La théorie du chorizo et ses mignardises…

Aujourd’hui, un énooooorme pot pourris de phrases de clients, de saloperies diverses et variées, sans oublier les blagues pourries et les questions connes bien sûr !

Quand j’arrive sur le parking du boulot, et qu’il est blindé, alors qu’il devrait pas l’être… « Arrivé jusqu’au boulot, mais tenté d’appeler pour dire que je suis malade alors que je suis sur le parking »

Remontons un peu en arrière, car j’avais oublié de vous parler de ça… (ou plus exactement, j’étais prise dans le tourbillon de ma vie avant de tomber dans un grand trou noir baptise « déprime devant l’inutilité fulgurante de ma vie »)(une destination que je ne vous recommande guère pour vos vacances !) Pour la réouverture du magasin, Monsieur Lidl, qui ne manque décidément jamais d’idées pour nous pourrir la vie, avait mis en place des bons de réductions.Le genre de trucs qui ne cause absolument aucun problème et qui fait que tout se passe bien. Nan j’déconne ! C’était la grosse merde. Un genre de samedi du mois d’août mais qui aurait duré les deux premières semaines de juillet. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’utiliser le moindre bon de réduction, voici comment ces petites choses fonctionnent : sur le bon, est indiqué le montant (en général ça se compte en centimes), sa date de validité, les conditions d’obtention (certains produits ou marques uniquement, ou bien telle quantité du même produit, produits complètement exclus du bon). Les bons lidl obéissaient donc aux conditions suivantes : 5€ pour 30€ d’achat, 7€ pour 50€ d’achat, deux premières semaines de juillet, hors alcool, uniquement dans le lidl où je travaille. Des conditions plutôt simples, tout est indiqué sur le bon. Sauf que, comme toujours, je suis une grande naïve (et toi aussi lecteur) : bien entendu personne ne l’a lu. Donc une semaine avant la date indiquée, qui était pourtant indiquée en gros dessus, les gens ont commencé à nous présenter leurs bons, que nous avons refusés. Certains ont ri de leur inattention, nous disant qu’ils reviendraient à ce moment-là (noooooooooon). D’autres ont râlé « putain vous faîtes chier franchement, comme si ça changeait quelque chose ! » Bah oui, ça change quelque chose. Il y a une règle, qui est clairement indiquée qui plus est, elle est faite pour être respectée. Comme toutes les règles. Qui plus est, comme Monsieur Lidl n’est pas trop là pour faire des cadeaux à la plèbe, il nous faut justifier toute réduction offerte, donc, tous les bons de réduction doivent être conservés. Et si on se trompe, on se fait taper sur les doigts. Parce que comme d’hab, si la règle est enfreinte, ce n’est pas le client qui se fera engueulé, ça sera le caissier. Alors forcément, oui, les règles, on les respecte. Mais tout ça n’est qu’un modeste échauffement !

Bien entendu, il y a eu tout ceux qui m’ont présenté le bon de 7€ de réduction alors qu’ils étaient loin des 50, là aussi ça a râlé. Mais passe encore. Parce que le hors alcool par contre, il était écrit un peu plus petit. Du coup ça demandait un effort (nous sommes des monstres placés là pour pourrir la vie du client, rappelez vous !). Alors forcément, personne, absolument personne n’a fait attention. La première fois que j’ai dû refuser un bon pour cette raison « mais en quel honneur ! vous faîtes chier franchement, c’est bon pour 5€ ! ». Putain, quand je pense que je me faisais chier à repérer si oui ou non on atteignait les 30 ou 50€ minimum d’achat hors alcool pour faire au plus simple, et que je me faisais insulter quand c’était pas le cas… Mais on en a eu des encore mieux ! Une cliente revient me voir après avoir été rangé ses courses dans sa voiture, elle me tend son bon « J’ai oublié de vous le donner, vous pouvez me faire la réduction ? ». Tu veux pas 100 balles et un mars tant que tu y es ? Je réponds donc poliment que non, ce n’est pas possible, ça ne marche pas comme ça. « C’est votre faute toute façon vous allez trop vite alors vous devez prendre mon bon ! » De deux choses l’une… Certes, je fais en sorte de respecter les cadences imposées par Monsieur Lidl, sauf que si je vois que la personne en face ne peut pas suivre le rythme, je ralentis car ça ne sert à rien : je serai obligée de l’attendre pour le règlement, les produits s’entassent, augmentant le risque de casse ou de les abîmer, et ça peut mettre certains clients de (très) mauvaise humeur. Je nique donc un peu ma prod pour m’adapter au client en face et compenser en « satisfaction » du client, et accessoirement, limiter mes chances de me faire insulter, ou de devoir perdre du temps, et donc encore plus de prod, à nettoyer pour eux. Donc venir me dire que je vais trop vite n’est pas un argument valable avec moi. Qui plus est, comme j’ai de toute façon dû l’attendre pour qu’elle paye, elle avait tout le temps de sortir son bon. Ce qu’elle n’a pas fait. Si elle avait effectivement sorti son bon mais que pour une raison X ou Y je suis allée beaucoup trop vite et que je ne l’ai as enregistré, là oui, c’est ma faute, je trouve une solution pour réparer. Mais là… bah t’as oublié t’as oublié, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?? En plus, je veux dire, la nana a pris le temps d’aller ranger ses courses dans sa caisse, pour revenir me foutre son bon sous le nez et me dire que j’avais oublié. J’ai horreur de ça. J’ai horreur qu’on m’accuse ou qu’on m’engueule pour des choses dont je ne suis absolument pas responsable. Si bien que comme je devais justement sortir de caisse à ce moment-là, je l’ai plantée là avec son bon et je suis partie passer mon balais. Non mais.

Mais encore mieux ! Parce que certains n’ont vraiment peur de rien… Au tout début, genre le premier jour, toute l’équipe n’avait pas encore repérée que c’était hors alcool, et c’est justement suite à ce connard cette mésaventure que tout le monde a bien enregistré l’info. L’homme en question passe à la caisse d’une collègue, il en a pour presque 70€, uniquement de vin. Ma collègue l’encaisse et puis d’un coup, alors qu’il allait partir, le mec sort son bon et lui colle sur la gueule en exigeant qu’elle l’enregistre et donc lui rembourse les 7€ de réduction. Elle essaie d’expliquer que ça ne marche pas comme ça, mais le mec lui balance tellement qu’il est dans le commerce et que si, il sait que c’est possible qu’elle finit par douter et appelle une responsable (parce que toute façon elle aurait eu besoin pour faire la manip). La responsable vient et lui dit la même chose. Le mec continue d’insister et refuse de bouger. La chef mag finit par s’en mêler. Au final, il a fallu rembourser tout le caddie pour réencaisser tout le caddie et enregistrer le bon de réduction. Une heure après, une autre responsable signale que l’alcool est hors conditions. Voilà comment à force de gueuler, de faire chier, d’insister, tu fais buguer toute une équipe. Conclusion : arrêtez d’être gentil, soyez un connard.

Quand à 8h10 les clients sont déjà tous collés aux portes alors qu’on ouvre à 8h30. « Servante ! Pourquoi mon petit déjeuner au lit n’est pas encore prêt ? »

Et justement, vous vouliez devenir un Parfait Connard mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre ? Ne vous inquiétez plus lecteurs ! Le client lidl est là pour vous ! C’est parti pour le pot pourris… (cette expression n’a jamais aussi bien exprimer ma pensée…)
Comme le système ne nous met pas assez la pression niveau productivité, certains clients se disent qu’ils en rajouteraient bien une couche. Ainsi, un jour la chef mag m’appelle pour me demander de commencer un peu plus tôt le lendemain. Ainsi, au lieu de commencer à 8h15, je commence à 6h. Joie. Je mets le frais en rayon (rejoie). J’ai fini un quart d’heure avant l’ouverture tandis que ma collègue chargée de mettre en rayon le non-food (le rayon « bazar » où les articles ne sont là qu’occasionnellement, on reçoit des nouveaux produits tous les lundis et jeudis) galère un peu. Je viens donc l’aider à terminer. Sauf que nous n’avons pas réussi à finir avant l’ouverture du magasin alors même qu’il nous restait une palette et demi. Sauf que, pour le non-food, certains se pointent au magasin dès 8h10, histoire d’être sûr qu’à 8h30 ils puissent se jeter sur une des 50 paires de cisailles qu’on a reçues. J’imagine qu’à 8h40 ils sont déjà en train de tailler leurs haies… ha bah non, en fait ils ont pas de haie. En fait la cisaille va dormir dans un cabanon à jardin au toit qui fuit pendant des mois, même que presque un an après, ils se pointeront au même lidl avec leur cisaille non entretenue et rouillée en exigeant un remboursement parce que la qualité lidl c’est vraiment de la merde. Mais je dérive (pour changer…). Donc nous galérons légèrement. Heureusement, c’est une collègue avec qui je fonctionne assez bien en binôme, donc on arrive quand même à s’organiser pour aller au plus vite. Mais enough is never enough et nous sommes harcelées par les clients « vous avez pas reçus ça ? y a rien dans la case… ». Si un jour en jeu de rôle vous vous retrouvez avec un perso catégorie « client lidl » sachez que vous avez des stats de merde niveau perception de votre environnement. Au bout de la quatrième fois qu’ils te font le coup, t’as juste envie de dire « mec, y a des box vides avec l’affiche du produit que tu veux, des cartons partout, dont plein non ouverts, et deux filles qui courent dans tous les sens, soit pour disposer les dits cartons, soit pour les ouvrir… que peux-tu déduire de ces informations subtiles ?? » Je ne sais pas mais moi quand je fais mes courses, que je suis dans un rayon ou des gens sont en train justement de mettre en rayon, si mon produit n’est pas là, j’en déduis que soit c’est en rupture totale, soit juste pas encore là… Et si seulement ça s’arrêtait à cette question con ! « Bah vous pouvez pas me le sortir maintenant ? jsuis pressé ! » Mais bien sûr ! Je vais me niquer le dos à dégager les cartons tout au-dessus de celui où il y a le produit que tu veux pour tes beaux yeux… Aller, passons que tu demandes par curiosité parce qu’on sait jamais (et c’est vrai que quand on peut, on fait, ne serait-ce que parce que ça les fait décoller de notre palette), mais t’en as qu’insistent ! « non mais vraiment, j’ai pas que ça à foutre moi ! » Parce que moi je suis en train de me toucher la nouille là… et on continue, parce que c’était vraiment une matinée merveilleuse. Ce jour-là, on avait aussi reçu… genouillères, coudières, poignetières (si si), pansements anti-ampoule, sparadraps, compresses… et fallait que je m’amuse à foutre tout ça dans le même bac alors même que c’était pour certains des tout petits cartons pas de la même taille les uns que les autres… bonheur (non, je n’ai pas fini par tout jeter comme une grosse bourrine argant que les clients mettraient tout en bordel en même pas une heure)(bon d’accord si jlai fait, mais j’ai d’abord bien mis les cinq premiers, mais le sixième était de trop…). Les espèces d’atèles de genou et compagnie étaient déjà en rayon, je mettais le reste (les trucs bien chiants). Un couple de petits vieux vient pour une atèle de genou. Elle me demande à quoi équivalent L XL et compagnie en taille… truc que je ne sais jamais déjà quand moi je me choisis des fringues. Je ne peux donc guère l’aider à part en lui indiquant ce qui est plus petit que l’autre. Elle relève un peu sa jupe et me montre son genou « à votre avis il me faut quelle taille ? ». …. Aller, encore une fois on va dire pourquoi pas… elle aurait pu tomber sur quelqu’un avec « l’oeil » qu’il faut pour les tailles et qui aurait pu la conseiller. Pas de chance, c’était moi, la borgne de service sans vision D ni perspective et absolument aucun intérêt pour la cause vestimentaire. Je réponds gentiment que je ne peux malheureusement pas l’aider, qu’à la limite, j’allais pour proposer une solution bis quand monsieur a balancé avec un sourire goguenard « non mais laisse elle sait pas, elle a commencé hier, ou alors c’est pas son rayon 😀 ». Mais oui, vas-y, déshumanise moi je vais mieux pouvoir t’aider oui ! C’est bien connu, quand on manque de respect aux gens soudainement ils ont des idées qui fusent. J’ai balancé un « non ELLE sait pas et ELLE a encore du boulot » avant de planter les gens et mon sixième carton pour aller mettre les fameuses cisailles en rayon.

Si vous voulez être un connard, la déshumanisation ça marche super bien comme vous pouvez le voir ! Parler à l’autre à la troisième personne marche bien. Une variante c’est de vous foutre ostensiblement de la gueule de cette personne quand elle ne peut clairement rien faire, ou qu’elle n’a pas le droit de répondre. Ça marche bien aussi. Un jour comme ça, alors que j’étais sur le frais (décidément), je galérais foutrement avec mes cartons (paye ta narration redondante…). Étagère du bas, j’ai le corps à moitié dans le frigo, j’essaie de trouver une façon de positionner ma tête et mes épaules pour que mes bras puissent dégager les cartons du fond. L’opération est un peu délicate, et chiante, et prend un peu de temps. Environ deux-trois minutes. Certains clients voulaient des produits sur les étagères du haut. Un client respectueux de ma personne aurait gentiment attendu deux minutes que je finisse de galérer pour accéder à son produit. C’est d’ailleurs ce que voulait faire madame quand elle a vu monsieur s’engager « mais attends qu’elle ait fini ! _Barf ! Elle a l’habitude qu’on l’emmerde c’est bon » … Dis moi connard de merde, tu veux pas t’essuyer les pieds sur mon dos non plus tant que tu y es ? Parce que le temps qu’il se décide (parce qu’en plus il hésitait entre le sandwich de gauche et le sandwich de droite bien sûr), moi j’étais coincée dans l’étagère du bas, le dos tordu, les bras en train de forcer pour maintenir mon équilibre et la prise sur le carton que j’allais pour remettre en place mais que je ne peux plus remettre en place parce que je ne peux tout simplement plus bouger. Mais c’est normal parce que « j’ai l’habitude » ??? Connard, va bien te faire éviscérer en enfer, mais t’inquiète ça sera pas grave, ils ont l’habitude d’éviscérer les gens en enfer. Putain, si les quinze personnes avant toi elles grillent le feu rouge, tu le grilles aussi parce que tout le monde en a rien à battre de mettre les autres en danger ? Les gens sont cons putain les gens sont cons…

Quand tu te rappelles qu’on t’a fait signer un avenant à ton contrat attestant que tu respecteras le SBAM, et que d’ailleurs les portes menant au magasin sont ornées de miroirs indiquant « souriez vous entrez en scène »…. « allez, sois mignon, c’est dans notre contrat ! »

Certains se croient tellement tout permis qu’ils n’hésitent même plus à rentrer dans les espaces pourtant clairement identifiables comme privés. Cela fait déjà deux trois fois qu’on doit faire sortir des clients de la réserve. Non contents de rentrer dans la boulangerie, certains vont jusqu’à te chercher dans la réserve parce qu’ils veulent « du pain pour leur chien ». Et pour vous dire à quel point ça ne leur pose aucun soucis, quand on leur demande de sortir de là, leur première réaction n’est pas de s’excuser; tel un gosse qui se rappellerait soudainement qu’il n’a pas le droit d’entrer dans le bureau, leur première réaction, c’est de rappeler leur demande. Ils sont tellement sûrs de leur bon droit qu’ils sont choqués du fait qu’on commence par leur dire de sortir. Ils insistent et insistent et si limite s’il faut pas qu’on les vire à coup de balais, ce qui bien sûr nous vaut de nous entendre qu’on n’est pas aimables.

Et on peut continuer hein… L’autre jour, grosse grosse journée… un truc de fou. Des files d’attente qui s’étiraient jusqu’à la moitié du magasin… J’étais persuadée d’embaucher à 13h. Je dis bonjour à un collègue que je croise et qui limite me traite comme le messie « ooooh ! la relève ! », je lui demande donc de m’expliquer la matinée… j’ai aucun mal à le croire dans la mesure où à 13h ils sont encore à six caisses et les files sont longues. En regardant sur le tableau des tâches, je réalise que je devais commencer à 13h30. Je ressors pour demander à mon collègue où est la responsable, histoire de savoir si elle veut que je prenne en avance « non mais demande pas ! s’il te plaît pointe ! ». Devant le bordel, je ne me fais pas prier… Du coup, en début d’aprem, je me suis retrouvée à faire plein de petites tâches diverses histoire de remonter le magasin (en gros le remettre en ordre). Je me fais bien sûr à chaque fois alpaguer par des clients qui me reprochent le chaos de la matinée, ou bien me reprochent de ne pas savoir ce qui s’était passé le matin… ce qui bien sûr me met d’excellente humeur. Dans mes missions, on me demande de passer l’auto-laveuse dans tout le magasin. L’auto-laveuse, cet espèce de gros veau super chiant à manipuler au milieu des clients. Un vrai bonheur. Je ne vais pas vite. Mais comme toute l’équipe est déjà hyper stressée de sa matinée (et te rebalance donc son stress dans la tronche), que les clients n’en ont rien à foutre de ta gueule, ce qui devait arriver a fini par arriver. En voulant tourner, j’ai tapé le pied d’un client qui me coupait devant. Je roulais à deux à l’heure, donc je ne pense pas lui avoir fait très mal, mais quand même. J’arrête tout, m’excuse (trois fois), lui demande si ça va et s’il y a besoin de nettoyer ou désinfecter. Si je peux comprendre que cela soit agaçant ainsi que le fait d’être en tort, je ne suis pas sûre de pouvoir cautionner la réponse suivante « non mais putain vous êtes vraiment trop con ! c’est de l’incompétence ! même pas foutue de faire un truc simple ! pis toute façon vous avez pas à faire ça à cette heure-là ! ». J’ai redémarré l’auto-laveuse et je me suis barrée sans un mot de plus. J’espère qu’il y avait une plaie et qu’elle va s’infecter. Na.T’auras une bonne raison de te plaindre si ta jambe est gangrenée !

Tiens d’ailleurs, avant l’auto-laveuse, ce jour-là, on m’a demandé de faire la mise à plat dans le frais (ce rayon me suit jusque dans mes rêves, faut que j’en fasse une nouvelle d’ailleurs…). La mise à plat, c’est quand on enlève tous les cartons vides, qu’on reconditionne ceux qui restent et qu’on range la merde laissée par les clients (parce que pour faire trois pas pour remettre ton article à sa place quand tu peux l’abandonner là ?) Alors que j’arrive enfin au bout et qu’il me reste à finir le rayon des yaourts, un homme ventripotent se sépare de son groupe d’amis parce qu’il veut des yaourts nature. Je suis un peu speed parce que j’ai bien compris qu’il fallait tout faire très vite alors que le rayon est dans un état désastreux. Du coup, je suis un peu hyper concentrée sur ce que font mes bras et mes mains et j’oublient un peu le reste du monde. Si bien que je n’entends pas tout de suite les « hey ! hé ho ! » sur ma gauche. Quand je les entends, je me dis d’abord qu’il appelle ces potes parce que quand même, on en est quand même pas à m’appeler comme si j’étais un chien. Bah si. Du coup ça m’a énervée, alors j’ai mis un point d’honneur à ne pas sortir la tête de mon frigo alors même que les « hého ho ! » continuaient. Quand je suis enfin sortie pour passer au suivant, le mec me balance limite son paquet de yaourt dans la gueule « hé ! Les yaourts là, ils sont sucrés ou pas ? » Je suis prodigieusement agacée de la situation. Ça fait deux minutes que le mec me hèle comme un chien pour une information qu’il pourrait avoir par lui-même ? « Je ne sais pas. Si c’est le cas ce doit être écrit dessus. _Je sais pas lire. » Trop bonne trop conne, je me sens stupide. Sur le moment, prise dans le stress de l’après-midi infernal qui s’annonce, je ne me dis pas « s’il savait vraiment pas lire, il le balancerait pas comme ça, rappelle toi quand c’est vraiment arrivé quelqu’un qui nous a demandé quelque chose de con parce qu’il savait pas lire ». Et puis j’ai pour principe de toujours commencer par croire les gens. Donc je dis que non ils ne le sont pas. Comme je le vois reposer son paquet du coin de l’oeil, je me dis qu’il en cherche peut-être des sucrés, et comme je me sens toujours cons de l’avoir envoyer chier s’il savait vraiment pas lire, je prends deux secondes pour lui indiquer où en trouver des sucrés « oui oui j’ai vu ». Pauvre connard de merde. Le mec en question avait décrété que je ferais le taf à sa place, alors voilà. Le mec n’avait aucun problème à perdre trois minutes de sa vie pour m’humilier pour son plaisir. Trop cool. Sans parler des gens qui ne peuvent vraiment pas lire…

Quand au final, j’ai bien envie de dire aux clients d’aller se faire enculer à sec, mais comme j’ai pas le droit je trouve le moyen de les planter dans leurs conneries. « Non je ne remets pas en cause ton autorité, tu n’en as aucune ! »

Et puisqu’on en est à parler des gens qui te hèlent comme un chiant… Une autre journée de fou (on les a un peu beaucoup collectionnées… d’où, paradoxalement, le manque d’article, comme vous pouvez le voir, j’étais plutôt d’humeur à arroser les gens de napalm que de mon humour noir dévastateur)… Je pointe à 10h, après avoir regardé sur le tableau des tâches, je vois que je suis en caisse. Je sors de la réserve pour trouver la responsable du coffre et récupérer mon caisson. Je n’ai pas fait deux pas hors de la réserve « hep hep hep ! ». Super. Je m’en vais donc voir les gens, qui bien sûr ne daignent pas me dire bonjour, « y a pas les prix ! c’est quoi les prix des abricots ? _Je ne sais pas, je vais aller demander en caisse et je vous dis ça. _Tant que vous y êtes on veut le prix des melons et des pêches ! Y aucune affiche dans votre rayon ! » Regard sur ma montre, il est 10h02… la journée sera longue. Je m’en vais en caisse, salue mes collègues, leur demande les tests prix nécessaires, écrit le tout sur mon bras parce que je sais que j’ai le temps d’être arrêté quatre fois avant de retrouver les clients en question, ce qui laissera le temps aux chiffres de complètement se mélanger dans ma tête. « Quand même. Et sinon l’autre jour on a acheté un filet de pêche, le lendemain elles étaient quasiment toutes pourries ! Vous faîtes quoi dans ce cas ? » Bah je remonte le temps, puis je bloque tes pêches dans un autre espace-temps pour qu’elles pourrissent moins vite. J’avais surtout envie de lui dire qu’elle avait qu’à mieux choisir. Comme jusque là je n’avais eu ni bonjour, ni s’il vous plaît, ni excusez-moi, ni merci… je l’ai plantée là. « Je suis désolée, des tris sont faits régulièrement pour éviter ce type de désagrément. Malheureusement moi je ne peux rien faire de plus. Bonne journée. » Tu veux me prendre pour une conne ? Pas de soucis, je suis pas contrariante, je serai conne, et je ne ferai aucun effort. Merde à la fin. Regard sur ma montre, 10h07. Oh putain…

Pardon lecteur ? Tu es trop jeune pour être un vieux con ? Oh mais ne t’inquiète pas ! J’ai aussi la recette pour être un jeune connard, pas de problème. L’autre jour, j’étais en caisse. Ma collègue me prévient par micro qu’un groupe de petits jeunes va se pointer avec de l’alcool, qu’elle n’a pas tout compris de leur conversation mais qu’elle trouvait ça étrange… une histoire de photo, qu’on n’allait pas poser de question… bref, elle m’enjoint à vérifier les pièces d’identité. Je repère le groupe, et en effet, ce beau monde paraît bien jeune. Genre tellement imberbe que même moi à 13 ans j’avais plus de poils que les mecs à ma caisse. Et effectivement, l’attitude un peu fuyante de qui sait qu’il est pas trop dans son bon droit. Au dernier moment, ils changent pour aller à la caisse de mon collègue derrière, Super Flèche, aka énorme boulet égoïste et non fiable de l’équipe. Ne l’entendant même pas demander de pièce d’identité (sans doute trop pressé d’aller en pause j’imagine…), je me retourne un peu colère et demande à ce qu’on nous présente une pièce. « non mais c’est bon ils sont majeurs _dans ce cas-là il n’y aura pas de soucis à nous montrer la pièce d’identité ». Et nos amis les jeunes ont fait la connerie à ne pas faire : ils se sont énervés. D’expérience, même quand tu te plantes de trois ans, les gens majeurs ne se mettent pas à te traiter de connasse quand tu leur demandes leur papier. S’ils ne l’ont pas ils soupirent, râlent un peu, mais vont la chercher et reviennent. Fin de l’histoire. « Non mais on est majeurs putain ! _Dans ce cas-là montrez-moi une pièce d’identité et nous n’aurons aucun soucis à vous vendre la bouteille. » Là-dessus, la nana me sort son smartphone et me montre la photo du papier temporaire qu’on reçoit après avoir passé le permis, le temps que la préfecture t’envoie le vrai. « Je suis désolé mais ceci n’est pas une pièce d’identité. _Bah si ! Y a mon nom ! Ça dit que j’ai le permis ! _Ce n’est pas suffisant. Ce papier n’est pas une pièce d’identité, il ne comporte ni photo ni date de naissance ni adresse. Qui plus est, une photo ne pourra jamais être considérée comme un papier d’identité. _Bah c’est tout ce que j’ai alors vous vous démerdez vous faîtes avec. _Non. Ce n’est pas une pièce d’identité. En ce qui me concerne c’est non, fin de l’histoire. _Non mais c’est bon elle est majeure putain ! Y a son nom dessus ! _En l’occurrence, rien ne me prouve qu’il s’agisse bien de son nom, de son papier. _Putain vous êtes con ! Hé tu t’appelles bien Ludivine… Ludivine… comment tu t’appelles déjà ? » Ha en voilà un mytho bien préparé ! Je commence à avoir sérieusement envie de leur dire que c’est pas en me gueulant dessus qu’il va leur pousser un poil de slip… Je campe donc sur mes positions, sort de ma caisse et commence les manipulations pour annuler le ticket sur la caisse de mon collègue, histoire de faire comprendre que c’est moi qui commande et que la discussion qui n’avait d’ailleurs jamais commencé est close. « Ouai bah on va aller la chercher la pièce d’identité ! Et ça vous fermera bien la bouche ! _Mais oui, y a pas de soucis Choupinou. Vous nous ramenez une pièce d’identité et je vous vends autant d’alcool que vous voulez. » J’imagine que si la porte coulissante pouvait se claquer ils l’auraient claqué avant de mettre du Maître Gims à fond histoire de faire savoir qu’ils étaient pas contents. Plus tard, je pars prendre ma pause. Au casque, ma collègue, la même que tout à l’heure, m’informe que les ados sont revenus, mais pas avec une pièce d’identité, avec un adulte. Preuve est donc faîte pour toute l’équipe. Quand je reviens, j’en reparle à Super Flèche en lui disant de faire plus attention la prochaine fois… « non mais c’était son père, et il m’a bien dit qu’elle était majeure » Je baisse les bras… y a un moment, qu’est-ce que tu veux dire ? Elle était tellement majeure qu’en rentrant chez elle, elle avait le choix entre sa carte et son père, elle choisit de ramener son père ? Et moi je suis la Grande Impératrice de toute la Chine.

Quand au bout d’un moment, il faut appeler un chat un chat : les clients sont cons et puis c’est tout. « Je pense que je vais renvoyer ce livre à Amazon « Tours d’évasion faciles pour Magicien Amateur » »

Il va être temps d’arriver au bout de cet article avec la fameuse Théorie du Chorizo, baptisée ainsi grâce à mon frère… Une des choses qui m’agacent est de passer mon temps à dire aux clients où sont les choses. Pourquoi ça m’agace ? Parce que si certains semblent vraiment paumés, si d’autres tournent depuis quinze minutes sans voir le truc sous leur nom, ou encore si Monsieur Lidl a décidé que les filtres à café seraient mieux avec l’aluminium et les sacs poubelle qu’avec le café (Monsieur Lidl doit boire du thé) ou bien les cacahuète d’un côté du magasin et les chips de l’autre, l’alcool et le vin d’à côté, la bière de l’autre… certains ne s’emmerdent tout simplement. Quand ils te voient, tu représentent un genre de Lidl Drive à toi tout seul, au point que des fois j’ai juste envie de tendre la main « une pièce pour le guide ». Comment on le sait ? Parce que trop souvent, il te suffit juste de tendre le bras parce que c’est à côté, ou qu’ils viennent purement et simplement de passer devant. Mais je t’entends petit lecteur ! « des exemples ! des exemples ! des exemples ! ». Tu vois comment tu es, en fait tu demandes que ça qu’on te livre l’humanité en pâture… Aller va, si t’as du napalm j’ai des allumettes.

Quand je dois indiquer un produit à un client alors que celui-ci n’est pas à côté, je préfère souvent utiliser un repère plutôt que dire « deuxième allée », je trouve que c’est plus pratique, plus direct. Mais comme d’hab, des fois jme trompe. Une fois donc, une petite vieille vient me demander où est l’huile. Je repère dans ma tête, regarde où on en est « Vous voyez les oeufs là ? _Oui. _Et bien ça sera dans ce rayon-là, juste en face madame ». Elle s’en va donc. Cinq minutes après elle revient me voir « vous vous êtes trompée. Ou Alors ça a dû être changé de place, en face c’est le lait » Ha ouai. J’aurais dû préciser qu’il fallait faire deux pas sur la gauche pour avoir l’huile. Honte à moi.

Une autre fois, alors que je faisais la mise à plat dans le frais (parce que ça faisait longtemps), j’entends une nana dire à sa gamine « non mais je vais pas m’emmerder à chercher quand même » avant de venir me demander où était le truc devant lequel elle venait de passer sans le voir puisqu’elle avait décidé que j’allais le trouver pour elle.

Un autre jour, je mettais le frais en rayon (incroyable non ? ), pareil, la gueule coincée dans l’étagère du bas, à me contorsionner entre deux portes et dix cartons de carottes râpées ou de piémontaise. « Excusez-moi » Oh chouette, une madame polie ! Je m’extraie de mon frigo, j’avais à peine retrouvé un équilibre stable sur mes genoux (parce que je suis accroupie hein, rappelez-vous) qu’elle me colle littéralement un prospectus dans la gueule pour me demander où étaient les tables à repasser, que du coup je ne pouvais pas voir, parce que je vois très mal quand les choses sont à 2 mm de mon visage. D’une, j’ai failli me vautrer, de deux, paye ton invasion d’espace privé… Surtout que si elle avait pris deux secondes pour le lire son putain de prospectus, elle aurait vu qu’il y avait la date à laquelle on les avait. En plus, c’était un mercredi. Alors sans réfléchir j’ai annoncé que c’était pas aujourd’hui, parce qu’on ne reçoit ce genre d’articles que les lundi et jeudi…

Et ce même jour, genre dix minutes après… alors que j’écrase un peu mes cartons avant de partir en pause (parce que j’ai un peu rappelé que j’étais là depuis 5h et que pour une fois j’aimerais bien ne pas me faire avoir en ayant ma pause à 11h…), un vieux me fonce dessus « c’est où le chorizo ? _Vous venez de passer devant… _hahaha » lol.i.lol. Comment on en arrive  la Théorie du Chorizo ? Je suis du genre à beaucoup prendre sur moi. Paradoxalement, je râle beaucoup sur mes machines, mais je perds assez rarement mon sang froid face aux clients, au point que mes collègues savent que je commence effectivement à le perdre, il devient urgent de me faire aller en pause sous peine de voir de la cervelle de fada sur les murs… Du coup, quand je rentre du taf, ou quand je suis avec des collègues à la pause, faut bien que j’évacue. Alors je raconte toutes les merdes, les petits et les grosses, les agressions, les petites et les grosses, jusqu’à ce que mon cerveau puisse à nouveau fonctionner correctement. Donc mes parents et mon frère ont l’habitude de me laisser un temps où je vide juste mon sac en insultant la terre entière et sa mère (carrément, j’ai peur de rien moi). Un jour une de ces conversations s’est fini ainsi :

Mon père : Vivement que t’ais fini de bosser là-bas… y a ta vision de l’humanité, qu’était déjà pas bien haute, qui est en train de sérieusement se dégrader.
Mon frère : Mais non, elle se dégrade pas. C’est tout pareil. C’est juste que maintenant elle a des mots. Tu vois les fois où elle s’énerve parce que la société fait n’importe quoi et que c’est pas juste ? Bah maintenant elle sait. Parce que si les gens ils ont la flemme de chercher le chorizo alors qu’ils passent devant, comment tu veux qu’ils travaillent à la paix dans le monde ?
moi : Putain t’es un génie OO

Bon d’accord, c’est un peu gros. Mais il y a des moments comme ça, où tu réfléchis quand même beaucoup au potentiel des gens… Quand tu les vois te faire un sourire gentil parce que tu viens de te faire lourdement draguer (je vous raconterai une autre fois), ou qu’un vieux à cramer ses fusibles en hurlant, quand ils ramassent un carton abandonné au milieu du rayon, quand ils laissent passer la femme enceinte ou le papy et sa jambe en plastoque sans qu’on leur demande de respecter la priorité, quand ils filent les 10 centimes qui manquent au client précédent, qu’ils te laissent boire un coup d’eau, qu’ils te demandent comment ils peuvent te rendre la tâche plus facile, etc etc c’est con, mais ce sont des actions d’empathie gratuites… Alors qu’à l’inverse, quand ils décrètent que c’est ok de te marcher dessus parce que tout le monde le fait, normal de même pas te dire bonjour, en ont rien à foutre de pourrir la vie, t’humilient pour leur plaisir, te rabaissent au stade de machine, t’accusent de tous les mots de la terre…  bah perso je me dis que j’aimerais pas que ma vie dépende de leur forfait téléphonique. Et voilà donc la Théorie du Chorizo : certaines personnes considéreront que c’est toi à de trouver le chorizo pour elle, de le couper et compagnie, et d’autres t’en proposeront une tranche.

C’est donc sur cette pseudo philosophie de comptoir que je vais vous laisser ! L’article est long, mais encore une fois, j’en ai laissé plein de côté… Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter.

La chanson de la semaine c’est le retour de Dir en Grey que je découvre avec un peu de retard… mais qui fait vraiment plaisir !

Et une découverte musicale grâce à L’Oiseau Lyre

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