Posts in Category: Le rêve étudiant

#7 Désexistons… Get hard

Le voici le voilà… Vous n’y croyiez plus, et moi non plus. Je me suis même demandé s’il ne fallait pas tout simplement laisser tomber cette chronique… qui à l’heure actuelle est toujours en sursis dans ma tête. Mais bref, passons. Pour le moment, j’ai décidé de moins me prendre la tête niveau choix de film. Je voulais faire en sorte de ne pas tirer sur l’ambulance, mais après tout, je ne suis pas responsable des scénarios majoritairement diffusés. Donc, je compte simplement écrire sur les films qui m’ont plu ou sur lesquels je trouve qu’il y a matière à dire (en espérant ne pas trop se répéter). Avec un peu de chance, avec cette « pression » en moins, j’arriverai à revenir à un rythme de publication mensuel !

Alors allons-y pour une comédie qui ne fait pas mal aux neurones pour l’été : Get hard.

D’ailleurs, je m’attendais à un navet complet, mais en fait j’ai passé un bon moment. Comme quoi…

Pitch : James King, milliardaire grâce à une gestion de fond de pension, est un jour accusé de détournements de fonds. Jugé coupable, on lui laisse 30 jours pour mettre ses affaires en ordre avant d’être incarcéré au pénitencier de St Quentin pour 10 ans. Pris de panique, et ne sachant comment gérer tout ça, il demande à Darnell Lewis, propriétaire de la petite entreprise dans laquelle il fait laver sa voiture, de le préparer à la vie en prison. En effet, comme Darnell est noir, James, fin connaisseur en statistiques, en déduit qu’il a 2 chances sur 3 d’avoir été en prison dans sa vie. Le truc, c’est que Darnell n’est jamais allé en prison. Seulement, tout le monde lui refuse le prêt dont il a besoin pour sauver son entreprise, si bien que l’argent que lui offre James tombe à point.
Voilà pour la base. Je vais essayer de mettre des spoiler alert quand c’est nécessaire, mais bon, on est quand même loin de la palme du scénario original alors je m’excuse si vous ne trouvez pas les ficelles aussi grosses que moi…

À l’heure qu’il est, vous êtes déjà tous en train de vous préparer aux multiples jeux de mots, tous d’une délicatesse exquise, qu’un tel titre promet, et je ne vous cache pas que mes doigts ont frémi d’angoisse au moment de taper ça dans google image… qui pour une fois a eu pitié de mon âme et a bien voulu comprendre ce que je voulais. Un véritable miracle technologique. (Avec de telles auspices, il aurait été regrettable que cette chronique ne voit pas le jour !) Pour les anglophobes : en français, on traduirait directement par « s’endurcir », mais mot à mot, get hard se traduirait par « devenir dur ». À partir de là, j’imagine qu’il n’y a pas besoin de vous faire un dessin. Quand j’ai choisi le film, je me disais que j’allais pouvoir faire tous les jeux de mots à consonances phalliques du siècle, mais comme ils les ont déjà quasiment tous fait pendant le film, ça a perdu toute saveur. Ou presque. Le but du jeu sera donc de trouver de nouvelles, ce afin d’arriver à 10 Points Phallus (que nous appellerons PP) avant la fin de l’article ce qui nous permettra de gagner un pendentif phallus ou des boucles d’oreille testicule (couleurs et formats non garantis)

Mais je bavasse je bavasse et cette chronique ne démarre toujours pas… Alors si vous le voulez bien, attaquons nous directement aux personnages féminins… ce qui sera vite fait je le crains. En même temps c’est logique, parce que les femmes sont souvent en minorité dans les films où les hommes deviennent durs. (Point Phallus : 1, on se chauffe)

Parce qu'au cinéma, les hommes font l'amour tout habillé, tout le monde sait que c'est le plus confortable.

Bonjour, je suis le cerveau machiavélique du film. Ou le quota Boobs. Va savoir.

C’est vrai que si vous n’avez pas vu le film, entre la tenue de la madame et le titre… On peut se demander où on est rendu. Pour vous dire la complexité et la profondeur de ce personnage qui n’est autre que la fiancée de James, et non une prostituée ou une actrice de X comme pourrait le sous-entendre son costume et celui de son partenaire, son nom ne figure pas sur la fiche du film d’Allociné où elle est seulement créditée comme étant « la fiancée de James ». Ce qui m’embête bien, parce que j’ai vu ce film il y a déjà deux semaines et que je ne m’en souviens pas (non pas de Point Phallus, je ne me rappelais pas non plus de celui de James ni celui de Darnell…). Heureusement pour nous, imdb nous apprend qu’elle s’appelle Alissa. Et que vous dire d’Alissa (à part vous dire que l’actrice joue aussi dans Community ou Mad Men et qu’on saluera la diversité des rôles qui est putain d’impressionnante…) ? Et biiiiiiiien… pas grand chose. Non mais vraiment. Le cinéma n’a rien inventé depuis le théâtre, qui n’avait lui-même rien inventé depuis le conte / les histoires orales : les cinq premières minutes servent de « scène d’exposition » et finalement, si vous êtes fin observateurs, vous avez déjà la fin de l’histoire d’inscrite. Ainsi, le film s’ouvre sur les réveils de James et Darnell. Pour James, la caméra visite tranquillement son immense villa dans laquelle ses employés (jardiniers, cuisinières, ménagères, laveurs de carreaux) s’affairent, jusqu’à arriver au lit de James. Je vous passe le réveil de James, on y reviendra plus tard (non mais déjà qu’on n’a pas grand chose à dire sur Alissa, si en plus on lui bouffe son paragraphe c’est carrément pas juste). Alissa se réveille, cheveux parfaitement étalés sur l’oreiller, elle dort à gauche du lit, le côté droit étant exposé à la fenêtre, elle lui tourne le dos. Sa main gauche est parfaitement posée juste à côté de son oreiller, en plein dans sa ligne de mire. Et comme je vous l’ai dit, elle ne se réveille pas avec ses cheveux en gros paquets emmêlés désordonnés à moitié dans sa gueule à moitié dans celle de son partenaire (si tant est que ça ne soit que des cheveux, après tout en anglais, poils – cheveux c’est le même mot.)(PP : 2). Comme vous êtes des gens très intelligents, vous avez d’ors et déjà récupéré tous les indices et je n’ai nul besoin de vous dire que sur cette main gauche, plus précisément sur l’index de cette main gauche, se trouve une bague ornée d’un diamant gros comme un globe oculaire. Mais comme j’aime bien faire ma maligne, je vous le dis quand même. Alissa se réveille donc (au passage je suis vraiment contente d’avoir retrouvé son nom parce que j’adore ce nom)(oui, je brode, y a vraiment rien vous dis-je)(mais bon normal c’est jamais qu’une femme au cinéma)(PP : 3, cynisme : +10) avec les yeux rivés sur sa bague. Oui parce que est-il utile de le préciser, elle ne passe pas par le stade : putain mes yeux collent, c’est quoi ce bruit, quel jour on est, pourquoi j’ai les fesses à l’air, et putain ce con m’a encore poussé du 150ème étage sous prétexte que j’avais des ailes cette nuit jvais l’engueuler. (je brode tellement qu’on pourrait m’appeler Pénélope)(mais j’aime pas trop ce nom alors on va pas le faire) Et ainsi, nous en sommes à peine à la troisième minute du film que tout est dit sur Alissa : Gold Digger en puissance, fin de l’histoire. Ce qui se confirmera par la suite quand elle voudra faire l’amour avec James sur les plans de la nouvelle maison, qui tient plus du château que de la chambre étudiante. Et comme vous vous dites devant vos écrans « nooon mais quand même elle abuse. Elle a glissé du cynisme à la mauvaise foi. Putain, on a entendu trois mois pour ça les boules ! », je tiens à vous rassurer : oui oui, j’ai omis quelques détails. Alissa est la fille du patron de James. Alissa le largue quand il est condamné à 10 ans de prison. Osez me dire que cette ficelle n’était pas suffisamment grosse pour vous pendre tous ensemble avec ! Mécréants.

Avez-vous déjà vu… un courtier gentil victime du système ? On dirait presque un Disney…

Aller. Maintenant on va parler de James. Revenons donc à ce réveil. James se réveille au taquet et à poil. Il s’en va alors admirer son domaine par la porte vitrée devant laquelle le jardinier arrache les mauvaises herbes. Haaa, ce moment magique où la censure hollywoodienne devient franchement un gag (non, vous ne gagnez pas de Point Phallus, namé, c’est trop facile là sinon !). James s’en va donc suivre sa petite routine quotidienne : cours de capoeira avec coach perso qui applaudit quand bien même c’est aussi réussi que ce que je fais (et je viens de m’éclater dans trois portes différentes en l’espace d’une seconde et demi, c’est vous dire l’incroyable coordination dont mon corps sait faire preuve), avant de renverser la carafe d’eau entière alors que tout son staff travaille dans un micro-climat caniculaire semble-t-il. Puis, James va quand même au travail, il traverse un hall de gare où on range les traders, qui s’écartent tous sur son passage, façon mer rouge ou haie d’honneur, ou les deux. En effet, la mer de traders a l’air de ne pas trop savoir si elle doit vénérer ce type ou s’en méfier comme la peste. Du coup, tout le monde le laisse passer, des fois qu’il mordrait. La mer se reforme aussitôt l’homme passé et les murmures sont nombreux. Et donc, que nous apprend ce plan sur le personnage de James ? (j’adore vous poser cette question sur un plan que je vous ai plus que sommairement décrit, ça me rappelle mes cours d’analyse de film de L1 où on avait juste une petite télé cathodique dans une salle contenant 50 étudiants et que le lecteur cassette / DVD marchait pas toujours mais qu’il fallait quand même faire examen blanc. Du bonheur.) James King, c’est le riche qu’on aime détester, mais pas trop, parce que c’est quand même le personnage principal alors si on pouvait si attacher un peu quand même ça serait bien parce que sinon on est dans la merde pour les 90 minutes de film restantes. Déconnecté des réalités du reste du monde, James n’est pas sciemment méchant, c’est juste qu’il ne se rend pas compte de son statut de privilégié. Il considère que tout cela est normal et que n’importe qui aurait pu y arriver. Quand on veut on peut. C’est le pays de l’American Dream et des Self Made Men oui ou merde ? (non self made man ne se traduit pas par masturbation)(enfin un peu quand même vu la jouissance qu’ils tirent à t’en foutre partout)(COMBO PP : 5) C’est donc là qu’on veut en venir : le gentil bosseur qui s’est fait eu par des méchants traders avides de profit. Damned. Ça non plus on l’avait pas vu venir tiens (ce qui est quand même grave parce que c’est le pitch de base, donc bon, va peut-être falloir qu’on commence à s’inquiéter).

Mais il n’était pas suffisant d’en faire un gentil garçon. Nope. Si on pouvait aussi l’efféminer sur les bords, qui sont larges, ça serait bien. Notre James est ainsi fan de chanteur à l’eau de rose, pousse de petits geignements quand il se cogne ou qu’on lui fait peur, pleure continuellement pendant les premiers jours qui suivent le rendu de la condamnation, suit un régime, et est aussi précieux que la pétasse moyenne de 3ème (haaaaaaan nan mais y a mon oreiller qui m’a laissé une marque quoi ! nan mais allo quoi !)(ouai j’ai un problème avec les marques d’oreiller en ce moment)(c’est parce que j’aimerais mieux en avoir, plutôt que des traces de morsures)(vous venez on va vivre dans une comédie hollywoodienne ?)(ou dans un shonen japonais…). À tel point que s’en est fatigant.Vraiment fatigant. T’as envie de lui foutre des tartes. Le genre de tartes qui nécessite de récupérer la masse dans le local à outils. HA BAH C’EST SÛR QUE VA FALLOIR GET HARD PARCE QUE ÇA BANDE MOU ! (non, pas de PP, c’est dans le film)(enfin je crois qu’elle y est sous une forme ou une autre)(le SBAM me défonce la mémoire à coup de parpaing)(ou de migraines ophtalmiques, ce qui ne fait aucune différence dans le fond) En plus du gentil garçon, on y ajoute donc un bon grand coup de « femellette ». Le côté précieux y fait beaucoup, mais il faut dire que le choix des tenus rajoute encore une couche. La plupart du temps en effet, notre cher James porte des tenues claires : blanc, gris clair, bleu ciel. À part pour le début du film où son costume est bleu marine (ou noir je sais pas quoi, j’avais autre chose à faire que d’apprendre le nuancier de Mr Boulanger…), tout le reste est clair : le peignoir est blanc, sa tenue d’intérieur blanche, ses fringues d’anniversaires sont blanches, sa tenue de « prisonnier » bleu ciel, e, t, c. De là à dire que le jour du mariage c’est lui qui portera la robe, il n’y a qu’un pas. Mais bon ça empêcherait madame de mettre un décolleté qui va jusqu’aux genoux (oui, je parle bien d’une jupe dos nu)(là je suis en train d’essayer de comprendre pourquoi il me soulignait « décolleté » en rouge, alors qu’après avoir essayé trois écritures différentes, j’ai fini par lui demander son avis, tout ça pour qu’il propose ce que j’avais écrit en premier lieu… Ce correcteur est aussi con qu’une bite, décolleté c’était trop dur à écrire pour lui.)(PP : 6).

Je suis en train de me demander si le symbole phallique de cette photo suffit à obtenir un Point Phallus ou si c’est un peu de la triche quand même.

Et si on parlait un peu de Darnell ? (je peux pas l’appeler D ? Non parce que je sais pas pourquoi, j’arrive pas avec son nom…)(Il y a décidément un gros problème de dénomination dans ce film…) Pareil, un homme fort, avec du muscle jusque dans le cerveau et qui bave de la testostérone quand il mange ses corn flakes le matin. Ooooooou pas. Darnell est petit (pour un homme), se couche devant sa femme (dont on a pas parlé parce qu’elle a presque moins de consistance qu’Alissa, et non on ne parle pas que de décolleté (PP : 7). En résumé : le personnage de la femme qui porte la culotte qui accepte de temps en temps de laisser l’autre avoir raison histoire de sauver son ego même si dans le fond ça ne trompe personne. Un autre classique du répertoire féminin.)(Je pense que quand on te forme à être scénariste, on te demande d’acheter le « petit guide des personnages féminins » qui consiste en fait en un exemplaire de PlayBoy décembre 1958 avec quelques commentaires sur les évolutions apparues dans les années 90, à savoir « la femme libérée mais pas trop » »la nympho mais pas trop » »la businesswomen mais pas trop »)(je ne retrouve plus le début de cette parenthèse, je vais donc supposer que vous non plus et commencer une nouvelle phrase.). Darnell peine à faire survivre son entreprise et tente autant que faire se peut de trouver quelqu’un qui accepterait de lui prêter de l’argent. Lorsque James suppose d’office qu’il a déjà fait de la prison et qu’il faut qu’il le forme, il accepte l’argent et les ennuis commencent. Parce qu’avant de durcir son pote, il va falloir qu’il se durcisse lui-même (pareil, pas de PP, c’est dans le film, sous une forme ou une autre. Mais ne vous inquiétez pas, on y arrivera). Et alors là… AVALANCHE DE CLICHÉS. À croire que Darnell s’est fait l’intégrale de Prison Break, l’intégrale de Orange is the new black, La grande évasion, Les évadés, etc. Ou plus exactement : il a acheté les DVDs, les a réduit en tous petits petits morceaux, les a passés au mixer pour en faire de la poudre, a passé la poudre dans sa machine à café pour siroter le tout avec un nuage de chantilly devant un reportage de TFNRJ6 intitulé « la prison c’est dur et ça fait mal » (PP : 8). Darnell arrive donc bien préparé chez James et convainc alors tout son personnel de transformer la maison en succédané de prison pour entraîner leur employeur. Employés qui sont plus que ravis d’aider, vous vous en doutez. L’altruisme est une qualité qui n’est pas encore complètement perdue messieurs dames ! Darnell est tout heureux de pouvoir jouer les caïds devant un James persuadé d’être face à un tueur. On dirait Gribouille, mon chat de 4 kgs tout mouillé, qui fait le fier devant le chaton d’un mois qu’on a recueilli : y a que le chaton pour pas se rendre compte que l’autre est une andouille qui a peur de son ombre. Je ne sais pas si vous réalisez le taux de « virilité » des personnages pour que j’en arrive à les comparer à des chats (extrêmement mignons qui plus est) mais quand même, les scénaristes ont pas fait semblant !

Darnell crie, Darnell grogne, Darnell invente des « jeux » de plus en plus débiles pour endurcir son pote. Tout ça pour en arriver à la scène mythique…

/!\SPOILER ALERT/!\
Je suis gentille de prévenir quand même. Pas que ça soit spécialement imprévisible, mais il faut leur reconnaître qu’ils ont eu les couilles d’aller jusqu’au bout du truc (pas de PP, c’était trop facile et on ne mange pas de ce pain-là). Devant l’incapacité de James à devenir plus méchant, Darnell finit par le convaincre que s’il veut éviter de se faire enculer par toutes les brutes du pénitencier, il va falloir qu’il apprenne à sucer pour compenser (sauf que je suis toujours pas bien sûre de comprendre en quoi l’art de la fellation va lui épargner les joies de la sodomie sans consentement…. ou alors faut être un Dieu de la Fellation, et en une semaine c’est un peu court… mais bon, les voix de Dieu sont impénétrables.)(PP : 9). Il l’emmène donc dans un bar gay où James va se retrouver à genoux dans les toilettes, devant la queue d’un autre mec en train d’essayer de se convaincre de goûter aux joies de la gorge profonde. Pendant ce temps-là, Darnell se fait draguer et essaye de remballer le mec à grand coup de « je suis là pour aider mon pote à être dur ». On en sort pas. Et Darnell de s’empétrer s’empétrer s’empétrer. Bref, même le reste des protagonistes les jugent gay. Là où c’est terrible, c’est qu’on en arrive quand même à la conclusion que gay = mou du genou, et semble-t-il du reste. Ce qui doit quand même devenir embêtant à partir du moment où t’as deux pénis présents dans l’histoire, pas évident à gérer tout ça… (cette blague était plus que mauvaise, on est d’accord, je fatigue je fatigue, il va être temps de conclure)
/!\SPOILER ALERT OFF/!\

On pourrait aussi parler de racisme ordinaire, de pauvrisme ordinaire, d’homophobie ordinaire. Mais bon, on a déjà passé les 3000 mots…

Alors au final, qu’en est-il ? J’avoue avoir eu très peur au début du film : femme objet / intéressée à la plastique parfaite, un gentil dans un monde de brutes, une couche de racisme ordinaire, une tentation très forte du côté de l’homophobie… Du cou, la pirouette était risquée. Ce qui sauve le film de la bouse intégrale et insultante pour tout le monde tient finalement dans ces défauts. Parce que finalement, les deux personnages principaux sont des hommes loin de posséder les qualités de l’homme viril tel que le cinéma a l’habitude de nous les vendre. Mais plus encore, qu’on se retrouve face à deux hommes qui se retrouvent à devoir se forcer à être ce qu’ils ne sont absolument pas, une situation que nombre de choupinous doivent connaître dans la vraie vie. Leur rencontre avec le gang qui pourrait éventuellement prendre James sous son aile en prison est assez représentative de ça : on est vraiment dans le cadre du choc des cultures. Et finalement, c’est ce mouvement-là qui empêche le film d’être bon pour la benne sans autre possibilité de rédemption : il offre une autre voie. Ce qui est suffisamment rare pour une comédie grand public de ce type pour être noté…Surtout du côté des hommes ! Ni Darnell ni James n’abandonnent ce qu’ils sont au début du film, ils prouvent qu’ils peuvent apprendre certaines compétences hors de leurs champs mais que finalement, ils se sentent mieux dans leur environnement. Je vous laisse aller voir le film pour voir comment tout ça s’articule mais… HAPPY END MOTHERFUCKER !

En conclusion, un chouette film sans prise de tête qui tient ses promesses. Pas exceptionnel, mais un chouette moment quand même. Et si vous le regardez, vous trouverez peut-être le moyen d’obtenir LE Point Phallus qu’il nous manque ! (pensez à venir nous raconter !)


J’espère que cette chronique aura valu l’attente. C’était bien drôle à écrire, me suis rappelée pourquoi je l’avais commencée ! Si elle vous a plu, n’hésitez pas à la partager ou en parler autour de vous, vous n’imaginez pas à quel point ça aide ! Merci à Nadège de garde Rambo dans sa pension, à mon chat de me faire des câlins que quand il a plu, au coca, à spotify, au courant de ne pas s’être coupé une énième fois, au wifi de bien vouloir marcher ailleurs que collé à la box (de l’intérêt d’un ordinateur portable en vendée…), et la liste est bien trop longue ! Sur ce, je retourne au boulot demain, je vais donc me préparer en regardant Vikings. Quelqu’un m’offre une hache ? J’aime cette arme de bourrin.

N’oubliez pas de proposer vos films pour la chronique du mois d’août !

Un Wall of Death à vous.

Paroles de clients… #1

Voici venu le temps de votre article bouche-trou ! Je sais que vous les aimez ces anecdotes merveilleuses où on se demande vraiment comment l’humanité a fait pour en arriver là…

« Il est évident que tu as l’esprit ouvert. Je sens le courant d’air d’ici »

Cette semaine, j’ai eu moultes gens avec un humour déplorable merveilleux.

« Ça pousse pas »
« C’est gratuit »
« Et même si ça me plaît pas ! »
« Bah c’est pas gratuit aujourd’hui ? »
« Le ticket ça vous fera un souvenir »
« C’est pas remboursé »

Rien de bien nouveau sous le soleil me direz-vous. D’une part parce que vous êtes des créatures cruelles, viles Termites prêtes à dévorer le bois de mon âme jusqu’à la mort. D’autre part… MAIS C’EST BIEN ÇA LE PROBLÈME !!!! Ce n’est rien de nouveau, jamais jamais rien. Et moi, je suis à court de visage de compassion, à court de sourire contrit, et même à court d’envie de leur faire plaisir. C’est mis que je dois sourire en disant bonjour, pas que je dois rire à la moindre blague. C’est lidl, pas une pub LCL merde. Le pire, ce n’est presque pas la blague en elle-même (j’attends encore les preuves pour appuyer pareille affirmation). Après tout, la blague, on peut toujours se consoler en se disant que c’est une tentative comme une autre pour créer du lien social (certains cyniques affirment qu’il s’agit plutôt d’un autre moyen d’imposer sa domination sur l’autre mais bon, nous ne mangeons pas de ce pain-là). Le pire, c’est la gueule du mec. Figée, vers toi, avec l’air de dire « bah vas-y rigole connasse, j’ai fait une blague, j’ai fait comme si tu étais humaine, j’ai CRÉÉ DU LIEN SOCIAL BORDEL DE BITE À CUL ». Parce que non. Tu dois dire bonjour au client. Tu dois lui cirer les pompes. Tu dois lui faire sa liste de course. Tu dois rire à ses blagues. Quand bien même il t’a collé un vent quand tu lui as dit bonjour. Quand bien même il lorgne tes seins. Quand bien même sa blague suinte la condescendance jusque dans tes chaussettes. Quand bien il préfère te coller un vent que de te dire tout simplement qu’il ne veut pas son ticket. Alors maintenant, je ne souris que quand les clients sont respectueux envers moi du début à la fin, pas uniquement quand ils veulent être les maîtres du monde. Pour les autres, tant que je n’ai pas eu les mots magiques « tu vas rire à cette blague où ta radio va ressembler à un tas de branches dans un sèche-linge ! », ils peuvent crever, tout ce qu’ils auront c’est mon regard vitreux de borgne en mal de mise au point. Na.

Mais cette année, les cons du mois prochains sont déjà là ! Et nous avons atteint un nouveau stade dans la blague de client :

« Un rien m’amuse. »
« Je fais toujours la même blague »
« Bah si c’est amusant ! Et puis c’est l’attention qui compteuh nananèreuh »

Pour ceux qui auraient des doutes, oui, la dernière citation a été prononcée par un homme entre 30 et 40 ans (je n’ai pas confirmation, il a à peine ouvert sa gueule je l’ai collé dans l’angle mort)(des fois, cet angle mort est vraiment pratique quand même). Donc oui, le client a conscience de faire des blagues de merde. Le client a conscience de faire chier. Le client continue quand même. Je suis cynico-parano où ça commence vraiment à sentir le besoin de supériorité rendu à ce stade-là ???


Sauf que la mienne ne tourne pas.

« Il y a des jours, la meilleure chose au boulot, c’est que ma chaise tourne »

Je vous avais déjà évoqué ces clients qui en viennent à s’insulter pour une boîte de champignons mal placée. Et bien, aujourd’hui, j’ai eu le droit à ça :

« Alors c’est bon vous êtes contente ? Vous êtes passée ?
_Bah oui je suis pressée !
_On a bien vu, quand la caisse a ouverte vous avez doublé tout le monde pour passer.
_Je suis pressée je vous dis. Je suis pas en vacances moi ! J’habite ici toute l’année moi.
_Et alors ???
_Putain ils sont chiants ! Aussi cons en vacances qu’au travail !
_Et vous vous êtes à la retraite vous venez un dimanche !
_Tête de cons ! Y a vraiment des cons sur cette Terre !
_Pauvre vieille radasse ! Aller va rentre chez toi ! »

Et moi pendant ce temps-là : ooooooh ! Qu’il est beau et bien pensé ce lutin de caisse ! J’ai tous les codes des fruits et légumes là toute l’année et que je connais par coeur mais pas ceux présents ponctuellement et que je ne connais donc absolument pas. Comme c’est intelligent ! Et là, on m’explique même la différence entre la batavia et la feuille de chêne, mais sans photo, rolala que c’est génial ! Tiens et puis j’ai même la page des eaux en double alors que je les connais pas coeur et que c’est marqué sur les packs, mais pas celle du jus de fruits alors que c’est pas marqué dessus et qu’avec les dessins dessus et bah on est obligé de défoncer le tout pour attraper une bouteille et son code.

Voilà voilà. Alors d’un côté, on a une vieille retraitée qui vient faire ses courses un dimanche matin et trouve quand même le moyen d’être pressée. Y aurait pas comme une contre-indication dans les termes ? Je sais pas, mon grand-père il est retraité, il prend la vie à la cool, va faire ses courses en heure creuse (mais quand même après la sieste) et vient pas se plaindre des touristes constamment. BORDEL POUFIASSE, tu habites sur la côte. SUR LA CÔTE. Donc oui, y a du monde en été. C’est un fait. Et si t’es pressée… Mais pourquoi tu viens un dimanche ? À quel point ta vie est horrible pour que tu sois pressée de faire tes courses un dimanche ? Non mais je sais pas dis nous, on peut peut-être t’aider…Et de l’autre côté, nous avons un touriste qui trouve rien de mieux que d’attendre le moment où la première doit payer pour lui signaler que ça se fait pas. Je… je… Non mais soit tu lui dis sur le moment, soit tu fermes ta gueule ! Tu viens pas me pourrir mon rendement caisse pour le plaisir du dernier mot ! Parce que c’était vraiment ça, c’était de la pure fierté doublé du simple plaisir de faire chier le monde. Le mec trouvait ça abusé, mais n’en avait dans le fond rien à foutre. Alors POURQUOI ?

Heureusement, ils ne m’ont pas demandé mon avis. Parce que franchement, plusieurs heures après, je ne saurais toujours pas dire lequel est le plus con.


Si seulement...

« Oui, c’est un magasin de proximité. Ce qui veut dire que je me tiens aussi proche des clients que je le veux. Maintenant va prendre un ticket ! »

Quand les gens ne sont pas en train de me demander où sont les oeufs (j’aime surtout quand je leur indique l’allée et qu’ils partent à l’autre bout avant de revenir râler qu’ils ont pas trouvé.), ils me demandent bien d’autres choses.

« Vous n’avez pas du tapioca ?
_Non désolée on n’en fait pas.
_Vous n’avez pas d’équivalent ?
_Pas que je sache non… [Avance dans l’allée pour continuer sa ramasse carton]
_Ha c’est par là le tapioca !
_Hein ?? Non je vous ai dit nous n’en avons pas…
_Mais je mets quoi moi à la place ! Il me faut un truc épicé !
_Bah je sais pas. On n’a rien de cet acabit*. À la limite on a du paprika, pas mieux.
_Et je fais comment… »

Je me suis barrée dans le rayon suivant parce que j’avais très envie de répondre « ET TU VEUX PAS QUE J’TE FASSE LA CUISINE NON PLUS ! » (oui beaucoup de capslock dans cet article, on gueule beaucoup dans ma tête)

*oui quand les clients commencent à m’emmerder je remonte mon niveau de vocabulaire d’un cran. Nouvelle tactique assez efficace. Le subjonctif finit toujours par avoir raison des plus coriaces.

D’ailleurs, me suivre alors que je leur ai déjà dit que je ne pouvais pas faire plus pour eux semble être une nouvelle habitude des clients. L’autre jour, ma collègue me demande de remplacer les prospectus dans le sas de sortie. Rien de compliqué, mais bien crevant. Les prospectus sont reliés par paquet de 100 (ou quelque chose du genre). Ils sont stockés dans un caddie. Il faut remplir le présentoir après l’avoir vidé des prospectus de la semaine précédente. Ensuite, il faut récupérer le stocks d’anciens prospectus rangés derrière le présentoir, le mettre dans le caddie et mettre le reste des prospectus de la semaine derrière le présentoir. Ne cherchez pas : quoi que vous fassiez, votre dos décède au passage. J’étais donc occupée à ça, faisant le plus vite possible pour finir ma journée à l’heure. Une femme, la cinquantaine, entre dans le sas de sortie en baragouinant quelque chose à propos du rhum qu’elle n’a pas trouvé. Comme elle ne m’a pas dit bonjour, je choisis de considérer qu’elle parle toute seule et continue de m’affairer. Elle sort se met devant le sas d’entrée pour voir l’affiche de la semaine et se met à parler, dans ma direction. Je lui fais comprendre qu’il va falloir parler plus fort et particulier parce qu’il y a une porte (ou alors déformation professionnelle, le théâtre donne de mauvaises habitudes, on finit par attendre des gens qu’ils parlent distinctement. Alors que bon, on le sait que c’est monde d’illusions et de chimères le théâtre). Elle s’écrit qu’elle n’a pas trouvé le rhum sur l’affiche. J’explique que sans doute il n’y en a plus, il est 14h, le camion n’a toujours pas livré, c’est fort probable. Elle insiste « mais c’est sur l’affiche ! » Je finis donc par sortir pour repasser dans le sas d’entrée et voir l’affiche de plus près. C’est une promo sur un rhum qu’on fait tout le temps, j’explique donc que oui, à cause de la promo, les stocks ont dû être vidés vitesse grand V et que le camion n’étant toujours pas là, nous ne pouvons pour le moment pas réachalander le rayon. Bonne journée madame. Je rerentre dans le magasin, je ne comprends pas pourquoi elle me suit. Je retourne à mon sas de sortie et me remet à mon boulot en pestant parce que j’ai le dos en miette et que je vais finir en retard tout ça pour ces putains de prospectus et une question conne. D’un coup, j’entend une douce voix dans le sas de sortie « mais moi je vous ai suivie parce que je croyais que vous vous occupiez de moi ! _Je vous ai expliqué qu’on était en rupture, j’ai répondu à votre question, vous espériez quoi de plus ?? » Elle est partie sans plus, et moi je suis repartie bien énervée.

Ou pas.

« Si c’est en stock, on l’a ! »

Souvent, j’en viens à me demander ce que les clients attendent de moi. Certains ont l’air de croire qu’on est au restaurant et qu’il leur suffit de dire « je veux » pour obtenir. Sauf que j’ai pas une gueule de génie de la lampe (quand bien même ma collection de bleus fait des envieux)(bientôt j’en ferais une expo !).

« Bonjour, c’est où les filtres à café ? Et le lait de soja ?
_Nous n’avons pas de lait de soja. Les filtres à café sont juste à l’entrée du magasin.
_D’accord ».
Tâchons de passer outre le fait que le mec vient d’abord te demander où c’est alors qu’il est obligatoirement passé devant ce qu’il cherchait et avançons de 2 minutes dans le temps voulez-vous (non mais réponds pas hein, c’est une question rhétorique)(enfin si tu peux répondre hein, on est en démocratie, personne t’en voudra, c’est juste que ça changera pas grand chose)(oui, je viens de te le dire, on est en démocratie).
« Y a plus de filtres à café. Je le dis à qui pour que vous en commandiez ?
_À personne. On sera livré lundi, faudra revenir lundi.
_Non mais vous en avez forcément en réserve.
_Si on en avait en réserve ils auraient déjà été mis en rayon. »

« Vous avez du lait de soja ?
_Non désolée. [Putain mais pourquoi je dois m’excuser ?? C’est pas un crime de ne pas vendre de lait de soja !
_Vous avez pas de lait de soja !??! » [Le lait de soja semble être le produit non disponible à la mode cette année…]

« On cherche des gâteaux. C’est nature où au chocolat. Vous savez où ils sont ? »
« Je trouve pas les yaourts que je prends d’habitude. Ils sont où ? »
« Pourquoi vous ne vendez pas de haricots vers surgelés ? »
« Ha ça doit être dur de bosser le dimanche… Bon dimanche à vous quand même ! »
« Il est déjà passé mon mari ? »

Alors que je réalise qu’une cliente a pris un pot de confiture sur lequel un autre s’est vidé, et qu’il est donc gluant et qu’elle en a plein les mains :
« Si vous voulez j’ai du sopalin pour vos mains, et si vous désirez essuyer le pot…
_Non mais c’est bon je le ferai à la maison ! Ça va quoi. »

Euh… ok. Promis, demain j’arrête d’être gentille.


« J’ai l’air de sourire » Oui je sais, je l’ai déjà utilisée l’année dernière, mais elle est tellement magique…

Et voilà chères Termites ! Et maintenant, c’est l’heure de prendre vos petits didis, et de voter pour votre perle de client favorite. La gagnante aura le droit de devenir un personnage dans les aventures de Ray Charles de l’Autre Côté du Box (sur lesquelles je travaille d’arrache pied en caisse !), alors à vos commentaires.

Un Wall of Death à vous, cette semaine on écoute ça :

Les milles et unes vies de Ray Charles – Fantasmagorie #3

Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Mais qu’en est-il des migraineux, ces êtres qui vivent repliés derrière leurs immenses lunettes de soleil et dont la patience et la capacité de compréhension sont inversement proportionnelles au nombre de dolipranes ingérés ?

« Je dis toujours ‘jour plutôt que bonjour. Parce que si c’était une bonne journée je serais encore dans mon lit plutôt que d’interagir avec des gens. » (je suis gentille je fais al traduction)

Pour plus de facilités, nous appellerons notre migraineux Ray Charles. Dans ce reportage exclusif, nous vous invitons à suivre les pas de Ray Charles tout au long de son périple au sein d’un magasin.

Il arrive que l’on demande à Ray Charles de ramasser tous les cartons qui traînent et de bien vouloir redonner une certaine allure aux rayons délabrés par les clients. En effet, le client est une espèce sans pitié avec un goût prononcé pour le saccage. Il tient sa force et son pouvoir de son porte-feuille, de là, il n’est nul besoin pour lui de chercher à se justifier et il peut ainsi donner libre cours à ses plus bas instincts sans crainte des représailles. Le client et le caissier doivent pourtant trouver un équilibre viable au sein de l’écosystème qu’est le magasin puisqu’il est impossible pour eux de vivre l’un sans l’autre. Ce qui est bien dommage. C’est sans doute pour ça que Dieu créa Amazon, mais ceci est une autre histoire. Toujours est-il qu’après la migration des troupeaux de clients allant de la plage au camping, ou de l’autoroute A95 au mobil home, il faut remettre le magasin d’aplomb. Une mise à plat s’impose donc. On remarquera la proximité du terme avec ces camarades mise bas et mise à mal, mais ceci est sans doute le fruit du hasard, un arbre qui pousse quelque part entre les terres arides des statistiques, ou bien encore bien caché dans les rayons où sont commercialisées de multiples bières.

C’est dans de telles conditions que notre Ray Charles doit partir à l’aventure. Équipé de son « box », sorte de grandes boîtes que les chefs-ingénieurs ont renommé box depuis leur bureau parce qu’en anglais ça fait toujours plus classe que le terme précédemment utilisé qui était « l’espèce de grande boîte de merde là ». Inutile de préciser que la plupart des box ont au moins une roue qui roule mal, faisant ainsi plus ou moins dangereusement dévier l’appareil. Un véritable bonheur d’engins à piloter. Ray Charles s’improvise alors pilote de ligne, slalomant avec précision entre les clients, il n’aura besoin de leur hurler dessus qu’une petite dizaine de fois lors de sa traversée du magasin. Il feinte à gauche, feinte à droite, ramasse ici le plastique d’un pack d’eau, ici un carton vide de sa javel, là un carton vide de ses conserves de petits pois, là une boîte de tampons au milieu des brioches et bien sûr ces éternels noyaux de cerises semés ici et là en travers de l’ensemble du magasin. Si le client aime à rappeler au caissier que la monnaie qui tombe au sol ne va pas pousser, il faudrait lui rappeler que pour qu’un cerisier pousse, il faut mettre le noyau dans de la terre, et non du carrelage. Une ancienne légende raconte même qu’on pourrait faire pousser un cerisier en avalant les dits noyaux. Si une telle chose était vraie, tout le monde serait gagnant. Le client n’aurait même plus besoin de venir au magasin pour en acheter sans faire attention que le prix indiqué vaut pour 100g et non pour le kilo. Il aurait ainsi digéré ses cerises au moment même où elles seraient arrivées à maturation. Un gain de temps considérable. Plus besoin d’errer dans les rayons en recrachant à tout hasard ces noyaux partout. Enfin si hasard il y a… car peut-être que tout ceci rentre dans un plan bien plus large ! À défaut d’oranger sur le sol irlandais, on planterait des cerisiers sur le sol capitaliste, et peut-être qu’alors la paix dans le monde serait assurée, que chacun mangerait à sa faim et qu’enfin, au bout du compte, les richesses seraient redistribuées. Mangeons des cerises mes frères, en attendant, si l’estomac du client ne peut supporter l’absorption d’une telle quantité de fruits rouges, il lui faudra encore envisager d’errer dans les allées, de trouver tout seul les produits dont il a besoin, de trouver tout seul comment vivre sans celui qui n’est plus disponible, puis de faire la queue à la caisse, de décider s’il paye en carte ou en liquide, si c’est lui ou son ami qui paye et qui paye comment, et enfin de savoir s’il doit ranger dans des sacs maintenant ou bien attendre que tout se casse la gueule bien gentiment.

« C’était sur mon chemin » La philosophie du client moyen.

Une fois qu’il a réussi à se frayer un chemin entre les cerisiers avortés avant l’heure – à ne pas confondre avec les avortons de Cerise, qui sont pas mal chiants aussi mais se traitent plus à coup de pelle dans la gueule que de sécateurs, quoique -, Ray Charles doit encore escalader le frais. Car voilà, Ray Charles ne fait pas forcément la taille idéal pour naviguer d’un rayon à l’autre avec aisance et légèreté. Il lui faut donc parfois trouver des solutions. Si le ridicule ne tue pas, il est tout à fait possible de penser qu’un équilibre plus incertain que les autres finira par avoir sa prise. Les prises permettant d’escalader le mont Frigo ne sont guère aisées, et surtout, pas vraiment validées par la commission d’hygiène. D’un pied assuré, Ray Charles entame son ascension vers sa première étape : les sandwichs. Les gens mangent-ils autant de jambon que ça ? C’est fou. Complètement. Un véritable mystère. Alors Ray Charles remplit des cartons pour en vider d’autres, et à peine a-t-il triompher qu’il lui faut s’attaquer aux salades individuelles qui donnent plus ou moins envie, et pire, les parts de gâteau à emporter… Mal conçues, mal pensées, impossible de les empiler car sinon le client ne pourrait jamais retrouver celle qu’il désire – ce qui est stupide, car comme tout le monde le sait, le client désire toujours ce qu’il ne peut avoir -, impossible de les faire tenir debout sans qu’elles ne se jettent au sol de toutes leurs forces, entachant alors de leur corps éparpillé un carrelage qu’il faudra ensuite passer à la javel. Et quand Ray Charles voit l’état dans lequel le carton des parts de gâteaux a plongé ses mains, il ne peut se résoudre à approcher la javel à moins de 3 mètre sans une combinaison complète. Et l’aventure continue ainsi, mais du surimi aux pâtés et rillettes vient forcément le Passage du Jambon. Des boîtes de jambon à perte de vue… plus d’une dizaine d’espèce de rareté variable… à ne surtout pas mélanger, sous peine de voir l’éco-système s’écrouler… Ray Charles doit être précis et rapide… D’autant que la menace plane : à tout moment, la corne de brume peut résonner, criant son nom à travers la contrée des pâtes et du riz, traversant même les bacs surgelés pour le sommer de se rendre à sa caisse dans l’instant. Alors que Ray Charles passe courageusement le Col des Fromages et qu’il voit se profiler son but ultime, le Mont Dessert, il est interrompu par des clients à la recherche de feta, de clients qui se plaignent qu’il n’y ait que du mascarpone et pas de ricotta, de clients qui voudraient savoir si on a encore des sèches-cheveux d’il y a deux semaines… Si bien qu’avant qu’il ait pu se mettre à l’abris de la tempête au coeur douillet et rassurant de la réserve, Ray Charles doit retourner en caisse. En effet, David Guetta voudrait bien sa pause.

« Faignant ? Moi ? J’ai cligné des yeux deux fois ! Qu’est-ce que tu attends de plus de moi ?  » Ray Charles au sommet de sa migraine n’assure que le service minimum : garder les yeux ouverts.

Alors, à peine David Guetta sera-t-il revenu de sa pause, que Ray Charles s’empressera de se dégager de cet enfer sur Terre. Feinte à gauche, feinte à droite, il récupère son box, attrape au passage les yaourts explosés qu’un client aura gentiment dissimulé entre les bouteilles de jus de fruits frais et part se cacher dans la réserve, où des néons beaucoup moins violents viennent lui caresser l’épiderme. Il est l’heure de la lutte finale. Le voici face à La Balle Carton. Sorte de compacteuse géante démoniaque dont les mâchoires viennent réduire les fiers cartons à l’état de crêpes pas trop bretonne. Ray Charles doit donc transférer le contenu de son box dans la Balle et mettre celle-ci en marche. Cependant, rappelons le, la taille de Ray Charles est limitée, et le box profond. Ray Charles doit donc courber l’échine et risquer encore une fois son équilibre pour récupérer les cartons tout au fond du box… Jusqu’au moment où, telle Alice dans le terrier du Lapin Blanc, ce qui doit arriver arrivera, et Ray Charles tombera tête la première à l’intérieur, passant alors de l’Autre Côté.

À l’heure actuelle, nul ne sait ce qui se trouve de l’Autre Côté. Alors, comment savoir si Ray Charles pourra y survivre ?


Et c’est sur ce cliffhanger un chouïa putassier que se termine cette rêverie ! Car oui, on va voir si je peux relier toutes les rêveries ensemble, ça m’occupera encore plus le cerveau… À votre avis, qu’y a-t-il de l’Autre Côté du box ? N’hésitez pas à proposer, peut-être que vous détenez l’avenir de Ray Charles entre vos mains !

J’en profite pour vous annoncer que cette chronique ne sera plus hebdomadaire (mais bon trois semaines ça fait un peu court pour créer une habitude !). Le rythme va être trop du à tenir pour moi, enfin pas si je veux maintenir le niveau de qualité minimum (et si je me lance dans des conneries type série)(à un moment j’arrêterai de me compliquer la vie). Je vais sans doute passer à un rythme bi-mensuel, mais pour compenser, entre deux épisodes, vous aurez une mini-chronique spéciale « Paroles de clients », parce que la réalité finit toujours par déplacer la fiction, et l’auteur-kleptomane que je suis va encore avoir de quoi manger pour les prochains mois…

Et puis bon, la motivation baisse un peu ici. J’ai eu la bêtise de dire oui à mon père pour jouer un morceau avec lui lors de son anniversaire, ce qui va être sympa et fort drôle mais nécessite un minimum de boulot vu que je joue de la basse depuis environ deux semaines. D’autant qu’il me faut slalomer entre les coupures de cartons ! Ma main gauche proteste vivement devant pareil traitement. Elle m’a même menacé de faire la grève du sexe, moment où je lui ai ri au nez pour lui dire que je verrai de toute façon pas la différence, vilaine planche à pain. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que je parlais toute seule en étant à la fois cliché de pétasse, de beauf et d’idiote, et qu’il était temps de boire ma bouteille de vodka cul sec et d’aller me coucher. Je vous le dis, mon cerveau va mal ! En attendant, m’en fous, j’ai joué du death metal l’autre jour : une fourmi avait rien trouvé de mieux que de se promener sur mon manche pendant que je jouais, elle va plus jamais se promener.

Cette semaine, on était un peu énervé, alors en caisse, on fredonnait ça :

et ça

Un Wall of Death à vous !

L’oeuf ou la poule – Fantasmagorie #2

« On devrait faire des statistiques ! » s’écriait l’autre jour ma collègue alors que nous mettions en rayon une énième palette de viennoiseries (parce que livrer au jour le jour c’est pour les PDs, tout recevoir le même jour, c’est beaucoup plus drôle)(LOOOOOOOOOOOOOOOOL)(ça va mieux merci). Oui, nous devrions.

Le soir, on ferait nos caissons, et puis on remplirait les fiches de statistiques quotidiennes. Comme celles-ci ne pourraient être menées par des machines, on nous fournirait des clippers. Au début, comme d’habitude, ça serait un peu le bordel. On aurait un seul clipper pour compter les « où sont les oeufs ? » « il va faire beau ? » et autre « par où on sort ? » (par la sortie connasse)(pardon, c’était le premier gros week-end et j’ai bossé ce matin, faut que j’extériorise). Il serait alors demandé au caissier d’évaluer la proportion d’interactions en faveur des oeufs et le reste. En effet, il aura fallu une étude peu ou prou scientifique pour qu’on comprenne enfin qu’en vérité, l’homme n’est nullement omnivore, il bouffe des oeufs pis c’est tout. Des oeufs avec de la mayonnaise. Et du pain. Voilà. Est-ce que l’homme se donnerait la peine de mettre du thon dans tout ça ? Non, parce qu’il s’en tape d’avoir un repas équilibré, lui, ce qu’il veut savoir, c’est où sont rangés les oeufs et pourquoi il n’y a plus de pain alors qu’il veut du pain là maintenant tout de suite alors qu’il n’y en a plus. Mais ces premières statistiques seraient encore beaucoup trop grossières. D’autant que bon, on ne va quand même pas faire confiance à une caissière. On finirait donc par lui fournir autant de clipper que de questions cons. Mais pas de panique ! Un code couleur sera mis en place dans la foulée et une ceinture sera fournie afin de pouvoir se promener dans le magasin beaucoup plus facilement et sans avoir les mains constamment prises. « Où sont les oeufs » c’est le clipper violet, « où c’est l’eau ? » clipper orange, « c’est combien ça ? » clipper bleu, « le truc qui doit arriver la semaine prochaine vous l’avez déjà ? » clipper dans ta gueule. Au fur et à mesure, afin d’avoir des mesures de plus en plus précises, on multiplierait ainsi les clippers, avec un code couleur tellement logique et intuitif que les ingénieurs de windows vont leur racheter l’algorithme pour w11.

Une fois ces statistiques réalisées, on pourra décider dans quelle mesure la connerie du client peut être mise sur le dos de la caissière, qui, nous le rappelons encore aujourd’hui, est la mère de tous les vices. Dans la salle de repos, qui n’a de reposant que le nom, on trouvera une nouvelle place pour un nouveau tableau qui sera à peu près autant consulté que les autres. Sur ce nouveau tableau, on pourra mettre les résultats quotidiens. « Les oeufs ? 85 fois La sortie ? 23 fois Bonjour – s’il vous plaît -merci ? 3 fois ». De temps en temps, les responsables feront des smileys tristes sur le tableau. Le truc, c’est qu’ils ne sont pas d’accord sur la raison du smiley triste : faut-il s’attrister de l’incapacité du client lambda à faire 10 mètres pour trouver tout seul comme un grand les oeufs ? de l’incapacité du lidl à concevoir des rayons logiques dans lesquels on ne tourne pas quinze fois avant de trouver les oeufs ? ou bien qu’on demande les oeufs plus souvent que l’humanité de l’employé en face ? De fil en aiguille, devant l’absence de décision viable de la direction, les caissières feront comme d’habitude, à savoir : ce qu’elles veulent. Elles iront afficher sur la porte un beau panneau « félicitation, cette semaine, vous étiez moins cons que ceux de la semaine dernière, vous avez presque trouvé les oeufs tout seul ».

Dans un monde parfait, on placera un plan à l’entrée du magasin. Dans un monde parfait, ce plan sera lu. Et surtout, dans un monde parfait, on pourrait éclater les oeufs sur la gueule des gens.

 


« Je vous dérange pas ? » Non non, j’ai un carton de 10 kilos d’asperges en bocal au dessus de la tête à bout de bras alors que je suis en équilibre sur des conserves d’haricots verts, ça me paraît le moment parfait pour écouter vos histoires. Voici votre section « Parole de clients » !

« Est-ce que vous avez des amandes ? Parce que moi dans mon lidl, il y a des amandes. Mais là il y a que des amandes grillées salées. Et moi dans mon lidl y a des amandes pas grillées pas salées. Mais c’est bien lidl. moi j’aime bien venir à lidl. Y a des choses qu’il n’y a pas à lecler ou à super U et puis les prix c’est vraiment bien ! C’est bien qu’il y ait un lidl ici pour les vacanciers. Donc vous n’avez pas d’amandes ? »

« Donc je suis venu l’autre jour… et j’ai regardé les tomates… et puis il y avait les promotions… mais bon y avait du monde… je crois que j’ai regardé les cacahuètes aussi… mais je sais plus dans quel ordre… et et et _Monsieur, je suis désolée mais il y a du bruit et je n’ai pas tout entendu. Quelle est votre question ? _J’ai perdu mon porte-monnaie »

« Je passe devant j’ai que deux articles, vous avez trop !
_Vous pourriez demander…
_Y a mon mari qui m’attend dans la voiture.
_Nous aussi nos maris nous attendent !
_Bonne journée ! »

« Oh tiens. C’est à moi ça ! Vous avez mis votre boîte de mon côté *replace la boîte de l’autre côté de la barre*
_C’est bon y a pas mort d’homme, « vous » avez mis, j’ai rien mis moi !
_Mais c’est pas à moi, vous vous êtes trompées c’est pas grave.
_Ça vous arrive jamais de vous tromper ?
_Faut pas être énervé comme ça !
_Vous avez vu comment vous me parlez ?
_Calmez vous c’est les vacances.
_On est pas tous en vacances ! »
etc etc. Avec bien entendu le moment où je suis prise à partie. « ha ces gens, toujours stressés » « ces vieux, ils croient toujours qu’on est comme eux et qu’on a rien à foutre de la journée »

Alors chers clients, je vous en conjure : cessez de me demander mon avis. Parce que moi je m’en fous. Je suis neutre, je suis Suisse. Et si vous faîtes vraiment chier, je serai même Belge ! Et puis vraiment, excusez moi d’insister : mais je m’en fous !


Un article un peu court cette semaine… Si ça vous a plus, n’hésitez pas à partager, on se retrouve dimanche prochain pour une nouvelle fantasmagorie !

En attendant, cette semaine je chante ça en caisse :

L’évangile selon la caissière – Fantasmagorie #1

Le premier jour, Dieu créa le verbe. Et comme il était lancé, il créa l’adverbe. Puis, il se dit que des noms, ça pourrait être bien. Et dans un élan de folie, il créa même des adjectifs.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le deuxième jour, Dieu se dit que quand même, c’était un peu le bordel tout ça. Alors Dieu créa la grammaire, afin que les hommes puissent faire des phrases complètes et ainsi mieux se comprendre entre eux. Dès lors, les hommes purent se poser des questions, et même se répondre.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le troisième jour, Dieu constata que les hommes semblaient réticents à la grammaire, ce qui déclencha sa colère. Dès lors, Dieu créa le savoir-vivre, afin de pouvoir qualifier les hommes n’utilisant pas la grammaire de gros connards de saloperie de merde. Ce jour-là, Dieu était très en forme, du coup, il avait créé les insultes dans le même temps.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le quatrième jour, Dieu se dit que, quand même, les mots n’étaient pas suffisant pour diviser les hommes. Alors Dieu créa l’argent, et expliqua à l’homme que rien n’était gratuit dans la vie. Sauf pour quelques uns. Dieu commençait à être un peu fatigué alors il laissa à la charge de l’homme le choix du critère qui donnerait accès à la gratuité de la vie.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le cinquième jour, Dieu se dit que son indice de productivité n’était quand même pas très élevé. Il créa donc des machines pour le calculer, ce qui était un bon début après tout. Puis, Dieu créa la pause café et s’alluma une clope.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le sixième jour, Dieu inventa le code barre et la caisse enregistreuse, divisant ainsi le monde en deux : ceux qui étaient du bon côté de la caisse et ceux qui étaient du mauvais côté de la caisse. Du bon côté de la caisse, on pouvait chier sur la grammaire sans soucis, certains racontent même que l’on peut y utiliser les insultes sans le moindre soucis. Du mauvais côté de la caisse, il fallait mériter la pause café et ravaler la fumée de sa cigarette.
Et Dieu vit que c’était bon.

Le septième jour, Dieu créa le débat sur le travail le dimanche histoire qu’on lui foute la paix.


Un jour, un vendredi sûrement, puisqu’il est question de poisson, quelqu’un né du bon côté de la caisse demanda à quelqu’un né du mauvais côté de la caisse ce que contenait le poisson. Une multitude de réponse était dès lors possible. On avait ouïe dire que dans des pays lointains, on avait retrouvé du cheval dans des lasagnes de boeuf, alors il paraissait tout à fait vraissemblable que l’on puisse en retrouver dans le poisson. Peut-être d’ailleurs l’usine était juste à côté et qu’elle déversait ses produits toxiques dans les eaux mêmes ou des hommes en combinaison extrêmement imperméables ramassaient les poissons au moment où ils remontaient à la surface. Sans doute y avait-il des saisons, comme pour les fraises, et sans doute qu’on embauchait du monde pour aller cueillir les poissons ainsi échoués. Ceci dit, depuis que Dieu était parti pour sa pause café il a quelques milliers d’année, il n’y avait plus vraiment de saison. Il faudrait d’ailleurs lui dire que selon le planning, il n’est pas sensé prendre une pause si longue. Mais bon, c’est Dieu, alors il fait un peu ce qu’il veut. Déjà qu’il ne fait aucune fermeture… une ouverture de temps en temps histoire de. Et encore. Et puis il décide tout depuis son bureau sans vraiment regarder ce que ça donne, pas que ce soit son problème d’ailleurs. Du coup, depuis que Dieu était en pause café, les hommes doivent se débrouiller pour les saisons. Autant le dire clairement : ils ne respectent pas toutes les procédures. Pour le cueillette des poissons, c’était pas gagné. Si bien qu’on pouvait supposer que dans l’usine où on faisait les lasagnes, on faisait aussi les poissons tant qu’on y était. Il y avait donc fort à parier que le poisson contenait des traces de lasagne, donc des traces de cheval, donc des traces d’arachides, car quand l’être né du mauvais côté de la caisse regardait les étiquettes, tout semblait contenir des traces d’arachides. D’ailleurs finalement, c’était peut-être ça qui avait rendu l’être né du bon côté de la caisse malade : elle était allergique aux arachides. C’était la seule réponse logique.

Finalement, l’être de la caisse répondit simplement :
« Majoritairement du poisson. Minoritairement des arrêtes »
Et Dieu vit que c’était bon.
Enfin en supposant qu’il en est quelque chose à battre vu la masse de café qu’il lui reste à avaler.


Dieu se rendit bien compte que les hommes croyaient de moins en moins en lui, il fallait un miracle, un signe, une preuve de son existence. Aussi, créa-t-il les messages d’avertissement. « Chaussée glissante » « Peut contenir des traces d’arachides » « Comment obtenir un corps de rêve pour l’été » et toute une suite de message de la sorte. L’homme fut impressionné. Il redoubla alors d’amour pour Dieu. Et comme l’homme ne sait pas faire les choses à moitié, il colla de ces messages partout. « Peut heurter certaines sensibilités » « Peut contenir des traces de sexe » « Peut être avalé par les moins de 3 ans » « manger bouger manger bouger« , à tel point que ça en devenait ridicule. Vraiment. La moindre sucrerie possédait sa mention. Et bien entendu, la moindre affiche contenant la sucrerie incriminée devait porter la mention en question. Un jour, l’être de caisse, qui devait passer ses journées à contempler ces affiches, en plus de la vacuité de l’âme humaine – ce qui finalement revenait à peu près au même – fut surprise de trouver cette mention alors que l’affiche ne contenait à première vue rien d’autre que des produits permettant de nettoyer le sol. Peut-être y avait-il une peuplade au loin se nourrissant exclusivement de Mr Propre ? Après tout on avait toujours dit que le sperme était rempli de protéines.. Mais un seul Mr Propre pouvait-il contenir suffisamment de protéines pour nourrir tout un peuple ? D’autant qu’avec une promotion pareille, on allait vendre du Mr Propre à n’en plus pouvoir. Serait-il seulement capable de fournir ? Ne risquait-il pas l’épuisement ? Serait-il obligé de se lancer dans la production de sachets de thé par la suite afin de s’adapter à son nouvel état ? Ou bien possédait-il, tel un acteur de porno, des trucs et astuces lui permettant de faire durer les choses ? Une autre possibilité était qu’une équipe de fins scientifiques aient récupéré du sperme de Mr Propre, et par le miracle des cellules-souches, auquel l’être humain lambda ne comprend rien du tout de toute façon, avaient réussi à reconstituer du sperme de Mr Propre sans qu’aucune jeune femme à la plastique parfaite n’ait à se salir les mains.Ou bien tel la méthamphétamine, c’était coupé avec on ne sait trop quoi. Tout ceci n’expliquait rien puisque protéine d’accord, mais sucre ? Ça n’avait aucun sens. C’est alors que dans un coin de l’affiche, l’être de caisse, qui n’avait vraiment rien de mieux à faire que de décortiquer l’affiche tandis que mère et fille se battaient pour savoir dans quel sens il fallait mettre les yaourts -l’absence de boussole rendait Jérusalem difficile à localiser -, finit par découvrir, bien caché dans un coin en tout petit, une photo de plusieurs boîtes de chewing-gums en promotion. Finalement, à force de récurer du Mr Propre, une jeune femme à la plastique parfaite aura sans doute un goût amer dans la bouche…

Et Dieu vit que c’était bon.
Mais vraiment.
Meilleur que le café.
À tel point que Dieu créa la chirurgie esthétique et photoshop pour que ça soit toujours meilleur.


Fin de cette première chronique de l’été ! Comme vous pouvez le constater, je change un peu de formule. Comme ça doit faire quatre ou cinq ans (pour les très fidèles !) que je vous raconte mes saisons, envie d’un peu de nouveauté. Cette année, vous n’aurez donc pas seulement le droit aux aberrations des clients. Non non. Vous avez gagné le droit de savoir à quoi mon cerveau rêvasse en caisse (quand il n’est pas occupé à reconstituer de la musique avec les bips et les divers bruits)(hier il a réussi à recréer ça, pas la peine de demander comment, il a trouvé ça logique) histoire de ne pas être complètement trépané. (et puis parce qu’il a déjà plus ou moins décidé de sur quoi il voulait se pencher en thèse)(mais ça c’est une autre histoire)(encore)(j’ai fait beaucoup trop d’effort pour ne pas mettre de parenthèse dans cet article)(vengeannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnce).

Bref, j’espère que cette nouvelle formule vous plaira. Si c’est le cas, n’hésitez pas à la partager ou faire vos retours.
Sur ce, au bout de cinq jours de connexion internet vendéenne, j’ai réussi à télécharger la s2 de Community, alors à plus tard.

Un Wall of Death à vous !

29/06/15 Des nouvelles du front !

Bonjour amis Termites !

Mais où étais-je passée pendant ces longs mois ? vous demandez-vous peut-être (ou pas du tout). Il s’est passé beaucoup trop de choses ces trois / quatre derniers mois, je reprends doucement l’envie d’écrire pour moi, un peu d’air dans le cerveau pour quelques idées et j’essaie de faire revenir la motivation pour mes projets propres. Après tous ces mois de mise entre parenthèses, il faut une remise en route ! Pour ceux que ça intéresse, voici un court résumé des derniers mois (en sachant que chaque aventure aurait pu avoir son propre article, on va y aller à la serpe !)

ALWAYS LOOK ON THE BRIGHT SIDE OF LIIIIIIIIIIIFE !!!

Si deux mots dans cette image ont suffit à te mettre la chanson dans la tête, j’en suis désolée. (mais bon en même temps c’est pour ça que je l’ai mise)

Tout d’abord, il y a eu la deuxième représentation de À l’heure où blanchissent nos rêves. Et bien je suis heureuse de pouvoir dire que tout s’est passé pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vraiment. Pourtant, la dernière ligne droite ne s’est pas non plus présentée vide d’obstacle… Entre l’actrice qui arrive en t’expliquant qu’elle a 18 points de suture sur le mollet et que donc pour répéter les danses c’est limite impossible, le tout alors qu’elle se fait enlever les fils quatre jours avant la représentation. L’actrice malade à crever qui ne peut tout simplement pas répéter sinon décès. L’actrice en stage avec une compagnie pro et qui loupe quasi toutes les répétitions entre les deux représentations alors qu’on change le final. Apprendre que le montage lumière se fait le matin-même, si bien qu’il faudra couper le temps restant entre les deux groupes avec comme grande inconnue combien de temps chacun va avoir. La chorégraphe qui ne peut pas être là le jour J. Mon cerveau de moins en moins disponible parce qu’en plein rush de fin pour la rédaction du mémoire. L’impossibilité de faire une répétition générale digne de ce nom parce que tu ne fais pas une générale une heure avant de monter sur scène pour de bon. Et pourtant, malgré tout ça, ils ont été bons. Ils ont été meilleurs que jamais. Voilà qui s’appelle finir en beauté. Du bonheur pour tout le monde. Moi y compris.

La dernière ligne droite de rédaction n’a pas été sans douleur. Sur l’ordi de 10h à 21h avec quelques pauses. Sérum phi pour les yeux qui fatiguent. Death metal à fond pour rester concentrée. Coca (mais pas trop, histoire de pas complètement me défoncer l’estomac). Même fini par atteindre un moment où tu te forces à t’arrêter pour manger parce que sinon tu pourrais zapper sans te poser de question. Ai même réussi à conserver mes week-ends. Même s’il fallait au minimum 24 heures pour débrancher le tout… Des réveils à 3h du mat parce qu’un point de mon plan s’est incrusté dans mes rêves. On m’a aussi parlé d’un monde dehors qui aurait continué à vivre sa vie mais j’ai peur qu’il ne s’agisse là que d’une légende urbaine. Un peu comme on parle du Père-Noël aux enfants pour les faire rêver, on parle de dehors aux étudiants qui bossent leur mémoire comme d’une terre promise. « Dieu dit « que la bière soit » et la bière fut. Et je vis que c’était bien » Beaucoup trop bien d’ailleurs. Parce que bon, quand tu sors uniquement quand ton mémoire regarde ailleurs, il faut pas beaucoup de bières pour te faire partir. Ce qui est pratique car comme tu n’as plus le temps de prendre du taf à côté, tu n’as plus des masses d’argent non plus. Alors autant être alcooliquement économique.

Monde cruel, pourquoi les choux de Bruxelles ??

À un moment, j’ai vaguement envisagé de manger autre chose que de la pizza et des pâtes. Mais c’était trop dur.

D’autant que dans le même temps, bonne nouvelle, j’étais sélectionnée pour aller au deuxième tour du concours de l’École du nord. Yahoo. Après avoir sauté de joie, j’ai regardé ce qui était demandé. Aïe. Une courte pièce (10/15 pages), un questionnaire, un essai. Have fun. Le tout devant être renvoyé pour à peu près le moment où je dois avoir fini ma rédaction. Aller ! On se retrousse les manches, on tire un peu plus les nerfs, on bosse de façon plus dense et on y va. Et ça rédige et ça rédige et ça rédige. Le clavier collé au doigt et les mots qui se vomissent directement tout seul. J’étais devenue une machine à écrire (tiens j’aime cette métaphore / jeu de mot / analogie. Je vais me la mettre de côté). À la surprise générale (moi la première), je réussis à tenir TOUS mes délais : le mémoire est fini de rédigé pour début mai, le dossier de l’école est fini près de 10 jours avant la date butoir, mes acteurs sont prêts à remonter sur scène. En bonus : j’ai même réussi à continuer à faire un minimum de sport (mais vraiment minimum) et mon estomac n’est pas complètement décédé plein de trous. Nous sommes début mai, et l’attente commence.

Pas de nouvelle de ma directrice avant la fin. En attendant, je retrouve un peu le monde extérieur. Je commence ma tournée et je bouffe des kilomètres. Première étape à l’Ile d’Yeu pour le mariage de mon Pingouin adoré. Je réussis l’exploit de passer quatre jours là bas sans finir bourrée (call me da boss). On mange bien (et trop), on se marre bien, on prend des coups de soleil et on fait chier toute l’île. Chouette week-end. Retour express à Rennes puis direction Lille où mon frère m’héberge et où on boit des bières (que je choisis parce que leur nom m’amuse)(sérieux quoi « kwak » ??? comment résister…). Le lendemain, c’est l’entretien. Je manque de mourir dans le métro lillois, en grande partie parce que je dois y rester 40 minutes. (c’est quoi votre problème avec le tram les gens ? c’est cool le tram, si ça marche plus on peut sortir sans risquer de mourir !) Du coup quand j’arrive, je ne sais plus très bien si mes mains tremblent à cause du stress de l’entretien ou de la crise d’angoisse que je contiens. Bref, je trouve l’école et tout le monde est très gentil. On papote un peu, chacun faisant genre « non mais je gèèèèèère ! _Vous pouvez monter ils vous attendent _HAAAAAAAAAA JE VAIS MOURIR !!!! ». L’entretien se déroule plutôt bien. En fait la seule question à laquelle je n’ai pas su répondre finalement c’était ça : un jury de quatre assis à une longue table, une chaise devant collée à la table, je suis borgne, à cette distance, je ne peux pas les voir tous les quatre, je bouge la chaise en ayant l’air con mais j’assume, ou j’utilise ma technique peaufinée au fil des années de théâtre « tu ne sais pas que je ne te vois pas je fais juste genre je tourne mes yeux sur toi même si t’es en plein dans l’angle mort ». J’ai finalement opté pour la deuxième, mais j’aurais dû faire la première, au moins j’aurais vu leurs expressions (d’autant que c’était gentil jury / méchant jury et clairement méchant jury était dans l’angle mort). Mais bon.

La réponse arrive le samedi alors que je viens de mettre pied à Paris pour ma dernière étape. Après 30 bonnes minutes de métro (….) où j’attrape la gangrène que ma pote Bubulle refusera de soigner alors qu’elle est secouriste (j’ai bien compris ton petit manège, mais pas de chance, mon corps n’a toujours pas compris les théories de Darwin et il se contente de survivre à tout mouahahahahahaha), et un peu de marche, le téléphone sonne. Et c’est drôle parce que tu décroches, et déjà dans la voix de la nana, t’as la réponse. T’aurais presque envie d’avoir pitié d’elle et de lui dire que c’est bon t’as pigé, pas la peine de se fatiguer. Mais tu fais pas, parce que t’es con et que tu préfères te dire que tu as mal entendu et voilà. Comme d’hab, c’est au moment où on te dit non que tu comprends que t’en avais vraiment envie. Je décide alors de faire ce que tous mes camarades de mémoire ont déjà fait : je rentre chez ma mère, j’en ai marre.

Mais ça manque d'écureuil chez mes parents. Trop de chat j'imagine.

Le lit, le canapé, des endroits merveilleux.

Je m’offre donc cinq bonnes grosses journées loin du monde. J’avais juste oublié un détail : ma vie est une application de la loi de Murphy continuelle. (en fait ils expérimentent des trucs sur ma vie, et si ça marche que et ça fait bien chier, ils l’appliquent dans la vôtre. ne me remerciez pas) Ainsi, alors que j’étais venue me débrancher, ma DR revient d’entre les morts, et me renvoie ses corrections « je vous envoie au fur et à mesure pour que vous puissiez ne pas perdre de temps et faire ça vite ». HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ÇA FAIT UN MOIS QUE J’ATTENDS ! Alors on retrousse ses manches, on retire sur les nerfs et on s’y remet… Correction correction jusqu’au rendu. Vous avez déjà eu le récit de l’impression, sachez qu’aucune météorite ne s’est échouée en plein sur mon mémoire (genre cartoon : ça épargne tout sauf un gros trou là où se tenait mon mémoire). J’ai préparé ma soutenance comme j’ai pu (comprendre : j’ai galéré comme un chien), avec l’angoisse affreuse que j’avais beau savoir de quoi je parlais, j’allais me retrouver à bafouiller comme une conne sans rien pouvoir sortir d’intelligible. Du coup… j’ai répété. Devant Rambo et un chrono. Et putain, je me serais foutue des pains dans la gueule… Au départ, j’étais même pas foutue de présenter mon corpus en moins de dix putain de minutes alors que je bosse dessus depuis deux ans (à tel point que pour certaines, pas besoin de marque-page pour retrouver un passage…). Mon acharnement aura payé et ça valait le coup de se dessécher la bouche à la faire une dizaine de fois par jour… Le jour J, à peine besoin de mes notes, pas de baffouillage (bon, des « en fait », des « du coup », des « donc » en début de paragraphe, mais on peut pas tout avoir). Bref, du bonheur qui se fêtera à grand coup de vodka, de barbecue à l’arrache (avec pommes de terre coupées à la carte d’identité), de copines qui offrent des roses ou des livres de l’Odieux Connards dédicacés. Bref, après ces quatre mois de marathon intensif, après tous les efforts, les angoisses et les douleurs, ça fait plaisir de constater que je ne me suis pas trompée d’endroit.

Dans le même temps, j’ai préparé mon déménagement, mais ça, ça va vous valoir un article à part entière, car il y a de l’epicness à ne plus savoir qu’en faire ! Pour ce qui m’attend l’année prochaine et bien… je continue l’aventure en thèse ! (histoire de finir le travail de démolition de mon cerveau, parce qu’il ne faut jamais faire les choses à moitié) Beaucoup d’angoisses aussi, mais aussi beaucoup d’excitation face à ce projet-montagne. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il me tard (laissez moi tranquiiiiiiiiiille ! au moins un petit mois, s’il vous plaît !). On commence aussi à parler d’un petit voyage en Islande avec des amis, ce qui à l’entrée de l’été me réjouit tout plein. En fait, il me tarde d’être en septembre pour voir à quoi va ressembler cette nouvelle vie. Puisque comme l’a très bien résumé mon père « t’auras plus que le statut maintenant, mais tu seras plus étudiante, tu seras universitaire », gros gros changement ! Du coup, cet été verra les dernière articles de la catégorie « le rêve étudiant », le temps que je trouve le nom de la nouvelle catégorie qui hébergera mes aventures qui, je n’en doute pas, seront encore nombreuses. Vos propositions sont d’ailleurs les bienvenues !

Je vais être tellement mignonne que je suis plus que pressée d'y être !

Le futur moi selon une amie. J’aime. Appelez moi Miss Girafe à partir de maintenant

Côté écriture…
Sorti de tout ça, comme vous avez pu le constater, ça a été le grand désert. Je n’aime rien de ce que j’ai pu écrire depuis le mois de mars. À part Héléna’s pinterest, tout est bon à foutre à la poubelle selon moi. Il y a d’ailleurs très peu de textes qui ont dépassé le stade du format papier, voire très peu que j’ai pris la peine de finir. Vos réactions sur les quelques textes postés semblent être plutôt d’accord sur mon ressenti quant à ma qualité d’écriture ces derniers mois. Il me tarde de réussir à écrire quelque chose de bien qui soit autre chose que des chroniques. Même si clairement c’est ce que vous préférez ici, les formes courtes correctes me manquent. J’espère réussir à écrire à nouveau. Parce qu’à part ressasser et rester sur des acquis vieux de plusieurs années, à tourner les mêmes métaphores, les mêmes analogies, les mêmes tournures, j’ai rien fait depuis mars. Il est temps d’avancer !

Je vais donc relancer les textes cerises, parce que vos commandes sont tellement d’idées et de terrains non explorés pour moi, c’est un bonheur ! Donc si vous avez d’ores et déjà des envies, poivronatoi [at] gmail [dot] com. En plus je vais rentrer chez mes parents pour l’été, donc plein de livres à vous envoyer en même temps !

Je vais tâcher de me remettre à la réécriture de Pelouse Interdite, moi qui voulais l’écrire en moins de temps que pour le cirque, c’est mort… Je vais essayer de faire comme pour mes deux derniers textes de théâtre, à savoir m’imposer un rythme d’écriture. Ça m’avait plutôt bien réussi. Donc on y croit !

Pour ce qui est de Nouvel arrivage le lundi et de L’ikea du peuple, je vais les mettre en page / formater pour vous les proposer à la vente via le site lulu en version numérique. Je vous tiens au courant de ça dès que j’ai vaincu l’ordinateur et que j’ai tout compris comment ça marche. J’ai envie de les mettre le moins cher possible, l’idée étant que le plus possible d’entre vous puissiez les lire, même si vous n’êtes point riches, et que je puisse récupérer quelques euros quand même. J’avais trouvé le prix de vente du cirque affreusement élevé, et ça m’avait frustré… Je vais voir ce que je peux faire !

En attendant, je passe agréablement mes derniers jours sur Rennes avant de rentrer en vendée demain. Je commence ma saison mercredi par une petite journée 10h30/13h30. Et puisqu’on en est à parler des évolutions de mon travail, vous chers Termites, qu’aimeriez-vous voir en ces lieux ? (que ce soit en terme de contenu ou de forme)

J’espère que tout va pour le mieux de votre coté, vous m’avez manqué durant ces longs mois de traversée du désert !

Et le cute aussi.

Les vitamines c’est important.

Bref, j’ai imprimé mon mémoire

Ça aura pris deux heures à s’engueuler avec mon imprimante puis à essayer d’expliquer au mec du copy center ce que je voulais mais ça y est, IL VIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT !!!!

Et j’ai confié les deux copies que je dois rendre mardi à Rambo, histoire d’être sûre que rien ne leur arrivera… (et si c’est mauvais elle va venir me baffer la gueule quand je dormirai)

Mais comme ma vie est une application de la loi de Murphy grandeur nature, ça ne pouvait pas être aussi simple que « hum, et bien c’est fini, aller, hophophop, on lance l’impression, ha c’est beau c’est magnifique, on va faire relier, bon et bien maintenant je peux jouer au démineur ». Non madame. Et le fait que le démineur sous windows 8.1 soit devenu affreusement pénible à jouer n’est pas la seule raison à cela. Non madame.

Je commence donc tranquillement l’impression. Le mémoire est composé de deux fichiers : 149 pages d’un côté, et une pièce d’une vingtaine de pages que m’avait transmis l’auteur lui-même au format PDF et que du coup je ne pouvais pas intégrer directement dans le fichier principal. Je mets une cartouche d’imprimante neuve, ouvre le fichier principal, convainc mon estomac de bien vouloir rester à sa place, et lance l’impression des 149 pages… Je surveille du coin de l’oeil. Déjà, l’imprimante s’amuse à mélanger les pages… Appart d’étudiant oblige, j’ai pas des masses de place, et mon bureau consiste en une planche sur des tréteaux. Ce qui est top, parce que du coup blinde de place (même si ça amuse toujours mes amis puisque je dois utiliser un quart de l’espace du bureau mais qu’aucune surface de celui-ci n’est vide)(ce qui m’empêche d’avoir la moindre idée du nombre de cartons nécessaires à mon futur déménagement)(mais ça c’est une autre histoire, soyez patients), mais pas assez pour l’imprimante qui siège du coup à même le sol (sous trois piles de livres)(y avait plus de place sur le bureau). Pour être plus à l’aise à l’impression, j’ai viré les piles de livres. Of course. Faudrait pas abîmer les livres dans le processus. Faut pas déconner non plus… J’ai dégagé l’espace. Mais bon, une fois que l’imprimante a imprimé 5/6 pages, elle les pousse puis remet dessus… Bref, elle fait n’importe quoi. Heureusement que mes pages sont numérotées…

Au bout de 20 pages, horreur, enfer et damnation… MAIS QU’EST-CE T’AS FAIT À MES MARGES ?? Évidemment, quitte à niquer une marge, fallait niquer celle de gauche. Sinon, ce n’est pas drôle. J’annule le tout… Aller c’est pas grave… Je vérifie mon fichier, non les marges sont bonnes. Bon… Aller, tu vas vérifier l’alignement des têtes d’impression bichette, hein, pis ça ira mieux après.. t’as intérêt putain. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas cette machine merveilleuse qu’est l’imprimante et donc en quoi consiste cette manipulation : l’imprimante te fait imprimer des beaux dessins qu’elle te demande ensuite de scanner pour vérifier qu’elle marche normalement. Et bien l’impression se passait bien, mais elle refusait de le scanner. J’ai essayé trois fois. Avant de lui dire d’aller se faire enculer. Je fais des essais avec un fichier d’une page (mes remerciements), et je ne sais pas quel miracle, ça marche normalement. BOOOON. Je recommence. ET BIM, passsés 20 pages, rebelote. Je suppose naïvement qu’elle se dérègle au fur et à mesure de l’impression. Ça se trouve elle a pris un coup de pied un jour et voilà. Mais bon, il y a peu de chance que ça arrive. À moins que je ne sois rentrée bourrée chez moi, du genre à me prendre tous les murs et tous les meubles que je croise jusqu’au moment béni où je peux m’écrouler sur mon lit. Ce qui n’arrive jamais. (bonjour maman, je mène une vie extrêmement saine à Rennes, ne t’inquiète pas !) Ce scénario est donc peu probable.

Toujours est-il que je commence à imprimer mon mémoire à coup de 20 pages par 20 pages. Ce même mémoire qui fait 149 + 25 pages. Je vous laisse imaginer le fun à l’état pur. Je me vois donc vérifier page par page l’état d’impression. Je réimprime les pages décalées, etc… Et puis, vient le moment des annexes. Et là… va comprendre pourquoi, elle n’imprime pas les numéros de pages. haha. lol. Je me marre. Je me gausse. On s’amuse bien. JE VAIS TE BUTER PUTAIN DE SALOPERIE DE TA MÈRE ON VA BIEN VOIR SI TU FERAS LA MALIGNE QUAND TU SERAS UNE PUTAIN DE BOÎTE DE MAÏS ! Je sais pas, elle doit pas aimer les chiffres romains, ça doit être ça. Je vois pas d’autre explication possible. Je vérifie, bidouille un peu. Je sélectionne les pages que je veux, et je redemande l’impression. Elle voulait même pas. Genre, elle faisait la gueule, façon pétasse de 10 ans qui te soupire à la gueule avant de tourner la tête de l’autre côté parce qu’elle veut pas manger ses épinards. Et là en général, si tu n’es pas patient, tu lui fourres les épinards de force dans la gueule parce que putain c’est toi le patron oui ou merde (ne me confiez jamais vos enfants) ! Et bien là pareil. Mais sans épinard. Parce que si tu as vu A.I., tu sais que les épinards c’est pas bon pour les machines, et si tu ne l’as pas vu, bah… c’est dommage, tu peux pas comprendre cette blague (tu sens l’épuisement qui fait que j’ai même pas le courage d’imaginer une blague plus mainstream ?)(mais bon au moins tu sais quoi regarder ce soir en mangeant ta pizza)(d’ailleurs je vous laisse, faut que j’aille acheter la mienne, je reviens)(oui maman, j’ai aussi une excellente alimentation, très variée et équilibrée). Je me suis donc retrouvée à imprimer une bonne vingtaine de pages, une à une. Une. À. Une. Putain de bordel de merde ! En sachant que je n’ai pas pu imprimer le deuxième fichier parce que la cartouche a rendu l’encre avec toutes ces conneries. Au final une soixantaine de pages foutues en l’air. À l’heure actuelle, elles me servent à absorber les vibrations du caisson basse…

J’embarque donc l’exemplaire quasi complet, une clé USB avec les deux fichiers, et direction le copy center en bas. J’arrive, m’installe à l’ordi qu’on me désigne. J’imprime d’abord le deuxième fichier, histoire d’être sûre de pas oublier de le rajouter à l’exemplaire fait chez moi. Au moment d’imprimer le fichier principal, je ne retrouve pas le fichier format PDF que j’avais fait exprès pour le copy center. On reste calme. Du coup, ne reste que le fichier format word, et là tu pries pour que ça passe sur leur version sans tout te bousiller ta mise en page. Sinon, quelqu’un va mourir. Dans d’atroces souffrances. Genre il va se bouffer tout le mémoire. In your face ! Par chance, leur version de word est compatible, donc pas de soucis. À première vue. ahahahahahahahah (après impression d’un mémoire de 174 pages mon vocabulaire a gravement rétréci). Alors que l’imprimante du copy center pleure tout ce qu’elle sait le mec vient me voir « mais, c’est à vous tout ça ». Ouai. Tout ça. Tout ça c’est à moi. Tout ça c’est moi qui l’ais écrit. hahahahahahahahahahaha (c’est pas le même !).Je récupère le tout, monte correctement les deux exemplaires, et reviens vers le monsieur avec un sourire moitié polie moitié j’ai besoin de toi moitié putain tu vas en chier mais c’est chacun son tour que veux-tu (oui j’ai aussi perdu les mathématiques les plus élémentaires)(sans compte que cette blague est usée jusqu’à la moelle). « Je voudrais relier tout ça s’il vous plaît _Oui, combien de pages ? _174 _Ha. » Le poids du monde dans ce ha… (pas besoin de vocabulaire en fait, ha ça suffit, je note pour ma soutenance)

Et c’est parti… C’est ramada, ils sont tous de bonne humeur alors que j’ai une gueule de déterrée, et clairement je scotche comme une conne. Je cherche désespéremment des trucs à lire sur les murs pour me maintenir éveillée, mais j’ai vite fait le tour (pis c’est pas comme si j’avais un mémoire de 174 pages sous les yeux quoi). Le mec est interrompu 400 fois car il est tout seul à gérer. Mais il est sympa. Il tente vaguement de discuter mais j’ai clairement les nerfs qui lâchent, du coup, faire la conversation c’est pas vraiment mon point fort (ce qui est drôle c’est que formuler comme ça on aurait presque l’impression que d’habitude je gère sa patate en conversation. C’est beau la langue française)(hahahahahahahahaha). « non mais moi le théâtre c’est pas mon truc ». D’accord. Je me raccroche aux branches « il en faut pour tous les goûts ». WAHOU ! Bravo moi, trop de sociabilitude d’un coup là. Grandiose. Vive les clichés. Je fais quand même l’effort d’enchaîner sur un « moi c’est quand mes potes me traînent voir un match de foot que ça me fait ça » OUIIIIII ! j’ai réussi ! J’ai relancé la conversation ! MOUHAHAHAHA ! Ich bin eine Génie ! MOUHAHAHAHAAHA (à l’heure actuelle, l’auteure a les fils qui se touchent mais plus la lumière dans toutes les pièces)(zeugma)(je dirai même plus : zeugma par 4 heures de sommeil, motherfucker). Enfin j’y arrive qu’une fois. C’est trop. Faut dire que je dors tellement bien en ce moment, que cette nuit, j’ai été réveillée par… ma salive. Genre, mon corps avait besoin que mon cerveau soit à 100% de ses capacités pour lui expliquer comment déglutir. Je pense que le jour où on a appris à tous les embryons cuvé 1989 les premiers réflexes de survie, mon corps faisait des mots croisés dans le fond de la classe, ou avait séché pour picoler de la vodka. Dans un cas comme dans l’autre, ça expliquerait beaucoup de choses.

« Moi je suis plutôt scientifique, alors tout ça c’est un peu écrire pour rien dire ». Mec, il faut que tu sois bien conscient que la seule raison pour laquelle tu es encore en vie, c’est parce que tu as mon mémoire dans une main et une machine qui découpe dans l’autre. Parce que sinon t’imagines même pas comment tu serais cloué au mur à l’heure actuelle. J’ai à peu près autant d’humour que Kim Jong-Un à l’heure actuelle (Genre « ha ouai, tu fais la sieste ? BOUYA ogive nucléaire dans ta face putain ! »)(sauf qu’en vrai personne dit « bouya » mais bon, je trouvais ça chouette comme onomatopée). Mais bon, finalement, on relie le tout, ça pèse une tonne sur le bras et retour à la maison…

Ma prochaine imprimante.

Le précieux est donc maintenant sagement entreposé et surveillé par Rambo, qui, comme vous avez pu le constater, a bien grandi. D’ici peu, je prends le temps de vous raconter ses aventures à elle.. Toute une histoire ça aussi ! En attendant, je n’ose même pas feuilleté les deux exemplaires… Si je trouve la moindre coquille, je vais juste m’écrouler par terre et pleurer jusqu’à la déshydratation complète (notez qu’au moins comme ça, je ne serai pas réveillée par ma salive : je n’en aurai plus. Problem solved)(accessoirement je suis en train de réaliser que mon usage des virgules est mauvais parce que je les mets à l’allemande… mon cerveau est un bordel sans nom)(vous avez le droit de vous en foutre, mais bon, je ne comprends pas j’avoue. La ponctuation allemande c’est quand même un sujet passionnant non ?)(méfie toi, si tu t’endors devant ton ordi, c’est ogive nucléaire, je te vooooooooooooois !)(Voyez comment soudainement la ponctuation allemande est devenue le plus grand sujet de conversation et moi la meilleure des dames de compagnie. Ça s’appelle le talent. Si seulement toutes mes communications pouvaient être écrites…). Je vais bien, je gère parfaitement mes émotions. Ou pas. Ou pas trop. Je sais plus. hahahahahahahhahahahahahaha.

Bref, j’ai imprimé mon mémoire.


Bonus :