Posts Tagged: Les aiguilles en moins

Isn’t it enough ? [version bilingue]

[TW : viol / rape]

The world is burning
and I’m burning with it

Today
my friend got raped
and asked me for ice cream
mango ice cream
She told me to check the label
gluten free
milk free
You know, allergies

Today
my friend got raped
and when the tears finally stopped
she asked for ice cream
because it was too late
there was nothing else to do

Today
My friend got raped
and she wants 3 000 showers
She can’t remember the night
but flashes of two showers at his place
« only 2 998 showers left to go »
I put my schoes on
and searched for mango ice cream
one week before November
there was nothing else to do

The world is burning
and I’m burning with it

Another one bites the dust
I walked and walked
looking for ice cream
mango ice cream
without milk
without gluten
and all I could think was this line

Another one bites the dust
They told me feminists are waging war on men
They tell this when all of this is going on
when my friends are falling
one by one
under the hands of blind men
They tell this when they started it all
and one by one
my friends are falling
another one bites the dust
and for fuck’s sake
why is it so hard to find mango ice cream in November
when it’s all you can do ?

Another one bites the dust
I can’t cry
I have to stand
I have to listen
I see her pain
her tears
her anger
and the 2 997 showers left
and I have to walk
and tell stories
and teach English
and buy mango ice cream
with no gluten
with no milk
in November

Today
my friend got raped
another one bites the dust
and they tell me
I’m the one waging war
when all my friends
are falling one by one
and it’s hell to buy mango ice cream
just because it’s almost November…

The world is burning
and I’m burning with it

Le monde brûle
et moi avec

Aujourd’hui
on a violé mon amie
et elle m’a demandé de la glace
de la glace à la mangue
Elle m’a dit de vérifier les étiquettes
pas de gluten
pas de lait
Problème d’allergies

Aujourd’hui
on a violé mon amie
et quand les larmes se sont enfin arrêtées
elle a demandé de la glace
parce qu’il était trop tard
et qu’il n’y avait plus rien à faire

Aujourd’hui
on a violé mon amie
et elle veut 3 000 douches
Elle ne se souvient pas de la nuit
des flashes seulement, deux douches chez lui
« plus que 2 998 douches à prendre »
J’ai mis mes chaussures
et suis partie chercher de la glace à la mangue
une semaine avant novembre
parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire

Le monde brûle
et moi avec

Another one bites the dust
J’ai marché et marché
à la recherche de glace
de la glace à la mangue
sans lait
sans gluten
avec juste ce vers coincé dans la tête

Another one bites the dust
Ils disent que les féministes sont en guerre contre les hommes
Ils disent ça alors que ce genre de chose arrive tous les jours
que mes amies tombent
les unes après les autres
sous les mains d’hommes inconscients
Ils disent ça quand ils ont tiré les premiers
et une par une
mes amies tombent
une autre mord la poussière
et bordel de merde
pourquoi c’est si dur de trouver de la glace à la mangue en novembre
quand c’est tout ce que tu peux faire ?

Another one bites the dust
Je ne peux pas pleurer
je dois tenir
écouter
j’entends sa douleur
ses larmes
sa colère
et les 2 997 douches qu’il reste à prendre
et je dois marcher
et raconter des histoires
et donner cours
et acheter de la glace à la mangue
sans gluten
sans lait
en novembre

Aujourd’hui
on a violé mon amie
une autre mord la poussière
et ils me disent que
c’est moi qui lance la guerre
quand toutes mes amies
tombent les unes après les autres
et que c’est l’enfer de trouver de la glace à la mangue
juste parce qu’on est presque en novembre…

Le monde brûle
et moi avec.

2h29 – 4h56 Sounds of night

Switchblade Symphony – Gutter Glitter

Les os en tessons de verre
Depuis quand ?

La dissolution se fait lente et efficace. Le corps s’alourdit autant qu’il s’efface. Le corps supplie autant qu’il oublie. Et toi au milieu tu comptes les tessons de verre. La conscience en charpie. Les larmes dans la gorge. Le temps vrille à la périphérie.Tu vois les images, ou plutôt tu les devines. Tu les sens sur ta peau. À leur contact tes muscles se raidissent et la nausée monte.

It’s Monster Time
Darling
Hide your kids hide your wives
The monsters are coming for you sweatheart

Les sons rebondissent et s’abîment. Toi au milieu tu ne peux plus bouger. Le corps se traîne d’un poids incalculable, et toi toujours à la traîne, tu ne parviens pas à rassembler les images. Au loin les incendies ravagent ce qui peut l’être. Au loin la mémoire gronde, la menace se précise. La peau retrouve les sensations. Les tessons de verre se multiplient. Il y a quelque chose à la périphérie de la conscience. Tu sais qu’il faudra en passer par là, qu’il faudra affronter les monstres et se frayer un chemin au milieu des rangées de dents qui n’attendent que toi.

Du wartest für ein Horizont, der nicht kommt.

La peau se souvient. Les langues de feu bien coincées dans ta gueule, lovées tout au fond de ta gorge. À attendre que tu étouffes, à attendre que tu ne puisses plus jamais prononcer le moindre mot. Les tiens vont mourir tu sais. les langues de feu brûleront tout et tes mots mourront. En cendres éparpillées dans l’estomac. En pourriture glissant dans les veines. Les langues de feu brûleront tout et tes mots mourront. Et toi avec.

It’s Monster Time
And you’re one of them
It’s Monster Time
Burn down the bridge
Rip your skin off
Der Horizont wachtet nicht
Der Horizont will dir nicht
Die Nacht kann nicht mehr enden

De loin en loin les échos. De près en près la douleur. Le noir et la solitude. Le froid et la solitude se confondent. Les muscles s’atrophient. L’appel du sang toujours plus fort. Peut-on éteindre l’incendie avec du sang ? Combien faudra-t-il que tu en verses pour espérer calmer la brûlure ? Les échos se mélangent se perdent et tes mots avec. Déjà tu ne vois plus les lignes dans ta tête. Les phrases se superposent se confondent et tout disparaît. The London Bridge did fall. Alors les langues de feu progressent, atrophiant ta syntaxe et ta mémoire, réduisant tes pronoms à néant. Les langues de feu bientôt jusque dans la conscient t’auront détruit de l’intérieur. Leur langue de feu. Dans ta tête.

Et la terre s’éloigne. Et le coeur n’y est plus.
Et le bruit grandit. Sans source naturelle.
Et le corps se dissout. Pas de limite garantie.
London Bridge is falling down
Falling down
Falling down

Take the key and walk along
walk along
Et les langues de feu brûlent. Et ta langue fond
À vue d’oeil
Bientôt plus rien

Dis moi pourquoi année après année elle pleure dans les murs sans que jamais tu ne trouves la réponse à ses larmes ? Dis moi quels mots te manquent-ils pour l’arrêter ? Dis moi quand ils t’auront tout brûlé, qu’est-ce que tu lui diras ? Quand ils t’auront brûlé toute entière, ils écriront quoi sur ta pierre ? Dans leur langue de feu qui mangera alors et la pierre et tes restes, pour que jamais ô grand jamais tu ne puisses plus dormir.

Alors au coeur de la nuit, la solitude te crible d’éclats de verre, et tu attends. Attends que le jour se lève, que le pont s’effondre pour de bon, que l’incendie meurt tout seul, que la douleur s’arrête de ne plus rien avoir à amoindrir. Que les monstres peut-être choisissent un autre disciple. Et s’il était déjà trop tard ? London Bridge is falling down. Si déjà leurs langues de feu t’avaient brûlé toute entière, te laissant coquille vide en proie aux échos de passage ? Si déjà leurs langues de feu avaient détruit tous les ponts et que plus jamais elle ne puisse arrêter de pleurer dans les murs ? Si déjà leurs langues de feu avaient réduit le jour à néant ?

Si seulement tu avais des mots suffisamment forts pour dire tout ça. Si seulement tu avais une grammaire suffisamment solide pour porter ton corps à ta place. Si seulement une syntaxe parfaite pouvait donner sens à ta conscience. Si seulement le jour pouvait manger la nuit.

Mais ton corps brûlé au milieu de la nuit cherche des mots en cendres pour cacher le goût du sang qui lui brûle la langue. La nuit s’éternise, les échos gonflent, les ponts s’écroulent au loin, elle pleure dans les murs, et à petits feux, tu meurs de solitude de n’avoir pas su dire. Tu sais que la mémoire va s’ouvrir, bientôt. Qu’elle videra des images d’un temps où les mots n’existaient pas. Et alors à ce moment, à ce moment uniquement, tu sauras ce que leurs langues de feu t’ont vraiment fait.

Take the key and walk along
Walk along

walk along…

Data Dance

Eurielle – City of the Dead

Aujourd’hui 2 août, nous avons usé les ressources de la planète pour l’année. Et de fil en aiguille, pour des raisons non poétisables en cet instant, te voilà plongeant tête baissée dans ta boîte mail, le doigt sur la touche supprimer. La tâche est monotone, et pourtant le voyage prend des proportions imprévues. Parce qu’en presque sept ans, c’est fou ce qu’une boîte mail accumule…

Tu retrouves les amis perdus de vue. Ou bien avec qui le mode de communication a changé. La surpuissance de Facebook et Twitter aidant, les conversations se sont délocalisées. Il y a ceux aussi qui ne te parlent plus par mail parce qu’ils sont devenus plus. Tu retrouves les mails de ces débuts de relation hésitants. Ces moments où chacun cherche ses marques, les limites et espaces à respecter. Tu vois au fur et à mesure des échanges et années qui passent, les phrases se faire moins ampoulées, moins froides. Tu vois apparaître des récurrences, un langage codé, des références communes. Tu vois les échanges se faire de moins en moins superficiels pour attaquer le fond des choses. Pour finir par les appels à l’aide, pour un petit service ou une énorme urgence. Les petites pensées rapides aussi, les invitations, les fêtes qu’on organise à plusieurs. Les étapes qui se marquent comme ça de célébration en célébration. Tu revois ainsi chacun grandir et franchir les étapes de son propre parcours dans lequel tu es parfois simple témoin, parfois acteur essentiel. Tu souris beaucoup, content de voir le chemin parcouru par chacun.

Tu retrouves les mails de rupture, l’engueulade fatidique qui met fin à une amitié datant d’avant les réseaux. Parfois la violence d’un blocage systématique, d’autres fois la douceur larmoyée d’un au revoir. Les raisons ne sont pas toujours très claires, beaucoup de non dits, et surtout beaucoup de vie en dehors de ce simple espace virtuel. C’est presque rassurant, gmail n’a pas encore englouti toute ta vie. Malgré les lacunes, tu retrouves sans mal l’étendu du désastre. Tu te demandes pourquoi tu n’avais pas déjà supprimé ces douleurs-là.

Tu retrouves l’ex bien sûr. La logique du duo voulait que beaucoup de vos communications passait par là. Bien entendu, les plus violents, ceux de la fin, ont déjà disparu depuis longtemps. Réflexe salutaire sans doute. Tu retrouves quand même avec le sourire quelques mots doux. Tu es quand même content de t’être laissé ces petites perles pour des jours comme celui-ci. Content aussi de constater que tu peux revenir dessus sans douleur, que tu peux maintenant te souvenir en majeure partie des bons moments plutôt que des mauvais. En tout logique, tu retombes sur le mail où vous vous étiez autorisés à recommencer à vous parler un peu. Mots dans le vent, ni toi ni lui n’a donné suite. La vie. Les regrets. Ou autre. Pas vraiment de réponse. Sourire quand même, c’est déjà une meilleure fin que celle écrite deux ans plus tôt.

Tu retrouves tous les projets auxquels tu a pris part. Un coup de pied dans l’ego. Les acteurs prêts à te suivre pour n’importe quel projet. Les coups de main pour des traductions, qui de fil en aiguille t’amènent à être interprète. Les textes qu’on t’envoie pour apprentissage. Les débats sur des costumes, des décors, des morceaux. Les textes à quatre mains. Les relectures contre bière et cookies.Les mails de tous les élèves que tu as aidés. Si certains noms sont flous, d’autres sont très clairs. Les noms se sont perdus, mais tu te souviens leur parcours, leur difficulté, leur motivation, la petite chose qui les faisait briller et que tu voulais qu’ils voient aussi. Évidemment, tous les mails de refus de candidature, mais toutes les candidatures aussi. Petit à petit le statut qui grandit.

Tu retrouves les mails où ta directrice de recherche te vouvoyait encore. Les mails d’absence des enseignants qui deviennent des mails d’invitation à des réunions de laboratoire, des colloques. On t’invite à t’intéresser à différents événements dans l’espoir d’un jour y prendre part. Aux newsletters de musiciens s’ajoutent celles des théâtres et universités, des organismes de recherche auxquels tu espères pouvoir prendre part un jour. Les mails impersonnels s’adressent maintenant directement à toi, te demandant ton avis, ou t’invitant à partager une invitation autour de toi.

Tu retrouves aussi tous les mails de confirmation de covoiturage, finalement tu as plus bougé que tu le pensais. Les mails de confirmation de commande, des Tshirts souvent, depuis que tu as décidé que tu en avais marre d’essayer d’être une fille. Tout aussi fréquemment des albums, nouvelles sorties ou pièce rare, des livres, souvent pour la thèse. Tu vois les titres évoluer avec tes goûts et ta pensée. Apparaissent aussi les newsletters féministes, tu les vois apparaître et disparaître en fonction des préférences et croyances que tu affines de plus en plus.

Tu retrouves les mails de ta mère. Beaucoup. Non, elle n’est jamais partie finalement. Ceux de ton père. Moins, plus timide, moins bavard, mais qui vise juste malgré tout. Encore plus rare, ton frère. « Parce que tu reçois pas les MMS ». Son chat, le tiens. « Merde, on est adulte en fait maintenant qu’on a nos propres chats. »

En sept ans de mail, tu retrouves un parcours tracé à grand peine, mais tracé quand même.
Tu hésites un instant, l’envie de recontacter tous les noms que tu as croisé dans cet étrange périple numérique, s’assurer que tout le monde va bien, voir ce qu’ils deviennent, avant d’à nouveau disparaître dans le tourbillon numérique.

Face A – Face B

Myrkur – Ulvinde

This is where the weak one goes

Éclats de voix
fragments de conscience
et les mots qui se délitent.
Au pays du signifiant sans signifié
les sons éclatent à même la peau.

Et les insomniaques désespérés
de se rassembler autour des pendules désaccordées.

Qui est je ?
C’est pas moi
Ni moi
Je n’était pas là le jour de cette décision
Ni moi
Je est une légende urbaine
Je est une histoire qu’elle se raconte
Je est une histoire qu’elle leur raconte
Je est un soucis de cohérence
Par soucis d’honnêteté
Je n’est qu’un mirage
une illusion
Nous n’y sommes pour rien
Mais sans je les voix éclatent en fracas
Sans je la grammaire se délite
Sans je la phrase n’a plus de sujet
Sans je nous n’est plus
Mais je n’est qu’un prétexte
Pourquoi préférer je à nous ?

Qui est tu ?
C’est pas moi
Ni moi
Tu n’est qu’une déformation
Une diversion
Une distorsion
Tu est parasite
Tu est un contournement
quand je ne peut plus fonctionner
Et nous là-dedans ?
Tu pour ramasser les voix
Tu pour recommencer redémarrer
Tu pour réessayer
Tu ne peut pas durer
Tu n’est pas moi
Tu n’est pas nous
Tu ne peut pas repousser l’inévitable

Et les insomniaques désincarnés
de se résoudre aux pendules désemparées.

Au pays du signifiant sans signifié
les voix paniquent
quand la fissure encore grandit.
La terre tremble
à défaut de syntagme solide. 

Qui est elle ?
C’est pas moi
Ni moi
Parce qu’elle est morte
enfermée dans le mur
à pleurer pour l’éternité
pour un crime que nous n’avons pas commis
Mais qui ?
Pourquoi ?
Alors sans savoir
elle pour toujours dans le mure
Punition
Protection
Prétexte
Nous s’est amputé d’un e pour survivre
Le sacrifice d’un
pour sauver le groupe
Tu veux dire une ?
Quelle différence ?
Pas moi
Alors elle dans le mur pour un crime
qui ne veut pas se nommer
ni s’oublier
Dans le mur
elle pleure
les mains pleines de sang.
Mais nous n’y sommes pour rien.
Non ?
non.
NON
Non assistance à personne en danger.

Et les insomniaques délaissés
de s’avilir aux pendules désolidarisées.

Au pays du signifiant sans signifié
les voix se refusent
à nouer les noeuds qui doivent l’être.

Qui est il ?
Pas moi
Ni moi
Peut-être
Une mauvaise solution
Une mauvaise réponse
Il n’y a pas de mauvaise réponse
Seulement des question stupides
Il ne peut pas fonctionner
Nous savons
Effet placebo
à peine cathartique
Nous savons
Alors pourquoi ?
Grammaire insuffisante
choix obligatoire.

Pile ou face
Face A
Face B

Je est une légende
Tu un contretemps
Elle morte ou presque
Il insuffisant

Dis moi à quel moment la sémantique l’emporte sur le lexique.

Face A
j’essaie encore
ramasse les voix autour de moi
la morte pleurant dans le mur
lave le sang sur nos mains
change de nom
et repars pour un tour de manège

Face B
j’abandonne encore
m’adonne aux hurlements alentours
fracasse ma tête sur le mur
badigeonne de sang mes restes de conscience
oublie mon nom
et me jette sous le manège

Mais si je est illusion
construction d’usage,
alors dis-moi
c’est si grave que ça de tuer je ?
Dis moi
Face A fera-t-elle plus mal que Face B ?
Quelle chance de survie pour Face A ?
Quelle chance de réussite pour Face B

Der Horizont wartet nicht.

Des faces A
pas moi
Des faces B
pas nous

Et les insomniaques épuisés
d’effacer les pendules esseulées.

Face A

Face B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


À force de bricoler un peu tous les jours, on finit par arriver à quelque chose avec un peu plus de densité (on va dire ça comme ça). Pas mal de choses en cours. Beaucoup de doutes et d’angoisses (histoire de changer de d’habitude)(ou pas). Je sors d’une passade où j’arrivais plus à écrire, et où le peu qui me sortait des doigts ne trouvait absolument aucune grâce à mes yeux. (mais genre même pas sous le taf « shit writing » quoi, c’est vous dire !) Bref, une belle sensation d’avoir perdu le feu sacré, et qu’est-ce que je fais de ma vie, pourquoi je m’acharne, en plus tout le monde s’en fout, t’écris des trucs trop bizarres on y comprend rien, puis c’est chiant, puis pourquoi des mots compliqués tout le temps tu nous emmerdes, bla bla bla tout ça tout ça. Le fait est que j’aime bien les mots compliqués. J’aime ce qu’ils racontent même quand on ne les comprends pas vraiment. Ils portent une poésie qu’on ne leur reconnaît que trop rarement parce que la plupart du temps on s’en sert pour se la péter (dit l’humain qui passe trop de temps dans les livres). J’aime bien les faire descendre de leur pied d’estale, voir ce qu’ils ont à nous dire si on veut bien leur en donner l’occasion. Qu’on sache ce qu’ils veulent dire ou pas, qu’on le devine ou qu’on se l’imagine, j’aime bien leur effet dans la bouche et sous les doigts… Quant aux trucs bizarres… pourquoi se fatiguer à écrire si c’est pour vous dire des choses que vous voyez tous les jours ? C’est quand même plus drôle de lui tordre un peu le coup à la réalité, voir ce qui se passe derrière les mots, justement quand on les fout un peu à poil dans la neige (genre en pondant des métaphores pareilles… I guess I made my point)(oui alors en plus c’est pareil faut que t’arrêtes le mélange des langues tout le monde parle anglais allemand en plus t’es nul en allemand tu fais plein de fautes)(ta gueule; merde)(utilisation #613516514 du plurilinguisme : exprimer le bordel dans mon cerveau. Y aura pas trop de trois langues pour en faire des phrases…). BREF. Phase de questionnement de doute de larmoiement d’auto-détestation. L’été quoi. (je vous ai déjà dit que je détestais l’été ?) Et puis d’un coup, à force de ruminer des tessons de mots sous la langue, d’essayer quand même, on finit par pondre un texte par jour, pas forcément les meilleurs, qui valent en tout cas leur existence sur la toile. Bienvenue dans mon laboratoire grammatique… (oui je sais on dit grammatical, mais vous trouvez pas que grammatique ça sonne moult mieux ? en plus ça fait hurler le correcteur orthographe DOUBLE FUN) J’espère qu’on est reparti… à voir. Si vous voulez des nouvelles entre mes périodes de silence :  Facebook (sur lequel j’ai enfin changé de nom ! youhou ! j’ai mon vrai nom (de plume) <3)et twitter . Un Wall of Death à vous.

PS : en vrai, on a le droit d’être à la fois une Face A et une Face B. Mais ça sera sans doute un prochain texte…

Les os creux

Entends-tu l’appel du vide ?
Le chant du silence
résonne aux oreilles
la solitude bat la mesure
J’ai mal au froid
Le temps se répand
Avalanche
Corps gelé
Os pétrifiés
Mémoire effacée
Nous sommes loin de tout
Nous sommes seuls
Ma mémoire se glace
Entends-tu l’appel du vide ?
Le mordant du froid
L’éphémère
Une main pour s’accrocher
Des bras pour s’abriter
Le froid pour nous avaler
Avalanche
Der Horizont wartet nicht
And we can’t move
Avalanche
Les bras en miettes
La tête lourde
Le dos rempli de cailloux
Gravats
Je suis un tas de gravier
Nous sommes poussière démolie
Nous sommes fatigués
Anguleuses
Wer ist der Horizont ?
Wir konnen nicht mehr warten
Mon monde en noir et blanc
Les couleurs sont mortes
Entends-tu l’appel du vide ?
C’est le seul son qui sortira de ma bouche
Je n’ai plus de mot
Parole à la javel
Je ne parlerai plus que silence
Maintenant que le vide m’a appelée
Avalanche from head to toe
We’re frozen to death

Engluer.

X-RX – Blood on the dancefloor

Sirène silence
pas de réponse
Loin quelque part par là
Une boîte
Ça revient toujours à une boîte
Une boite à boîte
Un stock de boîtes

Sirène silence
pas de réponse.
Repère et griffonnage,
en périphérie de la conscience.
Voiture qui passe
Voiture qui laisse une boîte
Parking et périphérie
Définitivement.

Sirène silence
pas de réponse.
Gratte gratte gratte
Fuir le tictac
Fuir le surplace de l’aiguille.
Tôt ou tard
là en périphérie
coincé au milieu des boîtes
l’immobilité gagne.

Sirène silence
pas de réponse.
Derrière la vitre
une voix deux voix
téléphone et mail
contre slash et arobase.
Derrière la vitre
on gère le parking à boite.

Sirène silence
pas de réponse.
Connexion impossible
Signalement immédiat
Télécommande et boîte de clés
Et toujours en décalage.

Sirène silence
pas de réponse.
Registre absent
signature instable
colonne ligne abstraction procédure
Coups sur la vitre
Doigt dans le vide
Erreur dans la procédure
Encore.

Sirène silence
pas de réponse.
Quand même un sourire des fois
dissimuler un soupir souvent
Température monte
Larme intégrante
Pendule récalcitrante.

Sirène silence
pas de réponse
pas de réponse
silence
silence
sirène
En boucle au milieu du vide
en périphérie des boîtes

4h26 At last we meet again

Il faudrait te raconter, encore et encore. Et moi je joue les équilibristes.
Voir le vide dévaler ta conscience.
Voir le vide avaler la mienne.
Quand il n’y a rien à dire mais qu’il faut le dire quand même, combien de soupirs pour paraître sincères ?

La nuit j’entends les plantes carnivores grandir
Dis moi pourquoi les gens ont peur du noir quand les monstres sont cachés dans le silence ?

Le poids est insoutenable et me dévisse l’épaule
Mes bras sont perdus, mes jambes ne réagissent pas, mes paupières n’obéissent plus.
Le poids de plus en plus. Les minutes défilent mais moi pas.
Le temps s’amenuise et moi avec.
Les minutes s’égrainent et moi avec.
Je me dilue à chaque seconde, toujours le sourire aux lèvres.
Souris putain saloperie.

Encore l’équilibre à trouver.
Entre les mots et les silences
Entre le déni et la conscience
Entre l’un et l’autre
Et encore il faudrait te raconter
Ce n’est plus l’histoire qui t’importe
Simplement que je sois là pour raconter.
Je n’écoute plus les mots qui sortent de ma bouche depuis longtemps.
Ce ne sont plus les miens quand je raconte à la commande.

La nuit j’entends les plantes carnivores grandir.
Souris saloperie souris

Et pourtant je raconte encore.
Parce qu’il te faut une histoire
Il te faut quelqu’un pour te raconter
Surtout
C’est ça l’importance
Quelqu’un pour prononcer les mots
Quelqu’un pour te les dire

Et pourtant je raconte encore.
Mon existence en corrélation au nombre de mots proférés
Ma grammaire un peu plus abîmée à chaque bosse
J’ai laissé tomber les cutters pour m’amocher directement la syntaxe.
Pas de corps symbolique qu’ils ont dit
Ils se sont trompés
Il n’y a plus de corps qui soit mien depuis longtemps.
Les mots c’est une question de vie ou de mort.
Dernier recours
Dernier fil auquel se tenir

La nuit j’entends grandir les plantes carnivores
Dis moi pourquoi les gens ont peur du noir ?

Je raconte encore
Nos histoires se croisent
se heurtent
se combinent
se meurtrissent
se fissurent
et se mélangent.
Trop de reflets qui n’ont plus de point de départ
D’échos déformés par l’espace temps.

Je raconte encore
Mais je ne sais plus pour qui.
Qui de toi ou de moi en a le plus besoin ?

Je raconte encore
parce que je ne sais rien faire d’autre

Je raconte encore
j’entretiens ma propre illusion
ma propre machination

Je raconte encore
et mêle ton fil au mien

Je raconte encore
quand c’est tout ce qui reste
même sans affinité

Je raconte encore
pour te sortir de ma carcasse
toi et tous les autres
parce qu’il n’y a plus ni corps ni mots qui m’appartiennent
je raconte encore

Je raconte encore et toujours
jusqu’à l’épuisement
jusqu’au point final

Je raconte encore
parce qu’un jour c’est tout ce qu’il restera
parce que peut-être déjà c’est tout ce qu’il reste

Le seul problème
c’est que même si tu n’écoutes que d’une oreille pour vérifier que quelqu’un raconte
je ne sais plus quoi te raconter.
Et je ne trouve plus d’histoire à laquelle me raccrocher.
Plus aucune de mes comptines
n’a le moindre effet sur ma conscience vrillée.

La nuit les plantes carnivores grandissent.
Qu’on les entende ou pas. 
Mais souris saloperie, souris.