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Pelouse Interdite : extraits !

Yeup yeup monde !

Alors comme promis, une fois atteint les 70 j’aime sur Facebook (parce que c’est quand même bien pratique de mettre des barres comme ça des fois), monde tu gagnais le droit à quelques extraits de ce (on l’espère) merveilleux roman que sera (peut-être) Pelouse Interdite ! J’espère que l’attente aura valu le coup… Et maintenant, sans plus attendre, je vous invite à découvrir les personnages principaux…


Come see our girls, crazy girls
If you’re willing to be thrilled, this is a hell of a ride
Those girls, crazy girls
They’re hot, they’re nuts, they’re suicidal
Tickets cheap, it’s a crime
And they’re half price after 4 o’ clock, so toss us a dime
To see these lovely freaks of nature for a limited time
Come see the girls, girls, girls

Emilie Autumn – Girls ! Girls ! Girls !

Birdy :

Il y a des moments de solitude. Des moments où on se demande comment on a fait pour arriver là. Si on prend le temps d’y réfléchir un instant, on réalise que c’est une question stupide. Dans le fond, on sait très bien comment tout cela a commencé. Mais ça serait plus simple de penser que le coupable est ailleurs. Dans mon cas : pourquoi ai-je accepté l’invitation d’Élodie à sa soirée. Je ne suis même pas sûre de ce que l’on fête au juste. Toujours est-il que j’ai accepté l’invitation. Peut-être que je me suis dit qu’il était plus facile d’assister à une soirée et de s’y ennuyer que de la suivre à travers le mur ? Quelque chose du genre.

Je ne suis pas habituée à ce genre de soirée. Je ne fais pas parti de ces gens qui ont des répertoires de téléphone équivalents aux pages jaunes. Si j’ai une vingtaine de numéros dans mon portable, c’est bien tout. Qu’est-ce que je ferais des autres ? Sans doute pas grand-chose. J’oublierais forcément qui est qui, je serais incapable de mettre un visage sur un nom et le numéro qui l’accompagne. Alors me retrouver au milieu de la petite cours d’amies de ma coloc, ça me fait tout drôle. Ça piaille, ça râle, ça commère. Pour tout vous dire, je ne suis pas bien sûre du protocole à suivre. J’ai la sensation d’une bande de langues de vipère : à peine l’une s’est-elle levée pour aller aux toilettes, que les autres en profite pour lui baver dessus. La décence voudrait qu’elles attendent au moins que l’autre ait quitté la fête non ? Je n’arrive pas à suivre. Pourtant j’essaie. Enfin, j’ai essayé. Au moins au début. Mais je ne connais pas la moitié des noms qu’elles citent. Certains évoquent vaguement quelque chose dans le fond de ma mémoire. J’ai forcément dû les entendre quelque part. Dans les moments de solitude, il faudrait aussi ajouter cette hésitation : quand on n’ose pas avouer qu’on ne sait pas et demander qui c’est, puis que le moment acceptable pour demander est passé. Sans m’en rendre bien compte, je glisse peu à peu dans un état de semi-léthargie.

Ces filles, je commence à les connaître. Des amies d’Élodie. Certaines viennent régulièrement. Je n’ai jamais vraiment ressenti la moindre affection pour aucune. Faut dire que de base, Élodie et moi n’avons pas grand-chose à nous dire. Nous entretenons des rapports cordiaux, mais rien de plus. L’appartement est une sorte de duplex : chacune possède sa chambre et sa salle de bain, disposée autour d’une cuisine commune. Ce qui fait que si nous le voulons, nous pouvons ne jamais nous croiser. Cela m’arrive plus souvent qu’à elle, il est vrai… J’aime le silence et les livres, même si cela fait des années que je n’en ai pas terminé un seul. J’aime l’effet que cela fait d’en ouvrir un nouveau, de plonger dedans et de se perdre, comme si tout était possible. Et une fois que j’ai compris les règles du livre, je m’ennuie. J’essaie pourtant d’aller au bout, mais rien à faire. Je finis forcément par le refermer, et en ouvrir un autre pour voir. Les livres s’entassent. Je pense souvent à aller les donner, mais je laisse passer les occasions de le faire. Je rêve souvent que j’y mets le feu, un jour de dépit… De son côté, Élodie aime le cinéma à gros budget et se tenir au courant des potins. Elle ne rate jamais une sortie de films inspirés de comics, qu’elle emprunte régulièrement à un de ses rares amis masculins. Même si je ne comprends pas bien pourquoi, ces histoires la passionnent. À chaque fois qu’on mange ensemble, il faut qu’elle me raconte. Il faut lui reconnaître qu’elle raconte bien,  je finis toujours pas être convaincue qu’il faut à tout prix que j’aille en lire, ou en tout cas en voir un au cinéma. Elle me propose régulièrement de venir avec elle. Je ne sais pas si c’est par envie de faire quelque chose avec moi ou seulement qu’elle culpabilise de me savoir seule ici. Ce qui est stupide. Je suis solitaire de nature. Je refuse toujours gentiment l’invitation, préférant accepter de voir les mêmes films avec elle quelques mois plus tard quand elle les achète en DVD. C’est un peu la tradition, elle achète son DVD, et nous le regardons ensemble, elle commente toutes les scènes, anticipant d’avance sur la suivante et expliquant les différences plus ou moins acceptables avec le comics d’origine. Tandis qu’elle déballe sa litanie interminable – elle fait plus de bruit que le film, ce qui ferait hurler n’importe qui d’autre, sans doute la raison pour laquelle elle le regarde avec moi –  je m’applique à créer le plus haut château de carte que je puisse. Sorties de ces quelques moments de complicité, nous avons du mal à partager quoi que ce soit. Il n’y a pas d’animosité entre nous. Simplement, nous ne vivons pas vraiment dans les mêmes mondes. Par diplomatie, nous avons simplement tâché de les faire se croiser en un point donné…


Half :

«BAISSE LE SON !
_C’EST LA FINALE PUTAIN !»

La finale mon cul. Une finale c’est fait pour mettre fin à quelque chose. Hors le ramdam venant de cette chambre ne s’arrête jamais. Quand ce n’est pas le foot c’est le rugby, quand ce n’est pas le rugby c’est le handball et tout se finit en orgie avec une nana toujours différente mais qui hurle toujours pareil. Tout ça me fatigue. Si quelque chose doit finir ce soir, ce n’est pas ce foutu match…

Ce soir ma chambre est vide. Demain j’aurai levé le camp. Trop fatiguée de ce bordel, et de tout le reste, je déménage. «Mon frère est un porc» ai-je dit à mes parents. J’ai bien essayé d’expliquer la situation mais rien à faire. «Half voyons tu dois comprendre ! Ton frère travaille très dur pour ses études, il faut bien qu’il se détende un peu. Tu peux bien comprendre ça non ?»

Le fait est que non. Je ne peux pas comprendre. Il ne met jamais les pieds dans son école de commerce, à part quand il est las de la dernière crieuse. Mes parents continuent de payer les années alors il continue d’avancer. Bien entendu, moi je n’ai pas eu le droit au même régime. En dessous de la mention bien plus de vivres. Mais surtout, l’obligation de vivre avec lui, parce que « ça fait des économies ». Par contre, on peut payer son école à 9 000€ l’année contre 400 pour la mienne sans que personne ne se dise que peut-être il y a là matière à faire des économies. Mais ça doit être parce que je suis devenue experte-comptable que je me rends compte de ce genre de choses. Tant pis. J’ai de plus grands projets en cours. Projets qui nécessitent un peu de calme. Les études étant finies, le contrat signé, je peux enfin partir d’ici sans me retourner.

J’essaie de finir mes cartons comme je peux. Mes chaussures sont toutes bien rangées. Idem pour mes vêtements. Il reste le grand miroir. Je crains de devoir m’en séparer et cette idée ne me plaît guère. Je l’ai trouvé sur le marché pour une bouchée de pain. C’est un miroir comme on peut en voir dans les boutiques de luxe. Un miroir en pied, incliné pour se voir parfaitement de haut en bas sans avoir à se ridiculiser dans des positions à peine humaines. Comme je dois partir d’ici quasiment clandestinement, je ne peux pas l’emmener. Et je ne pourrai peut-être pas revenir le chercher. Si je veux couper les ponts, je ne peux pas le faire à moitié.

En guise d’au revoir je m’admire une dernière fois. Dans tous les sens. Je me dévisage pour être sûre de ne pas oublier cette image. J’observe la courbe de mes fesses, la façon dont cette ligne arrondie se poursuit le long de mes jambes. À l’autre opposé, mes cheveux tombent parfaitement le long de ma nuque. Le rouge leur va bien. Bien mieux que cette espèce de blond fadasse qui leur sert de couleur naturelle. Cette foutue couleur de paille héritée de mon père. Je la déteste.

J’ai teint en rouge. En rouge vif. Il y a deux semaines. Quand je suis rentrée le dimanche pour le repas dominical, mon père a failli avoir une attaque. J’ai trouvé ça plutôt amusant. Il a gardé les yeux tétanisés un long moment, est resté immobile tout autant. Finalement, il n’a rien dit. Enfin si. «Va aider ta mère à mettre le couvert s’il te plaît.» Tout était rentré dans l’ordre selon lui. Donc je suis allée mettre le couvert. Et puis toute la famille est arrivée. Comme tous les premiers dimanches du mois. Ils ont tous adopté la réaction de mon père. Chacun leur tour ils m’ont fait la bise et puis sont restés immobiles à me fixer avant de se détourner et de prendre leur place. Parfois pas toujours dans cet ordre d’ailleurs. Ça avait l’air très dur de ne pas faire de commentaire, et en même temps, ils en mourraient d’envie, seule l’inspiration manquait.


Lucy :

Elle fait chier Half. Toujours à te seriner ses grands principes, que bientôt ça va changer, qu’elle va tout faire changer, mais en attendant pendant que d’autres se font chier comme secrétaire – cafetière – photocopieuse elle s’est trouvé la bonne planque : comptable dans une petite entreprise. Personne ne fait chier les filles qui préfèrent les chiffres. On sait jamais, des fois qu’elle vous dirait quelque chose que vous ne comprendriez pas. Pas pareil avec les secrétaires. Mais en attendant, ça paye les factures. Je savais bien que je trouverai pas de place en tant que grand reporter dès la sortie de l’école. Même si c’est ce que je vise le problème n’est pas là. Je viens de province, déjà ça complique tout. Le métro est un putain de labyrinthe, les Parisiens doivent avoir la carte directement implantée derrière la rétine pour réussir à s’y retrouver sans le moindre soucis. Ça fait deux ans que je suis là, deux ans que je galère et que je finis toujours par demander mon chemin à un agent qui a plus ou moins le temps de me répondre en fonction du nombre de PV qu’il a déjà rempli pour atteindre son quota. Le problème majeur est que je connaissais personne dans le milieu en arrivant, alors pour se faire une place, faut s’accrocher. J’arrive encore à trouver quelques piges par ci par là. Pas de quoi m’ouvrir les portes des grands quotidiens. Je m’accroche, parce qu’on ne lâche pas un rêve comme ça. Mais putain de merde, je mérite une foutue auréole parce qu’en vérité, la seule chose à laquelle je m’accroche, c’est ce boulot pourri dont le seul mérite est de me permettre de me nourrir sans avoir à fouiller les poubelles, et ce même si une bonne partie du boulot en question consiste à vider les poubelles de tous les bureaux. Je suis secrétaire à tout faire dans une agence de pub. On m’avait laissé croire que je pourrai toucher aux communiqués, participer activement en faisant quelque chose d’un peu plus proche de mon métier d’origine. Ça aurait été moins palpitant que le conflit israélo-palestinien, mais c’était toujours écrire. Au lieu de quoi, je me retrouve cantonnée à faire les cafés, sauver les photocopieuses de terrifiants bourrages papier et parfois faire croire à leurs femmes qu’ils sont en réunion quand ils viennent de récupérer sur votre bureau l’ensemble collier – boucles d’oreille pour lequel vous avez dû faire un paquet cadeau.

Alors oui, Half me fait chier à me regarder de haut et me dire de me barrer comme si c’était si facile, comme si je ne faisais rien à côté pour trouver une autre façon de payer mes factures. D’autant que je suis arrivée au bout des moyens pour diminuer le nombre de factures à payer. Elle fait le boulot pour lequel elle a été à l’école, dans une entreprise où on ne la fait pas chier, on la laisse travailler comme elle l’entend et on lui fait confiance. Le pire, c’est qu’elle s’en tape complètement. Parce que tôt ou tard, elle va se barrer pour mettre à bien son grand projet. Grand projet dont elle parle depuis des lustres, presque depuis que je la connais. Elle était venue passer un entretien à l’agence. On avait pris un café ensemble pendant qu’elle attendait et je lui avais un peu raconté l’ambiance générale. Je l’ai sans doute dégoutée de cet endroit… Sans doute que je voulais éviter à quelqu’un d’autre de vivre la même chose que moi. Au final, elle a laissé tomber l’idée de bosser chez nous, mais on est resté en contact et finalement, nous sommes devenues amies. Elle suit ce qui se passe à l’agence comme on suit le procès DSK : sans trop savoir si on veut ou non le voir s’en sortir tout en ayant conscience que ces événements redéfinissent l’échelle selon laquelle on peut affirmer que l’on vit dans un monde de merde. Bref, elle fait chier à te prendre de haut alors qu’elle a juste eu vachement plus de cul que toi et qu’elle est même pas foutue de l’admettre. Elle fait chier à t’expliquer comment tu devrais mener ta vie parce que c’est vrai qu’elle, elle a tellement tout réussi et elle va être tellement quelqu’un de tellement important… tellement importante que je sais plus ce que je pensais à la base. En attendant je lui pardonne, parce que quand elle veut bien se taire, elle t’écoute, et parfois même, elle trouve des solutions, des vraies, des qui fonctionnent.


Daphné :

Je suis amoureuse… Je ne pensais même pas que ça pourrait encore m’arriver. J’ai tellement envie de le dire à tout le monde… Ça fait des mois que ma vie se résume à la boulangerie et chercher des dates de spectacle. Et Birdy aussi… même si on se voit moins depuis quelque temps. Entre cette histoire avec Half… et puis je crois qu’il y a autre chose. Mais quand je lui demande elle fait l’anguille. Alors du coup, je ne pensais même plus que je pourrais rencontrer quelqu’un, ça ne faisait simplement plus partie des scénarios disponibles pour moi. Un peu comme devenir neurochirurgienne, j’ai laissé tomber devant les efforts nécessaires. Mais passons !

À la dernière minute, on m’a appelée pour jouer dans un gala. Une sorte de journée de fête à thème se terminant par plusieurs performances. Mais cette fois-ci, on ne m’appelait pas pour jouer les assistantes à paillettes. J’avais une vraie place dans le spectacle. Certes, on m’a appelée en second choix, un des artistes s’est blessé et il fallait quelqu’un pour le remplacer au pied levé, c’est moi qu’on a choisie. Certes, je suis encore loin d’être la tête d’affiche, second choix ce n’est pas vraiment la position de mes rêves. Mais c’est toujours mieux que dernier choix. C’est ça le plus important finalement. Et ce n’est pas comme si ce genre d’occasions se présentait tous les jours.

J’arrive sur les lieux, un peu anxieuse. C’est la première fois qu’une telle chance s’offre à moi. Je ne veux pas la rater. Les seules fois où j’ai pu présenter mon spectacle c’était dans des bars, avec tous les désagréments qui vont avec. Je ne veux pas rater l’occasion de jouer sur une vraie scène. C’est le moment de faire ses preuves et de leur montrer que je peux faire autre chose qu’être coupée en deux par un magicien poussiéreux. Et même si les mauvaises langues répondent déjà qu’on pourrait me couper en quatre, je ne lâche pas l’affaire.


Et si ça t’a plu monde, on se retrouve sur FB ou Twitter pour plus d’aventures !
PS : si tu savais comme ce fichier word est mal présenté Monde… c’est vraiment affreux… la mise en page et moi c’est pas ça…

Le cycle des miroirs / Jour 6 : Vincent

7 jours, 7 chansons, 7 vies

Emilie Autumn – Leech Jar

Qui sait de quoi demain sera fait ? Pas grand monde. Mais Vincent fait partie de ceux-là. Il est du genre à démonter tout ce qui lui tombe sous la main, du scooter du voisin au patrimoine génétique des grenouilles, tout y passe. Il a soif d’apprendre et il faut qu’il comprenne tout ce qui l’entoure. Il a dévoré à pleines dents tous les ouvrages scientifiques qui passaient par là, s’est engouffré avec la même passion dans des études scientiques, est allé aussi loin qu’il pouvait, jusqu’à trouver le job de ses rêves. Une bonne place dans un laboratoire pharmaceutique où il peut expérimenter à loisir et sans limite.

Vincent est le plus heureux des hommes depuis qu’il est à cet endroit. Il se sent utile. Il démonte le monde et participe à sa meilleure compréhension par l’homme. On lui a récemment confié quelques charges de cours en plus du laboratoire. À nouveau il est aux anges, il va pouvoir transmettre tout ce qu’il a appris, tout ce qu’il a expérimenté. Il est ravi de voir deux fois par semaine ces étudiants tout aussi férus d’apprendre qu’il l’est. Il leur racontera tout…

Comment l’homme a toujours cherché à comprendre. Depuis les temps les plus anciens, il a toujours fallu que l’homme comprenne le monde qui l’entourait. Bien entendu, au début, il n’avait pas les outils nécessaires. C’est pour ça qu’est née la religion. Vincent ne crache pas sur la religion comme peuvent le faire d’autres scientifiques. Il pense qu’elle a eu un intérêt, qu’elle a été là quand l’homme en avait besoin et qu’il n’y avait rien d’autre. D’ailleurs, il trouve même qu’il y a parfois dans les textes religieux des instincts incroyablement justes, les explications sont parfois farfelues, il n’empêche qu’on peut y trouver un certain fond de vérité si l’on accepte de voir au-delà des mysticismes.  Il rêverait de voir science et religion travailler de concert, il est persuadé que cela serait pour le mieux de l’homme.

Comment l’homme a toujours cherché à repousser les limites. Depuis les temps les plus anciens, l’homme a toujours cherché à aller plus loin, plus haut, plus longtemps. Il a fallu qu’il crée, qu’il invente, qu’il se surpasse. Il a fallu qu’il apprenne à dompter les limites que le monde lui imposait. Vincent est fasciné par cette quête, par cette volonté d’abolir toutes les frontières. Il est persuadé que l’homme les dépassera toutes. Qu’un jour, l’homme ira jusqu’aux confins de l’univers, jusqu’au fin fond des océans, jusqu’au cœur des forêts. L’homme sera le spectateur total et parfait de l’univers qui l’entoure.

Comment l’homme a sans cesse cherché à repousser ses propres limites. Depuis les temps les plus anciens, il a cherché à prolonger son espérance de vie. Il a d’abord amélioré les conditions de son existence, étudié comment vivre au mieux, le plus loin possible de tout risque imminent. Puis il a voulu comprendre comment maintenir sa santé au meilleur. Il a étudié et classifié toutes les maladies. Il a cherché des remèdes. Il en a trouvé. Et surtout, il continue de chercher, il continue de vouloir s’améliorer. L’homme de demain n’aura plus grand-chose à voir avec celui des temps anciens.

Comment l’homme a sans cesse cherché à défier la nature. Depuis les temps les plus anciens, il a appris à vivre avec elle, bon gré mal gré. L’homme a étudié la moindre de ses humeurs, il a voulu en comprendre les secrets et les fonctionnements. Au besoin, il a appris à s’en protéger, ou au contraire, à faire jouer tout cela en sa faveur. Vincent montre un enthousiasme enfantin face à la capacité d’adaptation de l’homme. Il trouve fascinant cette façon d’apprendre à tout gérer, à faire feu de tout bois, à trouver une utilité à chaque chose et de ce fait, réussir enfin à résoudre tous les problèmes qui se posent à lui.

Vincent éprouve un immense bonheur à leur raconter tout cela. Il les sait aussi curieux que lui, sinon il ne serait pas là. Et puis un jour, quelqu’un lève la main, et la question est lancée au milieu de l’amphi :

« Mais, et l’éthique dans tout ça ? Quelle utilisation faisons-nous de ces découvertes ? Finalement, quand on voit ce qu’on en fait, n’aurait-il pas mieux valu ne rien découvrir ? »

Vincent reste paralysé. Il ne comprend pas la question. C’est la première fois de sa vie qu’il ne comprend pas quelque chose. L’énoncé lui résiste, il ne parvient pas à le démêler.  Comment peut-on dire qu’il aurait fallu s’abstenir de faire certaines découvertes ? C’est impensable…  Mais l’élève continue.

« L’homme a pillé la Terre, comme ça ne suffit plus, il joue à Dieu. Il clone, détraque les écosystèmes espérant pouvoir y trouver encore ce qu’il veut, nourrit ses populations de poison avec pour seule excuse qu’il est plus facile à produire pour la masse d’âmes humaines, crée des virus en même temps que les vaccins qui vont avec, doit apprendre à soigner les maux qu’il a lui-même créés. Comment la science peut-elle justifier ça ? »

Vincent ne comprend toujours pas… justifier ? Mais, pourquoi la science devrait-elle justifier quoi que ce soit ? Ce n’est pas son travail, ce n’est pas pour ça qu’elle existe… La science sert à comprendre, pas à justifier… ça, c’est le travail de la morale, du politique… pas le sien… L’utilisation qu’on fait de la connaissance brute peut-elle être imputée à celui qui l’a mise au jour ?

Le cours se termine sur ce silence gêné dont il n’arrive pas à sortir. Il ne s’était jamais posé toutes ces questions. Il pensait que ce n’était pas de son ressors, pas de sa responsabilité. Après tout, plus on en sait mieux c’est non ? Alors pourquoi aurait-il dû se justifier ? Pouvait-on le considérer comme coupable devant les atrocités commises au nom du progrès ? Quelle était sa part à lui ? Pour la première fois, devant l’amphithéâtre qui se vide, Vincent doute.

Les milles et unes vies de Ray Charles – Fantasmagorie #3

Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Mais qu’en est-il des migraineux, ces êtres qui vivent repliés derrière leurs immenses lunettes de soleil et dont la patience et la capacité de compréhension sont inversement proportionnelles au nombre de dolipranes ingérés ?

« Je dis toujours ‘jour plutôt que bonjour. Parce que si c’était une bonne journée je serais encore dans mon lit plutôt que d’interagir avec des gens. » (je suis gentille je fais al traduction)

Pour plus de facilités, nous appellerons notre migraineux Ray Charles. Dans ce reportage exclusif, nous vous invitons à suivre les pas de Ray Charles tout au long de son périple au sein d’un magasin.

Il arrive que l’on demande à Ray Charles de ramasser tous les cartons qui traînent et de bien vouloir redonner une certaine allure aux rayons délabrés par les clients. En effet, le client est une espèce sans pitié avec un goût prononcé pour le saccage. Il tient sa force et son pouvoir de son porte-feuille, de là, il n’est nul besoin pour lui de chercher à se justifier et il peut ainsi donner libre cours à ses plus bas instincts sans crainte des représailles. Le client et le caissier doivent pourtant trouver un équilibre viable au sein de l’écosystème qu’est le magasin puisqu’il est impossible pour eux de vivre l’un sans l’autre. Ce qui est bien dommage. C’est sans doute pour ça que Dieu créa Amazon, mais ceci est une autre histoire. Toujours est-il qu’après la migration des troupeaux de clients allant de la plage au camping, ou de l’autoroute A95 au mobil home, il faut remettre le magasin d’aplomb. Une mise à plat s’impose donc. On remarquera la proximité du terme avec ces camarades mise bas et mise à mal, mais ceci est sans doute le fruit du hasard, un arbre qui pousse quelque part entre les terres arides des statistiques, ou bien encore bien caché dans les rayons où sont commercialisées de multiples bières.

C’est dans de telles conditions que notre Ray Charles doit partir à l’aventure. Équipé de son « box », sorte de grandes boîtes que les chefs-ingénieurs ont renommé box depuis leur bureau parce qu’en anglais ça fait toujours plus classe que le terme précédemment utilisé qui était « l’espèce de grande boîte de merde là ». Inutile de préciser que la plupart des box ont au moins une roue qui roule mal, faisant ainsi plus ou moins dangereusement dévier l’appareil. Un véritable bonheur d’engins à piloter. Ray Charles s’improvise alors pilote de ligne, slalomant avec précision entre les clients, il n’aura besoin de leur hurler dessus qu’une petite dizaine de fois lors de sa traversée du magasin. Il feinte à gauche, feinte à droite, ramasse ici le plastique d’un pack d’eau, ici un carton vide de sa javel, là un carton vide de ses conserves de petits pois, là une boîte de tampons au milieu des brioches et bien sûr ces éternels noyaux de cerises semés ici et là en travers de l’ensemble du magasin. Si le client aime à rappeler au caissier que la monnaie qui tombe au sol ne va pas pousser, il faudrait lui rappeler que pour qu’un cerisier pousse, il faut mettre le noyau dans de la terre, et non du carrelage. Une ancienne légende raconte même qu’on pourrait faire pousser un cerisier en avalant les dits noyaux. Si une telle chose était vraie, tout le monde serait gagnant. Le client n’aurait même plus besoin de venir au magasin pour en acheter sans faire attention que le prix indiqué vaut pour 100g et non pour le kilo. Il aurait ainsi digéré ses cerises au moment même où elles seraient arrivées à maturation. Un gain de temps considérable. Plus besoin d’errer dans les rayons en recrachant à tout hasard ces noyaux partout. Enfin si hasard il y a… car peut-être que tout ceci rentre dans un plan bien plus large ! À défaut d’oranger sur le sol irlandais, on planterait des cerisiers sur le sol capitaliste, et peut-être qu’alors la paix dans le monde serait assurée, que chacun mangerait à sa faim et qu’enfin, au bout du compte, les richesses seraient redistribuées. Mangeons des cerises mes frères, en attendant, si l’estomac du client ne peut supporter l’absorption d’une telle quantité de fruits rouges, il lui faudra encore envisager d’errer dans les allées, de trouver tout seul les produits dont il a besoin, de trouver tout seul comment vivre sans celui qui n’est plus disponible, puis de faire la queue à la caisse, de décider s’il paye en carte ou en liquide, si c’est lui ou son ami qui paye et qui paye comment, et enfin de savoir s’il doit ranger dans des sacs maintenant ou bien attendre que tout se casse la gueule bien gentiment.

« C’était sur mon chemin » La philosophie du client moyen.

Une fois qu’il a réussi à se frayer un chemin entre les cerisiers avortés avant l’heure – à ne pas confondre avec les avortons de Cerise, qui sont pas mal chiants aussi mais se traitent plus à coup de pelle dans la gueule que de sécateurs, quoique -, Ray Charles doit encore escalader le frais. Car voilà, Ray Charles ne fait pas forcément la taille idéal pour naviguer d’un rayon à l’autre avec aisance et légèreté. Il lui faut donc parfois trouver des solutions. Si le ridicule ne tue pas, il est tout à fait possible de penser qu’un équilibre plus incertain que les autres finira par avoir sa prise. Les prises permettant d’escalader le mont Frigo ne sont guère aisées, et surtout, pas vraiment validées par la commission d’hygiène. D’un pied assuré, Ray Charles entame son ascension vers sa première étape : les sandwichs. Les gens mangent-ils autant de jambon que ça ? C’est fou. Complètement. Un véritable mystère. Alors Ray Charles remplit des cartons pour en vider d’autres, et à peine a-t-il triompher qu’il lui faut s’attaquer aux salades individuelles qui donnent plus ou moins envie, et pire, les parts de gâteau à emporter… Mal conçues, mal pensées, impossible de les empiler car sinon le client ne pourrait jamais retrouver celle qu’il désire – ce qui est stupide, car comme tout le monde le sait, le client désire toujours ce qu’il ne peut avoir -, impossible de les faire tenir debout sans qu’elles ne se jettent au sol de toutes leurs forces, entachant alors de leur corps éparpillé un carrelage qu’il faudra ensuite passer à la javel. Et quand Ray Charles voit l’état dans lequel le carton des parts de gâteaux a plongé ses mains, il ne peut se résoudre à approcher la javel à moins de 3 mètre sans une combinaison complète. Et l’aventure continue ainsi, mais du surimi aux pâtés et rillettes vient forcément le Passage du Jambon. Des boîtes de jambon à perte de vue… plus d’une dizaine d’espèce de rareté variable… à ne surtout pas mélanger, sous peine de voir l’éco-système s’écrouler… Ray Charles doit être précis et rapide… D’autant que la menace plane : à tout moment, la corne de brume peut résonner, criant son nom à travers la contrée des pâtes et du riz, traversant même les bacs surgelés pour le sommer de se rendre à sa caisse dans l’instant. Alors que Ray Charles passe courageusement le Col des Fromages et qu’il voit se profiler son but ultime, le Mont Dessert, il est interrompu par des clients à la recherche de feta, de clients qui se plaignent qu’il n’y ait que du mascarpone et pas de ricotta, de clients qui voudraient savoir si on a encore des sèches-cheveux d’il y a deux semaines… Si bien qu’avant qu’il ait pu se mettre à l’abris de la tempête au coeur douillet et rassurant de la réserve, Ray Charles doit retourner en caisse. En effet, David Guetta voudrait bien sa pause.

« Faignant ? Moi ? J’ai cligné des yeux deux fois ! Qu’est-ce que tu attends de plus de moi ?  » Ray Charles au sommet de sa migraine n’assure que le service minimum : garder les yeux ouverts.

Alors, à peine David Guetta sera-t-il revenu de sa pause, que Ray Charles s’empressera de se dégager de cet enfer sur Terre. Feinte à gauche, feinte à droite, il récupère son box, attrape au passage les yaourts explosés qu’un client aura gentiment dissimulé entre les bouteilles de jus de fruits frais et part se cacher dans la réserve, où des néons beaucoup moins violents viennent lui caresser l’épiderme. Il est l’heure de la lutte finale. Le voici face à La Balle Carton. Sorte de compacteuse géante démoniaque dont les mâchoires viennent réduire les fiers cartons à l’état de crêpes pas trop bretonne. Ray Charles doit donc transférer le contenu de son box dans la Balle et mettre celle-ci en marche. Cependant, rappelons le, la taille de Ray Charles est limitée, et le box profond. Ray Charles doit donc courber l’échine et risquer encore une fois son équilibre pour récupérer les cartons tout au fond du box… Jusqu’au moment où, telle Alice dans le terrier du Lapin Blanc, ce qui doit arriver arrivera, et Ray Charles tombera tête la première à l’intérieur, passant alors de l’Autre Côté.

À l’heure actuelle, nul ne sait ce qui se trouve de l’Autre Côté. Alors, comment savoir si Ray Charles pourra y survivre ?


Et c’est sur ce cliffhanger un chouïa putassier que se termine cette rêverie ! Car oui, on va voir si je peux relier toutes les rêveries ensemble, ça m’occupera encore plus le cerveau… À votre avis, qu’y a-t-il de l’Autre Côté du box ? N’hésitez pas à proposer, peut-être que vous détenez l’avenir de Ray Charles entre vos mains !

J’en profite pour vous annoncer que cette chronique ne sera plus hebdomadaire (mais bon trois semaines ça fait un peu court pour créer une habitude !). Le rythme va être trop du à tenir pour moi, enfin pas si je veux maintenir le niveau de qualité minimum (et si je me lance dans des conneries type série)(à un moment j’arrêterai de me compliquer la vie). Je vais sans doute passer à un rythme bi-mensuel, mais pour compenser, entre deux épisodes, vous aurez une mini-chronique spéciale « Paroles de clients », parce que la réalité finit toujours par déplacer la fiction, et l’auteur-kleptomane que je suis va encore avoir de quoi manger pour les prochains mois…

Et puis bon, la motivation baisse un peu ici. J’ai eu la bêtise de dire oui à mon père pour jouer un morceau avec lui lors de son anniversaire, ce qui va être sympa et fort drôle mais nécessite un minimum de boulot vu que je joue de la basse depuis environ deux semaines. D’autant qu’il me faut slalomer entre les coupures de cartons ! Ma main gauche proteste vivement devant pareil traitement. Elle m’a même menacé de faire la grève du sexe, moment où je lui ai ri au nez pour lui dire que je verrai de toute façon pas la différence, vilaine planche à pain. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que je parlais toute seule en étant à la fois cliché de pétasse, de beauf et d’idiote, et qu’il était temps de boire ma bouteille de vodka cul sec et d’aller me coucher. Je vous le dis, mon cerveau va mal ! En attendant, m’en fous, j’ai joué du death metal l’autre jour : une fourmi avait rien trouvé de mieux que de se promener sur mon manche pendant que je jouais, elle va plus jamais se promener.

Cette semaine, on était un peu énervé, alors en caisse, on fredonnait ça :

et ça

Un Wall of Death à vous !

Extrait d’ADN

Emilie Autumn : Across the sky

La parade des monstres ouvre ses portes quotidiennement. Représentation continue de 3h à 5h.
Nous ne pourrons être tenus responsables des douleurs persistantes au matin. Les spasmes sont à la responsabilité du public. Prière de tenir vos muscles et votre ossature en laisse.
Nous ne pourrons pas non plus être accusés du sang sur les draps. Gardez les jambes et les bras à l’intérieur de la literie. Tout contrevenant se verra arracher un bout d’être au hasard.
Ne vous inquiétez pas, le soleil finit toujours par se lever. L’enfer ferme ses portes à 7h. Heure d’été oblige. Revenez au solstice prochain pour les prolongations. A 8h le commun des mortels daigne soulever les paupières. Alors vous pouvez espérer une réponse aux messages nocturnes, même s’il est trop tard, même si ça ne sert plus à rien.

L’abus de solitude est dangereux pour la santé.

Il nous faut recommencer au début.
Pandore va mourir cette fois. La boîte lâche et craque de partout. Ses os se sont tellement cassés dessus que ça n’a même plus de sens. Où commence la boîte et où s’arrête Pandore ? Il faudra enterrer les deux ensembles. Mettre le feu au tout.
La Femme-Pendule s’use beaucoup trop. Il ne reste plus de place. Depuis qu’on lui a demandé d’inscrire sur ses seins la date de sa propre combustion instantanée elle n’a plus ouvert la bouche. Le silence lui broie le crâne mais les larmes refusent de couler.

Et le monstre grossit. Dévore de l’intérieur. J’ai offert colère en dérivatif pour le défouler. Raté. J’ai affamé tête et corps. Raté. J’ai rempli journée jusqu’à nausée vomissure courbature spasme. Raté. J’ai épuisé j’ai écrit j’ai raconté j’ai bu. Raté. Le monstre grossit encore. Grouille sous l’épiderme. Menace l’implosion.

Mais nous rayonnons.
Il faut recommencer au début.
Mais quel début ?
Je n’existe pas. Alors je ne peut pas mourir. Il n’y a ni début ni fin. Nous sommes imbuvable éternité.
Ils ont vomi tellement gros les histoires dans notre crâne que je n’est plus qu’un tas de vide suturé à la douleur.
I’ll kill what’s killing me !
Mais si moi qui tue moi, alors mouvement perpétuel. Je est un mouvement perpétuel de douleur inscrite au fondement même. On ne peut pas arrêter le mouvement. On ne peut pas arrêter la douleur. Sinon…
Sinon disparition.
Disparition dislocation dissolution dissection
Pandore est morte, la Femme-Pendule est condamnée, l’Uroburos brûle, le marchand de sable a les paupières qui clignotent, l’hideuse grouille plus que jamais, la morte n’est pas morte.
Il faudra tuer encore.
Je sera l’assasine. Je sera meurtrière.
Et la boucle sera bouclée, le mouvement perpétuel continuera. Infinité.
Reprenons au début.

je suis illusion
tu es absent
il est indéfini
elle est défectueuse
on est immortel
nous sommes mensonge
vous êtes ignorants
ils sont partout
elles sont foutues

Les démons rampent sur les murs et le plafond pisse le sang.
Combien de sang sur les mains avant de pouvoir aller se coucher ?
Combien de sang sur les draps avant de pouvoir dormir ?
Les 32 soupirs sont de plus loin. Terre promise.

La folie les fait bander, même s’ils ne l’avoueront jamais.
Alors puisqu’ils ont vomi dans notre tête jusqu’à faire de nous tas de vide soudé à la colère
nous serons folie jusqu’au bout des fourches.

Le monstre à l’intérieur refuse l’arrêt. Il faudra payer votre tribu pour assister à la parade quotidienne.
Représentation continue de 3h à 5h. Ouverture exceptionnelle en journée.
Réservation recommandée.

Accrochée à mon axe j’avance sans avancer

Il me semble que je ne vous avais encore jamais partagé le clip d’Ina-Ich pour la Pendule ce qui est scandale quand on sait à quel point j’aime ce morceau (cela dit je l’ai peut-être déjà mis, si c’est le cas je changerais la vidéo de cet article si vous êtes sages)(et que vous demandez gentiment)(et que ça vous intéresse éventuellement). Le clip est fait avec trois bouts de ficelle et des effets parfois douteux mais reste plutôt sympa et beau à voir, en tout cas il colle avec l’ambiance de la chanson.

Dans les news, j’ai fini mon année. J’attends maintenant tranquillement les résultats et le moment où j’aurais mon beau papier avec marqué « licence arts du spectacle ». Peut-être que je vais même verser une larme. Ou que je m’en foutrai parce que le temps que j’ai le fameux papier je serai déjà lancée dans un milliard d’autres choses (mais tout le monde ici en doute parce que vous savez que c’est pas mon genre de travailler sur quatre choses en même temps)(crédibilité 0). Bref tout ça pour dire que c’est la fin d’un cycle. Et que donc je suis dans la phase qui se résume ainsi « hein ?? quoi ?? déjà trois ans de passés ? holy crap motherfucker merde et maintenant ??? »

Celui-là en revanche je suis sûre qu’il n’était pas sur ce site, ce qui est un gâchis ! Ca m’a donné envie de relire le livre (plutôt que de relire Bye bye Blondie dont je ne sors jamais indemne)

Donc là c’est les vacances. Mes nerfs ont lâché et je suis en train de me manger en pleine gueule la fatigue accumulée depuis décembre (à peu près…). Et vous savez quoi ? Bah ça fait beaucoup. Vraiment. Résultat, l’insomniaque que je suis fait des nuits de 12 heures et une sieste de deux heures l’aprem. Avec Calypso la gentille petite bête qui me refait le broshing à coup de griffes et de dents. Le tout pour un résultat aussi convaincant que n’importe quel coiffeur. Mais en moins cher. Donc bref je ne fais pas grand chose d’autre à part dormir, rattraper mon retard série Once upon a time – Big bang theory – how I met your mother – Fullmetal alchemist brotherhood – Le prisonnier (version originale) – Albator 84. Vaste programme ! J’entame aussi ma déprime estivale et je me languis de l’automne et de l’hiver. (oui après seulement deux semaines de soleil)

Sinon, mon nouveau projet de roman avance tranquillement. J’ai pour objectif de mettre moins de temps que pour le cirque.. (vous me direz le cirque m’a pris quatre ans donc en théorie c’est un objectif que je devrais pouvoir atteindre assez facilement)(mais vous dîtes ça uniquement parce que vous ne connaissez pas mes objectifs de l’année prochaine mouhahaha) Le premier chapitre est déjà fini retravaillé validé par plusieurs personnes. Je suis plutôt contente de la tournure que prennent les choses, d’autant que je ne pensais pas être capable de séduire en un chapitre donc c’est cool (même si le plus dur reste à faire)(quoique, beaucoup s’entendent à dire que le pire c’est la première phrase, à égalité avec la dernière…)(donc il me reste la dernière, gloups). Je vous rappelle au passage que vous pouvez toujours proposer vos suggestions musicales à cette adresse. (oui faut que je mette la page à jour)

Et sinon j’ai trouvé un boulot ! Je retourne donc à lidl, ce qui je le sais, en enchante déjà plus d’un qui se régalent à l’avance des histoires que je vais vous rapporter… C’est sûr que ça promet d’être punk ! Je suis un peu déçue de ne rien avoir trouver dans le tourisme ou l’animation culturelle mais je me console en me disant que c’est toujours mieux que de laver des chiottes de camping et que je pourrai payer mes frais d’inscription en master moi-même. Et puis l’équipe est sympa et m’aime bien (parce que même un bon boulot devient l’enfer quand ton équipe peut pas te piffrer, trust me). Donc… on va avoir du fun mes bons. J’ai demandé à commencer en juin, stay tunned !

Ce morceau s’appelle « Becomes the color » et est interprété par Emily Wells. Il sert de BO au magnifique Stocker, thriller psychologique. Un film superbe, poignant. Deux heures accroché à ton siège de ciné pour avoir la clé. On est resté jusqu’à la fin du générique, le temps de remonter à la surface.. et puis pour choper le nom de la chanteuse.

Les beaux jours permettent de confirmer que les migraines ophtalmiques que je me paye depuis un peu plus de deux ans maintenant ne sont dues : ni à une mauvaise correction, ni à un glaucome, ni à une cataracte en devenir, mais seulement à une sensibilité à la lumière supérieure à la normale. Bref rien qui ne soit à même ne me faire perdre mon oeil. Merci les médecins pour le stress gratuit. En gros, mes lunettes de soleil sont toujours dans mon sac (ce qui fait bien rire mes amis vu que je les ais sur le nez au moindre rayon ce qui est un brin ridicule), et les stores de mon palace rennais sont à moitié fermés dès que la lumière est trop vive. Je crains un peu de travailler trois mois sous les néons du lidl vu que c’est typiquement une lumière que mes yeux supportent mal. Mais bon, finger crossed. I’m a fucking warrior !

Dans la série « borgne powa », j’ai découvert il y a quelques mois que mes pupilles ne se dilataient pas du tout pareil. Logique puisque l’oeil aveugle perçoit peu ou prou la lumière, donc forcément ne réagit pas pareil. Mais ça peut devenir très drôle quand la fatigue qu’en mêle. Ainsi, l’autre jour, j’avais ma pupille gauche comme ça O et la droite plutôt comme ça °. J’ai bien ri toute seule devant ma glace et j’ai mis un piercing plus gros. (à la guerre comme à la guerre !)

Bref, c’était les news de ma petite vie, je vous promets des articles plus intéressants dans les jours à venir… (quand je ferai autre chose que dormir ou jouer à des jeux cons)(j’ai oublié ça dans la liste de mes activités)(ainsi que couper une trentaine de tomates en petits dés mais c’est une autre histoire) Histoire de finir sur quelque chose d’intéressant : la bande annonce de Stocker

We filled your prescription

Depuis le temps que je devais le taper celui-là….
(je vous aurais bien mis une vidéo live, mais je trouve que ça rend rien… c’est le genre de choses tu le vois en vrai ou ça perd sa force.)

 

Prise 1
Légère euphorie. La vue se floute mais le reste se précise. Les mouvement semblent s’étirer, les sensations s’intensifier. Pas de preuve formelle, juste se laisser glisser.

Take the pill that makes you weaker
Take the pill that makes you sick

Prise 5
La prise s’affirme, se resserre. L’étau est déjà bien fermé. Ca s’est fait plus vite qu’on l’aurait cru. Sans qu’on s’en rende compte elle s’est immiscée.  Elle a pris sa place.

Prise 11
Mais c’est peut-être pas si grave… L’euphorie est toujours bien ancrée. La somnolence, elle, est bien installée.

Take this pill for you feel sorry
Take this bloody pill and make it quick

Le sujet peut évoluer de salle en salle sans avoir l’impression de toucher le sol. Le sujet ne veut toujours pas en dire plus. Mais le sujet ne pleure plus la nuit.

Prise 27
Le sujet ne pleure toujours pas la nuit. Le sujet ne pleure plus le jour non plus. Les yeux se sont complètement vidés. Les pupilles se sont stabilisées, fixés sur un point non fluant.

You no longer rule your body
you no longer own those rights

Prise 83
Haleine à la javel...
Rien à signaler.  Le sujet a été sanglé et réagit bien. au traitement. Les épisodes de violence se sont espacés. La TS ne laissera pas de dégâts irréversibles.

You will wake up when we say so
You will sleep when we turn out the lights

Prise 50
Le sujet présente des troubles de la motricité. Difficulté à saisir les objets. Refuse la nourriture. L’augmentation de la dose prescrite semble nécessaire.

Prise 54
L’euphorie est partie maintenant et il ne reste que la douleur. On a la tête encore toute pleine de javel. On avait un nom. On se rappelle. La somnolence non plus elle est pas restée.

GET BACK IN LINE
GET BACK IN LINE
You’ll be just fine…

Prise 70
Le sujet présente une certaine résistance, refuse de se soumettre à l’autorité. Alternance avec périodes de catatonie. La simulation est une hypothèse plausible, toutefois, elle n’a pas encore été prouvée.

Prise 81
Un changement de traitement a été effectué. Les effets ne sont pas encore observables.

Take the pill that keeps you crying
Take the pill that keeps you blind

Prise 83
La pilule était rose. Maintenant elle est verte. On n’aime pas le vert. C’est mauvais signe.

Prise 86
Rien à signaler.

Prise 87
vert vert vert vert vert 
vert vert vert vert vert
vert vert vert vert vert

GET BACK IN LINE
GET BACK IN LINE
GET BACK IN LINE
You’ll be just fine…

Prise 89
Le sujet présente une agitation exagérée. Cependant, il nous est difficile d’en définir précisément la cause.

Prise 91
V…E…R…T

Don’t even think of spitting out
We know your tricks we’ll be on you
Who do you belive ?

Prise 93
Le sujet refuse de s’exprimer. Il ne parle plus qu’en borborygmes incompréhensibles.

Who do you believe ?
We filled your prescription

Prise 96
Le sujet se montre de plus en plus violent. La dose a encore été augmentée. Toutefois les infirmières ne veulent plus être chargées de son traitement.

Take the pill take the pill take the pill take the pill…

Prise 99
Silence radio… Plus rien dans la tête. Plus rien. J’ai la tête toute pleine de vide. Je sais plus. Trop de vert. Du vert partout. Moi je voulais juste qu’on change la couleur. qu’on change la couleur….

Swallow. 

Prise 100
La catatonie est généralisée, non simulée. Le traitement semble être un échec. Toutefois un arrêt brutal pourrait être dangereux…