Posts Tagged: la famille ce bonheur

Séance 2

Frère : lance les dés.
Soeur : Tu triches.
Frère : Qu’est-ce que ça peut faire ?
Soeur : C’est pas juste.
Frère : T’as qu’à tricher aussi.
Soeur : Pardon ?
Frère : Tu n’as qu’à tricher. Comme ça on est à nouveau à égalité.
Soeur : Être à égalité c’est quand on suit les mêmes règles.
Frère : Mais si on enfreint tous les deux les règles en question on se retrouve sur le même plan à nouveau.
Soeur : C’est tordu comme raisonnement.
Frère : Mais ça marche. Lance ces putains de dés.
Soeur : 10. Je reprends la main.
Frère : Alors ?
Soeur : Ton père ?
Frère : Pas le tien.
Soeur : Mon père ?
Frère : Pas le mien.
Soeur : Réponds bordel.
Frère : J’ai répondu.
Soeur : Faux. Tu te contentes de jouer avec les mots.
Frère : Mais mes réponses sont correctes. A moi. Donne les dés.
Soeur : Non.
Frère : En quel honneur ?
Soeur : J’ai fait un double, je rejoue.
Frère : On n’est pas aux petits chevaux. Donne moi ces foutus dés.
Soeur : Tu n’as pas donné de nom à ce jeu stupide donc pour peu que je sache on pourrait très bien jouer aux petits chevaux. D’ailleurs mon pion a une tête de cheval.
Frère : Très bien, je m’incline, lance les alors si ça te fait plaisir.
Soeur : Je n’ai pas l’intention de les lancer.
Frère : Et donc ! Tu comptes en faire quoi ?
Soeur : Tu ne m’as pas correctement répondu. Alors pour le moment je me les garde.
Frère : Ca veut dire quoi ça ?
Soeur : Ca veut dire que tu m’emmerdes à jouer avec les mots. Y en a marre de tes remarques à la con. Marre de tes petites réflexions, comme ça pour rien au détour d’une phrase. Maintenant tu me réponds. Sinon ces foutus dés comme tu dis on les enterrera avec moi. Pigé ?
Frère : OK OK. Donc on n’a pas le même père. Ni la même mère d’ailleurs. Toi et moi on n’est pas du même sang.
Soeur : Ca c’est la bonne nouvelle du jour. Mais te perds pas en baratin et finis ton histoire.
Frère : T’es la fille de la soeur de maman.
Soeur : Maman a pas de soeur.
Frère : Forcément, on n’allait pas te raconter qu’elle en avait une ! T’aurais encore été foutre ton gros nez partout. Ta mère était une fille-mère. Elle était beaucoup trop jeune pour t’avoir mais elle t’a eue quand même. Sauf qu’au final quand t’es arrivée elle s’est bien rendu compte que c’était pas possible. Elle s’est foutue en l’air. Ses parents, tes grands-parents, ils ont dit qu’ils voulaient pas de toi, que t’étais une honte vu l’âge de ta mère. Du coup maman elle t’a récupéré et t’a ramenée chez nous. Et ses parents ont plus voulu d’elle non plus. Et te voilà.
Soeur : Comment tu sais ça ?
Frère : Relance les dés.

Famille 1 : séance 1

Thérapeute : Voulez-vous qu’on parle de votre mère ?
L’homme : C’est obligé ? Car je n’ai rien à en dire.
Thérapeute : Non ce n’est pas « obligé ». C’est à vous de voir. Si vous n’avez rien à en dire peut-être avez-vous simplement quelque chose à lui dire.
L’homme : Pourquoi le dire à vous dans ce cas ?
Thérapeute : Vous l’auriez dit.
L’homme : [après un temps] Maman, je ne prends pas de sucre dans mon café.


L’homme : Le thérapeute que ma femme m’envoie voir voulait que je lui parle de toi.
Sa mère : Pour quoi faire ?
L’homme : Je ne sais pas. Il y revient souvent c’est tout. A chaque séance il lance le sujet.
Sa mère : Je me demande vraiment pourquoi tu vas voir un charlatan pareil. Qu’est-ce qui lui est passé par la tête par la tête à ton idiote de femme de t’envoyer voir un charlot pareil ?
L’homme : Elle pense que ça peut m’aider, c’est tout. Il n’y a pas de mal à ça.
Sa mère : Ce qui t’aiderait c’est que cette femme arrête de te faire perdre ton argent à tout va ! Qu’est-ce que dirait ton père ? Tu le sais ce que dirait ton père ?
L’homme : Bien sûr que je le sais, il dirait exactement la même chose que toi.
[un temps]
Sa mère : Et qu’est-ce que tu lui as dit alors ? Sur moi ?
L’homme : Que tu ne te rappelais jamais que ne prenais pas de sucre dans mon café.