Posts Tagged: j’aime la vie avec des bonbons

La théorie du chorizo et ses mignardises…

Aujourd’hui, un énooooorme pot pourris de phrases de clients, de saloperies diverses et variées, sans oublier les blagues pourries et les questions connes bien sûr !

Quand j’arrive sur le parking du boulot, et qu’il est blindé, alors qu’il devrait pas l’être… « Arrivé jusqu’au boulot, mais tenté d’appeler pour dire que je suis malade alors que je suis sur le parking »

Remontons un peu en arrière, car j’avais oublié de vous parler de ça… (ou plus exactement, j’étais prise dans le tourbillon de ma vie avant de tomber dans un grand trou noir baptise « déprime devant l’inutilité fulgurante de ma vie »)(une destination que je ne vous recommande guère pour vos vacances !) Pour la réouverture du magasin, Monsieur Lidl, qui ne manque décidément jamais d’idées pour nous pourrir la vie, avait mis en place des bons de réductions.Le genre de trucs qui ne cause absolument aucun problème et qui fait que tout se passe bien. Nan j’déconne ! C’était la grosse merde. Un genre de samedi du mois d’août mais qui aurait duré les deux premières semaines de juillet. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’utiliser le moindre bon de réduction, voici comment ces petites choses fonctionnent : sur le bon, est indiqué le montant (en général ça se compte en centimes), sa date de validité, les conditions d’obtention (certains produits ou marques uniquement, ou bien telle quantité du même produit, produits complètement exclus du bon). Les bons lidl obéissaient donc aux conditions suivantes : 5€ pour 30€ d’achat, 7€ pour 50€ d’achat, deux premières semaines de juillet, hors alcool, uniquement dans le lidl où je travaille. Des conditions plutôt simples, tout est indiqué sur le bon. Sauf que, comme toujours, je suis une grande naïve (et toi aussi lecteur) : bien entendu personne ne l’a lu. Donc une semaine avant la date indiquée, qui était pourtant indiquée en gros dessus, les gens ont commencé à nous présenter leurs bons, que nous avons refusés. Certains ont ri de leur inattention, nous disant qu’ils reviendraient à ce moment-là (noooooooooon). D’autres ont râlé « putain vous faîtes chier franchement, comme si ça changeait quelque chose ! » Bah oui, ça change quelque chose. Il y a une règle, qui est clairement indiquée qui plus est, elle est faite pour être respectée. Comme toutes les règles. Qui plus est, comme Monsieur Lidl n’est pas trop là pour faire des cadeaux à la plèbe, il nous faut justifier toute réduction offerte, donc, tous les bons de réduction doivent être conservés. Et si on se trompe, on se fait taper sur les doigts. Parce que comme d’hab, si la règle est enfreinte, ce n’est pas le client qui se fera engueulé, ça sera le caissier. Alors forcément, oui, les règles, on les respecte. Mais tout ça n’est qu’un modeste échauffement !

Bien entendu, il y a eu tout ceux qui m’ont présenté le bon de 7€ de réduction alors qu’ils étaient loin des 50, là aussi ça a râlé. Mais passe encore. Parce que le hors alcool par contre, il était écrit un peu plus petit. Du coup ça demandait un effort (nous sommes des monstres placés là pour pourrir la vie du client, rappelez vous !). Alors forcément, personne, absolument personne n’a fait attention. La première fois que j’ai dû refuser un bon pour cette raison « mais en quel honneur ! vous faîtes chier franchement, c’est bon pour 5€ ! ». Putain, quand je pense que je me faisais chier à repérer si oui ou non on atteignait les 30 ou 50€ minimum d’achat hors alcool pour faire au plus simple, et que je me faisais insulter quand c’était pas le cas… Mais on en a eu des encore mieux ! Une cliente revient me voir après avoir été rangé ses courses dans sa voiture, elle me tend son bon « J’ai oublié de vous le donner, vous pouvez me faire la réduction ? ». Tu veux pas 100 balles et un mars tant que tu y es ? Je réponds donc poliment que non, ce n’est pas possible, ça ne marche pas comme ça. « C’est votre faute toute façon vous allez trop vite alors vous devez prendre mon bon ! » De deux choses l’une… Certes, je fais en sorte de respecter les cadences imposées par Monsieur Lidl, sauf que si je vois que la personne en face ne peut pas suivre le rythme, je ralentis car ça ne sert à rien : je serai obligée de l’attendre pour le règlement, les produits s’entassent, augmentant le risque de casse ou de les abîmer, et ça peut mettre certains clients de (très) mauvaise humeur. Je nique donc un peu ma prod pour m’adapter au client en face et compenser en « satisfaction » du client, et accessoirement, limiter mes chances de me faire insulter, ou de devoir perdre du temps, et donc encore plus de prod, à nettoyer pour eux. Donc venir me dire que je vais trop vite n’est pas un argument valable avec moi. Qui plus est, comme j’ai de toute façon dû l’attendre pour qu’elle paye, elle avait tout le temps de sortir son bon. Ce qu’elle n’a pas fait. Si elle avait effectivement sorti son bon mais que pour une raison X ou Y je suis allée beaucoup trop vite et que je ne l’ai as enregistré, là oui, c’est ma faute, je trouve une solution pour réparer. Mais là… bah t’as oublié t’as oublié, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?? En plus, je veux dire, la nana a pris le temps d’aller ranger ses courses dans sa caisse, pour revenir me foutre son bon sous le nez et me dire que j’avais oublié. J’ai horreur de ça. J’ai horreur qu’on m’accuse ou qu’on m’engueule pour des choses dont je ne suis absolument pas responsable. Si bien que comme je devais justement sortir de caisse à ce moment-là, je l’ai plantée là avec son bon et je suis partie passer mon balais. Non mais.

Mais encore mieux ! Parce que certains n’ont vraiment peur de rien… Au tout début, genre le premier jour, toute l’équipe n’avait pas encore repérée que c’était hors alcool, et c’est justement suite à ce connard cette mésaventure que tout le monde a bien enregistré l’info. L’homme en question passe à la caisse d’une collègue, il en a pour presque 70€, uniquement de vin. Ma collègue l’encaisse et puis d’un coup, alors qu’il allait partir, le mec sort son bon et lui colle sur la gueule en exigeant qu’elle l’enregistre et donc lui rembourse les 7€ de réduction. Elle essaie d’expliquer que ça ne marche pas comme ça, mais le mec lui balance tellement qu’il est dans le commerce et que si, il sait que c’est possible qu’elle finit par douter et appelle une responsable (parce que toute façon elle aurait eu besoin pour faire la manip). La responsable vient et lui dit la même chose. Le mec continue d’insister et refuse de bouger. La chef mag finit par s’en mêler. Au final, il a fallu rembourser tout le caddie pour réencaisser tout le caddie et enregistrer le bon de réduction. Une heure après, une autre responsable signale que l’alcool est hors conditions. Voilà comment à force de gueuler, de faire chier, d’insister, tu fais buguer toute une équipe. Conclusion : arrêtez d’être gentil, soyez un connard.

Quand à 8h10 les clients sont déjà tous collés aux portes alors qu’on ouvre à 8h30. « Servante ! Pourquoi mon petit déjeuner au lit n’est pas encore prêt ? »

Et justement, vous vouliez devenir un Parfait Connard mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre ? Ne vous inquiétez plus lecteurs ! Le client lidl est là pour vous ! C’est parti pour le pot pourris… (cette expression n’a jamais aussi bien exprimer ma pensée…)
Comme le système ne nous met pas assez la pression niveau productivité, certains clients se disent qu’ils en rajouteraient bien une couche. Ainsi, un jour la chef mag m’appelle pour me demander de commencer un peu plus tôt le lendemain. Ainsi, au lieu de commencer à 8h15, je commence à 6h. Joie. Je mets le frais en rayon (rejoie). J’ai fini un quart d’heure avant l’ouverture tandis que ma collègue chargée de mettre en rayon le non-food (le rayon « bazar » où les articles ne sont là qu’occasionnellement, on reçoit des nouveaux produits tous les lundis et jeudis) galère un peu. Je viens donc l’aider à terminer. Sauf que nous n’avons pas réussi à finir avant l’ouverture du magasin alors même qu’il nous restait une palette et demi. Sauf que, pour le non-food, certains se pointent au magasin dès 8h10, histoire d’être sûr qu’à 8h30 ils puissent se jeter sur une des 50 paires de cisailles qu’on a reçues. J’imagine qu’à 8h40 ils sont déjà en train de tailler leurs haies… ha bah non, en fait ils ont pas de haie. En fait la cisaille va dormir dans un cabanon à jardin au toit qui fuit pendant des mois, même que presque un an après, ils se pointeront au même lidl avec leur cisaille non entretenue et rouillée en exigeant un remboursement parce que la qualité lidl c’est vraiment de la merde. Mais je dérive (pour changer…). Donc nous galérons légèrement. Heureusement, c’est une collègue avec qui je fonctionne assez bien en binôme, donc on arrive quand même à s’organiser pour aller au plus vite. Mais enough is never enough et nous sommes harcelées par les clients « vous avez pas reçus ça ? y a rien dans la case… ». Si un jour en jeu de rôle vous vous retrouvez avec un perso catégorie « client lidl » sachez que vous avez des stats de merde niveau perception de votre environnement. Au bout de la quatrième fois qu’ils te font le coup, t’as juste envie de dire « mec, y a des box vides avec l’affiche du produit que tu veux, des cartons partout, dont plein non ouverts, et deux filles qui courent dans tous les sens, soit pour disposer les dits cartons, soit pour les ouvrir… que peux-tu déduire de ces informations subtiles ?? » Je ne sais pas mais moi quand je fais mes courses, que je suis dans un rayon ou des gens sont en train justement de mettre en rayon, si mon produit n’est pas là, j’en déduis que soit c’est en rupture totale, soit juste pas encore là… Et si seulement ça s’arrêtait à cette question con ! « Bah vous pouvez pas me le sortir maintenant ? jsuis pressé ! » Mais bien sûr ! Je vais me niquer le dos à dégager les cartons tout au-dessus de celui où il y a le produit que tu veux pour tes beaux yeux… Aller, passons que tu demandes par curiosité parce qu’on sait jamais (et c’est vrai que quand on peut, on fait, ne serait-ce que parce que ça les fait décoller de notre palette), mais t’en as qu’insistent ! « non mais vraiment, j’ai pas que ça à foutre moi ! » Parce que moi je suis en train de me toucher la nouille là… et on continue, parce que c’était vraiment une matinée merveilleuse. Ce jour-là, on avait aussi reçu… genouillères, coudières, poignetières (si si), pansements anti-ampoule, sparadraps, compresses… et fallait que je m’amuse à foutre tout ça dans le même bac alors même que c’était pour certains des tout petits cartons pas de la même taille les uns que les autres… bonheur (non, je n’ai pas fini par tout jeter comme une grosse bourrine argant que les clients mettraient tout en bordel en même pas une heure)(bon d’accord si jlai fait, mais j’ai d’abord bien mis les cinq premiers, mais le sixième était de trop…). Les espèces d’atèles de genou et compagnie étaient déjà en rayon, je mettais le reste (les trucs bien chiants). Un couple de petits vieux vient pour une atèle de genou. Elle me demande à quoi équivalent L XL et compagnie en taille… truc que je ne sais jamais déjà quand moi je me choisis des fringues. Je ne peux donc guère l’aider à part en lui indiquant ce qui est plus petit que l’autre. Elle relève un peu sa jupe et me montre son genou « à votre avis il me faut quelle taille ? ». …. Aller, encore une fois on va dire pourquoi pas… elle aurait pu tomber sur quelqu’un avec « l’oeil » qu’il faut pour les tailles et qui aurait pu la conseiller. Pas de chance, c’était moi, la borgne de service sans vision D ni perspective et absolument aucun intérêt pour la cause vestimentaire. Je réponds gentiment que je ne peux malheureusement pas l’aider, qu’à la limite, j’allais pour proposer une solution bis quand monsieur a balancé avec un sourire goguenard « non mais laisse elle sait pas, elle a commencé hier, ou alors c’est pas son rayon 😀 ». Mais oui, vas-y, déshumanise moi je vais mieux pouvoir t’aider oui ! C’est bien connu, quand on manque de respect aux gens soudainement ils ont des idées qui fusent. J’ai balancé un « non ELLE sait pas et ELLE a encore du boulot » avant de planter les gens et mon sixième carton pour aller mettre les fameuses cisailles en rayon.

Si vous voulez être un connard, la déshumanisation ça marche super bien comme vous pouvez le voir ! Parler à l’autre à la troisième personne marche bien. Une variante c’est de vous foutre ostensiblement de la gueule de cette personne quand elle ne peut clairement rien faire, ou qu’elle n’a pas le droit de répondre. Ça marche bien aussi. Un jour comme ça, alors que j’étais sur le frais (décidément), je galérais foutrement avec mes cartons (paye ta narration redondante…). Étagère du bas, j’ai le corps à moitié dans le frigo, j’essaie de trouver une façon de positionner ma tête et mes épaules pour que mes bras puissent dégager les cartons du fond. L’opération est un peu délicate, et chiante, et prend un peu de temps. Environ deux-trois minutes. Certains clients voulaient des produits sur les étagères du haut. Un client respectueux de ma personne aurait gentiment attendu deux minutes que je finisse de galérer pour accéder à son produit. C’est d’ailleurs ce que voulait faire madame quand elle a vu monsieur s’engager « mais attends qu’elle ait fini ! _Barf ! Elle a l’habitude qu’on l’emmerde c’est bon » … Dis moi connard de merde, tu veux pas t’essuyer les pieds sur mon dos non plus tant que tu y es ? Parce que le temps qu’il se décide (parce qu’en plus il hésitait entre le sandwich de gauche et le sandwich de droite bien sûr), moi j’étais coincée dans l’étagère du bas, le dos tordu, les bras en train de forcer pour maintenir mon équilibre et la prise sur le carton que j’allais pour remettre en place mais que je ne peux plus remettre en place parce que je ne peux tout simplement plus bouger. Mais c’est normal parce que « j’ai l’habitude » ??? Connard, va bien te faire éviscérer en enfer, mais t’inquiète ça sera pas grave, ils ont l’habitude d’éviscérer les gens en enfer. Putain, si les quinze personnes avant toi elles grillent le feu rouge, tu le grilles aussi parce que tout le monde en a rien à battre de mettre les autres en danger ? Les gens sont cons putain les gens sont cons…

Quand tu te rappelles qu’on t’a fait signer un avenant à ton contrat attestant que tu respecteras le SBAM, et que d’ailleurs les portes menant au magasin sont ornées de miroirs indiquant « souriez vous entrez en scène »…. « allez, sois mignon, c’est dans notre contrat ! »

Certains se croient tellement tout permis qu’ils n’hésitent même plus à rentrer dans les espaces pourtant clairement identifiables comme privés. Cela fait déjà deux trois fois qu’on doit faire sortir des clients de la réserve. Non contents de rentrer dans la boulangerie, certains vont jusqu’à te chercher dans la réserve parce qu’ils veulent « du pain pour leur chien ». Et pour vous dire à quel point ça ne leur pose aucun soucis, quand on leur demande de sortir de là, leur première réaction n’est pas de s’excuser; tel un gosse qui se rappellerait soudainement qu’il n’a pas le droit d’entrer dans le bureau, leur première réaction, c’est de rappeler leur demande. Ils sont tellement sûrs de leur bon droit qu’ils sont choqués du fait qu’on commence par leur dire de sortir. Ils insistent et insistent et si limite s’il faut pas qu’on les vire à coup de balais, ce qui bien sûr nous vaut de nous entendre qu’on n’est pas aimables.

Et on peut continuer hein… L’autre jour, grosse grosse journée… un truc de fou. Des files d’attente qui s’étiraient jusqu’à la moitié du magasin… J’étais persuadée d’embaucher à 13h. Je dis bonjour à un collègue que je croise et qui limite me traite comme le messie « ooooh ! la relève ! », je lui demande donc de m’expliquer la matinée… j’ai aucun mal à le croire dans la mesure où à 13h ils sont encore à six caisses et les files sont longues. En regardant sur le tableau des tâches, je réalise que je devais commencer à 13h30. Je ressors pour demander à mon collègue où est la responsable, histoire de savoir si elle veut que je prenne en avance « non mais demande pas ! s’il te plaît pointe ! ». Devant le bordel, je ne me fais pas prier… Du coup, en début d’aprem, je me suis retrouvée à faire plein de petites tâches diverses histoire de remonter le magasin (en gros le remettre en ordre). Je me fais bien sûr à chaque fois alpaguer par des clients qui me reprochent le chaos de la matinée, ou bien me reprochent de ne pas savoir ce qui s’était passé le matin… ce qui bien sûr me met d’excellente humeur. Dans mes missions, on me demande de passer l’auto-laveuse dans tout le magasin. L’auto-laveuse, cet espèce de gros veau super chiant à manipuler au milieu des clients. Un vrai bonheur. Je ne vais pas vite. Mais comme toute l’équipe est déjà hyper stressée de sa matinée (et te rebalance donc son stress dans la tronche), que les clients n’en ont rien à foutre de ta gueule, ce qui devait arriver a fini par arriver. En voulant tourner, j’ai tapé le pied d’un client qui me coupait devant. Je roulais à deux à l’heure, donc je ne pense pas lui avoir fait très mal, mais quand même. J’arrête tout, m’excuse (trois fois), lui demande si ça va et s’il y a besoin de nettoyer ou désinfecter. Si je peux comprendre que cela soit agaçant ainsi que le fait d’être en tort, je ne suis pas sûre de pouvoir cautionner la réponse suivante « non mais putain vous êtes vraiment trop con ! c’est de l’incompétence ! même pas foutue de faire un truc simple ! pis toute façon vous avez pas à faire ça à cette heure-là ! ». J’ai redémarré l’auto-laveuse et je me suis barrée sans un mot de plus. J’espère qu’il y avait une plaie et qu’elle va s’infecter. Na.T’auras une bonne raison de te plaindre si ta jambe est gangrenée !

Tiens d’ailleurs, avant l’auto-laveuse, ce jour-là, on m’a demandé de faire la mise à plat dans le frais (ce rayon me suit jusque dans mes rêves, faut que j’en fasse une nouvelle d’ailleurs…). La mise à plat, c’est quand on enlève tous les cartons vides, qu’on reconditionne ceux qui restent et qu’on range la merde laissée par les clients (parce que pour faire trois pas pour remettre ton article à sa place quand tu peux l’abandonner là ?) Alors que j’arrive enfin au bout et qu’il me reste à finir le rayon des yaourts, un homme ventripotent se sépare de son groupe d’amis parce qu’il veut des yaourts nature. Je suis un peu speed parce que j’ai bien compris qu’il fallait tout faire très vite alors que le rayon est dans un état désastreux. Du coup, je suis un peu hyper concentrée sur ce que font mes bras et mes mains et j’oublient un peu le reste du monde. Si bien que je n’entends pas tout de suite les « hey ! hé ho ! » sur ma gauche. Quand je les entends, je me dis d’abord qu’il appelle ces potes parce que quand même, on en est quand même pas à m’appeler comme si j’étais un chien. Bah si. Du coup ça m’a énervée, alors j’ai mis un point d’honneur à ne pas sortir la tête de mon frigo alors même que les « hého ho ! » continuaient. Quand je suis enfin sortie pour passer au suivant, le mec me balance limite son paquet de yaourt dans la gueule « hé ! Les yaourts là, ils sont sucrés ou pas ? » Je suis prodigieusement agacée de la situation. Ça fait deux minutes que le mec me hèle comme un chien pour une information qu’il pourrait avoir par lui-même ? « Je ne sais pas. Si c’est le cas ce doit être écrit dessus. _Je sais pas lire. » Trop bonne trop conne, je me sens stupide. Sur le moment, prise dans le stress de l’après-midi infernal qui s’annonce, je ne me dis pas « s’il savait vraiment pas lire, il le balancerait pas comme ça, rappelle toi quand c’est vraiment arrivé quelqu’un qui nous a demandé quelque chose de con parce qu’il savait pas lire ». Et puis j’ai pour principe de toujours commencer par croire les gens. Donc je dis que non ils ne le sont pas. Comme je le vois reposer son paquet du coin de l’oeil, je me dis qu’il en cherche peut-être des sucrés, et comme je me sens toujours cons de l’avoir envoyer chier s’il savait vraiment pas lire, je prends deux secondes pour lui indiquer où en trouver des sucrés « oui oui j’ai vu ». Pauvre connard de merde. Le mec en question avait décrété que je ferais le taf à sa place, alors voilà. Le mec n’avait aucun problème à perdre trois minutes de sa vie pour m’humilier pour son plaisir. Trop cool. Sans parler des gens qui ne peuvent vraiment pas lire…

Quand au final, j’ai bien envie de dire aux clients d’aller se faire enculer à sec, mais comme j’ai pas le droit je trouve le moyen de les planter dans leurs conneries. « Non je ne remets pas en cause ton autorité, tu n’en as aucune ! »

Et puisqu’on en est à parler des gens qui te hèlent comme un chiant… Une autre journée de fou (on les a un peu beaucoup collectionnées… d’où, paradoxalement, le manque d’article, comme vous pouvez le voir, j’étais plutôt d’humeur à arroser les gens de napalm que de mon humour noir dévastateur)… Je pointe à 10h, après avoir regardé sur le tableau des tâches, je vois que je suis en caisse. Je sors de la réserve pour trouver la responsable du coffre et récupérer mon caisson. Je n’ai pas fait deux pas hors de la réserve « hep hep hep ! ». Super. Je m’en vais donc voir les gens, qui bien sûr ne daignent pas me dire bonjour, « y a pas les prix ! c’est quoi les prix des abricots ? _Je ne sais pas, je vais aller demander en caisse et je vous dis ça. _Tant que vous y êtes on veut le prix des melons et des pêches ! Y aucune affiche dans votre rayon ! » Regard sur ma montre, il est 10h02… la journée sera longue. Je m’en vais en caisse, salue mes collègues, leur demande les tests prix nécessaires, écrit le tout sur mon bras parce que je sais que j’ai le temps d’être arrêté quatre fois avant de retrouver les clients en question, ce qui laissera le temps aux chiffres de complètement se mélanger dans ma tête. « Quand même. Et sinon l’autre jour on a acheté un filet de pêche, le lendemain elles étaient quasiment toutes pourries ! Vous faîtes quoi dans ce cas ? » Bah je remonte le temps, puis je bloque tes pêches dans un autre espace-temps pour qu’elles pourrissent moins vite. J’avais surtout envie de lui dire qu’elle avait qu’à mieux choisir. Comme jusque là je n’avais eu ni bonjour, ni s’il vous plaît, ni excusez-moi, ni merci… je l’ai plantée là. « Je suis désolée, des tris sont faits régulièrement pour éviter ce type de désagrément. Malheureusement moi je ne peux rien faire de plus. Bonne journée. » Tu veux me prendre pour une conne ? Pas de soucis, je suis pas contrariante, je serai conne, et je ne ferai aucun effort. Merde à la fin. Regard sur ma montre, 10h07. Oh putain…

Pardon lecteur ? Tu es trop jeune pour être un vieux con ? Oh mais ne t’inquiète pas ! J’ai aussi la recette pour être un jeune connard, pas de problème. L’autre jour, j’étais en caisse. Ma collègue me prévient par micro qu’un groupe de petits jeunes va se pointer avec de l’alcool, qu’elle n’a pas tout compris de leur conversation mais qu’elle trouvait ça étrange… une histoire de photo, qu’on n’allait pas poser de question… bref, elle m’enjoint à vérifier les pièces d’identité. Je repère le groupe, et en effet, ce beau monde paraît bien jeune. Genre tellement imberbe que même moi à 13 ans j’avais plus de poils que les mecs à ma caisse. Et effectivement, l’attitude un peu fuyante de qui sait qu’il est pas trop dans son bon droit. Au dernier moment, ils changent pour aller à la caisse de mon collègue derrière, Super Flèche, aka énorme boulet égoïste et non fiable de l’équipe. Ne l’entendant même pas demander de pièce d’identité (sans doute trop pressé d’aller en pause j’imagine…), je me retourne un peu colère et demande à ce qu’on nous présente une pièce. « non mais c’est bon ils sont majeurs _dans ce cas-là il n’y aura pas de soucis à nous montrer la pièce d’identité ». Et nos amis les jeunes ont fait la connerie à ne pas faire : ils se sont énervés. D’expérience, même quand tu te plantes de trois ans, les gens majeurs ne se mettent pas à te traiter de connasse quand tu leur demandes leur papier. S’ils ne l’ont pas ils soupirent, râlent un peu, mais vont la chercher et reviennent. Fin de l’histoire. « Non mais on est majeurs putain ! _Dans ce cas-là montrez-moi une pièce d’identité et nous n’aurons aucun soucis à vous vendre la bouteille. » Là-dessus, la nana me sort son smartphone et me montre la photo du papier temporaire qu’on reçoit après avoir passé le permis, le temps que la préfecture t’envoie le vrai. « Je suis désolé mais ceci n’est pas une pièce d’identité. _Bah si ! Y a mon nom ! Ça dit que j’ai le permis ! _Ce n’est pas suffisant. Ce papier n’est pas une pièce d’identité, il ne comporte ni photo ni date de naissance ni adresse. Qui plus est, une photo ne pourra jamais être considérée comme un papier d’identité. _Bah c’est tout ce que j’ai alors vous vous démerdez vous faîtes avec. _Non. Ce n’est pas une pièce d’identité. En ce qui me concerne c’est non, fin de l’histoire. _Non mais c’est bon elle est majeure putain ! Y a son nom dessus ! _En l’occurrence, rien ne me prouve qu’il s’agisse bien de son nom, de son papier. _Putain vous êtes con ! Hé tu t’appelles bien Ludivine… Ludivine… comment tu t’appelles déjà ? » Ha en voilà un mytho bien préparé ! Je commence à avoir sérieusement envie de leur dire que c’est pas en me gueulant dessus qu’il va leur pousser un poil de slip… Je campe donc sur mes positions, sort de ma caisse et commence les manipulations pour annuler le ticket sur la caisse de mon collègue, histoire de faire comprendre que c’est moi qui commande et que la discussion qui n’avait d’ailleurs jamais commencé est close. « Ouai bah on va aller la chercher la pièce d’identité ! Et ça vous fermera bien la bouche ! _Mais oui, y a pas de soucis Choupinou. Vous nous ramenez une pièce d’identité et je vous vends autant d’alcool que vous voulez. » J’imagine que si la porte coulissante pouvait se claquer ils l’auraient claqué avant de mettre du Maître Gims à fond histoire de faire savoir qu’ils étaient pas contents. Plus tard, je pars prendre ma pause. Au casque, ma collègue, la même que tout à l’heure, m’informe que les ados sont revenus, mais pas avec une pièce d’identité, avec un adulte. Preuve est donc faîte pour toute l’équipe. Quand je reviens, j’en reparle à Super Flèche en lui disant de faire plus attention la prochaine fois… « non mais c’était son père, et il m’a bien dit qu’elle était majeure » Je baisse les bras… y a un moment, qu’est-ce que tu veux dire ? Elle était tellement majeure qu’en rentrant chez elle, elle avait le choix entre sa carte et son père, elle choisit de ramener son père ? Et moi je suis la Grande Impératrice de toute la Chine.

Quand au bout d’un moment, il faut appeler un chat un chat : les clients sont cons et puis c’est tout. « Je pense que je vais renvoyer ce livre à Amazon « Tours d’évasion faciles pour Magicien Amateur » »

Il va être temps d’arriver au bout de cet article avec la fameuse Théorie du Chorizo, baptisée ainsi grâce à mon frère… Une des choses qui m’agacent est de passer mon temps à dire aux clients où sont les choses. Pourquoi ça m’agace ? Parce que si certains semblent vraiment paumés, si d’autres tournent depuis quinze minutes sans voir le truc sous leur nom, ou encore si Monsieur Lidl a décidé que les filtres à café seraient mieux avec l’aluminium et les sacs poubelle qu’avec le café (Monsieur Lidl doit boire du thé) ou bien les cacahuète d’un côté du magasin et les chips de l’autre, l’alcool et le vin d’à côté, la bière de l’autre… certains ne s’emmerdent tout simplement. Quand ils te voient, tu représentent un genre de Lidl Drive à toi tout seul, au point que des fois j’ai juste envie de tendre la main « une pièce pour le guide ». Comment on le sait ? Parce que trop souvent, il te suffit juste de tendre le bras parce que c’est à côté, ou qu’ils viennent purement et simplement de passer devant. Mais je t’entends petit lecteur ! « des exemples ! des exemples ! des exemples ! ». Tu vois comment tu es, en fait tu demandes que ça qu’on te livre l’humanité en pâture… Aller va, si t’as du napalm j’ai des allumettes.

Quand je dois indiquer un produit à un client alors que celui-ci n’est pas à côté, je préfère souvent utiliser un repère plutôt que dire « deuxième allée », je trouve que c’est plus pratique, plus direct. Mais comme d’hab, des fois jme trompe. Une fois donc, une petite vieille vient me demander où est l’huile. Je repère dans ma tête, regarde où on en est « Vous voyez les oeufs là ? _Oui. _Et bien ça sera dans ce rayon-là, juste en face madame ». Elle s’en va donc. Cinq minutes après elle revient me voir « vous vous êtes trompée. Ou Alors ça a dû être changé de place, en face c’est le lait » Ha ouai. J’aurais dû préciser qu’il fallait faire deux pas sur la gauche pour avoir l’huile. Honte à moi.

Une autre fois, alors que je faisais la mise à plat dans le frais (parce que ça faisait longtemps), j’entends une nana dire à sa gamine « non mais je vais pas m’emmerder à chercher quand même » avant de venir me demander où était le truc devant lequel elle venait de passer sans le voir puisqu’elle avait décidé que j’allais le trouver pour elle.

Un autre jour, je mettais le frais en rayon (incroyable non ? ), pareil, la gueule coincée dans l’étagère du bas, à me contorsionner entre deux portes et dix cartons de carottes râpées ou de piémontaise. « Excusez-moi » Oh chouette, une madame polie ! Je m’extraie de mon frigo, j’avais à peine retrouvé un équilibre stable sur mes genoux (parce que je suis accroupie hein, rappelez-vous) qu’elle me colle littéralement un prospectus dans la gueule pour me demander où étaient les tables à repasser, que du coup je ne pouvais pas voir, parce que je vois très mal quand les choses sont à 2 mm de mon visage. D’une, j’ai failli me vautrer, de deux, paye ton invasion d’espace privé… Surtout que si elle avait pris deux secondes pour le lire son putain de prospectus, elle aurait vu qu’il y avait la date à laquelle on les avait. En plus, c’était un mercredi. Alors sans réfléchir j’ai annoncé que c’était pas aujourd’hui, parce qu’on ne reçoit ce genre d’articles que les lundi et jeudi…

Et ce même jour, genre dix minutes après… alors que j’écrase un peu mes cartons avant de partir en pause (parce que j’ai un peu rappelé que j’étais là depuis 5h et que pour une fois j’aimerais bien ne pas me faire avoir en ayant ma pause à 11h…), un vieux me fonce dessus « c’est où le chorizo ? _Vous venez de passer devant… _hahaha » lol.i.lol. Comment on en arrive  la Théorie du Chorizo ? Je suis du genre à beaucoup prendre sur moi. Paradoxalement, je râle beaucoup sur mes machines, mais je perds assez rarement mon sang froid face aux clients, au point que mes collègues savent que je commence effectivement à le perdre, il devient urgent de me faire aller en pause sous peine de voir de la cervelle de fada sur les murs… Du coup, quand je rentre du taf, ou quand je suis avec des collègues à la pause, faut bien que j’évacue. Alors je raconte toutes les merdes, les petits et les grosses, les agressions, les petites et les grosses, jusqu’à ce que mon cerveau puisse à nouveau fonctionner correctement. Donc mes parents et mon frère ont l’habitude de me laisser un temps où je vide juste mon sac en insultant la terre entière et sa mère (carrément, j’ai peur de rien moi). Un jour une de ces conversations s’est fini ainsi :

Mon père : Vivement que t’ais fini de bosser là-bas… y a ta vision de l’humanité, qu’était déjà pas bien haute, qui est en train de sérieusement se dégrader.
Mon frère : Mais non, elle se dégrade pas. C’est tout pareil. C’est juste que maintenant elle a des mots. Tu vois les fois où elle s’énerve parce que la société fait n’importe quoi et que c’est pas juste ? Bah maintenant elle sait. Parce que si les gens ils ont la flemme de chercher le chorizo alors qu’ils passent devant, comment tu veux qu’ils travaillent à la paix dans le monde ?
moi : Putain t’es un génie OO

Bon d’accord, c’est un peu gros. Mais il y a des moments comme ça, où tu réfléchis quand même beaucoup au potentiel des gens… Quand tu les vois te faire un sourire gentil parce que tu viens de te faire lourdement draguer (je vous raconterai une autre fois), ou qu’un vieux à cramer ses fusibles en hurlant, quand ils ramassent un carton abandonné au milieu du rayon, quand ils laissent passer la femme enceinte ou le papy et sa jambe en plastoque sans qu’on leur demande de respecter la priorité, quand ils filent les 10 centimes qui manquent au client précédent, qu’ils te laissent boire un coup d’eau, qu’ils te demandent comment ils peuvent te rendre la tâche plus facile, etc etc c’est con, mais ce sont des actions d’empathie gratuites… Alors qu’à l’inverse, quand ils décrètent que c’est ok de te marcher dessus parce que tout le monde le fait, normal de même pas te dire bonjour, en ont rien à foutre de pourrir la vie, t’humilient pour leur plaisir, te rabaissent au stade de machine, t’accusent de tous les mots de la terre…  bah perso je me dis que j’aimerais pas que ma vie dépende de leur forfait téléphonique. Et voilà donc la Théorie du Chorizo : certaines personnes considéreront que c’est toi à de trouver le chorizo pour elle, de le couper et compagnie, et d’autres t’en proposeront une tranche.

C’est donc sur cette pseudo philosophie de comptoir que je vais vous laisser ! L’article est long, mais encore une fois, j’en ai laissé plein de côté… Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter.

La chanson de la semaine c’est le retour de Dir en Grey que je découvre avec un peu de retard… mais qui fait vraiment plaisir !

Et une découverte musicale grâce à L’Oiseau Lyre

Le concept, le pragmatisme et Gérard.

La dernière fois, je parlais de la paranoïa des clients, mais peut-être qu’il est temps que je parle de la mienne. Parce qu’à force de bosser là-bas, je finis vraiment par avoir la sensation que tout est fait pour m’emmerder. Et je ne dis pas ça parce que mon bras droit a l’air de sortir tout droit d’un film de zombis de mon frère après avoir passé deux jours à mettre le frais en rayon. Je dis ça parce que, clairement, les cartons veulent ma peau.

« Quand tu te réveilles le matin en pensant qu’on est vendredi… mais qu’en fait on est seulement jeudi. »

Le nouveau truc maintenant dans ce nouveau magasin, à chaque fois que je signale quelque chose, ou demande une modification histoire de nous simplifier la vie, on me répond de façon quasi systématique « c’est pas concept ». Ha. Passons sur le fait que ça ne veut absolument rien dire (non, on ne peut pas utiliser un nom comme si c’était un adjectif et prétendre que ça fait parfaitement sens. On. ne. peut. pas. Fuck you marketing team…), et faisons semblant que ça veuille dire quoi que ce soit… Je sais, ça demande un effort, mais comme tout mot pseudo-technique employé dans n’importe quel milieu professionnel, à force de te l’entendre répéter, tu finis par croire que ça veut vraiment dire quoi quelque chose. (genre à MacDo, je trouvais très français de dire « je fais la close ce soir ». Voilà voilà)(la domination sera linguistique ou ne sera pas)(et la parenthèse n’est pas domination malheureusement) Commençons simplement voulez-vous…

Maintenant, toute la façade du magasin est une immense baie vitrée, ce que la claustrophobe en moi apprécie moultement tandis que la photosensible en moi le déplore tout aussi fortement. La sortie se fait dans le coin du magasin. En fait avant, on avait un sas de sortie et un sas d’entrée bien distincts, alors que maintenant on a un seul grand sas en coin qui donne d’un côté sur la porte d’entrée, de l’autre sur la sortie (c’est très clair je te jure). Le long de la baie vitrée, deux issues de secours, des portes qu’il faut ouvrir en appuyant sur une poignée. Dessus, il est clairement écrit « issue de secours » à « hauteur d’yeux » (les guillemets c’est parce que l’hauteur d’yeux en question elle est réglementaire, pour ne pas dire réglementée…) en vert. Bien entendu, les issues de secours sont ouvertes dans la journée, sinon ça servirait un peu à rien (mais juste un peu). Et les issues de secours sont mises sous alarme à longueur de journée, si bien que comme n’importe quelle porte du magasin, si on l’ouvre sans le badge, l’alarme sonne. Vous commencez à le voir venir où je prends quand même la peine de vous le raconter ? Aller je vous raconte, j’ai rien d’autre à foutre (à part regarder Indi dormir au bout du canapé, ce qui est tellement mignon que j’ai presque l’impression de ne pas passer un été de merde par excellence). Régulièrement, nous avons donc des clients qui sortent par l’issue de secours, ce qui fait retentir l’alarme, ce qui nous oblige à appeler un responsable pour qu’il ou elle arrête le supplice d’un coup de badge magique. Plusieurs choses… Déjà, que quelqu’un m’explique pourquoi les issues de secours sont sous alarme. Une alarme dans un magasin, c’est pour te faire savoir quand quelqu’un force l’entrée non ? Quelle est la logique ? Qu’on les branche quand le magasin est fermé, là aussi ça a du sens (quoique, j’imagine que tout est centralisé, alors si le mec a niqué l’alarme au centre, il les a toutes niquées non ? genre ça n’arrive pas ça : « mouhahaha, j’ai niqué l’alarme de l’entrée et même celle du coffre ! je suis trop fort ! tiens pour le fun je vais sortir par l’issue de secours » *TULUTULUTULUTLUTUTLUTUTLUTLUTLU* Non, je ne pense pas…), mais en journée ? Quelle est l’utilité d’une telle démarche ?? Qu’on m’explique pourquoi mes tympans méritent pareille agression régulièrement dans ma journée de travail… Sérieusement, je vais me coucher, j’entends encore les alarmes dans ma tête… Que les gosses ne voient pas l’inscription, je peux entendre. Pour certains, elle est genre trois têtes plus haut que leurs yeux… et d’autres savent même pas lire… ou alors pas le français… Quant aux adultes… deux choses. À notre défense : quand vous allez dans un magasin, à part celle des toilettes (si tant est qu’il y en ait), est-ce que vous ouvrez la moindre porte ? Non. Le client étant roi, faudrait pas trop qu’il se fatigue, alors les portes s’ouvrent par magie devant lui. TADA. Du coup, les clients qui sortent par là ne devraient-ils pas tilter que s’ils doivent produire un effort, aussi risible soit-il, pour sortir, c’est sans doute qu’il y a un soucis ? À la défense des clients (autres que les enfants que pour une fois je vais excuser)(après tout leur plus grand crime est d’exister mais à la limite, ça non plus ils y sont pour rien) : il est bien indiqué issue de secours, mais en vert avec une vue dégagée sur le parking gris et les plates bandes vertes, dans une écriture toute fine police 12 (et encore). Du coup, si tes yeux ne tombent pas dessus, je peux entendre que tu ne vois pas l’indication. Bon je peux l’entendre parce que je n’ai pas entendu l’alarme ce matin et que j’écoute du Dir en Grey… parce que dans les faits, cet alarme me vrille tellement la gueule sur le moment que j’ai juste envie de leur éclater les dents sur le mur.

Mais comme un tel comportement ne rentre pas dans le cadre du SBAM, j’ai demandé à ma responsable s’il ne serait pas plutôt possible d’accrocher une affiche rouge sur la porte, histoire que cette fois les gens tiltent vraiment : c’est visible et ça ne bloque pas la sortie. « c’est pas concept ». Ha. C’est quoi le concept ? Qu’on soit tous sourd à la fin de l’été ? Qu’on ait tellement bouffé cette alarme dans la gueule qu’on démolisse le coupable alors que dans le fond l’erreur peut être compréhensible ? Et du coup, un taser c’est concept ou pas ? Non mais je demande hein… y a peut-être une case dans le bon de commande pour ça…


Pendant ce temps-là, dans le salon, mon frère rentre alors que j’écoute Moonspell un peu fort

moi : je t’avais pas entendu rentrer.
lui : non je me doute. 
moi : faut bien que la campagne ait des avantages !
lui : non pis je comprends, t’as des enceintes géantes alors t’es là « oh un peu plus fort, tiens encore un peu plus fort, un petit plus fort encore, bon j’ai les oreilles qui saignent mais on doit pouvoir mettre un peu plus fort »
moi : ah bah comme dirait papa, « les guitares c’est comme les graisses on les aime saturées » ! 


« Je suis à moitié procrastinateur et à moitié sociopathe. Donc je te tuerai demain… ou peut-être le jour d’après. »

Mais continuons donc sur nos bons concepts ! Figurez-vous qu’une poubelle non plus, c’est pas concept. Voilà. Alors qu’est-ce qu’on nous a collé comme poubelles ? Dans le hall d’entrée, nous avons des « poubelles » : dans un renfoncement du mur, vous avez quatre trappes « déchets quotidiens » « papier, carton » « pile » « ampoule ». Du coup vous allez me dire « mais qu’est-ce qu’elle nous chie, elle voit bien que y en a des poubelles ». Ha haha. Que tu es naïf petit lecteur ! Sache que le monde recèle autant de secrets dégueulasses que ces poubelles cachent de merde ! Car si elles ont tout de l’apparence designée de la poubelle « concept », dedans, c’est tout vide. Rien n’est prévu pour un sac, ou un éventuel contenant. Alors qu’est-ce qu’on met ? Des cartons de boulangerie dans lesquels nous sont livrées les baguettes. Résultat ? La poubelle « piles » doit être vidée régulièrement sous peine de ne pas pouvoir la soulever puisque pas de prise (et les cartons lidl c’est pas les plus solides du monde)(mais on va y revenir !). Quant à la poubelle « déchets quotidiens », il faut la vider à la main dans un sac poubelle digne de ce nom parce qu’il faudra quand même recycler le carton. Conseil : mettre des gants. Parce qu’entre les bouts de verre (bande de connards), les canettes pas vraiment finies, les trucs qui ont commencé à moisir et dégouliner, c’est pas trop la joie. Je veux bien que bosser à MacDo m’est quelque peu endurcie niveau dégueulasserie (si toi aussi tu as déjà eu à vider les bacs de graisse des grills, tu sais de quoi je parle), c’est quand même pas la joie quand après faut que tu retournes en caisse. Un vrai putain de bonheur. Changer une poubelle devrait me prendre cinq minutes top chrono. Mais avec ce brillant système très concept, il m’en faut quinze. Vous êtes des génies les mecs ! C’est joli, certes, mais ce n’est ni pratique, ni efficace, et pas tellement hygiénique. Well done.

Mais non, je n’ai pas fini ! Comme ce n’est pas suffisant (parce que dans un monde capitaliste, enough is never enough, on n’en fait jamais assez), il n’y a pas de poubelle dehors du tout. Par contre, il y a un cendrier. Au début, je trouvais ça plutôt bien, ça manquait dans l’ancienne configuration, du coup les gens les jetaient partout et c’était franchement dégueulasse (surtout quand t’es le couillon désigné pour aller ramasser). Au moins maintenant, on en retrouve plus partout. Un bon point pour Monsieur Lidl. Sauf que comme y a pas de poubelle, que se passe-t-il ? Et bien il arrive que les clients n’aient pas l’idée d’abandonner leur ticket de caisse ou la petite merde X ou Y à ta caisse, ou par terre dans le hall. Ils sont pris d’un regain de non connerie, et du coup, ils le mettent… dans le cendrier. Alors là lecteur, il va falloir que tu sois très attentif… À ton avis, il se passe quoi quand on met des bouts de papier dans un cendrier où des gens éteignent leurs mégots ? Ne crois pas que je te pose la question parce que je te crois débile ! Loin de moi cette idée saugrenue, après tout on ne se connaît pas… Mais apparemment la réponse est loin, très loin d’être évidente, alors je me dis que peut-être on pourrait jouer aux devinettes… Eh bien figure-toi lecteur que quand on met des bouts de papier et un élément en feu (même tout petit) dans un tube d’acier, et bien ça brûle. Incroyable non ? En une semaine, ça fait déjà deux fois qu’ils nous mettent le feu au cendrier. Ce qui amuse drôlement la pyromane en moi, mais bon quand même. J’ai donc eu l’occasion de passer pour une psychopathe puis que la conversation s’est déroulée comme suit : une dame rentre un peu paniquée dans le magasin et me saute dessus : « y a le feu ! le cendrier brûle, ça fume ». Effectivement, je constate que ça fume sacrément noir. Deux secondes de réflexion afin d’évaluer le potentiel danger direct… mon cerveau arrive à la conclusion que dans la mesure où le cendrier est un tube clos, le feu va mourir de lui même tôt ou tard, et comme le truc fume comme pas permis, personne ne va avoir l’idée de le toucher, donc personne ne risque de se brûler. J’en conclus que je peux terminer ce que je fais et aller m’occuper de l’importun. « Bah, il va pas aller bien loin de toute façon, je finis de m’occuper de mes clients et j’y vais. » Apparemment, vue la tête de la dame, ce n’était pas la réaction attendue. Ceci dit j’avais raison : dix minutes après même pas, n’écoutant que mon courage, je me saisis d’un seau d’eau ayant contenu des fleurs et m’en vais affronter les flammes. Le combat fut bref, mais elles luttèrent héroïquement. Le souvenir de leur agonie restera à jamais gravé dans ma mémoire, toujours je porterai ce poids sur ma conscience. Attendez je crois que des tartines de nutella m’appellent, je reviens !


Pendant ce temps-là, dans les rues de Nantes, je marche avec ma super copine, quand soudain, elle s’arrête net et s’écrit : « Regarde ! Une librairie ! On y va ? ». Mais que voilà une définition du shopping qui me plaît !


Quand mes cartons commencent à me gonfler et que je leur apprends la vie. « Je pense qu’il a compris la leçon, maintenant il y réfléchira à deux fois avant de squatter le coin de soleil ! »

Cette fin de semaine, j’ai gagné le droit de faire le frais… j’ai eu la joie d’y passer pas mal de temps… un vrai bonheur… comme peuvent d’ailleurs en témoigner tous les points de suspension de cette phrase… Le frais c’est la quintessence de tout ce qui est chiant dans la mise en rayon… Tout y est pour te faire chier… Rotation des produits (dates les plus « loin » dans le fond), « ouverture » cartons à faire (arracher un bout du carton pour que les clients puissent avoir accès facilement au produit, notamment pour les étagères du haut), rapidité obligatoire car chaîner du froid à respecter, palettes mal conditionnées, clients qui se servent directement dessus, et surtout, cartons mal pensés et rayon conditionnés au poil de cul près. Sérieusement, tu sens que le truc est pensé pour qu’il n’y ait pas un millimètre carré sans marchandise proposée à la vente. Tout est hyper serré, des produits sont placés hyper haut (à tel point que j’hésite toujours à faire ma rotation à l’envers, car les clients se serviront dans les cartons du bas de la pile puisque ce sont eux qu’ils atteignent le plus facilement… mais comme je risque d’être la seule à le faire, ça va tout mélanger les dates alors je m’abstiens) et vraiment… ces putains… de cartons… de merde… Bordel mais même le carton il est lidl ! Je vous jure, on la sent l’économie de bout de chandelle sur la matière première ! Les cartons sont fins au possible, si bien que la moindre humidité les ramollit et les fait se déchirer sous le poids des yaourts… ce qui n’est absolument pas un problème puisque comme chacun sait : y a jamais la moindre humidité dans un frigo ! Jamais ô grand jamais ! J-A-M-A-I-S ! MAIS BORDEL DE CONS DE MERDE ! Donc… tu prends ton carton sur ta palette, celui-ci commence déjà à se tordre, se plier. Tu constates qu’il faut que tu fasses une rotation complète, à savoir, sortir les six cartons du même produits déjà en rayon pour foutre le tiens en dessous, puis remettre le tout. SAUF QUE ! Ces six cartons-là, ils avaient eux aussi déjà commencé à se tordre et se plier sur la palette quand ils ont été mis en rayon… et ils sont encore plus humides après le frigo… et comme ils sont serrés ratatinés contre ceux autour parce que limite t’es obligé de les enfoncer à coup de marteau pour qu’ils rentrent entre les références autour parce qu’il n’y a pas d’air du tout ! y a pas un millimètre de marge de manoeuvre ! Alors forcément, bah le carton humide, quand tu essaie de le sortir avec son poids de marchandises dedans, que tu dois l’extirper du rayon plus que le retirer, il se passe quoi ? Bah il se déchire ! Et si t’es un gros winner of da life, et bah des fois, les packs de yaourts dedans, et bah ils font pareil ! Voilà. Tout se déchire sous tes mains au point qu’au bout de la moitié d’une palette tes mains sont bleues à cause de l’humidité et de la peinture des cartons. Et attends parce qu’une fois que tu as quand même réussi à extirper le tout en réussissant à n’avoir aucune perte, sans déloter les yaourts, mais pas sans avoir insulter leurs mères à tous, cartons et yaourts (l’autre matin avant l’ouverture, ma responsable m’entend râler et jurer vertement, mais a eu la bonne idée de me laisser m’énerver dans mon coin), que tu as trié tes dates au cas où la rotation ça serait un peu la fête du slip, que tu as posé le carton que tu voulais mettre en rayon, non sans avoir forcé comme un bourrin, parce qu’en plus les coins des cartons se coincent les uns dans les autres, ou encore dans les équerres des étagères, et bah après, IL FAUT REMETTRE LE TOUT ! Il faut remettre des cartons encore plus humides, encore plus disloqués, encore plus déchirés, encore plus abîmés, dans un rayon tellement au poil de cul que tu te demandes s’il faudrait pas mettre dix plaquettes de beurre en frais magasin direct parce que peut-être ça glisserait mieux, sans te tromper dans l’ordre des dates, avec parfois des clients qui viennent t’interrompre, et la petite voix dans ta tête qui calcule combien de temps ces cartons ont passé hors du frigo, combien de temps tu mets sur ta palette totale et elle se demande à partir de quand tu auras définitivement rompu la chaîne du froid et putain y a un fromage blanc qui vient de t’éclater à la gueule ET BORDEL DE TA MÈRE LA PUTE EN STRING DE BORDEL DE BITE À CUL ! Merde. Même un fist dans un mec constipé ça passe plus facilement bordel. Ha oui pis bien sûr, j’ai oublié de vous dire que pendant ce temps-là, les cartons en question vous déchirent les bras parce que mettre des cartons en rayon c’est encore plus dangereux que de jouer avec un chat.

Alors du coup, forcément, quand je suis levée depuis 4h du mat, que j’attaque la 5ème palette de frais, que mon collègue râle autant que moi (mais pas tout à fait dans le même style, disons qu’il est moins véhément), je me mets à imaginer à quoi peut bien ressembler la réunion des monsieurs en cravate de chez Lidl qui nous ponde ces chouettes petites idées…

« Ouai alors dans la nouvelle version, les frigos, on met des portes ? Aller ! On met des portes ! C’est grave stylé les portes !
_Le truc Gérard c’est que si on met des portes, bah c’est pas pratique pour la mise en rayon… tu sais ils vont pas avoir assez de mains pour les tenir ouvertes, et puis y aura forcément des articles qui tomberont en plein entre deux portes…
_Bah, pendant ce temps-là ils ont pas le temps de lire la convention collective !
_Bien ouèj Gérard ! Comment on fait pour les commandes ?
_Alors moi je propose qu’on leur colle 25 cartons de crème aux oeufs.
_Mais pourquoi autant ??
_Parce que j’adore la crème aux oeufs. Alors il faut qu’ils aient plein de crèmes aux oeufs. C’est bon la crème aux oeufs.
_T’abuses Gérard, ça va les faire chier quand même.
_Mais non ! T’as qu’à les envoyer à la place d’un truc genre les brassés aux fruits.
_Ça se vend pas vachement bien les brassés aux fruits ?
_Aucune idée, j’en achète jamais. Du coup c’est pas trop grave s’ils ont pas de stock.
_D’ailleurs en parlant des stocks, on a réglé cette histoire de date ?
_T’emmerdes pas ! Tu leur envoies trois quatre dates différentes par référence, ça aussi ça va bien les faire chier !
_Putain Gérard t’es on fire aujourd’hui !
_Ouai, j’ai vidé ma corbeille à papiers dans le cendrier !
*rires gras autour de la table*
_Attendez attendez ! Je sais ! Tu sais les cartons pour les bocaux d’anchois ? Pense à les faire tous fins, et surtout, pas assez haut pour empêcher l’anchois de se casser la gueule.
_T’as déjà fait mieux Gérard.
_Ok, alors que dis-tu de mettre tous les cartons de surimis en dessous de la palette, et dessus, on monte des piles et des piles de cartons de salades toutes faites genre piémontaise et autre ? Histoire de les faire voyager jusqu’à la tour de Pise.
_Gérard… t’es un génie… putain, c’est tellement beau quand tu parles j’en ai la larme à l’oeil… »

Je suis sûre que ça passe à peu près comme ça ! Bon d’accord, on n’est pas à la virgule près non plus, mais je suis persuadée que je suis pa loin… Y a beaucoup trop de Gérard à lidl !


Pendant ce temps-là, dans le couloir, mon frère rentre en imitant le chat :

« Je suis làààà ! Est-ce que tu as bien entendu que j’étais là ? Parce que je suis là ! je suis rentré !
_Pourquoi tu fais ton Gribouille ?
_Bah parce que comme t’es toute seule tout le temps à la maison en ce moment, jme suis dit ça se trouve elle en profite pour se balader à poil. Alors du coup je te préviens ! Comme ça on évite les incidents ! »


Aller promis, la prochaine fois on parle à nouveau des conneries des clients… J’avais juste envie de changer !
Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter (ce qu’il est un peu con de préciser vu que la plupart d’entre vous arrive de là mais bon, question de principe !)

La chanson de la semaine, le retour de Betraying the Martyrs :

La théorie du complot et la politesse.

Mais voilà déjà trois semaines que je ne vous ais point raconté mes aventures lidliennes ! À tel point que je ne suis même pas sûre de me souvenir de tout ce qui a pu se passer depuis tout ce temps… je m’en vais donc essayer de vous retrouver les plus mémorables…Sans plus attendre et sans transition donc !

En effet, le café me paraît un bon début.

Ces dernières semaines, j’ai pu constater un truc assez étonnant chez nos amis les clients (dit-elle comme elle parlerait de « nos amis les bêtes »)(ha non non, je parle beaucoup mieux des bêtes), une espèce de tendance qui se résumerait ainsi : beaucoup d’entres eux sont intimement persuadés que nous sommes là pour les arnaquer. Alors qu’en fait non. On est là pour faire du fric. Pardon, je rectifie. On est là pour que Monsieur Lidl fasse du fric, la nuance est importante. Et je l’ai déjà dit, mais si Monsieur Lidl est un arnaqueur, c’est le plus mauvais arnaqueur de toute la terre. Genre même moi qui ne sait pas mentir et suis dotée d’un visage se sentant obligé de vous expliquer ce que je pense, je serai meilleure arnaqueuse que Monsieur Lidl si je me donnais la peine de cracher sur mon intégrité. Parce que Monsieur Lidl écrit les règles du jeu tout partout, il faut juste se donner la peine de les lire (juste). En attendant, le constat est simple : nous sommes sciemment là pour arnaquer volontairement les gens. Tels des méchants de comics, les employés lidl cherche à soutirer le plus d’argent possible des poches des honnêtes citoyen comme n’importe quel politicien d’ailleurs. Ça aussi ça revient souvent. Alors je ne sais pas si c’est juste la sensation d’enculage qui revient au même, où juste si le rapprochement entre capitalisme et politique est devenu tel qu’on ne fait plus la différence entre l’un et l’autre. En attendant, ça donne des situation au ridicule consommé sans modération.

Une collègue m’appelle en caisse, apparemment il y a une promotion sur les paquets de chips et elle ne s’est pas faite. Je vais voir en rayon ce qu’il en est et constate qu’il y a bien une promotion… sur trois paquets achetés. Or la cliente n’en avait que deux. La cliente n’a lu que le chiffre en gros sans voir qu’il était précisé « x€ l’unité, pour trois achetés, sinon c’est y€ ». Alors certes, le tarif Y était écrit en plus petit, mais c’était quand même très largement lisible. Je reviens donc en caisse et explique ceci à la cliente qui de rage décrète qu’elle veut être remboursée parce que c’est de l’arnaque votre truc.
Une collègue m’appelle parce que le melon ne passe pas au bon prix. Je vais « vérifier » en rayon. Je mets des guillemets dans la phase précédente car je vais moins vérifier que faire genre que je vérifie, le fait est que je sais déjà très bien ce qui s’est passé. Le melon du monsieur est passé au bon prix. C’est juste qu’une autre sorte de melon était moins chère, du coup le client a considéré que c’était à ce prix-là. « C’est mal foutu votre truc ! c’est pas clair ! ». Je me demande vraiment ce qu’il vous faut de plus que des pancartes « melon charentais » « melon canaris » « melon galia ». Si tu as un doute sur qui est qui (ce qui après tout est possible), tu demandes. Gentiment (on va y revenir à ça d’ailleurs, j’en ai marre faut que je vide mon sac à ce sujet.). Et voilà.
« La moustiquaire ne passe pas au bon prix ! C’est pas 23€ ! » « Dis moi chère Grande Responsable Non-Food de mon coeur, on a plusieurs références de moustiquaire ou on a un problème de prix ? _On a plusieurs références, plusieurs tailles donc plusieurs prix. Mais bon les gens ils voit le prix qu’ils veulent toute façon ! » J’explique donc à la cliente qu’il y a dû y avoir mélange dans les bacs et que celle-ci passe bien à ce prix-là. « Non non moi j’ai vu 16 ! _Ça devait être une autre référence madame. Du coup que fait-on ? Vous la prenez quand même ou je l’annule ? _Mais non ! Moi c’est une de cette taille et blanche que je veux ! _Donc elle est à 23€ _Non ! » MAIS SI ! Alors maintenant tu fermes ta gueule ou je te la fourres dans le cul ta moustiquaire !!! « Toute façon c’est mal foutu votre truc » Ça tombe bien, toi aussi. Voilà.
« Les vins ils sont sensés passer à -50% la deuxième bouteille. » S’en va vérifier, reviens. « Vous n’avez pas pris la bonne. C’est le fin en dessous qui est en promotion. _C’est mal foutu !!! Non mais vraiment c’est pas clair, comment on est sensé savoir ? _Il y a le nom du produit en promotion sur l’affiche du prix, ce même nom qui est aussi sur l’étiquette de la bouteille. _Alors partout ailleurs les affiches sont en dessous des produits sauf chez vous où c’est au dessus alors forcément on se fait avoir ! C’est de l’arnaque votre truc ! » Exactement. D’ailleurs quand ils ont choisi de mettre les affiches au dessus des produits plutôt qu’en dessous, c’est exactement ce qu’ils se sont dit. « On va indiquer très clairement sur toutes les affiches à quel produit elles correspondent MAIS on va les mettre AU DESSUS des produits ! _Putain Gérard, t’es un génie ! » Grands dieux, les réunions marketing chez lidl ça doit faire fumer du cerveau bac +5 c’est moi qui te le dit… Alors par contre pour la domination du monde on repassera…
« Le pain ciabatta il est indiqué à 29 centimes » Cette déclaration me laisse un peu circonspecte. Ça me paraît franchement pas cher du tout pour un pain. D’autant que je sais qu’il est en promo, et que le ticket indique bien qu’une réduction a été faite, et que le pain en question passe à 79 centimes au lieu de 99. Donc bon… Je me doute que vraissemblablement il y a erreur de la cliente (comme environ 80% des fois…), mais par acquis de conscience, je demande quand même à un collègue au micro d’aller vérifier de quoi il retourne. Par chance, le collègue en question avait enfin daigné sortir le micro de sa poche pour le mettre sur son oreille. « Il passe bien à 79centimes, mais M. s’est planté quand elle a mis dans les bacs, donc certains se retrouvent dans le mauvais bac, mais sur l’étiquette c’est bien marqué « croissants 29centimes » (NDR : j’ai pas compris c’était le bac de quoi au juste, mais dans l’histoire on s’en fout). J’explique donc à la cliente qu’il y a eu erreur de notre part au niveau de la mise en rayon, que si elle le souhaite je peux rembourser le pain si finalement elle n’en veut pas. Elle hausse un sourcil, commence à me dire qu’elle l’a vu à ce prix. Je la coupe aussitôt « il y a eu erreur de notre part au niveau de la mise en rayon mais le pain ciabatta est bien indiqué à 79 centimes et l’étiquette indique bien que ce sont les croissants qui sont à 29 centimes ».
« Votre collègue s’est planté ! Il n’a pas fait la réduction !!! » Oh ! Tout doux Tornado ! Déjà bonjour et c’est bon, y a pas mort d’homme. Ok, il n’a pas vu l’étiquette et n’a pas appliqué le rabais, mais c’est bon, je vais te le faire…
À ma caisse, une cliente achète deux pâtes feuilletées. L’une est en rabais (= la DLC est dans quelques jours, du coup le produit est à -30%), l’autre est en 0 gaspi (= nouvelle procédure de Monsieur Lidl que je valide à 100%, le jour de la DLC, les produits en rabais non vendus sont enregistrés en perte, et mis en vente à des prix dérisoires, genre 50 centimes pour de la viande, ou là 20 centimes, dont une partie s’en va au restau du coeur ou autres assos). Elle me demande si les deux sont passées à 20 centimes. Je suis alors prise d’un doute en me disant que j’ai peut-être raté l’étiquette 0 gaspi, je vérifie, il n’y en avait pas. La cliente ajoute « ce sont les mêmes ! ». Je comprends « ce sont les mêmes dates », du coup je vérifie les DLC en me disant que peut-être l’une d’elle a échappé au collègue en charge de ça. Les dates sont différentes alors je confirme que l’une est bien à 20 centimes et l’autre même pas 1€. « Oui mais j’aimerais bien qu’elle soit à 20 centimes ! » Bah oui, mais non. Et elle n’a pas à l’être… Il n’y a pas d’oubli de notre côté, et rien n’indique d’ailleurs qu’il puisse y en avoir. Tu aimerais certes, mais ça ne change rien…
Tiens tant qu’on parle du 0 gaspi… Quand on peut, on met aussi les légumes en 0 gaspi. En gros, on prend une cagette, et on la remplit de légume qui font un peu la gueule en rayon (et qui donc ne se vendront pas de toute façon), on met le tout en vente pour 1€. Et quand je dis qu’on remplit la cagette, ce n’est pas une expression. Pour 1€, vous pouvez donc avoir : un chou-fleur, une ou deux salades, des carottes, des courgettes, et quelques fruits. Alors certes, il faudra couper des bouts des fruits, enlever quelques feuilles à la salade et les pointes des carottes, mais ça reste quand même hyper avantageux. Ces cagettes sont mises en bout de caisse. Je vois des clients regarder alors je leur explique le principe. Ils regardent les différentes cagettes (leur contenu varie) : « elles font la gueule leurs carottes, pareil pour les salades ! feraient mieux de les donner oui « . Putain. Comme vous commencez à le savoir, je n’ai pas l’esprit corporatiste, et je suis la première à descendre l’entreprise en flèche quand elle prend des décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord mais alors là… Monsieur Lidl ne fait aucun profit sur cette vente, les légumes en question sont enregistrés en perte. Non seulement il ne fait aucun profit mais en plus l’argent est reversé à des assos caritatives. Et oui les légumes font la gueule, c’est le principe, mais franchement, pour le contenu, 1€, c’est donné. Pour la seule et unique fois dans ce magasin, tout le monde est gagnant, SAUF Monsieur Lidl (enfin si, il l’est quand même un peu, ça fait du bien à son image de marque, faut bien le dire). Alors merde. J’en ai marre de ces gens qui veulent tout tout de suite sur un plateau d’argent avec le petit doigt en l’air. Tu veux des légumes gratuits ? Fais les pousser dans ton jardin. Fin de la négociation.


Pendant ce temps-là, dans ma cuisine :

Ma mère : tu peux t’occuper des pâtes ?
moi : oui, tu veux quoi dedans ?
elle : Mets des fils.
moi : …. tu veux dire du fromage râpé ?
elle : bah oui !
moi : c’est quand tes vacances déjà ?

« Quand tu as pris trop d’herbe chat… et que tu commences à te demander si le chien ne complote pas pour te tuer »

Vous me dites quand vous en avez marre. Parce que ce genre de truc arrive une fois par jour au minimum. Ça arrive encore et encore et encore. Ça arrive tellement souvent qu’il y a des erreurs des clients qu’on connaît par coeur. On va vérifier par principe. Parce que le fait est que si l’erreur est humaine, la plupart du temps, c’est quand même bien le client qui se plante. Alors je me répète mais… c’est écrit.
C’est écrit c’est écrit c’est écrit c’est écrit c’est écrit
c’est écrit
c’est écrit
c’est écrit
c’est
écrit.
Merde.
Et ce que je ne m’explique pas, c’est que si tu pars du principe que de toute façon, tu vas te faire enculer, pourquoi tu n’amènes pas ton propre tube de vaseline ? Pourquoi tu ne fais pas plus attention ? Je veux dire, on le sait tous les promos, c’est comme au casino, c’est toujours la banque qui gagne. Il est évident que Monsieur Lidl (ou Super U ou Intermarché ou tout ce que tu veux) n’est pas perdant. À toi de voir si tu l’es. Est-ce que tu voulais vraiment des chips puisqu’apparemment tu t’en passes très bien ? Est-ce que tu voulais vraiment de ce vin puisqu’apparemment tu n’as pas lu l’étiquette sur al bouteille ? Est-ce que tu voulais vraiment un melon puisqu’apparemment tu n’as pas cherché à savoir à combien était vraiment celui que tu voulais ? Ou bien tu as juste vu le prix et tu as oublié tout le reste ? Tellement de fois je dois faire des remboursements ou des annulations à des gens qui sont les seuls responsables de leur erreur. Et en plus, en bonus, jme fais insulter pour avoir tenté de les enculer. (et non, cette vulgarité-là n’est pas la mienne). Alors soit les gens sont cons de base, soit de toute façon ils sont tellement persuadés que c’est comme ça que ça se passe qu’ils se disent que ça ne sert plus à rien de faire attention. Ou alors, je laisse libre court à la paranoïa, et je me dis qu’ils font exprès de se faire avoir pour nous engueuler de s’être fait avoir par la suite. Parce que oui la paranoïa c’est contagieux, à force de s’en prendre plein la gueule pour un oui pour un non, à force d’en voir chercher activement une raison de nous engueuler, on vire parano. On anticipe, on sait qu’on s’en prendra dans la gueule pour telle ou telle raison. On devient aigri par anticipation, fatigué par anticipation, usé par anticipation. Et les clients n’ont même pas le bon goût de nous donner tort. Quand je vous dis que je déteste ce que je deviens là-bas.

Et quand on ne fait pas tout ce qu’on peut pour les arnaquer, on fait exprès de leur pourrir la vie. Parce qu’on a que ça à faire. C’est évident. C’est même clairement écrit dans nos contrats : « Vous accueillez la clientèle avec le respect qu’elle mérite ». Vraiment. Si ça, ça veut pas clairement dire qu’il faut qu’on les pourrisse, je comprends plus rien…

« Vous les recevez quand les crèmes desserts ?
_Pour le moment on ne peut pas en recevoir, le frigo est en panne.
_Oui je sais ! Mais vous les recevez quand ?
_Je ne sais pas madame, il faut réparer le frigo d’abord.
_Mais quand !
_Je ne sais pas. On ne va pas mettre les crèmes dans un frigo en panne ! »

« Évidemment là c’est l’été y a plein de caissiers. Y en a que pour les touristes ! »

Oh puis ces putains de caisse priorité… Alors je sais pas comment ça se passe dans les autres magasins… attendez… mais si ! en fait je sais comment ça se passe dans les autres magasins ! parce que des fois, je vais dans les autres magasins figurez-vous (c’est même ce que je fais la plupart du temps) ! Dans les autres magasins donc, il y a une, ou plusieurs, caisses étiquetées « prioritaires », ce qui veut dire, et vous serez tous d’accord (non ce n’est pas une question, vous n’avez pas le choix, vous êtes d’accord), que tout le monde peut s’y installer, mais, si une personne handicapées d’une façon ou une autre, ou une femme enceinte arrive, on la laisse passer. Et bien vous ne me croirez jamais, mais ça se passe comme ça chez nous aussi. INCROYABLE. Mais vrai. (remets toi cher lecteur, je sais c’est une immense surprise mais courage, ça va bien se passer) Bon le truc c’est qu’on n’a pas toujours quelqu’un installé à la caisse prioritaire pour des raisons aussi diverses que variées. Comme dans tous les autres magasins. Mais ça ne nous empêche pas de respecter les priorités des gens quand il y en a. On n’est pas con non plus. Sauf que… si les gens ne le signalent pas, on ne peut pas deviner. INCROYABLE LE RETOUR DU COME BACK, Mais vrai. (ça va lecteur ? oui je sais ça fait beaucoup d’incroyable d’un coup, mais ne t’inquiète pas, nous allons y arriver ensemble). Du coup, souvent les gens nous reprochent de ne pas les avoir fait passer en prioritaire comme ils en ont le droit. Alors à chaque fois j’explique calmement que s’ils nous le disent, nous mettons tout en oeuvre pour respecter la priorité à laquelle ils ont le droit (soit faire venir un collègue spécialement pour eux, soit leur faire une place sur le tapis, ou carrément prendre leurs articles en bout de caisse). Et ce n’est pas « que de la gueule », on le fait vraiment. Sans rechigner ou négocier ou remettre en cause quoi que ce soit. On n’a absolument aucun soucis avec ça. Il suffit de demander (gentiment si possible) (on y arrive on y arrive). Souvent les gens de nous balancer « y aurait pas besoin si la caisse prioritaire était ouverte ». Ha, je comprends. En fait vous avez une carte de priorité parce que vous avez un gros, un très gros, handicap : vous êtes cons. Si la caisse prioritaire était ouverte, il y aurait eu la file à cette caisse, comme à toutes les autres. Et si vous ne aviez rien dit, vous auriez fait la queue pareille. Mais à la caisse prioritaire. Cette caisse ne nous donne pas le pouvoir de lire dans les pensées. Elle permet juste de prévenir les gens à l’avance. Mais comme les gens s’en battent les couilles et ne lisent aucun panneau aussi gros et sous leur nez soit-il, ça ne change rien. Si vous montrez votre carte prioritaire, ou que vous vous signalez d’une quelconque façon, à une caisse non prioritaire, on vous fera passer en priorité. Même si la caisse prioritaire est ouverte d’ailleurs. Parce que la vérité c’est qu’on est vraiment pas aussi salaud que les clients semblent l’imaginer.

Alors maintenant, imaginez. On est samedi matin. Et comme on le dit si bien « le samedi tout le monde en chie ». C’est beau, ça rime. On est blindé de monde quel que soit le nombre de caisses ouvertes. Une cliente vient voir M, installée à la caisse derrière moi, lui faisant savoir qu’elles ont une carte de priorité. M. me demande comment on peut faire, comme les clientes en question n’ont pas beaucoup d’articles, je les invite à passer au bout de la caisse de ma collègue pour qu’elle puisse les encaisser de suite. Aussitôt les clients qu’elle était sensé faire passer lui signale qu’ils ont eux aussi une carte. J’invite donc les clientes à plutôt venir à la mienne pour que je m’occupe d’elle. Je termine d’encaisser mes deux clientes tandis que M. explique cette histoire de signalement de priorité à ses clients pour ne pas qu’ils attendent la prochaine fois. Une fois terminé, j’encaisse les deux clientes prioritaires (assez rapidement puisqu’elles avaient très peu d’articles). Dès que j’ai fini, les clientes d’avant m’apostrophent :

« Et pourquoi elles sont passées comme ça ??
_Parce qu’elles avaient une carte de priorité
_C’est facile ça ! Moi aussi j’ai une carte et vous ne m’avez pas fait passer devant tout le monde !
_Je ne pouvais pas le savoir madame… Si vous me l’aviez dit, j’aurais fait en sorte que vous puissiez passer en priorité comme vous y avez le droit. Comme vous pouvez le voir, quand on nous prévient, on s’arrange le plus vite possible pour vous faire passer rapidement.
_C’est n’importe quoi ! Regardez, je l’ai ma carte ! Elle est là ma carte ! [elle me la colle sous le nez]
_Je vois bien, mais encore une fois je ne pouvais pas le deviner… Si vous ne vous signalez pas je ne peux rien faire.
_C’est de l’incompétence ! »

Bordel, c’était quoi mon erreur là ? À votre avis ? Ne pas avoir remonté le temps pour lire dans ses pensées et m’écrier au dessus d’une file qui allait jusqu’au milieu du rayon « hey ! vous là-bas ! la grognasse engoncée dans un débardeur rose moche trop petit pour elle et cramée par le soleil tellement que ça fripe, vous avez une carte de priorité ! alors venez donc par là ! » ? Quelque chose me dit que ça ne lui aurait pas plus non plus. Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent en vrai…

Les excuses que j’aimerais présentées parfois. « Je suis désolée. Je ne voulais pas vomir sur le nouveau tapis. Je visais tes chaussures… »

Pendant ce temps-là, dans le bureau de mon père…

lui : Coraline, tu peux m’aider à installer ma nouvelle imprimante ? Elle trouve pas le wi-fi…
moi : What ? Mais pourquoi une imprimante aurait besoin de wi-fi ?? T’es sûre que c’est pas le bluetooth qu’elle veut ?
lui : quoi ???
moi : Attends j’arrive… mais… c’est une imprimante-fax en fait ton truc… C’est pour ça qu’elle veut le wi-fi.
lui : Ah bon ça fait fax ? 
moi : Bah… oui, c’est écrit en gros sur la boîte… Bon mais avec un peu de chance l’imprimante a pas besoin que le wi-fi soit connecté pour fonctionner…
lui : Ça veut pas marcher y a rien à faire ! J’ai suivi le mode d’emploi mais ça marche pas.
moi : T’as essayé le CD là ? Celui avec marqué installation ?
lui : Non, tu crois qu’il faut ?
moi : Euh… si t’installes les pilotes pour faire fonctionner l’imprimante elle devrait beaucoup mieux marcher oui… sans ça l’ordi la trouvera jamais…
lui : Ha ouai. Faut un pilote dans l’avion en fait ! J’aurais jamais deviné.
moi : Mais t’as lu le mode d’emploi ?? Parce que c’est écrit dessus tu sais… C’est quand tes vacances ? Parce que là t’as le niveau d’un client Lidl…


En règle générale, quand vous avez un doute, il y a un truc qui marche bien : demander. Ha oui et aussi : la politesse, l’amabilité. Putain mais sérieux… l’énergie que certains perdent… Je veux dire… la même question pourrait être posée, la même réclamation pourrait être faite sans toute l’agressivité que certain y mette. On y serait tous tellement gagnant… on économiserait tous tellement d’énergie… Et même, voyons plus grand, soyons fou : l’humanité dans son entièreté s’en porterait tellement mieux ! Je ne sais pas moi ne serait-il pas possible de remplacer : « Vous allez en remettre quand des fromages ?? Putain c’est une honte ! Ça servait à rien de tout refaire si vous êtes même pas foutu d’avoir des frigos qui marchent ! » par « Excusez-moi, mais ça fait un moment que le frigo est en panne, avez-vous une idée de la date de réparation ? » Même question. Était-ce compliqué ? Non, ce n’était pas compliqué. De la même façon, est-ce qu’on ne pourrait pas tout simplement dire « Excusez-moi mais je crois que votre collègue s’est trompé. Normalement j’ai le droit à une promotion et si je ne me trompe pas il ne l’a pas compté. à quoi je pourrais répondre allègrement « Je vérifie ça tout de suite. En effet il y a eu une erreur, je m’en excuse, je vais vous rembourser la différence de ce pas ! » Était-ce compliqué ? Non, ce n’était pas compliqué. De la même façon, pourrait-on simplement dire « Excusez-moi mais cela fait plusieurs fois qu’il y a des erreurs sur mon ticket depuis le début de l’été, pourriez-vous revoir certaines choses avec vos équipes ? » au lieu « Putain ça commence à faire ! Toute façon tous les étés c’est pareil, y en a marre, même pas foutu de savoir compter ! » Est-ce compliqué. Non. Ce. N’est pas. Compliqué.

Je n’ai absolument aucun soucis à rembourser le client quand il y a eu erreur ou négligence de notre part. Si on s’est trompé, on répare l’erreur. C’est logique. Si je constate une erreur, je ne vais pas chercher à épiloguer. Je répare, dédommage, et présente nos excuses. Sauf que des fois, c’est demandé de telle sorte que j’ai juste envie de dire aux gens d’aller se faire éviscérer en enfer. Et ce même s’ils sont dans leur bon droit. Et surtout, surtout, il y a une phrase que je ne peux plus entendre. Plus jamais. C’est le fameux « c’est par pour X€, c’est pour le principe. » Mais bien sûr. Pourquoi ça m’énerve, me demanderez-vous… Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant qu’il y a plein de façons d’être blessant avec son entourage, pas forcer besoin de hurler ou d’insulter. Et ce petit « c’est pour le principe » fait partie de ces vicieusetés qui vous pourrissent le cerveau bien sournoisement sans avoir le courage d’annoncer la couleur.
L’autre jour, un samedi, où tout le monde en chiait (suivez un peu), une collègue à compter une bouteille de perrier de trop. Rien de bien grave. Une bouteille qui a dû biper deux fois sans qu’elle puisse entendre parce qu’à 6 caisses ouvertes en même temps ça demande un peu d’entraînement pour faire la différence entre les bips des voisins et les tiens. Le truc c’est qu’elle s’en est rendu compte après avoir rangé les courses dans sa voiture. Elle revient juste avec son ticket et me montre, tout en me disant que « ce n’est pas pour les 49 centimes que coûte la bouteille, c’est pour le principe ». Sauf que techniquement, je n’ai rien le droit de faire : si je ne peux pas vérifier de mes yeux (y a une dérogation pour les borgnes, j’ai le droit ne vérifier qu’avec mon oeil valide, sont quand même pas complètement vaches), je n’ai rien le droit de faire, et que donc je ne peux pas la rembourser. Ce qui est logique en fait… La cliente monte alors sur ses grands chevaux, comme quoi c’est pas des manières de faire. Ça alors. Moi qui croyais que tu t’en foutais des 49 centimes, que c’était juste une question de principe… On finit par trouver une solution (tiens lecteur, tu veux la connaître la solution ? j’ai dû aller vérifier dans la voiture la présence de deux bouteilles uniquement, revenir dans le magasin faire la manip, retourner à la voiture rendre les 49 centimes et faire signer le papier, revenir donner le papier à ma collègue pour que sa caisse soit complète. Mais à part ça je fais tout ce que je peux pour enculer les gens à sec. Pour 49 centimes.). Pendant tout ce temps, elle me répète encore et encore que c’est pas pour les 49 centimes, c’est pour le principe. Un principe qui valait donc de perdre 10 minutes de mon temps et du sien pour 49 centimes. Et vous voulez le connaître ce principe ? Parce que c’est lui qui fait que je n’en peux plus de cette phrase. Le principe en question ce n’est pas le « vous avez fait une erreur, réparez la », c’est « dans cette relation, c’est moi qui commande. » Voilà. Ni plus ni moins. Ce principe, c’est que c’est une relation de pouvoir, et qu’ils tiennent à te rappeler qu’ils sont dans la position haute alors que tu es en bas.

Si jamais ce n’était pas assez clair dans cet exemple, en voici un autre. Un autre jour où on chiait (alors que c’était même pas un samedi), pour une raison qui m’échappe, les gens étaient tous hyper hostiles et agressifs. Je suis fatiguée, je cours partout, il fait chaud, je dois tenir ma caisse et récupérer les erreurs, les remboursements, les annulations des autres caissiers. En bref je dois constamment faire trois choses à la fois. O. m’appelle : grosse connerie, elle a mal compris la cliente et a enregistré le paiement en espèce alors qu’elle voulait régler en carte. À bout de nerfs je jure dans ma barbe histoire de ne pas vider mes nerfs sur la pauvre O. qui est déjà toute affolée. Je demande à la cliente si elle n’a pas d’espèce et si ça l’embêterait. Non elle n’a rien, elle veut payer en carte, fin de l’histoire. Je grince des dents, rerâle un coup et me lance dans une manip plus ou moins interdite : j’ai dû faire un « remboursement fantôme » du montant dû par la cliente, pour réencaisser en divers le même montant afin qu’elle puisse payer par carte sans qu’il y ait de trous dans la caisse de O. Normalement on ne devrait pas faire ça parce que du coup, ce que la cliente a pris n’est pas enregistré comme sortie (en gros, la dame a payé un « divers : 18,53€ au lieu que chaque article soit enregistré un par un pour arriver au dit montant). Je rerâle dans ma barbe parce que j’ai oublié de sortir une facture correspondant au bon ticket, histoire qu’on ait quand même une trace des articles qu’elle prend, et comme c’est pour ma gueule, je me traite ouvertement d’idiote entre les dents. Bref, je n’étais sans doute pas l’exemple de la caissière rayonnante, souriante, avenante. Mais je me suis débrouillée que ma frustration et ma colère restent dirigées contre moi et moi seule. Et j’ai réparé la bourde. Et la cliente a payé comme elle le souhaitait. J’avoue j’ai pas dit ni au revoir ni bonjour ni présenté d’excuse. Je n’en avais pas l’énergie. Je suis retournée à ma caisse. À peine une minute après, la cliente fait une escale avant la sortie à ma caisse pour me balancer « c’est pas parce que c’est les vacances que vous pouvez être désagréable ! Question de principe ! » et elle s’est barré sans attendre la moindre réponse. Ça tombait bien j’en avais pas. La manoeuvre n’avait aucun autre but que de me rappeler où était ma place et qui avait le pouvoir dans l’histoire. Ça sonne peut-être paranoïaque, mais retournez l’histoire dans tous les sens : où d’autre est-ce qu’elle voulait en venir ? Elle n’attendait pas d’excuse, elle est partie dans la foulée. Elle avait déjà obtenu gain de cause. Non. C’était juste signaler que j’avais manqué à mes devoirs en ne m’inclinant pas devant elle. Et vous savez le pire ? C’est qu’à force de se prendre ce genre de trucs-là dans les dents, on a beau avoir les meilleurs collègues du monde (ce qui est mon cas), beaucoup de recul et de cynisme, arrive un moment où on ne peut plus. Ce jour-là, quelques 10 minutes après, j’ai repris une remarque du même acabit dans les dents. J’ai planté tout le monde et j’ai pris 5 minutes de pause alors que c’était pas forcément le bon moment : je ne pouvais juste plus.

D’ailleurs, si jamais j’avais encore un doute sur la valeur de mon existence, depuis ce matin (un dimanche !!!) grâce à un gentil client, je sais que ma santé physique vaut moins chère qu’un chausson aux pommes. Ce qui est con car je n’aime pas trop les chaussons aux pommes. (le problème des chaussons aux pommes c’est que quelqu’un a eu l’idée saugrenue de mettre des pommes à la place du chocolat)
Il était 8h45 (il n’y a pas d’heure pour la connerie), un client rentre dans la boulangerie et hèle A. pour savoir si on a des chaussons aux pommes. À juste titre, celle-ci lui demande de sortir car c’est un espace privé dans lequel il n’est pas autorisé. « Je vous demande un truc ! ». Haaaa ! Donc si on demande un truc aux gens, on a le droit de rentrer chez eux sans leur autorisation ? Trop cool. Putain je crois que je vais aller taper un pic-nic sur la pelouse des voisins avant d’aller réaliser une enquête de voisinage ! Bon plan. Je savais pas qu’on pouvait ENTRER d’abord et DEMANDER la permission après. Merci client. Pendant ce temps, je mets du vin en rayon. Comme le dieu du Karma m’aime beaucoup aujourd’hui (tu la sens l’ironie ou je te mets un gros panneau ?), une bouteille laissée dans un équilibre précaire par un client a été rappelé par les lois de la gravité. Je ramasse donc les bouts de verre et me retrouve donc avec des bouts de verre dans la main (dans tous les sens du terme) et du vin absolument partout. Je me dirige vite vers la réserve qui se trouve être à côté de la boulangerie. J’ai des tessons de verres dans la main gauche et la main droite dégoulinante de vin, je tiens mes deux mains dans une position bizarre pour éviter de faire tomber les bouts de verre, de me les enfoncer dans la peau, et de me foutre du vin partout parce que je déteste cette odeur (et le vin, et mettre le vin en rayon, et ramasser le vin tombé par terre, et même les étiquettes façon design de page FB de start up des bouteilles de vin). Il est donc clairement visible que je ne suis pas dans une position confortable normale. Le même client me hèle avant que je n’ai pu atteindre le bouton de la réserve (ce qui n’est pas facile à faire vu l’état de mes mains, d’autant que le bouton tactile ne réagit qu’à la peau des doigts, je vous laisse imaginer ma galère pour ouvrir cette foutue porte et ainsi accéder au sacro saint lavabo dans le labo de pain…)

« Je veux voir un responsable.
_[tête d’innocente] À quel sujet monsieur ? Il y a un problème ?
_Je veux des chaussons aux pommes. [t’as raison ce problème réclame l’intervention de la CIA dans la seconde] Je les vois de l’autre côté et j’attends !
_S’ils ne sont pas en rayon c’est qu’ils doivent être encore chauds. Il faut attendre qu’ils refroidissent pour qu’on puisse les mettre en rayon.
_C’est bon ils vont refroidir dans le sac !
_On ne peut pas les mettre en rayon tant qu’ils sont brûlants monsieur…
_Mais moi je m’en fous, on prend avec la pelle on les touche pas. Mes enfants veulent des chaussons aux pommes.
_[j’avoue ma voix commence à monter d’agacement] Mais nous on les prend à la main monsieur ! Si mon collègue s’en charge maintenant il va se brûler les mains ! »

De un : t’avais qu’à pas faire de gosses. Je vois pas pourquoi je devrais être tenue pour responsable de leur sustentation.
De deux : bordel mais vous n’en avez à ce point rien à foutre de nous que vos désirs valent qu’on se brûle au troisième degré pour un putain de chausson aux pommes ??!!
De trois : putain mais ça se voit que je suis dans la merde là ! Que je galère ! J’ai littéralement les mains qui dégoulinent de bouts de verre et de vin ! Je m’en veux d’insister mais : ÇA SE VOIT ! C’est pas genre « il fait chier mais il peut pas savoir que ma vessie va exploser / mon tampon fuit / ma palette de surgelé est en train de décéder » ça se voit que je suis dans une sale position et que je galère.

Mais le client s’en bat les couilles deux derniers points. C’est pas son problème. Ses enfants veulent des chaussons aux pommes. (et moi jveux l’eau courant. Mais bon on a pas toujours ce qu’on veut dans la vie, donc tes enfants mangeront des pains au chocolat tandis que je laverai ma vaisselle à la cristaline) Et notre santé physique vaut moins qu’un chausson aux pommes à 32 centimes.

Mon état quand je rentre du taf depuis quelques temps…


Pendant ce temps-là, dans ma salle de bain, je réalise qu’il n’y a plus d’eau. Ce qui est balot car je viens de me brosser les dents et que j’aimerais bien me rincer la bouche. Je traverse toute la maison à la recherche d’une bouteille d’eau. Je me fais engueuler par Indi qui me fait savoir qu’elle n’a pas eu à manger depuis au moins dix heures, ce qui, par conséquent, fait d’elle la petite créature la plus malheureuse de tout le monde connu. Trois jours plus tôt elle m’avait engueulée parce qu’il faisait trop chaud… Je trouve ma bouteille, rince le dentifrice et part réamorcer la pompe. Hum. Le truc c’est qu’ils en ont changé depuis la dernière fois où j’ai été confrontée au problème. Tiens, un bouton on/off. Avec un peu de chance c’est comme les ordinateurs : turn it off and on again… Une petite prière au dieu des Décisions Malencontreuses et Maladroites… et ça marche ! Je ne savais pas encore que de toute façon, la pompe était décédée. J’aurais dû me douter que ça allait être une journée de merde… Après tout c’était dimanche !


Et je sais que cet article est déjà affreusement long ! Mais je ne pouvais pas repousser cette histoire à la semaine prochaine… oh non… Car cette année, je commence à me demander s’il n’y a pas un concours du plus gros connard ! Et nous avons de très sérieux participants…

L’autre jour, un petit vieux de 60/70 ans vient à ma caisse pour un remboursement. Pour l’histoire on va dire que c’était un camescope, c’est ce que j’ai cru voir mais apparemment c’était pas ça. Mais pour l’histoire on s’en fout, là encore, ce n’est pas pertinent. Sauf que le dit appareil avait été acheté en  novembre, et qu’en magasin, sorti d’un délai d’un mois, on ne peut rien faire. Ce qui en veut pas dire qu’il n’y a pas de garanti ou de SAV. Juste que ça ne fonctionne pas comme ailleurs. J’explique donc la procédure au client, en précisant bien qu’il pourra opérer sans soucis son droit à sa garantie sans que ça ne lui coûte quoi que ce soit. Pour cela, il lui suffit d’appeler le numéro présent dans le mode d’emploi et…

« Ha parce qu’en plus c’est moi à moi d’appeler ?!
_Euh oui…
_Vous êtes pas foutu de me le réparer et en plus c’est à moi d’appeler !
_Le SAV de lidl n’est certes pas classique mais il fonctionne très bien si vous y faîtes appel…
_Vous croyez que j’ai que ça à foutre moi d’appeler ! [oui.] Alors ça pour faire de la pub à la télé avec l’argent du consommateur y a du monde ! [wait, what ? mais… c’est de l’argent privé ! Monsieur Lidl il en fait ce qu’il veut de ton pognon après coup ! Il a de compte à rendre à personne ! C’est pas l’état…] Ha bah ça c’est comme la poltique toute façon ! On se fait toujours avoir ! Mais je vous en faire de la pub moi vous allez voir ! Je vais appeler la télé moi ! [chiche. Même à télé vendée je vois pas ce que peut leur foutre…] Vous m’appelez un responsable tout de suite ! »

Et comme je suis décidément une grosse veinarde, les responsables qui avaient toutes commencé à 5h étaient en pause clope. Alors le temps qu’elles viennent…

« Vous voyez ça ? Regardez bien mon talon parce que c’est la dernière fois que vous allez le voir ! [j’aurais préféré qu’il n’y ait jamais de première fois.] J’étais un très bon client chez vous bah je reviendrai plus ! Ça sera votre faute ! Et pour 7€ ! »

Je crois que j’ai atterri dans un sketch. En fait, télé vendée ils sont bien venus, c’était pour une caméra cachée. Et à un moment y a des gens qui vont sortir de sous les caisses avec des serpentins et des confettis en criant « surpriiiiiiise ! c’était lolilol hein ? ». Non. Le temps qu’elles arrivent, il nous refait le coup du talon, nous redit qu’il va appeler la télé, et nous dit qu’il est prêt à rester là toute la journée s’il faut. Donc, tu n’as pas le temps d’appeler le numéro qui te permettra de réparer ton truc ou de le faire réparer, par contre tu peux camper devant les caisses pour expliquer au responsable que son système pour te rembourser ou réparer ton truc est nul ? Mec tu n’as pas l’impression de dire une chose et son contraire ? Non ? Ha bon. Ma Super Responsable d’amour finit donc par arriver, pour le principe (voyez comme les principes c’est sournois), s’occupe de l’annulation dont une collègue avait besoin alors même que j’aurais pu le faire en deux secondes, et vient voir notre client qui lui retient le même discours. Elle lui réexplique ce que j’ai dit. Le ton monte un peu.

« Vous voyez mon talon ? Regardez bien c’est la dernière fois que vous le voyez ! [oui je vous le remets parce que c’est tellement improbable, comment s’en lasser ?] [d’ailleurs elle aussi elle se serait passée de cette première fois]
_Très bien monsieur.
_Pour 7€ vous êtes même pas foutue de rembourser !
_C’est pas une question de montant. C’est la règle, c’est la même pour tout le monde, il n’y a pas de raison qu’on vous rembourse quand on a dit non à d’autres pour la même raison. »

Du coup, il a jeté son truc dans le mur.
Et non lecteur, tu ne te trompes pas. Un homme de 60/70 ans a donc choisi de jeter son truc dans le mur « pour le principe » parce qu’il « n’avait pas que ça à foutre d’appeler ». Voilà.

« Parfait. Comme ça le problème est réglé. Ni réparation, ni remboursement. Bonne journée monsieur. »

Le plus drôle, c’est que tout son cirque visait en partie à mettre les clients dans son camp. Mais comme aucun d’entre nous n’a réagi, comme il était visiblement agressif là où n’avions clairement rien fait, tous les clients nous ont soutenu. Au moins, pendant tout le temps qu’a duré sa crise, les clients ont été aimables avec nous, nous ont soutenu, souri, été polis. C’est cool. Enfin, d’un côté c’est agréable, de l’autre, c’est quand même dommage de constater qu’il faut qu’un vieux craque son slip et jette des trucs dans les murs pour qu’on soit considérés comme des êtres humains dignes de respect.

Non, ça ne serait pas compliqué.


Comme ça fait longtemps, vous avez le droit à deux chansons de la semaine, bande de veinards !

Ce que j’écoute pour me motiver d’aller au taf à 5h du mat :

Ce que j’ai dans la tête pendant ce genre de scène :

 

Ray Charles et le Gâteau Géant – Fantasmagorie #3

Ray Charles était donc passé de l’autre côté du box. La chute avait été longue, comme toute chute qui se respecte et qui peut valoir la peine d’être racontée. Au contact des cartons, bleus et coupures s’étaient multipliés sur sa peau. Il s’était vaguement demandé jusqu’où il allait descendre. Le long des parois du box, il voyait de multiples chiffres inscrits, gravés à même le carton au stylo bic bientôt mort. Mais pouvaient bien signifier ces étranges hiéroglyphes ? « 12 – 73 – 66 » « 662 – 661 – 663 – 640 » ? Plusieurs séries se cotoyaient ainsi. Elles se multipliaient, grossissaient au fur et à mesure de sa chute. Si bien que les parois finirent par disparaître, il ne restait déjà plus que les chiffres. L’étrange code s’incrustait en lui à chaque mètre descendu et bientôt, il savait. À chaque chiffre, une image s’offrait à son cerveau en un battement de cil, sans même qu’il ait eu besoin de la solliciter. Au 52 répondaient 5 kilos de pommes de terre, au 414 un bébé pastèque se présentait à lui. Soudainement, il eut l’impression d’avoir accès à toutes les vérités du monde. Comme si, enfin, le secret de l’univers venait de lui être dévoilé…

« Il est passé mon mari ? »

En fait non. Apparemment, il existait toujours pour lui d’immenses zones d’ombre. Qui était cette femme, et qui pouvait bien être son mari ? Plus important encore, où était-il passé ? Ray Charles n’en avait absolument aucune idée. Néant. D’ailleurs, qu’est-ce qui faisait croire à cette brave qu’il pouvait détenir pareille information ? Son passage de l’autre Côté du Box avait-il laissé quelque marque sur son corps ? Une aura différente peut-être ? Tout était à l’envers pour lui maintenant. Il sentait l’accusation dans le regard de la femme qui ne le lâchait pas d’une semelle, attendant sa réponse. Comment faire ? Comment s’en débarrasser ?

« C’est à ce moment que Buster a réalisé que le trampoline n’était pas son fort… »

Quand soudain, un bruit. Face à cette diversion inespérée, Ray Charles s’enfuit, traînant toujours à sa suite son box de cartons. Alors qu’il errait comme une âme en peine du côté des épices, se demandant si oui ou non il était nécessaire d’avoir autant de paquets de basilic d’ouverts – surtout quand on sait qu’il y en a du frais pas si loin que ça sur la route des fruits et légumes -, il croisa la route de Nicolas Cage, occupé à se battre avec une palette de sucre. En effet, l’homme laissait à sa suite une longue traînée blanche de sucre… Évidemment, il était inquiet : tel le petit Poucet, la femme à la recherche de son mari risquai de le suivre à la trace, et ce alors que Nicolas Cage n’avait rien à voir avec la femme en question. Il lui fallait une solution et vite.

« Peut-être qu’on peut lâcher les oeufs dessus ? »

Mais oui ! Ils avaient trouvé. Ces putains d’oeufs de merde allaient enfin servir à quelque chose ! N’ayant besoin de l’aide de personne d’autre pour trouver les précieux foetus de poules abandonnés – de ce côté du box, ils avaient toutes les réponses de l’univers -, ils allaient pouvoir se lancer dans la confection d’un gâteau géant. Il y avait suffisamment de sucre sur le sol pour en faire profiter toutes les personnes présentes. La farine était elle aussi à portée de main. Et comme semble-t-il, c’était un jour de chance, il y avait même de ces petits machins colorés sans goût mais qui font très joli sur un cupacke, surtout si celui-ci n’a lui non plus pas de goût. La fête serait grandiose ! Ils pourraient se nourrir pendant des jours et tout le monde serait heureux, car tout le monde aime les gâteaux, c’était bien connu. Quand soudain, de l’autre côté du rayon, une voix grave s’éleva :

« Et vous allez le faire cuire comment bande de nouilles ? »

Aussitôt, les deux compères s’immobilisèrent. Ainsi freinés par la Compteuse, ils ne savaient plus quoi faire. Elle était pourtant occupée à compter les boîtes de conserve de son côté de l’allée… Comment savoir ? De quel côté du box était-elle ? Voulait-elle anéantir tout projet de gâteau géant au nom d’une alimentation saine et équilibrée ? Ou bien s’inquiétait-elle de la réussite de pareil projet ? Après tout, QUI pouvait résister à un gâteau géant à base de sucre évadé de son paquet et de feotus de poules jetés sur le sol ? Une telle chose était inconcevable. D’autant que la pause café semblait une oasis de plus en plus lointaine… Non, la Compteuse devait simplement être inquiète. Et tel le guide dans n’importe quel voyage initiatique qui se respecte, il fallait qu’elle remette les aventuriers dans le droit chemin, sans laisser voir son intérêt flagrant pour le gâteau géant et ses petits machins colorés.

Où es-tu gâteau géant ?

Le Souriant arriva alors dans l’allée. Déterminé, fier, le port altier de celui qui sait exactement ce qu’il veut. Dans ses mains, il tenait fermement une jeune pastèque. Une bébé pastèque. Dans d’autres pays, il était interdit de les chasser. Trop jeunes pour survivre. Il était nécessaire de les préserver afin que la pastèque ne disparaisse pas. Mais ici, nul pitié pour les foetus de poule ou pour les bébés pastèques. Les bébés pastèques contenaient moins de pépins, c’était donc beaucoup plus confortable pour le chaland. Dans une voix posée, mais ferme, le Souriant posa sa question :

« La bébé pastèque. Le code. 414 ? »

L’incantation était prononcée. Sa détermination avait déclenché le processus : le sucre coula en abondance, l’emballage de la farine avait un défaut, l’empêchant ainsi de passer correctement en caisse, les oeufs se révélèrent cassés les uns après les autres, on fut bientôt en rupture de bière, en rupture de sangria, en rupture de baguettes… le monde se vida de tous ces éléments. Partout, du vide. Il n’y avait même plus de cartons. Juste le vide entre quelques produits laissés pour compte. La Compteuse fut terrifiée. L’envoyée de Dieu elle-même en perdait son latin. Et puis, au milieu du néant, une petite voix se fit entendre…

« Mais moi, je vous ai suivi parce que je pensais que vous vous occupiez de moi ! Où il est le rhum en promotion ? »

Peut-être pour ça que le sucre fuyait et que tous les oeufs étaient cassés ?

Mais c’est vrai ça, où était le rhum ?

Paroles de clients… #1

Voici venu le temps de votre article bouche-trou ! Je sais que vous les aimez ces anecdotes merveilleuses où on se demande vraiment comment l’humanité a fait pour en arriver là…

« Il est évident que tu as l’esprit ouvert. Je sens le courant d’air d’ici »

Cette semaine, j’ai eu moultes gens avec un humour déplorable merveilleux.

« Ça pousse pas »
« C’est gratuit »
« Et même si ça me plaît pas ! »
« Bah c’est pas gratuit aujourd’hui ? »
« Le ticket ça vous fera un souvenir »
« C’est pas remboursé »

Rien de bien nouveau sous le soleil me direz-vous. D’une part parce que vous êtes des créatures cruelles, viles Termites prêtes à dévorer le bois de mon âme jusqu’à la mort. D’autre part… MAIS C’EST BIEN ÇA LE PROBLÈME !!!! Ce n’est rien de nouveau, jamais jamais rien. Et moi, je suis à court de visage de compassion, à court de sourire contrit, et même à court d’envie de leur faire plaisir. C’est mis que je dois sourire en disant bonjour, pas que je dois rire à la moindre blague. C’est lidl, pas une pub LCL merde. Le pire, ce n’est presque pas la blague en elle-même (j’attends encore les preuves pour appuyer pareille affirmation). Après tout, la blague, on peut toujours se consoler en se disant que c’est une tentative comme une autre pour créer du lien social (certains cyniques affirment qu’il s’agit plutôt d’un autre moyen d’imposer sa domination sur l’autre mais bon, nous ne mangeons pas de ce pain-là). Le pire, c’est la gueule du mec. Figée, vers toi, avec l’air de dire « bah vas-y rigole connasse, j’ai fait une blague, j’ai fait comme si tu étais humaine, j’ai CRÉÉ DU LIEN SOCIAL BORDEL DE BITE À CUL ». Parce que non. Tu dois dire bonjour au client. Tu dois lui cirer les pompes. Tu dois lui faire sa liste de course. Tu dois rire à ses blagues. Quand bien même il t’a collé un vent quand tu lui as dit bonjour. Quand bien même il lorgne tes seins. Quand bien même sa blague suinte la condescendance jusque dans tes chaussettes. Quand bien il préfère te coller un vent que de te dire tout simplement qu’il ne veut pas son ticket. Alors maintenant, je ne souris que quand les clients sont respectueux envers moi du début à la fin, pas uniquement quand ils veulent être les maîtres du monde. Pour les autres, tant que je n’ai pas eu les mots magiques « tu vas rire à cette blague où ta radio va ressembler à un tas de branches dans un sèche-linge ! », ils peuvent crever, tout ce qu’ils auront c’est mon regard vitreux de borgne en mal de mise au point. Na.

Mais cette année, les cons du mois prochains sont déjà là ! Et nous avons atteint un nouveau stade dans la blague de client :

« Un rien m’amuse. »
« Je fais toujours la même blague »
« Bah si c’est amusant ! Et puis c’est l’attention qui compteuh nananèreuh »

Pour ceux qui auraient des doutes, oui, la dernière citation a été prononcée par un homme entre 30 et 40 ans (je n’ai pas confirmation, il a à peine ouvert sa gueule je l’ai collé dans l’angle mort)(des fois, cet angle mort est vraiment pratique quand même). Donc oui, le client a conscience de faire des blagues de merde. Le client a conscience de faire chier. Le client continue quand même. Je suis cynico-parano où ça commence vraiment à sentir le besoin de supériorité rendu à ce stade-là ???


Sauf que la mienne ne tourne pas.

« Il y a des jours, la meilleure chose au boulot, c’est que ma chaise tourne »

Je vous avais déjà évoqué ces clients qui en viennent à s’insulter pour une boîte de champignons mal placée. Et bien, aujourd’hui, j’ai eu le droit à ça :

« Alors c’est bon vous êtes contente ? Vous êtes passée ?
_Bah oui je suis pressée !
_On a bien vu, quand la caisse a ouverte vous avez doublé tout le monde pour passer.
_Je suis pressée je vous dis. Je suis pas en vacances moi ! J’habite ici toute l’année moi.
_Et alors ???
_Putain ils sont chiants ! Aussi cons en vacances qu’au travail !
_Et vous vous êtes à la retraite vous venez un dimanche !
_Tête de cons ! Y a vraiment des cons sur cette Terre !
_Pauvre vieille radasse ! Aller va rentre chez toi ! »

Et moi pendant ce temps-là : ooooooh ! Qu’il est beau et bien pensé ce lutin de caisse ! J’ai tous les codes des fruits et légumes là toute l’année et que je connais par coeur mais pas ceux présents ponctuellement et que je ne connais donc absolument pas. Comme c’est intelligent ! Et là, on m’explique même la différence entre la batavia et la feuille de chêne, mais sans photo, rolala que c’est génial ! Tiens et puis j’ai même la page des eaux en double alors que je les connais pas coeur et que c’est marqué sur les packs, mais pas celle du jus de fruits alors que c’est pas marqué dessus et qu’avec les dessins dessus et bah on est obligé de défoncer le tout pour attraper une bouteille et son code.

Voilà voilà. Alors d’un côté, on a une vieille retraitée qui vient faire ses courses un dimanche matin et trouve quand même le moyen d’être pressée. Y aurait pas comme une contre-indication dans les termes ? Je sais pas, mon grand-père il est retraité, il prend la vie à la cool, va faire ses courses en heure creuse (mais quand même après la sieste) et vient pas se plaindre des touristes constamment. BORDEL POUFIASSE, tu habites sur la côte. SUR LA CÔTE. Donc oui, y a du monde en été. C’est un fait. Et si t’es pressée… Mais pourquoi tu viens un dimanche ? À quel point ta vie est horrible pour que tu sois pressée de faire tes courses un dimanche ? Non mais je sais pas dis nous, on peut peut-être t’aider…Et de l’autre côté, nous avons un touriste qui trouve rien de mieux que d’attendre le moment où la première doit payer pour lui signaler que ça se fait pas. Je… je… Non mais soit tu lui dis sur le moment, soit tu fermes ta gueule ! Tu viens pas me pourrir mon rendement caisse pour le plaisir du dernier mot ! Parce que c’était vraiment ça, c’était de la pure fierté doublé du simple plaisir de faire chier le monde. Le mec trouvait ça abusé, mais n’en avait dans le fond rien à foutre. Alors POURQUOI ?

Heureusement, ils ne m’ont pas demandé mon avis. Parce que franchement, plusieurs heures après, je ne saurais toujours pas dire lequel est le plus con.


Si seulement...

« Oui, c’est un magasin de proximité. Ce qui veut dire que je me tiens aussi proche des clients que je le veux. Maintenant va prendre un ticket ! »

Quand les gens ne sont pas en train de me demander où sont les oeufs (j’aime surtout quand je leur indique l’allée et qu’ils partent à l’autre bout avant de revenir râler qu’ils ont pas trouvé.), ils me demandent bien d’autres choses.

« Vous n’avez pas du tapioca ?
_Non désolée on n’en fait pas.
_Vous n’avez pas d’équivalent ?
_Pas que je sache non… [Avance dans l’allée pour continuer sa ramasse carton]
_Ha c’est par là le tapioca !
_Hein ?? Non je vous ai dit nous n’en avons pas…
_Mais je mets quoi moi à la place ! Il me faut un truc épicé !
_Bah je sais pas. On n’a rien de cet acabit*. À la limite on a du paprika, pas mieux.
_Et je fais comment… »

Je me suis barrée dans le rayon suivant parce que j’avais très envie de répondre « ET TU VEUX PAS QUE J’TE FASSE LA CUISINE NON PLUS ! » (oui beaucoup de capslock dans cet article, on gueule beaucoup dans ma tête)

*oui quand les clients commencent à m’emmerder je remonte mon niveau de vocabulaire d’un cran. Nouvelle tactique assez efficace. Le subjonctif finit toujours par avoir raison des plus coriaces.

D’ailleurs, me suivre alors que je leur ai déjà dit que je ne pouvais pas faire plus pour eux semble être une nouvelle habitude des clients. L’autre jour, ma collègue me demande de remplacer les prospectus dans le sas de sortie. Rien de compliqué, mais bien crevant. Les prospectus sont reliés par paquet de 100 (ou quelque chose du genre). Ils sont stockés dans un caddie. Il faut remplir le présentoir après l’avoir vidé des prospectus de la semaine précédente. Ensuite, il faut récupérer le stocks d’anciens prospectus rangés derrière le présentoir, le mettre dans le caddie et mettre le reste des prospectus de la semaine derrière le présentoir. Ne cherchez pas : quoi que vous fassiez, votre dos décède au passage. J’étais donc occupée à ça, faisant le plus vite possible pour finir ma journée à l’heure. Une femme, la cinquantaine, entre dans le sas de sortie en baragouinant quelque chose à propos du rhum qu’elle n’a pas trouvé. Comme elle ne m’a pas dit bonjour, je choisis de considérer qu’elle parle toute seule et continue de m’affairer. Elle sort se met devant le sas d’entrée pour voir l’affiche de la semaine et se met à parler, dans ma direction. Je lui fais comprendre qu’il va falloir parler plus fort et particulier parce qu’il y a une porte (ou alors déformation professionnelle, le théâtre donne de mauvaises habitudes, on finit par attendre des gens qu’ils parlent distinctement. Alors que bon, on le sait que c’est monde d’illusions et de chimères le théâtre). Elle s’écrit qu’elle n’a pas trouvé le rhum sur l’affiche. J’explique que sans doute il n’y en a plus, il est 14h, le camion n’a toujours pas livré, c’est fort probable. Elle insiste « mais c’est sur l’affiche ! » Je finis donc par sortir pour repasser dans le sas d’entrée et voir l’affiche de plus près. C’est une promo sur un rhum qu’on fait tout le temps, j’explique donc que oui, à cause de la promo, les stocks ont dû être vidés vitesse grand V et que le camion n’étant toujours pas là, nous ne pouvons pour le moment pas réachalander le rayon. Bonne journée madame. Je rerentre dans le magasin, je ne comprends pas pourquoi elle me suit. Je retourne à mon sas de sortie et me remet à mon boulot en pestant parce que j’ai le dos en miette et que je vais finir en retard tout ça pour ces putains de prospectus et une question conne. D’un coup, j’entend une douce voix dans le sas de sortie « mais moi je vous ai suivie parce que je croyais que vous vous occupiez de moi ! _Je vous ai expliqué qu’on était en rupture, j’ai répondu à votre question, vous espériez quoi de plus ?? » Elle est partie sans plus, et moi je suis repartie bien énervée.

Ou pas.

« Si c’est en stock, on l’a ! »

Souvent, j’en viens à me demander ce que les clients attendent de moi. Certains ont l’air de croire qu’on est au restaurant et qu’il leur suffit de dire « je veux » pour obtenir. Sauf que j’ai pas une gueule de génie de la lampe (quand bien même ma collection de bleus fait des envieux)(bientôt j’en ferais une expo !).

« Bonjour, c’est où les filtres à café ? Et le lait de soja ?
_Nous n’avons pas de lait de soja. Les filtres à café sont juste à l’entrée du magasin.
_D’accord ».
Tâchons de passer outre le fait que le mec vient d’abord te demander où c’est alors qu’il est obligatoirement passé devant ce qu’il cherchait et avançons de 2 minutes dans le temps voulez-vous (non mais réponds pas hein, c’est une question rhétorique)(enfin si tu peux répondre hein, on est en démocratie, personne t’en voudra, c’est juste que ça changera pas grand chose)(oui, je viens de te le dire, on est en démocratie).
« Y a plus de filtres à café. Je le dis à qui pour que vous en commandiez ?
_À personne. On sera livré lundi, faudra revenir lundi.
_Non mais vous en avez forcément en réserve.
_Si on en avait en réserve ils auraient déjà été mis en rayon. »

« Vous avez du lait de soja ?
_Non désolée. [Putain mais pourquoi je dois m’excuser ?? C’est pas un crime de ne pas vendre de lait de soja !
_Vous avez pas de lait de soja !??! » [Le lait de soja semble être le produit non disponible à la mode cette année…]

« On cherche des gâteaux. C’est nature où au chocolat. Vous savez où ils sont ? »
« Je trouve pas les yaourts que je prends d’habitude. Ils sont où ? »
« Pourquoi vous ne vendez pas de haricots vers surgelés ? »
« Ha ça doit être dur de bosser le dimanche… Bon dimanche à vous quand même ! »
« Il est déjà passé mon mari ? »

Alors que je réalise qu’une cliente a pris un pot de confiture sur lequel un autre s’est vidé, et qu’il est donc gluant et qu’elle en a plein les mains :
« Si vous voulez j’ai du sopalin pour vos mains, et si vous désirez essuyer le pot…
_Non mais c’est bon je le ferai à la maison ! Ça va quoi. »

Euh… ok. Promis, demain j’arrête d’être gentille.


« J’ai l’air de sourire » Oui je sais, je l’ai déjà utilisée l’année dernière, mais elle est tellement magique…

Et voilà chères Termites ! Et maintenant, c’est l’heure de prendre vos petits didis, et de voter pour votre perle de client favorite. La gagnante aura le droit de devenir un personnage dans les aventures de Ray Charles de l’Autre Côté du Box (sur lesquelles je travaille d’arrache pied en caisse !), alors à vos commentaires.

Un Wall of Death à vous, cette semaine on écoute ça :

Les milles et unes vies de Ray Charles – Fantasmagorie #3

Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Mais qu’en est-il des migraineux, ces êtres qui vivent repliés derrière leurs immenses lunettes de soleil et dont la patience et la capacité de compréhension sont inversement proportionnelles au nombre de dolipranes ingérés ?

« Je dis toujours ‘jour plutôt que bonjour. Parce que si c’était une bonne journée je serais encore dans mon lit plutôt que d’interagir avec des gens. » (je suis gentille je fais al traduction)

Pour plus de facilités, nous appellerons notre migraineux Ray Charles. Dans ce reportage exclusif, nous vous invitons à suivre les pas de Ray Charles tout au long de son périple au sein d’un magasin.

Il arrive que l’on demande à Ray Charles de ramasser tous les cartons qui traînent et de bien vouloir redonner une certaine allure aux rayons délabrés par les clients. En effet, le client est une espèce sans pitié avec un goût prononcé pour le saccage. Il tient sa force et son pouvoir de son porte-feuille, de là, il n’est nul besoin pour lui de chercher à se justifier et il peut ainsi donner libre cours à ses plus bas instincts sans crainte des représailles. Le client et le caissier doivent pourtant trouver un équilibre viable au sein de l’écosystème qu’est le magasin puisqu’il est impossible pour eux de vivre l’un sans l’autre. Ce qui est bien dommage. C’est sans doute pour ça que Dieu créa Amazon, mais ceci est une autre histoire. Toujours est-il qu’après la migration des troupeaux de clients allant de la plage au camping, ou de l’autoroute A95 au mobil home, il faut remettre le magasin d’aplomb. Une mise à plat s’impose donc. On remarquera la proximité du terme avec ces camarades mise bas et mise à mal, mais ceci est sans doute le fruit du hasard, un arbre qui pousse quelque part entre les terres arides des statistiques, ou bien encore bien caché dans les rayons où sont commercialisées de multiples bières.

C’est dans de telles conditions que notre Ray Charles doit partir à l’aventure. Équipé de son « box », sorte de grandes boîtes que les chefs-ingénieurs ont renommé box depuis leur bureau parce qu’en anglais ça fait toujours plus classe que le terme précédemment utilisé qui était « l’espèce de grande boîte de merde là ». Inutile de préciser que la plupart des box ont au moins une roue qui roule mal, faisant ainsi plus ou moins dangereusement dévier l’appareil. Un véritable bonheur d’engins à piloter. Ray Charles s’improvise alors pilote de ligne, slalomant avec précision entre les clients, il n’aura besoin de leur hurler dessus qu’une petite dizaine de fois lors de sa traversée du magasin. Il feinte à gauche, feinte à droite, ramasse ici le plastique d’un pack d’eau, ici un carton vide de sa javel, là un carton vide de ses conserves de petits pois, là une boîte de tampons au milieu des brioches et bien sûr ces éternels noyaux de cerises semés ici et là en travers de l’ensemble du magasin. Si le client aime à rappeler au caissier que la monnaie qui tombe au sol ne va pas pousser, il faudrait lui rappeler que pour qu’un cerisier pousse, il faut mettre le noyau dans de la terre, et non du carrelage. Une ancienne légende raconte même qu’on pourrait faire pousser un cerisier en avalant les dits noyaux. Si une telle chose était vraie, tout le monde serait gagnant. Le client n’aurait même plus besoin de venir au magasin pour en acheter sans faire attention que le prix indiqué vaut pour 100g et non pour le kilo. Il aurait ainsi digéré ses cerises au moment même où elles seraient arrivées à maturation. Un gain de temps considérable. Plus besoin d’errer dans les rayons en recrachant à tout hasard ces noyaux partout. Enfin si hasard il y a… car peut-être que tout ceci rentre dans un plan bien plus large ! À défaut d’oranger sur le sol irlandais, on planterait des cerisiers sur le sol capitaliste, et peut-être qu’alors la paix dans le monde serait assurée, que chacun mangerait à sa faim et qu’enfin, au bout du compte, les richesses seraient redistribuées. Mangeons des cerises mes frères, en attendant, si l’estomac du client ne peut supporter l’absorption d’une telle quantité de fruits rouges, il lui faudra encore envisager d’errer dans les allées, de trouver tout seul les produits dont il a besoin, de trouver tout seul comment vivre sans celui qui n’est plus disponible, puis de faire la queue à la caisse, de décider s’il paye en carte ou en liquide, si c’est lui ou son ami qui paye et qui paye comment, et enfin de savoir s’il doit ranger dans des sacs maintenant ou bien attendre que tout se casse la gueule bien gentiment.

« C’était sur mon chemin » La philosophie du client moyen.

Une fois qu’il a réussi à se frayer un chemin entre les cerisiers avortés avant l’heure – à ne pas confondre avec les avortons de Cerise, qui sont pas mal chiants aussi mais se traitent plus à coup de pelle dans la gueule que de sécateurs, quoique -, Ray Charles doit encore escalader le frais. Car voilà, Ray Charles ne fait pas forcément la taille idéal pour naviguer d’un rayon à l’autre avec aisance et légèreté. Il lui faut donc parfois trouver des solutions. Si le ridicule ne tue pas, il est tout à fait possible de penser qu’un équilibre plus incertain que les autres finira par avoir sa prise. Les prises permettant d’escalader le mont Frigo ne sont guère aisées, et surtout, pas vraiment validées par la commission d’hygiène. D’un pied assuré, Ray Charles entame son ascension vers sa première étape : les sandwichs. Les gens mangent-ils autant de jambon que ça ? C’est fou. Complètement. Un véritable mystère. Alors Ray Charles remplit des cartons pour en vider d’autres, et à peine a-t-il triompher qu’il lui faut s’attaquer aux salades individuelles qui donnent plus ou moins envie, et pire, les parts de gâteau à emporter… Mal conçues, mal pensées, impossible de les empiler car sinon le client ne pourrait jamais retrouver celle qu’il désire – ce qui est stupide, car comme tout le monde le sait, le client désire toujours ce qu’il ne peut avoir -, impossible de les faire tenir debout sans qu’elles ne se jettent au sol de toutes leurs forces, entachant alors de leur corps éparpillé un carrelage qu’il faudra ensuite passer à la javel. Et quand Ray Charles voit l’état dans lequel le carton des parts de gâteaux a plongé ses mains, il ne peut se résoudre à approcher la javel à moins de 3 mètre sans une combinaison complète. Et l’aventure continue ainsi, mais du surimi aux pâtés et rillettes vient forcément le Passage du Jambon. Des boîtes de jambon à perte de vue… plus d’une dizaine d’espèce de rareté variable… à ne surtout pas mélanger, sous peine de voir l’éco-système s’écrouler… Ray Charles doit être précis et rapide… D’autant que la menace plane : à tout moment, la corne de brume peut résonner, criant son nom à travers la contrée des pâtes et du riz, traversant même les bacs surgelés pour le sommer de se rendre à sa caisse dans l’instant. Alors que Ray Charles passe courageusement le Col des Fromages et qu’il voit se profiler son but ultime, le Mont Dessert, il est interrompu par des clients à la recherche de feta, de clients qui se plaignent qu’il n’y ait que du mascarpone et pas de ricotta, de clients qui voudraient savoir si on a encore des sèches-cheveux d’il y a deux semaines… Si bien qu’avant qu’il ait pu se mettre à l’abris de la tempête au coeur douillet et rassurant de la réserve, Ray Charles doit retourner en caisse. En effet, David Guetta voudrait bien sa pause.

« Faignant ? Moi ? J’ai cligné des yeux deux fois ! Qu’est-ce que tu attends de plus de moi ?  » Ray Charles au sommet de sa migraine n’assure que le service minimum : garder les yeux ouverts.

Alors, à peine David Guetta sera-t-il revenu de sa pause, que Ray Charles s’empressera de se dégager de cet enfer sur Terre. Feinte à gauche, feinte à droite, il récupère son box, attrape au passage les yaourts explosés qu’un client aura gentiment dissimulé entre les bouteilles de jus de fruits frais et part se cacher dans la réserve, où des néons beaucoup moins violents viennent lui caresser l’épiderme. Il est l’heure de la lutte finale. Le voici face à La Balle Carton. Sorte de compacteuse géante démoniaque dont les mâchoires viennent réduire les fiers cartons à l’état de crêpes pas trop bretonne. Ray Charles doit donc transférer le contenu de son box dans la Balle et mettre celle-ci en marche. Cependant, rappelons le, la taille de Ray Charles est limitée, et le box profond. Ray Charles doit donc courber l’échine et risquer encore une fois son équilibre pour récupérer les cartons tout au fond du box… Jusqu’au moment où, telle Alice dans le terrier du Lapin Blanc, ce qui doit arriver arrivera, et Ray Charles tombera tête la première à l’intérieur, passant alors de l’Autre Côté.

À l’heure actuelle, nul ne sait ce qui se trouve de l’Autre Côté. Alors, comment savoir si Ray Charles pourra y survivre ?


Et c’est sur ce cliffhanger un chouïa putassier que se termine cette rêverie ! Car oui, on va voir si je peux relier toutes les rêveries ensemble, ça m’occupera encore plus le cerveau… À votre avis, qu’y a-t-il de l’Autre Côté du box ? N’hésitez pas à proposer, peut-être que vous détenez l’avenir de Ray Charles entre vos mains !

J’en profite pour vous annoncer que cette chronique ne sera plus hebdomadaire (mais bon trois semaines ça fait un peu court pour créer une habitude !). Le rythme va être trop du à tenir pour moi, enfin pas si je veux maintenir le niveau de qualité minimum (et si je me lance dans des conneries type série)(à un moment j’arrêterai de me compliquer la vie). Je vais sans doute passer à un rythme bi-mensuel, mais pour compenser, entre deux épisodes, vous aurez une mini-chronique spéciale « Paroles de clients », parce que la réalité finit toujours par déplacer la fiction, et l’auteur-kleptomane que je suis va encore avoir de quoi manger pour les prochains mois…

Et puis bon, la motivation baisse un peu ici. J’ai eu la bêtise de dire oui à mon père pour jouer un morceau avec lui lors de son anniversaire, ce qui va être sympa et fort drôle mais nécessite un minimum de boulot vu que je joue de la basse depuis environ deux semaines. D’autant qu’il me faut slalomer entre les coupures de cartons ! Ma main gauche proteste vivement devant pareil traitement. Elle m’a même menacé de faire la grève du sexe, moment où je lui ai ri au nez pour lui dire que je verrai de toute façon pas la différence, vilaine planche à pain. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que je parlais toute seule en étant à la fois cliché de pétasse, de beauf et d’idiote, et qu’il était temps de boire ma bouteille de vodka cul sec et d’aller me coucher. Je vous le dis, mon cerveau va mal ! En attendant, m’en fous, j’ai joué du death metal l’autre jour : une fourmi avait rien trouvé de mieux que de se promener sur mon manche pendant que je jouais, elle va plus jamais se promener.

Cette semaine, on était un peu énervé, alors en caisse, on fredonnait ça :

et ça

Un Wall of Death à vous !

29/06/15 Des nouvelles du front !

Bonjour amis Termites !

Mais où étais-je passée pendant ces longs mois ? vous demandez-vous peut-être (ou pas du tout). Il s’est passé beaucoup trop de choses ces trois / quatre derniers mois, je reprends doucement l’envie d’écrire pour moi, un peu d’air dans le cerveau pour quelques idées et j’essaie de faire revenir la motivation pour mes projets propres. Après tous ces mois de mise entre parenthèses, il faut une remise en route ! Pour ceux que ça intéresse, voici un court résumé des derniers mois (en sachant que chaque aventure aurait pu avoir son propre article, on va y aller à la serpe !)

ALWAYS LOOK ON THE BRIGHT SIDE OF LIIIIIIIIIIIFE !!!

Si deux mots dans cette image ont suffit à te mettre la chanson dans la tête, j’en suis désolée. (mais bon en même temps c’est pour ça que je l’ai mise)

Tout d’abord, il y a eu la deuxième représentation de À l’heure où blanchissent nos rêves. Et bien je suis heureuse de pouvoir dire que tout s’est passé pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vraiment. Pourtant, la dernière ligne droite ne s’est pas non plus présentée vide d’obstacle… Entre l’actrice qui arrive en t’expliquant qu’elle a 18 points de suture sur le mollet et que donc pour répéter les danses c’est limite impossible, le tout alors qu’elle se fait enlever les fils quatre jours avant la représentation. L’actrice malade à crever qui ne peut tout simplement pas répéter sinon décès. L’actrice en stage avec une compagnie pro et qui loupe quasi toutes les répétitions entre les deux représentations alors qu’on change le final. Apprendre que le montage lumière se fait le matin-même, si bien qu’il faudra couper le temps restant entre les deux groupes avec comme grande inconnue combien de temps chacun va avoir. La chorégraphe qui ne peut pas être là le jour J. Mon cerveau de moins en moins disponible parce qu’en plein rush de fin pour la rédaction du mémoire. L’impossibilité de faire une répétition générale digne de ce nom parce que tu ne fais pas une générale une heure avant de monter sur scène pour de bon. Et pourtant, malgré tout ça, ils ont été bons. Ils ont été meilleurs que jamais. Voilà qui s’appelle finir en beauté. Du bonheur pour tout le monde. Moi y compris.

La dernière ligne droite de rédaction n’a pas été sans douleur. Sur l’ordi de 10h à 21h avec quelques pauses. Sérum phi pour les yeux qui fatiguent. Death metal à fond pour rester concentrée. Coca (mais pas trop, histoire de pas complètement me défoncer l’estomac). Même fini par atteindre un moment où tu te forces à t’arrêter pour manger parce que sinon tu pourrais zapper sans te poser de question. Ai même réussi à conserver mes week-ends. Même s’il fallait au minimum 24 heures pour débrancher le tout… Des réveils à 3h du mat parce qu’un point de mon plan s’est incrusté dans mes rêves. On m’a aussi parlé d’un monde dehors qui aurait continué à vivre sa vie mais j’ai peur qu’il ne s’agisse là que d’une légende urbaine. Un peu comme on parle du Père-Noël aux enfants pour les faire rêver, on parle de dehors aux étudiants qui bossent leur mémoire comme d’une terre promise. « Dieu dit « que la bière soit » et la bière fut. Et je vis que c’était bien » Beaucoup trop bien d’ailleurs. Parce que bon, quand tu sors uniquement quand ton mémoire regarde ailleurs, il faut pas beaucoup de bières pour te faire partir. Ce qui est pratique car comme tu n’as plus le temps de prendre du taf à côté, tu n’as plus des masses d’argent non plus. Alors autant être alcooliquement économique.

Monde cruel, pourquoi les choux de Bruxelles ??

À un moment, j’ai vaguement envisagé de manger autre chose que de la pizza et des pâtes. Mais c’était trop dur.

D’autant que dans le même temps, bonne nouvelle, j’étais sélectionnée pour aller au deuxième tour du concours de l’École du nord. Yahoo. Après avoir sauté de joie, j’ai regardé ce qui était demandé. Aïe. Une courte pièce (10/15 pages), un questionnaire, un essai. Have fun. Le tout devant être renvoyé pour à peu près le moment où je dois avoir fini ma rédaction. Aller ! On se retrousse les manches, on tire un peu plus les nerfs, on bosse de façon plus dense et on y va. Et ça rédige et ça rédige et ça rédige. Le clavier collé au doigt et les mots qui se vomissent directement tout seul. J’étais devenue une machine à écrire (tiens j’aime cette métaphore / jeu de mot / analogie. Je vais me la mettre de côté). À la surprise générale (moi la première), je réussis à tenir TOUS mes délais : le mémoire est fini de rédigé pour début mai, le dossier de l’école est fini près de 10 jours avant la date butoir, mes acteurs sont prêts à remonter sur scène. En bonus : j’ai même réussi à continuer à faire un minimum de sport (mais vraiment minimum) et mon estomac n’est pas complètement décédé plein de trous. Nous sommes début mai, et l’attente commence.

Pas de nouvelle de ma directrice avant la fin. En attendant, je retrouve un peu le monde extérieur. Je commence ma tournée et je bouffe des kilomètres. Première étape à l’Ile d’Yeu pour le mariage de mon Pingouin adoré. Je réussis l’exploit de passer quatre jours là bas sans finir bourrée (call me da boss). On mange bien (et trop), on se marre bien, on prend des coups de soleil et on fait chier toute l’île. Chouette week-end. Retour express à Rennes puis direction Lille où mon frère m’héberge et où on boit des bières (que je choisis parce que leur nom m’amuse)(sérieux quoi « kwak » ??? comment résister…). Le lendemain, c’est l’entretien. Je manque de mourir dans le métro lillois, en grande partie parce que je dois y rester 40 minutes. (c’est quoi votre problème avec le tram les gens ? c’est cool le tram, si ça marche plus on peut sortir sans risquer de mourir !) Du coup quand j’arrive, je ne sais plus très bien si mes mains tremblent à cause du stress de l’entretien ou de la crise d’angoisse que je contiens. Bref, je trouve l’école et tout le monde est très gentil. On papote un peu, chacun faisant genre « non mais je gèèèèèère ! _Vous pouvez monter ils vous attendent _HAAAAAAAAAA JE VAIS MOURIR !!!! ». L’entretien se déroule plutôt bien. En fait la seule question à laquelle je n’ai pas su répondre finalement c’était ça : un jury de quatre assis à une longue table, une chaise devant collée à la table, je suis borgne, à cette distance, je ne peux pas les voir tous les quatre, je bouge la chaise en ayant l’air con mais j’assume, ou j’utilise ma technique peaufinée au fil des années de théâtre « tu ne sais pas que je ne te vois pas je fais juste genre je tourne mes yeux sur toi même si t’es en plein dans l’angle mort ». J’ai finalement opté pour la deuxième, mais j’aurais dû faire la première, au moins j’aurais vu leurs expressions (d’autant que c’était gentil jury / méchant jury et clairement méchant jury était dans l’angle mort). Mais bon.

La réponse arrive le samedi alors que je viens de mettre pied à Paris pour ma dernière étape. Après 30 bonnes minutes de métro (….) où j’attrape la gangrène que ma pote Bubulle refusera de soigner alors qu’elle est secouriste (j’ai bien compris ton petit manège, mais pas de chance, mon corps n’a toujours pas compris les théories de Darwin et il se contente de survivre à tout mouahahahahahaha), et un peu de marche, le téléphone sonne. Et c’est drôle parce que tu décroches, et déjà dans la voix de la nana, t’as la réponse. T’aurais presque envie d’avoir pitié d’elle et de lui dire que c’est bon t’as pigé, pas la peine de se fatiguer. Mais tu fais pas, parce que t’es con et que tu préfères te dire que tu as mal entendu et voilà. Comme d’hab, c’est au moment où on te dit non que tu comprends que t’en avais vraiment envie. Je décide alors de faire ce que tous mes camarades de mémoire ont déjà fait : je rentre chez ma mère, j’en ai marre.

Mais ça manque d'écureuil chez mes parents. Trop de chat j'imagine.

Le lit, le canapé, des endroits merveilleux.

Je m’offre donc cinq bonnes grosses journées loin du monde. J’avais juste oublié un détail : ma vie est une application de la loi de Murphy continuelle. (en fait ils expérimentent des trucs sur ma vie, et si ça marche que et ça fait bien chier, ils l’appliquent dans la vôtre. ne me remerciez pas) Ainsi, alors que j’étais venue me débrancher, ma DR revient d’entre les morts, et me renvoie ses corrections « je vous envoie au fur et à mesure pour que vous puissiez ne pas perdre de temps et faire ça vite ». HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ÇA FAIT UN MOIS QUE J’ATTENDS ! Alors on retrousse ses manches, on retire sur les nerfs et on s’y remet… Correction correction jusqu’au rendu. Vous avez déjà eu le récit de l’impression, sachez qu’aucune météorite ne s’est échouée en plein sur mon mémoire (genre cartoon : ça épargne tout sauf un gros trou là où se tenait mon mémoire). J’ai préparé ma soutenance comme j’ai pu (comprendre : j’ai galéré comme un chien), avec l’angoisse affreuse que j’avais beau savoir de quoi je parlais, j’allais me retrouver à bafouiller comme une conne sans rien pouvoir sortir d’intelligible. Du coup… j’ai répété. Devant Rambo et un chrono. Et putain, je me serais foutue des pains dans la gueule… Au départ, j’étais même pas foutue de présenter mon corpus en moins de dix putain de minutes alors que je bosse dessus depuis deux ans (à tel point que pour certaines, pas besoin de marque-page pour retrouver un passage…). Mon acharnement aura payé et ça valait le coup de se dessécher la bouche à la faire une dizaine de fois par jour… Le jour J, à peine besoin de mes notes, pas de baffouillage (bon, des « en fait », des « du coup », des « donc » en début de paragraphe, mais on peut pas tout avoir). Bref, du bonheur qui se fêtera à grand coup de vodka, de barbecue à l’arrache (avec pommes de terre coupées à la carte d’identité), de copines qui offrent des roses ou des livres de l’Odieux Connards dédicacés. Bref, après ces quatre mois de marathon intensif, après tous les efforts, les angoisses et les douleurs, ça fait plaisir de constater que je ne me suis pas trompée d’endroit.

Dans le même temps, j’ai préparé mon déménagement, mais ça, ça va vous valoir un article à part entière, car il y a de l’epicness à ne plus savoir qu’en faire ! Pour ce qui m’attend l’année prochaine et bien… je continue l’aventure en thèse ! (histoire de finir le travail de démolition de mon cerveau, parce qu’il ne faut jamais faire les choses à moitié) Beaucoup d’angoisses aussi, mais aussi beaucoup d’excitation face à ce projet-montagne. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il me tard (laissez moi tranquiiiiiiiiiille ! au moins un petit mois, s’il vous plaît !). On commence aussi à parler d’un petit voyage en Islande avec des amis, ce qui à l’entrée de l’été me réjouit tout plein. En fait, il me tarde d’être en septembre pour voir à quoi va ressembler cette nouvelle vie. Puisque comme l’a très bien résumé mon père « t’auras plus que le statut maintenant, mais tu seras plus étudiante, tu seras universitaire », gros gros changement ! Du coup, cet été verra les dernière articles de la catégorie « le rêve étudiant », le temps que je trouve le nom de la nouvelle catégorie qui hébergera mes aventures qui, je n’en doute pas, seront encore nombreuses. Vos propositions sont d’ailleurs les bienvenues !

Je vais être tellement mignonne que je suis plus que pressée d'y être !

Le futur moi selon une amie. J’aime. Appelez moi Miss Girafe à partir de maintenant

Côté écriture…
Sorti de tout ça, comme vous avez pu le constater, ça a été le grand désert. Je n’aime rien de ce que j’ai pu écrire depuis le mois de mars. À part Héléna’s pinterest, tout est bon à foutre à la poubelle selon moi. Il y a d’ailleurs très peu de textes qui ont dépassé le stade du format papier, voire très peu que j’ai pris la peine de finir. Vos réactions sur les quelques textes postés semblent être plutôt d’accord sur mon ressenti quant à ma qualité d’écriture ces derniers mois. Il me tarde de réussir à écrire quelque chose de bien qui soit autre chose que des chroniques. Même si clairement c’est ce que vous préférez ici, les formes courtes correctes me manquent. J’espère réussir à écrire à nouveau. Parce qu’à part ressasser et rester sur des acquis vieux de plusieurs années, à tourner les mêmes métaphores, les mêmes analogies, les mêmes tournures, j’ai rien fait depuis mars. Il est temps d’avancer !

Je vais donc relancer les textes cerises, parce que vos commandes sont tellement d’idées et de terrains non explorés pour moi, c’est un bonheur ! Donc si vous avez d’ores et déjà des envies, poivronatoi [at] gmail [dot] com. En plus je vais rentrer chez mes parents pour l’été, donc plein de livres à vous envoyer en même temps !

Je vais tâcher de me remettre à la réécriture de Pelouse Interdite, moi qui voulais l’écrire en moins de temps que pour le cirque, c’est mort… Je vais essayer de faire comme pour mes deux derniers textes de théâtre, à savoir m’imposer un rythme d’écriture. Ça m’avait plutôt bien réussi. Donc on y croit !

Pour ce qui est de Nouvel arrivage le lundi et de L’ikea du peuple, je vais les mettre en page / formater pour vous les proposer à la vente via le site lulu en version numérique. Je vous tiens au courant de ça dès que j’ai vaincu l’ordinateur et que j’ai tout compris comment ça marche. J’ai envie de les mettre le moins cher possible, l’idée étant que le plus possible d’entre vous puissiez les lire, même si vous n’êtes point riches, et que je puisse récupérer quelques euros quand même. J’avais trouvé le prix de vente du cirque affreusement élevé, et ça m’avait frustré… Je vais voir ce que je peux faire !

En attendant, je passe agréablement mes derniers jours sur Rennes avant de rentrer en vendée demain. Je commence ma saison mercredi par une petite journée 10h30/13h30. Et puisqu’on en est à parler des évolutions de mon travail, vous chers Termites, qu’aimeriez-vous voir en ces lieux ? (que ce soit en terme de contenu ou de forme)

J’espère que tout va pour le mieux de votre coté, vous m’avez manqué durant ces longs mois de traversée du désert !

Et le cute aussi.

Les vitamines c’est important.