À portée de cri

Un cri dans la nuit ne veut pas mourir. Dans la rue il erre, sans corps et sans structure. Le cri se heurte aux murs, le cri ne sait pas s’il faut qu’il évite les gens ou s’il faut qu’il les dévore. Le cri dans la nuit ne veut pas mourir, alors la nuit le suit. Des lambeaux d’obscurité sont collés à lui. Drôle de costume qui s’accroche et lui lèche la peau toujours plus fort. Parfois le cri essaie de s’y cacher, parfois le cri essaie d’avaler la nuit toute entière pour que nul ne puisse jamais la voir. Le cri ne sait pas sous quel jour se montrer. Faut-il étaler ses éclats, ses fracas, et tous les soupirs qui s’en suivent ? Ou bien faut-il se draper de toute la noirceur du monde comme s’il s’agissait de l’étoffe la plus précieuse qui soit ? Le cri se refuse à mourir… Quel que soit le prix à payer, le cri continue sa route. Le cri engloutira toutes les rues du monde pour survivre. Le cri dans la nuit ne veut pas mourir et c’est tout ce qui lui importe.

Mais ça Pépin, ce n’est pas toi. C’est juste un cri dans la nuit. Et si enfin il venait à mourir, cela ne signerait pas ton épitaphe, bien au contraire…

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