Posts Tagged: dégringolade

Translation High

[X]-Rx – Blood on the dancefloor

Connexion transmutation transcription
Saut à l’élastique, les deux pieds dans le vide et les yeux dans le vague.
Ligne ligne ligne dans la mémoire.
Structure et combinaison, grammaire à déformer, syntaxe à déconstruire, idées à retranscrire.
Poids et vitesse dans la ligne de mire, compte à rebours dans l’oreille, seconde et minutes à même le tympan.
Courses contre la montre une fois
course contre la montre deux fois
course contre la montre trois fois,
sauvegarde éparpillé, délais improvisés.
Transfusion traduction abandon
Choix du pronom
Amputation
Supposition
Pari perdu nouvel essai
Ligne ligne ligne en travers des dictionnaires
Assèchement
Saturation
Danse avec les mots
Danse avec le temps
Dans avec hier maintenant demain
Conjugaisons avortées et accords malheureux
Course contre la montre encore
Saut dans le vide plus loin
Mémoire à rebours
Compte décomptée
Grammaire démembrée
Nouvel essai retour à la ligne nouveau paragraphe
je il elles they
on one we you they je
Ligne ligne ligne encore une fois encore une fois encore une fois
Virgule deux points poing dans l’estomac
Déclinaison grande absente
Unilatéralement genre et nombre
Mécaniquement jusqu’à l’autre côté
Un pas en avant trois pas en arrière
Valse à l’envers
Assèchement dessèchement évitement
Chute encore saut dans le vide toujours plus loin
Navigation à l’aveugle
Assèchement assombrissement colision
De l’autre côté
Finition correction définition
Formulation approximative
Nouvel essai saut de page italique
De l’autre côté
Loin dans le vide
Ligne ligne ligne à pleines mains
Cerveau fissuré invasion confusion

bulle
bulle
bulle
suspension

Les os creux

Entends-tu l’appel du vide ?
Le chant du silence
résonne aux oreilles
la solitude bat la mesure
J’ai mal au froid
Le temps se répand
Avalanche
Corps gelé
Os pétrifiés
Mémoire effacée
Nous sommes loin de tout
Nous sommes seuls
Ma mémoire se glace
Entends-tu l’appel du vide ?
Le mordant du froid
L’éphémère
Une main pour s’accrocher
Des bras pour s’abriter
Le froid pour nous avaler
Avalanche
Der Horizont wartet nicht
And we can’t move
Avalanche
Les bras en miettes
La tête lourde
Le dos rempli de cailloux
Gravats
Je suis un tas de gravier
Nous sommes poussière démolie
Nous sommes fatigués
Anguleuses
Wer ist der Horizont ?
Wir konnen nicht mehr warten
Mon monde en noir et blanc
Les couleurs sont mortes
Entends-tu l’appel du vide ?
C’est le seul son qui sortira de ma bouche
Je n’ai plus de mot
Parole à la javel
Je ne parlerai plus que silence
Maintenant que le vide m’a appelée
Avalanche from head to toe
We’re frozen to death

We Are Not Dying – Le futur est un présent continu

Wardruna – NaudiR

Les mots en tesson de verre
bien calés dans le fond de la gorge
j’ai mal à la parole.

La première personne du singulier
crisse sous les dents
la deuxième hurle
quand la troisième s’embrouille
Alors au pluriel la première abandonne
devant la deuxième absentéiste
et une troisième fracturée.

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
quand tu rampes dans les silences
quand tu dissous inutiles
virgule après virgule
Quand ils parlent les langues de feu
tu recules toujours un peu plus.

J’ai mal à la parole
aux mots fracassés
aux tessons qui s’accumulent
et éventrent toujours un peu plus
le continuum dialectal

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
que tu peux crever en silence.
Ta bouche aura fondu bien avant le premier complément.

Première personne du singulier
aux abonnés absents
Deuxième
pour les hurlements du miroir
Troisième
pour les cauchemars et la solitude

Do you know die Feuersprachen ?

Et toi seul dans ta langue de goudron
au palais pétrifié
aux oreilles mortifiées
immobile.
Toi dans ta langue de goudron
seul
silence et salissure
Dans ta langue de goudron
profondément englué
quand ils parlent des langues de feu.

Ich werde jede Nacht sterben.
Again and again
Over and over
Let me out
Mach mich aus

Première personne du pluriel
embrouillée jusqu’à la racine
Deuxième
en approche de définition
Troisième
en description fracturée

Et toujours dans ma bouche le verre découpe
tranche
cisaille
incise
toujours plus fissurés
des morceaux entiers de réel.

Tu sais les langues de feu
quand tu ne parles que langue de goudron
et ta bouche qui fond
et tes dents qui craquent
et ta tête qui roule
et ta langue qui enfle
quand ils parlent les langues de feu

Du wirst jede Nacht sterben,
wenn sie die Feuersprachen sprechen.
Kannst du nicht verstehen ?
And there is no way out.
Die Feuersprachen have already digged a hole in your head.

Putain pourquoi
seul dans ta langue de goudron
la bouche fondu
et la face calcinée
pourquoi
seul dans ta langue de goudron
quand ils parlent les langues de feu

Première personne du singulier
déracinée
Deuxième
intouchable
Troisième
inappropriate
Première personne du pluriel
inconciliable
Deuxième
effrayante
Troisième
indénombrable

Ich sterbe jede Nacht
J’ai mal à la parole
Dying again at dawn is no life

Putain tu les connais les langues de feu
quand dans ta langue de goudron
seul résonne le silence
alors en entier le silence à avaler

Dans ta langue de goudron
les bris de vers les uns après les autres
Dans ta langue de goudron
le silence à chaque voyelle
Dans ta langue de goudron
les non-dits dans chaque virgule
dans chaque mot
dans chaque lettre
dans chaque dits
dans chaque silence
Ta langue de goudron
comme un non-dit perpétuel
un silence avorté

Quand ils parlent des langues de feu…


Quand tu donnes 9h de cours (2h analyse de spectacle – 7h anglais en cours particulier dont 3 de conversation) entre 8h30 et 20h30 sans avoir mangé, ça donne de drôles de courts-circuits dans le cerveau. J’ai passé l’après-midi à rêver d’une énorme glace, mais sous-prétexte qu’on est (était ?) au mois de février, y avait personne pour en vendre. Le monde va mal messieurs dames. Étrangement, dans les bribes de mots ramassés dans le brouillard de mon cerveau au fil de la journée, il n’est fait nulle mention de cette brûlante envie de crème glacée. Les mots ont de drôle de priorités parfois.On se retrouve sur Facebook et twitter pour ceux que ça amuse. Je retourne bosser… (ou pas.)

Mur du son et autres phonèmes

De l’autre côté du mur du son, il n’y avait rien.
Rien que le silence. Un silence lourd épais sale et noir.
Pas de ces silences qui reposent et soulagent. C’était un silence d’absence.
Une solitude de dimanche. Une solitude de draps vides.
Un silence fait de mots décousus qui ne parviennent plus à dire.
Un silence de l’autre côté des mots sans étymologie.
Un silence qui ne pouvait plus rien. Un silence d’abandon.
Un silence parce qu’on ne pouvait plus entendre.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
J’ai dit comme ça sérieusement. À la fin des tergiversations, des débats infinis, des questions sans réponse.
J’ai dit sans aucune trace de doute. Finis les lost in translation, les quiproquos, les awkward silences.
J’ai dit pour une fois sans hésitation. Enfin ne plus chercher une place, ne plus réfléchir la moindre virgule.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
Je pourrai enfin dormir.
Débarrassée du poids des mots
des synonymes à l’envie
des conventions illogiques et incertaines
de la réflexion qui ne se construit pas
des monologues déguisés en dialogue
des questions déguisées en affirmations et inversement
des à peu près
des presque pareils

Débarrassée des mots
des mots plus vraiment de maintenant
des mots d’hier
des mots que je n’arrive pas à cracher
des mots qu’il faudrait inventer
des mots qu’il faudrait réécrire
des mots qu’il faudrait prononcer pour de vrai mais qui demandent trop de force

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
pour de vrai.
Parce que je n’ai plus d’autre option.
Parce que c’est la seule solution viable.
De l’autre côté du mur du son, je pourrai enfin dormir.
Les mots enfin auront fini de tourbillonner
sous mon crâne
entre mes tympans
dans mes doigts
au fond de l’estomac
le long des veines et artères
jusqu’à chaque battement
et la moindre respiration.
Les mots enfin ne vont plus tourbillonner, et je pourrai dormir.

Mais de l’autre côté du mur du son, n’était que silence
et les mots tous étaient morts.
Ma tête en chagrin éclaté n’avait même plus de quoi poser la question
Ma tête en puzzle déphasé n’avait plus le moindre sens
Les mots m’avaient abandonnée et seul restait le silence.
Le silence de ceux qui n’en peuvent plus d’entendre
De ceux qui n’ont plus la force d’écouter
plus les épaules
ou les oreilles disponibles.
La conscience polie jusqu’au brillant, plus aucun mot.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
Les murs ont répondu
Les mots ou les monstres, tu choisis
Proximité phonétique proximité logique ?
Ou pas.
Les monstres hors du cadran, en défiance sémantique parfaite
ou quand l’exception devient la règle…

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical,
m’offrir au silence
échapper à ma propre étymologie non contrôlée
sombrer une bonne fois pour toute hors des catégories grammaticales
ne plus parler comme un livre
car je ne parlerai plus.

Et peut-être enfin, de l’autre côté du mur du son,
ne plus avoir mal de ne pouvoir nommer
le mal qui ronge
le silence qui rampe
les êtres qui meurent
et mon propre reflet dans le miroir.

La seconde éphémère

Tu n’es pas une pendule.
Chasser l’éphémère, mais seulement après 20h.
Le silence tout à coup.
Plane un doute.
Léger
ténu
éphémère
Quelque devrait vérifier
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
Le temps devient épais et colle aux murs
Moi je sais pas.

Tu veux une pendule ?
Je sais toujours pas.
Silence
Le temps passe
éphémère
C’était dit
Ne pas écouter
Faire taire le monde
La rengaine coincée dans un bout de cerveau
un bout de cerveau coincé dans un crâne fracturé
et quand elle secoue la tête on croirait des maracas
Je voulais lui trouver un piano
qu’elle pose sa tête et la mienne
enfin
On n’entendrait plus les cliquetis
et on pourrait dormir

Tu n’es pas une pendule.
Alors pourquoi sa tête fait du bruit comme ça ?
Elle arrive à l’éphémère
la seconde un peu trop tard
le moment en retard

Tu veux une pendule ?
Que quelqu’un vérifie
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
La rengaine un peu partout
les murs s’en souviennent
sa tête aussi
coincée sur les notes basses
le cliquetis sur les touches blanches
la respiration sur les touches noires.

Tu n’es pas une pendule.
À l’éphémère elle tourne la tête
Je souris
laisse faire
Ça lui passera
La rengaine lui passera
et moi aussi
quand l’éphémère sera passé,
moi aussi je lui passerai.

Tu veux une pendule ?
En attendant
j’irai vérifier
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
Jusqu’à ce qu’elle arrête de chanter

PUTAIN ENLÈVE LUI LA TÊTE DU CLAVIER

00h46 Double Je

Eths – Détruis-moi

Comme une zone de flou
Une ombre non assumée
Non déclarée
Identifiée un peu
Devinée en clair-obscur beaucoup
Par élimination surtout
Et la peur toujours en coin
Ne jamais relâcher
Jamais vraiment
L’oreille aux aguets
La parano en compagne
Recommencer
Remettre en question
Réessayer
Admettre l’erreur
Si erreur il y a
Chercher l’erreur
La nommer
La disséquer
Si pas d’erreur
Avancer
Renoncer
Jamais vraiment choix multiples
Situation gelée
L’inconfort
La fissure
Hide and seek
Sans jamais vraiment trouver
Les sept différences
L’éphémère en attendant
En attendant quoi ?
Et le bas blesse
Personne ne veut l’avouer
Personne ne veut nommer
Alors la douleur reste
Cache l’éventuel rayon de lumière

Tsunami et autres vaguelettes

Comme le cri en périphérie
le hurlement qui guette et se prolonge
mais on n’écoute pas.
Garder la tête droite
fixée sur l’avant
la ligne d’arrivée en horizon.
Mais l’eau jamais ne dort vraiment.
Le grouillement ne s’arrête pas pour autant.
Les yeux fermés, ce n’est pas suffisant.

Vos débordements
vos éclaboussures
jusqu’à quand j’éponge ?

L’air vient à manquer,
les lignes se brouillent.
Les tambours derrière les tympans ne s’arrêtent plus.
Comment faites-vous
pour ne pas entendre l’entêtante mélodie ?
L’eau ne dort jamais vraiment,
elle attend simplement.

Vos débordements
vos éclaboussures
et une voix toujours qui répète
« j’ai mal »

Alors le fracas
alors le tonnerre
alors les hurlements
et les sirènes.
Comment faîtes-vous pour ne pas entendre ?
Quelle énergie mettez-vous à ne pas écouter ?
L’eau ne dort jamais vraiment
et son tour finit toujours par venir.

« j’ai mal »
La voix ne s’arrête plus,
la mélodie devient vérité incontournable.
Et la solitude m’explose en plein visage,
se répand, tombe à grosses gouttes dans mes yeux toujours trop sec.
La douleur en ultime recours.
Il ne reste que ça.
Le bus pue le désinfectant au citron à en gerbe
et il ne me reste que la douleur qui me déchire les poumons
et le hurlement qui me fracasse le crâne.

Et vous n’êtes pas là.
Vous avez débordé
vous avez éclaboussé
et vous n’êtes pas là.
Quand ma tête tombe en miette
quand mes mains convulsent
quand les larmes me défoncent les yeux
quand je pourrais tuer l’abruti et son « madmoizelle » nocturne
quand je ne suis plus qu’une douleur qui tente de rentrer chez elle
vous n’êtes pas là.

And it’s still beating, LOOK it’s still beating, GOD I DON’T WANT TO KNOW
Killing things is not so hard, it’s hurting that’s the hardest part
And when the wizard gets to me I’m asking for a smaller heart

Et je prie
que le torrent finisse par s’arrêter
je prie
que le tsunami me laisse en vie
Demain, il sera encore temps de compter les morceaux.
Si demain se lève alors peut-être…
Mes dents vibrent à force de retenir le monstre
le hurlement ne tient plus sur son fil.
Si demain arrive,
alors peut-être la douleur et la solitude seront repartis
peut-être que la voix en aura fini de son refrain.

« J’ai mal. »
Et je ne sais pas comment arrêter la douleur.
Ma tête à 360 à l’heure
l’enchaînement de scénario,
les impasses toutes les unes après les autres.
C’est une question de temps
une question de minute.

Quand enfin j’aurai réussi à rentrer
quand enfin j’aurai atteint un lieu protégé
quand enfin je serai à l’abris du bruit dehors
je pourrai m’allonger
cacher mon visage dans mes genoux
compter jusqu’à 1024
l’alphabet à l’envers une lettre sur deux
de quoi endormir suffisamment la douleur
de quoi distraire le torrent
pour qu’enfin Morphée m’arrache à la conscience.