17/11/16 Des nouvelles du front (sans faute dans le titre)

C’est curieux la vie d’auteur des fois quand même.
Tu as une page blanche et il faut la remplir. À partir de rien. Ou presque.
En plus, moi je fais partie de ces auteurs-éponges qui servent surtout à connecter les points entre eux pour te faire le dessin. Des fois, j’ai pas vraiment l’impression de choisir les points. Alors quand même un peu si.
Genre tu vois, cet après-midi, je bossais sur mon NaNoWriMo. Et un de mes personnages s’est suicidé. C’était pas prévu. Mais genre pas du tout. Du coup je suis un peu embêtée. Déjà je suis triste parce que j’avais pas du tout prévu qu’il en arrive là. Genre je pensais que peut-être un happy end c’était possible. Et je suis emmerdée parce que mon perso principal va devoir se débrouiller encore plus tout seul. Ça m’emmerde pour lui parce que ça va lui rajouter un boulet de plus. Du coup pour finir bien, va falloir aller chercher encore plus loin si on veut que ça reste crédible.
Donc je suis emmerdée à tous les niveaux.
C’est rigolo NaNoWriMo parce que quand tu es un auteur-éponge, tu vois drôlement bien passer tout ce qui t’obsède, te fait peur, t’emmerde. Genre, si tu te rappelles la feuille jaune du début, bah finalement, j’ai à peine gardé ce qu’il y avait dessus. C’est une seconde version, mais elle n’a plus grand chose qui la rattache à sa version 1. À part peut-être ça : l’incohérence entre la langue et le monde, entre la langue et les gens, l’utilité des mots quand on n’a plus rien d’autre, la solitude, la folie quand on ne peut plus répondre aux questions.
Mon cerveau a été repêché une histoire en forme de vieux secret de famille, un truc à ma mère. Alors bien sûr, j’ai bougé déformé tordu parce que ça ne se fait pas de livrer les gens en pâture à la fiction comme ça. Mais quand même, c’est parti de là. Pourtant, pas faute d’avoir voulu chercher une histoire remplaçante, moins proche que celle-là. Mais non, mon cerveau avait décidé que c’était celle-là et pas une autre. J’avoue que j’ai un doute, peut-être que c’est même pas ça qu’elle m’avait raconté et que j’ai déformé. Du coup au final ça serait pas grave, j’aurais déformé la déformation, on serait plus à ça près. Toujours est-il que moi qui pensais avoir réussi à me déraciner, me voilà à ressortir les histoires de famille. Paye ton ironie. Et en même temps, c’est parfaitement logique puisque je suis dans une période où je n’ai plus de maison. Alors forcément, je me pose des questions sur mon choix de m’être déracinée, parce que là me voilà joyeusement à poil dans la neige à compter les flocons.
Et au final, ça se retrouve dans le roman. Même si c’était pas prévu. Comme mon personnage qui s’est suicidé. Alors qu’il était à peine né, qu’on commençait à peine à se connaître. Voilà qu’il a disparu (parce qu’en vrai pour le moment y a que moi qui sait qu’il s’est suicidé)(du coup si cette version a un jour le droit à une version publique, je vous ai tous spoilé, je compte sur votre mémoire saturée d’informations). Et pour le coup, même moi je sais pas trop où, ni pourquoi. En vrai, la seule raison, ça sera sans doute que « c’est pas juste ». Parce que ça aussi, ces derniers mois, ça me bouffe la gueule, à quel point rien n’est juste et les gens disparaissent comme ça sans prévenir, alors que tu commences tout juste à les connaître. Ou pas. Ça se trouve c’est juste des inconnus qui crèvent parce que le monde se tire une balle dans le pied, et dans leur tête au passage. Ça aussi, ça finit dans le roman…
Bref, y a plein de choses comme ça, que t’as à peine le temps de réfléchir, de raisonner, parce que t’as un mois, et que j’ai 3 000 mots de retard. Là je le vois, parce que forcément, je vois bien ce qui survit à la version de l’année passée, ce qui bouge, ce qui prend forme, ce qui se déforme, ce qui me brûle les doigts, ce dont je me fiche aujourd’hui. C’est amusant de voir tout ça se faire.
Tout ça pour vous dire que mon personnage s’est suicidé sans me prévenir et franchement, moi je trouve ça dégueulasse d’abord.

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