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Expérience 1 : From 7:09 to 10:21

Mansfelt TYA – La nuit tombe

Au premier réveil la sensation est curieuse. Tu baignes dans une bouillie informe et innommable. Tout est lourd et collant. Tout se confond et se brouille. Sais-tu seulement si tu as les yeux ouverts ? Peut-être que oui, et dans ce cas-là la pièce est plongée dans une obscurité plus profonde que tes souvenirs. Une obscurité à dissoudre l’acide lui-même. Une obscurité si épaisse que tu en oublierais presque que la lumière a jamais existé. Ou peut-être que tu as simplement les yeux fermés. Une hypothèse pas beaucoup plus rassurante. Dans cette obscurité poisseuse, tes yeux fermés s’engluent se piègent et s’enfoncent. Tes yeux n’ont aucun sens dans ce monde. Tu sens tes paupières s’accrocher, lutter contre l’effort, quel qu’il soit. Les maintenir fermées relève moins du choix que de la condamnation. Tes paupières fermées comme une subtile torture, un véritable travail d’orfèvre. Faut-il avoir peur de ce que tu ne peux pas voir ou de ne plus jamais pouvoir ouvrir les yeux ? À moins qu’il ne faille craindre autre chose. Après tant de temps à garder les paupières ainsi engluées dans une obscurité en forme de sables mouvants, tes yeux seront-ils simplement capables de voir à nouveau ? Le meilleur moyen de savoir serait encore de forcer l’ouverture non ?

À nouveau tes paupières luttent, résistent et la douleur se répand en toi comme un cri d’horreur dans la nuit. Sourdre floue lointaine et pourtant vibrante puissante et acérée. Tellement efficace que la pensée d‘une nouvelle tentative hérisse ta peau d’une chair de poule bienvenue. Au moins maintenant tu as retrouvé les contours du reste de ton corps. Peut-être que c’est là l’issue, peut-être que c’est ça la solution. Si tes paupières n’ont pas la force de briser l’obscurité, peut-être que le reste de ton corps se montrera plus coopératif.

Peut-être.

****

Au deuxième réveil, il te faut encore plus de temps pour comprendre que tu es éveillé. C’est la sensation d’avoir le sang complètement glacé au cœur de tes veines qui t’alerte. Ton corps tout entier comme un bloc de glace refuse cet état de fait. Ton corps tout entier comme un bloc de glace se rappelle la logique du mouvement, la légèreté. Quelque part au fond de toi se réveille comme la mémoire de l’eau. Aqueux tu étais et aqueux tu devrais être. Ton sang en horreur paniquée cherche un moyen de revenir à l’état liquide.

Voilà qu’il se tord et s’agite en tous sens, cherchant une sortie, une solution, au risque même de perdre toute consistance. Plus exactement, au risque de te voir perdre toute consistance. Si bien que chaque battement de cœur t’arrache un gémissement. La bonne nouvelle c’est que tes cordes vocales semblent en état de fonctionner. La mauvaise c’est que tu peux déjà sentir certaines de tes veines se fissurer. Que veux-tu, on ne peut pas gagner à tous les coups.

La douleur remonte fissures et craquelures le long des artères. Peu à peu, elle vient réveiller autre chose, un autre souvenir que tu ne parviens pas à dater. Peut-être était-ce hier, il y a cinq ans, peut-être était-ce demain. Toujours est-il que tu te rappelles maintenant, ce n’est pas la première fois que tu te réveilles ici. Même si tu ne sais toujours pas vraiment ni où est cet ici, ni ce qu’il est. Tu la reconnais bien maintenant, cette sensation de bouillie, de sables mouvants pris dans une forme d’obscurité à broyer l’acide le plus corrosif. La mémoire de l’eau est infaillible…

… mais pas toujours ponctuelle. Si bien qu’au moment où tu essais de forcer tes paupières à s’ouvrir pour découvrir de plein fouet cet endroit, tu entends à nouveau ce terrifiant cri d’horreur au lointain, toujours aussi flou et sourd, mais toujours aussi tranchant. Dans la seconde ta peau se hérisse à nouveau, produisant les plus vibrants échos à ton sang glacé. Tu te dis que la voix qui hurle ainsi doit sans doute vivre l’enfer, peut-être le même que toi à cet instant.

Quelqu’un devrait sans doute t’avertir que ce cri terrifié de douleur provient de ta propre gorge. Dommage qu’il n’y ait personne.

*****

Au troisième réveil la conscience te revient plus vite. Il faut dire que la douleur se relance comme on appuie sur un interrupteur. En un battement de cils tu retrouves les ténèbres engluées et engluantes, le sang gelé se débattant à t’en briser les veines auquel répond en écho un épiderme en panique envoyant tous les signaux d’alerte dont il est capable. Enfin bien sûr tout cela se passerait en un battement de cils si tu pouvais bouger les paupières et ainsi battre des cils. Bien sûr. C’est souvent ça le problème avec les mots tu sais, ils ne correspondent jamais vraiment à la réalité. Tu vois ils se gèlent dans un coin de la réalité jusqu’à en épouser les contours le plus parfaitement possible, jusqu’à ce que ces contours soient tellement parfaits qu’on n’envisage même plus de les voir autrement. Tu t’y perds pas vrai ?

Tu vois, c’est un peu comme le sang dans tes veines. Il se gèle et se pétrifie parce que c’est ça, la réalité de cet endroit. Une obscurité de sables mouvants doublée d’une solitude à geler une explosion nucléaire en plein vol. Toi, tu te retrouves là, en plein milieu. En plein milieu d’on ne sait quoi on ne sait où. Impossible de savoir ni comment ni pourquoi. Impossible de comprendre vraiment puisque aucun de tes sens ne semble vouloir pleinement répondre à tes questions. Pourtant tu es bien là. Dans cette réalité. Dans cette bouillie sans forme ni nom. Et tu auras beau t’agiter les neurones à chercher des réponses, cela ne change rien. Pas de délai ni de sursis. Dans tous les cas tu appartiens à cette réalité. Et dans cette réalité, ton sang se gèle parce que c’est la seule solution qu’il a pour exister. Si ça fait mal, c’est parce qu’il se souvient. Il se souvient mieux que toi de sa vraie forme. Celle qu’il avait avant, celle qu’il sait être la vraie, la bonne. Il se souvient mieux que toi de la vie avant la bouillie, la vie hors des sables mouvants. Et il essaie d’y retourner. Parce qu’ici il fait froid, beaucoup trop froid. Tellement froid que si on lui disait qu’en échange de te laisser crever là, il pourrait être libre il ferait. Sans se retourner, ni se poser de question.

Tu vois les mots c’est pareil. Tu les gèles, ou bien ils se gèlent tout seul à force de tomber dans des sables mouvants. Bien sûr il y a des moyens. Toujours des gens pour te dire que c’est vivant. Ça n’oublie jamais d’où ça vient les mots. Le sang non plus d’ailleurs. Même que ça fait mal pareil. Et dans pas longtemps, à force de se tordre de se briser de se déformer, ça sera l’hémorragie. Du sang partout. Et ce sans la moindre coupure. Juste l’implosion. Tu imagines ? Là à cet endroit où rien n’existe que le vide sous tes doigts, le sol sera rempli d’un sang gelé, cherchant désespérément à rentrer chez lui alors même qu’il vient de détruire sa propre maison.

Et alors là, combien de mots pour expliquer ça ?
Combien de mots pour la douleur ?
Combien de mots pour la solitude ?
Quels mots pour le froid ?
Quels mots pour le vide ?
Quels mots pour le dégoût du sang qui colle aux doigts ?
Ton propre sang
Tes propres doigts
Tes propres mots ?
À quoi bon les mots quand le sang brise ses propres veines ?

De toute façon, à qui tu irais dire tout ça ? Il n’y a personne. On l’a déjà dit.
De toute façon, où ils sont tes doigts ?

*****

Au quatrième réveil la voix au loin dans le flou hurle toujours ta douleur et ta solitude. Logique, ta voix, ta douleur, ta solitude. Ton sang aura suffisamment gelé dégelé pour modifier les pronoms. Intéressant non ? Pratique surtout. Il y a une facilité directe à parler de tes paupières hermétiquement engluées, de ta peau fissurée par les secousses, de ton sang gelé qui se débat en brisant sans aucune pitié tout ton réseau sanguin, de ta voix qui hurle au désespoir mais ne rencontre aucune autre oreille que les tiennes, qui ne sont même pas capables de la reconnaître. C’est plus simple tu vois.

Comme ça maintenant on va pouvoir parler de tes doigts. Tu sais, ceux que tu ne retrouves pas, ceux dont tu ignores la localisation. Tu sais qu’ils sont là. Simplement ils ne transmettent aucune information. Rien sur la texture du sol, rien sur l’air qui passe, rien sur l’espace disponible autour de tes mains, rien rien rien. Comme si tu baignais dans du vide à l’état pur. Mais là encore, ça ne marche pas. Même le vide produit une sensation. Ou plutôt une absence de sensation. Précision toujours. Quelque chose qui dirait « ici ne se passe rien ». Mais rien. Rien. Rien. Rien. Un peu comme si tu n’existais pas. Absolument comme si tu n’existais pas. Mais c’est une idée absurde non ? Après tout, « je pense donc je suis » et toutes ces conneries. Tellement de mots dans tes veines défoncées par le froid que ça fait mal à crever, comment pourrais-tu ne pas exister ?

Pourtant l’idée reste. Elle refuse de bouger. La voici brique de plomb en travers de ta gorge. Je n’existe pas. C’est tout petit comme phrase. À peine quatre mots. On pourrait débattre sur la définition de « mots » mais par soucis de simplicité, on va dire que ça fait quatre mots, d’accord ? Je n’existe pas. Quatre tous petits mots qui rampent le long de tes cordes vocales et s’incrustent profondément dans toutes les muqueuses à disposition. Tu peux même sentir les mots vibrer à chaque fois que l’air les frôle.

Et toujours ta voix au loin qui hurle, toujours aussi floue, toujours aussi seule, toujours incapable de rencontrer d’autres oreilles que les tiennes.

Peut-être que si tu les bougeais un peu elles pourraient sentir… Tes mains, pas tes oreilles bien sûr. Même si clairement à cet instant T qu’est le nôtre, il est évident que tu ne fais plus très bien la différence. Y en a-t-il seulement une ? Après tout, si tes mains ne sentent plus rien et que tes oreilles sont à peine capables de reconnaître ta propre voix quand elles l’entendent, ni tes mains ni tes oreilles ne remplissent vraiment leurs fonctions. Alors comment faire la différence ? Est-ce que ça vaut le coup de t’embêter à avoir encore deux mots pour deux choses si proches, si similaires ? Est-ce que ça vaut bien l’effort ? Est-ce que ces deux mots valent d’avoir mal comme ça ? Dis-moi, lequel de ces deux mots tu sacrifies ? Des mains ou des oreilles, quel mot veux-tu oublier ? Quelle différence ?

Je n’existe pas.

De toute façon, les quatre dans ta gorge grossissent encore. Ils grossissent et grandissent et monopolisent l’espace. Tu le sens non ? Comment ton larynx commence à s’écraser, compressé par l’œsophage tandis que déjà le fond de ta mâchoire se déchausse tranquillement. Tu sais que si tu avales tes dents, elles risquent de te perforer un organe ou deux n’est-ce pas ?

Remarque cela facilitera la tâche à ton sang qui toujours cherche ton point de rupture.

Dis-moi, est-ce que tu l’entends, ce craquement dans le lointain ? Est-ce que tu te rends seulement compte que tes os sont tous en train de lâcher sous la pression ? Pourquoi est-ce que tu continues de croire que tout ça se passe dans le lointain quand clairement tu n’es déjà plus qu’une épave bouffie par les sables mouvants et l’obscurité de l’acide ? Peut-être que c’est pour ça que personne ne t’entend.

Je n’existe pas.

Les mots toujours plus gros dans la gorge et pourtant tu n’as toujours rien à dire. À quoi ça te sert d’avoir tous ces mots gelés dans les veines si tu n’es pas capable de les cracher ?

Mais vas-y, bouge tes mains. Fais nous rire. Bouge les.

****

Au cinquième réveil c’est l’hémorragie. Enfin. Tes mains sont recouvertes d’un sang granuleux, qui une fois livré aux sables mouvants comprend enfin son erreur. Enfin, parler de tes mains recouvertes de sang, c’est une pure commodité narrative. La formule est entérinée depuis tellement longtemps, c’est beaucoup plus simple ainsi. D’autant que comme tu ne sens toujours rien, que tu ne ferais toujours pas la différence entre une jambe et un poumon, que de toute façon tes mots sont en train de se répandre pour pourrir sur le sol en même temps que tout le contenu de tes veines, qu’est-ce que ça peut faire ? Et d’ailleurs, même dire que ton sang se répand sur le sol est une commodité narrative. Tu vois où tu mènes avec tes conneries ? À des putains de commodités narratives. Nous ne sommes plus que commodité narrative. Tout ça parce que tu es incapable de dire où tu es, où est ton corps, ce qu’il ressent. Incapable d’ouvrir tes yeux, incapable de reconnaître ta propre voix, incapable de savoir d’où ton propre sang s’échappe. Incapable de prouver que tu existes.

Alors maintenant quoi ? Maintenant qui ? Le silence le froid la douleur le sang la voix la peau la peur les mains le vide les mots.

Maintenant quoi ?

Parce que bientôt, quand tes os auront fini de craquer, quand tu ne seras qu’un amas de fragments et de gémissements, la phrase dans ta gorge sera tout ce qu’il restera de toi. Quand tes os seront réduits en poudre et que ton propre sang aura coagulé pour maintenir le tout en place, tout ce qu’on pourra lire sera je n’existe pas. T’auras l’air malin.

Fais quelque chose.

Maintenant.

Alors aussi désespéré que désespérant, au sixième réveil, te voilà enfin qui réagit. C’est plus un vieux réflexe, quelque chose entre un sursaut d’instinct de survie et un spasme post-mortem. Mais quand même. Tu cherches, tu trembles et gémis. Peu sûr de tes mouvements, te voilà enfin prêt au tout pour le tout. Les larmes, le long de tes yeux trahissent l’inavouable de la situation, mais de toute façon, tu ne les sens pas. À quoi bon.

À quoi bon puisque déjà ta main, tes mains, se dressent et cherchent ta gorge. La tâche est ardue. En l’absence de mots définis, ton corps comme un territoire inexploré. Tes mains cherchent la douleur. C’est là qu’il là qu’il faut aller. Chercher la douleur et l’arracher.

La voix au lointain hurle de plus belle, crevant la distance et les tympans. Ta voix au lointain redouble d‘énergie. Parce qu’elle sait déjà, elle a déjà compris.

Dommage que personne ne t’ait prévenu.

Car déjà tes mains plongent aussi profond qu’elles peuvent dans ta gorge. Elles s’enfoncent dans ta chair sans se soucier de la biologie la plus évidente. Quelle biologie peut survivre face au vide ? Tes mains cherchent déchirent détachent arrachent ravagent sans la moindre pitié. Et la voix au lointain hurlant toujours sans plus parvenir à tenir la moindre note.

Sauf qu’elles ne trouvent pas tes mains. Dis-moi, à quoi ça ressemble un mot ? À quoi ça ressemble un je ? Comment elles vont faire pour savoir qu’elles ont trouvé si tu ne sais pas à quoi ça ressemble un mot ? Parce que tu vois sans ça, elles arrachent à l’aveugle. À quoi ça ressemble un mot ? À quoi ça ressemble une idée ? Comment vas-tu faire la différence au milieu de l’hémorragie, des cordes vocales à l’abandon et des chairs atrophiées par la solitude ? Comment tu les reconnaîtras ces mots qui font si mal ? Pourquoi personne ne vient quand ta voix se perd à hurler au lointain ? Pourquoi personne n’arrête la déferlante quand clairement tu te répands au sol ?

Ta voix au lointain n’est déjà plus qu’un écho maladif pris au piège d’une réalité que tu refuses de maintenir. Dis-moi, dans le tas froid et difforme qu’ont créé tes mains, est-ce que tu te reconnais ? Est-ce que tu la reconnais ta voix ? Si elle n’est plus dans le lointain, elle doit bien être là non ? Logique. À quoi elle ressemble ta voix ? Et comment tu sauras que c’est la tienne et pas une autre ramassée au hasard des échos ?

Tu aurais imaginé ça toi ? Être coincé dans une bouillie de ténèbres acides, baignant dans une hémorragie de mots sanguins, tes mains arrachant consciencieusement toutes les muqueuses sur leur passage, ta voix perdue dans un tas de chair trop blessée pour rebondir à nouveau, et toi qui ne pense plus l’espace qu’en terme de douleur. Il n’y a rien à voir parce qu’il faudrait pouvoir décrire, et tu es arrivé au bout des commodités narratives. Ne reste que la douleur pour relier les morceaux de la scène. Ne reste que la douleur pour te rattacher à ce sang sur ce sol que tu ne peux pas sentir, à cette voix que tu ne peux ni reconnaître ni prononcer, à ces mains qui continuent aveuglément.

Ne reste que la douleur.

Je n’existe pas.

00h30min24s She can’t remember she’s me

Blackmore – 3 Ballets

Are you here ? Please, don’t leave me

Premier mouvement quand la pensée s’emballe. Désordonnée, accablante accablée. Premier mouvement quand on découvre Je morte sur le sol, bavant dans son propre sang. Premier mouvement quand on cherche un coupable. Nous vous elle et tout y passe. Vent de panique. Ne pas respirer trop fort, ils vont vous entendre. Premier mouvement quand la grammaire se fait la malle. Tombent au pied du corps déchiré les conjugaisons impuissantes à réparer le crime commis. Scalpel dans la main gauche rustine dans la droite. Mais plus personne ne connaît la gauche de la droite.

Premier mouvement quand
tu sais pourquoi
ça recommence
encore

Premier mouvement quand
les vents en approche
les lignes déliées
les pendus au pied
encore

Premier mouvement
et tu sais
et ils savent
et nous savons
et tout le monde sait
en vrai

En vrai ?

Pull me under with the rich pull me under with poor pull me under with the right and wrong

Deuxième mouvement vous allez voir ça devient drôle. La phrase suivante est déjà perdue avant d’avoir commencé. Pas de sujet pas de sujet. Base grammaticale erronée prière de réitérer l’opération. Deuxième mouvement vérification. Sauver ce qui peut être sauvé. Deuxième mouvement après vérification vous allez voir ça va être drôle c’est juste que pour le moment elle a oublié que pour le moment elle sait plus mais vous allez voir ça devient drôle ça l’est forcément puisque quelqu’un ça fait des heures que quelqu’un rit on l’entend alors attendez ça devient drôle il faut juste qu’on retrouve deuxième mouvement qui est drôle. Qui ?

vous
en avez
de bonnes

Remember me I am you you are me don’t let them do that to us I know you can make it please don’t leave me I am you you are me don’t leave me here I want to go home

Qui ?
Deuxième mouvement vous allez voir promis c’est drôle. Quand elle entend ses os craquer et qu’elle convulse en mi bémol, le gémissement parfaitement accordé à la tierce. Quand elle contemple son propre cadavre traînant par terre en se demandant pourquoi le plafond pleure du sang. Deuxième mouvement encore un peu.
Qui ?
Deuxième mouvement à la recherche du coupable. Il vous faut déjà le nom de l’assassin quand nous n’avons toujours pas compris qui est mort. Je est mort mais ça ne vous suffit. pas assez cinématographique. Deuxième mouvement pour les foules en mal de savoir. Deuxième mouvement quand on peut encore poser la question. Deuxième mouvement quand la grammaire se meurt.

Pull me under with the sick pull me under with the strong pull me under make it QUICK TAKE IT ALL

Troisième mouvement et nous ne parlons plus la même langue.
Je a vu ma tête rouler sur le sol, que quelqu’un lui rappelle son texte, que quelqu’un me rappelle à son bon souvenir
Pas possible
Je est mort
Je n’a plus le droit
Je n’a plus mal
Bonne ou mauvaise nouvelle ?
Je est cassée
Mais vous savez ça va vous coûter plus cher de réparer que d’en acheter un autre
Ère consumériste
Rachetons un je… un je de compagnie qu’on dressera mieux. Promis on lui apprendra cette fois… et vous serez fiers de je….
Vous auriez dû acheter l’extension de garantie
Est-ce que les je sont recyclables ? Quelle couleur de poubelle pour un je ?

Qu’on la brûle. Qu’elle en crève une bonne fois pour toute. Qu’on la brûle qu’on la crève qu’on la jette aux ordures et qu’on l’oublie. Putain faîtes qu’on l’oublie.

Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry ME burry BURRY ME

Troisième mouvement
Qu’on la brûle qu’on l’oublie. Putain s’il vous plaît, faîtes qu’elle crève et qu’on l’oublie. Que quelqu’un arrête la douleur…

SI je n’est pas remboursé, pas sûr qu’on puisse se le permettre
C’est remboursé par la sécu un je ? Ça s’achète en supermarché ou il faut une ordonnance ?
Vous avez des je jusqu’à quelle taille ?
Ce n’est pas mon problème…
Un je vaut-il qu’on sacrifie une population ?
Faut-il sauver je au risque de détruire nous ?
Faut-il oublier je pour renforcer nous ?

Rythmique de la bête, holocauste à trois temps
Est-ce qu’on peut ravoir un eau de javel des sentiments ? La blancheur qu’on croyait éternelle, avant…

TSUNAMI

Le corps est toujours là et l’odeur monte les os craquent le sang boue elle ne convulse plus à la tierce le monde a vibré une fois trop fort et tout a éclaté le sang coule mais c’était pas nous on n’a pas fait exprès
Dis moi de quel côté de la réalité tu es je te dirai qui tu crois être
Et la douleur grossit grandit gémit il ne reste plus que ça je est mort bientôt elle aussi et bientôt nous et ça ne vous suffit toujours pas pourtant c’est drôle parce que le rire ne s’arrête plus les murs ne suffisent plus ma tête non plus c’est toujours drôle de voir que vous n’entendez rien que votre réalité continue tandis que la nôtre est tellement fracturée que nos yeux ne peuvent plus contenir

Elle a dit nos ?

MENTEUSE
Tsunami take it all…

Don’t let them do that to us don’t let them kill us don’t let them

Rythmique de la bête holocauste à trois temps… préférer la douleur à la mort
Quand les dents craquent et grincent et que sa bouche se remplit de poussière
qu’elle sent les incisives poindre
que le goût du sang prend toute la place
que la tête refuse de croire
alors qu’on lui dit qu’on lui répète
ça ferait tellement moins mal si elle ne résistait pas comme ça
on se sentirait presque désolés pour elle
si on avait mal à crever avec elle
à cause d’elle
je ne sait plus

MAKE IT QUICK TAKE IT ALL

Quatrième mouvement, demain vous poserez encore les mêmes questions. Demain vous poserez encore les mauvaises questions. Elle a retrouvé son texte, la douleur aura laissé bien ancré dans la chair le sourire convenu. Elle dira c’est pas grave et vous la croirez. De toute façon, dans les deux cas qu’est-ce que ça change. Je est morte, vous demandez qui et personne répond.

Stop asking who, start asking why.

You’re safe now.
We’re safe now
Please
Sleep
Don’t leave me, we’re safe now…


citations (dans l’ordre)(ou presque) :

Blackmore : Tsunami
Eths : Holocauste en trois temps
Alain Souchon : L’amour à la machine
Orphan Black S03E08 (si ma mémoire est bonne…)

À retardement.

Dans le miroir les dents bavaient. Les mains avaient eu du mal à admettre cette réalité. Toutes les nuits, elles revenaient vers le sourire désormais figé pour vérifier. Les dents étaient bien là, bavant tout le long du sourire, coulant sur le menton, les incisives en avant, prête à bondir. Les mains remontaient ensuite les bras. Les muscles étaient bandés, les ongles prêts à déchirer. Les mains devaient se rendre à l’évidence, elles étaient le Monstre.

Hier j’ai vu ma tête rouler sur le sol, mais elle ne faisait aucun bruit. Ou peut-être que si. Mais le craquement des os empêchaient n’importe quel bruit de passer le mur du son. Le craquement à lui seul déchirait la peau, les poumons, les veines. Le sang déjà s’écoulait d’interne en renfermement. Hier j’ai vu ma tête rouler sur le sol mais je ne pouvais plus l’entendre.

Cassandre riait encore, de façon sporadique. Quand on ne s’y attendait plus. Le Marchand de sable avait réussi à se persuader que tout ceci était normal. La vie suivait son cours et le bateau coulait normalement. Pourquoi aurait-il dû s’inquiéter ? À quoi bon ? Tout ceci était prévu depuis des années. Rien n’étais surprenant. Alors pourquoi perdre de l’énergie à paniquer quand on pouvait tout simplement s’enfiler cocktails d’endorphine sur illusions décolorées ? N’était-ce pas là une perte d’énergie inconsidéré ? N’était-il pas le mieux placé pour savoir que bientôt, elle serait ressource précieuse à utiliser avec parcimonie ? Il allait bientôt falloir drainer la carcasse un peu plus fort, un peu plus loin. Il n’était pas sûr qu’elle pourrait supporter.

Mes doigts ont cherché en vain à arracher les dents qui luisaient dans la nuit, m’empêchant de dormir. Les incisives vibraient sans fin, remontant les os du crâne lentement. Chaque plaque d’os une à une explorée jusqu’à la migraine. Jusqu’à l’impossibilité définitive de tenir la paupière en place. Mes mains déjà doutent… Où commence le Monstre ?

Le Marchand de sable se faisait autruche. Cassandre et la Femme Pendule continuaient leur duel muet. Elles se jaugeaient. L’une volant toujours son nom à l’autre, l’autre cherchant encore et encore à désamorcer les projets de l’une. Il voulait ne pas voir, ne pas savoir. Il avait une tâche à accomplir. Il se devait de saturer l’ambiance d’endorphine. Endorphine jusqu’à la lie. Car plus que jamais la Morte se refusait à rester crevée sous les tapis. Sa respiration rauque reprochait la poussière et la crasse. On ne l’oublierait pas sous les lits. Elle avait un jour été aux commandes. Qu’avait fait la Femme Pendule finalement pour mériter la tête des opérations ? Qu’y avait-il de si merveilleux à pouvoir mener à bien l’indexation du temps qui passe ? Alors le Marchand de sable sans cesse sans arrêt et sans repos continuait… endorphine après endorphine… ne pas laisser une goutte de pensée s’échapper… ne pas laisser le temps à la carcasse de rouiller… ne pas laisser les dents prendre trop de place dans le sourire… ne pas laisser la bave se répandre sur les bras déchirés… les mains ne tiendraient pas indéfiniment sous la démence des ondes.

Alors ma tête roulait alors que tous mes os craquaient. Et quelqu’un a demandé qui était le Monstre dans le miroir. Et quelqu’un a répondu « c’est elle ».

Après le fracas vint le silence.

Say my name

Quelque chose grattait. Dans le couloir, le son se répercutait sans fin. On avait beau avoir rempli l’espace de musique, on l’entendait encore. La boulimie sonore ne suffisait pas à remplir le vide et la grattement refusait qu’on l’ignore. On grattait à la mémoire, quelqu’un serait bien obligé d’ouvrir. La peau démangeait par endroit, signe que la Morte s’était réveillée. À nouveau. Mais plus inquiétant, le rire s’était arrêté. Le rire s’était arrêté pour prendre cette forme crainte de tous. Son regard savait. La forme savait depuis sa disparition que ce n’était qu’éphémère répit. Les sursis n’étant pas fait pour être reconduits, son rire s’était mu en sourire satisfait. Il allait falloir ouvrir, qu’on le veuille ou non. La Femme Pendule tendit alors la main.

« Tu as changé de nom.
_Tu n’en as toujours pas.
_Cassandre ? »

N’ayant pas de nom par lequel Cassandre puisse l’appeler, seul le vide du sourire répondit à la Femme Pendule. Le grattement continuait. La Femme Pendule savait qu’un jour ou l’autre son nom, ou plutôt son absence, finirait par être un problème. Elle avait voulu faire comme si ce n’était rien. Elle avait voulu faire comme si on pouvait survivre au vide. Sauf qu’on ne pouvait pas : le silence avait déjà rongé nos chairs jusqu’à la mémoire, il fallait un nom. Pandore se mit à rire sans plus pouvoir s’arrêter. Elle ouvrit la boîte et plongea ses mains à l’intérieur. L’effroi remplit la salle de bain dans la seconde qui suivit. Incapable de savoir si elle riait ou pleurait, le Marchand de sable restait là, immobile, sans même avoir le courage d’avoir peur.

Et maintenant ? et maintenant ? et maintenant ? et maintenant ?
La musique s’est arrêté ? Il faut changer le disque
oui mais quoi ?
je sais pas
vite vite
Remets
on peut pas pas le même pas deux fois de suite c’est de la triche on peut pas

Le silence rongeait, le grattement devenait hurlement. Les échos se creusaient un chemin royal au coeur même des tympans. La marche arrière serait compliquée. Elle viendra bien, la seconde où Pandore devra sortir les mains de la boîte et découvrir les lambeaux de peau avec lesquels il lui faudra vivre pour le reste de l’éternité. Le Marchand de sable pétrifié ne trouvait plus de mélodie à offrir à l’hécatombe. La Femme Pendule gardait les yeux rivés sur Cassandre qui ne se départissait pas de son sourire. Elle savait.

On connaissait déjà le film. Le scénario était convenu, la bande usée à s’en trouer. Que quelqu’un arrête de rembobiner, la fin n’en finissait pas de recommencer…

Les incendiaires

Il fut un temps où

Mais le monstre s’est réveillé. À la seconde précise où l’épuisement m’a prise. J’ai reconnu la sensation. Le tremblement d’excitation au bout des doigts. La brûlure au creux des dents. Le déchirement des commissures. Le monstre était bien réveillé. Les attaques fusaient. Porc-épic sous amphétamine. Le hurlement bien au chaud dans l’estomac n’attendait qu’une seconde d’inattention. Le monstre savait, ça viendrait plus vite que ça n’en avait l’air. Il suffirait d’un prétexte. Il suffirait d’un contact de trop. Petite, toute petite. La fissure au creux de mes doigts paraissaient si minuscule hier encore. Hier encore tout était sous contrôle.

Je sais qui tu es
Tu sais qui tu es
Tu sais qui tuer
Tératologie
Morphologie
Monstruosité fixée

C’était simple pourtant. Il suffirait que j’accepte de fermer les yeux. Rien qu’un instant, je pourrais lâcher la bride. Admettre enfin le monstre comme part entière. Lui donner le droit de vivre ma vie puisque je ne sais plus comment coller les morceaux. Quelle différence cela ferait-il ? Quelle différence cela a-t-il fait jusque là ? Parce qu’aussi loin que je fuis, ça ne change rien. Le miroir raconte toujours la même vérité. Je ne me reconnais pas sous les traits du monstre, pourtant c’est bien lui dans le reflet. Alors quelle différence ? Il suffirait… Que faire de ces cordes vocales qui de toute évidence m’encombrent ?

Are you looking happiness ?
Or are you looking for something better ?
Do you ever feel emptiness ?
Are you scared it’s gonna last forever ?

Et maintenant ? La rage au bout des ongles me déforme le visage. Après tout, ce n’est pas comme si nous avions quoi que ce soit à faire d’autre avec. Déjà je constate que je s’est fait avalé par le nous. Il n’aura finalement pas duré. Espace futile d’identité fragile, je est déjà mort. Quelques jours à peine. Allez-y, renvoyez le prototype aux ordures. Lancez le recyclage. En attendant, le monstre remplit. Encore. Et encore. Il faut bien garder la place chaude. Le monstre prend ses aises. Et déjà mes mains ne m’appartiennent plus. Je fait un bref retour, tentative désespérée pour clamer un territoire qui n’est déjà plus rien qu’un souvenir. Le monstre remplit la nuit, le monstre remplit mes jambes, le monstre vide mon ventre, mon sexe. Il ne restera plus rien de moi. Le monstre a pris le miroir. Le monstre prendra les mots.

Maladie chronique
Miroir hystérique
Maladie hystérique

Le feu. Le feu au bout des doigts putain. Enfin le feu putain. L’incendie se décharge. Le monstre rit le monstre crie, le monstre jouit. Et quelle putain de différence à la fin ? Pourquoi tant d’effort ? Je est mort. Et si ce n’est pas déjà fait, je mourra toujours au bout du compte. La fin de l’histoire est toujours la même. Systématique. Trajectoire pré-déterminée. Le monstre plus fiable que la plus fine des boussoles. Ça valait bien la peine de sonner toutes les alarmes. Les avertissements, les bouteilles à la mer. Le monde entier dans le mur. Mes tympans déchirés et le monstre au commande. Vous l’avez bien cherché finalement, si on y réfléchit un peu…

We don’t need your cheap salvation
We don’t want your sympathy

I don’t want your happiness
I don’t need your happiness
So never show me happiness
I don’t want your happiness

Alors sous les traits du monstre que je a toujours été, nous irons par devant vos nuits, vos pleurs, vos horreurs, et nous brûlerons tout. Nous ravagerons jusqu’à ce qu’il ne reste rien. Nous vous réduirons à néant. Il n’y a plus rien que du vide dans nos crânes abrutis. Plus de larme. Plus de fatigue. Juste la colère qui ronge encore et toujours. Et personne ne pleure pour nous. Et personne n’allume les dernières bougies. Les monstres se sont arrêtées à l’heure de nos derniers meurtres. C’est un secret que nous n’osons nous avouer.

Je te hais
Je te hais

Je te hais
Puisqu’on se connaît
Puisqu’on se connaît

Au réveil, n’auront brûlé que mes paupières sous la pression de mes doigts paniqués, incapables de trouver une autre issue. L’histoire se finit toujours pareil. Le monstre est toujours là, bien installé dans le fond de ma gorge, prêt à cracher feu et cendres aussitôt ma garde baissée. Prions que la vôtre soit solide. La course contre la monstre est lancée. Les pronostics sont illisibles et personne ne sait qui de lui ou de moins franchira la ligne en premier. Dans le miroir ce matin, j’essaie encore de le traquer. Bien réfugié à l’abris des paupières tombantes, il me rend mon regard. Il cherche l’humaine dans son reflet. À la dernière traque, elle s’était réfugiée sous ses ongles et depuis, il n’arrive pas à l’en déloger.

I hope you’ll fin happiness.


Citations dans l’ordre :
Eths : Tératologie
Hurts : Happiness
Eths : Atavhystérie

3h24 – 5h12

Dir en Grey : Audience Killer Loop

Je suis où ? La question s’accroche dans l’air. Ma dissolution coule le long des murs. Impossible de l’arrêter. La bulle aura bientôt tout déchiré. Dans ma tête le bateau coule et chaque vague m’écarte un peu plus loin Je suis pièces détachées. J’essaie balises de détresses après bouteilles à la mort, mais ça ne suffit pas. Inlassablement je perds des morceaux de moi. Partout sur les murs je sens les lambeaux de mon corps. Je suis prise au piège, à compter encore et encore le reste des membres fantômes. Les calculs sont à refaire, les chiffres faussés. Impossible de se mettre d’accord sur le taux de perte autorisée. Il va bien falloir bouger, bien falloir prendre une décision. Abdiquer ? Abdiquer quoi ? La douleur est à peine présente. La douleur c’est pour les êtres vivants. Je suis déjà outre espèce. Je suis profanation, le moindre geste, la moindre impulsion vient déchirer la mélodie du silence. Quoi que je fasse, je suis déjà coupable. Je ne sais pas comment finir. Il faudrait pouvoir me ramasser le corps, faire l’inventaire putrescent des morceaux restants. Je pourrais repartir en connaissance de cause, consciente des forces à disposition. Mais le navire se refuse aux statistiques et toujours je navigue à l’aveugle en eaux troubles. Les sirènes poursuivent leur cantique final tandis que ma dissolution se poursuit. Les murs en observateurs attentifs prennent note de chacun de mes mouvements. Chaque tressaillement, chaque micro-battement est fidèlement enregistré, comptabilisé, étiqueté. Plus le silence grossit plus je me laisse patiemment dispersée. Il n’y a pas d’endroit où virer. Je vais devoir attendre. Attendre que le silence ait fini de me dévorer. Attendre que les murs aient fini de broyer. Après peut-être… Après peut-être qu’enfin j’aurai pied.

23h05 Indivisible

Indivisible
Elle a dit indivisible
Qui a dit indivisible ?
Pas moi ! C’est promis craché juré
Cracher l’acide une fois cracher l’acide deux fois cracher l’acide trois fois Qui dit mieux ?
Pas moi ! Jle jure
L’innocence est un plat qui se mange froid.

Voyez-vous ?
Voyez-vous le corps qui se tord ? Il danse pour vous, sourit pour vous. Il réussira toutes les pirouettes que vous pourrez demander. Il se dandinera. Il relèvera la pente. Il trouvera les solutions. Il fera même le café si vous lui montrez où sont les tasses !

Indivisible indivisible
Mais c’était pas moi j’étais pas là. Pas à ce moment-là j’étais pas là pas encore arrivé innocent par défaut. Réinitialisation, retour aux réglages d’usine. Elle était déjà morte quand je suis arrivée ! Déjà morte ! Alors innocent je suis j’étais pas là.
Elle était déjà morte. Combien de fois sommes-nous morte depuis ? Tellement de sang sur les mains que les mains sont devenus du sang.

Lapsus.
Tu triches. C’est de la triche. Pas juste. Lapsus. Menteuse. Mentueuse. Même pas en face.

Voyez-vous ?
Voyez-vous le monstre qui s’agite ? Essayer c’est l’adopter. Mieux qu’un singe savant, plus décoratif qu’un cacatoès. Apprenez lui la partition il jouera et dansera pour vous. Du solo à la symphonie, le monstre connaît toutes les tonalités. Pour un monstre acheté, ramenez en 189 à la maison. Offre exceptionnelle !

Indivisible indivisible indivisible
Plus on le dit moins ça a de sens. Comme quand on est môme et qu’on répète encore et encore et que le mot fond dans la bouche pour couler dans la gorge.
Scrabble géant. Mot compte triple néant. Pour 1 000 points l’épeler à l’envers.
Vous savez, on peut vous reconnaître à votre calligraphie. Parce qu’elle est unique au monde.

INDIVISIBLE

Est-ce qu’elle pleure ?
Je crois pas…
Arracher les yeux les paupières cautériser désinfecter cautériser encore désinfecter plus fort arracher plus loin récurer décrasser désinfecter désinfecter désinfecter.

Les monstres sont vendus en lot indivisible. Nous vous demanderons de ne pas les séparer. Toute extraction non approuvée à l’avance risque de sérieusement endommager votre monstre. Les réglages d’usine ont été perdus. Merci de votre compréhension.