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We Are Not Dying – Le futur est un présent continu

Wardruna – NaudiR

Les mots en tesson de verre
bien calés dans le fond de la gorge
j’ai mal à la parole.

La première personne du singulier
crisse sous les dents
la deuxième hurle
quand la troisième s’embrouille
Alors au pluriel la première abandonne
devant la deuxième absentéiste
et une troisième fracturée.

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
quand tu rampes dans les silences
quand tu dissous inutiles
virgule après virgule
Quand ils parlent les langues de feu
tu recules toujours un peu plus.

J’ai mal à la parole
aux mots fracassés
aux tessons qui s’accumulent
et éventrent toujours un peu plus
le continuum dialectal

Tu sais quand ils parlent les langues de feu
que tu peux crever en silence.
Ta bouche aura fondu bien avant le premier complément.

Première personne du singulier
aux abonnés absents
Deuxième
pour les hurlements du miroir
Troisième
pour les cauchemars et la solitude

Do you know die Feuersprachen ?

Et toi seul dans ta langue de goudron
au palais pétrifié
aux oreilles mortifiées
immobile.
Toi dans ta langue de goudron
seul
silence et salissure
Dans ta langue de goudron
profondément englué
quand ils parlent des langues de feu.

Ich werde jede Nacht sterben.
Again and again
Over and over
Let me out
Mach mich aus

Première personne du pluriel
embrouillée jusqu’à la racine
Deuxième
en approche de définition
Troisième
en description fracturée

Et toujours dans ma bouche le verre découpe
tranche
cisaille
incise
toujours plus fissurés
des morceaux entiers de réel.

Tu sais les langues de feu
quand tu ne parles que langue de goudron
et ta bouche qui fond
et tes dents qui craquent
et ta tête qui roule
et ta langue qui enfle
quand ils parlent les langues de feu

Du wirst jede Nacht sterben,
wenn sie die Feuersprachen sprechen.
Kannst du nicht verstehen ?
And there is no way out.
Die Feuersprachen have already digged a hole in your head.

Putain pourquoi
seul dans ta langue de goudron
la bouche fondu
et la face calcinée
pourquoi
seul dans ta langue de goudron
quand ils parlent les langues de feu

Première personne du singulier
déracinée
Deuxième
intouchable
Troisième
inappropriate
Première personne du pluriel
inconciliable
Deuxième
effrayante
Troisième
indénombrable

Ich sterbe jede Nacht
J’ai mal à la parole
Dying again at dawn is no life

Putain tu les connais les langues de feu
quand dans ta langue de goudron
seul résonne le silence
alors en entier le silence à avaler

Dans ta langue de goudron
les bris de vers les uns après les autres
Dans ta langue de goudron
le silence à chaque voyelle
Dans ta langue de goudron
les non-dits dans chaque virgule
dans chaque mot
dans chaque lettre
dans chaque dits
dans chaque silence
Ta langue de goudron
comme un non-dit perpétuel
un silence avorté

Quand ils parlent des langues de feu…


Quand tu donnes 9h de cours (2h analyse de spectacle – 7h anglais en cours particulier dont 3 de conversation) entre 8h30 et 20h30 sans avoir mangé, ça donne de drôles de courts-circuits dans le cerveau. J’ai passé l’après-midi à rêver d’une énorme glace, mais sous-prétexte qu’on est (était ?) au mois de février, y avait personne pour en vendre. Le monde va mal messieurs dames. Étrangement, dans les bribes de mots ramassés dans le brouillard de mon cerveau au fil de la journée, il n’est fait nulle mention de cette brûlante envie de crème glacée. Les mots ont de drôle de priorités parfois.On se retrouve sur Facebook et twitter pour ceux que ça amuse. Je retourne bosser… (ou pas.)

Mur du son et autres phonèmes

De l’autre côté du mur du son, il n’y avait rien.
Rien que le silence. Un silence lourd épais sale et noir.
Pas de ces silences qui reposent et soulagent. C’était un silence d’absence.
Une solitude de dimanche. Une solitude de draps vides.
Un silence fait de mots décousus qui ne parviennent plus à dire.
Un silence de l’autre côté des mots sans étymologie.
Un silence qui ne pouvait plus rien. Un silence d’abandon.
Un silence parce qu’on ne pouvait plus entendre.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
J’ai dit comme ça sérieusement. À la fin des tergiversations, des débats infinis, des questions sans réponse.
J’ai dit sans aucune trace de doute. Finis les lost in translation, les quiproquos, les awkward silences.
J’ai dit pour une fois sans hésitation. Enfin ne plus chercher une place, ne plus réfléchir la moindre virgule.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
Je pourrai enfin dormir.
Débarrassée du poids des mots
des synonymes à l’envie
des conventions illogiques et incertaines
de la réflexion qui ne se construit pas
des monologues déguisés en dialogue
des questions déguisées en affirmations et inversement
des à peu près
des presque pareils

Débarrassée des mots
des mots plus vraiment de maintenant
des mots d’hier
des mots que je n’arrive pas à cracher
des mots qu’il faudrait inventer
des mots qu’il faudrait réécrire
des mots qu’il faudrait prononcer pour de vrai mais qui demandent trop de force

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
pour de vrai.
Parce que je n’ai plus d’autre option.
Parce que c’est la seule solution viable.
De l’autre côté du mur du son, je pourrai enfin dormir.
Les mots enfin auront fini de tourbillonner
sous mon crâne
entre mes tympans
dans mes doigts
au fond de l’estomac
le long des veines et artères
jusqu’à chaque battement
et la moindre respiration.
Les mots enfin ne vont plus tourbillonner, et je pourrai dormir.

Mais de l’autre côté du mur du son, n’était que silence
et les mots tous étaient morts.
Ma tête en chagrin éclaté n’avait même plus de quoi poser la question
Ma tête en puzzle déphasé n’avait plus le moindre sens
Les mots m’avaient abandonnée et seul restait le silence.
Le silence de ceux qui n’en peuvent plus d’entendre
De ceux qui n’ont plus la force d’écouter
plus les épaules
ou les oreilles disponibles.
La conscience polie jusqu’au brillant, plus aucun mot.

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical.
Les murs ont répondu
Les mots ou les monstres, tu choisis
Proximité phonétique proximité logique ?
Ou pas.
Les monstres hors du cadran, en défiance sémantique parfaite
ou quand l’exception devient la règle…

Je vais me tirer une balle dans le champ lexical,
m’offrir au silence
échapper à ma propre étymologie non contrôlée
sombrer une bonne fois pour toute hors des catégories grammaticales
ne plus parler comme un livre
car je ne parlerai plus.

Et peut-être enfin, de l’autre côté du mur du son,
ne plus avoir mal de ne pouvoir nommer
le mal qui ronge
le silence qui rampe
les êtres qui meurent
et mon propre reflet dans le miroir.

La seconde éphémère

Tu n’es pas une pendule.
Chasser l’éphémère, mais seulement après 20h.
Le silence tout à coup.
Plane un doute.
Léger
ténu
éphémère
Quelque devrait vérifier
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
Le temps devient épais et colle aux murs
Moi je sais pas.

Tu veux une pendule ?
Je sais toujours pas.
Silence
Le temps passe
éphémère
C’était dit
Ne pas écouter
Faire taire le monde
La rengaine coincée dans un bout de cerveau
un bout de cerveau coincé dans un crâne fracturé
et quand elle secoue la tête on croirait des maracas
Je voulais lui trouver un piano
qu’elle pose sa tête et la mienne
enfin
On n’entendrait plus les cliquetis
et on pourrait dormir

Tu n’es pas une pendule.
Alors pourquoi sa tête fait du bruit comme ça ?
Elle arrive à l’éphémère
la seconde un peu trop tard
le moment en retard

Tu veux une pendule ?
Que quelqu’un vérifie
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
La rengaine un peu partout
les murs s’en souviennent
sa tête aussi
coincée sur les notes basses
le cliquetis sur les touches blanches
la respiration sur les touches noires.

Tu n’es pas une pendule.
À l’éphémère elle tourne la tête
Je souris
laisse faire
Ça lui passera
La rengaine lui passera
et moi aussi
quand l’éphémère sera passé,
moi aussi je lui passerai.

Tu veux une pendule ?
En attendant
j’irai vérifier
Les placards
et sous les lits
Les balcons
et les armoires
Jusqu’à ce qu’elle arrête de chanter

PUTAIN ENLÈVE LUI LA TÊTE DU CLAVIER

00h46 Double Je

Eths – Détruis-moi

Comme une zone de flou
Une ombre non assumée
Non déclarée
Identifiée un peu
Devinée en clair-obscur beaucoup
Par élimination surtout
Et la peur toujours en coin
Ne jamais relâcher
Jamais vraiment
L’oreille aux aguets
La parano en compagne
Recommencer
Remettre en question
Réessayer
Admettre l’erreur
Si erreur il y a
Chercher l’erreur
La nommer
La disséquer
Si pas d’erreur
Avancer
Renoncer
Jamais vraiment choix multiples
Situation gelée
L’inconfort
La fissure
Hide and seek
Sans jamais vraiment trouver
Les sept différences
L’éphémère en attendant
En attendant quoi ?
Et le bas blesse
Personne ne veut l’avouer
Personne ne veut nommer
Alors la douleur reste
Cache l’éventuel rayon de lumière

Tsunami et autres vaguelettes

Comme le cri en périphérie
le hurlement qui guette et se prolonge
mais on n’écoute pas.
Garder la tête droite
fixée sur l’avant
la ligne d’arrivée en horizon.
Mais l’eau jamais ne dort vraiment.
Le grouillement ne s’arrête pas pour autant.
Les yeux fermés, ce n’est pas suffisant.

Vos débordements
vos éclaboussures
jusqu’à quand j’éponge ?

L’air vient à manquer,
les lignes se brouillent.
Les tambours derrière les tympans ne s’arrêtent plus.
Comment faites-vous
pour ne pas entendre l’entêtante mélodie ?
L’eau ne dort jamais vraiment,
elle attend simplement.

Vos débordements
vos éclaboussures
et une voix toujours qui répète
« j’ai mal »

Alors le fracas
alors le tonnerre
alors les hurlements
et les sirènes.
Comment faîtes-vous pour ne pas entendre ?
Quelle énergie mettez-vous à ne pas écouter ?
L’eau ne dort jamais vraiment
et son tour finit toujours par venir.

« j’ai mal »
La voix ne s’arrête plus,
la mélodie devient vérité incontournable.
Et la solitude m’explose en plein visage,
se répand, tombe à grosses gouttes dans mes yeux toujours trop sec.
La douleur en ultime recours.
Il ne reste que ça.
Le bus pue le désinfectant au citron à en gerbe
et il ne me reste que la douleur qui me déchire les poumons
et le hurlement qui me fracasse le crâne.

Et vous n’êtes pas là.
Vous avez débordé
vous avez éclaboussé
et vous n’êtes pas là.
Quand ma tête tombe en miette
quand mes mains convulsent
quand les larmes me défoncent les yeux
quand je pourrais tuer l’abruti et son « madmoizelle » nocturne
quand je ne suis plus qu’une douleur qui tente de rentrer chez elle
vous n’êtes pas là.

And it’s still beating, LOOK it’s still beating, GOD I DON’T WANT TO KNOW
Killing things is not so hard, it’s hurting that’s the hardest part
And when the wizard gets to me I’m asking for a smaller heart

Et je prie
que le torrent finisse par s’arrêter
je prie
que le tsunami me laisse en vie
Demain, il sera encore temps de compter les morceaux.
Si demain se lève alors peut-être…
Mes dents vibrent à force de retenir le monstre
le hurlement ne tient plus sur son fil.
Si demain arrive,
alors peut-être la douleur et la solitude seront repartis
peut-être que la voix en aura fini de son refrain.

« J’ai mal. »
Et je ne sais pas comment arrêter la douleur.
Ma tête à 360 à l’heure
l’enchaînement de scénario,
les impasses toutes les unes après les autres.
C’est une question de temps
une question de minute.

Quand enfin j’aurai réussi à rentrer
quand enfin j’aurai atteint un lieu protégé
quand enfin je serai à l’abris du bruit dehors
je pourrai m’allonger
cacher mon visage dans mes genoux
compter jusqu’à 1024
l’alphabet à l’envers une lettre sur deux
de quoi endormir suffisamment la douleur
de quoi distraire le torrent
pour qu’enfin Morphée m’arrache à la conscience.

Le clou du spectacle

Planter des clous dans mon cerveau.
Un par un les disposer
apporter avec soin, comme un dessin à relier.
Compter les numéros
Planter des clous dans mon cerveau
encore
et encore

Jusqu’à ne plus pouvoir faire une phrase.

Mes yeux fondent sur mes doigts tandis que mes cernes dévorent goulûment mes paupières. Je sens le rythme se figer, se ralentir. S’effondrer plus que s’endormir. Je l’ai déjà dit. Je sais. Jamais assez. Le coeur bat la chamade au moment du réveil. Le corps met de plus en plus de temps à se retrouver, le plafond semble beaucoup trop loin… Alors la virgule se désarticule et patatra en bas de l’escalier. Je ne sais pas, je n’étais pas là. Ce n’est pas ma faute.

Planter des clous dans mon cerveau.
Résoudre le labyrinthe sur la boîte de céréales.
Si jamais il n’y a pas de sortir,
jetez votre tête sur les murs jusqu’à voir le jour.
Mais mes yeux sont brouillés,
le soleil les fait saigner.

Et je ne peux plus faire de phrase.

Il y a un nom qui résonne mais ce n’est pas le mien. Les arrêts de but se succèdent et ce n’est toujours pas mon nom. Errer sous la pluie. Chercher une rue qui n’existe pas. Remonter les boulevards. Vous quittez Rennes. Vous arrivez à Rennes. Cinquante mètres hors du monde. La pluie tombe toujours, ce n’est pas mon nom. Mais quelque chose dans les gouttes rappelle la maison. J’allais où déjà ? J’entends ma voix et ce n’est pas la mienne. Triste constat. Ou pas.

Planter des clous dans mon cerveau.
Quelque part
oui quelque part
tout cela a du sens
Mais pas là.
Ailleurs n’est plus ici

Ailleurs n’est pas dans cette phrase.

Forcer les doigts sur les touches. Les mots apparaissent. Magie. Mes doigts sont magie. A côté pyramide, qui du nutella ou du coca s’explosera au sol le premier ? Plus vraiment d’importance. Moquette en papier, lit de livres et murs en brouillon. Je cherche la mécanique miraculeuse derrière les envolées mathématiques. Le peuple dans les murs grossit. On se regarde en chiens de faïence. Un jour viendra où il faudra bien qu’il y ait affrontement. Un jour pas si loin. Les nuits raccourcissent. Ou pas. Je ne sens plus la différence. Il y a des trous dans ma tête, du sang dans mes mains, du verre dans ma bouche et tout cela n’a aucun putain de sens. Je ne suis pas responsable de leur silence, mais mon cri crève en écho sur les murs qui rient et rient encore. L’affrontement un jour.

Planter des clous dans mon cerveau.
Maintenant plutôt que demain.
Car demain ne sera peut-être pas
ou moi
je ne sais pas.
Mais c’est maintenant
maintenant qu’il faut planter
avant que la raison s’en soit allée.
Trouver la sortie du labyrinthe
et dessiner le long des numéros.
La réponse est là quelque part.
Seulement,
il n’est pas encore là le temps
où je pourrai voiler pendules et horloges
en tout sécurité.

Planter des clous dans mon cerveau…

22h53

L’heure des choix
l’heure fatidique
deux chemins
Pas de panneau indicateur
une dernière inspiration
encore
essayer
pile ou face
noir ou blanc
les blancs commencent
ne pas respirer la bouche ouverte
prier
plus fort
encore
If you wanna get out alive
mais encore ?
il y avait
l’heure des choix
la dernière chance
dernier essai
pas de perdant
la règle du jeu ?
et si le silence ….
il aurait fallu
gauche ou droite
pile ou face
fromage ou dessert
maintenant ou à jamais
la tête tourne
vomir
pleurer
run for your life
deux chemins
l’enfer on connaît
ça fait mal
on connaît
et si le silence ?
If I stay it won’t be long ’till I’m burning on the inside
If I go I can only hope that I’ll make it to the other side
mais pourquoi
rien fait
gauche ou droite
mal au crâne
les cris
les pierres
essayer
le sang les larmes
pile ou face
il y avait
fût un temps où
mais encore
et si le silence ?
If you wanna get out alive, run for your life
et si le silence
mensonge
essaie
erreur
pas ma faute
erreur
pile ou face
burn you burn you burn you
c’était pas faute d’essayer
gauche ou droite
deux chemins
une impasse
compte à rebours
mais encore
et si le silence
mensonge
pile ou face
crâne en friche
run for your life run for your life
le grand saut
la dernière chance
et si
raté
trop cher payé
trop cher
l’enfer on connaît
la route est tracée
l’itinéraire est repéré
la tête en enfer
mais je…
ne plus respirer
pile ou gauche
if you wanna get out alive
pleurer
le sang
mais encore
if you wanna get out alive
run for your life
burn you burn you burn you
jusqu’à la fin
parce que la fin approche
il faut un point
et peut-être un jour
et si le silence ?

If I stay it won’t be long ’till I’m burning on the inside
If I go I can only hope that I’ll make it to the other side