « allez, sois mignon, c’est dans notre contrat ! »

Certains se croient tellement tout permis qu’ils n’hésitent même plus à rentrer dans les espaces pourtant clairement identifiables comme privés. Cela fait déjà deux trois fois qu’on doit faire sortir des clients de la réserve. Non contents de rentrer dans la boulangerie, certains vont jusqu’à te chercher dans la réserve parce qu’ils veulent « du pain pour leur chien ». Et pour vous dire à quel point ça ne leur pose aucun soucis, quand on leur demande de sortir de là, leur première réaction n’est pas de s’excuser; tel un gosse qui se rappellerait soudainement qu’il n’a pas le droit d’entrer dans le bureau, leur première réaction, c’est de rappeler leur demande. Ils sont tellement sûrs de leur bon droit qu’ils sont choqués du fait qu’on commence par leur dire de sortir. Ils insistent et insistent et si limite s’il faut pas qu’on les vire à coup de balais, ce qui bien sûr nous vaut de nous entendre qu’on n’est pas aimables.

Et on peut continuer hein… L’autre jour, grosse grosse journée… un truc de fou. Des files d’attente qui s’étiraient jusqu’à la moitié du magasin… J’étais persuadée d’embaucher à 13h. Je dis bonjour à un collègue que je croise et qui limite me traite comme le messie « ooooh ! la relève ! », je lui demande donc de m’expliquer la matinée… j’ai aucun mal à le croire dans la mesure où à 13h ils sont encore à six caisses et les files sont longues. En regardant sur le tableau des tâches, je réalise que je devais commencer à 13h30. Je ressors pour demander à mon collègue où est la responsable, histoire de savoir si elle veut que je prenne en avance « non mais demande pas ! s’il te plaît pointe ! ». Devant le bordel, je ne me fais pas prier… Du coup, en début d’aprem, je me suis retrouvée à faire plein de petites tâches diverses histoire de remonter le magasin (en gros le remettre en ordre). Je me fais bien sûr à chaque fois alpaguer par des clients qui me reprochent le chaos de la matinée, ou bien me reprochent de ne pas savoir ce qui s’était passé le matin… ce qui bien sûr me met d’excellente humeur. Dans mes missions, on me demande de passer l’auto-laveuse dans tout le magasin. L’auto-laveuse, cet espèce de gros veau super chiant à manipuler au milieu des clients. Un vrai bonheur. Je ne vais pas vite. Mais comme toute l’équipe est déjà hyper stressée de sa matinée (et te rebalance donc son stress dans la tronche), que les clients n’en ont rien à foutre de ta gueule, ce qui devait arriver a fini par arriver. En voulant tourner, j’ai tapé le pied d’un client qui me coupait devant. Je roulais à deux à l’heure, donc je ne pense pas lui avoir fait très mal, mais quand même. J’arrête tout, m’excuse (trois fois), lui demande si ça va et s’il y a besoin de nettoyer ou désinfecter. Si je peux comprendre que cela soit agaçant ainsi que le fait d’être en tort, je ne suis pas sûre de pouvoir cautionner la réponse suivante « non mais putain vous êtes vraiment trop con ! c’est de l’incompétence ! même pas foutue de faire un truc simple ! pis toute façon vous avez pas à faire ça à cette heure-là ! ». J’ai redémarré l’auto-laveuse et je me suis barrée sans un mot de plus. J’espère qu’il y avait une plaie et qu’elle va s’infecter. Na.T’auras une bonne raison de te plaindre si ta jambe est gangrenée !

Tiens d’ailleurs, avant l’auto-laveuse, ce jour-là, on m’a demandé de faire la mise à plat dans le frais (ce rayon me suit jusque dans mes rêves, faut que j’en fasse une nouvelle d’ailleurs…). La mise à plat, c’est quand on enlève tous les cartons vides, qu’on reconditionne ceux qui restent et qu’on range la merde laissée par les clients (parce que pour faire trois pas pour remettre ton article à sa place quand tu peux l’abandonner là ?) Alors que j’arrive enfin au bout et qu’il me reste à finir le rayon des yaourts, un homme ventripotent se sépare de son groupe d’amis parce qu’il veut des yaourts nature. Je suis un peu speed parce que j’ai bien compris qu’il fallait tout faire très vite alors que le rayon est dans un état désastreux. Du coup, je suis un peu hyper concentrée sur ce que font mes bras et mes mains et j’oublient un peu le reste du monde. Si bien que je n’entends pas tout de suite les « hey ! hé ho ! » sur ma gauche. Quand je les entends, je me dis d’abord qu’il appelle ces potes parce que quand même, on en est quand même pas à m’appeler comme si j’étais un chien. Bah si. Du coup ça m’a énervée, alors j’ai mis un point d’honneur à ne pas sortir la tête de mon frigo alors même que les « hého ho ! » continuaient. Quand je suis enfin sortie pour passer au suivant, le mec me balance limite son paquet de yaourt dans la gueule « hé ! Les yaourts là, ils sont sucrés ou pas ? » Je suis prodigieusement agacée de la situation. Ça fait deux minutes que le mec me hèle comme un chien pour une information qu’il pourrait avoir par lui-même ? « Je ne sais pas. Si c’est le cas ce doit être écrit dessus. _Je sais pas lire. » Trop bonne trop conne, je me sens stupide. Sur le moment, prise dans le stress de l’après-midi infernal qui s’annonce, je ne me dis pas « s’il savait vraiment pas lire, il le balancerait pas comme ça, rappelle toi quand c’est vraiment arrivé quelqu’un qui nous a demandé quelque chose de con parce qu’il savait pas lire ». Et puis j’ai pour principe de toujours commencer par croire les gens. Donc je dis que non ils ne le sont pas. Comme je le vois reposer son paquet du coin de l’oeil, je me dis qu’il en cherche peut-être des sucrés, et comme je me sens toujours cons de l’avoir envoyer chier s’il savait vraiment pas lire, je prends deux secondes pour lui indiquer où en trouver des sucrés « oui oui j’ai vu ». Pauvre connard de merde. Le mec en question avait décrété que je ferais le taf à sa place, alors voilà. Le mec n’avait aucun problème à perdre trois minutes de sa vie pour m’humilier pour son plaisir. Trop cool. Sans parler des gens qui ne peuvent vraiment pas lire…

Quand au final, j’ai bien envie de dire aux clients d’aller se faire enculer à sec, mais comme j’ai pas le droit je trouve le moyen de les planter dans leurs conneries. « Non je ne remets pas en cause ton autorité, tu n’en as aucune ! »

Et puisqu’on en est à parler des gens qui te hèlent comme un chiant… Une autre journée de fou (on les a un peu beaucoup collectionnées… d’où, paradoxalement, le manque d’article, comme vous pouvez le voir, j’étais plutôt d’humeur à arroser les gens de napalm que de mon humour noir dévastateur)… Je pointe à 10h, après avoir regardé sur le tableau des tâches, je vois que je suis en caisse. Je sors de la réserve pour trouver la responsable du coffre et récupérer mon caisson. Je n’ai pas fait deux pas hors de la réserve « hep hep hep ! ». Super. Je m’en vais donc voir les gens, qui bien sûr ne daignent pas me dire bonjour, « y a pas les prix ! c’est quoi les prix des abricots ? _Je ne sais pas, je vais aller demander en caisse et je vous dis ça. _Tant que vous y êtes on veut le prix des melons et des pêches ! Y aucune affiche dans votre rayon ! » Regard sur ma montre, il est 10h02… la journée sera longue. Je m’en vais en caisse, salue mes collègues, leur demande les tests prix nécessaires, écrit le tout sur mon bras parce que je sais que j’ai le temps d’être arrêté quatre fois avant de retrouver les clients en question, ce qui laissera le temps aux chiffres de complètement se mélanger dans ma tête. « Quand même. Et sinon l’autre jour on a acheté un filet de pêche, le lendemain elles étaient quasiment toutes pourries ! Vous faîtes quoi dans ce cas ? » Bah je remonte le temps, puis je bloque tes pêches dans un autre espace-temps pour qu’elles pourrissent moins vite. J’avais surtout envie de lui dire qu’elle avait qu’à mieux choisir. Comme jusque là je n’avais eu ni bonjour, ni s’il vous plaît, ni excusez-moi, ni merci… je l’ai plantée là. « Je suis désolée, des tris sont faits régulièrement pour éviter ce type de désagrément. Malheureusement moi je ne peux rien faire de plus. Bonne journée. » Tu veux me prendre pour une conne ? Pas de soucis, je suis pas contrariante, je serai conne, et je ne ferai aucun effort. Merde à la fin. Regard sur ma montre, 10h07. Oh putain…

Pardon lecteur ? Tu es trop jeune pour être un vieux con ? Oh mais ne t’inquiète pas ! J’ai aussi la recette pour être un jeune connard, pas de problème. L’autre jour, j’étais en caisse. Ma collègue me prévient par micro qu’un groupe de petits jeunes va se pointer avec de l’alcool, qu’elle n’a pas tout compris de leur conversation mais qu’elle trouvait ça étrange… une histoire de photo, qu’on n’allait pas poser de question… bref, elle m’enjoint à vérifier les pièces d’identité. Je repère le groupe, et en effet, ce beau monde paraît bien jeune. Genre tellement imberbe que même moi à 13 ans j’avais plus de poils que les mecs à ma caisse. Et effectivement, l’attitude un peu fuyante de qui sait qu’il est pas trop dans son bon droit. Au dernier moment, ils changent pour aller à la caisse de mon collègue derrière, Super Flèche, aka énorme boulet égoïste et non fiable de l’équipe. Ne l’entendant même pas demander de pièce d’identité (sans doute trop pressé d’aller en pause j’imagine…), je me retourne un peu colère et demande à ce qu’on nous présente une pièce. « non mais c’est bon ils sont majeurs _dans ce cas-là il n’y aura pas de soucis à nous montrer la pièce d’identité ». Et nos amis les jeunes ont fait la connerie à ne pas faire : ils se sont énervés. D’expérience, même quand tu te plantes de trois ans, les gens majeurs ne se mettent pas à te traiter de connasse quand tu leur demandes leur papier. S’ils ne l’ont pas ils soupirent, râlent un peu, mais vont la chercher et reviennent. Fin de l’histoire. « Non mais on est majeurs putain ! _Dans ce cas-là montrez-moi une pièce d’identité et nous n’aurons aucun soucis à vous vendre la bouteille. » Là-dessus, la nana me sort son smartphone et me montre la photo du papier temporaire qu’on reçoit après avoir passé le permis, le temps que la préfecture t’envoie le vrai. « Je suis désolé mais ceci n’est pas une pièce d’identité. _Bah si ! Y a mon nom ! Ça dit que j’ai le permis ! _Ce n’est pas suffisant. Ce papier n’est pas une pièce d’identité, il ne comporte ni photo ni date de naissance ni adresse. Qui plus est, une photo ne pourra jamais être considérée comme un papier d’identité. _Bah c’est tout ce que j’ai alors vous vous démerdez vous faîtes avec. _Non. Ce n’est pas une pièce d’identité. En ce qui me concerne c’est non, fin de l’histoire. _Non mais c’est bon elle est majeure putain ! Y a son nom dessus ! _En l’occurrence, rien ne me prouve qu’il s’agisse bien de son nom, de son papier. _Putain vous êtes con ! Hé tu t’appelles bien Ludivine… Ludivine… comment tu t’appelles déjà ? » Ha en voilà un mytho bien préparé ! Je commence à avoir sérieusement envie de leur dire que c’est pas en me gueulant dessus qu’il va leur pousser un poil de slip… Je campe donc sur mes positions, sort de ma caisse et commence les manipulations pour annuler le ticket sur la caisse de mon collègue, histoire de faire comprendre que c’est moi qui commande et que la discussion qui n’avait d’ailleurs jamais commencé est close. « Ouai bah on va aller la chercher la pièce d’identité ! Et ça vous fermera bien la bouche ! _Mais oui, y a pas de soucis Choupinou. Vous nous ramenez une pièce d’identité et je vous vends autant d’alcool que vous voulez. » J’imagine que si la porte coulissante pouvait se claquer ils l’auraient claqué avant de mettre du Maître Gims à fond histoire de faire savoir qu’ils étaient pas contents. Plus tard, je pars prendre ma pause. Au casque, ma collègue, la même que tout à l’heure, m’informe que les ados sont revenus, mais pas avec une pièce d’identité, avec un adulte. Preuve est donc faîte pour toute l’équipe. Quand je reviens, j’en reparle à Super Flèche en lui disant de faire plus attention la prochaine fois… « non mais c’était son père, et il m’a bien dit qu’elle était majeure » Je baisse les bras… y a un moment, qu’est-ce que tu veux dire ? Elle était tellement majeure qu’en rentrant chez elle, elle avait le choix entre sa carte et son père, elle choisit de ramener son père ? Et moi je suis la Grande Impératrice de toute la Chine.

Quand au bout d’un moment, il faut appeler un chat un chat : les clients sont cons et puis c’est tout. « Je pense que je vais renvoyer ce livre à Amazon « Tours d’évasion faciles pour Magicien Amateur » »

Il va être temps d’arriver au bout de cet article avec la fameuse Théorie du Chorizo, baptisée ainsi grâce à mon frère… Une des choses qui m’agacent est de passer mon temps à dire aux clients où sont les choses. Pourquoi ça m’agace ? Parce que si certains semblent vraiment paumés, si d’autres tournent depuis quinze minutes sans voir le truc sous leur nom, ou encore si Monsieur Lidl a décidé que les filtres à café seraient mieux avec l’aluminium et les sacs poubelle qu’avec le café (Monsieur Lidl doit boire du thé) ou bien les cacahuète d’un côté du magasin et les chips de l’autre, l’alcool et le vin d’à côté, la bière de l’autre… certains ne s’emmerdent tout simplement. Quand ils te voient, tu représentent un genre de Lidl Drive à toi tout seul, au point que des fois j’ai juste envie de tendre la main « une pièce pour le guide ». Comment on le sait ? Parce que trop souvent, il te suffit juste de tendre le bras parce que c’est à côté, ou qu’ils viennent purement et simplement de passer devant. Mais je t’entends petit lecteur ! « des exemples ! des exemples ! des exemples ! ». Tu vois comment tu es, en fait tu demandes que ça qu’on te livre l’humanité en pâture… Aller va, si t’as du napalm j’ai des allumettes.

Quand je dois indiquer un produit à un client alors que celui-ci n’est pas à côté, je préfère souvent utiliser un repère plutôt que dire « deuxième allée », je trouve que c’est plus pratique, plus direct. Mais comme d’hab, des fois jme trompe. Une fois donc, une petite vieille vient me demander où est l’huile. Je repère dans ma tête, regarde où on en est « Vous voyez les oeufs là ? _Oui. _Et bien ça sera dans ce rayon-là, juste en face madame ». Elle s’en va donc. Cinq minutes après elle revient me voir « vous vous êtes trompée. Ou Alors ça a dû être changé de place, en face c’est le lait » Ha ouai. J’aurais dû préciser qu’il fallait faire deux pas sur la gauche pour avoir l’huile. Honte à moi.

Une autre fois, alors que je faisais la mise à plat dans le frais (parce que ça faisait longtemps), j’entends une nana dire à sa gamine « non mais je vais pas m’emmerder à chercher quand même » avant de venir me demander où était le truc devant lequel elle venait de passer sans le voir puisqu’elle avait décidé que j’allais le trouver pour elle.

Un autre jour, je mettais le frais en rayon (incroyable non ? ), pareil, la gueule coincée dans l’étagère du bas, à me contorsionner entre deux portes et dix cartons de carottes râpées ou de piémontaise. « Excusez-moi » Oh chouette, une madame polie ! Je m’extraie de mon frigo, j’avais à peine retrouvé un équilibre stable sur mes genoux (parce que je suis accroupie hein, rappelez-vous) qu’elle me colle littéralement un prospectus dans la gueule pour me demander où étaient les tables à repasser, que du coup je ne pouvais pas voir, parce que je vois très mal quand les choses sont à 2 mm de mon visage. D’une, j’ai failli me vautrer, de deux, paye ton invasion d’espace privé… Surtout que si elle avait pris deux secondes pour le lire son putain de prospectus, elle aurait vu qu’il y avait la date à laquelle on les avait. En plus, c’était un mercredi. Alors sans réfléchir j’ai annoncé que c’était pas aujourd’hui, parce qu’on ne reçoit ce genre d’articles que les lundi et jeudi…

Et ce même jour, genre dix minutes après… alors que j’écrase un peu mes cartons avant de partir en pause (parce que j’ai un peu rappelé que j’étais là depuis 5h et que pour une fois j’aimerais bien ne pas me faire avoir en ayant ma pause à 11h…), un vieux me fonce dessus « c’est où le chorizo ? _Vous venez de passer devant… _hahaha » lol.i.lol. Comment on en arrive  la Théorie du Chorizo ? Je suis du genre à beaucoup prendre sur moi. Paradoxalement, je râle beaucoup sur mes machines, mais je perds assez rarement mon sang froid face aux clients, au point que mes collègues savent que je commence effectivement à le perdre, il devient urgent de me faire aller en pause sous peine de voir de la cervelle de fada sur les murs… Du coup, quand je rentre du taf, ou quand je suis avec des collègues à la pause, faut bien que j’évacue. Alors je raconte toutes les merdes, les petits et les grosses, les agressions, les petites et les grosses, jusqu’à ce que mon cerveau puisse à nouveau fonctionner correctement. Donc mes parents et mon frère ont l’habitude de me laisser un temps où je vide juste mon sac en insultant la terre entière et sa mère (carrément, j’ai peur de rien moi). Un jour une de ces conversations s’est fini ainsi :

Mon père : Vivement que t’ais fini de bosser là-bas… y a ta vision de l’humanité, qu’était déjà pas bien haute, qui est en train de sérieusement se dégrader.
Mon frère : Mais non, elle se dégrade pas. C’est tout pareil. C’est juste que maintenant elle a des mots. Tu vois les fois où elle s’énerve parce que la société fait n’importe quoi et que c’est pas juste ? Bah maintenant elle sait. Parce que si les gens ils ont la flemme de chercher le chorizo alors qu’ils passent devant, comment tu veux qu’ils travaillent à la paix dans le monde ?
moi : Putain t’es un génie OO

Bon d’accord, c’est un peu gros. Mais il y a des moments comme ça, où tu réfléchis quand même beaucoup au potentiel des gens… Quand tu les vois te faire un sourire gentil parce que tu viens de te faire lourdement draguer (je vous raconterai une autre fois), ou qu’un vieux à cramer ses fusibles en hurlant, quand ils ramassent un carton abandonné au milieu du rayon, quand ils laissent passer la femme enceinte ou le papy et sa jambe en plastoque sans qu’on leur demande de respecter la priorité, quand ils filent les 10 centimes qui manquent au client précédent, qu’ils te laissent boire un coup d’eau, qu’ils te demandent comment ils peuvent te rendre la tâche plus facile, etc etc c’est con, mais ce sont des actions d’empathie gratuites… Alors qu’à l’inverse, quand ils décrètent que c’est ok de te marcher dessus parce que tout le monde le fait, normal de même pas te dire bonjour, en ont rien à foutre de pourrir la vie, t’humilient pour leur plaisir, te rabaissent au stade de machine, t’accusent de tous les mots de la terre…  bah perso je me dis que j’aimerais pas que ma vie dépende de leur forfait téléphonique. Et voilà donc la Théorie du Chorizo : certaines personnes considéreront que c’est toi à de trouver le chorizo pour elle, de le couper et compagnie, et d’autres t’en proposeront une tranche.

C’est donc sur cette pseudo philosophie de comptoir que je vais vous laisser ! L’article est long, mais encore une fois, j’en ai laissé plein de côté… Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter.

La chanson de la semaine c’est le retour de Dir en Grey que je découvre avec un peu de retard… mais qui fait vraiment plaisir !

Et une découverte musicale grâce à L’Oiseau Lyre

Le concept, le pragmatisme et Gérard.

La dernière fois, je parlais de la paranoïa des clients, mais peut-être qu’il est temps que je parle de la mienne. Parce qu’à force de bosser là-bas, je finis vraiment par avoir la sensation que tout est fait pour m’emmerder. Et je ne dis pas ça parce que mon bras droit a l’air de sortir tout droit d’un film de zombis de mon frère après avoir passé deux jours à mettre le frais en rayon. Je dis ça parce que, clairement, les cartons veulent ma peau.

« Quand tu te réveilles le matin en pensant qu’on est vendredi… mais qu’en fait on est seulement jeudi. »

Le nouveau truc maintenant dans ce nouveau magasin, à chaque fois que je signale quelque chose, ou demande une modification histoire de nous simplifier la vie, on me répond de façon quasi systématique « c’est pas concept ». Ha. Passons sur le fait que ça ne veut absolument rien dire (non, on ne peut pas utiliser un nom comme si c’était un adjectif et prétendre que ça fait parfaitement sens. On. ne. peut. pas. Fuck you marketing team…), et faisons semblant que ça veuille dire quoi que ce soit… Je sais, ça demande un effort, mais comme tout mot pseudo-technique employé dans n’importe quel milieu professionnel, à force de te l’entendre répéter, tu finis par croire que ça veut vraiment dire quoi quelque chose. (genre à MacDo, je trouvais très français de dire « je fais la close ce soir ». Voilà voilà)(la domination sera linguistique ou ne sera pas)(et la parenthèse n’est pas domination malheureusement) Commençons simplement voulez-vous…

Maintenant, toute la façade du magasin est une immense baie vitrée, ce que la claustrophobe en moi apprécie moultement tandis que la photosensible en moi le déplore tout aussi fortement. La sortie se fait dans le coin du magasin. En fait avant, on avait un sas de sortie et un sas d’entrée bien distincts, alors que maintenant on a un seul grand sas en coin qui donne d’un côté sur la porte d’entrée, de l’autre sur la sortie (c’est très clair je te jure). Le long de la baie vitrée, deux issues de secours, des portes qu’il faut ouvrir en appuyant sur une poignée. Dessus, il est clairement écrit « issue de secours » à « hauteur d’yeux » (les guillemets c’est parce que l’hauteur d’yeux en question elle est réglementaire, pour ne pas dire réglementée…) en vert. Bien entendu, les issues de secours sont ouvertes dans la journée, sinon ça servirait un peu à rien (mais juste un peu). Et les issues de secours sont mises sous alarme à longueur de journée, si bien que comme n’importe quelle porte du magasin, si on l’ouvre sans le badge, l’alarme sonne. Vous commencez à le voir venir où je prends quand même la peine de vous le raconter ? Aller je vous raconte, j’ai rien d’autre à foutre (à part regarder Indi dormir au bout du canapé, ce qui est tellement mignon que j’ai presque l’impression de ne pas passer un été de merde par excellence). Régulièrement, nous avons donc des clients qui sortent par l’issue de secours, ce qui fait retentir l’alarme, ce qui nous oblige à appeler un responsable pour qu’il ou elle arrête le supplice d’un coup de badge magique. Plusieurs choses… Déjà, que quelqu’un m’explique pourquoi les issues de secours sont sous alarme. Une alarme dans un magasin, c’est pour te faire savoir quand quelqu’un force l’entrée non ? Quelle est la logique ? Qu’on les branche quand le magasin est fermé, là aussi ça a du sens (quoique, j’imagine que tout est centralisé, alors si le mec a niqué l’alarme au centre, il les a toutes niquées non ? genre ça n’arrive pas ça : « mouhahaha, j’ai niqué l’alarme de l’entrée et même celle du coffre ! je suis trop fort ! tiens pour le fun je vais sortir par l’issue de secours » *TULUTULUTULUTLUTUTLUTUTLUTLUTLU* Non, je ne pense pas…), mais en journée ? Quelle est l’utilité d’une telle démarche ?? Qu’on m’explique pourquoi mes tympans méritent pareille agression régulièrement dans ma journée de travail… Sérieusement, je vais me coucher, j’entends encore les alarmes dans ma tête… Que les gosses ne voient pas l’inscription, je peux entendre. Pour certains, elle est genre trois têtes plus haut que leurs yeux… et d’autres savent même pas lire… ou alors pas le français… Quant aux adultes… deux choses. À notre défense : quand vous allez dans un magasin, à part celle des toilettes (si tant est qu’il y en ait), est-ce que vous ouvrez la moindre porte ? Non. Le client étant roi, faudrait pas trop qu’il se fatigue, alors les portes s’ouvrent par magie devant lui. TADA. Du coup, les clients qui sortent par là ne devraient-ils pas tilter que s’ils doivent produire un effort, aussi risible soit-il, pour sortir, c’est sans doute qu’il y a un soucis ? À la défense des clients (autres que les enfants que pour une fois je vais excuser)(après tout leur plus grand crime est d’exister mais à la limite, ça non plus ils y sont pour rien) : il est bien indiqué issue de secours, mais en vert avec une vue dégagée sur le parking gris et les plates bandes vertes, dans une écriture toute fine police 12 (et encore). Du coup, si tes yeux ne tombent pas dessus, je peux entendre que tu ne vois pas l’indication. Bon je peux l’entendre parce que je n’ai pas entendu l’alarme ce matin et que j’écoute du Dir en Grey… parce que dans les faits, cet alarme me vrille tellement la gueule sur le moment que j’ai juste envie de leur éclater les dents sur le mur.

Mais comme un tel comportement ne rentre pas dans le cadre du SBAM, j’ai demandé à ma responsable s’il ne serait pas plutôt possible d’accrocher une affiche rouge sur la porte, histoire que cette fois les gens tiltent vraiment : c’est visible et ça ne bloque pas la sortie. « c’est pas concept ». Ha. C’est quoi le concept ? Qu’on soit tous sourd à la fin de l’été ? Qu’on ait tellement bouffé cette alarme dans la gueule qu’on démolisse le coupable alors que dans le fond l’erreur peut être compréhensible ? Et du coup, un taser c’est concept ou pas ? Non mais je demande hein… y a peut-être une case dans le bon de commande pour ça…


Pendant ce temps-là, dans le salon, mon frère rentre alors que j’écoute Moonspell un peu fort

moi : je t’avais pas entendu rentrer.
lui : non je me doute. 
moi : faut bien que la campagne ait des avantages !
lui : non pis je comprends, t’as des enceintes géantes alors t’es là « oh un peu plus fort, tiens encore un peu plus fort, un petit plus fort encore, bon j’ai les oreilles qui saignent mais on doit pouvoir mettre un peu plus fort »
moi : ah bah comme dirait papa, « les guitares c’est comme les graisses on les aime saturées » ! 


« Je suis à moitié procrastinateur et à moitié sociopathe. Donc je te tuerai demain… ou peut-être le jour d’après. »

Mais continuons donc sur nos bons concepts ! Figurez-vous qu’une poubelle non plus, c’est pas concept. Voilà. Alors qu’est-ce qu’on nous a collé comme poubelles ? Dans le hall d’entrée, nous avons des « poubelles » : dans un renfoncement du mur, vous avez quatre trappes « déchets quotidiens » « papier, carton » « pile » « ampoule ». Du coup vous allez me dire « mais qu’est-ce qu’elle nous chie, elle voit bien que y en a des poubelles ». Ha haha. Que tu es naïf petit lecteur ! Sache que le monde recèle autant de secrets dégueulasses que ces poubelles cachent de merde ! Car si elles ont tout de l’apparence designée de la poubelle « concept », dedans, c’est tout vide. Rien n’est prévu pour un sac, ou un éventuel contenant. Alors qu’est-ce qu’on met ? Des cartons de boulangerie dans lesquels nous sont livrées les baguettes. Résultat ? La poubelle « piles » doit être vidée régulièrement sous peine de ne pas pouvoir la soulever puisque pas de prise (et les cartons lidl c’est pas les plus solides du monde)(mais on va y revenir !). Quant à la poubelle « déchets quotidiens », il faut la vider à la main dans un sac poubelle digne de ce nom parce qu’il faudra quand même recycler le carton. Conseil : mettre des gants. Parce qu’entre les bouts de verre (bande de connards), les canettes pas vraiment finies, les trucs qui ont commencé à moisir et dégouliner, c’est pas trop la joie. Je veux bien que bosser à MacDo m’est quelque peu endurcie niveau dégueulasserie (si toi aussi tu as déjà eu à vider les bacs de graisse des grills, tu sais de quoi je parle), c’est quand même pas la joie quand après faut que tu retournes en caisse. Un vrai putain de bonheur. Changer une poubelle devrait me prendre cinq minutes top chrono. Mais avec ce brillant système très concept, il m’en faut quinze. Vous êtes des génies les mecs ! C’est joli, certes, mais ce n’est ni pratique, ni efficace, et pas tellement hygiénique. Well done.

Mais non, je n’ai pas fini ! Comme ce n’est pas suffisant (parce que dans un monde capitaliste, enough is never enough, on n’en fait jamais assez), il n’y a pas de poubelle dehors du tout. Par contre, il y a un cendrier. Au début, je trouvais ça plutôt bien, ça manquait dans l’ancienne configuration, du coup les gens les jetaient partout et c’était franchement dégueulasse (surtout quand t’es le couillon désigné pour aller ramasser). Au moins maintenant, on en retrouve plus partout. Un bon point pour Monsieur Lidl. Sauf que comme y a pas de poubelle, que se passe-t-il ? Et bien il arrive que les clients n’aient pas l’idée d’abandonner leur ticket de caisse ou la petite merde X ou Y à ta caisse, ou par terre dans le hall. Ils sont pris d’un regain de non connerie, et du coup, ils le mettent… dans le cendrier. Alors là lecteur, il va falloir que tu sois très attentif… À ton avis, il se passe quoi quand on met des bouts de papier dans un cendrier où des gens éteignent leurs mégots ? Ne crois pas que je te pose la question parce que je te crois débile ! Loin de moi cette idée saugrenue, après tout on ne se connaît pas… Mais apparemment la réponse est loin, très loin d’être évidente, alors je me dis que peut-être on pourrait jouer aux devinettes… Eh bien figure-toi lecteur que quand on met des bouts de papier et un élément en feu (même tout petit) dans un tube d’acier, et bien ça brûle. Incroyable non ? En une semaine, ça fait déjà deux fois qu’ils nous mettent le feu au cendrier. Ce qui amuse drôlement la pyromane en moi, mais bon quand même. J’ai donc eu l’occasion de passer pour une psychopathe puis que la conversation s’est déroulée comme suit : une dame rentre un peu paniquée dans le magasin et me saute dessus : « y a le feu ! le cendrier brûle, ça fume ». Effectivement, je constate que ça fume sacrément noir. Deux secondes de réflexion afin d’évaluer le potentiel danger direct… mon cerveau arrive à la conclusion que dans la mesure où le cendrier est un tube clos, le feu va mourir de lui même tôt ou tard, et comme le truc fume comme pas permis, personne ne va avoir l’idée de le toucher, donc personne ne risque de se brûler. J’en conclus que je peux terminer ce que je fais et aller m’occuper de l’importun. « Bah, il va pas aller bien loin de toute façon, je finis de m’occuper de mes clients et j’y vais. » Apparemment, vue la tête de la dame, ce n’était pas la réaction attendue. Ceci dit j’avais raison : dix minutes après même pas, n’écoutant que mon courage, je me saisis d’un seau d’eau ayant contenu des fleurs et m’en vais affronter les flammes. Le combat fut bref, mais elles luttèrent héroïquement. Le souvenir de leur agonie restera à jamais gravé dans ma mémoire, toujours je porterai ce poids sur ma conscience. Attendez je crois que des tartines de nutella m’appellent, je reviens !


Pendant ce temps-là, dans les rues de Nantes, je marche avec ma super copine, quand soudain, elle s’arrête net et s’écrit : « Regarde ! Une librairie ! On y va ? ». Mais que voilà une définition du shopping qui me plaît !


Quand mes cartons commencent à me gonfler et que je leur apprends la vie. « Je pense qu’il a compris la leçon, maintenant il y réfléchira à deux fois avant de squatter le coin de soleil ! »

Cette fin de semaine, j’ai gagné le droit de faire le frais… j’ai eu la joie d’y passer pas mal de temps… un vrai bonheur… comme peuvent d’ailleurs en témoigner tous les points de suspension de cette phrase… Le frais c’est la quintessence de tout ce qui est chiant dans la mise en rayon… Tout y est pour te faire chier… Rotation des produits (dates les plus « loin » dans le fond), « ouverture » cartons à faire (arracher un bout du carton pour que les clients puissent avoir accès facilement au produit, notamment pour les étagères du haut), rapidité obligatoire car chaîner du froid à respecter, palettes mal conditionnées, clients qui se servent directement dessus, et surtout, cartons mal pensés et rayon conditionnés au poil de cul près. Sérieusement, tu sens que le truc est pensé pour qu’il n’y ait pas un millimètre carré sans marchandise proposée à la vente. Tout est hyper serré, des produits sont placés hyper haut (à tel point que j’hésite toujours à faire ma rotation à l’envers, car les clients se serviront dans les cartons du bas de la pile puisque ce sont eux qu’ils atteignent le plus facilement… mais comme je risque d’être la seule à le faire, ça va tout mélanger les dates alors je m’abstiens) et vraiment… ces putains… de cartons… de merde… Bordel mais même le carton il est lidl ! Je vous jure, on la sent l’économie de bout de chandelle sur la matière première ! Les cartons sont fins au possible, si bien que la moindre humidité les ramollit et les fait se déchirer sous le poids des yaourts… ce qui n’est absolument pas un problème puisque comme chacun sait : y a jamais la moindre humidité dans un frigo ! Jamais ô grand jamais ! J-A-M-A-I-S ! MAIS BORDEL DE CONS DE MERDE ! Donc… tu prends ton carton sur ta palette, celui-ci commence déjà à se tordre, se plier. Tu constates qu’il faut que tu fasses une rotation complète, à savoir, sortir les six cartons du même produits déjà en rayon pour foutre le tiens en dessous, puis remettre le tout. SAUF QUE ! Ces six cartons-là, ils avaient eux aussi déjà commencé à se tordre et se plier sur la palette quand ils ont été mis en rayon… et ils sont encore plus humides après le frigo… et comme ils sont serrés ratatinés contre ceux autour parce que limite t’es obligé de les enfoncer à coup de marteau pour qu’ils rentrent entre les références autour parce qu’il n’y a pas d’air du tout ! y a pas un millimètre de marge de manoeuvre ! Alors forcément, bah le carton humide, quand tu essaie de le sortir avec son poids de marchandises dedans, que tu dois l’extirper du rayon plus que le retirer, il se passe quoi ? Bah il se déchire ! Et si t’es un gros winner of da life, et bah des fois, les packs de yaourts dedans, et bah ils font pareil ! Voilà. Tout se déchire sous tes mains au point qu’au bout de la moitié d’une palette tes mains sont bleues à cause de l’humidité et de la peinture des cartons. Et attends parce qu’une fois que tu as quand même réussi à extirper le tout en réussissant à n’avoir aucune perte, sans déloter les yaourts, mais pas sans avoir insulter leurs mères à tous, cartons et yaourts (l’autre matin avant l’ouverture, ma responsable m’entend râler et jurer vertement, mais a eu la bonne idée de me laisser m’énerver dans mon coin), que tu as trié tes dates au cas où la rotation ça serait un peu la fête du slip, que tu as posé le carton que tu voulais mettre en rayon, non sans avoir forcé comme un bourrin, parce qu’en plus les coins des cartons se coincent les uns dans les autres, ou encore dans les équerres des étagères, et bah après, IL FAUT REMETTRE LE TOUT ! Il faut remettre des cartons encore plus humides, encore plus disloqués, encore plus déchirés, encore plus abîmés, dans un rayon tellement au poil de cul que tu te demandes s’il faudrait pas mettre dix plaquettes de beurre en frais magasin direct parce que peut-être ça glisserait mieux, sans te tromper dans l’ordre des dates, avec parfois des clients qui viennent t’interrompre, et la petite voix dans ta tête qui calcule combien de temps ces cartons ont passé hors du frigo, combien de temps tu mets sur ta palette totale et elle se demande à partir de quand tu auras définitivement rompu la chaîne du froid et putain y a un fromage blanc qui vient de t’éclater à la gueule ET BORDEL DE TA MÈRE LA PUTE EN STRING DE BORDEL DE BITE À CUL ! Merde. Même un fist dans un mec constipé ça passe plus facilement bordel. Ha oui pis bien sûr, j’ai oublié de vous dire que pendant ce temps-là, les cartons en question vous déchirent les bras parce que mettre des cartons en rayon c’est encore plus dangereux que de jouer avec un chat.

Alors du coup, forcément, quand je suis levée depuis 4h du mat, que j’attaque la 5ème palette de frais, que mon collègue râle autant que moi (mais pas tout à fait dans le même style, disons qu’il est moins véhément), je me mets à imaginer à quoi peut bien ressembler la réunion des monsieurs en cravate de chez Lidl qui nous ponde ces chouettes petites idées…

« Ouai alors dans la nouvelle version, les frigos, on met des portes ? Aller ! On met des portes ! C’est grave stylé les portes !
_Le truc Gérard c’est que si on met des portes, bah c’est pas pratique pour la mise en rayon… tu sais ils vont pas avoir assez de mains pour les tenir ouvertes, et puis y aura forcément des articles qui tomberont en plein entre deux portes…
_Bah, pendant ce temps-là ils ont pas le temps de lire la convention collective !
_Bien ouèj Gérard ! Comment on fait pour les commandes ?
_Alors moi je propose qu’on leur colle 25 cartons de crème aux oeufs.
_Mais pourquoi autant ??
_Parce que j’adore la crème aux oeufs. Alors il faut qu’ils aient plein de crèmes aux oeufs. C’est bon la crème aux oeufs.
_T’abuses Gérard, ça va les faire chier quand même.
_Mais non ! T’as qu’à les envoyer à la place d’un truc genre les brassés aux fruits.
_Ça se vend pas vachement bien les brassés aux fruits ?
_Aucune idée, j’en achète jamais. Du coup c’est pas trop grave s’ils ont pas de stock.
_D’ailleurs en parlant des stocks, on a réglé cette histoire de date ?
_T’emmerdes pas ! Tu leur envoies trois quatre dates différentes par référence, ça aussi ça va bien les faire chier !
_Putain Gérard t’es on fire aujourd’hui !
_Ouai, j’ai vidé ma corbeille à papiers dans le cendrier !
*rires gras autour de la table*
_Attendez attendez ! Je sais ! Tu sais les cartons pour les bocaux d’anchois ? Pense à les faire tous fins, et surtout, pas assez haut pour empêcher l’anchois de se casser la gueule.
_T’as déjà fait mieux Gérard.
_Ok, alors que dis-tu de mettre tous les cartons de surimis en dessous de la palette, et dessus, on monte des piles et des piles de cartons de salades toutes faites genre piémontaise et autre ? Histoire de les faire voyager jusqu’à la tour de Pise.
_Gérard… t’es un génie… putain, c’est tellement beau quand tu parles j’en ai la larme à l’oeil… »

Je suis sûre que ça passe à peu près comme ça ! Bon d’accord, on n’est pas à la virgule près non plus, mais je suis persuadée que je suis pa loin… Y a beaucoup trop de Gérard à lidl !


Pendant ce temps-là, dans le couloir, mon frère rentre en imitant le chat :

« Je suis làààà ! Est-ce que tu as bien entendu que j’étais là ? Parce que je suis là ! je suis rentré !
_Pourquoi tu fais ton Gribouille ?
_Bah parce que comme t’es toute seule tout le temps à la maison en ce moment, jme suis dit ça se trouve elle en profite pour se balader à poil. Alors du coup je te préviens ! Comme ça on évite les incidents ! »


Aller promis, la prochaine fois on parle à nouveau des conneries des clients… J’avais juste envie de changer !
Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter (ce qu’il est un peu con de préciser vu que la plupart d’entre vous arrive de là mais bon, question de principe !)

La chanson de la semaine, le retour de Betraying the Martyrs :

La thèse, ça passe ou ça casse : la convention de stage

Bien le bonjour amis Termites ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de vous conter les merveilleuses aventures de mon quotidien… Ça m’a beaucoup manqué ! Parce que dieu sait qu’il y a eut des conneries depuis tout ce temps… Vous allez donc avoir le droit à une série d’articles dans les jours à venir… À la base je voulais en faire un gros, mais j’avais oublié à quel point il m’était vraiment arriver des conneries compliquées… du coup je vais en faire plusieurs « petits »… (mais bon, je suis en thèse, alors la définition de petit…)

et faire des blagues de merde apparemment

Un article sous le regard inquisiteur de Calypso qui sort de sa boîte toutes oreilles dehors pour entendre raconter cette histoire…

J’ai de la chance, parce que ma directrice de recherche (généralement appelé DR dans le jargon, ou Satan pour les besoins de l’histoire) fait parti des DR qui s’inquiètent un minimum de ma bonne santé… financière. Du coup, elle me propose de jouer les petites mains au sein du laboratoire : je vais faire des retranscriptions d’entretien. Le fun à l’état pur. Mais bon, c’est toujours ça de pris, d’autant que je peine à trouver des élèves à qui enseigner la langue de Shakespeare (alors que pourtant mes cheveux font des anglaises, ce qui me paraît un argument de vente de première qualité). J’accepte donc l’offre… et c’est là que ça devient drôle. Afin de me rétribuer, je vais être engagée en tant que stagiaire. Ce qui nécessite de faire une convention de stage. Ce qui nécessite un bac +18, des heures de temps libre, une ceinture noire en karaté, parler trois langues mortes et une centaine de mantras bouddhistes. Un sacrifice satanique n’est jamais de trop. Prévoir des bâches.

L’UNEF, syndicat chargé de défendre les étudiants, a fait en sorte, il y a quelques années, que les étudiants ne puissent plus faire de stage si ce n’était pas prévu dans le cadre de leur formation. Parce qu’on exploite trop les stagiaires quand on pourrait créer des postes, ce qui est vrai, nous sommes tous d’accord. Le seul hic… c’est que tu ne peux plus faire de stage si ce n’est pas prévu dans ton cursus… ce qui est quand même majoritairement le cas dans les formations universitaires (françaises)… or les stages sont une bonne façon pour les étudiants motivés de se faire des connexions avec le monde de l’entreprise… connexions qui manquent dans les formations universitaires où les stages ne sont pas prévus… connexion qu’ils ne peuvent plus se faire maintenant puisqu’ils n’en ont plus le droit… ce qui est embêtant quand même parce que l’université, comme le rappelle souvent l’UNEF, manque de connexion avec le monde de l’entreprise. À l’heure actuelle le serpent s’est tellement mordu la queue qu’il ne mue plus, il vomit ses peaux mortes directement. Bref, ça a un peu rué dans les brancards, l’UNEF a encore perdu en crédibilité (comme quoi c’était possible)(y pas à dire, les syndicats étudiants, c’est vraiment une porte ouverte vers la vie politique qui suit !), et finalement, on a accepté de revenir sur cette décision en créant le système des stages « optionnels » : tout étudiant peut faire la demande d’un stage optionnel, demandes qui seront étudiées au cas par cas afin de voir la légitimité et la faisabilité du projet. Dans les faits, ça donne donc ceci :

  1. Remplir la demande de stage optionnel
  2. Attendre le feu vert du service d’orientation
  3. Créer et remplir soi-même sa convention de stage
  4. La faire signer par toutes les parties

Alors sur le papier comme ça ça n’a l’air de rien, mais en fait… c’est l’enfer. Surtout que je vous le rappelle, je ne suis dans aucune case, ou plutôt je suis dans n’importe quelle case, ou plutôt je n’existe pas. En gros, comprenez que je pleure dés que je réalise qu’il va me falloir affronter l’administration. Je remplis donc ma petite demande de stage optionnel, où j’explique que je suis en L1 via le SUED (aka par correspondance), que le stage consiste à écouter des enregistrements pour taper ce qui est dit sans rajouter de blagues dedans. Je remplis avec les informations que m’a donné la madame de la Maison de l’Humain dans son Habitat Social (oui le nom est tronqué :D), que nous nommerons donc Mme MHHS, sur les dates, le nombre d’heures travaillées et ma rétribution. J’emmène donc mon petit papier au service d’orientation, en me disant naïvement que ça ne devrait poser aucun putain de soucis car je n’ai pas cours et que je travaille comme je veux, de chez moi si je veux, tout ça n’est qu’un cadre légal qui n’illusionne personne… sauf le monsieur du service d’orientation qui aime à être pointilleux (sauf quand c’est lui qui est en tort)(mais nous y reviendrons). S’en suit donc la conversation suivante :

Lui : Vous faîtes quoi ?
Moi : Je suis en L1 SUED lettres modernes, et je prépare une thèse en études théâtrales
Lui : En quoi consiste le stage ?
Moi : Je vais jouer les petites mains pour le labo de recherche en faisant des transcriptions d’entretient, le stage permet de poser un cadre légal sur tout ça.
Lui : Mais je vois ici que vous êtes sensée faire 20h/semaine, comment vous allez faire pour aller en cours ?
Moi : euh… je suis en formation par correspondance… c’est un cadre légal mais je m’organise comme je veux… je m’en bats les couilles des cours parce que des bases c’était pour rentrer dans les cases de l’administration 

I'm in my happy place I'm in my happy place I'm in my happy place

Quand je m’évade intérieurement face à ce tas de conneries…

Le monsieur finit donc par accepter mon papier… et moi je m’en vais remplir ma vraie convention de stage via l’intranet de la fac. Notez que j’aurais aussi pu : me rincer les yeux avec de la javel et une éponge en fer, m’introduire une masse d’armes dans l’anus, ou tenter d’avaler cul sec la bouteille de lait qui pourrit dans l’étagère de mon coloc depuis le mois de novembre. L’effet final n’aurait sans doute pas été si différent. Déjà parce que comme me le disait une prof d’arts plastique l’autre jour au bar : « non mais faut le faire sauter ce machin ». Voilà. Bon en même temps, ça commence à faire quelques années que je squatte ce bout d’internet, et depuis le tout début je vous raconte à quel point faudrait vraiment que la fac se paye des informaticiens compétents (le principe de pertinence !!!! non de Dieu c’est pas compliqué bordel !!! quand je rentre le titre complet d’un ouvrage dans le moteur de recherche de la BU, c’est pas parce que je cherche un dictionnaire qui en parle pendant deux lignes bordel de bite à cul !!!!)(la direction s’excuse pour cette vilaine parenthèse…)(non mais c’est juste que y a des choses qu’il faut dire, et n’ayant pas froid aux yeux, moi jle dis. Na). Du coup c’est un peu l’enfer… Déjà parce que pour trouver l’endroit où remplir ta convention, il te faut plonger dans ton ENT… pour finalement taper « Rennes 2 ENT convention stage » dans google parce que ça va beaucoup plus vite. (oui, c’est à ce point-là) Tu te retrouves sur une espèce de formulaire en ligne à remplir toi-même avec aucune aide pour te dire quelle case correspond à quoi… Du coup j’ai un peu l’impression de jouer à un jeu de devinettes géant. Et je n’ai jamais aimé les devinettes. Je fais un peu comme je peux. Heureusement pour moi, je suis aidée par M., la soeur de mon amie à la crinière de feu, qui a déjà dû en remplir une dans à peu près les mêmes conditions que moi. Et comme tout ça n’est définitivement pas assez drôle : je suis très malade à ce moment-là, au point qu’on croit d’abord à un ulcère tellement je me tord de douleur tout en ne pouvant rien manger. LA FÊTE ! Ha oui : et coupure d’internet pendant trois jours chez moi. Du coup je devais me traîner chez ma pote, ou au macdo pour remplir cette merde. Non, vraiment, je partais sous les meilleures auspices !

Je réussis tant bien que mal. Je remplis d’autres papiers demandés par Mme MHHS et lui envoie au passage ma convention en lui demandant si tout est bon (avant que je m’en aille la faire signer)(à quatre personnes)(HAHAHAHAHAHAHA). Elle me fait part de quelques points à corriger, et sinon tout est ok de son point de vue. Je corrige donc. Je consulte la liste des pièces à joindre avec la convention : pièce d’identité, certificat d’inscription (bah oui voyons, ce qui te donne le droit de faire cette convention, c’est le fait d’être inscrit en tant qu’étudiant de cette université, ce qui te donne accès à l’intranet où tu as fait la dite convention, et en cas de doute, ils pourraient toujours taper dans leur fichier, mais non, faut quand même leur prouver que tu es inscrit chez eux, au cas où)(le serpent commence à mourir étouffé dans son vomi de peaux mortes), une enveloppe de telle couleur et telle taille à ton adresse et affranchie et made in France et bénie par le Saint Père, une assurance civile. Je commence un peu à maîtriser la constitution de dossier kafkaïen, alors je réussis à réunir toutes les pièces demandées. J’arrive même à récupérer toutes les signatures sans trop galérer… Enfin si, faut quand même que je vous raconte ce petit moment magique… (vous trouvez ça long ? avez beaucoup d’étapes ? ouai, moi aussi.)(mais bon, hashtag administration, toi même tu sais). Je dois récupérer la signature du directeur du labo. Satan me demande de me mettre en contact avec Mme MaisQuiÊtesVousAuJuste pour qu’elle lui transmette. Le problème, c’est que le bureau de cette madame est dans l’espace recherche, espace auquel on accède à l’aide d’un badge, que seuls les chercheurs ou les doctorants ont. OR si vous avez bien suivi jusque là, je ne suis pas officiellement doctorante, et n’ai donc point de badge, et donc point d’accès à l’espace recherche. Je trouve le mail de Mme JaiToujoursPasComprisSaPlaceDansLorganigramme, lui explique ceci et lui demande où on peut se retrouver pour que je lui remette les conventions. Finalement, elle m’explique que je peux me débrouiller en déposant les conventions dans le casier du directeur du labo directement, dans la salle du courrier. C’est un peu comme quand on était au lycée et qu’on pouvait déposer des choses dans le casier des profs en salle des profs. Sauf qu’à l’époque, on toquait et un gentil autre prof présent le déposait pour nous. Là il faut… un badge. Ce bruit au loin c’est l’écho de mon cri désespéré. MAIS, pour une fois, j’ai eu de la chance. Je m’attendais à devoir poireauter X temps devant la salle du courrier qu’un pélos passe par là et veuille bien me donner accès… MAIS NON ! Pile au moment où je pénètre dans le couloir, quelqu’un arrive en face et se dirige vers la salle du courrier. J’accélère le pas pour faire comprendre que je vais au même endroit et ME VOILÀ ! J’ai réussi ! Je suis dans la salle du courrier ! Je dépose ma convention dans le casier du directeur avec un petit mot lui demandant d’ensuite le déposer dans le casier de Satan qui me le transmettra. (bon en fait Satan sera malade le jour du RDV et l’aura donné à une autre prof qui me le transmettra à sa place).

En plus, ce jour-là, je suis allée à la BU, j’avais besoin de livres stockés au magasin (au sous-sol, disponible sur demande uniquement). Je suis arrivée 5 minutes après la dernière « livraison ». Je m’attendais donc à devoir attendre 25 bonnes minutes pour la prochaine, mais finalement, la madame a juste gentiment attendu que je finisse de remplir mon petit papier et elle a été me chercher mes livres directement « oh c’est calme aujourd’hui,et puis on n’est pas à 5 minutes ! ». Pendant un instant j’ai cru que je m’étais trompée d’endroit…

Quand je commence à perdre patience devant les gens de l’administration mais qu’en même temps je sais bien que ce serait mieux de les avoir dans ma poche.

C’est donc avec une fierté non dissimulée que j’amène mon petit dossier complet au service d’orientation. Le mec devant moi se fait taper sur les doigts parce qu’il n’a pas pensé à regarder quelles étaient les 149 pièces jointes demandées, et je souris intérieurement, fière d’avoir pris les devants et d’avoir pensé à tout. (oui, je suis définitivement idiote. Que celui qui ne s’est jamais fait refoulé pour un dossier « incomplet » me jette la première imprimante)(la mienne marche plus en plus alors ça dépannera toujours) Arrive mon tour, et je tends mon petit paquet. « Votre demande de stage optionnelle a été validée ? » ha oui car il fallait normalement attendre de recevoir la confirmation du service d’orientation pour passer à cette étape. J’avais zappé. Et j’ai bien fait car je n’ai reçu le feu vert de l’administration que le 30 octobre, pour un stage sensé débuter au 1er novembre. Je vais maintenant essayer de vous reproduire le dialogue qui a suivi le plus fidèlement possible. Mais ça va être très dur, pas parce que cette histoire commence à dater, non non non, mais parce qu’une partie de mon cerveau était en train de crier un truc au sujet de maman qui travaillerait la nuit sur des trottoirs, si bien que je n’entendais pas tout ce que le monsieur racontait. Je commenterai après coup…

« Non mais c’est rempli n’importe comment ! C’est qui le responsable de l’université ?? C’est le président de l’université bien sûr ! Pas mr XXX.
_Oui mais le président de l’université est obligatoirement sur la convention, et mr XXX est le directeur du labo où je suis en stage… donc ça me semblait logique de le mettre en responsable…
_Mais c’est n’importe quoi, c’est évident que c’est le président de l’université enfin ! C’est évident ça quand même… Va falloir tout recommencer !
[alors que je commençais à me dire que sa maman travaillait sans doute pour des clubs zoophiles chelous, sa collègue est intervenue pour dire ce n’était pas grave, qu’ils pouvaient rectifier à la main, l’important c’était qu’on ait les signatures de tout le monde. Du coup le monsieur se calme et continue l’inspection de mon dossier]
_Non mais l’assurance c’est n’importe quoi aussi ! C’est votre assurance logement !
_Oui je sais, mais c’est le certificat que j’ai, et jusque là à chaque fois qu’on m’a demandé une assurance de responsabilité civile pour des associations ou du travail ce papier a toujours convenu.
_Non non non non ! Ça ne peut pas marcher ! Il faut que ça soit marquer « responsabilité civile école – stage – et d’autres mots clés que j’ai pas retenus » Imaginez il vous arrive un accident ! Alors vous rentrez vous demandez ça à votre assurance et vous m’envoyez le tout par mail et dès on fera suivre de suite au président pour signature. »

Plusieurs choses…. SI C’ÉTAIT SI ÉVIDENT JE L’AURAIS FAIT ! Dans le monde extérieur, dans le privé, on a inventé les chefs de service, les chefs de service, ce sont des gens à qui on a délégué du pouvoir pour ne pas emmerder le big boss toutes les cinq minutes avec des décisions moins cruciales. Genre comme ça on met big boss sur tous les contrats qu’il signe à la chaîne sans les lire puisque les chefs de service les ont vérifiés avant lui. Voilà. Le principe de hiérarchie. Ainsi, comme d’office le président est sur la convention, je pensais que c’était, et que mr XXX était mon responsable direct. Mais NON. Apparemment c’était une ineptie. Quant à l’accident… JE VAIS FAIRE DES TRANSCRIPTIONS D’ENTRETIEN !! Putain le pire truc qui puisse m’arriver ça serait de tomber de ma chaise parce que d’un coup dans mon casque « LA BASE VIRALE VPS A ÉTÉ MISE À JOUR », ce qui n’arrivera pas parce que QUI UTILISE ENCORE AVAST ??? Merde. Ta mère en slip bleu devant le prisunic bordel. De merde.

Alors que je commence à me demander comment convaincre sa famille entière de le recouvrir de confiture de groseille avant de le jeter aux fourmis, je rentre tranquillement chez moi. J’écris à ma mère pour lui demander de demander à l’assurance un nouveau certificat avec les mots magiques pour le monsieur. Évidemment, l’assurance aussi met trois plombes cinq à répondre, ce qui fait qu’une semaine passe. J’envoie aussitôt le nouveau certificat par mail. Une semaine après, toujours pas de nouvelle. Alors je me fend d’appeler le service d’orientation pour savoir ce qu’il en est vu que mon stage a en théorie commencé depuis plus d’une semaine. « oh, votre mail a dû se perdre ! hihihi ha oui c’est bon je l’ai ! On en a eu plein le même jour alors des fois y en a qui passe à la trappe ! hihihihi » Je vais t’arracher l’âme pour en faire des porte-clés que je vendrai aux touristes l’été prochain genre porte-bonheur pour payer moins d’impôts. Je te jure que je vais le faire. Il faudra encore attendre presque deux semaines pour que ma convention soit transmise au président pour signature, puis qu’elle me soit renvoyée.

J'ai juste transmis la responsabilité de la fabrication...

J’avais dit que je le ferai.

Et là petit lecteur, comme tu es gentil et innocent (sérieusement comment tu fais ?), tu te dis que c’est bon, j’arrive au bout de mon parcours du combattant (et toi de ta lecture). Et bien… pas tout à fait. (HAHA ! t’y as cru hein !) Car il me reste à transmettre la convention à mon « employeur ». Mme MHHS me dit de lui scanner la convention puis de lui envoyer. Je lui scanne, et pars à la recherche de l’endroit où se situe la Maison de l’Humain en Habitat social. J’ai omis de vous préciser qu’il s’agissait d’un autre service de la fac (ne me demandez pas pourquoi c’est lui qui gère mon stage dans le labo, sinon on arrivera plus vite à trouver un vaccin contre le cancer qu’à la fin de cet article). Du coup, je retourne sur l’ENT (………….) à la recherche de ce truc plutôt pratique qu’est l’annuaire. Dans l’annuaire, tu peux avoir les contacts et les bureaux de tous les profs et administratifs. Mais bon, ça reste la fac. Et l’intranet de la fac. Alors par exemple, quand tu cherches le bureau de Mme VousFaîtesQuoiAuJuste et que l’annuaire te répond simplement « bâtiment B », tu remercies le mec qui a pensé ça, car grâce à lui, au lieu de toquer à tous les bureaux de tous les bâtiments, tu toqueras seulement à tous les bureaux du bâtiment B. Quel gain de temps et d’énergie précieux pour tout le monde. Je regarde donc l’adresse de la MHHS, et surprise, elle se situe à la gare. Je ne sais pas pourquoi, mais je me méfie. Vraiment, je me demande ce qui dans cette aventure a pu me pousser à douter des informations données par l’intranet… Je dois être un brin parano. Bref. Au moment d’envoyer les scans, je mets les pieds dans le plat en demandant à Mme MHHS de bien vouloir me confirmer l’adresse trouvée « On a déménagé y a plus d’un an, on est sur le campus maintenant, bâtiment upsilon ».

Je résume…
l’intranet de la fac
est en retard de plus d’un an
alors que la structure en question est maintenant sur le campus principal

PUTAIN DE BORDEL DE BITE À CUL DE SALOPERIE DE TA MÈRE LA PUTE D’ENCULÉ DE MERDE DE CHIER DE TA RACE DE TA GUEULE DE MERDE DE VA TE FOUTRE EN ENFER  PUTAIN DE SALOPERIE VA CHIER BORDEL

Et Satan de m’achever par un « vous vérifierez bien qu’ils vous ont donné les sous !! Parce que des fois y a des soucis… ».

Cet article ayant contenu beaucoup de violence verbale et de stupidité, nous vous proposons un câlin au fil de l’eau avec une loutre.


Si cet article vous a plus, n’hésitez pas à le faire tourner… et si vous ne voulez rien rater et avoir des nouvelles plus régulière, la newsletter est là pour vous.

 

La rhétorique du Kangourou… inscrivez vous qu’ils disaient !

Halló Termites !

Les choses commencent enfin à se caler ici alors il est venu le temps de vous raconter ! Car oui, en trois semaines, il y a déjà de quoi faire un article. Un jour, quelque chose dans ma vie s’est déroulée en toute simplicité : je venais de découvrir les ouvertures faciles Milka. Mais c’est bien tout. Heureusement qu’il nous reste la marmotte !

Septembre arrive et nous voilà reparti. Au programme cette année ? Arf, pas grand chose… J’ai simplement eu la bonne idée de poursuivre mes aventures en thèse. Ouai je sais, un jour, faudra vraiment que j’envisage de dormir la nuit et d’arrêter de prendre des décisions essentielles à 3h du mat. (pour ma défense, la première fois que j’ai sérieusement envisagé la thèse, j’étais bourrée et on m’a montré une vidéo où Eric Zemmour disait de la merde (ça n’en élimine pas beaucoup je sais), mais en l’occurrence, sur le sujet qui m’intéresse, si bien que j’ai jugé qu’on ne pouvais pas laisser des gens balancer des inepties pareilles)(je ne suis pas sûre que ça me défende réellement). Toujours est-il que décision est prise et que m’y voici m’y voilà.

En fait, là, j’essaie désespérément de gagner du temps. Car la situation administrative dans laquelle je me suis retrouvée est tellement absurde que… que… que je suis bien incapable de trouver une comparaison digne de finir cette phrase. C’est vous dire. Tentons de remonter le temps… J’en parle avec ma directrice de mémoire en janvier, on convient qu’il faut que je me concentre sur mon mémoire et le concours que je tente parce que bon, je reste quand même humaine. (genre) Le mois de mai arrive, je ne suis pas prise dans l’école que je voulais (vodka), le mois de juin arrive à son tour, je passe avec succès ma soutenance, avec même tellement de succès que s’en est louche mais je suis défoncée à la fatigue, ce qui est bien plus fort que la vodka (mais moins goutu). On reparle donc de cette fameuse thèse… Ma directrice et mon jury (une autre personne parce qu’on a grave les moyens à la fac) sont à fond derrière moi. Ma DR (que pour des raisons de simplicité nous appellerons dorénavant Satan) m’explique que l’idéal serait que j’arrive à obtenir un contrat doctoral, sorte de St Graal de l’étude supérieure qui te permet d’être payé pour faire ta recherche et donc de ne pas avoir à aller faire des hamburgers pour payer ton loyer, ce qui est quand même bien pratique parce qu’après tu mets de la graisse partout sur tes bouquins et à la BU ils te regardent avec des gros yeux (enfin pire que d’habitude j’entends, avoir des gros yeux doit faire partir des conditions d’emploi). Et là commence le merdier administratif. Car pour postuler à un contrat doctoral, je ne dois pas déjà être inscrite en thèse, MAIS je dois quand même posséder le statut d’étudiant. Retenez bien ça, car c’est le détail qui pourrit tout. Et non, on ne va pas rentrer dans le détail de l’incommensurable connerie du truc, j’ai une pizza à manger une fois cet article fini.

Quand ma DR m’a eu à l’usure et que ça y est, je suis en thèse…

L’idée était donc de s’inscrire dans une L1 quelconque afin de conserver le statut étudiant, tout en préparant comme une tarée les auditions pour un contrat doctoral (et en travaillant à côté évidemment)(mais pas à McDo, suivez un peu). Pour des raisons que nous nommerons dorénavant Ma Vie,ou plus scientifiquement parlant la Réciproque de Milka, je n’ai pas pu m’occuper de ça avant de partir pour l’été vivre toutes les passionnantes aventures lidliennes que vous connaissez maintenant. (si vous avez l’impression que ma vie ressemble à un film de fantasy où on passe son temps à sauter d’un monde dystopique à un autre, rassurez-vous, c’est normal.) Durant l’été, mon pote K., que nous appellerons comme ça le temps que je trouve mieux comme surnom littérairement parlant, suite à une tournure d’événements imprévus, se retrouve finalement à suivre mon chemin et à s’engager en thèse (oui on doit faire partie des rares personnes à envisager la thèse comme un plan B, ça aussi c’est normal)(enfin c’est ce qu’on se dit quand on va bosser à la BU ensemble). Administrativement parlant, nous sommes donc dans la même situation ou presque (on vise pas le même type de contrat mais je vous épargne les détails), nous nous mettons donc d’accord pour aller affronter les forces de l’administration ensemble début septembre, naïvement persuadés que l’union fait la force, et qu’à deux, nous serons plus crédibles (parce que pourquoi vouloir t’inscrire en L1 quand tu viens de valider un M2 avec brio ?) et nous arriverons mieux à expliquer l’impasse la situation.

Nous nous retrouvons donc un lundi à 14h. Première étape, une salle info, histoire d’essayer de comprendre comment s’inscrire, et s’il est possible de le faire par internet. Nous n’y croyions pas trop… et nous avons bien fait. Après avoir ri jaune de notre incompétence à simplement nous inscrire à la fac alors que nous rentrons en thèse, nous nous dirigeons chemin faisant vers l’accueil de l’UFR. En période de rentrée, les horaires de celui-ci sont étendus et il se trouve même agrandi d’une appendice consistant en une table et deux jeunes femmes par qui il faut d’abord passer afin d’être correctement orienté et ainsi désengorger le bureau principal. On commence donc à attendre. Quinze minutes passent. C’est notre tour et nous expliquons, enfin soyons honnêtes, c’est surtout K. qui explique. Tout le monde est d’accord pour dire que pour le bien de l’humanité, il est tout aussi bien que je ferme ma gueule. Deux mois de SBAM, ça abîme. La charmant jeune femme nous renvoie au bâtiment de la présidence pour voir avec le service de réorientation.

Nous changeons donc de bâtiment. Le truc, c’est que le service en question se trouve au SUIO-IP, sorte de centre d’orientation géant, et que le lieu n’est pas prévu pour qu’il y ait du monde. Hors, début septembre, il y en a. Du coup, les gens s’entassent comme ils peuvent en tâchant de former une file d’attente qui n’a de file que le nom que les dames de l’accueil veulent lui donnent. Nous attendons à nouveau quinze minutes en se demandant s’il va falloir tuer le squatteur avec son casque histoire de ne pas nous faire piquer la place. Finalement, les gens à l’université sont tous gentils et la « file » a été à peu près respectée (cette digression pour vous dire qu’il reste de l’espoir dans l’humanité). Nous réexpliquons notre situation. La dame nous regarde patiemment avant de nous dire grosso merdo qu’on l’a dans le cul parce que les réorientations c’est fini depuis le 28 août et point final. Nous sommes un peu surpris.. En partie parce que pour nous, une réorientation c’est en cours d’année, ce qui n’est pas notre cas, et aussi parce qu’en cinq ans de fac, on a toujours vu des gens débarquer à n’importe quel moment de l’année sans que ça pose de problème à personne, j’en ai même vu changé de filière trois fois en deux semaines. Nous sommes entendu dire que nous étions de mauvaise foi « tout est écrit sur le site », chose qu’on ne remettait pas en cause… Nous essayions simplement de dire que sur le site ce n’était guère clair (est-il utile de préciser que l’un comme l’autre nous l’avons parcouru plusieurs fois dans l’été sans réussir à savoir à quelle case nous appartenions ?), qu’en plus, l’inscription se faisait par papier alors que nous travaillions à près de trois heures de route de la dite université… La dame ne veut rien entendre et nous renvoie à l’UFR en nous disant qu’il faut qu’on négocier pour une inscription en intra (ne me demandez pas ce que ça veut dire, je n’en sais rien, je me suis contentée de retenir la formule pour pouvoir la ressortir au moment opportun).

Retour à l’UFR ! Nous réattendons dix minutes, nous réexpliquons (nous devenons même très bons à ce jeu-là) en ajoutant la nouvelle étape, la petite dame considère qu’il faut qu’on voit avec sa responsable. Alors on change de file pour cette fois faire la queue pour avoir accès au bureau de l’UFR. Nous reréattendons quinze minutes, nous reréexpliquons à la responsable qui nous répond d’un simple « Pourquoi ils vous ont envoyés là ? Nous on peut rien faire. Faut que vous alliez à la DÉVU » Nous envisageons d’abandonner la thèse pour finalement embrasser la carrière de terroriste et plastifier la fac.

Quand à force de renvoie de bureaux en bureaux, deux heures de notre vie ont subitement disparu sans laisser d’adresse.

Nous repartons donc pour le bâtiment de la présidence pour nous rendre cette fois-ci à la DÉVU (Direction des Études et de la Vie Universitaire). Nous rereréattendons quinze minutes, nous sommes à nouveau accueillis par une Secrétaire – Filtre à qui nous rereréexpliquons la situation. Elle nous dit qu’elle ne comprend pas notre situation et nous oriente vers sa collègue, la responsable. Nous envisageons d’enregistrer cette histoire pour ne plus avoir à la raconter une fois de plus. Nous n’attendons que cinq minutes. Nous rerereréexpliquons. « Bah c’est foutu. » Tout ça pour ça. Alors qu’on envisage de se facepalm sur son bureau pour gagner du temps, nous tentons vainement de sortir les derniers arguments possibles de notre sac, mais ça ne change rien. Par lassitude, nous obtenons un « Vous pouvez essayer d’écrire une lettre au directeur de la DÉVU, peut-être qu’il pourra vous aider ».

Nous redescendons, nous retournons en salle informatique, K. décrète que c’est à moi d’écrire parce que je tape plus vite (je vous l’ai dit, nous avons usé nos derniers arguments pertinents). Nous faisons donc une belle lettre avec moult violons. Nous réussissons à vaincre le système de la fac pour imprimer. K. réussit même à retrouver un stylo noir dans le fond de son sac pour que nos signatures aient l’air encore plus officielles. Bref, nous avons fait ça dans les règles de l’art. Nous rerererereretournons à la DÉVU, nous rerereréééééééééééattendons et enfin nous donnons notre lettre à la même dame que précédemment « ha. Bah je vais transmettre » Nous nous demandons pourquoi déjà nous avons choisi de nous embarquer dans cette galère.

Une heure plus tard, la DÉVU nous rappelle pour nous dire que le directeur a bien eu la gentillesse de bien vouloir intercéder en notre faveur et ainsi nous laisser nous inscrire via le SUED (service de cours par correspondance de la fac)(vous le dîtes quand vous commencez à vomir des lettres de scrabble, on montera un Ikea tous ensemble et ça sera la joie)(enfin uniquement si vous vous inscrivez avant le 15 septembre), ce qui nous permettra de conserver le statut étudiant. Nous remercions (en serrant les dents parce qu’on n’en a plus que marre…), et à ce moment, nous croyions avoir gagné. Sauf que K. a reçu cette semaine un appel du SUED lui annonçant qu’il ne remplissait pas les critères de distance et que donc il fallait qu’il retourne auprès de l’UFR pour s’inscrire. Nous y retournons donc mercredi (oui je suis gentille, je l’accompagne)(et puis c’était ça ou retourner lire des articles de psychanalyse, alors entre la peste et le choléra, comprenez que j’ai choisi la tumeur au cerveau). Nous reeeéeéeéeéeéattendons à l’UFR (sans passer par la case petit bureau cette fois, pas la peine…). K reréreréreréexplique toute l’histoire (légèrement plus compliqué que la mienne puisque des bourses du CROUS entrent en jeu). Par chance, c’est le début de l’après-midi et la responsable a encore toute sa patience (ça doit vraiment être l’enfer ces postes là en début d’année, pour le coup je veux bien compatir…) et tente vraiment de comprendre. Elle rappelle le SUED, parce qu’à cet instant, personne ne sait où est rendu le dossier de K. À l’heure actuelle, je sais pas trop où s’en est rendu puisqu’à ce moment là, on l’a renvoyé en lui disant qu’ils allaient essayé de régler ça en interne d’ici la fin de la semaine.

La joie, la fête, la bonne humeur !
En attendant, nous nous sommes quand même mis à travailler sur nos thèses respectives. D’autant que je n’ai guère eu de nouvelles de Satan, si ce n’est qu’elle veut une problématique, un corpus et une méthodologie pour la fin septembre. Haha. Quel humour ce Satan !

Nous sommes hyper efficaces pour le moment. À tel point que finissons la journée par des bastons de photos de kangourou via Facebook. Vous m’aviez d’ailleurs demandé pour quoi… Vous rappelez vous du colloque pour lequel j’avais joué les petites mains l’année dernière ? Si ce n’est le cas, c’est par ici… toujours est-il que nous avions été témoins, K et moi, d’universitaires incapables d’arrêter de débattre sur tout ce qui leur passait par la tête. Genre, même l’annonce de la pause café et gâteaux ne les arrêtait pas. Alors que bordel… des gâteaux… D’ailleurs, même autour des gâteaux ils y étaient encore… infernaux… jte jure… Dans le même temps, je tombais sur ce post, que bien entendu je m’empressais de partager avec K que ça a à peu près autant amusé que moi. Depuis, c’est resté. À chaque fois que nous avons vu des profs n’en plus finir de débattre sur la couleur des rubans de chaussures d’un auteur du 15ème siècle, ou sur l’importance de la virgule dans le théâtre du sud-poitevinais (j’exagère à peine), nous nous sommes retrouvé à imité un combat de kangourous aussi discrètement que faire se peut. Jusqu’au moment, en ce début de septembre, où nous avons réalisé que nous étions devenu des bébés kangourous.

Nous sommes foutus.

Et c’est donc en toute logique que la nouvelle catégorie qui accueillera mes aventures se nommera « La rhétorique du kangourou »…

Paroles de clients… FIN DE SAISON EN APPROCHE MOTHERFUCKER

Nous y sommes presque chères Termites ! Plus qu’une semaine et ma saison sera terminée. Je ne vous cacherai pas qu’il me tarde ! La semaine prochaine, nous aurons donc le dernier épisode des aventures de Ray Charles et je n’ai absolument aucune idée de ce que je vais mettre dedans. Ce qui est con pour une fin. Mais bon, j’imagine que j’ai encore des heures de caisse pour trouver une solution ! Alors ne vous inquiétez pas (ou pas trop). En attendant, et puisque vous en raffoler, voici les anecdotes de clients de la semaine…

« Vous avez demandé un sac d’oranges ! »

Et si on parlait gamin ? Hein, ces trucs-là, qui font chier… Pardon, j’exagère. Parce qu’en l’occurrence, leurs parents sont pire. Bien pire. Je commence avec une anecdote de juillet que je n’avais pas réussi à vous caser à ce moment-là. Un jour, je sors à peine de la salle de repos, que ma collègue me saute dessus, une gamine dans les bras : « elle est perdue et ses parents sont nulle part ! ». Je lui demande de développer parce que bon, ça me paraît gros… La gamine était toute seule dans un coin, elle a d’abord pensé que les parents s’étaient un peu éloignés, mais 10 minutes plus tard, elle n’avait toujours pas bougé… Elle lui a demandé où était ses parents, la petite ne savait pas et lui parlait d’ailleurs à peine, comme les mômes savent si bien le faire. Elle a fait un tour de magasin avec elle en lui demandant si elle voyait ses parents. Pas de réaction, de la petite ni d’aucun adulte. Je lui demande de réessayer, des fois qu’ils se seraient croisés. Elle revient vers moi, même résultat. On file en salle de repos, un peu inquiètes. Les responsables étaient en train de manger et nous demandent ce qui se passe. On résume. On commence à se demander s’il faut appeler les flics. Finalement, la chef mag repart avec la môme dans les bras pour un nouveau tour du magasin + parking quand un mec se fait entendre « ha bah t’es là ». DONC. Ça fait bien 15 minutes que la môme est avec nous, et tu t’inquiètes pas plus que ça ? Mais pourquoi vous faîtes des enfants si au final vous vous en foutez ?

Toujours dans la série « Un serial killer peut-il se débarrasser de mon enfant s’il vous plaît ? », l’autre jour à ma caisse, une nana avec son môme dans son caddie. Je m’occupe du client qui la précède, quand soudain la lumière fut elle se rend compte qu’elle n’a pas sa carte. « Je vous laisse tout là je reviens vite, je vais juste à la voiture chercher ma carte ! ». Et là voilà qui file en courant, laissant courses sur le tapis (ce qui est ok)(enfin jusqu’au moment où je décrète que ça ne l’est plus et que je vire tout pour faire de la place) et môme dans le caddie. Ce qui n’est pas ok du tout. Alors, je veux bien, elle s’est absentée à peine 2 minutes. Mais merde… Il aurait pu se passer plein de choses, ce n’est pas mon taf de surveiller un gosse, même si je n’avais pas une aversion épidermique pour ces miniatures, je n’en ai pas le temps. Deux minutes, c’est suffisant pour que quelqu’un y colle une beigne, le gave de bonbecs, lui montre sa bite en loosedé, etc. J’ai du mal à concevoir que tu puisses laisser un machin qu’est pas foutu de tenir debout tout seul – puisque tu le ranges dans ton caddie – comme ça au milieu d’inconnus dans un lieu qu’il connaît pas plus.Vous voyez, je peux pas avoir d’enfants, apparemment je comprends rien à la parentalité.

Ceci dit, d’autres ont trouvé la solution pour éviter de laisser les mômes tout seuls au milieu du magasin : les laisser tout seul dans la voiture. Au soleil. Vers 15h. Pendant 30 minutes. « Mais c’est ok on a laissé les fenêtres ouvertes ». Bah ouai c’est bien, mais vu que t’avais oublié la gamelle d’eau ça marche pas au final… C’est un autre môme de 12 ans qui est venu nous dire qu’il y avait des enfants dans une voiture qui pleuraient et appelaient leurs grands-parents. J’étais en coupure à ce moment-là, c’est donc mes collègues qui se sont chargés de retrouver les grands-parents pour leur signaler que bon hein, peut-être c’était pas l’idée du siècle. Le meilleur ? Les gens en question sont passés à ma caisse. Les gamines clairement stones (elles ont eu chaud et peur semble-t-il…), et le grand-père qui se foutait de leur gueule parce que bon maintenant « elles sont grandes, elles peuvent bien rester un peu toutes seules et puis avec les fenêtres ouvertes ça va ! ». Toi, à la prochaine canicule, et bien personne t’appellera pour vérifier que t’as bien bu ton verre d’eau, et tu pourras boire tout le pastis du monde, tu vas mourir DÉSHYDRATÉ et ça sera bien fait pour ta gueule.

Enfin, dans la série « enfants qui se sent très bien avec ses parents ». L’autre jour, toujours à ma caisse (je vous ai dit que j’ai fait beaucoup de caisse dernièrement et que je me sens plus mécanico-robotique déshumanisée que jamais ? ma vie s’est perdue quelque part sur le tapis roulant. Des fois, je résiste à l’envie de coller un truc dessus pour compter combien de tours il fait pendant mon temps de travail), une vieille accompagne une très vieille pour l’aider à faire ses courses et faire les siennes au passage. J’ai pas suivi toute l’histoire, tout le monde était déjà installé quand je suis arrivée à ma caisse. J’encaisse la très vieille dame qui avait un caddie relativement plein (une vieille dame qui fait ses courses pour la semaine ne remplit pas son caddie de la même façon que l’aoutien qui voyage par paquet de 10, aussi bien quantativement parlant que qualitativement…)(la petite vieille boit beaucoup moins d’alcool)(la plupart du temps) et la vieille un panier. Comme elles prennent leur temps pour ranger (pour ne pas dire qu’elles ne sont pas rapides à ranger), j’ai le temps d’encaisser les deux qu’il y en a encore plein ma caisse. La très vieille range quand le père de famille suivant commence à parler sèchement à la vieille :

« Vous avez de la chance que je sois de bonne humeur ! Parce que moi normalement votre caddie je le retourne.
_Enfin, j’aide une amie !
_Vous avez quand même doublé tout le monde, alors moi normalement le caddie c’est par terre ! »

Et ça a continué comme ça tout le temps que la très vieille range. Bien évidemment, le ton est monté. Le mec de venir lui parler de plus en plus collé, en se faisant plus grand qu’elle. Et vraiment menaçant. Comme quoi faudrait qu’elle voit à pas trop faire chier parce que ça pouvait partir. C’est quand j’ai vu les gamins essayer de se rentrer la tête dans les épaules, prêts à se cacher sous la caisse en cas de besoin que j’ai compris qu’il y avait réel danger…J’ai gardé la main sur la sonnette, et de l’autre essayé d’aider la très vieille, la meilleure solution semblant être de trouver un moyen de les faire partir vite. Sauf que le mec lui a emboîté le pas, toujours en faisant en sorte d’être tout près, il a fallu que sa femme lui court après et le ramène. On sent le bonheur conjugal. C’est dans des moments comme ça que tu te dis qu’une petite formation aux situations de crise, ça ne serait pas si mal. Parce qu’honnêtement, s’il avait vraiment frappé, je ne sais pas quelle était la meilleure solution. Sauter dans la mêlée au risque d’en prendre une et m’ajouter aux victimes ? Laisser les clients faire la même, pour arriver au même problème ? Faire en sorte que le moins de monde possible n’intervienne pour limiter les victimes et appeler les flics ? Sauf qu’un mec de 40 ans en pleine forme furieux face à une vieille de 70, y a pas besoin de frapper longtemps. Surtout quand, semble-t-il, il n’en est pas à son coup d’essai… Il pourrait être bien que monsieur Lidl pense à donner des outils à ses salariés en cas de crise, surtout si monsieur Lidl continue de considérer qu’un vigile est un trop investissement. Enfin pardon, je suis mauvaise langue. Une fois que quelqu’un a été confronté à une situation de crise et n’a pas pu la gérer, monsieur Lidl envoie un vigile. Pendant une semaine. Une semaine pendant laquelle les statistiques veulent qu’il ne se passe rien. Puisqu’il y a déjà eu la semaine d’avant. Mais bon, monsieur Lidl a fait de grandes études alors j’imagine qu’il sait ce qu’il fait…Même si on sait tous que ce qu’il fait c’est majoritairement du pognon.

« Encore une heure… » Moi le matin. Et l’après-midi aussi. En fait à chaque fois avant d’aller bosser.

Moi ce que j’aime chez les clients, c’est leur volonté de résister au système. WE GONNA TAKE THE POWER BACK ! Je ne sais pas comment vous faîtes vos courses, mais eux, ils connaissent tous les prix de tous les articles dans leur caddie. J’applaudis la mémoire. Non parce que moi, quand je fais mes courses, j’y arrive. Pourtant je suis étudiante, et souvent fauchée (entre la bière et la diète il faut choisir, j’ai choisi de me nourrir d’eau). Donc je fais attention au prix au moment où je choisis mes articles, puis je survole mon ticket histoire de voir qu’il n’y a pas d’erreur ou fausses manips. À moins d’un truc aberrant, je tilte pas. Mais euh non. À croire que leur tête sont des calculatrices. Enfin pas trop non plus…

« Non mais ça peut pas faire 41€.
_Bah si vous voyez bien.
_J’ai à peine une douzaine d’articles ! Et j’ai pris que des petites choses !
_De petites choses en petites choses ça fait 40 monsieur…
_Ça peut pas faire 40, y a une erreur !
_[après avoir vérifié qu’il n’y ait rien d’aberrant, et n’avoir rien trouvé, au cas où] Il n’y a pas d’erreur monsieur.
_Si !
_Monsieur, il arrive à la machine de ne pas avoir le bon prix en mémoire ou qu’une promotion soit mal enregistrée. Mais il est 18h alors les erreurs ont toute été trouvées. Croyez moi, la machine est programmée pour calculer, c’est ce qu’elle fait de mieux. Si vous voulez recompter le tout je vous laisse quelques minutes. »

C’est marrant mais il a arrêté de faire chier et on s’est contenté d’enlever des articles pour arriver aux 15€ qu’il avait dans sa poche. Et j’ai envie de dire qu’avec plusieurs articles à 6€, on arrive vite à 40 !

De la même façon, on ne prend pas la carte en dessous de 5€. Ce qui est une limite plutôt raisonnable je trouve… Surtout quand tu sais qu’il y a pas mal d’endroits où la limite minimum est plutôt à 15€ et qu’avant la nôtre était à 10… Donc l’autre jour, une bonne femme avec deux articles, 2,62€.

« On prend pas la carte en dessous de 5€…
_J’ai que ça.
_Je comprends bien, mais on ne prends pas la carte en dessous de 5€.
_Puisque je vous dis que j’ai que ça ! Vous pouvez bien faire une exception !
_Moi oui, la machine non. Mais vous pouvez toujours essayer de lui expliquer. Je mets votre ticket en attente, n’hésitez pas à me faire savoir les résultats des négociation. »

Mer. Deuh. Je comprends que ça puisse agacer quand t’as pas prévu et que tu dois acheter des trucs non prévus pour y arriver. Mais c’est comme ça. C’est indiqué à l’entrée du magasin, c’est indiqué en caisse, si t’as pas vu c’est dommage, mais tu peux t’en prendre qu’à toi-même. « Vous avez le droit de faire ça ? » Oui. Du moment que nous le spécifions à nos clients pour qu’ils puissent prendre leur disposition, oui. « C’est de la vente forcée ». Non. Car tu es averti. Dès l’entrée. Du. Magasin. Est-ce qu’il faut que je répète pour ceux du fond qu’auraient pas bien entendu où je me le fais tatouer directement sur la gueule ? C’EST ÉCRIT À L’ENTRÉE ALORS TU FAIS PAS CHIER. Et dans le pire des cas, tu peux toujours dire que tant pis, on n’a pas besoin de chantilly pour vivre. (on a besoin de chocolat mais on peut se passer de chantilly)

Mais parfois, le client connaît vraiment le prix des choses. Comme on arrive en fin de saison, la responsable du non-food remet en vente ce qui reste de la saison. Ce qui est un peu le bordel. Un peu beaucoup. Beaucoup trop. D’un côté, il y a les codes qui ont été désactivés depuis et que je me retrouve obligée de rentrer en manuel, me faisant ainsi faire une vingtaine d’aller-retours par heure (je vais demander une prime au kilomètre parcouru). De l’autre, il y a les affiches à recommander. Sauf que des fois, je ne sais pas, soit la responsable se trompe (alors elle vous dira que c’est impossible mais bon, vous n’êtes pas obligés de la croire, c’est pas parce qu’elle lit ces chroniques qu’il faut lui cacher la vérité : elle vieillit et mélange tous les chiffres. C’est pas grave, on l’aime quand même)(Et puis bon au passage ça lui permet de s’adonner à son activité préférée : faire chier le monde)(Sinon je t’aime très chère <3 me tape pas quand j’arrive demain !), soit l’affiche est perdue, soit on n’enlève pas la bonne… BREF. On se retrouve dans des situations bizarres. L’autre jour, je passe donc des housses de sièges de voiture qui s’enregistrent à 16€. Madame paye, puis me signale que non, ils sont à 4€. « C’est en promo » Vu le produit, ça me paraît bizarre. Je m’en vais donc vérifier de quoi il retourne. L’affiche indique bien 4€ en promo, mais le prix initial est de 6€. J’essaie de comprendre d’où vient le problème : à force de tout retourner, je finis par trouver que le code des housses ne correspond pas à celui sur l’affiche, ce qui signifie que ce n’est pas le produit concerné. J’en informe donc la responsable susnommée (ça veut dire la responsable nommée plus haut, pas que tu consommes du lait concentré sur ton temps libre)(private joke inside) qui, après m’avoir dit que je fais chier (elle m’aime), elle constate le problème et me dit de proposer un remboursement, mais de rembourser la différence puisque ce sont deux produits différents…

« Il s’agit d’un produit différent, les housses à ce prix doivent toutes être vendues et ce n’est pas la bonne affiche qui a été retirée. Je peux vous proposer un remboursement si vous ne les voulez plus.
_Je les veux au prix affiché !
_Je ne peux pas, il ne s’agit pas du bon produit. Je peux juste vous les reprendre et vous les rembourser.
_Selon la loi vous êtes obligés de le faire à ce prix.
_Je suis désolée, moi je ne peux rien faire d’autres. Si vous n’en voulez pas, je vous les rembourse et j’irai les ranger, je ne peux rien faire d’autre.
_D’accord mais la loi dit… »

Je me suis plongée dans les manipulations nécessaires au remboursement et j’ai arrêté d’écouter. Alors oui, la loi dit bien ça. D’ailleurs, nous l’appliquons régulièrement : quand nous avons oublié de retirer une affiche de promo ou qu’un produit ne passe pas au bon prix, nous remboursons la différence. Mais il ne faut pas lire la loi seulement quand ça vous arrange. Sur l’affiche, toutes les informations nécessaires à la juste reconnaissance du produit étaient présentes : description complète du produit, code d’identification… Nous ne sommes donc pas en tort. Nous avons identifié le problème et proposé une solution où aucun parti n’est lésé.

D’ailleurs, on est intègre à un point vous n’imaginez même pas ! Pas plus tard qu’hier, ma collègue m’appelle pour un remboursement. Le lait ne passait pas au bon prix. Après avoir été encaissé, les clients sont allés vérifier et en ont informé ma collège. Qui a été vérifié à son tour (pareil, toujours le besoin d’identifier le problème avant tout). Qui m’en informe ensuite pour que je puisse venir résoudre le tout. Le litre de lait était affiché à 64 centimes. Il est passé à 68 centimes. Ils avaient deux briques. Oui chères Termites, j’ai fait un remboursement pour 8 centimes. Ces gens ont choisi de perdre quinze minutes de leur vie pour 8 centimes. Putain mais à ce tarif-là, autant travailler dans une usine de jouets en Chine ! Bordel, tout ça pour 8 centimes ! Mais, à quel point votre vie est à chier pour que vous ressentiez le besoin si viscéral de perdre votre temps dans un lidl comme ça ? Non mais dîtes nous, on pourra peut-être faire quelque chose… Parce que là… J’avais presque envie de dire à ma collègue « vas-y laisse tomber file leur leurs 8 centimes, ça sera moins chiant d’avoir un trou de 8 centimes dans ta caisse que de se faire chier à faire les manips ». Ah bah oui parce que, pour rembourser la différence, moi, il faut que je rentre le montant en divers, puisqu’il n’est enregistré nulle part ! Les manipulations m’ont pris pas loin de 5 minutes, précédées des 5 minutes pendant lesquelles ma collègue a été voir de quoi il retournait, m’en a informé et a attendu que je sois disponible pour la manipulation, elles-mêmes précédées des 5 minutes où ils se sont interrogés et sont allés vérifier. Si ça, ça s’appelle pas une vie de merde… Mais bon, ils ont le droit. Alors pourquoi s’en priver ?

« C’est bizarre, mais je ne me souviens pas ce que j’ai ordonné de faire »

Cet article fait déjà 2889 mots et vous pensez qu’on touche au but ? Mais non mes bichons ! Car vous oubliez que nous sommes en août ! Et qui dit août, dit poésie, finesse, subtilité, dansons dans les pâquerettes… Nan j’déconne. Qui dit août dit aoûtiens dit putain j’veux rentrer chez moi je hais l’humanité sous toutes ses formes.

« Pour la prochaine fois, vous pourrez laisser les packs d’eau dans le caddie, nous n’en avons pas besoin.
_Ouai je sais mais on est costaud ! »

Vous m’en voyez ravie. Vraiment. Je suis heureuse de savoir que j’me nique le dos afin de compenser ta petite bite. C’est parce que tu peux pas péter le cul à ta copine que tu me pètes les couilles ?????!!!!!! (vous la sentez la patience réduite à néant ?)(Perdu ! C’était une question piège, vous ne pouvez pas la sentir. J’ai explosé une complète d’eau de source dessus après avoir pris bien soin de déposer un kéké à la gueule éclaté sous mon transpal avant.) Ça m’a rappelé le mec qui à la même période l’année dernière m’avait rembarrée d’un « ouai mais bon c’est juste pour vous quoi ». . Bande de connards de merde. (Gribouille vient de traverser la cuisine et sauter sur le canapé pour venir me ronronner dans l’oreille. Je dois émettre des ondes meurtrière jusqu’en Icelande. Remerciez cette boule d’amour d’être venue me calmer)

« Ah bah on a acheté suffisamment d’alcool pour… ce soir ! [rire gras devant un caddie à moitié plein de vin, l’autre moitié étant des chips]. »
« Je vous offre le ticket ! Vous êtes contente hein ! »
« C’est cadeau ! […] C’est cadeau […] C’est cadeau […] »

Alors, qu’on soit clair… Si j’ai pas ri, c’est pas que j’ai pas entendu, C’EST QUE C’EST PAS DRÔLE. Ça n’a d’ailleurs jamais été drôle. Au mieux, ça fait sourire. Mais quand t’es en train d’en chier à te tuer les yeux pour recopier un gen code qui fait 20 putain de chiffres, t’as vraiment pas besoin d’un gros lourd qui te répète la même vanne de merde 15 fois dans l’oreille. Ce que vous voyez pas, c’est les muscles de mes épaules qui se crispent de plus en plus parce que j’ai qu’une envie c’est te foutre ton quart de jambon dans la gueule parce que de un t’es pas drôle, et de deux, T’ES BEAUCOUP TROP PRÈS ! Sérieusement, le concept d’espace privé ça vous dit rien ?? Certains sont vraiment affreusement collés, genre, tu peux sentir leur haleine, et croyez moi, vous n’en avez aucune envie. Pire, Certains te TOUCHENT. Vous n’en savez rien pour la plupart car on ne se connaît que par écran interposé, mais j’ai horreur qu’on me touche. J’aime pas faire la bise, j’aime pas serrer des mains. Je déteste cette coutume française de la bise… Seuls mes amis ont le droit, et quelques rares élus finissent même par gagner le droit que ça soit moi qui demande à faire la bise (à partir de là c’est mort, je te colle aux basques pour toute ta vie, t’es sur ma liste de Very Important Person). Alors que des illustres inconnus se permettent de me poser une main sur l’épaule, c’est juste insupportable. J’oscille entre l’envie de vomir et l’envie de frapper. Et non, je n’exagère pas. (ceux qui me connaissent pourront témoigner) Et plus la journée passe, plus je suis fatiguée, moins je suis tolérante. Plus les gens sont pénibles / haïssables / cons, moins je supporte le moindre frôlement. Pour certains, le simple fait que le bout de leurs doigts effleurent ma main en me donnant la monnaie me donnent envie de me jeter dans la salle de repos laver mes mains… (j’ai opté pour la tactique inverse : laisser une couche de crasse salvatrice. Personne n’a envie de toucher une main couverte de lait caillé MOUHAHAHAHAHAHA) Le truc, c’est que les caisses à lidl ne sont vraiment pas bien foutues quand on est comme moi allergique à la proximité. Contrairement à beaucoup de grandes surfaces, les caissières ne sont pas cachées au milieu des bonbons. Les caisses sont faites des petits boxs dans lesquels on rentre. Lorsque le client s’installe pour remplir son caddie de ses achats, il est juste devant l’entrée du box. La plupart du temps, les portes du box ont fini arraché. Monsieur Lidl a pensé à tout, sauf au fait qu’il demande à ses caissiers de tout le temps courir et que donc, à force d’ouvrir et fermer une porte, elle finit arracher. C’est inévitable. Résultat, il n’est pas rare que des gamins rentrent dans les box. Ce qui est déjà désagréable parce que tu le vois pas et que le moindre faux geste revient à lui coller une patate dans la tête (bien fait). Le truc, c’est que certains adultes ne se gênent pas pour se caler là pour regarder l’autre ranger, ranger, ou attendre le dégel. Et ils ont beau être juste à l’entrée, je trouve ça insupportable. Je reconnais sans soucis que je fais parti des hypersensibles sur cette thématique. Mais bordel, c’est MON espace. Putain, quand t’es caissière, t’as plus de nom, plus de sentiment, plus d’heure pour manger, plus de dos à sauver de l’effort, plus de salle de repos digne de ce nom, plus d’empathie. Alors si en plus on vient squatter mon petit espace de travail (j’insiste sur le petit), bah moi je me sens juste piétinée. Genre, j’ai le même statut que le tabouret sous ma caisse. Alors je me mets à loucher sur le couvercle de mon caisson en fonte et je me demande s’il faudra que je passe l’auto-laveuse ou s’il faudra se contenter de la serpillère pour ramasser les morceaux de cervelle. En général, je ne passe pas à l’acte : l’auto-laveuse ne pourrait pas passer et la serpillère n’est vraiment pas conçu pour absorber les substances étranges.

La palme revient quand même au groupe d’aoûtiens d’hier… En entendant résonner dans le magasin un « À la claire fontaine j’ai sorti mon poireaux pour enculer Ginette », je me suis dit qu’on avait touché du lourd. Et comme j’ai beaucoup trop de chances dans la vie, en relevant la tête, j’ai pu constater qu’ils s’étaient installés à ma caisse. Florilège :

« Madame faut fouiller son sac elle a volé !
_Roh t’es con !
_Monique on t’a dit faut que t’arrête de chourrer ! [2 minutes] Hé madame faut fouiller ses poches, il a chourré !
_Mais chuteuh faut pas le dire !
_Rooooh !
_Non mais vous savez ça fait deux jours qu’elle a ses foufounnes elle est chiante [NB : tu pourras utiliser les expressions correctement merci, là on dirait que la dame a deux pubis depuis deux jours, auquel cas je peux comprendre que ça met de mauvaise humeur]
_Roooh t’es con ! [Je sais pas si c’est les règles mais le vocabulaire de madame semble limité jusque là]
_Y a des gens ils sont pas sortable ! C’est con c’est nos voisins !
_T’es con ! rooooh
_Me touche pas ! Tu veux pas que je te touche le soir, me touche pas la journée.
_Au plaisir de vous revoir !
_Je sais pas si elle pense pareil la dame ! »

Tuez moi. Je vous en supplie. On achève bien les chevaux alors ayez pitié et tuez moi !

Un wall of Death à vous…
PS : c’était le dernier dimanche aujourd’hui ! Je suis joie bonheur et volupté !