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Plantes Carnivores – Extraits

La boîte était blanche
Et dans la boîte des lignes
Des lignes et des cases
Des lignes de cases
Des cases de lignes
Le tout dans un ordre aux allures de chaos maîtrisé
Trouver la bonne ligne
Trouver la bonne case
Trouver dans quel sens se ranger
Le tout dans une boite blanche
Donc
Tu vois pas le problème de la boîte blanche ?
C’est con ça
Parce que tu vois
C’est justement ça le problème
Dans la boite blanche on ne voit rien
Absolument rien
Parce que c’est une boîte blanche
Tout est blanc
Le blanc écrase tout
Jusqu’à la pupille de tes yeux
Et tu peux même pas t’en rendre compte.
Parce que comme tout est blanc
Pas de repère
Donc pas de distorsion repérable
Puisqu’il n’y a rien à quoi se repérer
C’est ça, la boîte blanche.
La boîte blanche,
Tu peux même pas savoir où elle commence
Où elle finit
Tu supposes qu’elle commence
Tu supposes qu’elle finit
C’est logique
C’est une boîte
Par définition
Par nature
Par principe intrinsèque
Une boîte a des limites, des côtés
Sinon ça s’appelle juste du vide
Du silence
Remarque ça marcherait aussi hein, ça expliquerait les échos
Enfin pour qu’il y ait écho, faut bien qu’il y ait de quoi rebondir
Donc des parois
Même loin
Même blanches
Même perdues dans le vide et le silence
Donc c’est une boîte
Un vide géant avec des côtés pour l’enfermer
Pas possible de savoir si c’est le vide qu’on enferme ou toi dans le vide qu’on enferme
Les deux
Pour pas qu’on aille nuire au monde
Ni toi ni moi
Et donc dans la boîte blanche
Il faut choisir la bonne petite case

*****

La femme de l’affiche : Bonjour

La femme de la rue : Bonjour

L’affiche : Vous savez que vous êtes laide ?

La rue : Pardon ?

L’affiche : Je pense qu’il est important qu’on vous le dise, vous êtes laide. Mais il ne faut pas vous inquiéter, c’est naturel. C’est normal. Vous êtes une femme, et par essence les femmes sont laides.

La rue : Écoutez je suis désolée, mais je ne comprends pas pourquoi vous me dîtes ça, en plus ça ne tient absolument pas la route.

L’affiche : Oh mais si, et vous le savez. Vous ne pouvez pas le cacher. Tout le monde le sait.

La rue : Absolument pas. Beaucoup de gens me trouvent très belle et me le disent d’ailleurs souvent.

L’affiche : Normal. Les femmes sont laides et les amis menteurs. Une combinaison aussi infaillible que fatale. Mais vous êtes laide et c’est un fait. Et si vos proches vous le cachent, vous ne pouvez vous le cacher à vous-même.

La rue : Ça suffit je ne me cache rien du tout et je n’ai pas à me faire insulter par un bout de papier sur le mur.

L’affiche : Vous le savez et c’est bien pour ça que vous parlez avec une affiche sur le mur. Parce que vous savez que dans le fond, dans le tréfonds de vous-même, vous êtes laide au possible. Et désespérément vous cherchez la solution, la cure magique. Vous la cherchez sur les murs et dans les magazines. Vous la cherchez à en crever. Vous désespérez de trouver. Vous y mettez tant d’énergie que vous en êtes pâle le matin et transparente le soir. À vous demander si vous n’êtes pas folle, si vous n’imaginez pas. Car forcément une solution existe quelque part et vous auriez déjà dû la trouver. Mais toujours rien. Alors pour votre bien, pour la survie de votre santé mentale, je vous le dis, je vous l’affirme et vous le confirme : vous êtes laide. De bout en bout. À l’intérieur comme à l’extérieur. Par essence par nature et par engeance. Vous êtes laide. Vraiment.

La rue : Je ne sais pas ce que je suis censée répondre à ça…

L’affiche : On dit merci.

La rue : …

Merci

L’affiche : Je vous en prie.


Ces deux « fragments » constituent le début de ma nouvelle pièce Plantes Carnivores.. Si ça vous a plu, vous pouvez vous procurer le texte complet ici. Et sinon, vous pouvez me retrouver sur FBTwitter. À très vite !

Pelouse Interdite : extraits !

Yeup yeup monde !

Alors comme promis, une fois atteint les 70 j’aime sur Facebook (parce que c’est quand même bien pratique de mettre des barres comme ça des fois), monde tu gagnais le droit à quelques extraits de ce (on l’espère) merveilleux roman que sera (peut-être) Pelouse Interdite ! J’espère que l’attente aura valu le coup… Et maintenant, sans plus attendre, je vous invite à découvrir les personnages principaux…


Come see our girls, crazy girls
If you’re willing to be thrilled, this is a hell of a ride
Those girls, crazy girls
They’re hot, they’re nuts, they’re suicidal
Tickets cheap, it’s a crime
And they’re half price after 4 o’ clock, so toss us a dime
To see these lovely freaks of nature for a limited time
Come see the girls, girls, girls

Emilie Autumn – Girls ! Girls ! Girls !

Birdy :

Il y a des moments de solitude. Des moments où on se demande comment on a fait pour arriver là. Si on prend le temps d’y réfléchir un instant, on réalise que c’est une question stupide. Dans le fond, on sait très bien comment tout cela a commencé. Mais ça serait plus simple de penser que le coupable est ailleurs. Dans mon cas : pourquoi ai-je accepté l’invitation d’Élodie à sa soirée. Je ne suis même pas sûre de ce que l’on fête au juste. Toujours est-il que j’ai accepté l’invitation. Peut-être que je me suis dit qu’il était plus facile d’assister à une soirée et de s’y ennuyer que de la suivre à travers le mur ? Quelque chose du genre.

Je ne suis pas habituée à ce genre de soirée. Je ne fais pas parti de ces gens qui ont des répertoires de téléphone équivalents aux pages jaunes. Si j’ai une vingtaine de numéros dans mon portable, c’est bien tout. Qu’est-ce que je ferais des autres ? Sans doute pas grand-chose. J’oublierais forcément qui est qui, je serais incapable de mettre un visage sur un nom et le numéro qui l’accompagne. Alors me retrouver au milieu de la petite cours d’amies de ma coloc, ça me fait tout drôle. Ça piaille, ça râle, ça commère. Pour tout vous dire, je ne suis pas bien sûre du protocole à suivre. J’ai la sensation d’une bande de langues de vipère : à peine l’une s’est-elle levée pour aller aux toilettes, que les autres en profite pour lui baver dessus. La décence voudrait qu’elles attendent au moins que l’autre ait quitté la fête non ? Je n’arrive pas à suivre. Pourtant j’essaie. Enfin, j’ai essayé. Au moins au début. Mais je ne connais pas la moitié des noms qu’elles citent. Certains évoquent vaguement quelque chose dans le fond de ma mémoire. J’ai forcément dû les entendre quelque part. Dans les moments de solitude, il faudrait aussi ajouter cette hésitation : quand on n’ose pas avouer qu’on ne sait pas et demander qui c’est, puis que le moment acceptable pour demander est passé. Sans m’en rendre bien compte, je glisse peu à peu dans un état de semi-léthargie.

Ces filles, je commence à les connaître. Des amies d’Élodie. Certaines viennent régulièrement. Je n’ai jamais vraiment ressenti la moindre affection pour aucune. Faut dire que de base, Élodie et moi n’avons pas grand-chose à nous dire. Nous entretenons des rapports cordiaux, mais rien de plus. L’appartement est une sorte de duplex : chacune possède sa chambre et sa salle de bain, disposée autour d’une cuisine commune. Ce qui fait que si nous le voulons, nous pouvons ne jamais nous croiser. Cela m’arrive plus souvent qu’à elle, il est vrai… J’aime le silence et les livres, même si cela fait des années que je n’en ai pas terminé un seul. J’aime l’effet que cela fait d’en ouvrir un nouveau, de plonger dedans et de se perdre, comme si tout était possible. Et une fois que j’ai compris les règles du livre, je m’ennuie. J’essaie pourtant d’aller au bout, mais rien à faire. Je finis forcément par le refermer, et en ouvrir un autre pour voir. Les livres s’entassent. Je pense souvent à aller les donner, mais je laisse passer les occasions de le faire. Je rêve souvent que j’y mets le feu, un jour de dépit… De son côté, Élodie aime le cinéma à gros budget et se tenir au courant des potins. Elle ne rate jamais une sortie de films inspirés de comics, qu’elle emprunte régulièrement à un de ses rares amis masculins. Même si je ne comprends pas bien pourquoi, ces histoires la passionnent. À chaque fois qu’on mange ensemble, il faut qu’elle me raconte. Il faut lui reconnaître qu’elle raconte bien,  je finis toujours pas être convaincue qu’il faut à tout prix que j’aille en lire, ou en tout cas en voir un au cinéma. Elle me propose régulièrement de venir avec elle. Je ne sais pas si c’est par envie de faire quelque chose avec moi ou seulement qu’elle culpabilise de me savoir seule ici. Ce qui est stupide. Je suis solitaire de nature. Je refuse toujours gentiment l’invitation, préférant accepter de voir les mêmes films avec elle quelques mois plus tard quand elle les achète en DVD. C’est un peu la tradition, elle achète son DVD, et nous le regardons ensemble, elle commente toutes les scènes, anticipant d’avance sur la suivante et expliquant les différences plus ou moins acceptables avec le comics d’origine. Tandis qu’elle déballe sa litanie interminable – elle fait plus de bruit que le film, ce qui ferait hurler n’importe qui d’autre, sans doute la raison pour laquelle elle le regarde avec moi –  je m’applique à créer le plus haut château de carte que je puisse. Sorties de ces quelques moments de complicité, nous avons du mal à partager quoi que ce soit. Il n’y a pas d’animosité entre nous. Simplement, nous ne vivons pas vraiment dans les mêmes mondes. Par diplomatie, nous avons simplement tâché de les faire se croiser en un point donné…


Half :

«BAISSE LE SON !
_C’EST LA FINALE PUTAIN !»

La finale mon cul. Une finale c’est fait pour mettre fin à quelque chose. Hors le ramdam venant de cette chambre ne s’arrête jamais. Quand ce n’est pas le foot c’est le rugby, quand ce n’est pas le rugby c’est le handball et tout se finit en orgie avec une nana toujours différente mais qui hurle toujours pareil. Tout ça me fatigue. Si quelque chose doit finir ce soir, ce n’est pas ce foutu match…

Ce soir ma chambre est vide. Demain j’aurai levé le camp. Trop fatiguée de ce bordel, et de tout le reste, je déménage. «Mon frère est un porc» ai-je dit à mes parents. J’ai bien essayé d’expliquer la situation mais rien à faire. «Half voyons tu dois comprendre ! Ton frère travaille très dur pour ses études, il faut bien qu’il se détende un peu. Tu peux bien comprendre ça non ?»

Le fait est que non. Je ne peux pas comprendre. Il ne met jamais les pieds dans son école de commerce, à part quand il est las de la dernière crieuse. Mes parents continuent de payer les années alors il continue d’avancer. Bien entendu, moi je n’ai pas eu le droit au même régime. En dessous de la mention bien plus de vivres. Mais surtout, l’obligation de vivre avec lui, parce que « ça fait des économies ». Par contre, on peut payer son école à 9 000€ l’année contre 400 pour la mienne sans que personne ne se dise que peut-être il y a là matière à faire des économies. Mais ça doit être parce que je suis devenue experte-comptable que je me rends compte de ce genre de choses. Tant pis. J’ai de plus grands projets en cours. Projets qui nécessitent un peu de calme. Les études étant finies, le contrat signé, je peux enfin partir d’ici sans me retourner.

J’essaie de finir mes cartons comme je peux. Mes chaussures sont toutes bien rangées. Idem pour mes vêtements. Il reste le grand miroir. Je crains de devoir m’en séparer et cette idée ne me plaît guère. Je l’ai trouvé sur le marché pour une bouchée de pain. C’est un miroir comme on peut en voir dans les boutiques de luxe. Un miroir en pied, incliné pour se voir parfaitement de haut en bas sans avoir à se ridiculiser dans des positions à peine humaines. Comme je dois partir d’ici quasiment clandestinement, je ne peux pas l’emmener. Et je ne pourrai peut-être pas revenir le chercher. Si je veux couper les ponts, je ne peux pas le faire à moitié.

En guise d’au revoir je m’admire une dernière fois. Dans tous les sens. Je me dévisage pour être sûre de ne pas oublier cette image. J’observe la courbe de mes fesses, la façon dont cette ligne arrondie se poursuit le long de mes jambes. À l’autre opposé, mes cheveux tombent parfaitement le long de ma nuque. Le rouge leur va bien. Bien mieux que cette espèce de blond fadasse qui leur sert de couleur naturelle. Cette foutue couleur de paille héritée de mon père. Je la déteste.

J’ai teint en rouge. En rouge vif. Il y a deux semaines. Quand je suis rentrée le dimanche pour le repas dominical, mon père a failli avoir une attaque. J’ai trouvé ça plutôt amusant. Il a gardé les yeux tétanisés un long moment, est resté immobile tout autant. Finalement, il n’a rien dit. Enfin si. «Va aider ta mère à mettre le couvert s’il te plaît.» Tout était rentré dans l’ordre selon lui. Donc je suis allée mettre le couvert. Et puis toute la famille est arrivée. Comme tous les premiers dimanches du mois. Ils ont tous adopté la réaction de mon père. Chacun leur tour ils m’ont fait la bise et puis sont restés immobiles à me fixer avant de se détourner et de prendre leur place. Parfois pas toujours dans cet ordre d’ailleurs. Ça avait l’air très dur de ne pas faire de commentaire, et en même temps, ils en mourraient d’envie, seule l’inspiration manquait.


Lucy :

Elle fait chier Half. Toujours à te seriner ses grands principes, que bientôt ça va changer, qu’elle va tout faire changer, mais en attendant pendant que d’autres se font chier comme secrétaire – cafetière – photocopieuse elle s’est trouvé la bonne planque : comptable dans une petite entreprise. Personne ne fait chier les filles qui préfèrent les chiffres. On sait jamais, des fois qu’elle vous dirait quelque chose que vous ne comprendriez pas. Pas pareil avec les secrétaires. Mais en attendant, ça paye les factures. Je savais bien que je trouverai pas de place en tant que grand reporter dès la sortie de l’école. Même si c’est ce que je vise le problème n’est pas là. Je viens de province, déjà ça complique tout. Le métro est un putain de labyrinthe, les Parisiens doivent avoir la carte directement implantée derrière la rétine pour réussir à s’y retrouver sans le moindre soucis. Ça fait deux ans que je suis là, deux ans que je galère et que je finis toujours par demander mon chemin à un agent qui a plus ou moins le temps de me répondre en fonction du nombre de PV qu’il a déjà rempli pour atteindre son quota. Le problème majeur est que je connaissais personne dans le milieu en arrivant, alors pour se faire une place, faut s’accrocher. J’arrive encore à trouver quelques piges par ci par là. Pas de quoi m’ouvrir les portes des grands quotidiens. Je m’accroche, parce qu’on ne lâche pas un rêve comme ça. Mais putain de merde, je mérite une foutue auréole parce qu’en vérité, la seule chose à laquelle je m’accroche, c’est ce boulot pourri dont le seul mérite est de me permettre de me nourrir sans avoir à fouiller les poubelles, et ce même si une bonne partie du boulot en question consiste à vider les poubelles de tous les bureaux. Je suis secrétaire à tout faire dans une agence de pub. On m’avait laissé croire que je pourrai toucher aux communiqués, participer activement en faisant quelque chose d’un peu plus proche de mon métier d’origine. Ça aurait été moins palpitant que le conflit israélo-palestinien, mais c’était toujours écrire. Au lieu de quoi, je me retrouve cantonnée à faire les cafés, sauver les photocopieuses de terrifiants bourrages papier et parfois faire croire à leurs femmes qu’ils sont en réunion quand ils viennent de récupérer sur votre bureau l’ensemble collier – boucles d’oreille pour lequel vous avez dû faire un paquet cadeau.

Alors oui, Half me fait chier à me regarder de haut et me dire de me barrer comme si c’était si facile, comme si je ne faisais rien à côté pour trouver une autre façon de payer mes factures. D’autant que je suis arrivée au bout des moyens pour diminuer le nombre de factures à payer. Elle fait le boulot pour lequel elle a été à l’école, dans une entreprise où on ne la fait pas chier, on la laisse travailler comme elle l’entend et on lui fait confiance. Le pire, c’est qu’elle s’en tape complètement. Parce que tôt ou tard, elle va se barrer pour mettre à bien son grand projet. Grand projet dont elle parle depuis des lustres, presque depuis que je la connais. Elle était venue passer un entretien à l’agence. On avait pris un café ensemble pendant qu’elle attendait et je lui avais un peu raconté l’ambiance générale. Je l’ai sans doute dégoutée de cet endroit… Sans doute que je voulais éviter à quelqu’un d’autre de vivre la même chose que moi. Au final, elle a laissé tomber l’idée de bosser chez nous, mais on est resté en contact et finalement, nous sommes devenues amies. Elle suit ce qui se passe à l’agence comme on suit le procès DSK : sans trop savoir si on veut ou non le voir s’en sortir tout en ayant conscience que ces événements redéfinissent l’échelle selon laquelle on peut affirmer que l’on vit dans un monde de merde. Bref, elle fait chier à te prendre de haut alors qu’elle a juste eu vachement plus de cul que toi et qu’elle est même pas foutue de l’admettre. Elle fait chier à t’expliquer comment tu devrais mener ta vie parce que c’est vrai qu’elle, elle a tellement tout réussi et elle va être tellement quelqu’un de tellement important… tellement importante que je sais plus ce que je pensais à la base. En attendant je lui pardonne, parce que quand elle veut bien se taire, elle t’écoute, et parfois même, elle trouve des solutions, des vraies, des qui fonctionnent.


Daphné :

Je suis amoureuse… Je ne pensais même pas que ça pourrait encore m’arriver. J’ai tellement envie de le dire à tout le monde… Ça fait des mois que ma vie se résume à la boulangerie et chercher des dates de spectacle. Et Birdy aussi… même si on se voit moins depuis quelque temps. Entre cette histoire avec Half… et puis je crois qu’il y a autre chose. Mais quand je lui demande elle fait l’anguille. Alors du coup, je ne pensais même plus que je pourrais rencontrer quelqu’un, ça ne faisait simplement plus partie des scénarios disponibles pour moi. Un peu comme devenir neurochirurgienne, j’ai laissé tomber devant les efforts nécessaires. Mais passons !

À la dernière minute, on m’a appelée pour jouer dans un gala. Une sorte de journée de fête à thème se terminant par plusieurs performances. Mais cette fois-ci, on ne m’appelait pas pour jouer les assistantes à paillettes. J’avais une vraie place dans le spectacle. Certes, on m’a appelée en second choix, un des artistes s’est blessé et il fallait quelqu’un pour le remplacer au pied levé, c’est moi qu’on a choisie. Certes, je suis encore loin d’être la tête d’affiche, second choix ce n’est pas vraiment la position de mes rêves. Mais c’est toujours mieux que dernier choix. C’est ça le plus important finalement. Et ce n’est pas comme si ce genre d’occasions se présentait tous les jours.

J’arrive sur les lieux, un peu anxieuse. C’est la première fois qu’une telle chance s’offre à moi. Je ne veux pas la rater. Les seules fois où j’ai pu présenter mon spectacle c’était dans des bars, avec tous les désagréments qui vont avec. Je ne veux pas rater l’occasion de jouer sur une vraie scène. C’est le moment de faire ses preuves et de leur montrer que je peux faire autre chose qu’être coupée en deux par un magicien poussiéreux. Et même si les mauvaises langues répondent déjà qu’on pourrait me couper en quatre, je ne lâche pas l’affaire.


Et si ça t’a plu monde, on se retrouve sur FB ou Twitter pour plus d’aventures !
PS : si tu savais comme ce fichier word est mal présenté Monde… c’est vraiment affreux… la mise en page et moi c’est pas ça…

NaNoWriMo : semaine 1

Bonjour à vous Termites !

Pour ceux qui ne suivraient pas sur Facebook ou Twitter : j’ai eu l’idée brillante de me lancer dans le défi du NaNoWriMo (National Novel Writing Month), soit écrire un roman de 50 000 mots en un mois, ce mois étant celui de novembre. Parce que bon, je suis comme ça moi, quand je suis sensée n’avoir absolument pas le temps d’écrire, il faut que j’écrive. Ce n’est pas drôle d’écrire quand on a le droit de le faire. [insérer ici discours tout fait comme quoi l’écriture c’est politique tout ça tout ça histoire de cacher le fait que je suis définitivement une grosse bordélique désorganisée de la vie]

Le titre temporaire est à l’heure actuel Writer in progress. Reste à voir si ça sera le titre définitif ou pas, mais en tout cas ça sonne vachement bien.
Quant au pitch, voici à peu près à quoi ça ressemble : Jilian Break est traducteur. Un jour, il en a assez d’écrire pour les autres, et décide qu’il est temps d’écrire sa propre histoire. Son seul problème, c’est que les mots semblent avoir disparu.

Pour les news en vrac…
Je m’amuse beaucoup, et ça fait un bien fou. J’ai un peu l’impression que ce truc s’écrit tout seul, ce qui est assez surprenant vue que j’ai eu l’idée à la mi-octobre entre deux crampes d’estomac. À l’heure actuelle, j’ai une moyenne de 2 643 mots par jour et j’ai réussi à écrire tous les jours. Huit jours d’écriture consécutifs ! Suis assez fière d’avoir réussi à tenir la contrainte. À chaque fois que je me suis donnée ce genre de résolution, je tenais trois jours… Pour le moment, je suis à 21 181 mots, j’ai donc une belle avance sur les prévisions du site… Reste à voir si je vais tenir la distance ! Accessoirement… je suis revenue à mes premières amoures d’écriture : le fantastique. Et putain, je le réalise seulement maintenant, mais dieu ce que ça m’avait manqué !

Comme vous avez été très sage alors que je suis très absente de ce lieu depuis un mois, voici quelques extraits :

Sara Jackson-Holman – Do I make it look easy ?

Au fil des années, la routine s’était confortablement installée, rassurante et confortable comme seule sait l’être la routine. Jilian Break, traducteur de son état, aimait ces lignes toutes tracées qui l’emmenaient toujours d’un point A à un point B sans faillir. Il se levait le matin, lançait la machine à café et en attendant le salvateur breuvage, allumait l’ordinateur et vérifiait ses mails. À partir de là, il évaluait la charge de travail pour la journée. Un petit soupir le temps de verser le café fumant dans une tasse ébréchée, parce que toutes les tasses finissent toujours par s’ébrécher comme si une malédiction les guettait au coin du placard, et il s’installait confortablement dans le canapé, l’ordinateur sur la table basse. Toujours la même chose, il devrait commencer tout de suite, il aurait terminé plus tôt. Mais ça ne fonctionnait jamais vraiment. Au lieu de ça, il allumait la télé sur laquelle était continuellement branché un disque dur externe, et rattrapait quelques épisodes d’une série sur laquelle il était en retard. Avec le temps, la culpabilité de perdre ainsi sa matinée au prix d’une oisiveté tranquille s’était effacée. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, personne n’a précisé qu’il fallait se mettre au travail dans la foulée. Ce n’était que sur les coups de 11h qu’il se mettait effectivement au travail. Réglé comme la plus précise des horloges nucléaires, à cet instant Jilian devenait un autre homme. De la nonchalance maladive et imbibée de caféine, il arrivait à un état de concentration et d’assurance sans égal.

C’était ça qui avait fini par faire disparaître le sentiment de culpabilité des matins sous série B. Cette sensation que le monde disparaissait pour mieux laisser entendre les mots. Les lignes dans sa tête se mettaient alors en place. D’abord pelote de laine encombrante, les mots restaient opaques, nébuleux. Jilian se retrouvait souvent en territoire inconnu, à travailler sur des sujets aussi loin de sa conscience que l’horloge nucléaire précédemment citée peut l’être pour un traducteur. Se présentait alors à lui un étonnant mélange d’angoisse et d’excitation : allait-il pouvoir s’en tirer ? Comment être sûr qu’il n’allait pas raconter n’importe quoi du fait de son manque de connaissance du sujet ? La fin de la matinée était alors consacrée à faire des recherches sur diverses choses. Sans devenir grand spécialiste en quoi que ce soit, il avait ainsi eu la possibilité de s’informer sur les imprimantes 3D, les consignes de sécurité lors du montage d’une locomotive, les droits et usages en ressource humaine ou encore la faune et la flore de certaines îles. Après avoir rapidement déjeuné, il plongeait tête la première dans cet ouvrage passionnant qu’était le démêlage de la pelote. Certains mots résistaient, se refusaient à lâcher prise sur le nœud qu’ils avaient si soigneusement formé. Il était passé expert dans l’art de charmer ses résistants : il les caressait dans le sens du poil, leur fredonnait à l’oreille en leur promettant une place toute aussi radieuse dans une nouvelle toile emmêlée. Les mots finissaient toujours par lui céder. Il jouait les funambules entre les langues et finissait toujours par trouver un moyen de traverser les crevasses sans jamais se perdre à l’intérieur. Une fois les nœuds démêlés, ordonnés et prêts à être recyclés, ses doigts s’occupaient de la magie, reconstituant de ligne en ligne le nouveau tissage, la nouvelle pelote.

Zazie – Adieu Tristesse

Peut-être que c’était ce changement de matière à traduire qui l’avait poussé à prendre cette décision. Ça ou le blanchiment soudain de ses cheveux. Comprenez, se réveiller un matin, la tignasse complètement blanche alors qu’on n’a pas encore 30 ans, ça oblige à se poser des questions. Jilian n’étant pas la personne la plus collée au miroir qui soit, il avait mis un moment à s’en rendre compte. Si bien qu’en vérité, il n’avait absolument aucune idée de la date de cette subite transformation. Pourtant, il était plutôt fier de ses cheveux. Il les portait long, attachés par un lacet noir quelque peu élimé à force d’être utilisé. Il estimait le temps qui passe au rythme des mèches s’évadant peu à peu de la queue de cheval. Les plus longues lui tombaient sur les yeux en fin de journée. Comment un pareil détail avait pu lui échapper ? Il n’en avait aucune idée. Il fallut attendre qu’il voit ses amis les libraires à leur rendez-vous mensuel d’août. Le traducteur n’était pas nécessairement la personne la plus sociale qui soit. Il appréciait sa solitude, uniquement troublée par la présence des mots et des auteurs qui s’y cachaient. Leur compagnie leur suffisait, même si elle était parfois pesante. Pour autant, il ne manquait jamais un de leur rendez-vous. Ces quatre amis étaient tous libraires,  ils avaient tous trouvé du travail ici et là, mais tenaient tout de même à rester en contact. Aussi, tous les mois se retrouvaient-ils pour un week-end chez l’un ou l’autre afin de discuter des derniers livres qu’ils avaient lu. Jilian avait été ajouté au cercle un jour qu’on lui avait demandé de jouer les interprètes pour un auteur anglais invité dans la librairie où travaillait Andy. Jilian avait d’ailleurs détesté cette expérience… mais peut-être y reviendrons-nous plus tard. La chose s’était faite dans la précipitation et il n’avait nulle part où dormir. Andy lui avait donc généreusement offert une place chez lui alors même que ces trois invités, Xavier, Oswald et François, arrivaient pour s’installer. À sa grande surprise, il avait apprécié la compagnie des quatre hommes qui trouvaient passionnantes les histoires qu’il avait à raconter. Ils le regardaient telle une pièce rare venue enrichir la collection de nouveaux éclats. Il avait été surpris de s’intégrer aussi facilement dans la petite congrégation, elle-même surprise de se voir en capacité d’accueillir un nouveau membre en son sein. Depuis deux ans, la demeure de Jilian s’était ainsi ajoutée à la liste des rendez-vous mensuels et il en était ravi.

[…]

Jilian tourna la tête vers son ami par à-coups, comme l’aurait fait une poupée mécanique aux rouages grippés. Bien sûr que non il ne le savait pas. C’était évident. François se rendit compte de l’ineptie de sa question à peine ses lèvres eurent fini de former le point d’interrogation. Il maudit rapidement les autres qui l’avaient abandonné à son triste sort. En même temps, il ne voyait pas bien comment engager la conversation autrement. Qu’est-ce qu’il était censé dire ? Y avait-il une quelconque formule magique qui leur permettrait à tous deux de se sortir de l’embarras ?

Ce fut finalement le principal intéressé qui réussit à sortir de l’impasse où leur maladresse les avait acculés. Le visage de Jilian se découpa sur un sourire. Le sourire semblait s’étirer comme si son visage était trop gros pour y entrer. On sentait que la chair forçait sur les coutures pour se frayer un chemin. La peau crissait et le frottement laissait déjà apercevoir des marques de brûlure. Tout aussi engoncé qu’il puisse paraître, c’était un sourire qui lui allait pourtant très bien, malgré les quelques fils qui pouvaient pendre ici ou là. François frémit l’espace d’une seconde, s’attendant presque à voir l’autre lui sauter à la jugulaire dans l’instant. Il n’en fit rien. À la place, le sourire s’effrita pour laisser passer un rire fatigué, sorte de calumet de la paix auditif. Le rire ressemblait à une suite de hoquets hors de contrôle qui réussissaient tant bien que mal à s’aligner pour former une ligne digne de ce nom. François eut la politesse de le laisser mettre de l’ordre dans ce rire au compte-goutte avant de finalement le rejoindre. S’il fit semblant de ne pas voir les larmes qui s’attardaient au coin des paupières du traducteur, il voulut néanmoins tenter une accolade. Maladresse oblige, cela ne fut pas sans heurt. Il ouvrit les bras dans un élan mal calculé et sa main gauche vint griffer la paupière déjà sérieusement mise à l’épreuve de Jilian qui hoqueta de plus belle sous la surprise. C’était peut-être la douleur miniature, le rire hoquetant ou une tentative pour camoufler une évasion lacrymale venue, mais toujours est-il que Jilian se courba, cachant son visage dans ses mains pour finalement venir s’appuyer contre l’épaule de son ami qui put alors terminer l’accolade préalablement esquissée.

Billy Talent – Kingdom of Zod

Le médecin n’avait jamais vu ça. Rien d’anormal ne fut trouvé au cours de toutes les analyses qu’il dût passer. Hormis ce brusque changement, Jilian était en parfaite santé. Son sang contenait tous les éléments nécessaires en parfaite quantité, aucun organe ne présentait de défaut de fabrication ou d’utilisation, nulle tumeur n’était venue s’installer dans un recoin oublié, toutes les cellules, tous les chromosomes étaient parfaitement rangés à leur place attitrée. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et sans grande conviction, les « vrais » médecins finirent par accepter de remettre leur nouveau jouet aux mains des psychiatres qui se régalèrent à leur tour de pareil cas d’école. La vie du traducteur fut passée au microscope : on traquait les erreurs de parcours, les dénis, les regrets bien ancrés, les idées noires, les omissions, les obsessions, les frustrations… Tout y passa.

Il décida de se prêter au jeu, amusé. Cela faisait un moment qu’il avait compris qu’il ne fallait attendre aucune réponse de ces gens-là. Il avait donc fini par se ranger du côté de la logique, observant avec elle depuis le bord du terrain le match qui se jouait. Une pareille dissection de son corps comme de sa vie aurait agacé n’importe qui. Mais depuis qu’il avait décidé d’être simple observateur des événements, et non plus acteur principal, il comprenait tout l’intérêt de la chose. L’absurdité de la situation lui sautait maintenant aux yeux : il n’y avait rien à comprendre, il allait bien sous tous les points, il avait juste les cheveux blancs. Un phénomène qui arrivait à bon nombre de personnes sur cette terre. Simplement, au lieu de voir les choses se faire de façon progressive, ça avait été soudain, sans signe avant-coureur. Bien sûr qu’il avait été inquiet. Qui ne l’aurait pas été ? Il avait beau être pragmatique au-delà de la moyenne, il avait été obligé d’admettre que ce n’était pas rien. Il s’était présenté à tous les examens médicaux en toute bonne foi, désireux de comprendre ce qui n’allait pas chez lui. Au fur et à mesure que les résultats revenaient négatifs, il avait vaguement tenté de paniquer : mais que se passait-il donc ? Était-il victime d’un mal si mystérieux qu’il en était introuvable de nature ? Peut-être était-il le premier atteint d’une toute nouvelle maladie encore jamais rencontrée et qu’ainsi personne ne savait ni la reconnaître, ni la traiter. Et ainsi de suite.

[…]

Sans doute qu’il le savait, sans doute qu’il aurait pu leur dire et que tout le monde aurait gagné du temps. Mais les gens qui gagnent du temps ne font pas de bonnes histoires. Et ça, Jilian, en bon traducteur le savait parfaitement. Aussi, fit-il semblant de ne pas voir que ses cheveux blancs n’avaient été que le grain de sable dans une machine qu’il aurait été facile de réparer si tant est qu’on prenne le temps de regarder au bon endroit. Tous cherchaient à réparer un grain de sable, alors qu’il aurait fallu trouver la fuite, la fissure… Dans le fond, le plus inquiétant n’était pas les cheveux, le plus inquiétant, c’était la boulimie lexicale. C’était ce gouffre sans fond qui s’était ouvert en lui et réclamait toujours plus de mots à vomir par la suite. C’était ce besoin insurmontable, insupportable, de dévorer page après page, de les lécher jusqu’au trognon pour mieux en découvrir les pépins. C’était cette faim interminable qui le prenait aussitôt qu’il avait terminé un livre, un texte. C’était ces errances quand le manque lui sautait à la gorge dans la rue et qu’au désespoir il traduisait en quinze langues plus ou moins réelles tous les mots qui lui tombaient sur la rétine.

Le problème n’était pas qu’aucun signe n’avait averti du blanchiment capillaire.
Le problème était que le blanchiment capillaire prévenait la Faim.

Diablo Swing Orchestra – Justice for Saint Mary

Jilian aimait bien ses échanges avec la Logique. Il trouvait passionnant d’essayer d’avoir le dernier mot avec ce qui était le dernier mot incarné, ou en tout cas, qui arrivait très bien à faire comme si elle l’était. De façon paradoxale, et donc assez illogique quand on y réfléchit bien, la Logique passait le plus clair de son temps à chercher, et à trouver, ce qui n’était pas logique. Elle en était obsédée. Le traducteur avait du mal à savoir s’il s’agissait d’un jeu ou d’une vieille rancune entre la Logique et la vie qu’elle n’aurait pas bien digéré. Un jour, il voulut en avoir le cœur net et décida de plaisanter sur le sujet.

« Tu passes beaucoup de temps à chercher l’illogisme, mais finalement, s’il n’était pas là, tu n’aurais aucune raison d’être. Peut-être même que tu n’existerais même pas. »

La Logique ne répondit pas tout de suite. Elle lui jeta un regard cinglant. Elle avait accepté avec joie ce compagnon d’infortune sur son banc de touche. C’était un garçon surprenant mais intéressant, et elle n’avait rien contre un peu de compagnie. Mais elle n’avait pas prévu qu’il puisse se permettre de telles familiarités. Le silence passa afin de recueillir un nouveau moment embarrassant pour sa collection. Il était un peu en retard ceci dit et il s’en voulait. Il faudrait qu’il pense à suivre ce garçon de plus près, il semble qu’il y ait toujours des récoltes abondantes à faire quand il était dans les parages. Si le silence était paranoïaque, il aurait presque pu croire qu’on cherchait à lui voler sa place. Mais le silence était d’un naturel calme aussi ne s’offusqua-t-il pas plus que ça et ramassa ses trouvailles pour aller les admirer plus loin, enfin pas trop loin non plus, peut-être y aurait-il encore de quoi faire pour lui. La Logique par contre était légèrement plus inquiète de sa posture, consciente de la fragilité de son existence et de la tendance du monde à toujours vouloir faire l’exact inverse de ses sages prescriptions. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Logique n’appréciait guère cette attitude et se sentait constamment menacée.

« Tu sais, toi, il n’y a rien qui t’oblige à venir ici. Tu viens de ton plein gré, personne n’a jugé que tu représentais la moindre menace pour qui que ce soit. Alors si tu en as assez de leurs histoires, pourquoi tu continues de venir ? Ça non plus, ça n’est pas logique. »

Voilà. Avec ça, il devrait moins faire le malin. La Logique aimait la compagnie certes, mais pas tellement qu’on marche sur ses plates-bandes. Le Silence ne jugea pas nécessaire de ramasser ce moment-ci. Il n’y avait que la Logique pour ne pas se rendre compte que le traducteur, loin d’être impressionné, était simplement en train de retourner cette idée dans tous les sens pour voir ce qu’il pouvait en faire. Le Silence continua donc tranquillement de nettoyer sa précédente récolte sans bouger prendre la peine de relever.

« Eux… ça n’a aucun intérêt… mais les gens autour… il y a des histoires ici… il faut trouver les histoires qu’il y a. Les médecins ne savent pas les raconter. Ils confondent les histoires avec la Vérité… ce qui est stupide. Parce qu’ici, tout ce qu’il y a là, ce sont des histoires, pas la Vérité… »