La théorie du chorizo et ses mignardises…

Aujourd’hui, un énooooorme pot pourris de phrases de clients, de saloperies diverses et variées, sans oublier les blagues pourries et les questions connes bien sûr !

Quand j’arrive sur le parking du boulot, et qu’il est blindé, alors qu’il devrait pas l’être… « Arrivé jusqu’au boulot, mais tenté d’appeler pour dire que je suis malade alors que je suis sur le parking »

Remontons un peu en arrière, car j’avais oublié de vous parler de ça… (ou plus exactement, j’étais prise dans le tourbillon de ma vie avant de tomber dans un grand trou noir baptise « déprime devant l’inutilité fulgurante de ma vie »)(une destination que je ne vous recommande guère pour vos vacances !) Pour la réouverture du magasin, Monsieur Lidl, qui ne manque décidément jamais d’idées pour nous pourrir la vie, avait mis en place des bons de réductions.Le genre de trucs qui ne cause absolument aucun problème et qui fait que tout se passe bien. Nan j’déconne ! C’était la grosse merde. Un genre de samedi du mois d’août mais qui aurait duré les deux premières semaines de juillet. Si vous n’avez jamais eu l’occasion d’utiliser le moindre bon de réduction, voici comment ces petites choses fonctionnent : sur le bon, est indiqué le montant (en général ça se compte en centimes), sa date de validité, les conditions d’obtention (certains produits ou marques uniquement, ou bien telle quantité du même produit, produits complètement exclus du bon). Les bons lidl obéissaient donc aux conditions suivantes : 5€ pour 30€ d’achat, 7€ pour 50€ d’achat, deux premières semaines de juillet, hors alcool, uniquement dans le lidl où je travaille. Des conditions plutôt simples, tout est indiqué sur le bon. Sauf que, comme toujours, je suis une grande naïve (et toi aussi lecteur) : bien entendu personne ne l’a lu. Donc une semaine avant la date indiquée, qui était pourtant indiquée en gros dessus, les gens ont commencé à nous présenter leurs bons, que nous avons refusés. Certains ont ri de leur inattention, nous disant qu’ils reviendraient à ce moment-là (noooooooooon). D’autres ont râlé « putain vous faîtes chier franchement, comme si ça changeait quelque chose ! » Bah oui, ça change quelque chose. Il y a une règle, qui est clairement indiquée qui plus est, elle est faite pour être respectée. Comme toutes les règles. Qui plus est, comme Monsieur Lidl n’est pas trop là pour faire des cadeaux à la plèbe, il nous faut justifier toute réduction offerte, donc, tous les bons de réduction doivent être conservés. Et si on se trompe, on se fait taper sur les doigts. Parce que comme d’hab, si la règle est enfreinte, ce n’est pas le client qui se fera engueulé, ça sera le caissier. Alors forcément, oui, les règles, on les respecte. Mais tout ça n’est qu’un modeste échauffement !

Bien entendu, il y a eu tout ceux qui m’ont présenté le bon de 7€ de réduction alors qu’ils étaient loin des 50, là aussi ça a râlé. Mais passe encore. Parce que le hors alcool par contre, il était écrit un peu plus petit. Du coup ça demandait un effort (nous sommes des monstres placés là pour pourrir la vie du client, rappelez vous !). Alors forcément, personne, absolument personne n’a fait attention. La première fois que j’ai dû refuser un bon pour cette raison « mais en quel honneur ! vous faîtes chier franchement, c’est bon pour 5€ ! ». Putain, quand je pense que je me faisais chier à repérer si oui ou non on atteignait les 30 ou 50€ minimum d’achat hors alcool pour faire au plus simple, et que je me faisais insulter quand c’était pas le cas… Mais on en a eu des encore mieux ! Une cliente revient me voir après avoir été rangé ses courses dans sa voiture, elle me tend son bon « J’ai oublié de vous le donner, vous pouvez me faire la réduction ? ». Tu veux pas 100 balles et un mars tant que tu y es ? Je réponds donc poliment que non, ce n’est pas possible, ça ne marche pas comme ça. « C’est votre faute toute façon vous allez trop vite alors vous devez prendre mon bon ! » De deux choses l’une… Certes, je fais en sorte de respecter les cadences imposées par Monsieur Lidl, sauf que si je vois que la personne en face ne peut pas suivre le rythme, je ralentis car ça ne sert à rien : je serai obligée de l’attendre pour le règlement, les produits s’entassent, augmentant le risque de casse ou de les abîmer, et ça peut mettre certains clients de (très) mauvaise humeur. Je nique donc un peu ma prod pour m’adapter au client en face et compenser en « satisfaction » du client, et accessoirement, limiter mes chances de me faire insulter, ou de devoir perdre du temps, et donc encore plus de prod, à nettoyer pour eux. Donc venir me dire que je vais trop vite n’est pas un argument valable avec moi. Qui plus est, comme j’ai de toute façon dû l’attendre pour qu’elle paye, elle avait tout le temps de sortir son bon. Ce qu’elle n’a pas fait. Si elle avait effectivement sorti son bon mais que pour une raison X ou Y je suis allée beaucoup trop vite et que je ne l’ai as enregistré, là oui, c’est ma faute, je trouve une solution pour réparer. Mais là… bah t’as oublié t’as oublié, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?? En plus, je veux dire, la nana a pris le temps d’aller ranger ses courses dans sa caisse, pour revenir me foutre son bon sous le nez et me dire que j’avais oublié. J’ai horreur de ça. J’ai horreur qu’on m’accuse ou qu’on m’engueule pour des choses dont je ne suis absolument pas responsable. Si bien que comme je devais justement sortir de caisse à ce moment-là, je l’ai plantée là avec son bon et je suis partie passer mon balais. Non mais.

Mais encore mieux ! Parce que certains n’ont vraiment peur de rien… Au tout début, genre le premier jour, toute l’équipe n’avait pas encore repérée que c’était hors alcool, et c’est justement suite à ce connard cette mésaventure que tout le monde a bien enregistré l’info. L’homme en question passe à la caisse d’une collègue, il en a pour presque 70€, uniquement de vin. Ma collègue l’encaisse et puis d’un coup, alors qu’il allait partir, le mec sort son bon et lui colle sur la gueule en exigeant qu’elle l’enregistre et donc lui rembourse les 7€ de réduction. Elle essaie d’expliquer que ça ne marche pas comme ça, mais le mec lui balance tellement qu’il est dans le commerce et que si, il sait que c’est possible qu’elle finit par douter et appelle une responsable (parce que toute façon elle aurait eu besoin pour faire la manip). La responsable vient et lui dit la même chose. Le mec continue d’insister et refuse de bouger. La chef mag finit par s’en mêler. Au final, il a fallu rembourser tout le caddie pour réencaisser tout le caddie et enregistrer le bon de réduction. Une heure après, une autre responsable signale que l’alcool est hors conditions. Voilà comment à force de gueuler, de faire chier, d’insister, tu fais buguer toute une équipe. Conclusion : arrêtez d’être gentil, soyez un connard.

Quand à 8h10 les clients sont déjà tous collés aux portes alors qu’on ouvre à 8h30. « Servante ! Pourquoi mon petit déjeuner au lit n’est pas encore prêt ? »

Et justement, vous vouliez devenir un Parfait Connard mais vous ne savez pas trop comment vous y prendre ? Ne vous inquiétez plus lecteurs ! Le client lidl est là pour vous ! C’est parti pour le pot pourris… (cette expression n’a jamais aussi bien exprimer ma pensée…)
Comme le système ne nous met pas assez la pression niveau productivité, certains clients se disent qu’ils en rajouteraient bien une couche. Ainsi, un jour la chef mag m’appelle pour me demander de commencer un peu plus tôt le lendemain. Ainsi, au lieu de commencer à 8h15, je commence à 6h. Joie. Je mets le frais en rayon (rejoie). J’ai fini un quart d’heure avant l’ouverture tandis que ma collègue chargée de mettre en rayon le non-food (le rayon « bazar » où les articles ne sont là qu’occasionnellement, on reçoit des nouveaux produits tous les lundis et jeudis) galère un peu. Je viens donc l’aider à terminer. Sauf que nous n’avons pas réussi à finir avant l’ouverture du magasin alors même qu’il nous restait une palette et demi. Sauf que, pour le non-food, certains se pointent au magasin dès 8h10, histoire d’être sûr qu’à 8h30 ils puissent se jeter sur une des 50 paires de cisailles qu’on a reçues. J’imagine qu’à 8h40 ils sont déjà en train de tailler leurs haies… ha bah non, en fait ils ont pas de haie. En fait la cisaille va dormir dans un cabanon à jardin au toit qui fuit pendant des mois, même que presque un an après, ils se pointeront au même lidl avec leur cisaille non entretenue et rouillée en exigeant un remboursement parce que la qualité lidl c’est vraiment de la merde. Mais je dérive (pour changer…). Donc nous galérons légèrement. Heureusement, c’est une collègue avec qui je fonctionne assez bien en binôme, donc on arrive quand même à s’organiser pour aller au plus vite. Mais enough is never enough et nous sommes harcelées par les clients « vous avez pas reçus ça ? y a rien dans la case… ». Si un jour en jeu de rôle vous vous retrouvez avec un perso catégorie « client lidl » sachez que vous avez des stats de merde niveau perception de votre environnement. Au bout de la quatrième fois qu’ils te font le coup, t’as juste envie de dire « mec, y a des box vides avec l’affiche du produit que tu veux, des cartons partout, dont plein non ouverts, et deux filles qui courent dans tous les sens, soit pour disposer les dits cartons, soit pour les ouvrir… que peux-tu déduire de ces informations subtiles ?? » Je ne sais pas mais moi quand je fais mes courses, que je suis dans un rayon ou des gens sont en train justement de mettre en rayon, si mon produit n’est pas là, j’en déduis que soit c’est en rupture totale, soit juste pas encore là… Et si seulement ça s’arrêtait à cette question con ! « Bah vous pouvez pas me le sortir maintenant ? jsuis pressé ! » Mais bien sûr ! Je vais me niquer le dos à dégager les cartons tout au-dessus de celui où il y a le produit que tu veux pour tes beaux yeux… Aller, passons que tu demandes par curiosité parce qu’on sait jamais (et c’est vrai que quand on peut, on fait, ne serait-ce que parce que ça les fait décoller de notre palette), mais t’en as qu’insistent ! « non mais vraiment, j’ai pas que ça à foutre moi ! » Parce que moi je suis en train de me toucher la nouille là… et on continue, parce que c’était vraiment une matinée merveilleuse. Ce jour-là, on avait aussi reçu… genouillères, coudières, poignetières (si si), pansements anti-ampoule, sparadraps, compresses… et fallait que je m’amuse à foutre tout ça dans le même bac alors même que c’était pour certains des tout petits cartons pas de la même taille les uns que les autres… bonheur (non, je n’ai pas fini par tout jeter comme une grosse bourrine argant que les clients mettraient tout en bordel en même pas une heure)(bon d’accord si jlai fait, mais j’ai d’abord bien mis les cinq premiers, mais le sixième était de trop…). Les espèces d’atèles de genou et compagnie étaient déjà en rayon, je mettais le reste (les trucs bien chiants). Un couple de petits vieux vient pour une atèle de genou. Elle me demande à quoi équivalent L XL et compagnie en taille… truc que je ne sais jamais déjà quand moi je me choisis des fringues. Je ne peux donc guère l’aider à part en lui indiquant ce qui est plus petit que l’autre. Elle relève un peu sa jupe et me montre son genou « à votre avis il me faut quelle taille ? ». …. Aller, encore une fois on va dire pourquoi pas… elle aurait pu tomber sur quelqu’un avec « l’oeil » qu’il faut pour les tailles et qui aurait pu la conseiller. Pas de chance, c’était moi, la borgne de service sans vision D ni perspective et absolument aucun intérêt pour la cause vestimentaire. Je réponds gentiment que je ne peux malheureusement pas l’aider, qu’à la limite, j’allais pour proposer une solution bis quand monsieur a balancé avec un sourire goguenard « non mais laisse elle sait pas, elle a commencé hier, ou alors c’est pas son rayon 😀 ». Mais oui, vas-y, déshumanise moi je vais mieux pouvoir t’aider oui ! C’est bien connu, quand on manque de respect aux gens soudainement ils ont des idées qui fusent. J’ai balancé un « non ELLE sait pas et ELLE a encore du boulot » avant de planter les gens et mon sixième carton pour aller mettre les fameuses cisailles en rayon.

Si vous voulez être un connard, la déshumanisation ça marche super bien comme vous pouvez le voir ! Parler à l’autre à la troisième personne marche bien. Une variante c’est de vous foutre ostensiblement de la gueule de cette personne quand elle ne peut clairement rien faire, ou qu’elle n’a pas le droit de répondre. Ça marche bien aussi. Un jour comme ça, alors que j’étais sur le frais (décidément), je galérais foutrement avec mes cartons (paye ta narration redondante…). Étagère du bas, j’ai le corps à moitié dans le frigo, j’essaie de trouver une façon de positionner ma tête et mes épaules pour que mes bras puissent dégager les cartons du fond. L’opération est un peu délicate, et chiante, et prend un peu de temps. Environ deux-trois minutes. Certains clients voulaient des produits sur les étagères du haut. Un client respectueux de ma personne aurait gentiment attendu deux minutes que je finisse de galérer pour accéder à son produit. C’est d’ailleurs ce que voulait faire madame quand elle a vu monsieur s’engager « mais attends qu’elle ait fini ! _Barf ! Elle a l’habitude qu’on l’emmerde c’est bon » … Dis moi connard de merde, tu veux pas t’essuyer les pieds sur mon dos non plus tant que tu y es ? Parce que le temps qu’il se décide (parce qu’en plus il hésitait entre le sandwich de gauche et le sandwich de droite bien sûr), moi j’étais coincée dans l’étagère du bas, le dos tordu, les bras en train de forcer pour maintenir mon équilibre et la prise sur le carton que j’allais pour remettre en place mais que je ne peux plus remettre en place parce que je ne peux tout simplement plus bouger. Mais c’est normal parce que « j’ai l’habitude » ??? Connard, va bien te faire éviscérer en enfer, mais t’inquiète ça sera pas grave, ils ont l’habitude d’éviscérer les gens en enfer. Putain, si les quinze personnes avant toi elles grillent le feu rouge, tu le grilles aussi parce que tout le monde en a rien à battre de mettre les autres en danger ? Les gens sont cons putain les gens sont cons…

Quand tu te rappelles qu’on t’a fait signer un avenant à ton contrat attestant que tu respecteras le SBAM, et que d’ailleurs les portes menant au magasin sont ornées de miroirs indiquant « souriez vous entrez en scène »…. « allez, sois mignon, c’est dans notre contrat ! »

Certains se croient tellement tout permis qu’ils n’hésitent même plus à rentrer dans les espaces pourtant clairement identifiables comme privés. Cela fait déjà deux trois fois qu’on doit faire sortir des clients de la réserve. Non contents de rentrer dans la boulangerie, certains vont jusqu’à te chercher dans la réserve parce qu’ils veulent « du pain pour leur chien ». Et pour vous dire à quel point ça ne leur pose aucun soucis, quand on leur demande de sortir de là, leur première réaction n’est pas de s’excuser; tel un gosse qui se rappellerait soudainement qu’il n’a pas le droit d’entrer dans le bureau, leur première réaction, c’est de rappeler leur demande. Ils sont tellement sûrs de leur bon droit qu’ils sont choqués du fait qu’on commence par leur dire de sortir. Ils insistent et insistent et si limite s’il faut pas qu’on les vire à coup de balais, ce qui bien sûr nous vaut de nous entendre qu’on n’est pas aimables.

Et on peut continuer hein… L’autre jour, grosse grosse journée… un truc de fou. Des files d’attente qui s’étiraient jusqu’à la moitié du magasin… J’étais persuadée d’embaucher à 13h. Je dis bonjour à un collègue que je croise et qui limite me traite comme le messie « ooooh ! la relève ! », je lui demande donc de m’expliquer la matinée… j’ai aucun mal à le croire dans la mesure où à 13h ils sont encore à six caisses et les files sont longues. En regardant sur le tableau des tâches, je réalise que je devais commencer à 13h30. Je ressors pour demander à mon collègue où est la responsable, histoire de savoir si elle veut que je prenne en avance « non mais demande pas ! s’il te plaît pointe ! ». Devant le bordel, je ne me fais pas prier… Du coup, en début d’aprem, je me suis retrouvée à faire plein de petites tâches diverses histoire de remonter le magasin (en gros le remettre en ordre). Je me fais bien sûr à chaque fois alpaguer par des clients qui me reprochent le chaos de la matinée, ou bien me reprochent de ne pas savoir ce qui s’était passé le matin… ce qui bien sûr me met d’excellente humeur. Dans mes missions, on me demande de passer l’auto-laveuse dans tout le magasin. L’auto-laveuse, cet espèce de gros veau super chiant à manipuler au milieu des clients. Un vrai bonheur. Je ne vais pas vite. Mais comme toute l’équipe est déjà hyper stressée de sa matinée (et te rebalance donc son stress dans la tronche), que les clients n’en ont rien à foutre de ta gueule, ce qui devait arriver a fini par arriver. En voulant tourner, j’ai tapé le pied d’un client qui me coupait devant. Je roulais à deux à l’heure, donc je ne pense pas lui avoir fait très mal, mais quand même. J’arrête tout, m’excuse (trois fois), lui demande si ça va et s’il y a besoin de nettoyer ou désinfecter. Si je peux comprendre que cela soit agaçant ainsi que le fait d’être en tort, je ne suis pas sûre de pouvoir cautionner la réponse suivante « non mais putain vous êtes vraiment trop con ! c’est de l’incompétence ! même pas foutue de faire un truc simple ! pis toute façon vous avez pas à faire ça à cette heure-là ! ». J’ai redémarré l’auto-laveuse et je me suis barrée sans un mot de plus. J’espère qu’il y avait une plaie et qu’elle va s’infecter. Na.T’auras une bonne raison de te plaindre si ta jambe est gangrenée !

Tiens d’ailleurs, avant l’auto-laveuse, ce jour-là, on m’a demandé de faire la mise à plat dans le frais (ce rayon me suit jusque dans mes rêves, faut que j’en fasse une nouvelle d’ailleurs…). La mise à plat, c’est quand on enlève tous les cartons vides, qu’on reconditionne ceux qui restent et qu’on range la merde laissée par les clients (parce que pour faire trois pas pour remettre ton article à sa place quand tu peux l’abandonner là ?) Alors que j’arrive enfin au bout et qu’il me reste à finir le rayon des yaourts, un homme ventripotent se sépare de son groupe d’amis parce qu’il veut des yaourts nature. Je suis un peu speed parce que j’ai bien compris qu’il fallait tout faire très vite alors que le rayon est dans un état désastreux. Du coup, je suis un peu hyper concentrée sur ce que font mes bras et mes mains et j’oublient un peu le reste du monde. Si bien que je n’entends pas tout de suite les « hey ! hé ho ! » sur ma gauche. Quand je les entends, je me dis d’abord qu’il appelle ces potes parce que quand même, on en est quand même pas à m’appeler comme si j’étais un chien. Bah si. Du coup ça m’a énervée, alors j’ai mis un point d’honneur à ne pas sortir la tête de mon frigo alors même que les « hého ho ! » continuaient. Quand je suis enfin sortie pour passer au suivant, le mec me balance limite son paquet de yaourt dans la gueule « hé ! Les yaourts là, ils sont sucrés ou pas ? » Je suis prodigieusement agacée de la situation. Ça fait deux minutes que le mec me hèle comme un chien pour une information qu’il pourrait avoir par lui-même ? « Je ne sais pas. Si c’est le cas ce doit être écrit dessus. _Je sais pas lire. » Trop bonne trop conne, je me sens stupide. Sur le moment, prise dans le stress de l’après-midi infernal qui s’annonce, je ne me dis pas « s’il savait vraiment pas lire, il le balancerait pas comme ça, rappelle toi quand c’est vraiment arrivé quelqu’un qui nous a demandé quelque chose de con parce qu’il savait pas lire ». Et puis j’ai pour principe de toujours commencer par croire les gens. Donc je dis que non ils ne le sont pas. Comme je le vois reposer son paquet du coin de l’oeil, je me dis qu’il en cherche peut-être des sucrés, et comme je me sens toujours cons de l’avoir envoyer chier s’il savait vraiment pas lire, je prends deux secondes pour lui indiquer où en trouver des sucrés « oui oui j’ai vu ». Pauvre connard de merde. Le mec en question avait décrété que je ferais le taf à sa place, alors voilà. Le mec n’avait aucun problème à perdre trois minutes de sa vie pour m’humilier pour son plaisir. Trop cool. Sans parler des gens qui ne peuvent vraiment pas lire…

Quand au final, j’ai bien envie de dire aux clients d’aller se faire enculer à sec, mais comme j’ai pas le droit je trouve le moyen de les planter dans leurs conneries. « Non je ne remets pas en cause ton autorité, tu n’en as aucune ! »

Et puisqu’on en est à parler des gens qui te hèlent comme un chiant… Une autre journée de fou (on les a un peu beaucoup collectionnées… d’où, paradoxalement, le manque d’article, comme vous pouvez le voir, j’étais plutôt d’humeur à arroser les gens de napalm que de mon humour noir dévastateur)… Je pointe à 10h, après avoir regardé sur le tableau des tâches, je vois que je suis en caisse. Je sors de la réserve pour trouver la responsable du coffre et récupérer mon caisson. Je n’ai pas fait deux pas hors de la réserve « hep hep hep ! ». Super. Je m’en vais donc voir les gens, qui bien sûr ne daignent pas me dire bonjour, « y a pas les prix ! c’est quoi les prix des abricots ? _Je ne sais pas, je vais aller demander en caisse et je vous dis ça. _Tant que vous y êtes on veut le prix des melons et des pêches ! Y aucune affiche dans votre rayon ! » Regard sur ma montre, il est 10h02… la journée sera longue. Je m’en vais en caisse, salue mes collègues, leur demande les tests prix nécessaires, écrit le tout sur mon bras parce que je sais que j’ai le temps d’être arrêté quatre fois avant de retrouver les clients en question, ce qui laissera le temps aux chiffres de complètement se mélanger dans ma tête. « Quand même. Et sinon l’autre jour on a acheté un filet de pêche, le lendemain elles étaient quasiment toutes pourries ! Vous faîtes quoi dans ce cas ? » Bah je remonte le temps, puis je bloque tes pêches dans un autre espace-temps pour qu’elles pourrissent moins vite. J’avais surtout envie de lui dire qu’elle avait qu’à mieux choisir. Comme jusque là je n’avais eu ni bonjour, ni s’il vous plaît, ni excusez-moi, ni merci… je l’ai plantée là. « Je suis désolée, des tris sont faits régulièrement pour éviter ce type de désagrément. Malheureusement moi je ne peux rien faire de plus. Bonne journée. » Tu veux me prendre pour une conne ? Pas de soucis, je suis pas contrariante, je serai conne, et je ne ferai aucun effort. Merde à la fin. Regard sur ma montre, 10h07. Oh putain…

Pardon lecteur ? Tu es trop jeune pour être un vieux con ? Oh mais ne t’inquiète pas ! J’ai aussi la recette pour être un jeune connard, pas de problème. L’autre jour, j’étais en caisse. Ma collègue me prévient par micro qu’un groupe de petits jeunes va se pointer avec de l’alcool, qu’elle n’a pas tout compris de leur conversation mais qu’elle trouvait ça étrange… une histoire de photo, qu’on n’allait pas poser de question… bref, elle m’enjoint à vérifier les pièces d’identité. Je repère le groupe, et en effet, ce beau monde paraît bien jeune. Genre tellement imberbe que même moi à 13 ans j’avais plus de poils que les mecs à ma caisse. Et effectivement, l’attitude un peu fuyante de qui sait qu’il est pas trop dans son bon droit. Au dernier moment, ils changent pour aller à la caisse de mon collègue derrière, Super Flèche, aka énorme boulet égoïste et non fiable de l’équipe. Ne l’entendant même pas demander de pièce d’identité (sans doute trop pressé d’aller en pause j’imagine…), je me retourne un peu colère et demande à ce qu’on nous présente une pièce. « non mais c’est bon ils sont majeurs _dans ce cas-là il n’y aura pas de soucis à nous montrer la pièce d’identité ». Et nos amis les jeunes ont fait la connerie à ne pas faire : ils se sont énervés. D’expérience, même quand tu te plantes de trois ans, les gens majeurs ne se mettent pas à te traiter de connasse quand tu leur demandes leur papier. S’ils ne l’ont pas ils soupirent, râlent un peu, mais vont la chercher et reviennent. Fin de l’histoire. « Non mais on est majeurs putain ! _Dans ce cas-là montrez-moi une pièce d’identité et nous n’aurons aucun soucis à vous vendre la bouteille. » Là-dessus, la nana me sort son smartphone et me montre la photo du papier temporaire qu’on reçoit après avoir passé le permis, le temps que la préfecture t’envoie le vrai. « Je suis désolé mais ceci n’est pas une pièce d’identité. _Bah si ! Y a mon nom ! Ça dit que j’ai le permis ! _Ce n’est pas suffisant. Ce papier n’est pas une pièce d’identité, il ne comporte ni photo ni date de naissance ni adresse. Qui plus est, une photo ne pourra jamais être considérée comme un papier d’identité. _Bah c’est tout ce que j’ai alors vous vous démerdez vous faîtes avec. _Non. Ce n’est pas une pièce d’identité. En ce qui me concerne c’est non, fin de l’histoire. _Non mais c’est bon elle est majeure putain ! Y a son nom dessus ! _En l’occurrence, rien ne me prouve qu’il s’agisse bien de son nom, de son papier. _Putain vous êtes con ! Hé tu t’appelles bien Ludivine… Ludivine… comment tu t’appelles déjà ? » Ha en voilà un mytho bien préparé ! Je commence à avoir sérieusement envie de leur dire que c’est pas en me gueulant dessus qu’il va leur pousser un poil de slip… Je campe donc sur mes positions, sort de ma caisse et commence les manipulations pour annuler le ticket sur la caisse de mon collègue, histoire de faire comprendre que c’est moi qui commande et que la discussion qui n’avait d’ailleurs jamais commencé est close. « Ouai bah on va aller la chercher la pièce d’identité ! Et ça vous fermera bien la bouche ! _Mais oui, y a pas de soucis Choupinou. Vous nous ramenez une pièce d’identité et je vous vends autant d’alcool que vous voulez. » J’imagine que si la porte coulissante pouvait se claquer ils l’auraient claqué avant de mettre du Maître Gims à fond histoire de faire savoir qu’ils étaient pas contents. Plus tard, je pars prendre ma pause. Au casque, ma collègue, la même que tout à l’heure, m’informe que les ados sont revenus, mais pas avec une pièce d’identité, avec un adulte. Preuve est donc faîte pour toute l’équipe. Quand je reviens, j’en reparle à Super Flèche en lui disant de faire plus attention la prochaine fois… « non mais c’était son père, et il m’a bien dit qu’elle était majeure » Je baisse les bras… y a un moment, qu’est-ce que tu veux dire ? Elle était tellement majeure qu’en rentrant chez elle, elle avait le choix entre sa carte et son père, elle choisit de ramener son père ? Et moi je suis la Grande Impératrice de toute la Chine.

Quand au bout d’un moment, il faut appeler un chat un chat : les clients sont cons et puis c’est tout. « Je pense que je vais renvoyer ce livre à Amazon « Tours d’évasion faciles pour Magicien Amateur » »

Il va être temps d’arriver au bout de cet article avec la fameuse Théorie du Chorizo, baptisée ainsi grâce à mon frère… Une des choses qui m’agacent est de passer mon temps à dire aux clients où sont les choses. Pourquoi ça m’agace ? Parce que si certains semblent vraiment paumés, si d’autres tournent depuis quinze minutes sans voir le truc sous leur nom, ou encore si Monsieur Lidl a décidé que les filtres à café seraient mieux avec l’aluminium et les sacs poubelle qu’avec le café (Monsieur Lidl doit boire du thé) ou bien les cacahuète d’un côté du magasin et les chips de l’autre, l’alcool et le vin d’à côté, la bière de l’autre… certains ne s’emmerdent tout simplement. Quand ils te voient, tu représentent un genre de Lidl Drive à toi tout seul, au point que des fois j’ai juste envie de tendre la main « une pièce pour le guide ». Comment on le sait ? Parce que trop souvent, il te suffit juste de tendre le bras parce que c’est à côté, ou qu’ils viennent purement et simplement de passer devant. Mais je t’entends petit lecteur ! « des exemples ! des exemples ! des exemples ! ». Tu vois comment tu es, en fait tu demandes que ça qu’on te livre l’humanité en pâture… Aller va, si t’as du napalm j’ai des allumettes.

Quand je dois indiquer un produit à un client alors que celui-ci n’est pas à côté, je préfère souvent utiliser un repère plutôt que dire « deuxième allée », je trouve que c’est plus pratique, plus direct. Mais comme d’hab, des fois jme trompe. Une fois donc, une petite vieille vient me demander où est l’huile. Je repère dans ma tête, regarde où on en est « Vous voyez les oeufs là ? _Oui. _Et bien ça sera dans ce rayon-là, juste en face madame ». Elle s’en va donc. Cinq minutes après elle revient me voir « vous vous êtes trompée. Ou Alors ça a dû être changé de place, en face c’est le lait » Ha ouai. J’aurais dû préciser qu’il fallait faire deux pas sur la gauche pour avoir l’huile. Honte à moi.

Une autre fois, alors que je faisais la mise à plat dans le frais (parce que ça faisait longtemps), j’entends une nana dire à sa gamine « non mais je vais pas m’emmerder à chercher quand même » avant de venir me demander où était le truc devant lequel elle venait de passer sans le voir puisqu’elle avait décidé que j’allais le trouver pour elle.

Un autre jour, je mettais le frais en rayon (incroyable non ? ), pareil, la gueule coincée dans l’étagère du bas, à me contorsionner entre deux portes et dix cartons de carottes râpées ou de piémontaise. « Excusez-moi » Oh chouette, une madame polie ! Je m’extraie de mon frigo, j’avais à peine retrouvé un équilibre stable sur mes genoux (parce que je suis accroupie hein, rappelez-vous) qu’elle me colle littéralement un prospectus dans la gueule pour me demander où étaient les tables à repasser, que du coup je ne pouvais pas voir, parce que je vois très mal quand les choses sont à 2 mm de mon visage. D’une, j’ai failli me vautrer, de deux, paye ton invasion d’espace privé… Surtout que si elle avait pris deux secondes pour le lire son putain de prospectus, elle aurait vu qu’il y avait la date à laquelle on les avait. En plus, c’était un mercredi. Alors sans réfléchir j’ai annoncé que c’était pas aujourd’hui, parce qu’on ne reçoit ce genre d’articles que les lundi et jeudi…

Et ce même jour, genre dix minutes après… alors que j’écrase un peu mes cartons avant de partir en pause (parce que j’ai un peu rappelé que j’étais là depuis 5h et que pour une fois j’aimerais bien ne pas me faire avoir en ayant ma pause à 11h…), un vieux me fonce dessus « c’est où le chorizo ? _Vous venez de passer devant… _hahaha » lol.i.lol. Comment on en arrive  la Théorie du Chorizo ? Je suis du genre à beaucoup prendre sur moi. Paradoxalement, je râle beaucoup sur mes machines, mais je perds assez rarement mon sang froid face aux clients, au point que mes collègues savent que je commence effectivement à le perdre, il devient urgent de me faire aller en pause sous peine de voir de la cervelle de fada sur les murs… Du coup, quand je rentre du taf, ou quand je suis avec des collègues à la pause, faut bien que j’évacue. Alors je raconte toutes les merdes, les petits et les grosses, les agressions, les petites et les grosses, jusqu’à ce que mon cerveau puisse à nouveau fonctionner correctement. Donc mes parents et mon frère ont l’habitude de me laisser un temps où je vide juste mon sac en insultant la terre entière et sa mère (carrément, j’ai peur de rien moi). Un jour une de ces conversations s’est fini ainsi :

Mon père : Vivement que t’ais fini de bosser là-bas… y a ta vision de l’humanité, qu’était déjà pas bien haute, qui est en train de sérieusement se dégrader.
Mon frère : Mais non, elle se dégrade pas. C’est tout pareil. C’est juste que maintenant elle a des mots. Tu vois les fois où elle s’énerve parce que la société fait n’importe quoi et que c’est pas juste ? Bah maintenant elle sait. Parce que si les gens ils ont la flemme de chercher le chorizo alors qu’ils passent devant, comment tu veux qu’ils travaillent à la paix dans le monde ?
moi : Putain t’es un génie OO

Bon d’accord, c’est un peu gros. Mais il y a des moments comme ça, où tu réfléchis quand même beaucoup au potentiel des gens… Quand tu les vois te faire un sourire gentil parce que tu viens de te faire lourdement draguer (je vous raconterai une autre fois), ou qu’un vieux à cramer ses fusibles en hurlant, quand ils ramassent un carton abandonné au milieu du rayon, quand ils laissent passer la femme enceinte ou le papy et sa jambe en plastoque sans qu’on leur demande de respecter la priorité, quand ils filent les 10 centimes qui manquent au client précédent, qu’ils te laissent boire un coup d’eau, qu’ils te demandent comment ils peuvent te rendre la tâche plus facile, etc etc c’est con, mais ce sont des actions d’empathie gratuites… Alors qu’à l’inverse, quand ils décrètent que c’est ok de te marcher dessus parce que tout le monde le fait, normal de même pas te dire bonjour, en ont rien à foutre de pourrir la vie, t’humilient pour leur plaisir, te rabaissent au stade de machine, t’accusent de tous les mots de la terre…  bah perso je me dis que j’aimerais pas que ma vie dépende de leur forfait téléphonique. Et voilà donc la Théorie du Chorizo : certaines personnes considéreront que c’est toi à de trouver le chorizo pour elle, de le couper et compagnie, et d’autres t’en proposeront une tranche.

C’est donc sur cette pseudo philosophie de comptoir que je vais vous laisser ! L’article est long, mais encore une fois, j’en ai laissé plein de côté… Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter.

La chanson de la semaine c’est le retour de Dir en Grey que je découvre avec un peu de retard… mais qui fait vraiment plaisir !

Et une découverte musicale grâce à L’Oiseau Lyre

I am one…

Karyn Crisis’ Gospel of the Witches – The Alchemist

La Femme-Pendule, les pieds dans le ciment, écroulée au fond de l’eau, la baignoire est floue dans ses yeux, l’encre de ses bras se dilue le long du carrelage. L’eau devient noire. L’eau devient lourde. Bientôt ne pourra plus respirer. Elle ne bouge plus. Il n’y a plus rien à bouger. Il n’y a plus rien à faire. C’est l’heure. Il est temps. C’était l’heure il y a longtemps déjà. Changement d’heure et fuseaux horaires auront brouillé les lignes un temps infini. Mais rien n’est éternel, pas même l’éternité.

L’uroburos a fini son tour.
Puis le sien.
Et celui d’un inconnu qui passait par là.

Dans les eaux rampent les serpents aux longues dents. Dans les os grouillent les dents brisées. Au moindre mouvement sentir la morsure s’infecter un peu plus. Tu sais hier soir ils ont changé mes dents de place. Alors je pouvais pas aller dormir. Parce que si j’allais dormir, mes dents allaient finir par se déchausser… Alors je les aurais avalées et elles m’auraient déchirée de l’intérieur. Mais comment on sait quel dent va où ? Alors une nuit comme ça, au hasard, de l’intérieur elle s’est déchirée. Les dents étaient tombées. Les eaux ont rampé et les os ont grouillé tandis que les serpents brisaient leurs dents.

Carry me home carry me home

Il n’y avait plus de larmes à verser. Ses yeux avaient oublié quelle procédure il fallait suivre. La Femme-Pendule se desséchait au milieu des océans qui continuaient de monter au coeur de la salle de bain. À quoi aurait servi les larmes au milieu des eaux mortes ? Cette nuit j’ai rêvé en capslock. Le monde hurlait encore et encore. Alors même quand je serai sourde, j’entendrai les hurlements. L’eau ne se fatigue même pas à esquisser le moindre remous. L’eau est plus morte que la morte elle-même. La Femme-Pendule en sourirait presque. Mais les dents pourraient se déchausser.

Carry me home carry me home

Elle sent grouiller. Il suffirait d’ouvrir la bouche. Alors les torrents de vermine se déverseraient dans l’océan de la salle de bain. Peut-être qu’elle serait libérée, enfin, si elle trouvait les moyens de les cracher une bonne fois pour toute ces putains d’asticot. Ou peut-être juste qu’elle serait obligée de comprendre à quel point la pourriture s’était installée jusque dans ses os. Une fois, j’ai dit au médecin que j’avais l’impression que mes os avaient avalé des aiguilles. Le grammage sur l’ordonnance a grimpé. J’ai continué d’avoir mal. Les mots sont morts la nuit qui a suivi. Pourquoi se donner la peine ? 

Carry me home carry me home

L’uroburos refait un tour, resserrant encore un peu plus la corde. Le poids de l’eau augmente encore. Elle ne sait pas. La Femme-Pendule croit se rappeler que quelqu’un avait parlé du silence sous l’eau. Pourtant elle entend les hurlements de Pandore, les mains complètement rongées par l’acide maintenant, et pourtant toujours incapable de sentir la moindre douleur. Elle entend la morte taper sur les murs, suppliant que quelqu’un enfin se souvienne d’elle. La Femme-Pendule en est incapable, le nom a été enterrée… J’ai rêvé que je n’avais pas le droit de sortir de l’ombre des murs. Il a dit que j’avais toujours voulu disparaître. Les voix ont répondu que je n’avais jamais existé. Elle entend le sifflement continu de l’uroburos au plafond, cette façon lancinante de rappeler le temps qui passe alors que plus rien d’autre ne se passe.

Tu n’existes pas.
Tu n’as jamais existé.
Mensonge.

Menteuse.

Carry me home carry me home

L’eau est noire. Elle croupit à vue d’oeil. Ou bien elle l’a toujours été. Il en a toujours été ainsi. Seulement personne ne voulait voir. Ou bien on avait mis en place les moyens les plus sûrs pour tenir l’eau confinée dans les recoins. Alors les os de la Femme-Pendule ont pourri. Ses dents se sont déchaussées. Et la vermine a bouché les trous qui restaient. Elle est folle tu sais. Elle est folle. Elle fait semblant de pas savoir. Elle n’écoute pas. Elle croit que ça suffira. Mais ses dents vont finir par tomber. Elle va se déchirer de l’intérieur. Et la vermine dans ses os pourra enfin se répandre à l’air libre.

J’ai toujours mal.

Carry me home carry me home…

Du coin de l’oeil, loin vers la surface, floutée par l’encre noire dissolue, la Femme-Pendule a cru la voir… Pandore, abrutie par l’amputation forcée, tentait pourtant de ramener ce qui lui restait de vie… Pandore cherchait à nager vers la boîte… Pandore pour une fois avait arrêté son rire en grincement de dents… Sous l’oeil de l’uroburos amusé, Pandore cherchait à changer la boucle…

Carry me home.

Le concept, le pragmatisme et Gérard.

La dernière fois, je parlais de la paranoïa des clients, mais peut-être qu’il est temps que je parle de la mienne. Parce qu’à force de bosser là-bas, je finis vraiment par avoir la sensation que tout est fait pour m’emmerder. Et je ne dis pas ça parce que mon bras droit a l’air de sortir tout droit d’un film de zombis de mon frère après avoir passé deux jours à mettre le frais en rayon. Je dis ça parce que, clairement, les cartons veulent ma peau.

« Quand tu te réveilles le matin en pensant qu’on est vendredi… mais qu’en fait on est seulement jeudi. »

Le nouveau truc maintenant dans ce nouveau magasin, à chaque fois que je signale quelque chose, ou demande une modification histoire de nous simplifier la vie, on me répond de façon quasi systématique « c’est pas concept ». Ha. Passons sur le fait que ça ne veut absolument rien dire (non, on ne peut pas utiliser un nom comme si c’était un adjectif et prétendre que ça fait parfaitement sens. On. ne. peut. pas. Fuck you marketing team…), et faisons semblant que ça veuille dire quoi que ce soit… Je sais, ça demande un effort, mais comme tout mot pseudo-technique employé dans n’importe quel milieu professionnel, à force de te l’entendre répéter, tu finis par croire que ça veut vraiment dire quoi quelque chose. (genre à MacDo, je trouvais très français de dire « je fais la close ce soir ». Voilà voilà)(la domination sera linguistique ou ne sera pas)(et la parenthèse n’est pas domination malheureusement) Commençons simplement voulez-vous…

Maintenant, toute la façade du magasin est une immense baie vitrée, ce que la claustrophobe en moi apprécie moultement tandis que la photosensible en moi le déplore tout aussi fortement. La sortie se fait dans le coin du magasin. En fait avant, on avait un sas de sortie et un sas d’entrée bien distincts, alors que maintenant on a un seul grand sas en coin qui donne d’un côté sur la porte d’entrée, de l’autre sur la sortie (c’est très clair je te jure). Le long de la baie vitrée, deux issues de secours, des portes qu’il faut ouvrir en appuyant sur une poignée. Dessus, il est clairement écrit « issue de secours » à « hauteur d’yeux » (les guillemets c’est parce que l’hauteur d’yeux en question elle est réglementaire, pour ne pas dire réglementée…) en vert. Bien entendu, les issues de secours sont ouvertes dans la journée, sinon ça servirait un peu à rien (mais juste un peu). Et les issues de secours sont mises sous alarme à longueur de journée, si bien que comme n’importe quelle porte du magasin, si on l’ouvre sans le badge, l’alarme sonne. Vous commencez à le voir venir où je prends quand même la peine de vous le raconter ? Aller je vous raconte, j’ai rien d’autre à foutre (à part regarder Indi dormir au bout du canapé, ce qui est tellement mignon que j’ai presque l’impression de ne pas passer un été de merde par excellence). Régulièrement, nous avons donc des clients qui sortent par l’issue de secours, ce qui fait retentir l’alarme, ce qui nous oblige à appeler un responsable pour qu’il ou elle arrête le supplice d’un coup de badge magique. Plusieurs choses… Déjà, que quelqu’un m’explique pourquoi les issues de secours sont sous alarme. Une alarme dans un magasin, c’est pour te faire savoir quand quelqu’un force l’entrée non ? Quelle est la logique ? Qu’on les branche quand le magasin est fermé, là aussi ça a du sens (quoique, j’imagine que tout est centralisé, alors si le mec a niqué l’alarme au centre, il les a toutes niquées non ? genre ça n’arrive pas ça : « mouhahaha, j’ai niqué l’alarme de l’entrée et même celle du coffre ! je suis trop fort ! tiens pour le fun je vais sortir par l’issue de secours » *TULUTULUTULUTLUTUTLUTUTLUTLUTLU* Non, je ne pense pas…), mais en journée ? Quelle est l’utilité d’une telle démarche ?? Qu’on m’explique pourquoi mes tympans méritent pareille agression régulièrement dans ma journée de travail… Sérieusement, je vais me coucher, j’entends encore les alarmes dans ma tête… Que les gosses ne voient pas l’inscription, je peux entendre. Pour certains, elle est genre trois têtes plus haut que leurs yeux… et d’autres savent même pas lire… ou alors pas le français… Quant aux adultes… deux choses. À notre défense : quand vous allez dans un magasin, à part celle des toilettes (si tant est qu’il y en ait), est-ce que vous ouvrez la moindre porte ? Non. Le client étant roi, faudrait pas trop qu’il se fatigue, alors les portes s’ouvrent par magie devant lui. TADA. Du coup, les clients qui sortent par là ne devraient-ils pas tilter que s’ils doivent produire un effort, aussi risible soit-il, pour sortir, c’est sans doute qu’il y a un soucis ? À la défense des clients (autres que les enfants que pour une fois je vais excuser)(après tout leur plus grand crime est d’exister mais à la limite, ça non plus ils y sont pour rien) : il est bien indiqué issue de secours, mais en vert avec une vue dégagée sur le parking gris et les plates bandes vertes, dans une écriture toute fine police 12 (et encore). Du coup, si tes yeux ne tombent pas dessus, je peux entendre que tu ne vois pas l’indication. Bon je peux l’entendre parce que je n’ai pas entendu l’alarme ce matin et que j’écoute du Dir en Grey… parce que dans les faits, cet alarme me vrille tellement la gueule sur le moment que j’ai juste envie de leur éclater les dents sur le mur.

Mais comme un tel comportement ne rentre pas dans le cadre du SBAM, j’ai demandé à ma responsable s’il ne serait pas plutôt possible d’accrocher une affiche rouge sur la porte, histoire que cette fois les gens tiltent vraiment : c’est visible et ça ne bloque pas la sortie. « c’est pas concept ». Ha. C’est quoi le concept ? Qu’on soit tous sourd à la fin de l’été ? Qu’on ait tellement bouffé cette alarme dans la gueule qu’on démolisse le coupable alors que dans le fond l’erreur peut être compréhensible ? Et du coup, un taser c’est concept ou pas ? Non mais je demande hein… y a peut-être une case dans le bon de commande pour ça…


Pendant ce temps-là, dans le salon, mon frère rentre alors que j’écoute Moonspell un peu fort

moi : je t’avais pas entendu rentrer.
lui : non je me doute. 
moi : faut bien que la campagne ait des avantages !
lui : non pis je comprends, t’as des enceintes géantes alors t’es là « oh un peu plus fort, tiens encore un peu plus fort, un petit plus fort encore, bon j’ai les oreilles qui saignent mais on doit pouvoir mettre un peu plus fort »
moi : ah bah comme dirait papa, « les guitares c’est comme les graisses on les aime saturées » ! 


« Je suis à moitié procrastinateur et à moitié sociopathe. Donc je te tuerai demain… ou peut-être le jour d’après. »

Mais continuons donc sur nos bons concepts ! Figurez-vous qu’une poubelle non plus, c’est pas concept. Voilà. Alors qu’est-ce qu’on nous a collé comme poubelles ? Dans le hall d’entrée, nous avons des « poubelles » : dans un renfoncement du mur, vous avez quatre trappes « déchets quotidiens » « papier, carton » « pile » « ampoule ». Du coup vous allez me dire « mais qu’est-ce qu’elle nous chie, elle voit bien que y en a des poubelles ». Ha haha. Que tu es naïf petit lecteur ! Sache que le monde recèle autant de secrets dégueulasses que ces poubelles cachent de merde ! Car si elles ont tout de l’apparence designée de la poubelle « concept », dedans, c’est tout vide. Rien n’est prévu pour un sac, ou un éventuel contenant. Alors qu’est-ce qu’on met ? Des cartons de boulangerie dans lesquels nous sont livrées les baguettes. Résultat ? La poubelle « piles » doit être vidée régulièrement sous peine de ne pas pouvoir la soulever puisque pas de prise (et les cartons lidl c’est pas les plus solides du monde)(mais on va y revenir !). Quant à la poubelle « déchets quotidiens », il faut la vider à la main dans un sac poubelle digne de ce nom parce qu’il faudra quand même recycler le carton. Conseil : mettre des gants. Parce qu’entre les bouts de verre (bande de connards), les canettes pas vraiment finies, les trucs qui ont commencé à moisir et dégouliner, c’est pas trop la joie. Je veux bien que bosser à MacDo m’est quelque peu endurcie niveau dégueulasserie (si toi aussi tu as déjà eu à vider les bacs de graisse des grills, tu sais de quoi je parle), c’est quand même pas la joie quand après faut que tu retournes en caisse. Un vrai putain de bonheur. Changer une poubelle devrait me prendre cinq minutes top chrono. Mais avec ce brillant système très concept, il m’en faut quinze. Vous êtes des génies les mecs ! C’est joli, certes, mais ce n’est ni pratique, ni efficace, et pas tellement hygiénique. Well done.

Mais non, je n’ai pas fini ! Comme ce n’est pas suffisant (parce que dans un monde capitaliste, enough is never enough, on n’en fait jamais assez), il n’y a pas de poubelle dehors du tout. Par contre, il y a un cendrier. Au début, je trouvais ça plutôt bien, ça manquait dans l’ancienne configuration, du coup les gens les jetaient partout et c’était franchement dégueulasse (surtout quand t’es le couillon désigné pour aller ramasser). Au moins maintenant, on en retrouve plus partout. Un bon point pour Monsieur Lidl. Sauf que comme y a pas de poubelle, que se passe-t-il ? Et bien il arrive que les clients n’aient pas l’idée d’abandonner leur ticket de caisse ou la petite merde X ou Y à ta caisse, ou par terre dans le hall. Ils sont pris d’un regain de non connerie, et du coup, ils le mettent… dans le cendrier. Alors là lecteur, il va falloir que tu sois très attentif… À ton avis, il se passe quoi quand on met des bouts de papier dans un cendrier où des gens éteignent leurs mégots ? Ne crois pas que je te pose la question parce que je te crois débile ! Loin de moi cette idée saugrenue, après tout on ne se connaît pas… Mais apparemment la réponse est loin, très loin d’être évidente, alors je me dis que peut-être on pourrait jouer aux devinettes… Eh bien figure-toi lecteur que quand on met des bouts de papier et un élément en feu (même tout petit) dans un tube d’acier, et bien ça brûle. Incroyable non ? En une semaine, ça fait déjà deux fois qu’ils nous mettent le feu au cendrier. Ce qui amuse drôlement la pyromane en moi, mais bon quand même. J’ai donc eu l’occasion de passer pour une psychopathe puis que la conversation s’est déroulée comme suit : une dame rentre un peu paniquée dans le magasin et me saute dessus : « y a le feu ! le cendrier brûle, ça fume ». Effectivement, je constate que ça fume sacrément noir. Deux secondes de réflexion afin d’évaluer le potentiel danger direct… mon cerveau arrive à la conclusion que dans la mesure où le cendrier est un tube clos, le feu va mourir de lui même tôt ou tard, et comme le truc fume comme pas permis, personne ne va avoir l’idée de le toucher, donc personne ne risque de se brûler. J’en conclus que je peux terminer ce que je fais et aller m’occuper de l’importun. « Bah, il va pas aller bien loin de toute façon, je finis de m’occuper de mes clients et j’y vais. » Apparemment, vue la tête de la dame, ce n’était pas la réaction attendue. Ceci dit j’avais raison : dix minutes après même pas, n’écoutant que mon courage, je me saisis d’un seau d’eau ayant contenu des fleurs et m’en vais affronter les flammes. Le combat fut bref, mais elles luttèrent héroïquement. Le souvenir de leur agonie restera à jamais gravé dans ma mémoire, toujours je porterai ce poids sur ma conscience. Attendez je crois que des tartines de nutella m’appellent, je reviens !


Pendant ce temps-là, dans les rues de Nantes, je marche avec ma super copine, quand soudain, elle s’arrête net et s’écrit : « Regarde ! Une librairie ! On y va ? ». Mais que voilà une définition du shopping qui me plaît !


Quand mes cartons commencent à me gonfler et que je leur apprends la vie. « Je pense qu’il a compris la leçon, maintenant il y réfléchira à deux fois avant de squatter le coin de soleil ! »

Cette fin de semaine, j’ai gagné le droit de faire le frais… j’ai eu la joie d’y passer pas mal de temps… un vrai bonheur… comme peuvent d’ailleurs en témoigner tous les points de suspension de cette phrase… Le frais c’est la quintessence de tout ce qui est chiant dans la mise en rayon… Tout y est pour te faire chier… Rotation des produits (dates les plus « loin » dans le fond), « ouverture » cartons à faire (arracher un bout du carton pour que les clients puissent avoir accès facilement au produit, notamment pour les étagères du haut), rapidité obligatoire car chaîner du froid à respecter, palettes mal conditionnées, clients qui se servent directement dessus, et surtout, cartons mal pensés et rayon conditionnés au poil de cul près. Sérieusement, tu sens que le truc est pensé pour qu’il n’y ait pas un millimètre carré sans marchandise proposée à la vente. Tout est hyper serré, des produits sont placés hyper haut (à tel point que j’hésite toujours à faire ma rotation à l’envers, car les clients se serviront dans les cartons du bas de la pile puisque ce sont eux qu’ils atteignent le plus facilement… mais comme je risque d’être la seule à le faire, ça va tout mélanger les dates alors je m’abstiens) et vraiment… ces putains… de cartons… de merde… Bordel mais même le carton il est lidl ! Je vous jure, on la sent l’économie de bout de chandelle sur la matière première ! Les cartons sont fins au possible, si bien que la moindre humidité les ramollit et les fait se déchirer sous le poids des yaourts… ce qui n’est absolument pas un problème puisque comme chacun sait : y a jamais la moindre humidité dans un frigo ! Jamais ô grand jamais ! J-A-M-A-I-S ! MAIS BORDEL DE CONS DE MERDE ! Donc… tu prends ton carton sur ta palette, celui-ci commence déjà à se tordre, se plier. Tu constates qu’il faut que tu fasses une rotation complète, à savoir, sortir les six cartons du même produits déjà en rayon pour foutre le tiens en dessous, puis remettre le tout. SAUF QUE ! Ces six cartons-là, ils avaient eux aussi déjà commencé à se tordre et se plier sur la palette quand ils ont été mis en rayon… et ils sont encore plus humides après le frigo… et comme ils sont serrés ratatinés contre ceux autour parce que limite t’es obligé de les enfoncer à coup de marteau pour qu’ils rentrent entre les références autour parce qu’il n’y a pas d’air du tout ! y a pas un millimètre de marge de manoeuvre ! Alors forcément, bah le carton humide, quand tu essaie de le sortir avec son poids de marchandises dedans, que tu dois l’extirper du rayon plus que le retirer, il se passe quoi ? Bah il se déchire ! Et si t’es un gros winner of da life, et bah des fois, les packs de yaourts dedans, et bah ils font pareil ! Voilà. Tout se déchire sous tes mains au point qu’au bout de la moitié d’une palette tes mains sont bleues à cause de l’humidité et de la peinture des cartons. Et attends parce qu’une fois que tu as quand même réussi à extirper le tout en réussissant à n’avoir aucune perte, sans déloter les yaourts, mais pas sans avoir insulter leurs mères à tous, cartons et yaourts (l’autre matin avant l’ouverture, ma responsable m’entend râler et jurer vertement, mais a eu la bonne idée de me laisser m’énerver dans mon coin), que tu as trié tes dates au cas où la rotation ça serait un peu la fête du slip, que tu as posé le carton que tu voulais mettre en rayon, non sans avoir forcé comme un bourrin, parce qu’en plus les coins des cartons se coincent les uns dans les autres, ou encore dans les équerres des étagères, et bah après, IL FAUT REMETTRE LE TOUT ! Il faut remettre des cartons encore plus humides, encore plus disloqués, encore plus déchirés, encore plus abîmés, dans un rayon tellement au poil de cul que tu te demandes s’il faudrait pas mettre dix plaquettes de beurre en frais magasin direct parce que peut-être ça glisserait mieux, sans te tromper dans l’ordre des dates, avec parfois des clients qui viennent t’interrompre, et la petite voix dans ta tête qui calcule combien de temps ces cartons ont passé hors du frigo, combien de temps tu mets sur ta palette totale et elle se demande à partir de quand tu auras définitivement rompu la chaîne du froid et putain y a un fromage blanc qui vient de t’éclater à la gueule ET BORDEL DE TA MÈRE LA PUTE EN STRING DE BORDEL DE BITE À CUL ! Merde. Même un fist dans un mec constipé ça passe plus facilement bordel. Ha oui pis bien sûr, j’ai oublié de vous dire que pendant ce temps-là, les cartons en question vous déchirent les bras parce que mettre des cartons en rayon c’est encore plus dangereux que de jouer avec un chat.

Alors du coup, forcément, quand je suis levée depuis 4h du mat, que j’attaque la 5ème palette de frais, que mon collègue râle autant que moi (mais pas tout à fait dans le même style, disons qu’il est moins véhément), je me mets à imaginer à quoi peut bien ressembler la réunion des monsieurs en cravate de chez Lidl qui nous ponde ces chouettes petites idées…

« Ouai alors dans la nouvelle version, les frigos, on met des portes ? Aller ! On met des portes ! C’est grave stylé les portes !
_Le truc Gérard c’est que si on met des portes, bah c’est pas pratique pour la mise en rayon… tu sais ils vont pas avoir assez de mains pour les tenir ouvertes, et puis y aura forcément des articles qui tomberont en plein entre deux portes…
_Bah, pendant ce temps-là ils ont pas le temps de lire la convention collective !
_Bien ouèj Gérard ! Comment on fait pour les commandes ?
_Alors moi je propose qu’on leur colle 25 cartons de crème aux oeufs.
_Mais pourquoi autant ??
_Parce que j’adore la crème aux oeufs. Alors il faut qu’ils aient plein de crèmes aux oeufs. C’est bon la crème aux oeufs.
_T’abuses Gérard, ça va les faire chier quand même.
_Mais non ! T’as qu’à les envoyer à la place d’un truc genre les brassés aux fruits.
_Ça se vend pas vachement bien les brassés aux fruits ?
_Aucune idée, j’en achète jamais. Du coup c’est pas trop grave s’ils ont pas de stock.
_D’ailleurs en parlant des stocks, on a réglé cette histoire de date ?
_T’emmerdes pas ! Tu leur envoies trois quatre dates différentes par référence, ça aussi ça va bien les faire chier !
_Putain Gérard t’es on fire aujourd’hui !
_Ouai, j’ai vidé ma corbeille à papiers dans le cendrier !
*rires gras autour de la table*
_Attendez attendez ! Je sais ! Tu sais les cartons pour les bocaux d’anchois ? Pense à les faire tous fins, et surtout, pas assez haut pour empêcher l’anchois de se casser la gueule.
_T’as déjà fait mieux Gérard.
_Ok, alors que dis-tu de mettre tous les cartons de surimis en dessous de la palette, et dessus, on monte des piles et des piles de cartons de salades toutes faites genre piémontaise et autre ? Histoire de les faire voyager jusqu’à la tour de Pise.
_Gérard… t’es un génie… putain, c’est tellement beau quand tu parles j’en ai la larme à l’oeil… »

Je suis sûre que ça passe à peu près comme ça ! Bon d’accord, on n’est pas à la virgule près non plus, mais je suis persuadée que je suis pa loin… Y a beaucoup trop de Gérard à lidl !


Pendant ce temps-là, dans le couloir, mon frère rentre en imitant le chat :

« Je suis làààà ! Est-ce que tu as bien entendu que j’étais là ? Parce que je suis là ! je suis rentré !
_Pourquoi tu fais ton Gribouille ?
_Bah parce que comme t’es toute seule tout le temps à la maison en ce moment, jme suis dit ça se trouve elle en profite pour se balader à poil. Alors du coup je te préviens ! Comme ça on évite les incidents ! »


Aller promis, la prochaine fois on parle à nouveau des conneries des clients… J’avais juste envie de changer !
Comme toujours, on se retrouve sur Facebook et twitter (ce qu’il est un peu con de préciser vu que la plupart d’entre vous arrive de là mais bon, question de principe !)

La chanson de la semaine, le retour de Betraying the Martyrs :

#11 Désexistons… Célibataire, mode d’emploi

Nous revoilà ici !

Je vous peins le tableau : on est dimanche, je suis au milieu de mes sacs, j’attends que mon frère passe me récupérer pour faire les 300 bornes de retour vers la vendée où je passe l’été. Le bougre peut arriver à tout moment alors je ne peux pas trop me lancer dans un épisode d’Orphan Black sous peine de devoir couper mon épisode. Mais comme je suis déjà en train de manger un reste de pizza par terre devant l’ordi, je me demande ce que je pourrai bien regarder histoire de tuer le temps et d’illuminer un tant soit peu la journée. Alors bon, pourquoi pas une comédie romantique à la con ? Si je vois pas la fin pas de soucis, et bon, ça fait pas de mal. Des fois, ma naïveté n’a d’égal que la quantité de vodka dans mon congélo. J’opte donc pour How to be single, ou Célibataire, mode d’emploi en français. C’était tellement merveilleux comme film que j’ai passé une bonne partie du film à pourrir la merveilleuse Lou de SMS, d’autant que ça faisait un bon écho à la conversation de la veille (que nous ne reproduirons pas ici par soucis de décence)(et par respect envers les éléphants). À tel point qu’elle a fini par me signifier que ça ferait un très bon article… C’est elle qu’il faut donc remercier pour cette diatribe que je m’apprête à vomir en ces lieux ! Trêve de présentation, allons-y…

Alison mais qu’es-tu donc allée faire dans cette galère ?

Ce qui est merveilleux c’est qu’on te colle le mot célibataire dès le titre, mais qu’au bout de même pas 30 secondes, avant même la fin de la séquence d’introduction, on a tous compris que tout le monde serait casé, ou en passe de l’être, avant la fin du film (qui fait deux heures). D’ailleurs monde, je te préviens direct, je vais joyeusement te spoiler parce qu’en vrai, il n’y a pas grand chose à spoiler tant tout ça est creux à force d’être rempli de clichés puissance au carré. Des clichés tellement vides et creux que j’ai vu le film y a même pas deux jours mais qu’il faut que j’ai la fiche IMDB sous les yeux parce que je ne me rappelle du prénom de personne. Pire, la madame blonde sur l’affiche, j’ai chopé son prénom juste 10 minutes avant la fin. C’est vous dire le niveau général de cette chose ! Et accessoirement va vraiment falloir en finir avec cette mode des histoires qui se croisent tant qu’on aura pas des scénaristes capables de nous faire ça correctement. Merde. J’ai dit. Na. (j’essaie de me mettre à la hauteur niveau argument, du coup il a été nécessaire que je me pète le genou à la masse, il est possible que la douleur m’égare)

Le film s’ouvre sur Bouc Émissaire (j’ai la flemme d’aller chercher leur prénom, ça leur apprendra à être interchangeable) qui te raconte que y a plusieurs façons d’être célibataire (moi qui pensais que ça consistait majoritairement à ne pas être en couple et que le reste ça s’appelait juste la vie… diantre, j’ai encore rien compris), les bonnes et les mauvaises. Bien entendu, on s’en va t’expliquer ce qui est bien et ce qui est pas bien. Pendant cette petite séance, on voit Bouc Émissaire rencontrer son petit copain : douche publique à la fac, sa serviette s’accroche dans la porte, et comme elle a trois cent milles trucs dans les bras, forcément, elle peut pas trop ouvrir la porte pour la débloquer. Si bien que la serviette finit par tomber, sous les rires de ses petits camarades aussi évolués que des collégiens. Mais ni une ni deux, le Fils de Vitrier (parce qu’on peut voir à travers tellement ce personnage a de charisme) vient la secourir ! Tatatin ! Il la recouvre d’une serviette, la sienne, la protégeant alors des regards moqueurs, auxquels il offre par la même occasion son blanc popotin (à défaut de blanc destrier). C’est cuto-lolilol et c’est l’amour au premier regard. Parfait. Donc un film sur le célibat s’ouvre sur le chevalier qui sauve la princesse… bien bien… Sur l’échelle du facepalm, on est déjà à 1 alors qu’on est à peine à 5 minutes de film. Mais attention ! ellipse narrative ! Quelques années sont passées (combien ? va savoir). Bouc Émissaire et Fils de Vitrier vivent ensemble. Le truc, c’est que Bouc Émissaire aimerait bien vivre un peu toute seule, parce que comprenez, elle est passée de chez ses parents au dortoir de la fac à Fils de Vitrier, du coup elle sait pas trop ce que c’est. Alors faisons un break ! Mais oui vraiment. Je me demande vraiment comment ça va finir un couple qui fait un break au début d’un film avec célibataire dans le titre. Mon dieu ce suspens me tue !

Sur ces entrefaites, Bouc Émissaire trouve un boulot comme assistante judiciaire dans un super cabinet d’avocat hyper prestigieux où les hommes sont des avocats et les femmes des assistantes judiciaires / secrétaires / machines à café. La vie est tellement bien faite je vous jure… Et là elle rencontre donc sa nouvelle collègue : Sidekick. Sérieusement ce personnage ne sert à rien d’autres qu’à donner la réplique à Bouc Émissaire, faire des trucs débiles (mais vraiment), et éventuellement servir de Deux ex machina. Au début tu vois l’affiche, le trailer, et tu es ravie parce que tu te dis que c’est trop cool qu’une femme forte avec des formes comme ça puisse faire partie des persos principaux et tu es contente parce que tu es vraiment trop conne et naïve et putain retourne donc boire une vodka, une anesthésie est nécessaire. Sérieusement, elle fait une taille 50 mais elle a autant de visibilité que le ministre de l’environnement aux USA… Bordel, mais elle le dit elle-même à un moment : « tu viens me voir que quand t’as besoin d’être consolée ! » Bordel ! Mais même les personnages sont réalistes sur leur existence ! Putain film, si t’es pas foutu d’être honnête avec moi tu pourrais au moins être honnête avec toi-même ! MERDE. Sur l’échelle du facepalm, on est déjà à 2, ce qui revient à foncer à travers la porte vitrée alors qu’elle n’était pas ouverte. Mais je m’avance peut-être un peu trop…

Vu que Sidekick lui apprend à faire la fête (ce qui apparemment est synonyme d’être célibataire…), elle lui apprend aussi à gérer la gueule de bois, ce qui consiste majoritairement à se préparer pour la fête suivante…

Parce qu’avant que Sidekick lui apprenne à se beurrer la gueule comme il se doit, ce que vous ne savez pas faire si vous êtes en couple, sachez le, il faut que je vous présente les autres personnages… Pendant ce temps-là, dans un bar, (attendez je leur cherche un surnom, ça demande du travail !) LaPallisse le barman essuie ses verres tandis que Princesse Ecstasy squatte le wifi pour pouvoir surfer sur les sept sites de rencontres où elle est inscrite afin de trouver l’âme soeur. Comment on le sait ? Mais parce qu’elle raconte toute sa super stratégie à LaPallisse. Et alors je vous laisse deviner quel genre d’homme est LaPallisse. Vraiment. Faites au moins semblant. Pendant ce temps-là je me ressers une vodka. Ça y est c’est bon ? Et bien figurez-vous que LaPallisse est un casanova de service allergique à la moindre forme d’engagement qu’il considère comme une putain d’hypocrisie. Ce suspens me tue tellement qu’on va bientôt pouvoir l’ajouter à la liste des façons de se suicider. Alors forcément, c’est un peu le choc des cultures, mais à ce moment le film nous offre l’une des rares scènes qui valent un minimum la peine d’être regardé. On a d’abord le droit au discours habituel du « mais que fais-tu sur des sites de rencontre ? olala, tu es jolie et puis y a plein de gens dehors c’est cool la vie olala reprends un martini », ce qui me pousse toujours à me demander : mais alors, quelle est la bonne façon de rencontrer des gens ? vu qu’apparemment il y en a des mauvaises. Non parce que c’est pas comme si internet avait inventé quoi que ce soit avec les sites de rencontre. Avant y avait des rallies, blind dates, speed dating, réunion de célibataire, club échangiste, ta mère, le rendez-vous des amoureux des figurines en cure-dents, les soirées chez tes potes, une entremetteuse… BREF. S’il est sensé se passer quoi que ce soit entre deux personnes, ne peut-on pas considérer que pour que ce quelque chose se produise, il importe que le lieu / mode de rencontre convienne aux deux parties engagées ? À partir de là, d’où on peut dire qu’un mode de rencontre est meilleur qu’un autre ? Mais bon ne réfléchissez pas trop parce que de toute façon le film ne souhaite pas poser la question en ces termes, et en plus vous allez rater la scène des cacahuètes, l’un des trois moments du film dont je me souviens agréablement (dois-je ENCORE rappeler que le film fait deux heures ?) et ce serait balo. Après cette réplique, Princesse Ecstasy vide le bol de cacahuète sur le bar pour expliquer pourquoi le coup de l’âme soeur qu’on croisera au hasard du rayon saucisse de chez lecler est fort peu probable statistiquement parlant : une fois retirée la moitié des cacahuètes représentant le genre qui ne t’intéresse pas, il faut retirer celles qui sont trop jeunes, celles qui sont trop vieilles, il faut retirer celles qui sont mariées, celles qui ne seront jamais compatibles pour diverses raisons. À ce stade, il ne reste qu’une seule cacahuète, qu’elle écrase pour montrer que sur la partie qui reste, il faut retirer les hommes qui sont plus petits qu’elles, qui n’ont pas le bon taf, etc. Ainsi donc si elle veut trouver l’âme soeur, c’est un peu plus compliqué que prévu mais heureusement, elle a mis au point un algorithme qui va faire le tri pour elle et TADA ! Bon moi j’aimais bien cette démonstration parce qu’elle prouvait surtout que l’histoire de l’âme soeur c’est un peu de la connerie en bar, mais oui bien sûr scénario, ça peut aussi servir à jeter comme ça des compétences informatiques dignes du plus grand maniaque et auxquelles on ne reviendra jamais pour tout le reste, d’ailleurs on comprendra jamais vraiment en quoi consiste l’algorithme en question (genre… lire les profils des gens ? oua. Ça valait le coup de devenir ingénieur en informatique !), mais on le citera à l’occasion. Pointless pointless pointless… Ha et bien sûr on ne sait pas non plus ce que la dame fait dans la vie à part chercher l’âme soeur. Dieu ce que c’est chiant d’être une princesse… j’ai bien fait de choisir la vodka…

Et il me reste encore un personnage à présenter (ne vous plaignez pas je vous rajoute de la substance…) ! Il s’agit de la soeur de Bouc Émissaire, que nous appellerons Indépendantou Presque. Donc, Indépentou Presque est docteur à l’hosto, ou gynéco, ou sage-femme, non ça doit être gynéco vu qu’elle a fait de looooongues études, va pour gynéco ! (Gosh, ce film introduit tellement bien ses personnages, on dirait qu’il les chie…) On la voit alors qu’elle assiste à un énième accouchement où la maman hurle et a besoin qu’on la rassure, elle a peur de se chier dessus au moment de l’accouchement (parce que même pendant que tu essaies d’expulser une pastèque par un trou de la taille d’un citron, tu dois t’inquiéter de ton apparence, et non de ta douleur, ou genre, donner la vie ! merde femme, le sens des priorités). Indépendantou Presque lui raconte des trucs, genre elle s’en fout et tout, et la really-soon-to-be maman lui demande alors si elle a elle-même des enfants. S’en suit donc une tirade sur le fait qu’elle a choisi sa carrière, que c’est trop cool, et puis qu’elle a pas besoin d’un gosse pour se sentir épanouie et puis que bon ça gâche la vie et ça te pourrit le corps, le tout toujours entre les jambes de la nana qui va accoucher d’une seconde à l’autre. Et c’est fou comme tout ça est écrit avec juste ce qu’il faut d’auto-apitoiement et de fausse assurance pour qu’on sente bien que c’est de l’auto-persuasion parce que bordel femme tu vas avoir 30 ans et tu n’as toujours pas procréer ! Ne sens-tu pas en tes ovaires le cri de l’horloge biologique résonner et clamer qu’on lui paie son dû ? Ha ces bonnes femmes j’te jure… Quelques temps (jours ?? heures ?? sérieusement quand on fait mumuse avec les ellipses on donne des indices temporels lisibles ! c’est quand même la base)(pardon parce que ça n’a vraiment pas l’air clair pour ce film : c’est la putain de base merde !), elle fait un check-up avec une jeune maman qui lui demande de garder son chiard deux minutes le temps qu’elle aille pisser. (sur la liste des raisons de ne pas avoir d’enfants, on peut ajouter ça : tu ne peux plus aller aux toilettes comme tu veux quand tu en as besoin) S’en suit une scène où « eh non tu vois ! moi je ne craque pas, je ne te trouve pas mignon ! parce que je suis médecin, alors je sais que ça c’est un tic, pas un sourire et je résiste et je résiste, mais bon quand même t’as des petites jambes potelées et des petites joues et oh putain je veux un gosse » PUTAIN ON L’AVAIT TELLEMENT PAS VU VENIR ! Ha bah si. En fait si. Et ainsi Indépendantou Presque décide de se faire inséminer artificiellement. Voilà. Ha bah je vous l’avais dit, zéro substance. Alors pendant que vous vous servez une vodka, ou tout autre alcool fort à votre convenance, nous allons direct passer au niveau 5 sur l’échelle du facepalm en jetant nos petits orteils contre tous les meubles de la maison.

Princesse Ecstasy et LaPallisse. Avouez qu’il y a dans cette image plus de suspens que vous ne pouvez en supporter et que vous n’en pouvez plus d’attendre que je vous dise où tout ça va.

C’est fait. Je vous ai présenté tous les personnages. Et j’ai commencé cet article il y a trois jours alors je ne suis plus bien sûre de comment je voulais le continuer. Ça promet. Vraiment.

DONC. Bouc Émissaire est embarquée dans une soirée au bar de LaPallisse. Sidekick lui explique que comme elle est une femme, elle n’a pas à payer son verre, un homme le fera. À ce moment j’envisage déjà de boire ma vodka directement au goulot. Histoire de gagner du temps, vu que de toute façon il n’y a pas d’homme dans les parages pour me payer un verre (mais alors comment expliquer l’état de mon foie à la sortie du master ?). Comme de par hasard (haaaan ! ce scénario est tellement bien foutu ! je n’en crois pas mes yeux !), LaPallisse commence à dragouiller Bouc Émissaire, parce que chair fraîche tout ça. Ils filent dans son appart histoire de baiser (on suppose, parce que ELLIPSE !) puis grande conversation sur les relations, parce que bon là elle réalise que c’est nul d’être alone in da wold. Et LaPallisse de lui sortir son grand discours sur comment il est anti-relation et que tout le monde se ment et est hypocrite. Et alors grande leçon du film, voici comment faire tomber les filles (et les mecs tant que vous y êtes) à coup sûr, attention, accrochez vous à votre slip (et pas à celui de l’être désiré)(enfin pas avant d’avoir mis en oeuvre cette incroyable technique, après vous verrez c’est sans soucis) : LaPallisse raconte exactement aux filles ce qu’elles veulent entendre. Et oui ceci est bien un point final. Oui oui, c’est tout. La grand technique du dragueur de service, c’est de dire à l’autre ce qui lui fait plaisir. Voilà. Merci Captain Obvious, on n’y aurait jamais pensé. Je comprends mieux pourquoi j’arrivais pas à pécho avec comme phrase d’accroche « dis donc gueule d’anus, tu sais pas te fringuer alors tant qu’à faire fous toi à poil on verra si t’es sauvable pour la France ». Tout s’explique. Oua. Je sais pas si c’est la vodka mais ce film commence sérieusement à m’éblouir les neurones. S’en suit une visite de son super appartement où tout est prévu pour que les nanas ne restent pas : un frigo rempli de trucs à la con ne permettant pas de faire un petit dej, pas de vaisselle, et il a même trafiqué la plomberie pour ne pas avoir l’eau courante. Ce qui nous oblige à avoir la réflexion suivante : si LaPallisse n’a pas l’eau courante, il doit puer la vieille charogne, ce qui doit faire fuir les filles, ce qui prouve que sa technique « dire à l’autre ce qu’il veut entendre » est putain d’efficace. Ou alors ce film se fout complètement de ma gueule et nous allons passer au niveau 6 sur l’échelle du facepalm en relisant tout ce qu’on a pu écrire (virtuellement ou non) quand on avait 14 ans. Je vous laisse commencer, y a du level de mon côté. Je vous passe les détails mais Bouc Émissaire va ensuite plus ou moins craquer sur LaPallisse avant de tilter qu’elle est toujours amoureuse  du Fils de Vitrier, qui en fait vient lui apprendre que pendant le temps merveilleux de leur break bah il est tombé amoureux d’une autre mais bon quand même il l’invite quand même à leur réveillon du nouvel an et puis il lui répare sa télé pendant qu’elle s’extasie du fait que « you’re so handy » (et non pas la peine de chercher un sous-entendu sexuel, en anglais c’est juste « qu’il sache tellement tout réparer ». Donc oui basiquement « toi homme, toi savoir bricoler, moi femme moi fermer ma gueule ». Voilà. Ne cherchez pas le phallus) avant que finalement elle se mette en couple avec un autre qui finalement la largue parce qu’il a toujours pas digéré la mort de sa femme qui se trouvait aussi être la mère de son enfant. Oui, Bouc Émissaire est un personnage tellement creux que tu fais tomber une bite pièce dedans t’en a pour une minute avant d’entendre le ploc. Soyons clair : tu ne peux pas baser ton personnage juste sur le fait qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Ce n’est pas suffisant ! Y a rien à quoi se rattacher ! T’as juste envie d’y foutre des grosses tartes dans sa gueule en hurlant « mais arrête de chialer putain ! ». C’est comme la fin du film… elle se retrouve dans une fête, et comme de par hasard les trois mecs avec qui elle a couché se retrouvent là et elle panique comme une dinde qu’ils puissent se croiser. Mais POURQUOI ? Dans la chronologie des faits, elle n’a trompé personne, elle en a largué un qui est maintenant happy ever after en couple, celui du milieu s’en fout de sa tronche comme de sa première capote et le dernier lui a fait comprendre que c’était mort. Alors c’est quoi ton problème ?? S’ils se croisent il va se passer quoi ? Ils vont réaliser que t’es une adulte libre de faire ce qu’elle veut de sa vie ? Que t’as eu une vie avant et après eux ? WHAT IS WRONG WITH YOU ? C’est quoi le message ? Putain je comprends qu’elle conclue le film en disant que le « célibat c’est bien ça permet d’apprendre à se connaître », bah oui tu m’étonnes ! Ils ont oublié de t’écrire une personnalité hors couple… Just married… ou presque a fait la même chose : un personnage qui ne se connaît tellement pas qu’elle suit bêtement tous les mecs qui la trouvent intéressante avant de s’enfuir en courant. Mais les scénaristes ont pensé à lui construire une vie, et surtout, à un moment, lui donne la possibilité de se sortir les doigts du cul et de se faire une personnalité, une vraie. Est-ce qu’on se tape un plan de Julia Roberts devant le Grand Canyon avec la voix de Julia Roberts en off « c’est trop cool j’ai enfin pu faire ma rando dans le Grand Canyon » ? BAH NON. Pourquoi ? Parce que c’est chiant. Et creux. Ce qui est logique après tout c’est le Grand Canyon (oui je mets mes blagues à niveau).

Changeons donc d’histoire un temps que je me désenerve un peu et parlons de sa soeur… Indépendantou Presque réussit donc à se faire engrosser par du sperme congelé, et histoire de faire genre ce film a de la substance, le premier essai rate tu vois. Histoire qu’on puisse voir qu’elle est triste parce que vraiment elle le veut ce gosse. (mon dieu ces ficelles scénaristiques de la mort sont tellement bien cachées qu’on doit pouvoir s’y pendre 10 fois sans user la dite corde) Une fois engrossée, elle se retrouve à la fête de Noël de la boîte de Bouc Émissaire et Sidekick où elle rencontre un charmant jeune homme qui lui fait de l’oeil que nous appelleront Essaie Encore (parce que moi aussi je commence à manquer d’idée), ce qui selon elle est impossible parce qu’elle est moche vu qu’elle a bientôt 30 ans alors vraiment nooooon (ce bruit c’est ma tête qui s’écrase sur le clavier alors que je tape ces lignes). Ils se dragouillent puis finissent par copuler dans la joie et l’allégresse. Et à un moment, tu te dirais presque que « oh mais tiens donc, ce film essaierait-il de briser les carcans ? » car oui, monsieur est standardiste. Genre dans la hiérarchie c’est en dessous de la secrétaire. Et puis non. On se tape la blague nulle de « comment on dit standardiste au masculin ? », qui soit dit en passant, est encore plus nulle en anglais qu’en français puisqu’en anglais il n’y a pas de genre. En gros, la blague sert bien à t’indiquer que cette position n’est pas habituelle pour un homme, ce qui par effet miroir te rappelle que la position de madame n’est pas habituelle pour une femme, ce qui fait que l’équilibre de cette relation est encore moins habituel. En gros, c’est comme si sur une peinture, le mec avait écrit « rouge » sur le rouge, « bleu » sur le bleu etc. C’est comme si on te tapait sur l’épaule « hey hey hey t’as vu, je suis progressiste ! ceci n’est pas normal mais on l’a fait quand même ! » FILM ASSUME ! Soit tu mets un homme standardiste et une femme chef de service en médecine et tu fermes ta gueule sur le sujet, tu te contentes d’observer ce que ça implique, ce qu’on fait quand on raconte une histoire, soit, tu fermes ta gueule. Juste tu fermes ta gueule. C’est d’autant plus frustrant qu’apparaissent parfois des embryons d’idées intéressantes. Pour une raison X ou Y (pour ne pas dire « parce que ce film est creux et vide et dénué de la moindre substance » parce que je l’ai déjà trop dit), elle ne veut pas lui dire qu’elle est enceinte. D’ailleurs elle imaginait que ça serait juste un coup d’un soir. Mais finalement le garçon reste. Et s’accroche. Alors bon, y a un moment elle peut plus lui cacher. (quand je vous dis que y a du niveau côté ficelle scénaristique) Elle a peur qu’il s’enfuit, mais une fois qu’il a digéré la pilule, il a envie d’être papa. Ils s’engueulent, elle lui balance un « et tu vas faire quoi ? père au foyer _bah oui ! » OH MON DIEU ! Oserait-on ? Ce serait merveilleux ça si un film avait les couilles de nous présenter un père au foyer et une mère chef de service comme une chose parfaitement normale et acceptable. Mais ce merveilleux courage scénaristique dure environ trente secondes.. sur deux heures. Car dès le lendemain, alors qu’ils font des courses pour futur bébé, ils finissent par s’engueuler au sujet de je ne sais plus quelle connerie (parce qu’encore une fois, beaucoup trop de qualité dans ce scénario), ce à quoi il lui répond qu’elle est folle et elle s’énerve « tu ne dis pas à une femme enceinte qu’elle est folle » ……… attendez je vais casser des trucs et je reviens. Non parce qu’avant de m’énerver, tant qu’à faire, faut que j’aille jusqu’au bout du scénario, histoire que je m’énerve tout d’un coup. Ils rompent, il se tire. Ellipse, mais encore une fois on sait pas trop combien de temps passe, puisqu’à part que le temps passe, on a aucune indication de temps. On ne nous épargne pas la traditionnelle scène avec le pot de glace post rupture. Et Indépendantou Presque s’en va accoucher. Le lendemain, par on ne sait quelle faille scénaristique, Essaie Encore rapplique pour nous faire le beau discours de réconciliation doublée de la déclaration d’amour qu’on est sensé avoir tous envie d’entendre un jour (je te fais une explication des ficelles, au cas où elles seraient trop subtiles pour ton taux d’alcoolémie) et le tout se conclue par « alors oui tu es folle, désolé de te le dire mais tu es folle et je t’aime ! ».

C’est bon je peux m’énerver maintenant ?
LES MOTS ONT UN SENS BANDE DE CONS DE SCÉNARISTES DE MERDE.
Il va falloir arrêter de mettre la folie à la place de tous les autres mots que vous pourriez imaginer comme si c’était pas grave. La décision d’Indépendantou Presque de se faire inséminée artificiellement est impulsive, stupide, ridicule, irraisonnée, mal calculée. En aucun cas elle ne relève de la folie. La folie c’est avoir son corps qui dit une chose tandis que la raison dit le contraire et être écartelé entre les deux et expliquer ça par « c’est juste un lundi », parce que c’est normal dans cette réalité. La folie n’a rien de romantique, de drôle, de jolie. Ça n’est pas un compliment. Ça n’est pas synonyme de exubérant, extraverti, extravagant. La langue est pleine de mots, utilisez les. Merde. Dire « t’es folle je t’aime », c’est du même acabit que de dire « t’es un connard je t’aime » ou « tu mens comme tu respires je t’aime ». C’est un handicap, ou un défaut (dépend comment vous voulez le voir), et si vous aimez quelqu’un, peut-être que vous pouvez l’accepter, mais faut arrêter de penser que c’est un compliment. Vous avez déjà dit à une personne en fauteuil « t’es handicapé jte kiffe ! » ? Non ? Bah voilà. Donc, même si elle était folle, ce qui, j’insiste sur ce point, n’est pas le cas, ça n’aurait rien à faire dans une déclaration d’amour, ou en tout cas pas comme ça. Alors maintenant on arrête et on utilise les mots correctement merci.

Et on va direct monter le niveau de facepalm à 8 et aller conduire en sens inverse sur l’autoroute.

Cette scène aurait pu être l’epicness même. Mais non. Je te hais film. Je te hais.

Mais retrouvons Princesse Extasie et qu’on en finisse ! Son algorithme de la mort finit par marcher et elle trouve Le Gars sur un des multiples sites de rencontre où elle est et la voilà en couple et tout est beau et merveilleux. Évidemment elle va beaucoup trop vite (elle a pas réservé les tombes côte à côte au cimetière mais c’est uniquement parce qu’on est à New York et que c’est difficile de trouver un cimetière). Mais bon de toute façon on s’en fout puisque lui il avait prévu de la larguer au bout de trois mois parce que c’est comme ça qu’il fait. Wouahou. Je dirais même. Wou. Ha. Hou. Tant de clichés en si peu de temps… ça devient du sport de haut niveau ! Donc, d’un côté, la femme qui ne peut imaginer sa vie que mariée avec des gosses et la voiture qui va avec, et de l’autre, l’homme, qui utilise les femmes comme des kleenexs histoire de passer le temps (un genre de youporn mais en 3D). Wou-ha-hou. Du coup elle est triste et déprimée parce que c’est la fin du monde et les happy endings ça n’existe pas. Et cette scène aurait pu être tellement plus drôle si ça s’était arrêté là… Il se trouve qu’elle fait la lecture aux enfants dans une librairie. Lecture de conte. Qui doit finir par un… mariage ! Mais oui ! Le truc c’est que dans sa colère post-rupture, comme elle n’avait pas de pot de glace sous la main (Bouc Émissaire et Indépendantou Presque ont déjà tout mangé le budget glace du film), elle a déchiré la fin avec le happy ever after. Du coup, elle improvise et pète drôlement les câbles. Comme quoi la princesse est un mensonge parce qu’elle doit se faire poser des implants et porter des collants gainant qui l’empêchent de respirer pendant que le prince s’en va s’en taper une autre. Si vous ne devez voir qu’une scène de ce film (parce que c’est plus que votre foie ne peut en supporter lors d’un jeu à boire, croyez moi), c’est celle-là. Elle est épique. C’est pas nouveau, mais loin de s’arrêter au simple fait de raconter, on peut voir l’actrice s’arracher les cheveux, défoncer son maquillage et se battre contre son collant avec une paire de ciseaux pour enfants. Ça vaut le détour. J’ai presque ri, mais j’étais déjà trop saoulée du reste. Le patron de la librairie finit par réagir en évacuant les enfants et en disant aux parents que la séance de lecture c’est tous les samedis. Il se retrouve donc seul avec Princesse Extasie « vous êtes vraiment géniale on sort ensemble ? ». Et puis après c’est le grand amour de sa vie.

…….

En fait, je vais me reénerver.
Film, il faut arrêter ce genre de conneries. Vraiment. Tout de suite. Ça fait du mal aux gens ce genre de connerie.
Alors quel est le problème… Princesse Extasie va clairement mal, je veux dire, ça se voit que c’est un pétage de câble à la limite de la dépression (après qu’on trouve le motif de la dépression risible, c’est autre chose, une autre chose qui ne change rien au problème de base). La réaction qu’on pourrait trouver légitime, c’est de lui demander comment elle va,et si elle veut en parler autour d’un café. Par la suite Princesse Extasie va mieux, du coup ils peuvent parler d’autre chose que du fait qu’elle allait mal et oh mon dieu mais en fait vous m’êtes très sympathique, mais il se trouve que vous aussi, on copule ?, hell yeah ! [fête du slip]. Voilà. Mais non. À la place, le film nous propose le dangereux raccourcis suivant : elle pète les plombs de douleur, il tombe amoureux, genre coup de foudre. En résumé, il tombe amoureux de Princesse Extasie qui va mal…. Non mais, je suis la seule à trouver ça extrêmement glauque ?? Que quand tu aimes quelqu’un, que ce soit d’amitié ou d’amour (ou de toutes les nuances entre ces deux-là, ou autour de ces deux-là)(je vous laisse vous démerder avec vos étiquettes), tu acceptes les crises de l’autre, et ça n’entache en rien ce que tu ressens, normal. Même qu’il paraît que ça sert à ça. Genre j’ai des amis chez qui je peux atterrir alors que je prononce maximum dix mots en deux heures pour m’engueuler avec mes lacets tout en surveillant constamment par dessus mon épaule parce que j’ai pas dépassé les deux heures par nuit depuis trois semaines, tandis que d’autres atterrissent chez moi pour pleurer sur mon épaule tandis que je leur raconte des conneries. BREF. J’accepte même qu’on puisse se sentir flatté que l’autre se montre à nous dans ces moments-là : d’une certaine façon c’est une preuve de confiance d’accepter d’être vulnérable devant un autre. MAIS TOMBER AMOUREUX ??? Putain mais sérieux… « tu me montres le pire de toi, et j’en tombe amoureux », j’arrive pas à voir ce qu’il y a de romantique là dedans. C’est dangereux… juste dangereux. Parce qu’on a toujours tendance à vouloir conserver l’image qu’on a de l’autre quand on tombe amoureux, ce moment où il est tout beau tout propre tout parfait. Alors quand cette image c’est toi en train de souffrir tout ce que tu sais et joyeusement péter les plombs de désespoir… tu fais quoi ? Tu restes mal pour que l’autre continue de t’aimer ? C’est quoi le deal ? Alors oui, on a tous eu des potes (homme ou femme) qui tombaient systématiquement amoureux / ses d’oiseaux cassés dans le but plus ou moins conscient de les réparer… mais merde… C’est dangereux. C’est aussi simple que ça. Putain ça aurait coûté quoi de rajouter deux scène : scène 1 elle vide son sac autour d’un café, scène 2 ils se revoient plus tard ça va mieux pis du coup ils parlent de la pluie et du beau temps et c’est trop méga cool. Au stade où on en était. MAIS NON FALLAIT SE TAPER CETTE CONNERIE DE MERDE.

Alors vous allez directement au niveau 10 du facepalm et vous vous enfoncez votre vodka direct en intraveineuse parce que c’est tout ce qu’il reste à faire.

Comme j’en ai marre et que je suis franchement énervée, je vous fais la fin en accéléré.
À la même fête que Bouc Émissaire, LaPallisse veut avouer ses sentiments pour Princesse Extasie (parce qu’on n’avait vraiment rien vu venir), mais finalement se ravise quand il voit qu’elle est en couple. L’Autre Con comprenant qu’il aurait bien voulu qu’il y ait quelque chose, lui fait la grande scène du II genre je suis jaloux si tu l’approches je te pète la gueule, mais bon on est pote pour elle alors ça me fait plaisir que tu viennes au mariage, mais sérieusement jte pète la gueule si tu l’approches… MAIS BORDEL ASSUME ET COGNE OU FERME TA GUEULE. Voilà, parce que bien sûr le fait qu’elle ait fait son choix et qu’elle s’en foute clairement de LaPallisse n’entre absolument pas en ligne de compte parce que TU N’ES QU’UNE FAIBLE FEMME, tu vas quand même pas disposer de ton vagin comme si c’était le tiens merde.

JE N’AI PAS DU TOUT UNE GROSSE TÊTE DE PSYCHOPATHE !

Et le film se termine sur un beau monologue pour te dire que le célibat c’est trop bien et qu’il faut en profiter… pourquoi ? Parce que le couple c’est tout pourri ça te détruit ? Dans ce cas pourquoi on vient de passer deux heures à m’expliquer qu’il FALLAIT être en couple et que les autres modes de vie étaient quand même bien pourris ?

Parce qu’au final…
Sidekick est ridiculisée constamment et n’a aucune crédibilité
Bouc Émissaire est plus vide que les émissions de Cyril Hannouna
Indépendantou Presque finit comme tout le monde par avoir un gosse parce qu’elle peut pas vivre sans c’est une femme
le Fils de Vitrier se remet en couple bien gentiment
Essaie Encore finit par rentrer dans le cadre et on en sait même pas ce qu’il en est de sa proposition d’être père au foyer
Princesse Extasie finit par se marier suite à un coup de foudre arrivé quand elle s’y attendait le moins
LaPallisse renonce à sa vie de Dom Juan pour chercher à se caser car c’est ça la vraie vie (et rétablit l’eau courante parce qu’il a fini par tilter qu’il puait le fennec moisi)

Donc on partait sur un film sur les biens faits du célibat, on se retrouve avec un film à la gloire du couple hétéronormé. voilà voilà. C’était bien. Moi qui voulais me détendre au milieu de mes cartons et ma pizza en attendant mon frère, c’était bien bien raté.
Ajoutez à cela une succession de personnages creux et vides… sérieusement, si tu veux multiplier les intrigues, il faut que tes personnages soient plus denses encore que dans une intrigue simple ! Parce qu’ajouter du vide au vide, ça fait juste plus de vide… Dans le lot y en a absolument aucun de crédible, à part peut-être le père de la gosse qui a perdu sa femme. C’est le seul à être cohérent comme personnage. Ça fait court !

Bref, à part une excuse pour picoler, ce film n’a pas grand chose à offrir… (genre même pas une conclusion digne de ce nom, c’est triste hein ?)


N’hésitez pas à proposer vos films / chansons pour le prochain numéro, en attendant on se retrouve sur Facebook et twitte comme d’habitude !

La théorie du complot et la politesse.

Mais voilà déjà trois semaines que je ne vous ais point raconté mes aventures lidliennes ! À tel point que je ne suis même pas sûre de me souvenir de tout ce qui a pu se passer depuis tout ce temps… je m’en vais donc essayer de vous retrouver les plus mémorables…Sans plus attendre et sans transition donc !

En effet, le café me paraît un bon début.

Ces dernières semaines, j’ai pu constater un truc assez étonnant chez nos amis les clients (dit-elle comme elle parlerait de « nos amis les bêtes »)(ha non non, je parle beaucoup mieux des bêtes), une espèce de tendance qui se résumerait ainsi : beaucoup d’entres eux sont intimement persuadés que nous sommes là pour les arnaquer. Alors qu’en fait non. On est là pour faire du fric. Pardon, je rectifie. On est là pour que Monsieur Lidl fasse du fric, la nuance est importante. Et je l’ai déjà dit, mais si Monsieur Lidl est un arnaqueur, c’est le plus mauvais arnaqueur de toute la terre. Genre même moi qui ne sait pas mentir et suis dotée d’un visage se sentant obligé de vous expliquer ce que je pense, je serai meilleure arnaqueuse que Monsieur Lidl si je me donnais la peine de cracher sur mon intégrité. Parce que Monsieur Lidl écrit les règles du jeu tout partout, il faut juste se donner la peine de les lire (juste). En attendant, le constat est simple : nous sommes sciemment là pour arnaquer volontairement les gens. Tels des méchants de comics, les employés lidl cherche à soutirer le plus d’argent possible des poches des honnêtes citoyen comme n’importe quel politicien d’ailleurs. Ça aussi ça revient souvent. Alors je ne sais pas si c’est juste la sensation d’enculage qui revient au même, où juste si le rapprochement entre capitalisme et politique est devenu tel qu’on ne fait plus la différence entre l’un et l’autre. En attendant, ça donne des situation au ridicule consommé sans modération.

Une collègue m’appelle en caisse, apparemment il y a une promotion sur les paquets de chips et elle ne s’est pas faite. Je vais voir en rayon ce qu’il en est et constate qu’il y a bien une promotion… sur trois paquets achetés. Or la cliente n’en avait que deux. La cliente n’a lu que le chiffre en gros sans voir qu’il était précisé « x€ l’unité, pour trois achetés, sinon c’est y€ ». Alors certes, le tarif Y était écrit en plus petit, mais c’était quand même très largement lisible. Je reviens donc en caisse et explique ceci à la cliente qui de rage décrète qu’elle veut être remboursée parce que c’est de l’arnaque votre truc.
Une collègue m’appelle parce que le melon ne passe pas au bon prix. Je vais « vérifier » en rayon. Je mets des guillemets dans la phase précédente car je vais moins vérifier que faire genre que je vérifie, le fait est que je sais déjà très bien ce qui s’est passé. Le melon du monsieur est passé au bon prix. C’est juste qu’une autre sorte de melon était moins chère, du coup le client a considéré que c’était à ce prix-là. « C’est mal foutu votre truc ! c’est pas clair ! ». Je me demande vraiment ce qu’il vous faut de plus que des pancartes « melon charentais » « melon canaris » « melon galia ». Si tu as un doute sur qui est qui (ce qui après tout est possible), tu demandes. Gentiment (on va y revenir à ça d’ailleurs, j’en ai marre faut que je vide mon sac à ce sujet.). Et voilà.
« La moustiquaire ne passe pas au bon prix ! C’est pas 23€ ! » « Dis moi chère Grande Responsable Non-Food de mon coeur, on a plusieurs références de moustiquaire ou on a un problème de prix ? _On a plusieurs références, plusieurs tailles donc plusieurs prix. Mais bon les gens ils voit le prix qu’ils veulent toute façon ! » J’explique donc à la cliente qu’il y a dû y avoir mélange dans les bacs et que celle-ci passe bien à ce prix-là. « Non non moi j’ai vu 16 ! _Ça devait être une autre référence madame. Du coup que fait-on ? Vous la prenez quand même ou je l’annule ? _Mais non ! Moi c’est une de cette taille et blanche que je veux ! _Donc elle est à 23€ _Non ! » MAIS SI ! Alors maintenant tu fermes ta gueule ou je te la fourres dans le cul ta moustiquaire !!! « Toute façon c’est mal foutu votre truc » Ça tombe bien, toi aussi. Voilà.
« Les vins ils sont sensés passer à -50% la deuxième bouteille. » S’en va vérifier, reviens. « Vous n’avez pas pris la bonne. C’est le fin en dessous qui est en promotion. _C’est mal foutu !!! Non mais vraiment c’est pas clair, comment on est sensé savoir ? _Il y a le nom du produit en promotion sur l’affiche du prix, ce même nom qui est aussi sur l’étiquette de la bouteille. _Alors partout ailleurs les affiches sont en dessous des produits sauf chez vous où c’est au dessus alors forcément on se fait avoir ! C’est de l’arnaque votre truc ! » Exactement. D’ailleurs quand ils ont choisi de mettre les affiches au dessus des produits plutôt qu’en dessous, c’est exactement ce qu’ils se sont dit. « On va indiquer très clairement sur toutes les affiches à quel produit elles correspondent MAIS on va les mettre AU DESSUS des produits ! _Putain Gérard, t’es un génie ! » Grands dieux, les réunions marketing chez lidl ça doit faire fumer du cerveau bac +5 c’est moi qui te le dit… Alors par contre pour la domination du monde on repassera…
« Le pain ciabatta il est indiqué à 29 centimes » Cette déclaration me laisse un peu circonspecte. Ça me paraît franchement pas cher du tout pour un pain. D’autant que je sais qu’il est en promo, et que le ticket indique bien qu’une réduction a été faite, et que le pain en question passe à 79 centimes au lieu de 99. Donc bon… Je me doute que vraissemblablement il y a erreur de la cliente (comme environ 80% des fois…), mais par acquis de conscience, je demande quand même à un collègue au micro d’aller vérifier de quoi il retourne. Par chance, le collègue en question avait enfin daigné sortir le micro de sa poche pour le mettre sur son oreille. « Il passe bien à 79centimes, mais M. s’est planté quand elle a mis dans les bacs, donc certains se retrouvent dans le mauvais bac, mais sur l’étiquette c’est bien marqué « croissants 29centimes » (NDR : j’ai pas compris c’était le bac de quoi au juste, mais dans l’histoire on s’en fout). J’explique donc à la cliente qu’il y a eu erreur de notre part au niveau de la mise en rayon, que si elle le souhaite je peux rembourser le pain si finalement elle n’en veut pas. Elle hausse un sourcil, commence à me dire qu’elle l’a vu à ce prix. Je la coupe aussitôt « il y a eu erreur de notre part au niveau de la mise en rayon mais le pain ciabatta est bien indiqué à 79 centimes et l’étiquette indique bien que ce sont les croissants qui sont à 29 centimes ».
« Votre collègue s’est planté ! Il n’a pas fait la réduction !!! » Oh ! Tout doux Tornado ! Déjà bonjour et c’est bon, y a pas mort d’homme. Ok, il n’a pas vu l’étiquette et n’a pas appliqué le rabais, mais c’est bon, je vais te le faire…
À ma caisse, une cliente achète deux pâtes feuilletées. L’une est en rabais (= la DLC est dans quelques jours, du coup le produit est à -30%), l’autre est en 0 gaspi (= nouvelle procédure de Monsieur Lidl que je valide à 100%, le jour de la DLC, les produits en rabais non vendus sont enregistrés en perte, et mis en vente à des prix dérisoires, genre 50 centimes pour de la viande, ou là 20 centimes, dont une partie s’en va au restau du coeur ou autres assos). Elle me demande si les deux sont passées à 20 centimes. Je suis alors prise d’un doute en me disant que j’ai peut-être raté l’étiquette 0 gaspi, je vérifie, il n’y en avait pas. La cliente ajoute « ce sont les mêmes ! ». Je comprends « ce sont les mêmes dates », du coup je vérifie les DLC en me disant que peut-être l’une d’elle a échappé au collègue en charge de ça. Les dates sont différentes alors je confirme que l’une est bien à 20 centimes et l’autre même pas 1€. « Oui mais j’aimerais bien qu’elle soit à 20 centimes ! » Bah oui, mais non. Et elle n’a pas à l’être… Il n’y a pas d’oubli de notre côté, et rien n’indique d’ailleurs qu’il puisse y en avoir. Tu aimerais certes, mais ça ne change rien…
Tiens tant qu’on parle du 0 gaspi… Quand on peut, on met aussi les légumes en 0 gaspi. En gros, on prend une cagette, et on la remplit de légume qui font un peu la gueule en rayon (et qui donc ne se vendront pas de toute façon), on met le tout en vente pour 1€. Et quand je dis qu’on remplit la cagette, ce n’est pas une expression. Pour 1€, vous pouvez donc avoir : un chou-fleur, une ou deux salades, des carottes, des courgettes, et quelques fruits. Alors certes, il faudra couper des bouts des fruits, enlever quelques feuilles à la salade et les pointes des carottes, mais ça reste quand même hyper avantageux. Ces cagettes sont mises en bout de caisse. Je vois des clients regarder alors je leur explique le principe. Ils regardent les différentes cagettes (leur contenu varie) : « elles font la gueule leurs carottes, pareil pour les salades ! feraient mieux de les donner oui « . Putain. Comme vous commencez à le savoir, je n’ai pas l’esprit corporatiste, et je suis la première à descendre l’entreprise en flèche quand elle prend des décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord mais alors là… Monsieur Lidl ne fait aucun profit sur cette vente, les légumes en question sont enregistrés en perte. Non seulement il ne fait aucun profit mais en plus l’argent est reversé à des assos caritatives. Et oui les légumes font la gueule, c’est le principe, mais franchement, pour le contenu, 1€, c’est donné. Pour la seule et unique fois dans ce magasin, tout le monde est gagnant, SAUF Monsieur Lidl (enfin si, il l’est quand même un peu, ça fait du bien à son image de marque, faut bien le dire). Alors merde. J’en ai marre de ces gens qui veulent tout tout de suite sur un plateau d’argent avec le petit doigt en l’air. Tu veux des légumes gratuits ? Fais les pousser dans ton jardin. Fin de la négociation.


Pendant ce temps-là, dans ma cuisine :

Ma mère : tu peux t’occuper des pâtes ?
moi : oui, tu veux quoi dedans ?
elle : Mets des fils.
moi : …. tu veux dire du fromage râpé ?
elle : bah oui !
moi : c’est quand tes vacances déjà ?

« Quand tu as pris trop d’herbe chat… et que tu commences à te demander si le chien ne complote pas pour te tuer »

Vous me dites quand vous en avez marre. Parce que ce genre de truc arrive une fois par jour au minimum. Ça arrive encore et encore et encore. Ça arrive tellement souvent qu’il y a des erreurs des clients qu’on connaît par coeur. On va vérifier par principe. Parce que le fait est que si l’erreur est humaine, la plupart du temps, c’est quand même bien le client qui se plante. Alors je me répète mais… c’est écrit.
C’est écrit c’est écrit c’est écrit c’est écrit c’est écrit
c’est écrit
c’est écrit
c’est écrit
c’est
écrit.
Merde.
Et ce que je ne m’explique pas, c’est que si tu pars du principe que de toute façon, tu vas te faire enculer, pourquoi tu n’amènes pas ton propre tube de vaseline ? Pourquoi tu ne fais pas plus attention ? Je veux dire, on le sait tous les promos, c’est comme au casino, c’est toujours la banque qui gagne. Il est évident que Monsieur Lidl (ou Super U ou Intermarché ou tout ce que tu veux) n’est pas perdant. À toi de voir si tu l’es. Est-ce que tu voulais vraiment des chips puisqu’apparemment tu t’en passes très bien ? Est-ce que tu voulais vraiment de ce vin puisqu’apparemment tu n’as pas lu l’étiquette sur al bouteille ? Est-ce que tu voulais vraiment un melon puisqu’apparemment tu n’as pas cherché à savoir à combien était vraiment celui que tu voulais ? Ou bien tu as juste vu le prix et tu as oublié tout le reste ? Tellement de fois je dois faire des remboursements ou des annulations à des gens qui sont les seuls responsables de leur erreur. Et en plus, en bonus, jme fais insulter pour avoir tenté de les enculer. (et non, cette vulgarité-là n’est pas la mienne). Alors soit les gens sont cons de base, soit de toute façon ils sont tellement persuadés que c’est comme ça que ça se passe qu’ils se disent que ça ne sert plus à rien de faire attention. Ou alors, je laisse libre court à la paranoïa, et je me dis qu’ils font exprès de se faire avoir pour nous engueuler de s’être fait avoir par la suite. Parce que oui la paranoïa c’est contagieux, à force de s’en prendre plein la gueule pour un oui pour un non, à force d’en voir chercher activement une raison de nous engueuler, on vire parano. On anticipe, on sait qu’on s’en prendra dans la gueule pour telle ou telle raison. On devient aigri par anticipation, fatigué par anticipation, usé par anticipation. Et les clients n’ont même pas le bon goût de nous donner tort. Quand je vous dis que je déteste ce que je deviens là-bas.

Et quand on ne fait pas tout ce qu’on peut pour les arnaquer, on fait exprès de leur pourrir la vie. Parce qu’on a que ça à faire. C’est évident. C’est même clairement écrit dans nos contrats : « Vous accueillez la clientèle avec le respect qu’elle mérite ». Vraiment. Si ça, ça veut pas clairement dire qu’il faut qu’on les pourrisse, je comprends plus rien…

« Vous les recevez quand les crèmes desserts ?
_Pour le moment on ne peut pas en recevoir, le frigo est en panne.
_Oui je sais ! Mais vous les recevez quand ?
_Je ne sais pas madame, il faut réparer le frigo d’abord.
_Mais quand !
_Je ne sais pas. On ne va pas mettre les crèmes dans un frigo en panne ! »

« Évidemment là c’est l’été y a plein de caissiers. Y en a que pour les touristes ! »

Oh puis ces putains de caisse priorité… Alors je sais pas comment ça se passe dans les autres magasins… attendez… mais si ! en fait je sais comment ça se passe dans les autres magasins ! parce que des fois, je vais dans les autres magasins figurez-vous (c’est même ce que je fais la plupart du temps) ! Dans les autres magasins donc, il y a une, ou plusieurs, caisses étiquetées « prioritaires », ce qui veut dire, et vous serez tous d’accord (non ce n’est pas une question, vous n’avez pas le choix, vous êtes d’accord), que tout le monde peut s’y installer, mais, si une personne handicapées d’une façon ou une autre, ou une femme enceinte arrive, on la laisse passer. Et bien vous ne me croirez jamais, mais ça se passe comme ça chez nous aussi. INCROYABLE. Mais vrai. (remets toi cher lecteur, je sais c’est une immense surprise mais courage, ça va bien se passer) Bon le truc c’est qu’on n’a pas toujours quelqu’un installé à la caisse prioritaire pour des raisons aussi diverses que variées. Comme dans tous les autres magasins. Mais ça ne nous empêche pas de respecter les priorités des gens quand il y en a. On n’est pas con non plus. Sauf que… si les gens ne le signalent pas, on ne peut pas deviner. INCROYABLE LE RETOUR DU COME BACK, Mais vrai. (ça va lecteur ? oui je sais ça fait beaucoup d’incroyable d’un coup, mais ne t’inquiète pas, nous allons y arriver ensemble). Du coup, souvent les gens nous reprochent de ne pas les avoir fait passer en prioritaire comme ils en ont le droit. Alors à chaque fois j’explique calmement que s’ils nous le disent, nous mettons tout en oeuvre pour respecter la priorité à laquelle ils ont le droit (soit faire venir un collègue spécialement pour eux, soit leur faire une place sur le tapis, ou carrément prendre leurs articles en bout de caisse). Et ce n’est pas « que de la gueule », on le fait vraiment. Sans rechigner ou négocier ou remettre en cause quoi que ce soit. On n’a absolument aucun soucis avec ça. Il suffit de demander (gentiment si possible) (on y arrive on y arrive). Souvent les gens de nous balancer « y aurait pas besoin si la caisse prioritaire était ouverte ». Ha, je comprends. En fait vous avez une carte de priorité parce que vous avez un gros, un très gros, handicap : vous êtes cons. Si la caisse prioritaire était ouverte, il y aurait eu la file à cette caisse, comme à toutes les autres. Et si vous ne aviez rien dit, vous auriez fait la queue pareille. Mais à la caisse prioritaire. Cette caisse ne nous donne pas le pouvoir de lire dans les pensées. Elle permet juste de prévenir les gens à l’avance. Mais comme les gens s’en battent les couilles et ne lisent aucun panneau aussi gros et sous leur nez soit-il, ça ne change rien. Si vous montrez votre carte prioritaire, ou que vous vous signalez d’une quelconque façon, à une caisse non prioritaire, on vous fera passer en priorité. Même si la caisse prioritaire est ouverte d’ailleurs. Parce que la vérité c’est qu’on est vraiment pas aussi salaud que les clients semblent l’imaginer.

Alors maintenant, imaginez. On est samedi matin. Et comme on le dit si bien « le samedi tout le monde en chie ». C’est beau, ça rime. On est blindé de monde quel que soit le nombre de caisses ouvertes. Une cliente vient voir M, installée à la caisse derrière moi, lui faisant savoir qu’elles ont une carte de priorité. M. me demande comment on peut faire, comme les clientes en question n’ont pas beaucoup d’articles, je les invite à passer au bout de la caisse de ma collègue pour qu’elle puisse les encaisser de suite. Aussitôt les clients qu’elle était sensé faire passer lui signale qu’ils ont eux aussi une carte. J’invite donc les clientes à plutôt venir à la mienne pour que je m’occupe d’elle. Je termine d’encaisser mes deux clientes tandis que M. explique cette histoire de signalement de priorité à ses clients pour ne pas qu’ils attendent la prochaine fois. Une fois terminé, j’encaisse les deux clientes prioritaires (assez rapidement puisqu’elles avaient très peu d’articles). Dès que j’ai fini, les clientes d’avant m’apostrophent :

« Et pourquoi elles sont passées comme ça ??
_Parce qu’elles avaient une carte de priorité
_C’est facile ça ! Moi aussi j’ai une carte et vous ne m’avez pas fait passer devant tout le monde !
_Je ne pouvais pas le savoir madame… Si vous me l’aviez dit, j’aurais fait en sorte que vous puissiez passer en priorité comme vous y avez le droit. Comme vous pouvez le voir, quand on nous prévient, on s’arrange le plus vite possible pour vous faire passer rapidement.
_C’est n’importe quoi ! Regardez, je l’ai ma carte ! Elle est là ma carte ! [elle me la colle sous le nez]
_Je vois bien, mais encore une fois je ne pouvais pas le deviner… Si vous ne vous signalez pas je ne peux rien faire.
_C’est de l’incompétence ! »

Bordel, c’était quoi mon erreur là ? À votre avis ? Ne pas avoir remonté le temps pour lire dans ses pensées et m’écrier au dessus d’une file qui allait jusqu’au milieu du rayon « hey ! vous là-bas ! la grognasse engoncée dans un débardeur rose moche trop petit pour elle et cramée par le soleil tellement que ça fripe, vous avez une carte de priorité ! alors venez donc par là ! » ? Quelque chose me dit que ça ne lui aurait pas plus non plus. Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent en vrai…

Les excuses que j’aimerais présentées parfois. « Je suis désolée. Je ne voulais pas vomir sur le nouveau tapis. Je visais tes chaussures… »

Pendant ce temps-là, dans le bureau de mon père…

lui : Coraline, tu peux m’aider à installer ma nouvelle imprimante ? Elle trouve pas le wi-fi…
moi : What ? Mais pourquoi une imprimante aurait besoin de wi-fi ?? T’es sûre que c’est pas le bluetooth qu’elle veut ?
lui : quoi ???
moi : Attends j’arrive… mais… c’est une imprimante-fax en fait ton truc… C’est pour ça qu’elle veut le wi-fi.
lui : Ah bon ça fait fax ? 
moi : Bah… oui, c’est écrit en gros sur la boîte… Bon mais avec un peu de chance l’imprimante a pas besoin que le wi-fi soit connecté pour fonctionner…
lui : Ça veut pas marcher y a rien à faire ! J’ai suivi le mode d’emploi mais ça marche pas.
moi : T’as essayé le CD là ? Celui avec marqué installation ?
lui : Non, tu crois qu’il faut ?
moi : Euh… si t’installes les pilotes pour faire fonctionner l’imprimante elle devrait beaucoup mieux marcher oui… sans ça l’ordi la trouvera jamais…
lui : Ha ouai. Faut un pilote dans l’avion en fait ! J’aurais jamais deviné.
moi : Mais t’as lu le mode d’emploi ?? Parce que c’est écrit dessus tu sais… C’est quand tes vacances ? Parce que là t’as le niveau d’un client Lidl…


En règle générale, quand vous avez un doute, il y a un truc qui marche bien : demander. Ha oui et aussi : la politesse, l’amabilité. Putain mais sérieux… l’énergie que certains perdent… Je veux dire… la même question pourrait être posée, la même réclamation pourrait être faite sans toute l’agressivité que certain y mette. On y serait tous tellement gagnant… on économiserait tous tellement d’énergie… Et même, voyons plus grand, soyons fou : l’humanité dans son entièreté s’en porterait tellement mieux ! Je ne sais pas moi ne serait-il pas possible de remplacer : « Vous allez en remettre quand des fromages ?? Putain c’est une honte ! Ça servait à rien de tout refaire si vous êtes même pas foutu d’avoir des frigos qui marchent ! » par « Excusez-moi, mais ça fait un moment que le frigo est en panne, avez-vous une idée de la date de réparation ? » Même question. Était-ce compliqué ? Non, ce n’était pas compliqué. De la même façon, est-ce qu’on ne pourrait pas tout simplement dire « Excusez-moi mais je crois que votre collègue s’est trompé. Normalement j’ai le droit à une promotion et si je ne me trompe pas il ne l’a pas compté. à quoi je pourrais répondre allègrement « Je vérifie ça tout de suite. En effet il y a eu une erreur, je m’en excuse, je vais vous rembourser la différence de ce pas ! » Était-ce compliqué ? Non, ce n’était pas compliqué. De la même façon, pourrait-on simplement dire « Excusez-moi mais cela fait plusieurs fois qu’il y a des erreurs sur mon ticket depuis le début de l’été, pourriez-vous revoir certaines choses avec vos équipes ? » au lieu « Putain ça commence à faire ! Toute façon tous les étés c’est pareil, y en a marre, même pas foutu de savoir compter ! » Est-ce compliqué. Non. Ce. N’est pas. Compliqué.

Je n’ai absolument aucun soucis à rembourser le client quand il y a eu erreur ou négligence de notre part. Si on s’est trompé, on répare l’erreur. C’est logique. Si je constate une erreur, je ne vais pas chercher à épiloguer. Je répare, dédommage, et présente nos excuses. Sauf que des fois, c’est demandé de telle sorte que j’ai juste envie de dire aux gens d’aller se faire éviscérer en enfer. Et ce même s’ils sont dans leur bon droit. Et surtout, surtout, il y a une phrase que je ne peux plus entendre. Plus jamais. C’est le fameux « c’est par pour X€, c’est pour le principe. » Mais bien sûr. Pourquoi ça m’énerve, me demanderez-vous… Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant qu’il y a plein de façons d’être blessant avec son entourage, pas forcer besoin de hurler ou d’insulter. Et ce petit « c’est pour le principe » fait partie de ces vicieusetés qui vous pourrissent le cerveau bien sournoisement sans avoir le courage d’annoncer la couleur.
L’autre jour, un samedi, où tout le monde en chiait (suivez un peu), une collègue à compter une bouteille de perrier de trop. Rien de bien grave. Une bouteille qui a dû biper deux fois sans qu’elle puisse entendre parce qu’à 6 caisses ouvertes en même temps ça demande un peu d’entraînement pour faire la différence entre les bips des voisins et les tiens. Le truc c’est qu’elle s’en est rendu compte après avoir rangé les courses dans sa voiture. Elle revient juste avec son ticket et me montre, tout en me disant que « ce n’est pas pour les 49 centimes que coûte la bouteille, c’est pour le principe ». Sauf que techniquement, je n’ai rien le droit de faire : si je ne peux pas vérifier de mes yeux (y a une dérogation pour les borgnes, j’ai le droit ne vérifier qu’avec mon oeil valide, sont quand même pas complètement vaches), je n’ai rien le droit de faire, et que donc je ne peux pas la rembourser. Ce qui est logique en fait… La cliente monte alors sur ses grands chevaux, comme quoi c’est pas des manières de faire. Ça alors. Moi qui croyais que tu t’en foutais des 49 centimes, que c’était juste une question de principe… On finit par trouver une solution (tiens lecteur, tu veux la connaître la solution ? j’ai dû aller vérifier dans la voiture la présence de deux bouteilles uniquement, revenir dans le magasin faire la manip, retourner à la voiture rendre les 49 centimes et faire signer le papier, revenir donner le papier à ma collègue pour que sa caisse soit complète. Mais à part ça je fais tout ce que je peux pour enculer les gens à sec. Pour 49 centimes.). Pendant tout ce temps, elle me répète encore et encore que c’est pas pour les 49 centimes, c’est pour le principe. Un principe qui valait donc de perdre 10 minutes de mon temps et du sien pour 49 centimes. Et vous voulez le connaître ce principe ? Parce que c’est lui qui fait que je n’en peux plus de cette phrase. Le principe en question ce n’est pas le « vous avez fait une erreur, réparez la », c’est « dans cette relation, c’est moi qui commande. » Voilà. Ni plus ni moins. Ce principe, c’est que c’est une relation de pouvoir, et qu’ils tiennent à te rappeler qu’ils sont dans la position haute alors que tu es en bas.

Si jamais ce n’était pas assez clair dans cet exemple, en voici un autre. Un autre jour où on chiait (alors que c’était même pas un samedi), pour une raison qui m’échappe, les gens étaient tous hyper hostiles et agressifs. Je suis fatiguée, je cours partout, il fait chaud, je dois tenir ma caisse et récupérer les erreurs, les remboursements, les annulations des autres caissiers. En bref je dois constamment faire trois choses à la fois. O. m’appelle : grosse connerie, elle a mal compris la cliente et a enregistré le paiement en espèce alors qu’elle voulait régler en carte. À bout de nerfs je jure dans ma barbe histoire de ne pas vider mes nerfs sur la pauvre O. qui est déjà toute affolée. Je demande à la cliente si elle n’a pas d’espèce et si ça l’embêterait. Non elle n’a rien, elle veut payer en carte, fin de l’histoire. Je grince des dents, rerâle un coup et me lance dans une manip plus ou moins interdite : j’ai dû faire un « remboursement fantôme » du montant dû par la cliente, pour réencaisser en divers le même montant afin qu’elle puisse payer par carte sans qu’il y ait de trous dans la caisse de O. Normalement on ne devrait pas faire ça parce que du coup, ce que la cliente a pris n’est pas enregistré comme sortie (en gros, la dame a payé un « divers : 18,53€ au lieu que chaque article soit enregistré un par un pour arriver au dit montant). Je rerâle dans ma barbe parce que j’ai oublié de sortir une facture correspondant au bon ticket, histoire qu’on ait quand même une trace des articles qu’elle prend, et comme c’est pour ma gueule, je me traite ouvertement d’idiote entre les dents. Bref, je n’étais sans doute pas l’exemple de la caissière rayonnante, souriante, avenante. Mais je me suis débrouillée que ma frustration et ma colère restent dirigées contre moi et moi seule. Et j’ai réparé la bourde. Et la cliente a payé comme elle le souhaitait. J’avoue j’ai pas dit ni au revoir ni bonjour ni présenté d’excuse. Je n’en avais pas l’énergie. Je suis retournée à ma caisse. À peine une minute après, la cliente fait une escale avant la sortie à ma caisse pour me balancer « c’est pas parce que c’est les vacances que vous pouvez être désagréable ! Question de principe ! » et elle s’est barré sans attendre la moindre réponse. Ça tombait bien j’en avais pas. La manoeuvre n’avait aucun autre but que de me rappeler où était ma place et qui avait le pouvoir dans l’histoire. Ça sonne peut-être paranoïaque, mais retournez l’histoire dans tous les sens : où d’autre est-ce qu’elle voulait en venir ? Elle n’attendait pas d’excuse, elle est partie dans la foulée. Elle avait déjà obtenu gain de cause. Non. C’était juste signaler que j’avais manqué à mes devoirs en ne m’inclinant pas devant elle. Et vous savez le pire ? C’est qu’à force de se prendre ce genre de trucs-là dans les dents, on a beau avoir les meilleurs collègues du monde (ce qui est mon cas), beaucoup de recul et de cynisme, arrive un moment où on ne peut plus. Ce jour-là, quelques 10 minutes après, j’ai repris une remarque du même acabit dans les dents. J’ai planté tout le monde et j’ai pris 5 minutes de pause alors que c’était pas forcément le bon moment : je ne pouvais juste plus.

D’ailleurs, si jamais j’avais encore un doute sur la valeur de mon existence, depuis ce matin (un dimanche !!!) grâce à un gentil client, je sais que ma santé physique vaut moins chère qu’un chausson aux pommes. Ce qui est con car je n’aime pas trop les chaussons aux pommes. (le problème des chaussons aux pommes c’est que quelqu’un a eu l’idée saugrenue de mettre des pommes à la place du chocolat)
Il était 8h45 (il n’y a pas d’heure pour la connerie), un client rentre dans la boulangerie et hèle A. pour savoir si on a des chaussons aux pommes. À juste titre, celle-ci lui demande de sortir car c’est un espace privé dans lequel il n’est pas autorisé. « Je vous demande un truc ! ». Haaaa ! Donc si on demande un truc aux gens, on a le droit de rentrer chez eux sans leur autorisation ? Trop cool. Putain je crois que je vais aller taper un pic-nic sur la pelouse des voisins avant d’aller réaliser une enquête de voisinage ! Bon plan. Je savais pas qu’on pouvait ENTRER d’abord et DEMANDER la permission après. Merci client. Pendant ce temps, je mets du vin en rayon. Comme le dieu du Karma m’aime beaucoup aujourd’hui (tu la sens l’ironie ou je te mets un gros panneau ?), une bouteille laissée dans un équilibre précaire par un client a été rappelé par les lois de la gravité. Je ramasse donc les bouts de verre et me retrouve donc avec des bouts de verre dans la main (dans tous les sens du terme) et du vin absolument partout. Je me dirige vite vers la réserve qui se trouve être à côté de la boulangerie. J’ai des tessons de verres dans la main gauche et la main droite dégoulinante de vin, je tiens mes deux mains dans une position bizarre pour éviter de faire tomber les bouts de verre, de me les enfoncer dans la peau, et de me foutre du vin partout parce que je déteste cette odeur (et le vin, et mettre le vin en rayon, et ramasser le vin tombé par terre, et même les étiquettes façon design de page FB de start up des bouteilles de vin). Il est donc clairement visible que je ne suis pas dans une position confortable normale. Le même client me hèle avant que je n’ai pu atteindre le bouton de la réserve (ce qui n’est pas facile à faire vu l’état de mes mains, d’autant que le bouton tactile ne réagit qu’à la peau des doigts, je vous laisse imaginer ma galère pour ouvrir cette foutue porte et ainsi accéder au sacro saint lavabo dans le labo de pain…)

« Je veux voir un responsable.
_[tête d’innocente] À quel sujet monsieur ? Il y a un problème ?
_Je veux des chaussons aux pommes. [t’as raison ce problème réclame l’intervention de la CIA dans la seconde] Je les vois de l’autre côté et j’attends !
_S’ils ne sont pas en rayon c’est qu’ils doivent être encore chauds. Il faut attendre qu’ils refroidissent pour qu’on puisse les mettre en rayon.
_C’est bon ils vont refroidir dans le sac !
_On ne peut pas les mettre en rayon tant qu’ils sont brûlants monsieur…
_Mais moi je m’en fous, on prend avec la pelle on les touche pas. Mes enfants veulent des chaussons aux pommes.
_[j’avoue ma voix commence à monter d’agacement] Mais nous on les prend à la main monsieur ! Si mon collègue s’en charge maintenant il va se brûler les mains ! »

De un : t’avais qu’à pas faire de gosses. Je vois pas pourquoi je devrais être tenue pour responsable de leur sustentation.
De deux : bordel mais vous n’en avez à ce point rien à foutre de nous que vos désirs valent qu’on se brûle au troisième degré pour un putain de chausson aux pommes ??!!
De trois : putain mais ça se voit que je suis dans la merde là ! Que je galère ! J’ai littéralement les mains qui dégoulinent de bouts de verre et de vin ! Je m’en veux d’insister mais : ÇA SE VOIT ! C’est pas genre « il fait chier mais il peut pas savoir que ma vessie va exploser / mon tampon fuit / ma palette de surgelé est en train de décéder » ça se voit que je suis dans une sale position et que je galère.

Mais le client s’en bat les couilles deux derniers points. C’est pas son problème. Ses enfants veulent des chaussons aux pommes. (et moi jveux l’eau courant. Mais bon on a pas toujours ce qu’on veut dans la vie, donc tes enfants mangeront des pains au chocolat tandis que je laverai ma vaisselle à la cristaline) Et notre santé physique vaut moins qu’un chausson aux pommes à 32 centimes.

Mon état quand je rentre du taf depuis quelques temps…


Pendant ce temps-là, dans ma salle de bain, je réalise qu’il n’y a plus d’eau. Ce qui est balot car je viens de me brosser les dents et que j’aimerais bien me rincer la bouche. Je traverse toute la maison à la recherche d’une bouteille d’eau. Je me fais engueuler par Indi qui me fait savoir qu’elle n’a pas eu à manger depuis au moins dix heures, ce qui, par conséquent, fait d’elle la petite créature la plus malheureuse de tout le monde connu. Trois jours plus tôt elle m’avait engueulée parce qu’il faisait trop chaud… Je trouve ma bouteille, rince le dentifrice et part réamorcer la pompe. Hum. Le truc c’est qu’ils en ont changé depuis la dernière fois où j’ai été confrontée au problème. Tiens, un bouton on/off. Avec un peu de chance c’est comme les ordinateurs : turn it off and on again… Une petite prière au dieu des Décisions Malencontreuses et Maladroites… et ça marche ! Je ne savais pas encore que de toute façon, la pompe était décédée. J’aurais dû me douter que ça allait être une journée de merde… Après tout c’était dimanche !


Et je sais que cet article est déjà affreusement long ! Mais je ne pouvais pas repousser cette histoire à la semaine prochaine… oh non… Car cette année, je commence à me demander s’il n’y a pas un concours du plus gros connard ! Et nous avons de très sérieux participants…

L’autre jour, un petit vieux de 60/70 ans vient à ma caisse pour un remboursement. Pour l’histoire on va dire que c’était un camescope, c’est ce que j’ai cru voir mais apparemment c’était pas ça. Mais pour l’histoire on s’en fout, là encore, ce n’est pas pertinent. Sauf que le dit appareil avait été acheté en  novembre, et qu’en magasin, sorti d’un délai d’un mois, on ne peut rien faire. Ce qui en veut pas dire qu’il n’y a pas de garanti ou de SAV. Juste que ça ne fonctionne pas comme ailleurs. J’explique donc la procédure au client, en précisant bien qu’il pourra opérer sans soucis son droit à sa garantie sans que ça ne lui coûte quoi que ce soit. Pour cela, il lui suffit d’appeler le numéro présent dans le mode d’emploi et…

« Ha parce qu’en plus c’est moi à moi d’appeler ?!
_Euh oui…
_Vous êtes pas foutu de me le réparer et en plus c’est à moi d’appeler !
_Le SAV de lidl n’est certes pas classique mais il fonctionne très bien si vous y faîtes appel…
_Vous croyez que j’ai que ça à foutre moi d’appeler ! [oui.] Alors ça pour faire de la pub à la télé avec l’argent du consommateur y a du monde ! [wait, what ? mais… c’est de l’argent privé ! Monsieur Lidl il en fait ce qu’il veut de ton pognon après coup ! Il a de compte à rendre à personne ! C’est pas l’état…] Ha bah ça c’est comme la poltique toute façon ! On se fait toujours avoir ! Mais je vous en faire de la pub moi vous allez voir ! Je vais appeler la télé moi ! [chiche. Même à télé vendée je vois pas ce que peut leur foutre…] Vous m’appelez un responsable tout de suite ! »

Et comme je suis décidément une grosse veinarde, les responsables qui avaient toutes commencé à 5h étaient en pause clope. Alors le temps qu’elles viennent…

« Vous voyez ça ? Regardez bien mon talon parce que c’est la dernière fois que vous allez le voir ! [j’aurais préféré qu’il n’y ait jamais de première fois.] J’étais un très bon client chez vous bah je reviendrai plus ! Ça sera votre faute ! Et pour 7€ ! »

Je crois que j’ai atterri dans un sketch. En fait, télé vendée ils sont bien venus, c’était pour une caméra cachée. Et à un moment y a des gens qui vont sortir de sous les caisses avec des serpentins et des confettis en criant « surpriiiiiiise ! c’était lolilol hein ? ». Non. Le temps qu’elles arrivent, il nous refait le coup du talon, nous redit qu’il va appeler la télé, et nous dit qu’il est prêt à rester là toute la journée s’il faut. Donc, tu n’as pas le temps d’appeler le numéro qui te permettra de réparer ton truc ou de le faire réparer, par contre tu peux camper devant les caisses pour expliquer au responsable que son système pour te rembourser ou réparer ton truc est nul ? Mec tu n’as pas l’impression de dire une chose et son contraire ? Non ? Ha bon. Ma Super Responsable d’amour finit donc par arriver, pour le principe (voyez comme les principes c’est sournois), s’occupe de l’annulation dont une collègue avait besoin alors même que j’aurais pu le faire en deux secondes, et vient voir notre client qui lui retient le même discours. Elle lui réexplique ce que j’ai dit. Le ton monte un peu.

« Vous voyez mon talon ? Regardez bien c’est la dernière fois que vous le voyez ! [oui je vous le remets parce que c’est tellement improbable, comment s’en lasser ?] [d’ailleurs elle aussi elle se serait passée de cette première fois]
_Très bien monsieur.
_Pour 7€ vous êtes même pas foutue de rembourser !
_C’est pas une question de montant. C’est la règle, c’est la même pour tout le monde, il n’y a pas de raison qu’on vous rembourse quand on a dit non à d’autres pour la même raison. »

Du coup, il a jeté son truc dans le mur.
Et non lecteur, tu ne te trompes pas. Un homme de 60/70 ans a donc choisi de jeter son truc dans le mur « pour le principe » parce qu’il « n’avait pas que ça à foutre d’appeler ». Voilà.

« Parfait. Comme ça le problème est réglé. Ni réparation, ni remboursement. Bonne journée monsieur. »

Le plus drôle, c’est que tout son cirque visait en partie à mettre les clients dans son camp. Mais comme aucun d’entre nous n’a réagi, comme il était visiblement agressif là où n’avions clairement rien fait, tous les clients nous ont soutenu. Au moins, pendant tout le temps qu’a duré sa crise, les clients ont été aimables avec nous, nous ont soutenu, souri, été polis. C’est cool. Enfin, d’un côté c’est agréable, de l’autre, c’est quand même dommage de constater qu’il faut qu’un vieux craque son slip et jette des trucs dans les murs pour qu’on soit considérés comme des êtres humains dignes de respect.

Non, ça ne serait pas compliqué.


Comme ça fait longtemps, vous avez le droit à deux chansons de la semaine, bande de veinards !

Ce que j’écoute pour me motiver d’aller au taf à 5h du mat :

Ce que j’ai dans la tête pendant ce genre de scène :

 

4h12 Monster Time

Tic tac
Monster time
Hide yourself
Hide your scars
Don’t breathe
Don’t say a word
They’ll find you anyway
They’ll always find you

Tic tac
Monster attak
Watch for your feet
Watch for your breathe
They can smell fear
They can smell blood
For they are fear and blood
For you are nothing but fear and blood

Tic tac
Monster’s back
Hear the sound
Hear the crack
Hear the laugh
Hear the scream
Hear the tear
But where the hell are you ?

Tic tac
Monster’s right
Where are your pride ?
Where is your name ?
Where’s your shadow ?
Where’s your past ?
Where are your words ?
Where the hell are you ?

Tic tac
Monster time
You can’t wake up
You can’t end it up
You can’t move
Night is not over
Until monters are back under the bed
You’re nothing but fear and blood…

Home sweet home… [English version]

Epica – Sancta Terra

I want to go home…

In the middle of the noise, someone wanted to go home. In the middle of what was once his village, the man wish he could go home, but only ashes remain. The screaming, the tears… The man was tired. How many times will he have to rebuild everything again ? How many times will he have to start from scratch again ? His house is in ashes in the middle of the white noise, this nagging background noise which remains days and days after the fear, this nagging background nose which becomes the fear itself. The man watches the ruins, he doesn’t try to think. His mechanical arms are already working on the emergencies. The habit is merciless, after the bombs, after the shot, after the fear to die, pick up what can be picked up, rebuild one more time, hope it’s for the last time. The man is sad, but he doens’t know how to do otherwise. His house is in the middle of the ashes, his house is nothing more than ashes now, but it’s still his home. He knows that under the ashes, under the nagging noise et beyond the deadly habit, his home is still here. He hopes that time will bring it back to him. He hopes the day where he will not have the strength or the will to hope will never come. He hangs on to this simple idea : maybe one day, the madness will stop, the ashes will scatter, the noise will become music et his home will appear from the ruins of his house.

I want to go home…

In the middle of the crowd that squeezes together to get some warmth, in the middle of the camps which never ends being built and rebuilt again, the woman wish she could go home. The time to pray for the end of the madness is gone and forgotten. Its last day was when surviving worths more than a home.  She has insisted. Her family under one arm, a compass in her hand, she followed the hordes to a safer future, if a better one was impossible. They left everything behind. During the travel, they left little by little the few things they brought. During the travel, she sowed her home to the winds, hoping a breeze would bring her back some pieces of it. She doesn’t know the name of the country where they stopped. She forces herself to be happy to be alive. Some didn’t even survived the travel. Some should have never left their house. Sometimes, in the middle of the gates and the improvised houses, she regrets to have left. What does she think she will find over there ? She doesn’t really know anymore. She wish she could go home, but she already can’t remember very well where it was. Between there where she should have died, and here where she wants to die, her hearts can’t decide. She must still hope that somewhere there is still a home for her.

I want to go home…

In the middle of the disenchantments and the pieces of dreams, in the middle of the futures that are closing one after another, he wants to go home. He doesn’t know anymore. The man can’t recognise his country anymore. The man doesn’t recognise the world where he grew up. He keeps telling himself he’s lucky. His house still stands. His house is not threatened. He doesn’t risk to die anytime he goes out. He eats when he’s hungry. He sleeps under a roof. He has an address where he can come back, the same address that figures on his ID. Even though, the man doesn’t feel home. The emptiness is huge. He can feel it in his belly, he can feel it in his lungs. Useless. It’s the first word that comes to his mind when he sees himself in the mirror. His life is easy, meaningless, he has no point. His absence would not change a thing to the world. The man wants to go home but he doesn’t know where it is… He tried, but everytime, he went back to the landing point and it burnt his wings. The man is useless, he’s an item that can be changed with any other item among a lot more items. The man can’t do it anymore. The man doesn’t know how to move on. The man wish he could go home when everything shows him he owns a house. So why can he never go home ?

I want to go home…

In the middle of the news that always tell the same, in the middle of shooting broadcasted live and in several languages, she wants to go home. She’s looking for a reason to get up. Once again the shots. It could have been her. The feeling is tough, so tough it cuts her breath. It could have been her in this gay club, not so long ago, she was hanging up in places like that. It could have been her on this square, she loves fireworks so much. It could have been her daughter, after all she’s been through to become a mother. She can’t move of her sofa anymore. Her house doesn’t comfort her anymore. The walls are too thin, the world is too heavy. It could have been her. The thought is getting so strong that she doesn’t feel home anymore. The thought kicked her out of her home. The thought broke her completely. It could have been her. It still can be her. She doesn’t know anymore if she must be happy to be here, alive, on the sofa, watching the corpses falling et the shot running everywhere, or if she must cry for being obliged to watch the deadly show. It could have been her. And now, she will never really feel home anymore.

I want to go home….

In the middle of the world that’s freaking out, in the middle of the question with no answer, he wants to go home, but for the moment, he just tries to find his way. The man is still trying. One thing after another. He cut himwelf from the rest of the world. He has no idea of what’s going on in the world. He just has a blurry picture. This is how he protects himself. He can be seen as selfish, but the man follows his way. He listens to the stories he meets, he smiles to the people he discovers. During his travel, the draws all the pieces of happiness he can find. He immortalised those moments doomed to pass away if we don’t care enough. He wish we remembered nature. The man wish we seeked for the light. The man draws again and again to hide the darkness that are slowly eating his brain. The man can’t forget what he saw. He will always wonder if it’s fault. The man can’t really fix himself. The man wants to go home, but he knows he probably will never be allowed to do so. He rather not hope anymore. But sometimes, despair is too strong : the man wish he could go home. He comes to think the world is unfair : he gave so much, but he’s still not allowed to come back home.

I want to go home…

In this world where everyone is looking for his cat, the grass always seen greener everywhere else. Stories get mixed, lines get blurry, and the hierarchy of the worst softly break every souls in its spirals.

And while we’re killing each other, while we seek for a way to pay the bills, while we fight to give smiles, while we fight our own inner demons, while we run from the dead bodies, while we mourn them, while we fear them, or just while we look for a place in the world, I try to explain to twelve years old kid…

« You see, in English, you can’t say « I buy a home », because in English, there is two words to say « maison » : « house » and « home ». A house is building, it’s the walls and the roof. But a home, it’s where you belong, where you feel safe and you wanna come back. So, you can buy a house, but you can’t buy a home, it’s not possible in English. »

In the middle of nowhere, on my way back, I think the tears will come faster than the bus 52, terminus Villejean-Université on Sunday and hollidays.