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Rencontre du troisième type avec autochtone en déperdition

Une petite anecdote comme ça en passant…

Le week-end dernier, je faisais un aller-retour express sur Paris afin de voir Seether en concert.Le concert est plus qu’à la hauteur de mes espérances et du fin fond de ma mémoire, l’adolescente que j’étais a sauté de joie, la jeune femme que je suis s’est bousillé le genou (ou plutôt elle l’a achevé) dans la fosse. Du rock’n’roll bien comme il faut. Sans fioriture, sans paillette. 3 – 4 et poum chak. Bref, du bonheur à l’état pur. Mais l’histoire n’est pas là. (ça c’est juste pour le plaisir de vous dire que c’était vachement chouette, vachement bien et que ça fait plein d’air dans mon cerveau) Comme souvent quand je vais sur Paris, je suis hébergée par Bubulle, qui pour le coup était aussi avec moi au concert. Le truc c’est qu’elle n’habite pas sur Paris même, mais en banlieue, voir la banlieue lointaine. Du coup, il nous faut prendre un train de banlieue (qui apparemment n’est pas la même chose qu’un RER mais je ne vais pas rentrer dans de tels détails… il n’y a bien que les Parisiens pour faire une différence alors qu’ils sont pourris pareil mais soit.)(sans doute y a-t-il là un quelconque marqueur social ou pratique rituelle qui m’échappe, je ne voudrais pas manquer de respect à une tradition séculaire). Nous avons chopé le dernier train pour son patelin. Il partait à 00h40… (ce qui pour un samedi n’est pas si tard que ça…)(si toi aussi tu t’es retrouvé coincé un jeudi soir / vendredi matin dans le métro entre les pharmas et les médecines tape dans tes mains…)

Oui je sais, ce n’est pas le sujet. Mais cher lecteur, comment veux-tu que j’illustre cette histoire ? Des rockeurs, c’est cool aussi non ? Parce que vu ce qui t’attend…

Nous entrons donc dans un wagon sentant la weed à plein nez, mais apparemment passé une certaine heure c’est normal, a priori désert à l’exception d’un mec entre le sommeil et le coma dans le fond, mais ça aussi il paraît que c’est normal. Le wagon est à cet instant encore dans le noir pour économiser de l’énergie (si j’ai bien compris), à moins que ça ne soit pour donner des idées bateaux à de futurs réalisateurs bateaux. A l’entrée du wagon traînent les autochtones en déperdition, sujets de cet article. Comment dire… Et bien… J’ai mal à ma grammaire. Genre mon bescherelle a pris cher dans son cul. (si tant est qu’un bescherelle ait un cul et que j’ai moi-même un bescherelle, auquel cas ce fait est d’autant plus douloureux…) « Non tsais mec, vais rentrer posé, me branler tranquille et voilà man » Hum. Mais que nous voilà ravies de le savoir ! A un moment, sans doute attiré par le délicat fumet s’élevant du wagon, tel le renard par le fromage en son temps, un des garçons, appelons le Gugusse, entre et vient voir le comateux derrière nous. « Mec c’est toi qui fume ? T’fais ça qu’tu veux mais y a les féd ». Notre comateux étant trop comateux pour répondre autre chose que « chnemenegne », Gugusse se rabat sur nous avec à peu le même discours.

« Hey c’est vous qui fumez ?
Bubulle : non
Gugusse : ……………………………………………………………………………………….. menteuse. »

La notion du temps n’est pas la même une fois une forte quantité de marijeanne consommée semble-t-il. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai eu ma dose d’interaction avec Gugusse moi aussi !

« Jte connais toi !
moi : non.
lui : Mais si !
moi : non. Impossible. [genre même si on se connaissait jte connaitrais pas par principe]
lui : siiii, c’quoi ton nom ? »

Et là amis Termites, le bug. Une partie de mon cerveau décrète « je refuse qu’il connaisse mon prénom » et l’autre fait « d’accord mais…. », le reste s’est perdu dans un tunnel et la communication a coupé. Résultat ? 30 secondes de blanc pendant lesquelles je cherche désespérément un prénom à refiler à ce pauvre mec sans en voir passer aucun jusqu’à ce que finalement, sorti d’on ne sait où, ma bouche balance « Gertrude ». Voilà. De tous les prénoms de l’univers, voici le prénom que j’ai donné. N’importe qui aurait compris l’ampleur du mensonge, mais Gugusse étant plus proche du QI de la bernique que de celui de l’élève moyen en CE2 à cet instant, il acquiesce en me confirmant qu’on ne se connait pas. Trop aimable.

Le train s’allume et annonce son départ imminent (en te niquant les tympans jusqu’à la trentième génération). La bande monte donc dans le train, et le débat continue. « Non mais t’vois mec, on a bien tisé, bien picolé man… t’vois j’connais mes limites gros » Tes limites d’accord mais pas ton français. Je n’ai pas tout retenu. J’essayais désespérément de ne pas rire. Histoire de ne pas attirer leur attention. Histoire de ne avoir à leur parler encore. Vous savez quoi ? J’aurais dû rire. Ca m’aurait économisé des efforts non récompensés. Car Gugusse revient à la charge ! L’individu exprime promptement son désir d’engager la conversation ! Bubulle tente tant bien que mal de lui expliquer qu’il n’est point le bienvenue en notre bavardage amical (elle sentait sans doute que j’avais bien envie de lui latter la tête à coup de rangeos…)(mais bon c’était une précaution inutile, mon genou venait de pousser son chant du cygne à peine 30 minutes plus tôt, alors pousser l’autre con dans les orties, ça n’allait pas être pour tout de suite…). Rien à faire. « Mais je peux participer à la conversation ! » Je tente alors le tout pour le tout. L’atout magique fonctionnement dans 99% des cas… Oui mesdames, j’ai bel et bien utilisé ce truc séculaire consistant à parler menstrues là comme ça au milieu de nul part. C’était sans compter sans des embranchements logiques que même la drogue ne peut excuser à elle seule… Je saute quelques étapes dans le dialogue, je vous épargne les moments où Bubulle joue à « retrouve tous les mots de la phrase » et moi à « la grammaire c’est la vie »

moi : donc les serviettes hygiéniques, avec ou sans ailettes ?
elle : avec c’est mieux !
lui : ouai comme ça c’est plus doux
elle : euh
moi : euh
lui : bah si ma copine elle a dit
moi : rapport aux poils ?
lui : je sais pas j’ai jamais compris comment ça marche les lesbiennes
moi : OO guedeguegne ?
lui : te moque pas !
moi : je me moque pas, j’essaie de comprendre le rapport !
lui : bah vous parlez de sexe

Voilà. Amis Termites, si tu as compris, tu gagnes un texte de ton choix dédicacé. Même que je te l’écris rien que pour toi si tu veux. Parce que pour nous, le mystère reste entier. Ou alors les lesbiennes ont vraiment une sexualité échappant complètement à l’hétéro que j’ai été jusque là… (auquel cas, amies lesbiennes, ne nous laissez pas mourir idiots !)

lui : arrête de me regarder de travers !
moi : je peux pas faire autrement, je suis borgne, je suis obligée de te regarder de côté
lui : mais j’aime pas Twilight !
moi : GUEDEWHATDAHELL
elle : c’est pas ça qu’elle a dit
lui : elle a dit jte regarde de twilight et j’aime pas twilight
elle : non elle a dit elle te regarde de travers parce que son oeil est aveugle
lui : ah ouai, comme mon pote, mais il est pas vraiment aveugle parce qu’on lui décrit ce qu’on voit, et puis c’est notre pote

Et parce qu’il existe quand même une certaine justice dans ce monde. Gugusse est arrivé à son arrêt et a quitté le train avec ses copains. Ouf.

Ma future photo d’identité.

Mais l’histoire ne devait pas s’arrêter là ! Comme tout blockbuster hollywoodien déjà légèrement douteux de base, il fallait une suite. Tout aussi improbable que le premier volet mais en plus incohérente. Voici donc Tartampion. Alors que nous soufflions d’aise à l’idée ne plus avoir à faire d’effort pour entretenir pareille conversation et que je souhaitais soigner tranquillement mon hémorragie grammairienne (on a jamais de livre de Saussure sous la main quand on en a besoin)(mon mémoire va bien sinon, ça se voit non ? il fait des trous dans mon cerveau pour avoir plus de place), Tartampion vient dont s’installer avec nous « J’espère que mon pote vous a pas ennuyé, parce qu’il est gentil mais moi jveux pas vous ennuyer, suis comme lui je veux juste parler, j’aime l’humanité de près. » Et moi j’aime les lance-flammes, mais je n’ai même pas la plus petite allumette pour satisfaire mes envies pyromanes. Nous voilà donc reparties pour un tour, quoique contrairement à son prédécesseur, Tartampion est plutôt autonome et préfère de loin le monologue, des fois que l’humanité, une fois tout près, ne serait pas du même avis que lui.

« Tu vois le problème c’est la société. Les gens sont bien mais tu vois black blanc beur tous pareil. Et moi jsuis un bon élément pour la société man. Je fais des choses bonnes. Et tu vois y a que du coca dans ma bouteille si t’en veux tu dis. Jte donne mon aide tu me donnes ton aide, on est tous frère ! Tu vois nous on était tranquille on revient de soirée tranquille posés et là y a 10 mecs qui viennent nous chercher l’embrouille t’vois, et nous on était que 3… »

Mec, rien que dans le wagon vous étiez cinq… Je… Je commence à avoir sérieusement du mal à suivre. Et j’aime pas les mecs défoncés. Les mecs bourrés tu peux assez vite calculer le taux de dangerosité de la personne, les mecs défoncés… une seconde c’est une putain de larve, celle d’après c’est Hulk. Va comprendre. Mais le type déblatère en mode autonome, un hochement de tête à intervalle régulier semble le satisfaire. « Non mais nique sa mère le FN tu vois ! » Je ne me risque pas à expliquer que le FN étant une entité il est absolument impossible qu’il est une mère, à moins de parler sur un plan métaphysique, sinon on parlera de maire du FN et dans ce cas-là c’est nique son maire le FN qu’il faut dire, ce serait trop long. Lorsque Tartampion finit par balancer « non mais tu le dis si jte dérange et qutu veux pas parler _Tu nous déranges et on ne veut pas parler ». Il faudra encore deux minutes pour que Tartampion quitte ce foutu siège… pour mieux y revenir deux minutes après.

« T’écoutes quoi comme musique, parce que moi je fais la musicologie tvois. Alors jconnais tous les genres. Même si y a des genres qui sont plus racistes que d’autres. »

Non et non ! Y a des gens racistes qui font de la musique mais la musique n’y est pour rien bordel de bite à cul. Tout comme on accuserait pas le marteau que je rêve de foutre en travers de la tête de t’avoir tué. Et nous voilà repartis. Jusqu’au moment où ENFIN, son arrêt arrive et qu’il descend. Non sans nous offrir un dernier « nique sa mère le FN » suivi d’un « vous êtes pas assez ouvertes pour la France ». Perso, je viens de lâcher 340€ de taxe d’habitation, je me sens plus qu’ouverte à la France là…

Et c’est donc ainsi très chers Termites que se termine cette incroyable aventure…. J’espère que de votre côté vous avez passé un bon week-end !

Assez d’aventure pour aujourd’hui !

Bientôt chez toi, le sprintathon !

Je profite de ce temps mort dans mon emploi du temps pour venir vous saluer ! Ca va bien vous ? Pour une fois je suis contente qu’on soit dimanche. Ca fait du bien de ne RIEN faire du tout à part regarder Orange is the new black et Zankyou no terror (et finir une première version d’Arachnée aussi…)
Moi je réalise avec horreur que le côté « plus tu fais d’études, moins tu es apte à vivre en société » s’applique d’ors et déjà à moi ! Fichtre. Ma mère m’a demandé une « lettre au Père-Noël ». Sauf que, je n’ai aucune idée de quoi mettre dedans. Ca fait un peu plus de deux mois maintenant que je suis tête dans le guidon. Cette semaine, entre les spectacles, les cours d’anglais et mon mémoire, j’ai très peu vu la lumière du jour. Résultat… rien ne me fait VRAIMENT envie. Les quelques mangas ou disques que j’ai finis par mettre sur la liste me font envie comme une bière avec des potes : j’ai envie d’air, de temps. Mais pas « j’ai putain d’envie de ce truc-là ! ». Je ne sais pas si vous saisissez la nuance. C’est un peu bizarre comme sensation. Ne rien avoir envie si ce n’est que ce truc s’écrive enfin. Je vais donc me retrouver avec des cadeaux noze… youpi ! Je me sens déconnectée du monde ces temps-ci (genre encore plus qu’en temps normal). Ceci, quelques réflexions intéressantes au détour de mes recherches que j’ai bien envie de partager avec vous. Ca vous tente ? (qu’on parle de religion et d’iconisation des tueurs en masse ? ouai je sais, que du bonheur)

Ceci dit, le moral est plutôt bon comparé aux derniers mois. Je commence enfin à remonter la pente. Ca fait plaisir.
Vendredi soir, je suis allée voir Skalmold, Arkona et Eluveitie en concert et ça m’a fait un PUTAIN de bien ! De quoi me remettre le cerveau à l’endroit bien comme il faut. Pogo, circle pits et wall of death… J’ai des bleus sur les bras, les jambes, les seins, je peux pas tourner la tête comme je veux encore deux jours après. Mais putain que ça fait du bien… Je savoure cette sensation d’être un seul morceau tant qu’elle dure. Je vais aussi essayer de ne pas oublier la sensation d’être à sa place, d’être le bienvenue, de faire parti d’un monde. Un vrai bonheur ce concert. Surtout qu’au retour, The Birthday Massacre avait envoyé une version digitale de leur album à ceux qui ont aidé son financement. Du bonheur je vous dis.

Accessoirement, le dernier Haruki Murakami est un bonheur, comme à son habitude… Il y a cette anecdote dedans que j’ai bien envie de vous partager. Ce n’est pas une citation exacte du tout, je paraphrase de mémoire (lu hier soir), pas le courage d’aller chercher le livre pour faire du mot à mot… (donc on repassera pour l’intégrité intellectuelle tout ça tout ça)

C’est une anecdote que je raconte à chaque début de séminaire. Je scanne la salle du regard, et je m’adresse à une personne précisément. Je lui dis « j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est que je vais t’arracher les ongles des pieds ou les ongles de mains » Et je sors des tenailles de mon sac. Je prends mon temps et je les montre bien pour que tout le monde comprenne que ce sont des vrais. « La bonne nouvelle, c’est que tu as le choix. Tu as 10 secondes pour décider si je t’arrache les ongles des mains ou des pieds. Si tu ne choisis pas, je les arracherai tous ». En général, le mec choisit les ongles de pieds. Alors je lui demande « Pourquoi les pieds ? _Je ne sais pas, les deux font sans doute aussi mal. Mais comme il fallait bien choisir… j’ai choisi » Alors je souris et je repose les tenailles et je dis « Welcome in real life »

Voilà mes chers Termite… bonne fin de dimanche, bon début de semaine !

Et la boucle est bouclée.

Alors qu’il y a quelques mois j’étais désespérée face à la page blanche et que j’avais l’impression de ne faire qu’écrire la même chose encore et encore, quelques âmes secourables ont tenté de me jeter des perches pour sortir de l’impasse. C’est le cas de l’Oiseau Lyre qui me souffla à l’oreille que peut-être je pourrais tenter de vous raconter quelque chose sans le couvert de la fiction ou du cynisme.

Soit.

Quelle meilleure occasion de le faire qu’en vous contant le concert de Damien Saez de mardi soir.
C’est la deuxième fois que je retrouve l’homme sur scène. La dernière fois c’était il y a trois ans. Mai 2010, zénith de Paris, en compagnie de Bubulle. A ce moment-là, je commençais tout juste à sortir la tête des affres de la dépression. Après plusieurs années de descente aux enfers, j’avais arrêté ma chute un an chez mes parents puisque j’étais devenue incapable de me prendre en charge toute seule. Aujourd’hui, j’ai en mémoire ce concert qui est aujourd’hui devenu symbolique pour des raisons bizarres et pas forcément évidentes à expliquer. Au mois de décembre 2009, j’avais été voir Marilyn Manson sans ce même zénith. Ce fut ni plus ni moins qu’un désastre. Je restais complètement insensible à tout ce qui se passait. Je suis ressortie en pleurant, expliquant à Bubulle que j’étais foutue, j’étais devenue incapable du moindre sentiment. Je me suis mangée une baffe dans ma gueule et me suis vue expliquée que ça n’avait rien à voir, que peut-être j’étais pas dans le mood pour Manson, mais que ça n’empêcherait pas Saez d’être excellent. Bon. Le fait est qu’elle avait raison (là elle saute de joie parce que c’est pas souvent que je le dis : D). Avec le recul, Manson a juste produit un concert de merde. Sisi. Et il est vrai que c’est fou que j’ai pu pensé ça dans la mesure où j’ai eu un véritable coup de foudre pour le groupe en première partie.

Damien Saez, quelques mois plus tard, a eu l’obligeance de bien vouloir donner raison à Bubulle. A ce moment-là je commençais à voir la lumière au bout du tunnel. J’avais trouvé une formation. J’avais entamé les procédures administratives pour m’inscrire en licence d’arts du spectacle et étudier le théâtre. Même si je ne savais pas encore trop pour quoi faire au final avec ça, j’avais au moins eu le mérite d’être honnête avec moi-même et d’arrêter de faire comme on est sensé faire. Le fait est que jusque là ça ne m’avait pas vraiment réussi. J’ai donc un souvenir extrêmement lumineux de ce concert. J’étais avec ma meilleure amie, on a chanté, on a hurlé, on a pleuré, on a traversé le zénith de long en large sans poser le pied par terre, j’ai indiqué le titre de chaque chanson à Bubulle comme la coutume l’exige.

C’est donc avec bonheur que je retrouvais ce cher Damien sur la scène du Liberté. Avec bonheur et avec logique aussi. Aujourd’hui je suis dans la dernière ligne droite de ma licence. Je suis heureuse de mon choix et de la place que j’ai réussi à me faire. Je sais où je veux aller même si je ne suis pas encore très bien sûre de comment faire. Mes cauchemars semblent vouloir prouver qu’il y a des monstres sous le lit qui n’ont pas l’intention de mourir comme ça, mais aujourd’hui ils restent cantonnés à la nuit, ce qui est un immense progrès. Il était donc logique et naturel que je boucle ce cycle par ce concert.

Concert qui me laisse un exceeeeellent souvenir. Je ne saurais dire lequel des deux j’ai préféré, ou lequel était le meilleur. C’est impossible pour moi. Ils n’ont pas la même symbolique. Les deux étaient excellents dans ce qu’ils ont représenté pour moi.
Par contre je peux vous dire que le public de mardi soir était bieeeeen moins bon. Putain mais quelle bande de chieurs ! Entre les portables et les clopes à tout va. (dans les maniaqueries que vous ignoriez : je ne supporte pas que mes cheveux sentent la cigarette. Même un petit peu. Ce qui fait que je me suis lavée les cheveux au moins deux fois en rentrant chez moi. Oui à minuit et demi.) C’est assez drôle d’ailleurs quand on y pense… J’en parlais avec Dostami l’autre jour, mais… la moitié du public présent dans les salles de concert pour Saez présentent exactement toutes les caractéristiques qu’il dénonce. Je pense qu’il doit se fouetter avec des orties fraîches une fois sorti de scène pour évacuer cette atrocité… ou s’enfiler un litre de whisky cul sec.

Malgré ces râleurs (oui parce qu’en plus ils attendaient Jeune et con pis c’est tout), j’ai quand même profité. J’ai adoré cette ouverture en accoustique. Damien sa guitare, sa voix, ses textes, et c’est tout. L’explosion des guitares électriques. Les jeux de mélange des chansons. Les mélodies, les textes qui se mélangent pour n’en faire qu’un. Le travail des lumières. Le talent des musiciens derrière (comment j’ai pu ne pas m’en rendre compte il y a trois ans ?). Avoir la surprise de retrouver quelques morceaux de Varsovie – l’Alhambra – Paris et en chialer. Hurler de joie à peine l’intro lancée. Into the wild… putain into the wild.. verser ma larme là aussi. C’était déjà une tuerie sur l’album, comment prévoir qu’en concert elle serait encore plus belle ? encore plus forte ? Tu fermais les yeux c’était magique, tu les rouvrais c’était onirique avec un travail au niveau des lumières à couper le souffle… Et puis pour le fun lancer un pogo à trois parce que les pétasses devant elles font vraiment chier.

Bref, près de quatre heures debout. Presque impossible de plier mes genoux pour sortir. Rentrer chez moi avec des petites étoiles plein mes yeux et mes oreilles (oui même l’oeil droit il a eut droit, il est comme ça Damien il est généreux avec les éclopés).

Je crois que la boucle est merveilleusement bouclée, le cycle fermé.  Même si j’ai quand même une putain de trouille, je peux partir pour une autre étape du bon pied.

Pamphlet approximatif pour basse à 6 cordes et plus si affinités. [1]

L’assemblée est agitée. Très agitée. Partout on grogne on gronde on grunt. Le maître de cérémonie peine à ramener le calme.

« Messieurs dames…[la foule continue de s’agiter] BORDEL DE BITE A CUL VOUS ALLEZ M’ECOUTER MERDE ? [silence] Bon. On est ici pour causer d’un sujet important alors ça serait bien que tout le monde écoute en même.
_Boarg.
_Oui Robert on sait. Ca ne t’ennuie pas de me laisser introduire cette séance. [Robert hoche la tête] Je vous ai ici réuni pour parler d’un sujet grave : la surenchère des smartphones en concert. [agitation minime dans la salle] Restons calme. Je vais demander à chacun ici présent de se présenter rapidement. Je commence si vous le voulez bien. Je suis M.M et je serai votre maître de cérémonie. Je suis connu comme maître absolu du glauque et autre clowneries noirâtres. J’étais connu avant Burton.  D’abord…

Keith : Ouai bonjour, jsuis guitariste [montre ses doigts couverts de bandes] et si j’ai les yeux rouges c’est parce que ma copine elle met trop de javel pour serpiller.
Sharon : [voix toute aiguë] Salut !  Moi c’est Sharon et jsuis super contente d’être avec vous aujourd’hui c’est très émouvant merci merci à vous de m’avoir accueilli !
Stang : Bonjour, je fais que des covers. Je crois que j’ai raté ma vie.
Fred : Hey moi je suis rappeur mais je vous aime trop les gars ! Sérieux les chaînes et tout c’est juste trop la classe !
Robert : Boarg boarg. Boarg. Booarrg.

M.M : Robert a raison… Vous avez été si nombreux à répondre à l’appel que nous n’avons pas le temps de tous nous présenter. Soyez convaincus que je suis le premier déçu. Venons en au fait. Que faire contre cette terrible épidémie qui touche nos salles de plus en plus ?
Robert : Boarg boaaaaarg !
M.M : C’est vrai… Même les festivals commencent à le sentir passer. [l’assemblée pousse des soupirs de désespoir] Un état des lieux semble nécessaire… Où en êtes-vous ?
Keith : Moi jpense que si tu dois avoir un téléphone avec toi en concert c’est pour pouvoir appeler les urgences après t’être fait piétiner dans la fosse. Mais pour ça faut qu’il ait de la batterie.
Sharon : Et pis moi j’en ai marre des pisseuses qui veulent être prises en photo avec moi à la sortie alors qu’elles sont même pas belles. Bande de jalouses… Oups… Vous direz pas que j’ai dit ça les gars ? [un vague « non non » parcourt l’assemblée]
Stang : Ouai mais moi y a que comme ça qu’on me connaît… Mes chansons elles finissent en sonnerie de téléphone…
Keith : Mais ça fait un son pourri !
Stang : Oui mais on peut en faire un truc trop bien avec du style t’vois, ça peut trop être un concept si on sait l’utiliser et…
Keith : Donc en fait tu fais des chansons avec un son pourri mais tu le fais exprès ? C’est ça que tu dis ?
Stang : Euh…
Fred :  Tu pourrais au moins assumer !
Robert : BOOOAAAARRRGEUH

M.M : Merci Robert. Ne nous éloignons pas s’il vous plaît.
Sharon : La seule chose qu’est bien c’est que ça peut faire plein de petites lumières pendant les balades c’est super joli ça fait comme des étoiles !
Keith : Les balades c’est bien un truc de filles… Et puis merde si tu veux faire des étoiles on avait des briquets avant ! C’était vachement mieux ! Aaaah… C’était l’époque où on pouvait fumer dans les salles de concert… C’était tellement bien… Ca me manque…
Fred : Ca a l’air magnifique ce que tu dis Keith ! Raconte nous les années 80 !
Keith : Va chier ! J’suis pas ta mère !
Fred : Aller s’il te plaît soit pas vache !
M.M : Messieurs ! Mais quel est le plus gros problème ? Les photos ? Le son ?
Stang : Mais tout est un problème ! Je sais bien de quoi je parle !
Keith : D’où tu parles toi espèce de vendu ?!
Sharon : Vrai ! Vendu ! T’as vendu ton âme ! Même Satan il est pas aussi pourri que toi !
Stang : Mais vous croyez quoi ? Que ça me fait bander ce que je fais ? Que le matin quand je me rase pas jme dit que jsuis fier de moi ? Bah pas du tout ! Sinon je serai pas là ! Non j’ai pas de talent ! Si j’en avais le seul compte en ma possession serait pas sur youtube ! Merde ! Sauf que moi l’ennemi jle connais ! Par coeur ! Alors que vous vous en êtes encore à l’âge de pierre musical à taper sur des gros cailloux avec un gros baton quand c’est pas votre tête ! Je peux vous aider moi ! Alors vous allez m’écouter bande de couilles molles ou merde ?

Le silence se fait. Chacun se demande s’ils peuvent réellement faire confiance à un mec qui se contente d’appuyer sur des boutons pour faire de la… euh…de… du son.

Robert : boarg.
M.M : Tout à fait. Stang, nous t’écoutons.
Stang : Le son de ces trucs est mauvais, la qualité des images est à chier, même Sharon elle a l’air d’un bulldog sur ces trucs là. Pis un avec de la bave en plus…  Non y a rien à sauver.
Sharon : Mais pourquoi qu’ils font ça ? Ils nous voient en vrai de vrai, pourquoi mettre un écran entre nous ? C’est trop triste !
Keith : C’pas tous les jours qu’ils pourront voir des musiciens aussi talentueux devant leur gros pif tout bouffi.
Stang : Pour mettre sur facebook et dire qu’ils y étaient.
M.M : Ils ne peuvent pas le faire sans ça ?
Stang : Non.
Robert : Boarg, boarg boargboarg.
M.M : Je pense que tu vas un peu vite à conclure que les gens d’aujourd’hui sont plus cons qu’avant…
Tous les autres : Si, ils sont cons.
M.M : Bon d’accord peut-être… Mais cela ne nous donne pas la solution ! Comment faire pour arrêter l’invasion ?

Un nouveau silence pesant s’installe dans la salle… Chacun réfléchit.

Robert : Boarg…. boarg.
M.M : Mais tu es fou !
Sharon : Qu’est-ce qu’il a dit ??
M.M : Il faut leur envoyer… Le Monstre.
Sharon : C’est quoi le monstre … ?
M.M : Un être terrible qui fait des trucs encore pire que Stang… Raa je ne peux vous dire vous ne pourriez plus dormir…
Robert : Bo…bo…bobo…bo…a…rg

Après ces sages paroles, Robert s’en retourna derrière sa batterie. Le reste de la bande, complètement pétrifiée, ne trouva rien de mieux que de le rejoindre et commence un boeuf. Tous étaient complètement désespérés.

Pourriez-vous les aider à trouver l’identité du Monstre qui leur permettra de venir à bout de…
la terrible malédiction du smartphone ?

Le groupe a déjà sa mascotte.

 

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Momone la camionneuse

C’était le jour tant attendu. Cela fait des mois qu’ils préparent cet événement. Et enfin voilà le jour J. Ce soir, René et Jeanine vont voir en concert Momone la camionneuse. Ils vont enfin pouvoir la voir en vrai. Depuis le temps qu’ils suivent sa carrière ! Ils étaient là à ses débuts, quand personne ne croyait en elle. Ils sont restés malgré les évolutions de sa voix. Envers et contre tous ils sont restés pour la soutenir. Quoiqu’on ait pu dire d’elle.

Bien entendu, il y avait toujours des jaloux pour colporter de méchantes rumeurs sur son compte. Comme quoi elle ne transportait pas que des steaks dans son camion, que c’était comme ça qu’elle avait rencontré son producteur. On disait aussi qu’elle ne savait pas joué, c’était ridicule enfin… On espérait quand même pour elle qu’elle avait un vrai métier. Un truc genre caissière ou secrétaire. Quelque chose à sa mesure en sommes.

Mais eux ils s’en moquaient. Ils connaissent sa vie par coeur. Comment elle avait conduit un 33 tonnes quand son copain l’avait plaqué et qu’il fallait quand même manger alors qu’elle avait pas de diplôme. Elle avait arrêté pour lui. C’est bête parce que c’est une fille intelligente, elle aurait fait une très bonne avocate ils en sont sûrs. Ils savent comment elle a commencé à rouler pour vivre et que c’est comme ça qu’elle a retrouvé sa liberté en quelque sorte. Ils savent comment elle a appris à jouer, tranquillement sur les aires d’autoroute, pour passer le temps entre deux livraisons. Jusqu’au jour où quelqu’un l’a entendu jouer, quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un dans une maison de disques.
S’en est suivi la carrière que tous lui connaissent. Elle s’est fait sa place, s’est taillé une réputation. Bien sûr sa voix n’est plus la même qu’au premier jour, mais elle l’assume parfaitement. C’est la vie et rien n’est immuable. Alors elle fait avec et elle est fière de ce qu’elle est aujourd’hui.

Et eux aussi. Ce soir René et Jeanine sont debout, tous les deux, au milieu de la salle, à l’attendre. Enfin, après toutes ses années, ils vont pouvoir chanter avec elle. Enfin.

Quand elle entre, le silence s’impose de lui même. Elle branche sa guitare, règle son micro, et de sa voix grave et éraillée, elle lance son tonitruant « C’EST MOI QUE V’LAAAAAA ». En réponse, tout le monde hurle aussitôt. Que la musique commence.

Momone, la seule, l'unique

Dédicace à Bubulle

C’est DJ Squee !!!!!!

Hier, pour la première fois de ma vie, j’avais envie de refuser de composer. De juste marquer un truc du genre « Votre question est éthiquement irrecevable aussi je refuse de composer » sur ma copie. J’aurais peut-être dû en fait. Ou alors j’aurais dû citer ça :

« A qui j’arrache un bras, à qui j’éclate un genou ? Et c’ui qui va manger sa guitare, il est où ?
Où il est le minus où il est le taré à qui je vais faire avaler son micro ? »
Ca c’est de la très jolie poésie performative où je m’y connais pas ! 
On me souffle dans l’oreille que selon le pirate (oui on a passé le semestre à pas savoir comment ce mec s’appelait) je ne m’y connais aucunément. Même pas peur.



Sinon je pars pour Paris tout le week-end ! Rendez-vous est pris pour des retrouvailles avec le groupe Epica qui nous avait collé une putain de claque à Bubulle et moi il y a déjà 4 ans… 
(je suis actuellement en train de prier pour de bons gros pogos, et même, soyons fous, un circle pit ou un wall of death, j’ai jamais fait…)
Je vous laisse avec leur très beau nouveau clip :

PS : apparemment en tournée Simone fait du smoothie pour tout le groupe et les mecs adorent. Si même les metalleux se mettent à avoir un mode de vie sain je ne sais pas où va le monde mais c’est certainement pas beau à voir !