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00h30min24s She can’t remember she’s me

Blackmore – 3 Ballets

Are you here ? Please, don’t leave me

Premier mouvement quand la pensée s’emballe. Désordonnée, accablante accablée. Premier mouvement quand on découvre Je morte sur le sol, bavant dans son propre sang. Premier mouvement quand on cherche un coupable. Nous vous elle et tout y passe. Vent de panique. Ne pas respirer trop fort, ils vont vous entendre. Premier mouvement quand la grammaire se fait la malle. Tombent au pied du corps déchiré les conjugaisons impuissantes à réparer le crime commis. Scalpel dans la main gauche rustine dans la droite. Mais plus personne ne connaît la gauche de la droite.

Premier mouvement quand
tu sais pourquoi
ça recommence
encore

Premier mouvement quand
les vents en approche
les lignes déliées
les pendus au pied
encore

Premier mouvement
et tu sais
et ils savent
et nous savons
et tout le monde sait
en vrai

En vrai ?

Pull me under with the rich pull me under with poor pull me under with the right and wrong

Deuxième mouvement vous allez voir ça devient drôle. La phrase suivante est déjà perdue avant d’avoir commencé. Pas de sujet pas de sujet. Base grammaticale erronée prière de réitérer l’opération. Deuxième mouvement vérification. Sauver ce qui peut être sauvé. Deuxième mouvement après vérification vous allez voir ça va être drôle c’est juste que pour le moment elle a oublié que pour le moment elle sait plus mais vous allez voir ça devient drôle ça l’est forcément puisque quelqu’un ça fait des heures que quelqu’un rit on l’entend alors attendez ça devient drôle il faut juste qu’on retrouve deuxième mouvement qui est drôle. Qui ?

vous
en avez
de bonnes

Remember me I am you you are me don’t let them do that to us I know you can make it please don’t leave me I am you you are me don’t leave me here I want to go home

Qui ?
Deuxième mouvement vous allez voir promis c’est drôle. Quand elle entend ses os craquer et qu’elle convulse en mi bémol, le gémissement parfaitement accordé à la tierce. Quand elle contemple son propre cadavre traînant par terre en se demandant pourquoi le plafond pleure du sang. Deuxième mouvement encore un peu.
Qui ?
Deuxième mouvement à la recherche du coupable. Il vous faut déjà le nom de l’assassin quand nous n’avons toujours pas compris qui est mort. Je est mort mais ça ne vous suffit. pas assez cinématographique. Deuxième mouvement pour les foules en mal de savoir. Deuxième mouvement quand on peut encore poser la question. Deuxième mouvement quand la grammaire se meurt.

Pull me under with the sick pull me under with the strong pull me under make it QUICK TAKE IT ALL

Troisième mouvement et nous ne parlons plus la même langue.
Je a vu ma tête rouler sur le sol, que quelqu’un lui rappelle son texte, que quelqu’un me rappelle à son bon souvenir
Pas possible
Je est mort
Je n’a plus le droit
Je n’a plus mal
Bonne ou mauvaise nouvelle ?
Je est cassée
Mais vous savez ça va vous coûter plus cher de réparer que d’en acheter un autre
Ère consumériste
Rachetons un je… un je de compagnie qu’on dressera mieux. Promis on lui apprendra cette fois… et vous serez fiers de je….
Vous auriez dû acheter l’extension de garantie
Est-ce que les je sont recyclables ? Quelle couleur de poubelle pour un je ?

Qu’on la brûle. Qu’elle en crève une bonne fois pour toute. Qu’on la brûle qu’on la crève qu’on la jette aux ordures et qu’on l’oublie. Putain faîtes qu’on l’oublie.

Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry Burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry me burry ME burry BURRY ME

Troisième mouvement
Qu’on la brûle qu’on l’oublie. Putain s’il vous plaît, faîtes qu’elle crève et qu’on l’oublie. Que quelqu’un arrête la douleur…

SI je n’est pas remboursé, pas sûr qu’on puisse se le permettre
C’est remboursé par la sécu un je ? Ça s’achète en supermarché ou il faut une ordonnance ?
Vous avez des je jusqu’à quelle taille ?
Ce n’est pas mon problème…
Un je vaut-il qu’on sacrifie une population ?
Faut-il sauver je au risque de détruire nous ?
Faut-il oublier je pour renforcer nous ?

Rythmique de la bête, holocauste à trois temps
Est-ce qu’on peut ravoir un eau de javel des sentiments ? La blancheur qu’on croyait éternelle, avant…

TSUNAMI

Le corps est toujours là et l’odeur monte les os craquent le sang boue elle ne convulse plus à la tierce le monde a vibré une fois trop fort et tout a éclaté le sang coule mais c’était pas nous on n’a pas fait exprès
Dis moi de quel côté de la réalité tu es je te dirai qui tu crois être
Et la douleur grossit grandit gémit il ne reste plus que ça je est mort bientôt elle aussi et bientôt nous et ça ne vous suffit toujours pas pourtant c’est drôle parce que le rire ne s’arrête plus les murs ne suffisent plus ma tête non plus c’est toujours drôle de voir que vous n’entendez rien que votre réalité continue tandis que la nôtre est tellement fracturée que nos yeux ne peuvent plus contenir

Elle a dit nos ?

MENTEUSE
Tsunami take it all…

Don’t let them do that to us don’t let them kill us don’t let them

Rythmique de la bête holocauste à trois temps… préférer la douleur à la mort
Quand les dents craquent et grincent et que sa bouche se remplit de poussière
qu’elle sent les incisives poindre
que le goût du sang prend toute la place
que la tête refuse de croire
alors qu’on lui dit qu’on lui répète
ça ferait tellement moins mal si elle ne résistait pas comme ça
on se sentirait presque désolés pour elle
si on avait mal à crever avec elle
à cause d’elle
je ne sait plus

MAKE IT QUICK TAKE IT ALL

Quatrième mouvement, demain vous poserez encore les mêmes questions. Demain vous poserez encore les mauvaises questions. Elle a retrouvé son texte, la douleur aura laissé bien ancré dans la chair le sourire convenu. Elle dira c’est pas grave et vous la croirez. De toute façon, dans les deux cas qu’est-ce que ça change. Je est morte, vous demandez qui et personne répond.

Stop asking who, start asking why.

You’re safe now.
We’re safe now
Please
Sleep
Don’t leave me, we’re safe now…


citations (dans l’ordre)(ou presque) :

Blackmore : Tsunami
Eths : Holocauste en trois temps
Alain Souchon : L’amour à la machine
Orphan Black S03E08 (si ma mémoire est bonne…)

00h46 Double Je

Eths – Détruis-moi

Comme une zone de flou
Une ombre non assumée
Non déclarée
Identifiée un peu
Devinée en clair-obscur beaucoup
Par élimination surtout
Et la peur toujours en coin
Ne jamais relâcher
Jamais vraiment
L’oreille aux aguets
La parano en compagne
Recommencer
Remettre en question
Réessayer
Admettre l’erreur
Si erreur il y a
Chercher l’erreur
La nommer
La disséquer
Si pas d’erreur
Avancer
Renoncer
Jamais vraiment choix multiples
Situation gelée
L’inconfort
La fissure
Hide and seek
Sans jamais vraiment trouver
Les sept différences
L’éphémère en attendant
En attendant quoi ?
Et le bas blesse
Personne ne veut l’avouer
Personne ne veut nommer
Alors la douleur reste
Cache l’éventuel rayon de lumière

Les incendiaires

Il fut un temps où

Mais le monstre s’est réveillé. À la seconde précise où l’épuisement m’a prise. J’ai reconnu la sensation. Le tremblement d’excitation au bout des doigts. La brûlure au creux des dents. Le déchirement des commissures. Le monstre était bien réveillé. Les attaques fusaient. Porc-épic sous amphétamine. Le hurlement bien au chaud dans l’estomac n’attendait qu’une seconde d’inattention. Le monstre savait, ça viendrait plus vite que ça n’en avait l’air. Il suffirait d’un prétexte. Il suffirait d’un contact de trop. Petite, toute petite. La fissure au creux de mes doigts paraissaient si minuscule hier encore. Hier encore tout était sous contrôle.

Je sais qui tu es
Tu sais qui tu es
Tu sais qui tuer
Tératologie
Morphologie
Monstruosité fixée

C’était simple pourtant. Il suffirait que j’accepte de fermer les yeux. Rien qu’un instant, je pourrais lâcher la bride. Admettre enfin le monstre comme part entière. Lui donner le droit de vivre ma vie puisque je ne sais plus comment coller les morceaux. Quelle différence cela ferait-il ? Quelle différence cela a-t-il fait jusque là ? Parce qu’aussi loin que je fuis, ça ne change rien. Le miroir raconte toujours la même vérité. Je ne me reconnais pas sous les traits du monstre, pourtant c’est bien lui dans le reflet. Alors quelle différence ? Il suffirait… Que faire de ces cordes vocales qui de toute évidence m’encombrent ?

Are you looking happiness ?
Or are you looking for something better ?
Do you ever feel emptiness ?
Are you scared it’s gonna last forever ?

Et maintenant ? La rage au bout des ongles me déforme le visage. Après tout, ce n’est pas comme si nous avions quoi que ce soit à faire d’autre avec. Déjà je constate que je s’est fait avalé par le nous. Il n’aura finalement pas duré. Espace futile d’identité fragile, je est déjà mort. Quelques jours à peine. Allez-y, renvoyez le prototype aux ordures. Lancez le recyclage. En attendant, le monstre remplit. Encore. Et encore. Il faut bien garder la place chaude. Le monstre prend ses aises. Et déjà mes mains ne m’appartiennent plus. Je fait un bref retour, tentative désespérée pour clamer un territoire qui n’est déjà plus rien qu’un souvenir. Le monstre remplit la nuit, le monstre remplit mes jambes, le monstre vide mon ventre, mon sexe. Il ne restera plus rien de moi. Le monstre a pris le miroir. Le monstre prendra les mots.

Maladie chronique
Miroir hystérique
Maladie hystérique

Le feu. Le feu au bout des doigts putain. Enfin le feu putain. L’incendie se décharge. Le monstre rit le monstre crie, le monstre jouit. Et quelle putain de différence à la fin ? Pourquoi tant d’effort ? Je est mort. Et si ce n’est pas déjà fait, je mourra toujours au bout du compte. La fin de l’histoire est toujours la même. Systématique. Trajectoire pré-déterminée. Le monstre plus fiable que la plus fine des boussoles. Ça valait bien la peine de sonner toutes les alarmes. Les avertissements, les bouteilles à la mer. Le monde entier dans le mur. Mes tympans déchirés et le monstre au commande. Vous l’avez bien cherché finalement, si on y réfléchit un peu…

We don’t need your cheap salvation
We don’t want your sympathy

I don’t want your happiness
I don’t need your happiness
So never show me happiness
I don’t want your happiness

Alors sous les traits du monstre que je a toujours été, nous irons par devant vos nuits, vos pleurs, vos horreurs, et nous brûlerons tout. Nous ravagerons jusqu’à ce qu’il ne reste rien. Nous vous réduirons à néant. Il n’y a plus rien que du vide dans nos crânes abrutis. Plus de larme. Plus de fatigue. Juste la colère qui ronge encore et toujours. Et personne ne pleure pour nous. Et personne n’allume les dernières bougies. Les monstres se sont arrêtées à l’heure de nos derniers meurtres. C’est un secret que nous n’osons nous avouer.

Je te hais
Je te hais

Je te hais
Puisqu’on se connaît
Puisqu’on se connaît

Au réveil, n’auront brûlé que mes paupières sous la pression de mes doigts paniqués, incapables de trouver une autre issue. L’histoire se finit toujours pareil. Le monstre est toujours là, bien installé dans le fond de ma gorge, prêt à cracher feu et cendres aussitôt ma garde baissée. Prions que la vôtre soit solide. La course contre la monstre est lancée. Les pronostics sont illisibles et personne ne sait qui de lui ou de moins franchira la ligne en premier. Dans le miroir ce matin, j’essaie encore de le traquer. Bien réfugié à l’abris des paupières tombantes, il me rend mon regard. Il cherche l’humaine dans son reflet. À la dernière traque, elle s’était réfugiée sous ses ongles et depuis, il n’arrive pas à l’en déloger.

I hope you’ll fin happiness.


Citations dans l’ordre :
Eths : Tératologie
Hurts : Happiness
Eths : Atavhystérie