#11 Désexistons… Célibataire, mode d’emploi

Nous revoilà ici !

Je vous peins le tableau : on est dimanche, je suis au milieu de mes sacs, j’attends que mon frère passe me récupérer pour faire les 300 bornes de retour vers la vendée où je passe l’été. Le bougre peut arriver à tout moment alors je ne peux pas trop me lancer dans un épisode d’Orphan Black sous peine de devoir couper mon épisode. Mais comme je suis déjà en train de manger un reste de pizza par terre devant l’ordi, je me demande ce que je pourrai bien regarder histoire de tuer le temps et d’illuminer un tant soit peu la journée. Alors bon, pourquoi pas une comédie romantique à la con ? Si je vois pas la fin pas de soucis, et bon, ça fait pas de mal. Des fois, ma naïveté n’a d’égal que la quantité de vodka dans mon congélo. J’opte donc pour How to be single, ou Célibataire, mode d’emploi en français. C’était tellement merveilleux comme film que j’ai passé une bonne partie du film à pourrir la merveilleuse Lou de SMS, d’autant que ça faisait un bon écho à la conversation de la veille (que nous ne reproduirons pas ici par soucis de décence)(et par respect envers les éléphants). À tel point qu’elle a fini par me signifier que ça ferait un très bon article… C’est elle qu’il faut donc remercier pour cette diatribe que je m’apprête à vomir en ces lieux ! Trêve de présentation, allons-y…

Alison mais qu’es-tu donc allée faire dans cette galère ?

Ce qui est merveilleux c’est qu’on te colle le mot célibataire dès le titre, mais qu’au bout de même pas 30 secondes, avant même la fin de la séquence d’introduction, on a tous compris que tout le monde serait casé, ou en passe de l’être, avant la fin du film (qui fait deux heures). D’ailleurs monde, je te préviens direct, je vais joyeusement te spoiler parce qu’en vrai, il n’y a pas grand chose à spoiler tant tout ça est creux à force d’être rempli de clichés puissance au carré. Des clichés tellement vides et creux que j’ai vu le film y a même pas deux jours mais qu’il faut que j’ai la fiche IMDB sous les yeux parce que je ne me rappelle du prénom de personne. Pire, la madame blonde sur l’affiche, j’ai chopé son prénom juste 10 minutes avant la fin. C’est vous dire le niveau général de cette chose ! Et accessoirement va vraiment falloir en finir avec cette mode des histoires qui se croisent tant qu’on aura pas des scénaristes capables de nous faire ça correctement. Merde. J’ai dit. Na. (j’essaie de me mettre à la hauteur niveau argument, du coup il a été nécessaire que je me pète le genou à la masse, il est possible que la douleur m’égare)

Le film s’ouvre sur Bouc Émissaire (j’ai la flemme d’aller chercher leur prénom, ça leur apprendra à être interchangeable) qui te raconte que y a plusieurs façons d’être célibataire (moi qui pensais que ça consistait majoritairement à ne pas être en couple et que le reste ça s’appelait juste la vie… diantre, j’ai encore rien compris), les bonnes et les mauvaises. Bien entendu, on s’en va t’expliquer ce qui est bien et ce qui est pas bien. Pendant cette petite séance, on voit Bouc Émissaire rencontrer son petit copain : douche publique à la fac, sa serviette s’accroche dans la porte, et comme elle a trois cent milles trucs dans les bras, forcément, elle peut pas trop ouvrir la porte pour la débloquer. Si bien que la serviette finit par tomber, sous les rires de ses petits camarades aussi évolués que des collégiens. Mais ni une ni deux, le Fils de Vitrier (parce qu’on peut voir à travers tellement ce personnage a de charisme) vient la secourir ! Tatatin ! Il la recouvre d’une serviette, la sienne, la protégeant alors des regards moqueurs, auxquels il offre par la même occasion son blanc popotin (à défaut de blanc destrier). C’est cuto-lolilol et c’est l’amour au premier regard. Parfait. Donc un film sur le célibat s’ouvre sur le chevalier qui sauve la princesse… bien bien… Sur l’échelle du facepalm, on est déjà à 1 alors qu’on est à peine à 5 minutes de film. Mais attention ! ellipse narrative ! Quelques années sont passées (combien ? va savoir). Bouc Émissaire et Fils de Vitrier vivent ensemble. Le truc, c’est que Bouc Émissaire aimerait bien vivre un peu toute seule, parce que comprenez, elle est passée de chez ses parents au dortoir de la fac à Fils de Vitrier, du coup elle sait pas trop ce que c’est. Alors faisons un break ! Mais oui vraiment. Je me demande vraiment comment ça va finir un couple qui fait un break au début d’un film avec célibataire dans le titre. Mon dieu ce suspens me tue !

Sur ces entrefaites, Bouc Émissaire trouve un boulot comme assistante judiciaire dans un super cabinet d’avocat hyper prestigieux où les hommes sont des avocats et les femmes des assistantes judiciaires / secrétaires / machines à café. La vie est tellement bien faite je vous jure… Et là elle rencontre donc sa nouvelle collègue : Sidekick. Sérieusement ce personnage ne sert à rien d’autres qu’à donner la réplique à Bouc Émissaire, faire des trucs débiles (mais vraiment), et éventuellement servir de Deux ex machina. Au début tu vois l’affiche, le trailer, et tu es ravie parce que tu te dis que c’est trop cool qu’une femme forte avec des formes comme ça puisse faire partie des persos principaux et tu es contente parce que tu es vraiment trop conne et naïve et putain retourne donc boire une vodka, une anesthésie est nécessaire. Sérieusement, elle fait une taille 50 mais elle a autant de visibilité que le ministre de l’environnement aux USA… Bordel, mais elle le dit elle-même à un moment : « tu viens me voir que quand t’as besoin d’être consolée ! » Bordel ! Mais même les personnages sont réalistes sur leur existence ! Putain film, si t’es pas foutu d’être honnête avec moi tu pourrais au moins être honnête avec toi-même ! MERDE. Sur l’échelle du facepalm, on est déjà à 2, ce qui revient à foncer à travers la porte vitrée alors qu’elle n’était pas ouverte. Mais je m’avance peut-être un peu trop…

Vu que Sidekick lui apprend à faire la fête (ce qui apparemment est synonyme d’être célibataire…), elle lui apprend aussi à gérer la gueule de bois, ce qui consiste majoritairement à se préparer pour la fête suivante…

Parce qu’avant que Sidekick lui apprenne à se beurrer la gueule comme il se doit, ce que vous ne savez pas faire si vous êtes en couple, sachez le, il faut que je vous présente les autres personnages… Pendant ce temps-là, dans un bar, (attendez je leur cherche un surnom, ça demande du travail !) LaPallisse le barman essuie ses verres tandis que Princesse Ecstasy squatte le wifi pour pouvoir surfer sur les sept sites de rencontres où elle est inscrite afin de trouver l’âme soeur. Comment on le sait ? Mais parce qu’elle raconte toute sa super stratégie à LaPallisse. Et alors je vous laisse deviner quel genre d’homme est LaPallisse. Vraiment. Faites au moins semblant. Pendant ce temps-là je me ressers une vodka. Ça y est c’est bon ? Et bien figurez-vous que LaPallisse est un casanova de service allergique à la moindre forme d’engagement qu’il considère comme une putain d’hypocrisie. Ce suspens me tue tellement qu’on va bientôt pouvoir l’ajouter à la liste des façons de se suicider. Alors forcément, c’est un peu le choc des cultures, mais à ce moment le film nous offre l’une des rares scènes qui valent un minimum la peine d’être regardé. On a d’abord le droit au discours habituel du « mais que fais-tu sur des sites de rencontre ? olala, tu es jolie et puis y a plein de gens dehors c’est cool la vie olala reprends un martini », ce qui me pousse toujours à me demander : mais alors, quelle est la bonne façon de rencontrer des gens ? vu qu’apparemment il y en a des mauvaises. Non parce que c’est pas comme si internet avait inventé quoi que ce soit avec les sites de rencontre. Avant y avait des rallies, blind dates, speed dating, réunion de célibataire, club échangiste, ta mère, le rendez-vous des amoureux des figurines en cure-dents, les soirées chez tes potes, une entremetteuse… BREF. S’il est sensé se passer quoi que ce soit entre deux personnes, ne peut-on pas considérer que pour que ce quelque chose se produise, il importe que le lieu / mode de rencontre convienne aux deux parties engagées ? À partir de là, d’où on peut dire qu’un mode de rencontre est meilleur qu’un autre ? Mais bon ne réfléchissez pas trop parce que de toute façon le film ne souhaite pas poser la question en ces termes, et en plus vous allez rater la scène des cacahuètes, l’un des trois moments du film dont je me souviens agréablement (dois-je ENCORE rappeler que le film fait deux heures ?) et ce serait balo. Après cette réplique, Princesse Ecstasy vide le bol de cacahuète sur le bar pour expliquer pourquoi le coup de l’âme soeur qu’on croisera au hasard du rayon saucisse de chez lecler est fort peu probable statistiquement parlant : une fois retirée la moitié des cacahuètes représentant le genre qui ne t’intéresse pas, il faut retirer celles qui sont trop jeunes, celles qui sont trop vieilles, il faut retirer celles qui sont mariées, celles qui ne seront jamais compatibles pour diverses raisons. À ce stade, il ne reste qu’une seule cacahuète, qu’elle écrase pour montrer que sur la partie qui reste, il faut retirer les hommes qui sont plus petits qu’elles, qui n’ont pas le bon taf, etc. Ainsi donc si elle veut trouver l’âme soeur, c’est un peu plus compliqué que prévu mais heureusement, elle a mis au point un algorithme qui va faire le tri pour elle et TADA ! Bon moi j’aimais bien cette démonstration parce qu’elle prouvait surtout que l’histoire de l’âme soeur c’est un peu de la connerie en bar, mais oui bien sûr scénario, ça peut aussi servir à jeter comme ça des compétences informatiques dignes du plus grand maniaque et auxquelles on ne reviendra jamais pour tout le reste, d’ailleurs on comprendra jamais vraiment en quoi consiste l’algorithme en question (genre… lire les profils des gens ? oua. Ça valait le coup de devenir ingénieur en informatique !), mais on le citera à l’occasion. Pointless pointless pointless… Ha et bien sûr on ne sait pas non plus ce que la dame fait dans la vie à part chercher l’âme soeur. Dieu ce que c’est chiant d’être une princesse… j’ai bien fait de choisir la vodka…

Et il me reste encore un personnage à présenter (ne vous plaignez pas je vous rajoute de la substance…) ! Il s’agit de la soeur de Bouc Émissaire, que nous appellerons Indépendantou Presque. Donc, Indépentou Presque est docteur à l’hosto, ou gynéco, ou sage-femme, non ça doit être gynéco vu qu’elle a fait de looooongues études, va pour gynéco ! (Gosh, ce film introduit tellement bien ses personnages, on dirait qu’il les chie…) On la voit alors qu’elle assiste à un énième accouchement où la maman hurle et a besoin qu’on la rassure, elle a peur de se chier dessus au moment de l’accouchement (parce que même pendant que tu essaies d’expulser une pastèque par un trou de la taille d’un citron, tu dois t’inquiéter de ton apparence, et non de ta douleur, ou genre, donner la vie ! merde femme, le sens des priorités). Indépendantou Presque lui raconte des trucs, genre elle s’en fout et tout, et la really-soon-to-be maman lui demande alors si elle a elle-même des enfants. S’en suit donc une tirade sur le fait qu’elle a choisi sa carrière, que c’est trop cool, et puis qu’elle a pas besoin d’un gosse pour se sentir épanouie et puis que bon ça gâche la vie et ça te pourrit le corps, le tout toujours entre les jambes de la nana qui va accoucher d’une seconde à l’autre. Et c’est fou comme tout ça est écrit avec juste ce qu’il faut d’auto-apitoiement et de fausse assurance pour qu’on sente bien que c’est de l’auto-persuasion parce que bordel femme tu vas avoir 30 ans et tu n’as toujours pas procréer ! Ne sens-tu pas en tes ovaires le cri de l’horloge biologique résonner et clamer qu’on lui paie son dû ? Ha ces bonnes femmes j’te jure… Quelques temps (jours ?? heures ?? sérieusement quand on fait mumuse avec les ellipses on donne des indices temporels lisibles ! c’est quand même la base)(pardon parce que ça n’a vraiment pas l’air clair pour ce film : c’est la putain de base merde !), elle fait un check-up avec une jeune maman qui lui demande de garder son chiard deux minutes le temps qu’elle aille pisser. (sur la liste des raisons de ne pas avoir d’enfants, on peut ajouter ça : tu ne peux plus aller aux toilettes comme tu veux quand tu en as besoin) S’en suit une scène où « eh non tu vois ! moi je ne craque pas, je ne te trouve pas mignon ! parce que je suis médecin, alors je sais que ça c’est un tic, pas un sourire et je résiste et je résiste, mais bon quand même t’as des petites jambes potelées et des petites joues et oh putain je veux un gosse » PUTAIN ON L’AVAIT TELLEMENT PAS VU VENIR ! Ha bah si. En fait si. Et ainsi Indépendantou Presque décide de se faire inséminer artificiellement. Voilà. Ha bah je vous l’avais dit, zéro substance. Alors pendant que vous vous servez une vodka, ou tout autre alcool fort à votre convenance, nous allons direct passer au niveau 5 sur l’échelle du facepalm en jetant nos petits orteils contre tous les meubles de la maison.

Princesse Ecstasy et LaPallisse. Avouez qu’il y a dans cette image plus de suspens que vous ne pouvez en supporter et que vous n’en pouvez plus d’attendre que je vous dise où tout ça va.

C’est fait. Je vous ai présenté tous les personnages. Et j’ai commencé cet article il y a trois jours alors je ne suis plus bien sûre de comment je voulais le continuer. Ça promet. Vraiment.

DONC. Bouc Émissaire est embarquée dans une soirée au bar de LaPallisse. Sidekick lui explique que comme elle est une femme, elle n’a pas à payer son verre, un homme le fera. À ce moment j’envisage déjà de boire ma vodka directement au goulot. Histoire de gagner du temps, vu que de toute façon il n’y a pas d’homme dans les parages pour me payer un verre (mais alors comment expliquer l’état de mon foie à la sortie du master ?). Comme de par hasard (haaaan ! ce scénario est tellement bien foutu ! je n’en crois pas mes yeux !), LaPallisse commence à dragouiller Bouc Émissaire, parce que chair fraîche tout ça. Ils filent dans son appart histoire de baiser (on suppose, parce que ELLIPSE !) puis grande conversation sur les relations, parce que bon là elle réalise que c’est nul d’être alone in da wold. Et LaPallisse de lui sortir son grand discours sur comment il est anti-relation et que tout le monde se ment et est hypocrite. Et alors grande leçon du film, voici comment faire tomber les filles (et les mecs tant que vous y êtes) à coup sûr, attention, accrochez vous à votre slip (et pas à celui de l’être désiré)(enfin pas avant d’avoir mis en oeuvre cette incroyable technique, après vous verrez c’est sans soucis) : LaPallisse raconte exactement aux filles ce qu’elles veulent entendre. Et oui ceci est bien un point final. Oui oui, c’est tout. La grand technique du dragueur de service, c’est de dire à l’autre ce qui lui fait plaisir. Voilà. Merci Captain Obvious, on n’y aurait jamais pensé. Je comprends mieux pourquoi j’arrivais pas à pécho avec comme phrase d’accroche « dis donc gueule d’anus, tu sais pas te fringuer alors tant qu’à faire fous toi à poil on verra si t’es sauvable pour la France ». Tout s’explique. Oua. Je sais pas si c’est la vodka mais ce film commence sérieusement à m’éblouir les neurones. S’en suit une visite de son super appartement où tout est prévu pour que les nanas ne restent pas : un frigo rempli de trucs à la con ne permettant pas de faire un petit dej, pas de vaisselle, et il a même trafiqué la plomberie pour ne pas avoir l’eau courante. Ce qui nous oblige à avoir la réflexion suivante : si LaPallisse n’a pas l’eau courante, il doit puer la vieille charogne, ce qui doit faire fuir les filles, ce qui prouve que sa technique « dire à l’autre ce qu’il veut entendre » est putain d’efficace. Ou alors ce film se fout complètement de ma gueule et nous allons passer au niveau 6 sur l’échelle du facepalm en relisant tout ce qu’on a pu écrire (virtuellement ou non) quand on avait 14 ans. Je vous laisse commencer, y a du level de mon côté. Je vous passe les détails mais Bouc Émissaire va ensuite plus ou moins craquer sur LaPallisse avant de tilter qu’elle est toujours amoureuse  du Fils de Vitrier, qui en fait vient lui apprendre que pendant le temps merveilleux de leur break bah il est tombé amoureux d’une autre mais bon quand même il l’invite quand même à leur réveillon du nouvel an et puis il lui répare sa télé pendant qu’elle s’extasie du fait que « you’re so handy » (et non pas la peine de chercher un sous-entendu sexuel, en anglais c’est juste « qu’il sache tellement tout réparer ». Donc oui basiquement « toi homme, toi savoir bricoler, moi femme moi fermer ma gueule ». Voilà. Ne cherchez pas le phallus) avant que finalement elle se mette en couple avec un autre qui finalement la largue parce qu’il a toujours pas digéré la mort de sa femme qui se trouvait aussi être la mère de son enfant. Oui, Bouc Émissaire est un personnage tellement creux que tu fais tomber une bite pièce dedans t’en a pour une minute avant d’entendre le ploc. Soyons clair : tu ne peux pas baser ton personnage juste sur le fait qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Ce n’est pas suffisant ! Y a rien à quoi se rattacher ! T’as juste envie d’y foutre des grosses tartes dans sa gueule en hurlant « mais arrête de chialer putain ! ». C’est comme la fin du film… elle se retrouve dans une fête, et comme de par hasard les trois mecs avec qui elle a couché se retrouvent là et elle panique comme une dinde qu’ils puissent se croiser. Mais POURQUOI ? Dans la chronologie des faits, elle n’a trompé personne, elle en a largué un qui est maintenant happy ever after en couple, celui du milieu s’en fout de sa tronche comme de sa première capote et le dernier lui a fait comprendre que c’était mort. Alors c’est quoi ton problème ?? S’ils se croisent il va se passer quoi ? Ils vont réaliser que t’es une adulte libre de faire ce qu’elle veut de sa vie ? Que t’as eu une vie avant et après eux ? WHAT IS WRONG WITH YOU ? C’est quoi le message ? Putain je comprends qu’elle conclue le film en disant que le « célibat c’est bien ça permet d’apprendre à se connaître », bah oui tu m’étonnes ! Ils ont oublié de t’écrire une personnalité hors couple… Just married… ou presque a fait la même chose : un personnage qui ne se connaît tellement pas qu’elle suit bêtement tous les mecs qui la trouvent intéressante avant de s’enfuir en courant. Mais les scénaristes ont pensé à lui construire une vie, et surtout, à un moment, lui donne la possibilité de se sortir les doigts du cul et de se faire une personnalité, une vraie. Est-ce qu’on se tape un plan de Julia Roberts devant le Grand Canyon avec la voix de Julia Roberts en off « c’est trop cool j’ai enfin pu faire ma rando dans le Grand Canyon » ? BAH NON. Pourquoi ? Parce que c’est chiant. Et creux. Ce qui est logique après tout c’est le Grand Canyon (oui je mets mes blagues à niveau).

Changeons donc d’histoire un temps que je me désenerve un peu et parlons de sa soeur… Indépendantou Presque réussit donc à se faire engrosser par du sperme congelé, et histoire de faire genre ce film a de la substance, le premier essai rate tu vois. Histoire qu’on puisse voir qu’elle est triste parce que vraiment elle le veut ce gosse. (mon dieu ces ficelles scénaristiques de la mort sont tellement bien cachées qu’on doit pouvoir s’y pendre 10 fois sans user la dite corde) Une fois engrossée, elle se retrouve à la fête de Noël de la boîte de Bouc Émissaire et Sidekick où elle rencontre un charmant jeune homme qui lui fait de l’oeil que nous appelleront Essaie Encore (parce que moi aussi je commence à manquer d’idée), ce qui selon elle est impossible parce qu’elle est moche vu qu’elle a bientôt 30 ans alors vraiment nooooon (ce bruit c’est ma tête qui s’écrase sur le clavier alors que je tape ces lignes). Ils se dragouillent puis finissent par copuler dans la joie et l’allégresse. Et à un moment, tu te dirais presque que « oh mais tiens donc, ce film essaierait-il de briser les carcans ? » car oui, monsieur est standardiste. Genre dans la hiérarchie c’est en dessous de la secrétaire. Et puis non. On se tape la blague nulle de « comment on dit standardiste au masculin ? », qui soit dit en passant, est encore plus nulle en anglais qu’en français puisqu’en anglais il n’y a pas de genre. En gros, la blague sert bien à t’indiquer que cette position n’est pas habituelle pour un homme, ce qui par effet miroir te rappelle que la position de madame n’est pas habituelle pour une femme, ce qui fait que l’équilibre de cette relation est encore moins habituel. En gros, c’est comme si sur une peinture, le mec avait écrit « rouge » sur le rouge, « bleu » sur le bleu etc. C’est comme si on te tapait sur l’épaule « hey hey hey t’as vu, je suis progressiste ! ceci n’est pas normal mais on l’a fait quand même ! » FILM ASSUME ! Soit tu mets un homme standardiste et une femme chef de service en médecine et tu fermes ta gueule sur le sujet, tu te contentes d’observer ce que ça implique, ce qu’on fait quand on raconte une histoire, soit, tu fermes ta gueule. Juste tu fermes ta gueule. C’est d’autant plus frustrant qu’apparaissent parfois des embryons d’idées intéressantes. Pour une raison X ou Y (pour ne pas dire « parce que ce film est creux et vide et dénué de la moindre substance » parce que je l’ai déjà trop dit), elle ne veut pas lui dire qu’elle est enceinte. D’ailleurs elle imaginait que ça serait juste un coup d’un soir. Mais finalement le garçon reste. Et s’accroche. Alors bon, y a un moment elle peut plus lui cacher. (quand je vous dis que y a du niveau côté ficelle scénaristique) Elle a peur qu’il s’enfuit, mais une fois qu’il a digéré la pilule, il a envie d’être papa. Ils s’engueulent, elle lui balance un « et tu vas faire quoi ? père au foyer _bah oui ! » OH MON DIEU ! Oserait-on ? Ce serait merveilleux ça si un film avait les couilles de nous présenter un père au foyer et une mère chef de service comme une chose parfaitement normale et acceptable. Mais ce merveilleux courage scénaristique dure environ trente secondes.. sur deux heures. Car dès le lendemain, alors qu’ils font des courses pour futur bébé, ils finissent par s’engueuler au sujet de je ne sais plus quelle connerie (parce qu’encore une fois, beaucoup trop de qualité dans ce scénario), ce à quoi il lui répond qu’elle est folle et elle s’énerve « tu ne dis pas à une femme enceinte qu’elle est folle » ……… attendez je vais casser des trucs et je reviens. Non parce qu’avant de m’énerver, tant qu’à faire, faut que j’aille jusqu’au bout du scénario, histoire que je m’énerve tout d’un coup. Ils rompent, il se tire. Ellipse, mais encore une fois on sait pas trop combien de temps passe, puisqu’à part que le temps passe, on a aucune indication de temps. On ne nous épargne pas la traditionnelle scène avec le pot de glace post rupture. Et Indépendantou Presque s’en va accoucher. Le lendemain, par on ne sait quelle faille scénaristique, Essaie Encore rapplique pour nous faire le beau discours de réconciliation doublée de la déclaration d’amour qu’on est sensé avoir tous envie d’entendre un jour (je te fais une explication des ficelles, au cas où elles seraient trop subtiles pour ton taux d’alcoolémie) et le tout se conclue par « alors oui tu es folle, désolé de te le dire mais tu es folle et je t’aime ! ».

C’est bon je peux m’énerver maintenant ?
LES MOTS ONT UN SENS BANDE DE CONS DE SCÉNARISTES DE MERDE.
Il va falloir arrêter de mettre la folie à la place de tous les autres mots que vous pourriez imaginer comme si c’était pas grave. La décision d’Indépendantou Presque de se faire inséminée artificiellement est impulsive, stupide, ridicule, irraisonnée, mal calculée. En aucun cas elle ne relève de la folie. La folie c’est avoir son corps qui dit une chose tandis que la raison dit le contraire et être écartelé entre les deux et expliquer ça par « c’est juste un lundi », parce que c’est normal dans cette réalité. La folie n’a rien de romantique, de drôle, de jolie. Ça n’est pas un compliment. Ça n’est pas synonyme de exubérant, extraverti, extravagant. La langue est pleine de mots, utilisez les. Merde. Dire « t’es folle je t’aime », c’est du même acabit que de dire « t’es un connard je t’aime » ou « tu mens comme tu respires je t’aime ». C’est un handicap, ou un défaut (dépend comment vous voulez le voir), et si vous aimez quelqu’un, peut-être que vous pouvez l’accepter, mais faut arrêter de penser que c’est un compliment. Vous avez déjà dit à une personne en fauteuil « t’es handicapé jte kiffe ! » ? Non ? Bah voilà. Donc, même si elle était folle, ce qui, j’insiste sur ce point, n’est pas le cas, ça n’aurait rien à faire dans une déclaration d’amour, ou en tout cas pas comme ça. Alors maintenant on arrête et on utilise les mots correctement merci.

Et on va direct monter le niveau de facepalm à 8 et aller conduire en sens inverse sur l’autoroute.

Cette scène aurait pu être l’epicness même. Mais non. Je te hais film. Je te hais.

Mais retrouvons Princesse Extasie et qu’on en finisse ! Son algorithme de la mort finit par marcher et elle trouve Le Gars sur un des multiples sites de rencontre où elle est et la voilà en couple et tout est beau et merveilleux. Évidemment elle va beaucoup trop vite (elle a pas réservé les tombes côte à côte au cimetière mais c’est uniquement parce qu’on est à New York et que c’est difficile de trouver un cimetière). Mais bon de toute façon on s’en fout puisque lui il avait prévu de la larguer au bout de trois mois parce que c’est comme ça qu’il fait. Wouahou. Je dirais même. Wou. Ha. Hou. Tant de clichés en si peu de temps… ça devient du sport de haut niveau ! Donc, d’un côté, la femme qui ne peut imaginer sa vie que mariée avec des gosses et la voiture qui va avec, et de l’autre, l’homme, qui utilise les femmes comme des kleenexs histoire de passer le temps (un genre de youporn mais en 3D). Wou-ha-hou. Du coup elle est triste et déprimée parce que c’est la fin du monde et les happy endings ça n’existe pas. Et cette scène aurait pu être tellement plus drôle si ça s’était arrêté là… Il se trouve qu’elle fait la lecture aux enfants dans une librairie. Lecture de conte. Qui doit finir par un… mariage ! Mais oui ! Le truc c’est que dans sa colère post-rupture, comme elle n’avait pas de pot de glace sous la main (Bouc Émissaire et Indépendantou Presque ont déjà tout mangé le budget glace du film), elle a déchiré la fin avec le happy ever after. Du coup, elle improvise et pète drôlement les câbles. Comme quoi la princesse est un mensonge parce qu’elle doit se faire poser des implants et porter des collants gainant qui l’empêchent de respirer pendant que le prince s’en va s’en taper une autre. Si vous ne devez voir qu’une scène de ce film (parce que c’est plus que votre foie ne peut en supporter lors d’un jeu à boire, croyez moi), c’est celle-là. Elle est épique. C’est pas nouveau, mais loin de s’arrêter au simple fait de raconter, on peut voir l’actrice s’arracher les cheveux, défoncer son maquillage et se battre contre son collant avec une paire de ciseaux pour enfants. Ça vaut le détour. J’ai presque ri, mais j’étais déjà trop saoulée du reste. Le patron de la librairie finit par réagir en évacuant les enfants et en disant aux parents que la séance de lecture c’est tous les samedis. Il se retrouve donc seul avec Princesse Extasie « vous êtes vraiment géniale on sort ensemble ? ». Et puis après c’est le grand amour de sa vie.

…….

En fait, je vais me reénerver.
Film, il faut arrêter ce genre de conneries. Vraiment. Tout de suite. Ça fait du mal aux gens ce genre de connerie.
Alors quel est le problème… Princesse Extasie va clairement mal, je veux dire, ça se voit que c’est un pétage de câble à la limite de la dépression (après qu’on trouve le motif de la dépression risible, c’est autre chose, une autre chose qui ne change rien au problème de base). La réaction qu’on pourrait trouver légitime, c’est de lui demander comment elle va,et si elle veut en parler autour d’un café. Par la suite Princesse Extasie va mieux, du coup ils peuvent parler d’autre chose que du fait qu’elle allait mal et oh mon dieu mais en fait vous m’êtes très sympathique, mais il se trouve que vous aussi, on copule ?, hell yeah ! [fête du slip]. Voilà. Mais non. À la place, le film nous propose le dangereux raccourcis suivant : elle pète les plombs de douleur, il tombe amoureux, genre coup de foudre. En résumé, il tombe amoureux de Princesse Extasie qui va mal…. Non mais, je suis la seule à trouver ça extrêmement glauque ?? Que quand tu aimes quelqu’un, que ce soit d’amitié ou d’amour (ou de toutes les nuances entre ces deux-là, ou autour de ces deux-là)(je vous laisse vous démerder avec vos étiquettes), tu acceptes les crises de l’autre, et ça n’entache en rien ce que tu ressens, normal. Même qu’il paraît que ça sert à ça. Genre j’ai des amis chez qui je peux atterrir alors que je prononce maximum dix mots en deux heures pour m’engueuler avec mes lacets tout en surveillant constamment par dessus mon épaule parce que j’ai pas dépassé les deux heures par nuit depuis trois semaines, tandis que d’autres atterrissent chez moi pour pleurer sur mon épaule tandis que je leur raconte des conneries. BREF. J’accepte même qu’on puisse se sentir flatté que l’autre se montre à nous dans ces moments-là : d’une certaine façon c’est une preuve de confiance d’accepter d’être vulnérable devant un autre. MAIS TOMBER AMOUREUX ??? Putain mais sérieux… « tu me montres le pire de toi, et j’en tombe amoureux », j’arrive pas à voir ce qu’il y a de romantique là dedans. C’est dangereux… juste dangereux. Parce qu’on a toujours tendance à vouloir conserver l’image qu’on a de l’autre quand on tombe amoureux, ce moment où il est tout beau tout propre tout parfait. Alors quand cette image c’est toi en train de souffrir tout ce que tu sais et joyeusement péter les plombs de désespoir… tu fais quoi ? Tu restes mal pour que l’autre continue de t’aimer ? C’est quoi le deal ? Alors oui, on a tous eu des potes (homme ou femme) qui tombaient systématiquement amoureux / ses d’oiseaux cassés dans le but plus ou moins conscient de les réparer… mais merde… C’est dangereux. C’est aussi simple que ça. Putain ça aurait coûté quoi de rajouter deux scène : scène 1 elle vide son sac autour d’un café, scène 2 ils se revoient plus tard ça va mieux pis du coup ils parlent de la pluie et du beau temps et c’est trop méga cool. Au stade où on en était. MAIS NON FALLAIT SE TAPER CETTE CONNERIE DE MERDE.

Alors vous allez directement au niveau 10 du facepalm et vous vous enfoncez votre vodka direct en intraveineuse parce que c’est tout ce qu’il reste à faire.

Comme j’en ai marre et que je suis franchement énervée, je vous fais la fin en accéléré.
À la même fête que Bouc Émissaire, LaPallisse veut avouer ses sentiments pour Princesse Extasie (parce qu’on n’avait vraiment rien vu venir), mais finalement se ravise quand il voit qu’elle est en couple. L’Autre Con comprenant qu’il aurait bien voulu qu’il y ait quelque chose, lui fait la grande scène du II genre je suis jaloux si tu l’approches je te pète la gueule, mais bon on est pote pour elle alors ça me fait plaisir que tu viennes au mariage, mais sérieusement jte pète la gueule si tu l’approches… MAIS BORDEL ASSUME ET COGNE OU FERME TA GUEULE. Voilà, parce que bien sûr le fait qu’elle ait fait son choix et qu’elle s’en foute clairement de LaPallisse n’entre absolument pas en ligne de compte parce que TU N’ES QU’UNE FAIBLE FEMME, tu vas quand même pas disposer de ton vagin comme si c’était le tiens merde.

JE N’AI PAS DU TOUT UNE GROSSE TÊTE DE PSYCHOPATHE !

Et le film se termine sur un beau monologue pour te dire que le célibat c’est trop bien et qu’il faut en profiter… pourquoi ? Parce que le couple c’est tout pourri ça te détruit ? Dans ce cas pourquoi on vient de passer deux heures à m’expliquer qu’il FALLAIT être en couple et que les autres modes de vie étaient quand même bien pourris ?

Parce qu’au final…
Sidekick est ridiculisée constamment et n’a aucune crédibilité
Bouc Émissaire est plus vide que les émissions de Cyril Hannouna
Indépendantou Presque finit comme tout le monde par avoir un gosse parce qu’elle peut pas vivre sans c’est une femme
le Fils de Vitrier se remet en couple bien gentiment
Essaie Encore finit par rentrer dans le cadre et on en sait même pas ce qu’il en est de sa proposition d’être père au foyer
Princesse Extasie finit par se marier suite à un coup de foudre arrivé quand elle s’y attendait le moins
LaPallisse renonce à sa vie de Dom Juan pour chercher à se caser car c’est ça la vraie vie (et rétablit l’eau courante parce qu’il a fini par tilter qu’il puait le fennec moisi)

Donc on partait sur un film sur les biens faits du célibat, on se retrouve avec un film à la gloire du couple hétéronormé. voilà voilà. C’était bien. Moi qui voulais me détendre au milieu de mes cartons et ma pizza en attendant mon frère, c’était bien bien raté.
Ajoutez à cela une succession de personnages creux et vides… sérieusement, si tu veux multiplier les intrigues, il faut que tes personnages soient plus denses encore que dans une intrigue simple ! Parce qu’ajouter du vide au vide, ça fait juste plus de vide… Dans le lot y en a absolument aucun de crédible, à part peut-être le père de la gosse qui a perdu sa femme. C’est le seul à être cohérent comme personnage. Ça fait court !

Bref, à part une excuse pour picoler, ce film n’a pas grand chose à offrir… (genre même pas une conclusion digne de ce nom, c’est triste hein ?)


N’hésitez pas à proposer vos films / chansons pour le prochain numéro, en attendant on se retrouve sur Facebook et twitte comme d’habitude !

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