Paroles de clients… FIN DE SAISON EN APPROCHE MOTHERFUCKER

Nous y sommes presque chères Termites ! Plus qu’une semaine et ma saison sera terminée. Je ne vous cacherai pas qu’il me tarde ! La semaine prochaine, nous aurons donc le dernier épisode des aventures de Ray Charles et je n’ai absolument aucune idée de ce que je vais mettre dedans. Ce qui est con pour une fin. Mais bon, j’imagine que j’ai encore des heures de caisse pour trouver une solution ! Alors ne vous inquiétez pas (ou pas trop). En attendant, et puisque vous en raffoler, voici les anecdotes de clients de la semaine…

« Vous avez demandé un sac d’oranges ! »

Et si on parlait gamin ? Hein, ces trucs-là, qui font chier… Pardon, j’exagère. Parce qu’en l’occurrence, leurs parents sont pire. Bien pire. Je commence avec une anecdote de juillet que je n’avais pas réussi à vous caser à ce moment-là. Un jour, je sors à peine de la salle de repos, que ma collègue me saute dessus, une gamine dans les bras : « elle est perdue et ses parents sont nulle part ! ». Je lui demande de développer parce que bon, ça me paraît gros… La gamine était toute seule dans un coin, elle a d’abord pensé que les parents s’étaient un peu éloignés, mais 10 minutes plus tard, elle n’avait toujours pas bougé… Elle lui a demandé où était ses parents, la petite ne savait pas et lui parlait d’ailleurs à peine, comme les mômes savent si bien le faire. Elle a fait un tour de magasin avec elle en lui demandant si elle voyait ses parents. Pas de réaction, de la petite ni d’aucun adulte. Je lui demande de réessayer, des fois qu’ils se seraient croisés. Elle revient vers moi, même résultat. On file en salle de repos, un peu inquiètes. Les responsables étaient en train de manger et nous demandent ce qui se passe. On résume. On commence à se demander s’il faut appeler les flics. Finalement, la chef mag repart avec la môme dans les bras pour un nouveau tour du magasin + parking quand un mec se fait entendre « ha bah t’es là ». DONC. Ça fait bien 15 minutes que la môme est avec nous, et tu t’inquiètes pas plus que ça ? Mais pourquoi vous faîtes des enfants si au final vous vous en foutez ?

Toujours dans la série « Un serial killer peut-il se débarrasser de mon enfant s’il vous plaît ? », l’autre jour à ma caisse, une nana avec son môme dans son caddie. Je m’occupe du client qui la précède, quand soudain la lumière fut elle se rend compte qu’elle n’a pas sa carte. « Je vous laisse tout là je reviens vite, je vais juste à la voiture chercher ma carte ! ». Et là voilà qui file en courant, laissant courses sur le tapis (ce qui est ok)(enfin jusqu’au moment où je décrète que ça ne l’est plus et que je vire tout pour faire de la place) et môme dans le caddie. Ce qui n’est pas ok du tout. Alors, je veux bien, elle s’est absentée à peine 2 minutes. Mais merde… Il aurait pu se passer plein de choses, ce n’est pas mon taf de surveiller un gosse, même si je n’avais pas une aversion épidermique pour ces miniatures, je n’en ai pas le temps. Deux minutes, c’est suffisant pour que quelqu’un y colle une beigne, le gave de bonbecs, lui montre sa bite en loosedé, etc. J’ai du mal à concevoir que tu puisses laisser un machin qu’est pas foutu de tenir debout tout seul – puisque tu le ranges dans ton caddie – comme ça au milieu d’inconnus dans un lieu qu’il connaît pas plus.Vous voyez, je peux pas avoir d’enfants, apparemment je comprends rien à la parentalité.

Ceci dit, d’autres ont trouvé la solution pour éviter de laisser les mômes tout seuls au milieu du magasin : les laisser tout seul dans la voiture. Au soleil. Vers 15h. Pendant 30 minutes. « Mais c’est ok on a laissé les fenêtres ouvertes ». Bah ouai c’est bien, mais vu que t’avais oublié la gamelle d’eau ça marche pas au final… C’est un autre môme de 12 ans qui est venu nous dire qu’il y avait des enfants dans une voiture qui pleuraient et appelaient leurs grands-parents. J’étais en coupure à ce moment-là, c’est donc mes collègues qui se sont chargés de retrouver les grands-parents pour leur signaler que bon hein, peut-être c’était pas l’idée du siècle. Le meilleur ? Les gens en question sont passés à ma caisse. Les gamines clairement stones (elles ont eu chaud et peur semble-t-il…), et le grand-père qui se foutait de leur gueule parce que bon maintenant « elles sont grandes, elles peuvent bien rester un peu toutes seules et puis avec les fenêtres ouvertes ça va ! ». Toi, à la prochaine canicule, et bien personne t’appellera pour vérifier que t’as bien bu ton verre d’eau, et tu pourras boire tout le pastis du monde, tu vas mourir DÉSHYDRATÉ et ça sera bien fait pour ta gueule.

Enfin, dans la série « enfants qui se sent très bien avec ses parents ». L’autre jour, toujours à ma caisse (je vous ai dit que j’ai fait beaucoup de caisse dernièrement et que je me sens plus mécanico-robotique déshumanisée que jamais ? ma vie s’est perdue quelque part sur le tapis roulant. Des fois, je résiste à l’envie de coller un truc dessus pour compter combien de tours il fait pendant mon temps de travail), une vieille accompagne une très vieille pour l’aider à faire ses courses et faire les siennes au passage. J’ai pas suivi toute l’histoire, tout le monde était déjà installé quand je suis arrivée à ma caisse. J’encaisse la très vieille dame qui avait un caddie relativement plein (une vieille dame qui fait ses courses pour la semaine ne remplit pas son caddie de la même façon que l’aoutien qui voyage par paquet de 10, aussi bien quantativement parlant que qualitativement…)(la petite vieille boit beaucoup moins d’alcool)(la plupart du temps) et la vieille un panier. Comme elles prennent leur temps pour ranger (pour ne pas dire qu’elles ne sont pas rapides à ranger), j’ai le temps d’encaisser les deux qu’il y en a encore plein ma caisse. La très vieille range quand le père de famille suivant commence à parler sèchement à la vieille :

« Vous avez de la chance que je sois de bonne humeur ! Parce que moi normalement votre caddie je le retourne.
_Enfin, j’aide une amie !
_Vous avez quand même doublé tout le monde, alors moi normalement le caddie c’est par terre ! »

Et ça a continué comme ça tout le temps que la très vieille range. Bien évidemment, le ton est monté. Le mec de venir lui parler de plus en plus collé, en se faisant plus grand qu’elle. Et vraiment menaçant. Comme quoi faudrait qu’elle voit à pas trop faire chier parce que ça pouvait partir. C’est quand j’ai vu les gamins essayer de se rentrer la tête dans les épaules, prêts à se cacher sous la caisse en cas de besoin que j’ai compris qu’il y avait réel danger…J’ai gardé la main sur la sonnette, et de l’autre essayé d’aider la très vieille, la meilleure solution semblant être de trouver un moyen de les faire partir vite. Sauf que le mec lui a emboîté le pas, toujours en faisant en sorte d’être tout près, il a fallu que sa femme lui court après et le ramène. On sent le bonheur conjugal. C’est dans des moments comme ça que tu te dis qu’une petite formation aux situations de crise, ça ne serait pas si mal. Parce qu’honnêtement, s’il avait vraiment frappé, je ne sais pas quelle était la meilleure solution. Sauter dans la mêlée au risque d’en prendre une et m’ajouter aux victimes ? Laisser les clients faire la même, pour arriver au même problème ? Faire en sorte que le moins de monde possible n’intervienne pour limiter les victimes et appeler les flics ? Sauf qu’un mec de 40 ans en pleine forme furieux face à une vieille de 70, y a pas besoin de frapper longtemps. Surtout quand, semble-t-il, il n’en est pas à son coup d’essai… Il pourrait être bien que monsieur Lidl pense à donner des outils à ses salariés en cas de crise, surtout si monsieur Lidl continue de considérer qu’un vigile est un trop investissement. Enfin pardon, je suis mauvaise langue. Une fois que quelqu’un a été confronté à une situation de crise et n’a pas pu la gérer, monsieur Lidl envoie un vigile. Pendant une semaine. Une semaine pendant laquelle les statistiques veulent qu’il ne se passe rien. Puisqu’il y a déjà eu la semaine d’avant. Mais bon, monsieur Lidl a fait de grandes études alors j’imagine qu’il sait ce qu’il fait…Même si on sait tous que ce qu’il fait c’est majoritairement du pognon.

« Encore une heure… » Moi le matin. Et l’après-midi aussi. En fait à chaque fois avant d’aller bosser.

Moi ce que j’aime chez les clients, c’est leur volonté de résister au système. WE GONNA TAKE THE POWER BACK ! Je ne sais pas comment vous faîtes vos courses, mais eux, ils connaissent tous les prix de tous les articles dans leur caddie. J’applaudis la mémoire. Non parce que moi, quand je fais mes courses, j’y arrive. Pourtant je suis étudiante, et souvent fauchée (entre la bière et la diète il faut choisir, j’ai choisi de me nourrir d’eau). Donc je fais attention au prix au moment où je choisis mes articles, puis je survole mon ticket histoire de voir qu’il n’y a pas d’erreur ou fausses manips. À moins d’un truc aberrant, je tilte pas. Mais euh non. À croire que leur tête sont des calculatrices. Enfin pas trop non plus…

« Non mais ça peut pas faire 41€.
_Bah si vous voyez bien.
_J’ai à peine une douzaine d’articles ! Et j’ai pris que des petites choses !
_De petites choses en petites choses ça fait 40 monsieur…
_Ça peut pas faire 40, y a une erreur !
_[après avoir vérifié qu’il n’y ait rien d’aberrant, et n’avoir rien trouvé, au cas où] Il n’y a pas d’erreur monsieur.
_Si !
_Monsieur, il arrive à la machine de ne pas avoir le bon prix en mémoire ou qu’une promotion soit mal enregistrée. Mais il est 18h alors les erreurs ont toute été trouvées. Croyez moi, la machine est programmée pour calculer, c’est ce qu’elle fait de mieux. Si vous voulez recompter le tout je vous laisse quelques minutes. »

C’est marrant mais il a arrêté de faire chier et on s’est contenté d’enlever des articles pour arriver aux 15€ qu’il avait dans sa poche. Et j’ai envie de dire qu’avec plusieurs articles à 6€, on arrive vite à 40 !

De la même façon, on ne prend pas la carte en dessous de 5€. Ce qui est une limite plutôt raisonnable je trouve… Surtout quand tu sais qu’il y a pas mal d’endroits où la limite minimum est plutôt à 15€ et qu’avant la nôtre était à 10… Donc l’autre jour, une bonne femme avec deux articles, 2,62€.

« On prend pas la carte en dessous de 5€…
_J’ai que ça.
_Je comprends bien, mais on ne prends pas la carte en dessous de 5€.
_Puisque je vous dis que j’ai que ça ! Vous pouvez bien faire une exception !
_Moi oui, la machine non. Mais vous pouvez toujours essayer de lui expliquer. Je mets votre ticket en attente, n’hésitez pas à me faire savoir les résultats des négociation. »

Mer. Deuh. Je comprends que ça puisse agacer quand t’as pas prévu et que tu dois acheter des trucs non prévus pour y arriver. Mais c’est comme ça. C’est indiqué à l’entrée du magasin, c’est indiqué en caisse, si t’as pas vu c’est dommage, mais tu peux t’en prendre qu’à toi-même. « Vous avez le droit de faire ça ? » Oui. Du moment que nous le spécifions à nos clients pour qu’ils puissent prendre leur disposition, oui. « C’est de la vente forcée ». Non. Car tu es averti. Dès l’entrée. Du. Magasin. Est-ce qu’il faut que je répète pour ceux du fond qu’auraient pas bien entendu où je me le fais tatouer directement sur la gueule ? C’EST ÉCRIT À L’ENTRÉE ALORS TU FAIS PAS CHIER. Et dans le pire des cas, tu peux toujours dire que tant pis, on n’a pas besoin de chantilly pour vivre. (on a besoin de chocolat mais on peut se passer de chantilly)

Mais parfois, le client connaît vraiment le prix des choses. Comme on arrive en fin de saison, la responsable du non-food remet en vente ce qui reste de la saison. Ce qui est un peu le bordel. Un peu beaucoup. Beaucoup trop. D’un côté, il y a les codes qui ont été désactivés depuis et que je me retrouve obligée de rentrer en manuel, me faisant ainsi faire une vingtaine d’aller-retours par heure (je vais demander une prime au kilomètre parcouru). De l’autre, il y a les affiches à recommander. Sauf que des fois, je ne sais pas, soit la responsable se trompe (alors elle vous dira que c’est impossible mais bon, vous n’êtes pas obligés de la croire, c’est pas parce qu’elle lit ces chroniques qu’il faut lui cacher la vérité : elle vieillit et mélange tous les chiffres. C’est pas grave, on l’aime quand même)(Et puis bon au passage ça lui permet de s’adonner à son activité préférée : faire chier le monde)(Sinon je t’aime très chère <3 me tape pas quand j’arrive demain !), soit l’affiche est perdue, soit on n’enlève pas la bonne… BREF. On se retrouve dans des situations bizarres. L’autre jour, je passe donc des housses de sièges de voiture qui s’enregistrent à 16€. Madame paye, puis me signale que non, ils sont à 4€. « C’est en promo » Vu le produit, ça me paraît bizarre. Je m’en vais donc vérifier de quoi il retourne. L’affiche indique bien 4€ en promo, mais le prix initial est de 6€. J’essaie de comprendre d’où vient le problème : à force de tout retourner, je finis par trouver que le code des housses ne correspond pas à celui sur l’affiche, ce qui signifie que ce n’est pas le produit concerné. J’en informe donc la responsable susnommée (ça veut dire la responsable nommée plus haut, pas que tu consommes du lait concentré sur ton temps libre)(private joke inside) qui, après m’avoir dit que je fais chier (elle m’aime), elle constate le problème et me dit de proposer un remboursement, mais de rembourser la différence puisque ce sont deux produits différents…

« Il s’agit d’un produit différent, les housses à ce prix doivent toutes être vendues et ce n’est pas la bonne affiche qui a été retirée. Je peux vous proposer un remboursement si vous ne les voulez plus.
_Je les veux au prix affiché !
_Je ne peux pas, il ne s’agit pas du bon produit. Je peux juste vous les reprendre et vous les rembourser.
_Selon la loi vous êtes obligés de le faire à ce prix.
_Je suis désolée, moi je ne peux rien faire d’autres. Si vous n’en voulez pas, je vous les rembourse et j’irai les ranger, je ne peux rien faire d’autre.
_D’accord mais la loi dit… »

Je me suis plongée dans les manipulations nécessaires au remboursement et j’ai arrêté d’écouter. Alors oui, la loi dit bien ça. D’ailleurs, nous l’appliquons régulièrement : quand nous avons oublié de retirer une affiche de promo ou qu’un produit ne passe pas au bon prix, nous remboursons la différence. Mais il ne faut pas lire la loi seulement quand ça vous arrange. Sur l’affiche, toutes les informations nécessaires à la juste reconnaissance du produit étaient présentes : description complète du produit, code d’identification… Nous ne sommes donc pas en tort. Nous avons identifié le problème et proposé une solution où aucun parti n’est lésé.

D’ailleurs, on est intègre à un point vous n’imaginez même pas ! Pas plus tard qu’hier, ma collègue m’appelle pour un remboursement. Le lait ne passait pas au bon prix. Après avoir été encaissé, les clients sont allés vérifier et en ont informé ma collège. Qui a été vérifié à son tour (pareil, toujours le besoin d’identifier le problème avant tout). Qui m’en informe ensuite pour que je puisse venir résoudre le tout. Le litre de lait était affiché à 64 centimes. Il est passé à 68 centimes. Ils avaient deux briques. Oui chères Termites, j’ai fait un remboursement pour 8 centimes. Ces gens ont choisi de perdre quinze minutes de leur vie pour 8 centimes. Putain mais à ce tarif-là, autant travailler dans une usine de jouets en Chine ! Bordel, tout ça pour 8 centimes ! Mais, à quel point votre vie est à chier pour que vous ressentiez le besoin si viscéral de perdre votre temps dans un lidl comme ça ? Non mais dîtes nous, on pourra peut-être faire quelque chose… Parce que là… J’avais presque envie de dire à ma collègue « vas-y laisse tomber file leur leurs 8 centimes, ça sera moins chiant d’avoir un trou de 8 centimes dans ta caisse que de se faire chier à faire les manips ». Ah bah oui parce que, pour rembourser la différence, moi, il faut que je rentre le montant en divers, puisqu’il n’est enregistré nulle part ! Les manipulations m’ont pris pas loin de 5 minutes, précédées des 5 minutes pendant lesquelles ma collègue a été voir de quoi il retournait, m’en a informé et a attendu que je sois disponible pour la manipulation, elles-mêmes précédées des 5 minutes où ils se sont interrogés et sont allés vérifier. Si ça, ça s’appelle pas une vie de merde… Mais bon, ils ont le droit. Alors pourquoi s’en priver ?

« C’est bizarre, mais je ne me souviens pas ce que j’ai ordonné de faire »

Cet article fait déjà 2889 mots et vous pensez qu’on touche au but ? Mais non mes bichons ! Car vous oubliez que nous sommes en août ! Et qui dit août, dit poésie, finesse, subtilité, dansons dans les pâquerettes… Nan j’déconne. Qui dit août dit aoûtiens dit putain j’veux rentrer chez moi je hais l’humanité sous toutes ses formes.

« Pour la prochaine fois, vous pourrez laisser les packs d’eau dans le caddie, nous n’en avons pas besoin.
_Ouai je sais mais on est costaud ! »

Vous m’en voyez ravie. Vraiment. Je suis heureuse de savoir que j’me nique le dos afin de compenser ta petite bite. C’est parce que tu peux pas péter le cul à ta copine que tu me pètes les couilles ?????!!!!!! (vous la sentez la patience réduite à néant ?)(Perdu ! C’était une question piège, vous ne pouvez pas la sentir. J’ai explosé une complète d’eau de source dessus après avoir pris bien soin de déposer un kéké à la gueule éclaté sous mon transpal avant.) Ça m’a rappelé le mec qui à la même période l’année dernière m’avait rembarrée d’un « ouai mais bon c’est juste pour vous quoi ». . Bande de connards de merde. (Gribouille vient de traverser la cuisine et sauter sur le canapé pour venir me ronronner dans l’oreille. Je dois émettre des ondes meurtrière jusqu’en Icelande. Remerciez cette boule d’amour d’être venue me calmer)

« Ah bah on a acheté suffisamment d’alcool pour… ce soir ! [rire gras devant un caddie à moitié plein de vin, l’autre moitié étant des chips]. »
« Je vous offre le ticket ! Vous êtes contente hein ! »
« C’est cadeau ! […] C’est cadeau […] C’est cadeau […] »

Alors, qu’on soit clair… Si j’ai pas ri, c’est pas que j’ai pas entendu, C’EST QUE C’EST PAS DRÔLE. Ça n’a d’ailleurs jamais été drôle. Au mieux, ça fait sourire. Mais quand t’es en train d’en chier à te tuer les yeux pour recopier un gen code qui fait 20 putain de chiffres, t’as vraiment pas besoin d’un gros lourd qui te répète la même vanne de merde 15 fois dans l’oreille. Ce que vous voyez pas, c’est les muscles de mes épaules qui se crispent de plus en plus parce que j’ai qu’une envie c’est te foutre ton quart de jambon dans la gueule parce que de un t’es pas drôle, et de deux, T’ES BEAUCOUP TROP PRÈS ! Sérieusement, le concept d’espace privé ça vous dit rien ?? Certains sont vraiment affreusement collés, genre, tu peux sentir leur haleine, et croyez moi, vous n’en avez aucune envie. Pire, Certains te TOUCHENT. Vous n’en savez rien pour la plupart car on ne se connaît que par écran interposé, mais j’ai horreur qu’on me touche. J’aime pas faire la bise, j’aime pas serrer des mains. Je déteste cette coutume française de la bise… Seuls mes amis ont le droit, et quelques rares élus finissent même par gagner le droit que ça soit moi qui demande à faire la bise (à partir de là c’est mort, je te colle aux basques pour toute ta vie, t’es sur ma liste de Very Important Person). Alors que des illustres inconnus se permettent de me poser une main sur l’épaule, c’est juste insupportable. J’oscille entre l’envie de vomir et l’envie de frapper. Et non, je n’exagère pas. (ceux qui me connaissent pourront témoigner) Et plus la journée passe, plus je suis fatiguée, moins je suis tolérante. Plus les gens sont pénibles / haïssables / cons, moins je supporte le moindre frôlement. Pour certains, le simple fait que le bout de leurs doigts effleurent ma main en me donnant la monnaie me donnent envie de me jeter dans la salle de repos laver mes mains… (j’ai opté pour la tactique inverse : laisser une couche de crasse salvatrice. Personne n’a envie de toucher une main couverte de lait caillé MOUHAHAHAHAHAHA) Le truc, c’est que les caisses à lidl ne sont vraiment pas bien foutues quand on est comme moi allergique à la proximité. Contrairement à beaucoup de grandes surfaces, les caissières ne sont pas cachées au milieu des bonbons. Les caisses sont faites des petits boxs dans lesquels on rentre. Lorsque le client s’installe pour remplir son caddie de ses achats, il est juste devant l’entrée du box. La plupart du temps, les portes du box ont fini arraché. Monsieur Lidl a pensé à tout, sauf au fait qu’il demande à ses caissiers de tout le temps courir et que donc, à force d’ouvrir et fermer une porte, elle finit arracher. C’est inévitable. Résultat, il n’est pas rare que des gamins rentrent dans les box. Ce qui est déjà désagréable parce que tu le vois pas et que le moindre faux geste revient à lui coller une patate dans la tête (bien fait). Le truc, c’est que certains adultes ne se gênent pas pour se caler là pour regarder l’autre ranger, ranger, ou attendre le dégel. Et ils ont beau être juste à l’entrée, je trouve ça insupportable. Je reconnais sans soucis que je fais parti des hypersensibles sur cette thématique. Mais bordel, c’est MON espace. Putain, quand t’es caissière, t’as plus de nom, plus de sentiment, plus d’heure pour manger, plus de dos à sauver de l’effort, plus de salle de repos digne de ce nom, plus d’empathie. Alors si en plus on vient squatter mon petit espace de travail (j’insiste sur le petit), bah moi je me sens juste piétinée. Genre, j’ai le même statut que le tabouret sous ma caisse. Alors je me mets à loucher sur le couvercle de mon caisson en fonte et je me demande s’il faudra que je passe l’auto-laveuse ou s’il faudra se contenter de la serpillère pour ramasser les morceaux de cervelle. En général, je ne passe pas à l’acte : l’auto-laveuse ne pourrait pas passer et la serpillère n’est vraiment pas conçu pour absorber les substances étranges.

La palme revient quand même au groupe d’aoûtiens d’hier… En entendant résonner dans le magasin un « À la claire fontaine j’ai sorti mon poireaux pour enculer Ginette », je me suis dit qu’on avait touché du lourd. Et comme j’ai beaucoup trop de chances dans la vie, en relevant la tête, j’ai pu constater qu’ils s’étaient installés à ma caisse. Florilège :

« Madame faut fouiller son sac elle a volé !
_Roh t’es con !
_Monique on t’a dit faut que t’arrête de chourrer ! [2 minutes] Hé madame faut fouiller ses poches, il a chourré !
_Mais chuteuh faut pas le dire !
_Rooooh !
_Non mais vous savez ça fait deux jours qu’elle a ses foufounnes elle est chiante [NB : tu pourras utiliser les expressions correctement merci, là on dirait que la dame a deux pubis depuis deux jours, auquel cas je peux comprendre que ça met de mauvaise humeur]
_Roooh t’es con ! [Je sais pas si c’est les règles mais le vocabulaire de madame semble limité jusque là]
_Y a des gens ils sont pas sortable ! C’est con c’est nos voisins !
_T’es con ! rooooh
_Me touche pas ! Tu veux pas que je te touche le soir, me touche pas la journée.
_Au plaisir de vous revoir !
_Je sais pas si elle pense pareil la dame ! »

Tuez moi. Je vous en supplie. On achève bien les chevaux alors ayez pitié et tuez moi !

Un wall of Death à vous…
PS : c’était le dernier dimanche aujourd’hui ! Je suis joie bonheur et volupté !

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