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Un matin à la laverie

Rise Against – Ready to fall

Ce matin à la laverie j’ai enfin compris.
Ce matin à la laverie j’ai compris pourquoi certains en arrivaient à tirer dans le tas.
Au hasard. Sans revendication autre que celle de tuer.

C’est marrant comme ça m’a frappé d’un seul coup. La violence de l’inanité. De l’insoluble inanité. Interminable inanité. Tellement tellement, tellement tout le temps. C’est devenu évident. Genre clair comme de l’eau de roche et autre commodité littéraire d’usage. Enfin marrant… Faut une sacrée dose d’humour noir, je te l’accorde. C’est juste… tu vois comme on cherche des réponses dans toutes les impasses possibles et imaginables alors que la réponse était juste là. À attendre qu’on arrête de se voiler la face. Ce matin à la laverie j’ai compris pourquoi certains en arrivent à tirer dans le tas.

I’m standing on the rooftop

Ce matin à la laverie c’est donc devenu aussi évident qu’une introspection minimaliste.
Ce matin à la laverie j’ai calculé. Je travaille 7 jours sur 7. Je n’ai plus de vacances depuis des années, seulement des arrêts maladie quand le corps ne suit plus et monte à 40° de fièvre pour le plaisir de me voir redescendre. Tout ça pour rester bien sagement bien gentiment sous le seuil de pauvreté.
Ce matin à la laverie j’ai ri quand j’ai ajouté au bilan qu’en prime il fallait aussi que je passe mon temps libre à la laverie, donc.
Et ce matin la laverie c’était la sortie culturelle de la semaine. Tous les parents leurs paires de chiards à la main à attendre que les machines tournent alors que si les gosses ne savent pas faire une chose c’est attendre.

I think I’m at the edge now

Ce matin à la laverie entre les hurlements parce que « c’est moi qui met la pièce la lessive », les coups de pieds dans les hanches, le mec qui lorgne sur mes seins par dessus son tel, c’est devenu évident. La rage sourde et bouillonnante dans le fond des veines. Les larmes qui attendent patiemment de pouvoir se cacher derrière les lunettes de soleil. Les mains qui tremblent sur les pages du manga. Les yeux qui ont du mal à suivre la logique des cases. Vraiment, c’était évident. À ne pas comprendre pourquoi on continue de demander pourquoi.

I’m standing on the rooftop
Ready to fall
I think I’m at the edge now
But I could be wrong

Parce que ce matin à la laverie, moi et mon épuisement, les parents sans nulle part où mettre les gamins, alors sans doute les parents et leur épuisement, l’autre du même âge que moi qui remet son manteau pour éviter le regard de l’homme, et la petite vieille qui n’arrive même plus à faire sa lessive toute seule. Putain c’était tellement évident.

Now I’m standing on the rooftop
Ready to fall

Ce matin à la laverie c’est devenu tellement évident. L’épuisement chronique. Et surtout surtout comment on est tous gavés de haine jusqu’au fond de la gorge. Ça proteste pour les oies à Noël et ça oublie qu’on en a tous plein la gueule de cette haine. Haine de l’autre du monde de nous-même du système. Et c’est presque de l’art comment elle survit cette haine tu vois. Comment elle se nourrit de nous et comment on la nourrit on l’entretient on la polie on la vernit. Comment on fait en sorte que chacun se déteste soi-même un peu plus pour qu’on accepte toutes les humiliations qu’on ira consoler à grands coups d’achats divers. Et on a beau le savoir ça marche quand même. De l’art je te dis. Sauf que les canards les oies on finit par les égorger quand vient l’heure. Alors que toi moi les parents à la laverie et le mec et son regard vitreux et la petite vieille et les gosses qui courent et la nana planquée dans son manteau, va falloir qu’on fasse avec. Tous les jours. Avec cette haine de nous et nos vies. Avec le gavage interminable.

I think I’m at the edge now
But I could be wrong
I’m standing on the rooftop
Ready to fall
Ready to fall

Tu sais comme on aime bien dire que chaque personne a son prix ? Moi j’ai toujours dit que chaque personne avait une date de péremption. Si t’as de la chance ça correspond à peu de choses près à la date de ta mort. Si t’en n’as pas c’est l’avenir à garder les yeux dans le vide, ou pire, les yeux dans les souvenirs à ressasser des pourquoi et des si.

I’m standing on the rooftop
I’m standing on the rooftop

Alors ce matin à la laverie c’était tellement évident. Parce que putain il faut bien en faire quelque chose de toute cette haine non ? Sinon elle finit par te pourrir. On nous fout tellement dans la tête que c’est chasser ou être chassé, alors forcément à un moment t’ouvres le feu. La haine c’est terrible parce que ça marche. Et t’as beau le savoir, tôt ou tard ça finit par marcher. On pourrait vomir mais ça ne règle pas le problème. Pour vomir il a bien fallu avaler.

Ready to fall
Ready to fall

Alors ce matin à la laverie et toute cette haine et cette fatigue et cette lassitude bien pourries dans ma gorge j’ai compris pourquoi les gens en arrivent à tirer dans le tas et je me suis roulée en boule dans le coin entre les machines à laver et les sèche-linges.

READY TO FALL

Ce matin après la laverie à attendre le bus, je me suis demandée si c’était possible de terminer autrement qu’en foi gras sur la grande table d’un système sans pourquoi ni comment. D’habitude tu vois j’y arrive. J’écris, je raconte des histoires, je crée quelque chose. D’habitude tu vois mon cynisme c’est plus une blague qu’un réflexe de survie. Mais là j’ai plus que ça sur la peau pour ne pas tout lâcher. Peut-être c’est juste le blues annuel, la violence du mois de mars dans ma gueule.

But I could be wrong…
READY TO FALL

Ce matin après la laverie j’ai été terrifiée par l’idée de ne plus avoir de mot. C’est tellement de plus en plus une torture d’ouvrir la bouche pour parler, que quand le dimanche soir arrive je peux déjà plus respirer rien qu’à compter le nombre de cours qu’il va falloir assurer. Tous ses bouts de verre dans ma bouche, tous ses tessons de bouteilles coincés dans ma gorge, tous ses débris dans la langue qu’il faudrait cracher. Alors tu vois je me suis demandé si cette fois-ci j’allais vraiment arriver à créer quelque chose plutôt que de laisser cette foutue haine tout détruire.

And if you see me 
Please just walk on by
Walk on by
Forget my name
And I’ll forget it too

Parce que ce matin à la laverie j’ai compris pourquoi certains tirent dans le tas. Et c’est tellement clair et évident que s’en était presque tentant. Tout le monde fait semblant de se demander pourquoi les gens font ça alors qu’en vrai c’est tellement évident. Tout le monde a une date de péremption. Il suffit juste d’attendre.

Ready to fall
Ready to fall
Ready to fall

Du coup ce matin en rentrant de la laverie je me suis demandée quels mots j’allais pouvoir trouver pour raconter ça, pour nommer ça. Quelle histoire j’arriverais à mettre en place pour raconter ces instants de désespoir dans le fond des laveries des bus ? Combien de mots quand tout le monde tôt ou tard se retrouve face au mur avec cette haine bouillonnante dans les veines et la gorge, à se dire qu’après tout, le monde l’aura bien cherché, qu’une fois gavé de haine, il faut bien la rendre, en faire quelque chose.

Now I’m standing on the rooftop

J’aurais bien aimé en rentrant de la laverie trouver une fin heureuse à raconter. Un truc pour dire qu’on va survivre et que ça ira. Que la haine c’est plus facile certes mais pas inextricable. J’aurais voulu pouvoir me prouver que cette fois encore, j’arriverais à me saisir de toute cette haine pour en faire quelque chose d’autre. Mais tu vois, en rentrant de la laverie, j’avais juste le temps de jeter le sac de linge sur le lit, chauffer un reste de riz et partir bosser. Encore. Et parce que j’avais fini par comprendre pourquoi certains tirent dans le tas, je me suis demandé encore combien de temps avant ma date de péremption, combien de temps avant que je tire dans le tas.

I think I’m at the edge 
But I could be wrong

Now I’m standing on the rooftop
Ready to fall


Citation additionnelle : Rise Against – Drones

Je ne suis pas sensée avoir le temps d’écrire. Du coup je fais que ça. Comme d’hab. Comme vous pouvez le constater. Dans les bonnes nouvelles : depuis la semaine dernière j’ai enfin trouvé quelqu’un qui vendrait de la glace. YOUHOU. Le bonheur c’est simple comme un cornet pistache – caramel beurre salé. On se retrouve sur Facebook et twitter où promis dès que j’ai deux neurones qui font de la lumière j’essaie de partager du plus positif.

17/11/16 Des nouvelles du front (sans faute dans le titre)

C’est curieux la vie d’auteur des fois quand même.
Tu as une page blanche et il faut la remplir. À partir de rien. Ou presque.
En plus, moi je fais partie de ces auteurs-éponges qui servent surtout à connecter les points entre eux pour te faire le dessin. Des fois, j’ai pas vraiment l’impression de choisir les points. Alors quand même un peu si.
Genre tu vois, cet après-midi, je bossais sur mon NaNoWriMo. Et un de mes personnages s’est suicidé. C’était pas prévu. Mais genre pas du tout. Du coup je suis un peu embêtée. Déjà je suis triste parce que j’avais pas du tout prévu qu’il en arrive là. Genre je pensais que peut-être un happy end c’était possible. Et je suis emmerdée parce que mon perso principal va devoir se débrouiller encore plus tout seul. Ça m’emmerde pour lui parce que ça va lui rajouter un boulet de plus. Du coup pour finir bien, va falloir aller chercher encore plus loin si on veut que ça reste crédible.
Donc je suis emmerdée à tous les niveaux.
C’est rigolo NaNoWriMo parce que quand tu es un auteur-éponge, tu vois drôlement bien passer tout ce qui t’obsède, te fait peur, t’emmerde. Genre, si tu te rappelles la feuille jaune du début, bah finalement, j’ai à peine gardé ce qu’il y avait dessus. C’est une seconde version, mais elle n’a plus grand chose qui la rattache à sa version 1. À part peut-être ça : l’incohérence entre la langue et le monde, entre la langue et les gens, l’utilité des mots quand on n’a plus rien d’autre, la solitude, la folie quand on ne peut plus répondre aux questions.
Mon cerveau a été repêché une histoire en forme de vieux secret de famille, un truc à ma mère. Alors bien sûr, j’ai bougé déformé tordu parce que ça ne se fait pas de livrer les gens en pâture à la fiction comme ça. Mais quand même, c’est parti de là. Pourtant, pas faute d’avoir voulu chercher une histoire remplaçante, moins proche que celle-là. Mais non, mon cerveau avait décidé que c’était celle-là et pas une autre. J’avoue que j’ai un doute, peut-être que c’est même pas ça qu’elle m’avait raconté et que j’ai déformé. Du coup au final ça serait pas grave, j’aurais déformé la déformation, on serait plus à ça près. Toujours est-il que moi qui pensais avoir réussi à me déraciner, me voilà à ressortir les histoires de famille. Paye ton ironie. Et en même temps, c’est parfaitement logique puisque je suis dans une période où je n’ai plus de maison. Alors forcément, je me pose des questions sur mon choix de m’être déracinée, parce que là me voilà joyeusement à poil dans la neige à compter les flocons.
Et au final, ça se retrouve dans le roman. Même si c’était pas prévu. Comme mon personnage qui s’est suicidé. Alors qu’il était à peine né, qu’on commençait à peine à se connaître. Voilà qu’il a disparu (parce qu’en vrai pour le moment y a que moi qui sait qu’il s’est suicidé)(du coup si cette version a un jour le droit à une version publique, je vous ai tous spoilé, je compte sur votre mémoire saturée d’informations). Et pour le coup, même moi je sais pas trop où, ni pourquoi. En vrai, la seule raison, ça sera sans doute que « c’est pas juste ». Parce que ça aussi, ces derniers mois, ça me bouffe la gueule, à quel point rien n’est juste et les gens disparaissent comme ça sans prévenir, alors que tu commences tout juste à les connaître. Ou pas. Ça se trouve c’est juste des inconnus qui crèvent parce que le monde se tire une balle dans le pied, et dans leur tête au passage. Ça aussi, ça finit dans le roman…
Bref, y a plein de choses comme ça, que t’as à peine le temps de réfléchir, de raisonner, parce que t’as un mois, et que j’ai 3 000 mots de retard. Là je le vois, parce que forcément, je vois bien ce qui survit à la version de l’année passée, ce qui bouge, ce qui prend forme, ce qui se déforme, ce qui me brûle les doigts, ce dont je me fiche aujourd’hui. C’est amusant de voir tout ça se faire.
Tout ça pour vous dire que mon personnage s’est suicidé sans me prévenir et franchement, moi je trouve ça dégueulasse d’abord.

Des nouvelles du frond : NaNoWriMo 2016

Je rappelle le principe : un roman de 50 000 mots (ou plus) écrit en un mois.
Cette année j’ai décidé de réécrire le roman que j’avais écrit l’année dernière. Une toute nouvelle version 2 suite aux remarques d’Alexis et Solène qui ont bien voulu le tester (merci à eux au passage pour leurs retours et les pistes à suivre).
 
Le truc c’est que ça a vraiment été la merde pour moi ces derniers mois alors je suis franchement très mal préparée… J’avais donc plusieurs façons de faire possibles. J’ai finalement décidé de ne rien relire du tout de mon travail de l’année dernière. Ma préparation d’hier soir a donc consisté à retrouver de tête les éléments qui me paraissaient importants : personnages, événements marquants. C’est ce que vous pouvez (mal) voir sur la feuille jaune. Dans la marge j’ai aussi posé une série de questions auxquelles il va falloir que je trouve les réponses : soit pour les intégrer dans la narration, soit pour la construction du truc.
 
Je suis pas mal flippée pour plusieurs raisons… D’un côté, parce que c’est la première fois que je travaille comme ça. Pas la première fois que je réécris un roman, mais c’est la première fois que je fais une réécriture « sans filet ». C’est excitant et… putain de flippant ! Mais à un point… Je suis constamment en train de me dire « oui mais si j’avais écrit un truc génial pour décrire si ou ça… je vais le perdre là… c’est con quand même… » ou « et si je réécris un truc encore plus mauvais ? ». Et en même temps, je peux m’autoriser plein de choses. Je ne suis plus handicapée par la structure de la première version (qui était très mauvaise selon moi et mes deux relecteurs), et surtout, il y avait plein de choses que pour des raisons X ou Y j’avais réduits au minimum… Ce qui est dommage. Je trouve… d’autant plus dommage que non seulement j’ai pas pu m’amuser avec, mais en plus ce sont des idées qui se retrouvent à ne marcher qu’à moitié parce qu’elles n’ont pas eu la force nécessaire pour fonctionner…  Bref, en ne m’empêtrant pas de la première version, je peux ne récupérer que les idées qui fonctionnaient vraiment… et qui me sont revenues hier soir. 
De l’autre, ma situation n’est toujours pas complètement réglée. J’ai beaucoup de travail, en partie parce que j’ai pris du retard à cause des problèmes de logement que je traverse depuis un mois. J’ai pas encore raconté, mais ça fait déjà trois semaines que je fuis mon appartement et squatter les canapés de potes à gauche et à droite…et que ça va continuer jusqu’à début décembre. Alors vas-y pour écrire un roman quand tu sais pas toujours où tu dors le soir même, c’est un peu chaud patate ! Et du coup avec tout ça, la confiance d’auteure, elle a pris un sacrée coup dans l’aile. Alors j’en ai chié des ronds de pendule pour ce premier jour ! Incapable même d’ouvrir le document word, et un temps infini pour arracher ses bouts de phrase à la page blanche… Finalement, au bout d’une heure infructueuse ou presque, j’ai fini par lancer l’écoute de Piano is evil d’Amanda Palmer et j’ai enfin trouvé le rythme de croisière me permettant d’atteindre les 1667 mots quotidiens requis, et même d’atteindre les 1782. Cette version 2 gagne aussi un nouveau titre (parce que j’étais pas pleinement convaincue par Le temps du grenier) et s’appelle désormais L’océan littéralement ou Littéralement l’océan, suis pas encore complètement décidée, mais ça me plaît déjà beaucoup plus. Ça sonne moult mieux !
Bref, j’espère réussir à continuer sur cette lancée… d’autant que j’aime vraiment ce personnage et son univers, et écrire du fantastique c’est quand même bien trop génial…
Un Wall of Death à vous !

Pelouse Interdite : extraits !

Yeup yeup monde !

Alors comme promis, une fois atteint les 70 j’aime sur Facebook (parce que c’est quand même bien pratique de mettre des barres comme ça des fois), monde tu gagnais le droit à quelques extraits de ce (on l’espère) merveilleux roman que sera (peut-être) Pelouse Interdite ! J’espère que l’attente aura valu le coup… Et maintenant, sans plus attendre, je vous invite à découvrir les personnages principaux…


Come see our girls, crazy girls
If you’re willing to be thrilled, this is a hell of a ride
Those girls, crazy girls
They’re hot, they’re nuts, they’re suicidal
Tickets cheap, it’s a crime
And they’re half price after 4 o’ clock, so toss us a dime
To see these lovely freaks of nature for a limited time
Come see the girls, girls, girls

Emilie Autumn – Girls ! Girls ! Girls !

Birdy :

Il y a des moments de solitude. Des moments où on se demande comment on a fait pour arriver là. Si on prend le temps d’y réfléchir un instant, on réalise que c’est une question stupide. Dans le fond, on sait très bien comment tout cela a commencé. Mais ça serait plus simple de penser que le coupable est ailleurs. Dans mon cas : pourquoi ai-je accepté l’invitation d’Élodie à sa soirée. Je ne suis même pas sûre de ce que l’on fête au juste. Toujours est-il que j’ai accepté l’invitation. Peut-être que je me suis dit qu’il était plus facile d’assister à une soirée et de s’y ennuyer que de la suivre à travers le mur ? Quelque chose du genre.

Je ne suis pas habituée à ce genre de soirée. Je ne fais pas parti de ces gens qui ont des répertoires de téléphone équivalents aux pages jaunes. Si j’ai une vingtaine de numéros dans mon portable, c’est bien tout. Qu’est-ce que je ferais des autres ? Sans doute pas grand-chose. J’oublierais forcément qui est qui, je serais incapable de mettre un visage sur un nom et le numéro qui l’accompagne. Alors me retrouver au milieu de la petite cours d’amies de ma coloc, ça me fait tout drôle. Ça piaille, ça râle, ça commère. Pour tout vous dire, je ne suis pas bien sûre du protocole à suivre. J’ai la sensation d’une bande de langues de vipère : à peine l’une s’est-elle levée pour aller aux toilettes, que les autres en profite pour lui baver dessus. La décence voudrait qu’elles attendent au moins que l’autre ait quitté la fête non ? Je n’arrive pas à suivre. Pourtant j’essaie. Enfin, j’ai essayé. Au moins au début. Mais je ne connais pas la moitié des noms qu’elles citent. Certains évoquent vaguement quelque chose dans le fond de ma mémoire. J’ai forcément dû les entendre quelque part. Dans les moments de solitude, il faudrait aussi ajouter cette hésitation : quand on n’ose pas avouer qu’on ne sait pas et demander qui c’est, puis que le moment acceptable pour demander est passé. Sans m’en rendre bien compte, je glisse peu à peu dans un état de semi-léthargie.

Ces filles, je commence à les connaître. Des amies d’Élodie. Certaines viennent régulièrement. Je n’ai jamais vraiment ressenti la moindre affection pour aucune. Faut dire que de base, Élodie et moi n’avons pas grand-chose à nous dire. Nous entretenons des rapports cordiaux, mais rien de plus. L’appartement est une sorte de duplex : chacune possède sa chambre et sa salle de bain, disposée autour d’une cuisine commune. Ce qui fait que si nous le voulons, nous pouvons ne jamais nous croiser. Cela m’arrive plus souvent qu’à elle, il est vrai… J’aime le silence et les livres, même si cela fait des années que je n’en ai pas terminé un seul. J’aime l’effet que cela fait d’en ouvrir un nouveau, de plonger dedans et de se perdre, comme si tout était possible. Et une fois que j’ai compris les règles du livre, je m’ennuie. J’essaie pourtant d’aller au bout, mais rien à faire. Je finis forcément par le refermer, et en ouvrir un autre pour voir. Les livres s’entassent. Je pense souvent à aller les donner, mais je laisse passer les occasions de le faire. Je rêve souvent que j’y mets le feu, un jour de dépit… De son côté, Élodie aime le cinéma à gros budget et se tenir au courant des potins. Elle ne rate jamais une sortie de films inspirés de comics, qu’elle emprunte régulièrement à un de ses rares amis masculins. Même si je ne comprends pas bien pourquoi, ces histoires la passionnent. À chaque fois qu’on mange ensemble, il faut qu’elle me raconte. Il faut lui reconnaître qu’elle raconte bien,  je finis toujours pas être convaincue qu’il faut à tout prix que j’aille en lire, ou en tout cas en voir un au cinéma. Elle me propose régulièrement de venir avec elle. Je ne sais pas si c’est par envie de faire quelque chose avec moi ou seulement qu’elle culpabilise de me savoir seule ici. Ce qui est stupide. Je suis solitaire de nature. Je refuse toujours gentiment l’invitation, préférant accepter de voir les mêmes films avec elle quelques mois plus tard quand elle les achète en DVD. C’est un peu la tradition, elle achète son DVD, et nous le regardons ensemble, elle commente toutes les scènes, anticipant d’avance sur la suivante et expliquant les différences plus ou moins acceptables avec le comics d’origine. Tandis qu’elle déballe sa litanie interminable – elle fait plus de bruit que le film, ce qui ferait hurler n’importe qui d’autre, sans doute la raison pour laquelle elle le regarde avec moi –  je m’applique à créer le plus haut château de carte que je puisse. Sorties de ces quelques moments de complicité, nous avons du mal à partager quoi que ce soit. Il n’y a pas d’animosité entre nous. Simplement, nous ne vivons pas vraiment dans les mêmes mondes. Par diplomatie, nous avons simplement tâché de les faire se croiser en un point donné…


Half :

«BAISSE LE SON !
_C’EST LA FINALE PUTAIN !»

La finale mon cul. Une finale c’est fait pour mettre fin à quelque chose. Hors le ramdam venant de cette chambre ne s’arrête jamais. Quand ce n’est pas le foot c’est le rugby, quand ce n’est pas le rugby c’est le handball et tout se finit en orgie avec une nana toujours différente mais qui hurle toujours pareil. Tout ça me fatigue. Si quelque chose doit finir ce soir, ce n’est pas ce foutu match…

Ce soir ma chambre est vide. Demain j’aurai levé le camp. Trop fatiguée de ce bordel, et de tout le reste, je déménage. «Mon frère est un porc» ai-je dit à mes parents. J’ai bien essayé d’expliquer la situation mais rien à faire. «Half voyons tu dois comprendre ! Ton frère travaille très dur pour ses études, il faut bien qu’il se détende un peu. Tu peux bien comprendre ça non ?»

Le fait est que non. Je ne peux pas comprendre. Il ne met jamais les pieds dans son école de commerce, à part quand il est las de la dernière crieuse. Mes parents continuent de payer les années alors il continue d’avancer. Bien entendu, moi je n’ai pas eu le droit au même régime. En dessous de la mention bien plus de vivres. Mais surtout, l’obligation de vivre avec lui, parce que « ça fait des économies ». Par contre, on peut payer son école à 9 000€ l’année contre 400 pour la mienne sans que personne ne se dise que peut-être il y a là matière à faire des économies. Mais ça doit être parce que je suis devenue experte-comptable que je me rends compte de ce genre de choses. Tant pis. J’ai de plus grands projets en cours. Projets qui nécessitent un peu de calme. Les études étant finies, le contrat signé, je peux enfin partir d’ici sans me retourner.

J’essaie de finir mes cartons comme je peux. Mes chaussures sont toutes bien rangées. Idem pour mes vêtements. Il reste le grand miroir. Je crains de devoir m’en séparer et cette idée ne me plaît guère. Je l’ai trouvé sur le marché pour une bouchée de pain. C’est un miroir comme on peut en voir dans les boutiques de luxe. Un miroir en pied, incliné pour se voir parfaitement de haut en bas sans avoir à se ridiculiser dans des positions à peine humaines. Comme je dois partir d’ici quasiment clandestinement, je ne peux pas l’emmener. Et je ne pourrai peut-être pas revenir le chercher. Si je veux couper les ponts, je ne peux pas le faire à moitié.

En guise d’au revoir je m’admire une dernière fois. Dans tous les sens. Je me dévisage pour être sûre de ne pas oublier cette image. J’observe la courbe de mes fesses, la façon dont cette ligne arrondie se poursuit le long de mes jambes. À l’autre opposé, mes cheveux tombent parfaitement le long de ma nuque. Le rouge leur va bien. Bien mieux que cette espèce de blond fadasse qui leur sert de couleur naturelle. Cette foutue couleur de paille héritée de mon père. Je la déteste.

J’ai teint en rouge. En rouge vif. Il y a deux semaines. Quand je suis rentrée le dimanche pour le repas dominical, mon père a failli avoir une attaque. J’ai trouvé ça plutôt amusant. Il a gardé les yeux tétanisés un long moment, est resté immobile tout autant. Finalement, il n’a rien dit. Enfin si. «Va aider ta mère à mettre le couvert s’il te plaît.» Tout était rentré dans l’ordre selon lui. Donc je suis allée mettre le couvert. Et puis toute la famille est arrivée. Comme tous les premiers dimanches du mois. Ils ont tous adopté la réaction de mon père. Chacun leur tour ils m’ont fait la bise et puis sont restés immobiles à me fixer avant de se détourner et de prendre leur place. Parfois pas toujours dans cet ordre d’ailleurs. Ça avait l’air très dur de ne pas faire de commentaire, et en même temps, ils en mourraient d’envie, seule l’inspiration manquait.


Lucy :

Elle fait chier Half. Toujours à te seriner ses grands principes, que bientôt ça va changer, qu’elle va tout faire changer, mais en attendant pendant que d’autres se font chier comme secrétaire – cafetière – photocopieuse elle s’est trouvé la bonne planque : comptable dans une petite entreprise. Personne ne fait chier les filles qui préfèrent les chiffres. On sait jamais, des fois qu’elle vous dirait quelque chose que vous ne comprendriez pas. Pas pareil avec les secrétaires. Mais en attendant, ça paye les factures. Je savais bien que je trouverai pas de place en tant que grand reporter dès la sortie de l’école. Même si c’est ce que je vise le problème n’est pas là. Je viens de province, déjà ça complique tout. Le métro est un putain de labyrinthe, les Parisiens doivent avoir la carte directement implantée derrière la rétine pour réussir à s’y retrouver sans le moindre soucis. Ça fait deux ans que je suis là, deux ans que je galère et que je finis toujours par demander mon chemin à un agent qui a plus ou moins le temps de me répondre en fonction du nombre de PV qu’il a déjà rempli pour atteindre son quota. Le problème majeur est que je connaissais personne dans le milieu en arrivant, alors pour se faire une place, faut s’accrocher. J’arrive encore à trouver quelques piges par ci par là. Pas de quoi m’ouvrir les portes des grands quotidiens. Je m’accroche, parce qu’on ne lâche pas un rêve comme ça. Mais putain de merde, je mérite une foutue auréole parce qu’en vérité, la seule chose à laquelle je m’accroche, c’est ce boulot pourri dont le seul mérite est de me permettre de me nourrir sans avoir à fouiller les poubelles, et ce même si une bonne partie du boulot en question consiste à vider les poubelles de tous les bureaux. Je suis secrétaire à tout faire dans une agence de pub. On m’avait laissé croire que je pourrai toucher aux communiqués, participer activement en faisant quelque chose d’un peu plus proche de mon métier d’origine. Ça aurait été moins palpitant que le conflit israélo-palestinien, mais c’était toujours écrire. Au lieu de quoi, je me retrouve cantonnée à faire les cafés, sauver les photocopieuses de terrifiants bourrages papier et parfois faire croire à leurs femmes qu’ils sont en réunion quand ils viennent de récupérer sur votre bureau l’ensemble collier – boucles d’oreille pour lequel vous avez dû faire un paquet cadeau.

Alors oui, Half me fait chier à me regarder de haut et me dire de me barrer comme si c’était si facile, comme si je ne faisais rien à côté pour trouver une autre façon de payer mes factures. D’autant que je suis arrivée au bout des moyens pour diminuer le nombre de factures à payer. Elle fait le boulot pour lequel elle a été à l’école, dans une entreprise où on ne la fait pas chier, on la laisse travailler comme elle l’entend et on lui fait confiance. Le pire, c’est qu’elle s’en tape complètement. Parce que tôt ou tard, elle va se barrer pour mettre à bien son grand projet. Grand projet dont elle parle depuis des lustres, presque depuis que je la connais. Elle était venue passer un entretien à l’agence. On avait pris un café ensemble pendant qu’elle attendait et je lui avais un peu raconté l’ambiance générale. Je l’ai sans doute dégoutée de cet endroit… Sans doute que je voulais éviter à quelqu’un d’autre de vivre la même chose que moi. Au final, elle a laissé tomber l’idée de bosser chez nous, mais on est resté en contact et finalement, nous sommes devenues amies. Elle suit ce qui se passe à l’agence comme on suit le procès DSK : sans trop savoir si on veut ou non le voir s’en sortir tout en ayant conscience que ces événements redéfinissent l’échelle selon laquelle on peut affirmer que l’on vit dans un monde de merde. Bref, elle fait chier à te prendre de haut alors qu’elle a juste eu vachement plus de cul que toi et qu’elle est même pas foutue de l’admettre. Elle fait chier à t’expliquer comment tu devrais mener ta vie parce que c’est vrai qu’elle, elle a tellement tout réussi et elle va être tellement quelqu’un de tellement important… tellement importante que je sais plus ce que je pensais à la base. En attendant je lui pardonne, parce que quand elle veut bien se taire, elle t’écoute, et parfois même, elle trouve des solutions, des vraies, des qui fonctionnent.


Daphné :

Je suis amoureuse… Je ne pensais même pas que ça pourrait encore m’arriver. J’ai tellement envie de le dire à tout le monde… Ça fait des mois que ma vie se résume à la boulangerie et chercher des dates de spectacle. Et Birdy aussi… même si on se voit moins depuis quelque temps. Entre cette histoire avec Half… et puis je crois qu’il y a autre chose. Mais quand je lui demande elle fait l’anguille. Alors du coup, je ne pensais même plus que je pourrais rencontrer quelqu’un, ça ne faisait simplement plus partie des scénarios disponibles pour moi. Un peu comme devenir neurochirurgienne, j’ai laissé tomber devant les efforts nécessaires. Mais passons !

À la dernière minute, on m’a appelée pour jouer dans un gala. Une sorte de journée de fête à thème se terminant par plusieurs performances. Mais cette fois-ci, on ne m’appelait pas pour jouer les assistantes à paillettes. J’avais une vraie place dans le spectacle. Certes, on m’a appelée en second choix, un des artistes s’est blessé et il fallait quelqu’un pour le remplacer au pied levé, c’est moi qu’on a choisie. Certes, je suis encore loin d’être la tête d’affiche, second choix ce n’est pas vraiment la position de mes rêves. Mais c’est toujours mieux que dernier choix. C’est ça le plus important finalement. Et ce n’est pas comme si ce genre d’occasions se présentait tous les jours.

J’arrive sur les lieux, un peu anxieuse. C’est la première fois qu’une telle chance s’offre à moi. Je ne veux pas la rater. Les seules fois où j’ai pu présenter mon spectacle c’était dans des bars, avec tous les désagréments qui vont avec. Je ne veux pas rater l’occasion de jouer sur une vraie scène. C’est le moment de faire ses preuves et de leur montrer que je peux faire autre chose qu’être coupée en deux par un magicien poussiéreux. Et même si les mauvaises langues répondent déjà qu’on pourrait me couper en quatre, je ne lâche pas l’affaire.


Et si ça t’a plu monde, on se retrouve sur FB ou Twitter pour plus d’aventures !
PS : si tu savais comme ce fichier word est mal présenté Monde… c’est vraiment affreux… la mise en page et moi c’est pas ça…

Des nouvelles du front : 23/03/15

Yo amis Termites !

Quelques nouvelles parce qu’ici les choses vont très vite et qu’elles laissent peu de temps (à moins que ça ne soit le contraire, je ne sais plus trop). Je pense que je vais complètement laisser tomber l’idée de vous donner le moindre délai pour quoi que ce soit… À l’heure actuelle, la seule pendule en état de marche c’est « faisons les choses comme on peut et YOLO ». (oui y a quelqu’un dans ma tête qui crie YOLO, c’est vous dire l’état de nerf de la bestiole !) En ce moment les journées se découpent sur un modèle de ce genre : matin = sport, préparation des cours, démarches administratives (oui la préfecture, c’est toi que je regarde !), après-midi = BU, soir = spectacles et tentatives de socialisation (comprendre : bourrage de gueule avec les copains de BU)(comprenez qu’à huit heures là bas, une pinte suffit à vous coucher, mais que ce n’est pas pour autant que vous vous arrêtez là.)

Mon ordinateur et moi commençons à entretenir des rapports un peu étrange. Je commence à avoir sérieusement l’impression de l’avoir carrément greffé au bout des bras, ce qui n’est que très moyennement agréable au bout d’un moment. D’où mon manque de motivation à donner des nouvelles / écrire / entretenir facebook de bêtises. Mais genre vraiment. Passer 22h mon ordinateur me sert à regarder Yu-Gi-Oh (oui vous avez bien lu)(neurones nécessaires pour suivre l’intrigue : 1,5) et puis C’EST TOUT. De toute façon rendu là mon cerveau fait des bulles. Et c’est pas beau à voir. Ça fait concurrence avec mon estomac. Je me sens tel un mentos plongé dans du coca ! Joie et bonheur malgré tout.

Le mois de mars est un peu violent. Ça doit bien faire deux semaines que je n’ai pas passé une journée sans qu’un de mes proches ne pètent les plombs. Entre agression sexuelle, cancer du sein et épuisement dû aux études / la vie, il y en a pour tous les goûts. Je me console en me disant que la vie étant un cycle géant, quand d’ici quelques temps c’est moi qui sortirai de la BU en pleurant, ça sera à eux de me ramasser ! (c’était la minute hippie)(même si je crois de plus en plus dans ces histoires de cycles… certains éléments ont été flagrants !).

La première de mon spectacle s’est très bien passée. Public ravi, acteurs au top. Les merdes sont venues de la technique. Entre les projos qui se sont dit qu’un petit moment disco serait du plus bel effet en plein pendant un changement, et mon ordi qui plante au moment d’un lancement parce qu’à force de matos pourri le pauvre a fini par surchauffer, on a eu de quoi faire ! Heureusement que j’ai réuni la plus belle équipe de ninjas de tous les temps ! Un grand moment… Reprise des répétitions pour la seconde le 9 mai. Ça promet.

Le mois de mai s’annonce meurtrier ! Se profilent à l’horizon : la deuxième d’À l’heure où blanchissent nos rêves, le rendu de mémoire, le mariage de mon Pingouin d’amour (avec qui je séchais les cours de traduction pour aller manger des pizzas… la vie c’est drôle), la possibilité d’un deuxième tour de concours, la soutenance à préparer… du fun en perspective ! Et je suis à peine ironique. Il me tarde de voir enfin les efforts et le travail acharné des deux dernières années payer leurs fruits !

J’avais commencé à passer Anodinement vôtre au format EPUB afin d’enfin pouvoir vous le proposer via lulu (je pense). Mais c’est genre hyper fastidieux vu qu’il faut que je refasse toute la mise en page. Et comme chacun sait, J’ADORE faire la mise en page de mes écrits.. Du coup c’est un peu passé en stand-by, celle de mon mémoire me prend déjà suffisament le crâne (« mais pourquoi cette note de bas de page ne veut pas se mettre en interligne 0 >.< » « je t’ai dit cet alignement de paragraphe que c’est que pour ce paragraphe » « pourquoi tu corriges tout en anglais ? c’est pas parce que je cite une phrase en anglais que tout est en anglais abruti ! » « je vais retrouver ton concepteur et je vais lui faire regretter de t’avoir mis au monde si tu ne retrouves pas très vite ce fichier saloperie de boîte de conserve, putain on voudrait même pas de toi pour te recycler en canettes de 8.6 »)(des rapports très sains entre mon ordinateur et moi, je vous l’ai dit)… Je vous tiens au courant dans tous les cas.

J’ai aussi attaqué la réécriture totale de Pelouse interdite. Cela faisait des mois que je savais qu’il y avait un défaut fondamental sans arriver à le débusquer. J’avais donc fini par envoyer les 80 pages de manuscrit à ma mère qui a réussi à trouver. Me revoici donc au travail. 90 pages à réécrire de A à Z ou presque. Sur le coup c’est un peu violent, mais ça fait du bien de savoir que je vais pouvoir en faire quelque chose de meilleure que sa forme actuelle. La réécriture est d’ailleurs moins difficile que je le pensais. Le soucis quand tu découvres en même temps que tes personnages comment aller là où tu veux, c’est que plein d’incohérences se glissent dans le lot. Je profite donc de la réécriture pour modifier pas mal de choses. Malheureusement, ça aussi c’est en stand-by à l’heure actuelle… Écrire le jour, écrire la nuit, j’ai beau aimé ça, ça bouffe un peu le crâne (enfin, plutôt la sensation d’être greffée à l’ordi plutôt que d’écrire… je ne saurais pas vous expliquer, mais c’est extrêmement désagréable)(il y a d’ailleurs pas mal de trucs qui commencent à traîner dans mes carnets, majoritairement écrit dans le métro). Il vous faudra donc vous armer encore et encore de patience… (tout ceci me frustre autant que vous si ça peut vous consoler !)

Sur ce, il me faut vous laisser… je dois me remettre à la lecture de Qui parle l’européen ? L’Europe dans la contrainte des langues nationales. C’est absolument passionnant, mais le bouquin vient de Toulouse et il va falloir que je le rende sans possibilité de le faire revenir…

Un wall of death à vous tous, j’espère que mars se passe bien pour vous !

Instant bisounours… Life is Death Metal

Salut amis Termites !

Quelques news de moi. Les temps sont un peu compliqués, et j’ai l’impression d’être loin d’être la seule. Enfin, l’impression, façon de parler. C’est plutôt un fait… Du coup, j’avais un peu envie de faire un article pour vous raconter ce qui se passe ici, sans fioriture ni rien. Histoire de.

Ici, il y a beaucoup beaucoup d’angoisse. Fin d’études oblige. Et il y a des moments où, la fatigue aidant, l’angoisse devient carrément paralysante. Mais si, je suis sûre que vous voyez. Le genre qui fait que tu es incapable de prendre la moindre décision parce qu’aussitôt tu vois se profiler une bonne quarantaine de scénarios catastrophe en un temps record. Et bien ces derniers temps, ma vie c’était ça. Ca l’est toujours un peu, mais j’essaie de me secouer les puces pour ne pas rester bloquée éternellement dans cet état. Tout ceci me rappelle un peu la terminale, ce moment où il fallait décider, faire des choix, des choix qui allaient avoir des conséquences. D’autant que j’ai exactement le même problème qu’à l’époque : je suis douée dans plusieurs domaines et peu de portes se sont fermées. Qu’on s’entende bien hein. Je n’ai pas la prétention d’être un génie en tout, loin de là ! Mais pour ce qui est des domaines qui m’intéressent / me passionnent / me tendent les bras en chantant « choisis moi », je suis douée. Sans distinction. Il n’y en a pas un où je me suis révélée affreusement mauvaise et où il m’aurait fallu admettre qu’il valait mieux laisser tomber. Du coup, comme en terminale, ça va être à moi de choisir quelle voie j’abandonne. Et comme je suis très con, comme en terminale, j’essaie de trouver une façon de concilier toutes mes envies / passions. Ca a pas dû suffisamment me faire mal la dernière fois.

Ajoutons à cela beaucoup de travail. Genre, vraiment beaucoup. Festival Mettre en scène, mémoire, dossiers (plus ou moins chiants), cours d’anglais. A l’heure actuelle, la personne que je fréquente le plus, c’est mon ordinateur. Ensuite, les élèves à qui je donne cours. Tant et si bien que mon ordi et moi on commence à s’engueuler (je traite sa mère de pute en string, il me nique la mise en page de mon dossier, je le menace de le transformer en boîte de conserve, il fait planter spotify, bref, des rapports normaux entre personnes normales surtout quand l’une d’elles n’est pas une personne), et qu’à force de donner des cours de conversation anglaise, mon cerveau fonctionne en anglais. Je suis obligée de me relire car il y a des anglicismes plein mes écrits. Oui, il m’arrive de mettre l’adjectif avant le nom en français et le COD collé à son verbe le tout avec un petit passif des familles. Et même une fois corrigé, mon style d’écriture garde ce côté un peu franco-anglicisé à faire faire une attaque à n’importe quel académicien qui se respecte. Mais moi, ça m’amuse. Et vous aussi sans doute puisque vous lisez ces pages.

Ajoutons à cela le mois de décembre. Ouai le mois de décembre est une saleté à lui tout seul. Même si je suis plus que ravie de cette vague de froid ! Enfin… qu’est-ce que je l’ai attendue ! Ma grand-mère a quelques graves problèmes de santé, ce qui fait du remue-ménage dans ma famille, ce qui fait du remue-ménage dans ma conscience. Rien de bien nouveau de ce côté-là ceci dit. Toutefois, nombre de mes amis traversent aussi une période compliquée. Allant du viol à l’angoisse de l’avenir en passant par les impôts beaucoup trop élevés, beaucoup sont venus chercher refuge sur mon épaule. Et je fais parti de ces idiots qui ont du mal à mettre de la distance. Je fais l’éponge, une espèce d’hypertrophie de l’empathie. Ce qui n’aide pas les gens, ni moi.

D’autant que la peur de l’avenir… voilà quoi. Je cherche quelqu’un de mon âge qui aurait un minimum confiance en l’avenir. Mais j’ai l’impression que cela relève plus de la légende urbaine. Un genre de Père-Noël pour adulte post-guerre froide. L’impression que quel que soit le choix que nous allons faire, ce ne sera pas le bon. Et encore ! Moi j’ai la chance d’aimer mes études. Elles vont me servir à rien, mais je m’amuse dans mon cursus (sisi). Ce n’est pas le cas de tous mes amis, certains s’emmerdent comme des rats mots dans leur cursus tout en se disant que ça ne sert absolument à rien. Et la situation n’a rien pour nous rassurer : DUT ? chômage. Licence ? chômage. Licence pro ? chômage. Master ? chômage. Ecole ? chômage. Choisis ton camp camarade !

Et tout cela en passant parfois une semaine ou deux à ne pas dormir plus de trois heures par nuit. Tout cela en un mois et demi même pas. Ca fait beaucoup. Alors finalement, j’ai un peu envie de m’arrêter sur les choses qui vont bien dans ma vie… Il aura fallu 1,5 litre de bière l’autre jour pour que j’admette que j’avais besoin d’entendre qu’on m’aime. C’est raide déchirée, et l’orthographe plus qu’aléatoire, que j’envoyais le même message à quelques amis. Et quelle ne fut pas ma surprise que de constater qu’ils ont tous répondu que malgré ma folie, bien sûr qu’ils m’aimaient quand même, que la question ne se posait même pas, mais que là il serait peut-être mieux que j’aille me coucher (ils avaient raison sur ce dernier point ceci dit). Et mine de rien…. ça fait un bien fou. Non c’est vrai. Vraiment. Constater que mes amis se moquent de cette partie de moi, c’est quand même vachement agréable, et vital. Dans le même temps, j’ai la chance d’avoir des parents qui me soutiennent dans ce que je fais et qui me laissent le temps nécessaire pour arriver à mes fins (même si elles ne sont pas encore complètement définies…).

Bref, ces derniers temps, j’ai eu un besoin énorme de mes amis et j’ai eu le chance de le trouver. Et finalement, c’était le pourquoi du comment de cet article. Je me sens affreusement seule ces derniers mois face à tout ça, la même chose pour mes amis. Et sans doute la même chose pour beaucoup d’entre vous derrière vos écrans. Cet article n’avait pas pour but une forme d’auto-complaisance, juste une bouteille à la mer des solitudes. Une envie de vous envoyer plein de bonnes ondes à vous qui passez ici, quelque soit ce que vous traversez en ce moment. Voici pour vous un grand câlin virtuel gratuit…

Faîtes attention à vous, et dans la mesure du possible, concentrez vous sur ce qui va bien… Et du coup, je vous propose de faire une liste de petits « rien » qui donnent le sourire, à nous tous… Ca vous dit ? Je commence… (j’éditerai avec vos suggestions…)(oui je sais, c’est hyper niaisoux, mais je me sens seule et j’en ai marre de voir que sur mes TLs les gens ne partagent que les trucs pourris… j’ai envie de partager des trucs chouettes, jolis, agréables avec des gens. Si c’est aussi ton cas, aller viens, on se laisse aller à jouer les bisounours ! Promis on le dira à personne, on gardera nos réputations de cyniques !)

  • J’aime bien traverser la dalle en bas de chez moi et découvrir suspendus aux arbres des vêtements, des bouts de draps, parfois des sacs. J’essaie toujours d’imaginer comment ils ont pu arriver là.
  • Quand j’ai réussi à expliquer une idée compliquée
  • Quand ma mère m’envoie des photos des chats, ou mon frère de la musique
  • Le pccht de la canette du coca qu’on ouvre, l’odeur quand on verse le lait chaud sur le cacao en poudre
  • Retrouver une chanson après des années sans l’écouter, se rappeler à quel point on l’aimait
  • Recevoir autre chose que des factures
  • Trouver sur mon blog ou mon facebook un commentaire de quelqu’un que je ne connais pas
  • Attraper le regard d’un inconnu dans le métro et échanger un sourire
  • Sentir l’eau goûter de mes cheveux pendant que je les laisse sécher
  • Réussir une recette que je teste pour la première fois
  • Recevoir au dernier moment une invitation pour boire un verre, manger ensemble
  • Le bruit de mes pas dans la rue quand je traverse la ville la nuit après le dernier métro, sentir que les rues sont à moi
  • passer devant la mare aux canards et de voir qui est là (hérons, rat musqué, canards, avocette… petits)
  •  une lumière dans la nuit et apercevoir par la fenêtre, une personne bien installée dans son canapé regarder la télé,
  •  un sourire d’une personne croisée dans la rue,
  •  un échange avec un ou une inconnu(e)autour d’une recette, d’un film…
  •  écouter et se balader le long de la mer,
  •  entendre les oiseaux, les grenouilles,
  •  sentir la nature
  •  partager un rire,
  •  rencontrer de nouvelles personnes
  •  lire, écrire…
  • Découvrir un truc, n’importe quoi
  • Apprendre un truc, quel qu’il soit
  •  Réussir à placer le truc appris mine de rien dans un échange
  •  Parler d’autres langues
  •  Les paysages tout enneigés
  •  Les animaux trop choux
  •  Les jeunes animaux qui te mordillent, te lèchent
  •  Le chocolat
  •  Les crêpes, les raclettes, les couscous, les galettes bretonnes, tout plat avec plein d’amour
  •  Recevoir un mail d’un pote, un texto d’un cousin éloigné
  •  Un bon feu de bois
  •  Réunir les gens qu’on aime autour de soi
  •  Leur dire qu’on les aime
  •  Se faire vanner par ses amis
  •  Être fier d’un truc qu’on a fait tout seul
  •  Recevoir le retour bien mérité de son travail
  •  Les douches après toute la journée de sprint
  •  Les 2H22 (Sisi, j’te jure)
  •  Glander sans (trop) culpabiliser
  •  Discuter avec un type alors qu’on sait qu’on le reverra jamais
  •  Courir pour avoir son bus/métro/train et l’avoir de justesse
  •  Arriver sur le quai et voir que le train arrive pile à ce moment là
  •  Se perdre sur internet et découvrir des trucs géniaux
  •  Les bonnes vidéos youtube qui vont rire et réfléchir en même temps
  •  Voir des bollywood pour déverser son cerveau sur le parquet
  •  S’entendre dire des trucs gentils
  •  Marcher seul
  •  Marcher en bande
  •  La ville la nuit
  •  Quand quelqu’un prend soin de toi
  •  Quand quelqu’un a une petite attention pour toi
  •  Quand tu fais rire les autres
  •  Quand tu ris sans trop plus savoir le pourquoi du comment
  •  Quand on te dit « shhhht » mais que tu peux juste pas t’empêcher de crier, rire, chanter
  •  Chanter
  •  Danser n’importe comment
  •  La musique
  •  Le silence
  •  Les gens qui sourient pour un rien
  •  Les gens qui t’encouragent
  •  Les coups de gueule contre des trucs qui te révoltent aussi
  •  La mer
  •  Un ciel étoilée
  •  Faire des rêves sans queue ni tête
  •  Les petites victoires
  •  Les petites économies
  •  Se faire plaisir
  •  Faire plaisir aux autres
  •  Les regards bienveillants
  •  Attendre la sortie d’un film, bouquin, vidéo, n’importe et ne pas du tout être déçu
  •  Les bonnes surprises
  •  Les grasses matinées
  •  Le violet
  •  Le rouge
  •  Se faire pardonner
  •  Se pardonner
  •  Être bourré mais pas trop
  •  Oublier le jour, l’heure
  •  Penser à soi
  •  S’acheter un petit truc
  •  Le pain tout chaud
  •  Les fringues confortables et cool…

Je vous laisse la suite !

28/11/14 No man’s land